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Philosophie occulte ..

Chapter 8

M. de Mirville n*a pas tout à fait tort en attri-

buant au diable les divagations spirites.
Mais, si Dieu envoie le diable en mission, le diable est donc forcé d'obéir à Dieu? le diable est donc le serviteur de Dieu? le diable est donc le missionnaire de Dieu ?
Alors c'est Dieu qui répond pour le diable.
Alors tout ce que vous attribuez au diable, c'est Dieu qui le fait.
Le diable n'a plus son libre arbitre, et fait malgré lui tout ce que Dieu lui fait faire.
Alors, le diable menteur, c'est Dieu men- teur;
Le diable bourreau, c'est Dieu bourreau ; le diable grotesque, c'est Dieu grotesque.
Blasphémateurs que vous êtes ! et vous ne fré- missez pas!
Ce n'est point à l'imagination malade de l'homme, ce n'est point à sa folie ni à ses r^ves, c'est à son intelligence et à sa raison que Dieu se révèle.
Si un père de l'Église a écrit le fameux Credo quia absurdtmi^ c'est qu'il voulait indi^ ce paradoxe le domaine réel de la foi mence aux limites extrêmes delà science.
limites extrêmes la science tombe dans l'absurde si elle veut passer outre; Tâme raisonnable alors ne peut trouver un refuge que dans la Foi. C'est donc en quelque sorte Tabsurde qui rend la foi nécessaire : Credo quia abmrdum, je crois parce qu'il serait absurde de raisonner sur ce que je puis savoir, je crois surtout parce qu'il serait encore pins absurde de ne pas croire.
L'âme adhère invinciblement à ses hypothèses lorsqu'elles sont rigoureusement nécessaires, elle peut les aimer et s'y attacher lorsqu'elles sont raisonnables; mais les âmes insensées se passion- nent volontiers pour les hypothèses ridicules et impossibles. Je crois à la vie éternelle, voilà l'hy- pothèse nécessaire; la vie éternelle ne permet pas à nos âmes de s'éteindre lorsque nous mourons, voilà l'hypothèse raisonnable. Mais que devien- nent ces âmes dégagées de nos corps? Vous me répondez qu'elles restent dans notre atmosphère brumeuse toutes frissonnantes et toutes nues, ou bien qu'elles se cachent dans nos boiseries qu'elles font craquer, dans nos tables qu'elles font tourner, dans des crayons qui semblent tra- cer tout seuls tantôt des lieux communs de mo- vulgaire, dignes tout au plus du génie de
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