NOL
Metamorphoses

Chapter 5

part de foa temps aux montagnes.

[snme
D 1 l'Asne D O la l6t V lieux champeftres. Et de peur que les paroles qu'elle venoit de afcher ne leur donnanent fujei de s'enquerir touchant ce qu'elle de- 3oit garder ^ part-foyjelle leur do- nc autant d'or & d'argent mon- noyc, de bagues, joyaux, & pierrc- ies qu'elles en pouuoient porter ? :>uis appellaniZephyreluy donne charge de les remporter. Ainfices deux m bonnes fœurs retournent en leurs majfons -, Se defîà bruflans — du fiel d'enuic qui Ce ^lilîbit en Jeurs poitrines , gazouiUoicnt plu- .
fleurs chofes l'vne à l'autre. Hà ^^^^^^^ fortune «âueugle inique &crncl- ^^^J le (ce fient en fin à dire l'vne ) as. ^^'*rj* eu bien eu le courage de nous faire ., "T"!! "ubir diuerfes conditions, attendu ^'r^' que nous fommes filles de mefmes ^^^P^^^' ,3ere 3c mère: & que nous qui te- ^^-^J*^^* nous tf l'aifneiTe fur l'autre, don- '^^'^'^^ pees/? pour chambrières à des ma* ^^^J^^ irys eftiangers, viuions loing d'a- aec nos parents comme forban- lies & de la maifon de du pays : 5c :e^c cadette qu' vne dernière ven- O V
CiNaVIESME LIVRE ^
tree, la matrice fe kffant de plii * porter, a produit en lumière, foie Dame de tant de biens , & femme ^ii*vn Dieu, fans auoir rinduftrie de bien faire fon profit , dVne (^ rare opulence? Vous auezreu m fœur, quels biens & quels joyau il y a dans cefte maifon-Ià -, le lufln des habirs , l'efclat des basques pierres precieufes , & que par tout on y foule l'or aux pieds. Que (î fbnefpouxeftfi beau comme eile fè vante , it n'y a pour leiourd'huy femme aucune plus heureufe en ce monde. Peur-eflre auffi qu'a-J uec Jetemps, ^Taffedionduma- ry /^ fe renforçant enuers elle, ce Dieu fon mary en fera mefmc vne Dct^Q, Certes c*eft la vérité mef- me:c*eft cela mefme qu'elle fe pro- mettoit; fon port & fon maintien le prefagilToient ainfî. Elle re- 1 garde defiàvers les cieux 5 & fem- me qu'elle eft, tranche defiàde la DeeiTe , ayant ^qs voix pour fcs chambrières; & defià commande aux vents. Mais moy pauure nsi*
Di l'Asni d*cr. i^i fcrable, i'ay premiercmentvn ma- ry plus aagé que mon père, fccon- dcmcnt , plus chauue qu'vne ci- troliille , plus molalTe qu'vn en- fant ;&: fi jaloux qu'il tient toute fa maifon r fermée à chaînes & ca- ' denais.
L'AVTRE repart: Et moy ma
foeur,il faut auflî que ie fupporte
vn mary tout courbé &/rabougry
de gouttes , & qui par confequent
' ipratricque fort rarement la befon-
gnc de Venus en mon endroit. Il
• !nic iuy faut /ôuuent frotter les
' doigts tortus & endurcis comme
' ^pierre. le ne fay que me brufler
- ces douillettes mains en maniant
' r des fomentations puantes , des
' fales drappeaux, des vilaines em-
^ ipîaftres & cataplafoesi; punais:ÔC
•^ (buftiens en fomme non le rang
' dVne femme x officicufe, mais biê
' dVneChirurgienne ou Médecine
aborieufe.Or mafœur, aduifez de
' quelle patience ou pluftoft ferui-
:ude ( car ie vous diray franche-
»ent ce que i ay fur le cœur ) vous
pourrez endurer toutes ces inco moditer.Ienepgisjquancà moy, jplus outre Tupportcr qu'vnc tant heureufe profperiié nous ait quit- tée pour ailer indignement fon- Jj dre toute entière fur elle feule.Car-
fouuenez-vous auec quet fafteôc ,' quelle arrogance elle nous a trait-
fl tees, & comme par la vanterie d'v
|!, ne oflcntation dcrmefurée cllc*^
i' nous a fait cognoi (Ire la fierté de^
MeM' ^^^ courage bouflryj& comme d'v J unf'v- ^^ ^^"^ exceffiue quantité de biensj vf hp' ^^^^ i^ous en a par manière d ac- fnemtf» ^"" ^"^^ regret jette feulement- j Vûdn- quelques poignées: puis tout fou- 1 ^^^ dain, comme luyeftans en charge, elle nous a faidt fonir, emporter & rauir par les efprits dts vents, le ne veux point eftrc femme , ny viure d auantage ^\ ie ne la déju- che de fi haute dignité. Et fi cefte injure qui nous eft faite vous a pa- reillement aîgry comme il eft bien raifonnablc , cherches toutes deirt cjuelque bon expédient. Ne mon* lirons point à nos païens ce
[nous emportons, ny mefme à pcr- [bnne du monde: au contraire, fai- Ifons femblant de n^auoir aucune nouuelie de Ton eftat. Bafte que Inousauonsveu ce qu'il nousdef- Iplaift d'auoic veu ; nous n'auons que faire de donner \ cognoiftrc à nos parens,ny de publier parmy le p.-uple le haut grade auquel elle eft cfleuée. Car j ceux-là ne font pointheuteuXjdefquels aucun ne coî^noift les moyens. Ellefentîta que nous fommes non (qs cham- brières , mais bié (qs fccurs aifnées. Or retirons-nous chex nos marys; allons reuoir noftre mefnage,petic cènes , mais au moins fobrc : puis reuenons en fuitte garnies déplus prclfans deiïeins,^ mieux refoluçs pour chaftier Ion orgueil.
Ces deux mauuaifes femmes trouuerent bon ce mauuais & pet- muîin.. nicieuxconfeil. Elles cachent don- lesfre ques tous ces riches prefenj ,s'ar- jèns d Tachent les chcueux,s cfgratignent leur le fifage , comme elles meritoient fosm
tpt
i-a in ' lit
ClNQ^IESMl LIVRl
larmes feintes. Puis ayans par ceflei fourbe donné frayeur à leurs pa-*] rcntSj&refrailchy leur fafcherie, ' pleines âe mal-talent & mauuais courage , s'en vont chez elles, me- ditans vne maudire perfidie, voire merme vn deteftable parricide co» treleur pauurefûeur innocente. Cependant la nuidl tombe; Cupldo & ^c mary que Pfyché ne cognoift renunt point, la vient derechef trouuer ^ de nuid, & luy tient ce langage: Voyez- vous bien de quel danger Fortune nous menace de loing?& fi vous n*y donnez ordre de bonne heure 3 elle vous viendra colleter de près. Deux petites defloyalcs louuesfont tous leurs efforts pour vous faire du defpîaifir. Elleisvous veulent notamment pcrfuaderde me voir en face: mais comme ie vousay fouuent prédit, fi vous me voyez faid^es voftre conte de ne inevoir iamaisplu^. Si doncques ces mefchanres !Ç Lamics vous rcuiennent trouuer auec mauuais ^eflèin (elles vîendiont^ie le I^y
II
fil L*AS NE d'or. 164.
bien ) ne leur tenez aucun propos. Que Cl par voflrc naïfue fimplicitc, j{f'Uen & la tcndrcde de voftre naturel, ftpye^ ▼DUS ne pouuez vous en emp^f- miere^ cher; gardez bien pour le moins ^ejfenfc d'efcoucernyrefpondrechofe au- rfjcU. cune louchant voflie mary. Car nous fommcfi fur le poind d'ac* croiftre noftre famille 5 & ce ven- tre 4, infantin nous porte vn autre enfant. Si vous tenez nos fecrets en fiience, il fera diuin : fi vous les j& profanez, mortel.
Voila Pfychc bien aife : refpe- rance de cède diuine lignée l'a fait irellàillir de joye : la gloire de l'en- fant qui luy doit naiftre, luy releue le courage; & Thonnear qu'elle croid luydeaoiraduenir à Toeca- fionde ion enfant, luy donne vu extrême contentement. Ellecon* te les iours , les fepmaines, les mois:& ne fçachant rien de Ton fardeau, s'efbahyt d'auoir fi bien proffité, qu*vne petites picqueurc luy ait fort enfle le ventre» Mais
C IN Q^IKSME LI VR E
tes furies couuans vn venin de vi« pères, cftoient en pleine mer pour execurer leur mefchante Se dete- ftable cntreprife. Adonc ce mary ^ qui nevenoic finon par boutées, I aduertit derechef ainfî fa Pfyché;
^ . C'eftaujourd*hny,c'eft^ceftefois ^^^ ^^ qu-e ce maudit fexc, ce fancenne'
'ff Pour -1 1 T' r
IP ' . my aprins lesarmes,a dreilc Ion ^ ^ '^' camp, s'eft ragé en bataille , a don- ty.^^ ne le fienal.Vos mcfchantes focurs vous tiennent defià la dague nue fur la gorge. Hà combien de tra- ucrfes nous accueillent maintenac ô ma iref-douce pfyché/ Ayez pitié de VOUS& de moy ; deliurez par g vne religieufe continence ceQc maifon , voftre mary , vous & no- ftrc petit enfant que vous portez au ventre: & ne voyez ny n'oyez ces maudidles femmes (IcfqucUes il ne vous eft loifible d'appeller foBurs, après auoic conjuré voftrc ruyne, & foulé aux pieds l'alliance de leur propre fang) lors qu'a la façon d des Sirènes _, montées fur €e{^ efcueil elles fecont pas leurs
H; i
DE l'AsKE t>*OK. l6^
voix funcftes retentit les rochers d'alentour.
Pfvché repart , entrerompant (es paroles d'vn fanglot larmoyât : le croÇ que vous aue^ dés long temps efprouué ma foy,&queie ne fuis point barbillarde $ néant- moins vous ferez encore maimc-
, ^nanttlTày delà fermefTeôc confia- pfyL^ ce de mon affcdion : commandez • feulement derechef à noftre Ze- y^ . phvre qu'il facedeuoirdebonfer- r r uiteur i & au heu de voltre lacro- -S
! fainte imas^e dont vous me rcfufez rr la veucjpermettezau moms que
'**ic puifTe voir mes fœurs. Par ces ^ cheueux parfumez qui vous pen* dillcnt de part & d'autre 5 par ces jolies rondelettes Ôc femblables aux miennes; par celle poidrine qui boult de ie ne fçay quelle chaleur; fai qu'au moins en la face de ce petit enfant ie puilTe voir lavoftre:& vous laidant gaigner aux faindes prières que ievous fais tres-hum- blcraentjOdroycz-moy cefte fa-
«eur.quc i'cnibralfe encore tii coup mes bonnes Iceurs. Donnez ce contentemenr à l'amc de voftie Pfychci qui s'eft toute voudc pour vous faire ues- humble feruice. le ncciefire rien autre de voftreper- fonnc. Les ccnebres de la nmét ne me font plus d'empefcbemenr. le vous tiens pour ma lumière , ôc ne voy plus par vos yeux.
Le maryvainc'i par lespneres & doui'lets embralT'e mers de Pfy- ché.&: luy efîUyant les 'armes auec fescheueuXjCondefcenJicà ce que delTus; puis preueint laclâiitédu jour qui commerçric ï poin.^re, Orceftecoiiple defoeurs compli« ces de mefme fadionjfàns auoir feulement vealeursparens, defcé- duës en terre prennent d'vne hafte précipitée leur route droit vers ceft efcueil ; & fans attendre l*ar« riueeduvent Ieurvoiturier,d'vne licenrieufe témérité montent jaC quesau faiftede la montagne, où Zephyrc ; pour accomplir le com- Hiandemeiu qu'il aucit^ bien qu'il l
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t>t l'Asne d'or. î64 ny piinft pas beaucoup de plaifir,' les recenant augyrondc Ton aure en fou filée, les rendit près de ccilc maifon royale. Elles entrent bruf- qiiemec',embraflent leur^ proyc, fappellcc encore du nom de fœur, maisàfauliesenreignes^&coiiuras dVn gay vifage le threfor d'vnc ];
fiandecaïueuleufementde^i'ir^'e, Ij
la flaaent comme s'enfuit; Pfy- ij
chc^vousn'eftes plus peâte corn- JD'i;^!! me n*2eueres:voi]s voilà defià me- feinf W re, quel bien nouspe.ez-vouspor-|>,tr/«* ;i ter dinsvoftre ventre ? de qnçUc feduisêi j,' foyc refiouyfîez vous toute noflre Ic^r j| maifon ? O nous bien-heureures,yce;^r. !i qui prédrons tant de plaifir avoir '
cneuer&croiftrecc poupelotdo- |;
té .'s'il cofrefpond à 'a beauté de Tes père &c mcre, comme c'eft bien f
la taifon , ce fera certes vn petit Cupidon.
Ainsi defgiiifans leur mau- uaifeafî^dion, elles gaignent peu 3 peu les bonnes grâces de leur foeur. Elle leur fait apporter dc^ chaires pour fe refaire de leur lafîî-
ClSQ^IlSM £ tl VB.1
rude : puis ayans pris vn bain d'eau chaude, les logeen vnc belle cha- bre diaprée, Its fait feruir de ces viandes /admirables & mets royt aux.Elle comande que le luth oar- iejonen joue: quetous autres in- ftfuments de mufique Tonnent 3 U lc£^nt:que l'on chante en parciej on oit les voix : & tout cela f:ap- poit les ortil'es Se les elprits des perfonnes d'vne mcrueiileufeméc douce & plaifante mélodie. Ne- ancmoins la miellée douceur de ceftc mufiqUe ne peut aucune- mêt accoifec la malice de ces mef- chantes femmes ; ains pour cn- chcueftrer leur fccur parmy les fraudes qu'elles auoient delTei- gnces , elles commencentà s'en- quérir feintemént quel eft Ton ma- ry,dc quelle mairon,de quelle race il eft idb. Adonc P(yché d'vne trop grande fimplefTc , oubhant ce que foo efpouxhiyauoit fi chèrement recommande , controuue fur le champ vue nouuelle menfongeifS: dit, Que fon mary eft delà pro-
chaine contrée , homme de grand trafic j qu'il a dcfià faid la moitié du cours de Ton aage , que fon poil commence à grifonner: & s'arre- ftanc fore peu fur cedircours,elle les charge pour la féconde fois d'aufïï gros & riches prefcns qu'i lii
la première : puis les faiû foudain V.
monter en fon carrofTe venteux.
O R comme elles s'en retour- ^^1^ nent chez elles , enleuécs par le r^^ftsyÀ tranquille & bonafïê fouffle du charpffM Zephyre, voicy comme elles dcui- ^omme fent enfcmbleî'Quc dirons-nous d^^rir, 6 ma fœur d'vne fi monftrueufc menterie de cefte fotte. g L'autre fois c'elloit vn jeune homme qui ne faifoit que commencera garnir fa barbe d'vne fleur de poil folets maintenant il e(l en la fleur de fon aage, Ôccomence à blanchir. Quel homme eft-ccià qu'vnebien peti- te efpacc de temps a faidfc vieillie en moins de rien? Ma foeur^vous trouuerez de deux chofes l* vne: ou que cefte trcf-mauttaifc femme noUs paye d'vne menfoRge,ou
)
ClHQVIlJME llVUt
UÛni- qu'elle ignore la forme de fon ma- \m»n, ty. Que IVn ou l'aatte foit vray f. ^tUnie- nous faut il ttouuet moyen de 1» ïémnt jeuer prooiptement hor^de celte Uit- tant exquifedignuc. S elle n a la- UHm. mais veu lafacs de fon efpoux , e - leeft pour certain mariée a quel- que Dieu, & nous enfantera quel- que Dieu. Et certes ficeftegalan- ^e cft '»ne fois mère d'vn enfant diain(cequeiin'adoiennel)ic m'eftranglcray tout au lU- toit. Ce- pendant retournons voir nos pï- rens & pour le commencement de lioftce difcours forgeons des troraoeries Scfouibes apptochans
decefte-la.
Ainfi enflammées aptes auoir pat manière dacqmavifnc leur père & mete , ces maudites feleoent de B,^;-,«u,a,pa(Tentà trauets les gardes îi L du clufteau 3 & far le matin arri- ârZ "e"tau rocher.De-là par le moyen .1 duvent acccuftumé elles senuo- """"• lentche^'e.rf duaques larmes à force de fe frot- ter les paupières i Vous elles vtau
©1 L*ASNE d'or' tét '
ment bien-heurcufe ('ce dient les rufces ) Se bien-heure. ife de ne co- gnoiftre point v ^ftre malheur, & demeurer à vofti e aile fans apprc- henfîon du danger qui vous talon- ne. Mais nous qui d'vn vigilant foucyfoignonsà vosafraires,nous affligeons extrêmement devoftre mefaduencare. Car nous fbmmes fort bieninformee.s&î^iuonsde b^n hea('& nous qui participons àvoftre affliction & malencontre, ne le vous pouuons celer) quVn grand vilain ^ ferpent, fe traînante plufieurs replis tortueux, ayant le ^yft col remply de venin ,ouuranfvne/^'*/'f«/ hideufe Se profonde gueule, s'en efi fom vient tontes les nuiârscachément fi^ar/» coucher auecques vous.SouuencK voî^s miintenant de l'oracle d'A- pollon , qui vous aprcditeftrede- ftinee pour elpoufer vne ccuclle befte. Phifieurs paï(ans,ceux qui chifTv nt ordinairement es enuiros & les voifins d'alentour le veirejit hier au (bir comme il tetournoic de lapaiffoOj & fe baignoit es gaiz
C I N CLY ÏESME lIVRî
j^lîU de la prochaine riiiiere. Et tous af- dfmre- fcurent conftamment que vous ne, rddfres ferez pas longuement nourrie de fis tou" Ç\ délicates viandes : mais qu'audî- letermedevoftre enfantement, il vous engloutira comme volire fruidtferapreft d*eftrecaeilly. Or aduifez fi vous voulez croiie vos focurs qui fe mettec en peine pour voftrc conferuâiion, & déclinant la mort viure auec nous hors de danger^ ou bien aaoirpout fepul- cre les entrailles d'vn tref cruel animal. Quefilafolirudedccefte maifon champeftrejOiivous n'o- yez autre chofe que des voix 3 ou les puantes ^ perilleufes opéra- tions d'vne clandedine Venus, & lesembraîîemensd'vn ferpentvc- ïiimeuxvous dcle6tent,au moins aurons-nous fait office de bonnes fœurs en voftre endroit.
ADONclapauuretiePfyché, co- 'Tljchetr)Q (impie & légère d*efprit,print s*e» cf- Fefpouuante à fi ttiftes paroles : & B /'''V» ^o"*Q5 ^0^5 des bornes de fon L efpiir,
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DE l' A S N E d' O R. 1^^
erpric,niit en o ibly tousies aduer- iiircmens dcfonmary, toutes les promelles qu'elle auoîcfai6tes,& fe précipita dans vne fondrière de mifcres : puis toute tremblante dc i palîe comme vn ticfpafTéjdefgoi- fanc d'vnc voix demy-morte quel- ques paroles 25^tierceesjVous per- fillez certes ô mes tsefchercs fœurs (ce dit-elle) au deuoir dc pitié que nousdcuons Tvne à l'autre: mais ceux qui vous ont auQî donné ccd aduis,ne me femblét pas controu- uer vue menfonge. Carienevis iamaisla face de monefpoux,ny ne fcay de quel pays il eft; ains en* tre oyant feulement ie ne fçay quelles voix de nuidl,ie couche auec vn mary dont la condition m'eft incognuë, & qui eft du tout cnnemy de lumière. Vous aucz raifondedire quec'eft vnebefte, car il me defcourage roufîoursde le voir en perfonne,& me menace d'vn grand malheur fi ierecerche auec trop de curiofitéde le voir ea face. Otfi vous auez moyen dap-
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ClNQVlESME LIVRE
porter quelque falutaire fecours à voftre foeur qui court fortune , haftezvous dele faire.Au demeu- rant (c montrer négligentes à l'ad- iienir,ce feroit abaftardir les bicn- ' j^/7^j faits delà pouruoy.incepadee. * j luycon^ Ces mal heureufes créatures ' CtilUnt ^y^*^^ trouué le courage de leur ** * feur ouuert à pleine porte pouC g rcccuoir leurs imprefîîons , n y 1 procèdent plus auec armes cou- uertes } ains dcfgainans les glaiues de leurs fraudes, laifiilent tout à fai6t les craintifues pen fées de leur (împle fccur. Enfinl'vnedes deux : Parce ( dit- elle ) que le lien de noftrc origine faidt que nous n*apprchedons aucun dâger pour vousfauuerla vie, après en auoic longtemps pourpenfc les moycs, nous vous montrerons le chemin qui vous guide à fauueté. Cachez moy gentiment du code du \\Qt où vous couchez ordinairement, vn rafoir bien affilé , rranchantde telle façon qu'au moindre eflFort mefmed'vnefoibleue main il fa*
cefonetfcd. deq 'cKiiie lapillerie vne lampe pleine d'huile qui rende vneclair- te bien luisante. Au rcfte defguifez à bon eicien: touc celfc appareil: puis comme il fera d'vne finueufe tramée monié fur voftre lid ainfi ^^ ^^^ qu'iladecoudurae, & que defià ^y^yi^ toutcftendude fa longueur >^oiis ^^a^ ^ le verrez au commencement acca- n,^fff^^^ bléd'enuic dedoimii /foufïler vn ^^ profond lommeil ; descendez du 'Îi6t, &: vous en alleztoutbelletc- ment d'vne démarches foufpen- ductiier voftre lampe hors des a- ueueles ténèbres gui l'auront re« celée \ ôc par le moven de ceftc claictérelolucz vousd'execMr^r te braue coup qui ffpreO^nrera :pais tenant en main ce lafoir à double tranchant, coupez hardiment SC du pl'sgtand effort qui vous fera poŒble , le nœud du col & de la tefte à ce pernicieux (erpcnt. Vous nemanqnerezpoipt de noftre fc* conrs : ôc fi toll que parla mort d'iccluy vousauiez affe ré voftre
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CiNQJvriESME LIVItE
falut, nous emporceros pour vouj àlahaftc toutes ces belles befon- gnesj puis femme que vous elles j nous vous marierons auec quel- que ieune feigneur à voftre cou- tcnrement. ZaUif- Ainfiayans embrafé le courage fifdtnjl Jeleur fœur qui délia brufioit d ar- ferfux' deur en elle mefme , & craignans à€e, que ce prochain malheur ne redo- '^^^ daftaufïï fur elles; voicy que par Hmpulfion du vent^ailccllesre» 1 montent \ la courfc fur le rocher ,
&s*enfuyans àbrideabbatuc re- montent en leurs nauires , puis fe retirent chez elles. Mais Pryché lailTee feule, lentantia rage desFa- liesqui luy trauaillentrelprit, ne i ^1 demeure pointe feule, E le bouil-
lonne en pleurant à guifc des on- | des de la mer: & combien que par certaine &: obftineerefolurion el- It fuft deda toute prefte de mettre \jlntee\2L main à la belogne.rani y a qu'cU ' des du le en fai(ft encore fcrupule & de- ; uerfts meure en fufpês. EllcfelairTeem-; fapos* porter ^ diucrfes apprchenfions *
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D p. l' A s N E d' O R 171
cie fa calamité. Elle y p court à la liaftc, puis ferauife: elle ofe, elle craind; femeffie, fc courrouce J Bref en vn mefme corps elle hait q vne befte & aime fon mary. Ne- antmoins comme le vefpre vient îk ramener la nuid , elle drefle bruf- quement fon appareil pourTexe- cutiondVnefignalee melchaceté. I L eO: nuid, le marry vient , le- quel ayanr tiré quelques coups de r l'eicrimc de Venus, dcfcêd en vn bien profond fommcil. Alors Ply- chc fojble autrement & de corps n &d'cfprir auideetouresfoispar la /
cruauié du deftin , redouble its^i r , forcesjprendd'vnemainlâ iumie- / re , & le rafoirderaurre \ ôc par r^ bardielTeTchan^ede fexe. Maisfi'^" tofl; qu*â rapproche delalumicre îa ruelle du lid fut efclairee, elle apperçoit la plus douce befte & la Troune plus piiuee qui foie au mondcjica- no» 'vn uoir eft ce beau Dieu Cupido cou- ferfenr, chédefort bonne grace,à laveuë ntdpi duquel la lumière mefmeferegail- Cufi* lâtdii & renforça fon lu mignon, le don»
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mire»
CINQV lESMI LIVR S
tranchant mefme du facrilcgcra* foir augmenta la lueur.
Pfychédonquesbien eflonncc decefpedacle incfpcré, faliie de courage, toute tremb!ante& paf- inèerc laifTe choir d'crpouuaiucà la rcnuerfe , & cherche à cacher fon ferrement , mais dans fa poi- trine. Certes elle l'euft fai(5l , (î l'apprehendon d'vne tant horri- ble merchanceté ne l'eulltaid cu- ber des mains de cède pauure ef- perduë. Defià felalToit-elle&dcf- efperoicdefon fahu : mais com- me elle ietie fouuent les yeux Ar la beauté de ce vifage diuio , elle reprend courage. / Elle void la naïfue cheuclure de celle tefte do- rée eny urée T;d am brode, fa gorge laidée , Tes joues vermeiïles , les toufFesdefes cheueux gcntitnenc frifez & pendans les vnsdcuanr, lesautresdeniere.qni par le grand cfclat de leur fplendeur faUbienc vaciller la lumière mefme de la la- pe.Les pennes rodnes que ce Dieu volaul auoic aux flancs leiTem-
DE l'AsnE d'or. I7i
bloicnr en couleur aux rofes blan- ches. Et bien quefesaifles faffent coyes, neantmoinsle boutde Tes plumes îendres& délicates volci- gcoir en tremblant , Se frctiiloit l'ans repos. Au demeurant, le corps net «?.:poly,fàos aucun poil, Se tel que Venus ne s'en repcnc point de J'auoir enfanté. Aux pieds du lict gifoient l'arC:, le carquois Se les fle- J^^^^^^ ches, armes propres x d*vn fi grand J°^ ^^^ Dieu. Lefquelles comme Pfyché , r^ regarde Se manie auec beaucoup '*^^^''^'''* decuriofiré fanspouuoiraiTezraf^ 6fîer Tes efprits de U veuëd'icel- '
les, âdmiranç les ar m evS d e fo n cf- poux -, elle tire vue flcche de la , ^^^^ troulFe, ctfayeau bout du poulFe fi f'^f^^» la pointe en eft bien alFerée; Se la rrouue fi déliée , que voulant de crainte retirer le doigt , elle fis pic- qiiaplusauanrjdontfaillirët quel- ques gouttes de fàng vermeil, lef- qlles arroferêt le defius de Ta peau. Ainsi Pfyché tumba d'elle rDefme& (ans y penfèr^ en !a- mourderAmour, Adoncdeplus
P iiij
tehatfs
Le Ira* Jîe £'M' negout- telhuï- le.
ClNQ^IESME LIVRE
en pl^efprile de la cupidité de Ca pidon , ellefcictterurlHylabou che ouuerie ,luy donne mille mille baifers amoureux & lafcifs; ôc ne craint finon qu'il fe refucire t'.optoft.Mais comme elle cft am fi route efprife ôc outrée de ioy iurquesàrame,ccfteUmpeoG f ar^ ilgnalee perfidie 5 ou parvneper-; lîicieufe enuie,ou bicxju'el'e pre- fuinaft aufli donner vne atteinte à ce corps fi mignon, S/ par manière de dire le baifer j fit rober du bauh de fonîimignon vnegouite d hui- le bouilante Tur i'cfpaule droitte du Dieu cupidon : Hà lampe au- dacieufeSc tcmeraiie -, cheiifue & dilcouttoife feruante d'amour, as- tu bien le ^ouraj^e de brufle le Dieu qui domine fur toutlcfeu, attendu mefme que tu as efté pre- mièrement inuentee par quelque amoureux, à ce que foubstafa* ueuriliouyft plus longuement de Tes amours durant la nuiâ:?
Or. le Dieu fe Tentant bruflé, erefTaillic de fiayeui:;3wCogaoillant
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DE 1 ASNE D OR. lyi
le lafchc traidl qu'on luy faifbit en rompant la foypromife, s'envola il s*efj^ fans bruit hors des yeux Ôc des uolc. 'jinainsde fa tceftnal-heureufe ef- poufe. !^ Mais pryché le voyant fi'efleueren haut, l'empoigne fou- dain par la cuilTè droide à deux mains, felailTe dolemmenttrainer apreslay3 le fuit mcfmeà trauers la plage de l'air : puis lafTe d'eftre 'ainfi pendue fe laiflTe choir en bas. Comme ceDieu amoureuxla void igifante à terre, il ne l'abandonne pas-, ains s'en vole fur le premier a cyprès qu'il rencontre, éc du faifte d'iceluy:ray négligé les comman* Pepn démens de ma mère Venus,ô pau- ^^^^ ure& fimple Pfyché ( ce dit-il dVn pfyché courage extrememét efmeu. ) Elle n,^ ^^ m'auoit comanJé de te faire efcla- ^ratifu^ ucr es amours du plus miferable^^^ "^ & plus cheiif homme delà terre, pour te le faire efpouferenfuirte: & i'ay mieux aimém'amouracher detoy-mefme. Mais c'a cftélege- rement fai6l k moy, ie le confeiïc; Jk braue archet que ie fuis, iemc
V ^
T
crNQJ7IISME LITRE ^^
fuis bledc de mes propres armeg,^f let'ay peuc-eftre fait ma femme afin que lu me prinlTcs pour v^p * befte, 6cquetumetranchaneslïj tefte qui porte /«ces yeux lefquels j t'ont fi cheremeniaymé.Iet'auois » bientoufiours prédit que tu t'eiti donnâmes garde ; je t'en aduertiûl fois fi courtoifement.Maisje m'eaj ^^ vâv tout prefentemet faire rcpen- ^ rir tes c braues coni^iJleres de i ad-
/^ uis quelles l'ont donne : quant Va
J toy, je ne te puniray que m'en-«3
fuyant d'auectoy. Ainfi-fitCupi- don : & fou dain fes pennes rem- portèrent en haut.
Mais Pfyché couchée par rer- re,& Cl loiag qu'elle peur cftendre fa veuë regardant la volée de foti maryjs'afiligeoitenfon efpritjuf- ^y^^^rques aux termes de dcfefpoir : fi ^[herée. ^"^ comme la diftance des lieux eue fi fort cfloigné fon efpoux à ti- re d'ailc,qu'elle ne le pouuoit plus Se #,/.^- ^ppcrceuoir , elle s'alla précipitée (fpife. «^ansî^pi'ochaineriuiere. Neanr- ^ * moins cefte eau bonnalfe , certes
11
II,
Bi l'Asne d'or. 174 en l'honneur de ce Dieu couftu- micr de d bruiler merme les eaux, l'eau la ] fageauxdefpensd'aucruy , fe va- rejette^ mafTe en vn gros, Se tournoyant ^y4««f//. guife d'vne pirouete^la rejette fou* dain fur l'herbe qui floriffoit au longduriuage.
Alors Pan Dieu champeflre (êoit d'auan tu refus vne terre au- près du bord de la riuiere, & tenac la DeelTe e Canne entie Tes bras> luy montroit a chanter toutes for- tes d'airs de mufique. Sur le riuage vn trouppeau de cheures tondoic l'herbe paiflant auec liberté. Ce Dieu velu qui fçauoit aiïez bien ;|
I raduenturedePfyché , la voyant J>4nl4. efpcrduë & demy-morte/appelle confole» doucemen t à !uy,& la réconforte comme s'enfuit ; Beilotte & mi- gnonne, je fuis voirement ruftique & berger, mais au moyen de ma blanche vieillclTe j'ay beaucoup /d'expérience. Oifi jeconiedlu- re bien ( ce que les hommes d'en- tendement appellent deuincr) ce- . fie g defmarche chancellante ôs^ \
P vj
i ClNQ^IF. SME LIVRE
quiTacilleàchafqueboutdechap, voftre couleur blefine^tani de fou- fpirs «Scfanglots, lïioyansme font croire que vous cftes malade pour trop aymsr. Croyez moy donques^ ne vous précipitez plus , & ne cherchez point déformais vollre mort en aucune manière. Ne pleurez plusj pofez toute voftreirilleiîe , inuo- quez pluftoft Cupidon , le plus grand Dieu quifoit ; &, comme
^ d'vn ieune délicat & luxuiieu^s,
• g*'§"^2; [es bonnes grâces par quelque agréable feruice.
llJehaf Ainfi dit le Dieu des paftres : 5c
ieoi4tye. Psyché fans refpcndre aucun mot luy fait feulement la reuerence^ & pourfuit fon chemin au grand pas.
Arrlue ^^^i^^^^C"^ marcha gueresloing,
r ^/. ques'eftant fouruoveeelle entra
j/- dans vne Ville ou rcgnoit le mary
r^.\i dVnedefesfaurs. Pfychc, celle fœms» y .. r - r • r
^ nouuelleentendue/aitiçauoirlon
acriuee à fa fceur. Safffur la fait
entrer; elles s'cntre-faluent auec
^iucrfes embi:a(Iâdes : plu& l'aucre
DE L*A SNE d'or. 17^
s'enquerac des motifs de fon voya- ge : il vous fouuient bien de voftre beau confcil(,ce dit Pfychéj parle- if^j^ te Cjuel vousmeconfcillaftcsdecou- poche perla gorge à cefte beftequifedi- Çon fantmonmary vcnoit coucher a- mxu- «ecmoy^deuantqued'vneglou- uaisco^ tonne voracité elle vinft à me de- J^i/, uorer. lel'auoisbienainfireiolu : mais fiioftquej'approchay la lu- mière pour l'enuifager, jevoy vn merueillcux & tout diuin fpedta- cle: fçauoir eft le propre fils de Ve- nus, Cupidon, dis-je, qui dormoic fort à fou aife ôcdt tresbonne gra- '|
ce. Ormetrouuantdcprimeface toute efperduë , & troublée pour me voir extrêmement amoureufe de fon corps fans auoir moyen d'en jouyr, aduigitàlt mal-heurc que la lampe bouillant fit rejaillir quelque goutte d'huile fur Tef-i j
paule d'iceluy. Il fe refueille fou* dain au fentiment de ladouleurj' & me voyant armée de fer ôc dt feuj Puis que tu me fais vne telle Ufchetc , niefcharue & defloyale
1^
- C3NCVVIFS\CE LIVRE
(ccdir-il) /; delloge tout à ceiîc lutfak heure démon li6l,ï& pren tes har- demef' desaucc toy le m'en vay tout pre-i tnepain fentemenc fiancer & prendre à fofiPùe, femmetafcsur. Orvous nomoit- i! parvoftrenom. Puiscommanda foudain à Zcphyre que par fon foufflcil m'empoiïaft hors les li- mites de fa mai[ôn.
A peine eut Pfychc fini cefte p rolejquel'aurre cfpoinçonnce de aiguillons dVne Ia(che volupté Se maudite enuie, donnant vnc verte calfadeàfonmary , comme s'elle cuftreçeu quelque nouuelle tou- I chant la mort de Tes parenrsj s'cm-
barqueincontinent, ôcprendron I chenoin droit au fuldit rowher. Et
combien qu'vn autre vet que Zc- phyre rinff^raft , poulfée ncanc- moins d'vne aueuglc efperance: pren moyCupido(cedit eile)pour ta digne femme; & toy Zephyre reçoy ta Dame en ton giron: puis- fe précipita du haut en bas. Sine | peutellearriuerencelieu là^ ny j viuc ny mocce. Car s'eUanc froifîc S
i
DE l'Asne D*0R.. Î?^ les meirjbres5& cpmme elle meri- loit fore bien efpanché fes entiail- Ics à trauersles efcueils de la nion- lagne , elle y demeura morte pour feruir de pafture aux oyfeaux ôc belles des champs.
/ La venaeance aufïï de Tautre Sevdn" ne tarda guère à venir.Car Plyché ^^ f^^ vagabondant en (uicte deçà delà yeille- paruinft en cefleautre ville oùpa- ment de reillement fa foeur faifoit (a de- l'autreo meurance: laquelle induitte parla ^«^ mefme tromperie de Pfyché , & jaloufe de Taucir veu Ci richement mariée; s'achemina de mefme vers ce rocher , & courut femblable Vâur^ fortune que la première , tSLndis f^'t [on que pfyché cherchant Cupidon chemin. circuifïànt tout le monde. Mais Juyfenrant la douleur que luy fài- Cufido fou l'huile bouillant de celle lam fedetik, pe, fe plaignoic couchédans le li6b de fa mère.
Alors vnwMouette qui vol- tige ordinairement fur les eaux, s'en alla quant-&- quant plonger au plus creux de TOcean : & là fc {
C I N C^V TES ME LIVRE
VenH6 ^^^"^ ^"P^^^*^^ Venus» qui febaî*^ . . enoitjlay faid fcauGirquefonfils U A ^ ^"gf's^^c"^^"tDrulle, qu lIen- ^ , , ^ dure beaucoup de mal, qu'il eft en r 0 danger de mouriizquedefià coure ' * la famille de Venus cft en mauuai- fe odeur enners les peuples^ que chacun en fai(f> des contes à plaifir: Qu^ilnefaicplus rien que paillar- der aux monta «^nes : & vous , plus rien que vous baigner en la mer :; que pourceftecaufeiln'ya oiplus de plaifir, plus de grâce, plus de, gentiIIefTe en vous deux : ains que vous t^tz deuenus gofFes, agreftes hydeux : qu'au demeurant ilncie fâidplusdenopces : il n'y a plus d'amitié fociale , plus de charité ïi-- lialcjce n'eft qu'ordure, que pollu- tion énorme, quVn mal aggrcable defJain de Taies alliances. Ainfi ce babillard & trop curieux oyfeau gazouillant es oreilles de Venus, defchiroic la réputation de Ton fils.
Mais Venus courroucée fc îprincàcnec iiauc ^ cUir : Coin;
D E L'A S N E d'o R. 177
mène ce mien bon fils a donc vne amoureilie ; Or ça toy qui me fais ,, li bon ofiî ce , dy moy j3 ce prie le ! nom de celle qui ma desbaaché monfi's ingénu & qui n*a point encorde menton ombragé d'au- Mfdifé cun poli de barbe, ou qu'elle foit rwf W de Ja compagnie f^ des Nymphes , riùie ùti • , ou du nombre des Deedes , ou de nitiort, 5 la trotrppe des Mulîes , ou bien au ; 'feruice de ^ mes Grâces. L^ defTus s ceft oyfeau babillard ne fut pas ;|muet : jen'eniçay rien Madame ' ccitt'il)]QCïoy coutesfois qu'il ai- ; tiie vne fille qui s'appelle Piyché fi î je ne me trompe. Alors Venus in- 5 idignées'efccia : Il eft voirement 1. lamoureux de ceftePfyché^enuieu- . fedema beauté, jaloufe de mon e iDom ; ôc pour comble d'indignité, ;{ iil eftime que j'en aye efté la ma- j querelle, comme fi jelaluyauois montrée pours'en amouracher.
Ainsi Venus ayant la puce à
l'oreille , Torcic incontinent hors
; de la mer , 3c s*cn alla droi'd en fa
chambre dorée, de trouvant com-
CINQVllSMî? LIVRB
Tdnce meclleaaoirouy dire, Ion fils ma* fonfili. lade,s*ercria dés Teiirrée tant qu*el. le put : Voilà qui cft /'forthonne- ftervous faidtes y \ grand honnetit à nos arycertre/cVlt vne chofe b'c feante au rang que vous tenez/ Que vous ayez fûu^éaux pieds \:% comraandcmcnsde vcftremere, voire de voftre Dame , pour vous cmbâbooïner non feulement es f fales amours de mon ennemie,- mais affin aufli qu'en (î bas aage vons vous difpenfiez en corru- ptions & voluptez licencieufes auecelle, & que je fois contrainte endurer auprès de moy vne bru queie ne puis aymerf Mais fotaf. faitté,desbaucheur,& fans refpeâ:, vous cuidez auoir tout feul moyé de faire race,& qu'en / Taage où je fuis je ne puille plus conceuoir. ïe. I , veux bien que vous Içachiez qu|8 , ^ , j'engendreray vn autre fi!s plus ga* ... land&plus obevlfanc que vous; _ , voire pour vous hire d autant pluî lentir 1 outrage que vous maue2| ^ ^ ^^ faid , j'adoptcray quelqu'vn de
Dî L*ASN E d'or. I7S
mesdomeftiqucs , &luyc!onne- ray ces pennes jces flammes, ceft arc, CCS flèches ; tous mes meubles en iomme que je vous auois don- né pour autre vfagc : car ne pcnfez point q l'aucun de ces inftrumen^ vous viêne de la fucceflîon de vo- ftrepere. Mais vou^auezefté mal nourri des voftre premierejeunef^ Te. Vous auez toufiours eu les ' 'mains crochues : vous auez fou- • uent blefle vos ayeuls fans aucun rcfpcc^ : vous me volez rnefmes 3 us les' jours 5 moy , di je, qui fuis odre mère , parricide que vous ^aes. Vous m'aucz fouuent t» na- uîée,c^ menazàrdezà ced' heurs comme fi j'eltois desja veruc;& ne craignezaucunemccAT voftre beau père, cetres valeureux &rrergiad Capitaine. Qiîoyplusî pour me r.,^..^ rendre d autant plus loupconneu- ^ ; ' leo &: couftumede lav proftituer vne innnitc de garces. Mais je vous fe- f ^ ray repenrir de ccfte brauade: je '^ vous fcraytrouuer ces nopçes ex-
(
ClKQJVItSME LIVRE
trememcnt aigres & ameres. Or que feray-je auiourd'huy que je mcfensainfimocquéeîoiime re- tireray-je ? comment pourray-je arrefter ce 7 lézard? irây-jeaufe- cours vers ^Sobriété mon enne- mie, Jaquelle j'ay fouueni ofFen- féepourcomplaire à la luxu.eJe ce compagnon ? où fi je receuray pour compagne de mes difcours vne villagcoiTe & fouillonne? l'en friiïonne d'horreur , C\ ne me faut il pas lai (Ter cefte vengeance en ar- rière. Il faut que l'employé rf cède là fans autre , qui me chaflic à bon efcient^ ce badin. cy-, qui luy face vuider Ton carquois , qui ledefar- me de fss flèches » qui relafche ion arc, efteigne Ton flambeau : voire auecdepluspuillans remèdes me rembarre ce galand. Alors feray ic fausfaide & contente en mon ame , fi ie luy puis vne fois rafec cefte cheuelure que i'ay fi fouuent noiiée de mes mains auec des trci- fes d'or; fi ie luy puis vne fois ron- gnercesaiflesque i'ay fi mignon-
DB l'AsNE d'orI 17^
nement teintes dans mon giron en EÏleforû couleur de nedtar. Ainfi parh Vc- four ex» ' nus puis fortit dehors toute tranC. ecuter ' portée de colère , & remportant y'o'u.f^* ' vn eftomach plein dedelpit vene- gednccs» ' rien &bouf5 de vengeance medi- ,'tée.
^*| La deffus Cerés & lardon la iennent accofter j & la voyants infî cbourfoufïlée, luy demandée ourqnoy fousvn fourcil rcfron-^ gné elle cachoit Gi (înguliere bon- ne-grace de Tes yeux. Alors Ve- nus : Vous venez (ce dit- elle) tout à propos pour faire ^violence à cefte mienne poidtrine ardente, & diuertir les effeds de mon indi- c^nation. Mais employez ie vous fupplie joutes vos forces pour me trouuer cefte e, fugirine & vaga- bonde Pfyché. Car ie fçay bien lae vo' n'ignorez point les beaux difcours que Ton faidt de ma mai- fon & de ce compagnon indigne d'eftre appelle mon fils.
A DONC elles fçachâns ce qui s'elloicpaiïe, commencèrent ad-
C r N Q^ lESME tlVRB
Cfyésf^'T *^°"^^^ '* ^'^'cre de Venus comme
If on ^'^"^'^'f * ^^ quelle fi i^riefue of-
dcco'tle't ^*^"^^^ perpétré voftrc fils /M.
. , me, po'ir impugner & faire anec
'' •-/ tantd'aigreur la euerr^ à iVs me-
* BUS pUrus , & vouloir auiii de-
ftroiie cel'e qu'il ayaie? Mais quel
crime a il commis je vous prie fi
ccftebe'le fille l'a trouué fort à (on
gréf Sçaucz vous pas bien qu'il eft
mafle îk jeune ? ou bien auez vous
défia mis en onbli^ de quelaageil
cfl?Pêfezvous/7 s'il porte bien Ton
âge qn'il 'ou ncâimoins toufiours
enfant ^ Et vous qui eftes mère, &
d'abondant femme bien adiufée,
iclpierez-vous (anç cclfearectanc
dec^riofitélesjeux & fuiafUeries
devrlhefils ? le blafmerez-vous
d'eftre luxurieux ^le redarguerez
vous^defesamourettci? laxeiez
vous en voftre fils fi beau les rufes,
les attraits, les délices / que vous
prattiquez vous mc(me5 ? Qui (c-
ra celuy ioit des Dieux foit de*
hommes qoi pniiïc endurer que
déformais vous alliez femanivos
DE L*ASNE d'oh. iSo
âmonrs parmy les peuples , acrea- dii tjuc VOIS reprim-. z auec tant damerrtime celles devo^ dotne- ftiqucSj&mfe'mez fî foigncufe» metu la porce à ceux qui vou- drcient offrir leur (eru^iceaax bel- les D>imes?A'nfi ces deux Deedès ncraignanslesflcches deCupidoQ leflattoientparceftegratieufe dc- fenfcencor qu'il fuft abfent. Mais Venus indigné que Ton tournaft enriféelcs outrages qu'elle auoit '^^'f receus,(î toft qo'e'les eurent mon- pf^^ ff\ tré le dos , reprit Ton chemin vers /f^» la mec à grand hafle.
If.!
ClNC^yiESME LIVRE
COMMENTAIRE SVH
LE CINQVIESME L I Y R E.
4 y^^ A R les pou très] CV/?/4 clefcn'pfiod'vn V^ ^r^wf Cjt pimpttteux l?jfiimc^t , conflrmt fhs félon L fertilité d'I'n galant eypTitcjm fc donne carrière , quefuyuant U ^vérité de l'hifîoîre. h Ch}:ot\]Theophraj}ej^ rime après luj.efcri- ucm.que Icsfoliues cr ^Unchers des temples fe fatÇoient anciennement de boP5 de citron , a caufe de U durée de l'efioffe qmne pourrit iamai4 : le tneuhle de ce boit ef extrêmement riche, c Neparuft] Il [emhle defgner ces ej^rits quon appelle feruans , lef^uels ayans vn corps aeric», ne peuuent eflre appcrceus. Tout ejfrit efï ailé cjr "volatil^ce dit Tatullfun, fcurcefoy^t-ilspar fout en T» moment : C^ leur opération eji Ujuhuerfion de l'hvmme,
d Sa fcmmc]c,en paroles couuertes , queCupi*- don auolt-^n U compagnie de Vfyché'awf le feid €onfentementtJefatBpx6 lesmpces ^fi l'effeSÎ ne /enfuit»
c Son dommage] Cef^oElr^j emporte 'vneoc* culte defcnfeyVfjché demande voir o* arraifon» nerfesfœurs'.O" cedeftrcaufera[on malheur pour vn temps,
/Trop
I
Trop fur le tard] Douleur cir Urines font les comptines d'aune urdiue repentdnce , qudnd U faut?eft irrcmedtxRe, Ceux qui feignent lOcu^ fj n l'iydo'mcfit pour compagne Meranœe.c, Ve» wtence , 'dec^c quifef.tit rttidre conte de ce qu'oM a dcHfAirCjO" q^^ ^'^^ n^dfivsfdch ^ S taMM^ y o\iK\ïç\c,au[st mollement ^m[^t dodcement comme ilm'a apt^ortéeuy, J^ A pareil fo n] Ucho , fille de l'air gucfNyumt Lifiâwn des Voè'tes, refaulte & rei dciinixreciprociHes entre les rochers O^ pan tes ^"s monui^nesjs creux c^Jtnuoffte'^ des vallées, ^0 ^efisjjmcaues & traiBs Jeriui^res. Elle fut j> tr defcfpoir franfmute encefle voix retentijjan» /', Âpres que le heduK^raffe l'eut defdÀtçrnéei Vxn amj defolitudeM'vapourfujUAtfansceJfe: vhiis plm elle court plm eUefuH rythitgora^ , "Platon^^ ^nfiatô 'veulent que 'te Echo ou refonnance ne foit autre chofe quv'» flmplc forme imprimée feulement en Ufurftcâ Fatrfxns participer d'aucun corps, Les Stoiques iftienrfcnt q>4e c'ejl corps , d'autant quelle 4 lien çjrpaf ton ^ elle nous peut recréer ou def- -ttre.elle efl mohile Cjji^gitahle-, toutes chofes qui cmtiennenf au corps : cr fefai& l'Echo par vn battement ou rejfoùrce le la ^oix ^ l'air ^ tout ift que lefon d'jnepelotteqHi iondjten hault»
C I N ay lESME IIVKI I^UkS Utjfçns- en U dtFpuu aux K.itur,ilfj!csl Entre les plw memorAles Echo l'on rnnArque €elujduPont Channton fres de Farts ^ hqu^l notis oyos redoubler dix.douT^ ^ a eiie foii ,ma>s fhis confujément ejuc ce celuj qu'on oitfres l'E^ gl'tje S, Sebu^ïm hors de J\pme^ en X'nefepultMre émttejuequ on itp pelle Capo di bouc , ^ caufe des teftes de bœufs taillées en "onefrife ou ceintu* re touf\ où F Echo r citer e fort t^t/lm&cment itifqu'^ fept fois les trois dermtresJ^Habes de ce ^ue l'on y prononce ^ hxute zoix, ïO nyr] Proprement oujr: car ces chambrières in* HÏftblei fe fdifoient feulement oujr» K Curiofité ] pUuteàraifon dedne, que Nii( n'cft curieux qui ne foir poulTc de maa- uaifeaffedtion. .:
/ L'ordonnance] De ne sUnqrterir ptint toH^ chant h forme de fin es^oux, m Bonnes] îrunk,
n Aueugle] ^riftote es^prollefmes efcrit^ que les * mcfchdns pojfedent pluflolî les richejfes que les ions y s cAufe del'aueuglement de Fortune qui m Jçait dif cerner le meilleur Â' a uec le pire, 0 L'aincrte] Leprimlege de prerogatiue de lifri» mogeniture ejîfarvij toutes les nations du rt^onm j df{teJrnoin^ Hcrod9te)aus faifni tfcnncla ^rithl
DE l'AsNE Ç OR^ iSl
tlpAutcfur ks plw jeunes, ^'tnfi îifo ns hom es (faits canojn^iiies , qt^'Efaii 'vendit à lacohfon droici d'dmej]e:makaucme[9is la force emporte le
f Pour chambrières] Ce^ijngTadcreuecœuf À ce fcxeMumd leurs mar'n tes tiennent nsn four fmmes , mOrû 4 guife de chamhrieres , éittmdtê que ceux qui font conjoinBs fxr ntayia^e ne doU ■ uent rien au ou a demefer enfetMe, hoYJmis que , les affr, ires du mefnage touchent U femme j celles de dekors le marj. Et ceux qui traittent leurs . femmes flu4 conmie fei^eurs que comme marif, I font que toute lUmitte comug^le fe tourne bien JGHuent en -vne haine detejiable. Lafocietéâu mx* \ ry Cr de hfemme{ce dttjîriflote au 8. desEthi* , qu€s)rejjeml?le a l Ejîxt arijho'dtic: le marj doit commendcr comme le chef aux memires* Troperceahonne grâce, UamourdVne fille i(rf^//-//jcroiftiou(îours en voyant fon a- my : fi loin qu'elle pourra raccompagner de l'oEil/i loin ira fon amour. r Fermée à chaînes] La femme pudique ne doit point c^re gardée, l'impudique ne le peut: caf I ufher fe fourra mcfme k tro uers les tuiles tT U .tte pourjouyr deDartaé.que le père auoit enfer ^ née dans vne tour d'airain , CT clofe de ren*pari mprenaùUst. Q^ ij
fK^hougn de goune^]Tc!s mam ne pUifinf gueres aux femmes, fur ce qu'ils nefeuuttvï^eijer enleurjarJm : joïnB cjue p. xr l'ordonnance df s Médecins , Venus leur e^ mtndiae. / Des fomentations pnanteJ'^owwf/^/fTz- te de paons ^qui tempère l'ardcu^de la goutte : U fiente delceufauec lie de vinaigre : la poudre de •fiete chfure auec du 'vieïlotngt: & plûficurs ber- bes dont leit44 cfi fafcheux a en tir. ^jncon^uc Aura [ce dit Tyî.itemH^ }fon horofcope en la uingi" httiBiefme partie du Vofcau ,Jera podagnc'^ue, i; Puiiais] A'owy^wj- caufe^ punais : car prefque Uffs ces' catap lames Cr trochtfques rcft itérant s qu'on appofe fur les gouttes ,fentfuits de fientes, matières falei C^ puantes: O" Hjppocrates a rat* fi}n de dire cjuela Médecine eftartfale , attendu que le Médecin à de vil âmes 0*pffantes chojcs 1 nutnier: toutefois _ Honore le Médecin pour !a neceflî ce ,^e dit l'Ecclefiuli/qMe, X Oiïicieu fe] La femme martée(cc dit t^fjo^re I -. itu Corinthiens j pen(e aux chojes qui font de ce monde , comme elle plaira à fan marj, jy Ceux là] Sentence puiféc de la commune creZ* ce du vulgaire ^qui penfe que lefrniÛ des richef fcs efideparoi^re & d'efire co^neu \ fuyuant U* [i quelle perfonne neportefes plm riches habits par la maifon , oh Ion ne les lerroit point, SenecqH j
nous jffYfftd , quil ne faut ny monter }iy diff' miilerfes mo)ens: le j^remier tient du maLduif^, l'autre du crutnnf. l es riche f]es m la mAin dufd- ge^lujfferuent:diifolJuy commandent. duons dit au 1 Jiure U [jgnijlcatio n de ce mot, \ fueiLf6^f.ig.i. ^InFantin] Acaufedubas éià^e ^c Vfyché.
h ?îQ£i.nçz\c.diuul^fie7^^, defcouuerts ^ra:ontey ' aux profanes.
f Piqaeiue ] T\iot f.xns mlairiic four exprimer *vn acie deshonnefle. Et comme pxr laPtcauiurt d\'n ferpent le corps de ment (nfic : ainfipar vne I ., petite pôintui e des génitaux le 'Centre as la fem- me g'-of^it c^ s'ente en conceiiant, ' f/ De Si ren esj-Zft fable des Sirènes , ^ comn^e p,(f leur ùe.iu chant elles arrefloientles pdljans^cjl ■^ contenu .tu 7 liu>-e chap, ijJc la Tilyrholoné^
e Proyc ] c VJjché quelles emuhijj'ent comme '^' " *>;/
\ /Admirables] f ^trce qu elles cpicnt iiup toli ; . freP^es que com.mdces-^ & neatmoifis on nenjojûït '• point ceux q'n les feruûient. Numa Pompilius "youlant 'vnefolf' traiter quelques fins amisjetiy ' \. fit par force magtqne ccuurir la table tO'4t à cot4p • \ , de tout Ci les njiandes qui fepeuuent defrer, :}\g L'autre fois] On dît commuummt . qu^n
CL") '
C I N qJT 1 ï ? m E t I V R E fnmteur àoit duoir bonne rnemelre, sAh>[î ces mauuaifes fœurs ajitnsfurpm Vf^^che en dtuc'jt- té Je paroles , FAccufent de menfonge O" d'imj^^ - (l^re,
h Serpent ] Conformément ^ ce quon efcrit quOijmpié^ ayant eu U comfaç^pie avnferpcnt engendra ^îexdndre depuis furnotnmê le Grad: C^ par femhLhlefiurLc, Vomponafut cjhmêe rf- fto'ir enjTêndré Scipjon, Inucri t'ion d'hommes pcnï>^ filtre croire leurs enfans dinins , Cr lenr acqticur de Li rep.'ituttoupar defj^fs la conditio hur>i.dne^- i Paflc comme vn trc^pailé] L4 peur fait re^ tirer au deda?iT le fan g Cy* /^ ch.tlenr^ comme ca^\ feigne x^rifote és^ Problèmes, Vourceceuxqui^ font mdaf^eurcx, en Icurconfàences , palltjjn/t , ^font toitfiours blcfnes ccnwie trcfj^ajjlr^ L.t wcfmepcur tafche le 'Centre Cjr dorme en me d\-' rmey : parce que la cIja leur decoul.mt des parties hautes O* y^^ifes , o^dii dehors au dedans , f/^ meut le 'ventre O lavef^ie, k Tiercé es] cJffiparfuÛcs entrecouppees/om-'' meiladnicnt). ceux quircy?detl'ame,ou qui lent' \ touchc^de quelque g'iefuc p^-^/sion , au f quel s le trêuhle d'ejj>rit deuore partie des mots quils veulent ptononctr. ' / Souffler vn pxoîond Coinmc\\]P /us l'hom- me dcj tde frofondfommetljplus fort il ronfle ; -^r
Jà.
D 1 l'A S N F. D*OR. 1S4
te bruit qu'tlmene en ronflât fe fuit au nc^Vour" K vUute ^ bonne gr Aie dtfi»t qf^c lors qu'vn tel homme dort Cr ronfle , pn ncT^ veille , attendu qu'entre les parties du corps il n'y a que le «f^ qui mène brmf.rlupeuYS néanmoins ont les foui' mon s fi tempère^ , qu'en dormant onnelei ote | point refp'rer, ,
w S 0 u l'p e n d u c ] ^gtiife de ceuy qui de peur \ de mener bruit femblcntnojer mettie le pied von-* trehas,
« Aile] 1 1 entend le Zcphyre^ dont ïLipptUeU {ouflfU diU^ k cau/e défi viflejTe , Cr p^r ce que les Poètes feignent les vents ade'^Cjr volages. e S e U; e] P[yché ej}o itft*ule &■ non feule : f^r lei départ ci" fe s faurs elle fembloit fjh'e ejjadcei] mais le trouble d' offrit qi/t U trxuaille au deÀ , dans, ne luy permet j)otnt d'efirefule, p'^
f Co jrt à la \rà^c']D'merfes c^ contraires affc] 'fiions d'vnepcrfonnetraua'iUée enfin ame, f ' ^ V n e b e ft e ] ^irfi le crojoit elle , perfuadet] far les ru fis & fraudes de fes faurs. •■ \
r L'efc î i m e] Gentille tranflation pour exprlmeÀ k coït de Cupidon auee Fenm^Venui afes4rmes\\ Crfa guerre aufihien que les gendarmes: malt'] (lies font amoureufiSyC^ les meilleurs coups fi th ' ! fentUnuicl, j
/* Change dcfexc] Foicjquc celle qui pour:%
C I >r Q^ lESME LIVRE frxefemenin dcuojt efltefojhle & peurcufejem^ hUiarmerïcy d\n courage mafculirr.^ ùay md- niere de dire deuemr borna jfe , cntrepienant '\n
t Elle void ] BrAue CJ* ndifucdefcrtpùon de U heAutéde Cupidùfi ,de LicjHi lie comme d'^ne re~ gle il faut prendre les ItneAmeîirs de toute hc.tfné, A'mfi cjuc les ampins frenoienrj-. dis de U fiât ne de Volydet , les ^ ait} de leur art, a» D'âmbrofie] ^mù> ofin fgû fie immortel & diuin. De là les Voètes prennent T^r^ibrofie Pour h manger O' f^>'f'*rn des Dieux. V D'vn C\ gjâd Dieu.] platon au BanejuftiA- mour eft vn giad Djeu,il eft admirable & ch-ez les hommes 6 /'j^//rf/>,qu' Amour eft vn grand démon. j En l'amour de l' Amoui] Le i.f.gmfie r//.'-- { Bion\l autre JeDieu d amour jantremïtCuPidcr^ r^^ Mais Ply ch é] Non fans cauCe dit le [ain& o- yaclcy quaua?itque de croire ilf.tut cffrouuerU: eFprits'.car crédulité cil mcrede d.ception , ce / .' FulgcnccFotcj Fjjfchéindu'uc & feduiteparfi . fceu/'s ; cîr par la fimplcffc dcfa trop facile créa ce y déchcuëde l'heureux e(tat auquel l'ohàfjayice au comnutndemens âcfon tnarj l'euj} entretenue, Fueii iiy.p.J.a Cy ipTC2]^rhrcfuneJle Cr w. f.KC9ntret4,\'i O" pourfgnede dueilot\lman\7nc
r
etenuè, \ }e O" w.f/- J
dmdntUs m.ufons oiigifi quelque trefpAffé. h Ces yeux ] L'amourfegltlJepar les jeux : & eommedttVioperce.ks yeux auidec lamour. j^/W/7^.i«:Touteno{lre luxure (f^^//-7/)cft es veux : ils nous précipitent iournelle- ment en toutes fortes de vices : ils admi- rent, ils aiment^ils conuoiienc. #Braues] Ironie,
^Drufler les yeaux] -^/^fW^ queTelement' de l*edu ejï contraire an feu, C q^c de fon propre naturel d ejimà le feu\Upulee M bonne ^ace du fant j que les eauxmefmesfent hrnjltes par U famme de Cupïdon y lequel a fifouuent amourA^ chéles Nymphes aquatiques» e Cane] Cejl celle que les Grecs dppeUet SjyinXy qui fejauuitde l'amoureufe pourfuifte de Va, fit _ ; C4nuertte en ro féaux fur la riuiere de Ladon : def- ' ouels î*4« oyat quelques-'vns quiperce7 & creux ' tomy par lever donnojyet vn fon aucunement rrmomcjes cueillit Jes mjpira^&pcu à feu trot* ^.i le moyed'e faire vneflufle, Lafableefi ample* mêuxpofée au6.(h.duyhu. de U Mythologie». '^ D'expérience 1 plaute dit que le yieilaap-e ^ : ufjajjonnement de j Age [Je, l Dermarchechancellanre ] Cefieallureja •aUeur immodérée , les fou sfirs fréquents , foni "idicei dUmour, le medecm Eraffirat defût^
ClNQjriESMl LIVRE
Urtt itnclennf ment par fembUhle conieB/tre l'tt» mour quAntiochm couuoit dedans fes moelles -^ U' quel couché dans le h& , ^UnouiJfanrd'Amo»* reufepafion , toutes les fops qutl 'vojott Strd- fonice^ quilevijltoitfonuent , efioit pr^mptemcnC fdijide telle pertur Litton que l'on apperçcuoit en xeieune 9rmce ine defaiuAnce de p4rc!e, rovgcur de 'vifageye^/Gj desjcuXjfueHt: aiguës JbAtement Âe veine incrojabk , C' tons les autres Jîgne s qut Sappba remarq'te es arnoureux ipuis le fentunent luy défaillant pCH ^ peu^ t sut le corps luy ùlemif' fait : IcCquels fymptomcsce bi(naduîfé7^1ede^m conftdefant, lugeafort tien qu^ntiochui aimoit Styatonice-y CrftttaatcnHcrsSelcucM , qudU luy donna feurfemmti
h Defloge ] c.qu ily ait âtuorce entre m/^s. Le diuorce, la mort, lapiifon, rompent le inariagej ce dit le lurifcon fuite» iPren leshardes ] Terme [olemnd dont ils ir- f fient t n répudiant leurs femmes. Jc.Niviue ni morte ] ^infi/emautuiscm» feil (Jlioufours funefie àfon confeilier, y£injtv* m fraude pcuffe r antre : Cr les mefchans iom* lentauxpiegts quils ont prepare'i^ peur autruy, i La veng^eance ] ftf^s que cefte-ej participait i 14 fraude , la lujlice dfuinç M9Hloit qtt*vne w /'- mf
il
DE l'ASNE d'oR^ 1^6
wj Mouette ] Oifeau aquatic, qui faltUguerH aux CÀîîÀrds & femhUhle gibier, n Qni fe baignoitjCoww^ Dejfcedc U mtr](^^ engendrée del*efcume marine, c Plus de plaifir ] les compignles de P^enus c^ de Cuftâon.font^ Feluffé; les Graces^toutes deli" ces, mrgnardifes^gaUntifes}, c^ fins Ter? fifjtou tes fiefin(pnt,
f De3 Nymphes] Les N^m^hcs font les fuif- finces dr diurnes majcfle'^ qui prejldent oufufi'l /« mer^ c^ s'appellent ^ eyeides'.fufkrlâsfintai" nés (jr rluieres^ Cr s Appellent V.Àixdes'.oufuT les montdgnes , C^ s'^fpelleut Oreades ; eu fur les fore B s , c^ s'appellent Dryades, ( Celles qui natjfent auecles fore/lsj fe nomment H4madry4* des^ Car comme Vlutarqu^^ autres efcriuenf y jM ilj éL des K^tnphes qhi Itiuent O'' meurent auec •\ les forefls ) ou. fur les iardins & 'verger s ^o^ s*aù^ ' Relient Ndpees, Voye-^^ en d'auantage sil'voHS fUiflau ii^ckap.dn pliure delà MjthoU^e, tj ^[Mes Grâces] les Graces[C\i2iX'nzs en Grec) { ' font^ bon droiciauferuice de Fenpîs:attendu qu^ ; fans Venus toute grâce ^erlt ^ fe tourne en def» dain.
jr Fo rr h D n n e ft e ] Ironie far laquelle Venuâ tance f^n fis auec aiffeur, ,f Saie5:araours \ 'venmmlt prié fon pis ^qui
^3
C î N Q V I E s Ai t L I V B F,
I ^JPfyché s^dmourucha/i e^ereluer>itnt du plut tni- /craUearp/w mfor(fwc^ujf/i/t.iu mo(ic:m.tm- teriAnt elle ej} en coUre que fon Cupidon s'en fiir^ au mej^ris Je fcs comnunJcmens emhaboumé 'iiij- mejme, I jf En Taage ou ie fuis] Le^ femmes n'er>gentlnt fln4 p>if]é cinquante ans: Cr four Uj)'ii]^art elles en font w capables à quAtante. aucunes néant ^ vwins[ce du yy€rijî.)(nf,wrerit à folxante. Corne" It.i^ de U ma/fm des Sctpwns , Aagee defoixante^ ! /^eux accoucha de VolufÎHi Saturni>iU4 : mais rj ^la-vletllejfeny U pluritltté d'années ne donnent fotnt d' cmpefchcment aux Dtcux r}y DeeJJes , at-*- tendu qu'ils fontimmortelsyO^ que l'-i^ge ne fie* ■ fnitpomt leur ligueur. «Nàurée] Comme quand elle s énamoura d^{—
-adonis, de Mars ^d'^nchjf es , & d'autres: ce ne fe fit point [ans laflefche cle Cupidon* ^tnjl Ja mère impute fuhilcment à, fon fis ce qu'elle d "johntatrement commis. yAuJliefl.ee pluftofl
ii'ordmaire d^s hommes- d'excufer que deccmget
-leurs fautes,
V Vo ft re beaii.p er c] C'efiMars eFpoux de re^ TîM, Et que Mars en aitaymé ïautres , les Toc* tes le rnonflrtnt , ( gntnt ; attendu que B^mfdc tkifqtfii â
DE l'A S NE d'or^ i57
j^ Lézard] Vat dcfdain Cr mtfcltfctnce clic afpcU
le f97i fils Ui'ird^ammd ^le'm de fraude fHrtoHi^
autres^
î' Sobiieté ] ycri^i nchaitrien î.intfie Sobrie* té çjrfru^ilitk cdrfans Ceres er Bicchus Vcnm- tjïfmclc. Us comj}dgnes de FenH^yfontjureJfe^ , luxe,tnfa?ine^^c,
a Ce fte- là \ Enfin Fenusfe refoMd^em^qyer Sohrietê paur punir Cupidon: carnen ne le defar- me nj ne le de [rompt pi u^s que Ufobrkté ^ étbfli''^ nence,pdr[imonie, h Ce badin J Terme fgmfiat rmjfris & defdaini aufit Fenm commence déformais k prendre C«- pidonenhdine»' f B o u rfo u ffl ce ] Carie courroux piroifl endë-\ hors c^fe monjïre au 'vifage.fUute parlant d'v- ne femme qm je mât en colcre^a honneur Ace de dl^ Y€ quelle, cfl en leuaïn : car comme leleuain faïEi enlcuer la pafie : ainfi fait la hile & la colère en- fler C cjlomach, f ourdir le 'vifage^ d^ bourfouffler iaperfonne qui fe Uiffe tranFfortcr, L 'ne dcuifa- ^( le vifige^ enlaidit la beauté ^ enflame les jeux ^i défigure la bouche , enfle les leures , fait gnucerle}] dent s y herïjfonne le poil^ferre le pomgide façon qu: > ^oHf ne Içauric^dire fi le nj'ue de colère, efl plpk. jleteflxbk que diffonmci
^é X^^^^^^ 1 ^^^^' monjirer qus non- njohrÀ
C I N QJ^ I_ H s M I t I V R 1
tàireyncnt , mats par contrawfe elle accoiferd tdt^
(leur de fon courage, ^tt rep Icficge Hc la colère
e^l en la poitrine , comme prouenam au f^n^ qui
s' efclhitiffe Cr ùoud autour cIh cœur Jaf lut chatii^
départie que nous r^ons.
€ Fugitiiie] Le fcrf fugitif eftoit ft oJieux, q'ie
le droiB P^maïn condamnait à l'amende le 7^1 a-
giflrat mefme qui rcfufoit fon aj?ilîance à ceux
qui s'en alhient 1 la quejlede teUfu) ards,
/Madame] Varh'nneur elles appellent Venus-
I Madame^ comme Dcefje trcfpuiffante: fi ce nejl
I flujlojî Ironie ,parce qne ces deux Deeffcs portent
\ toufiours & par toutvne dent delaicl^^enus
Deeffe d'amour: l'vne^ C4ufe des concubines de
fon mdry lUutn a caufe du raj>t de fi fille par
gDe quel aage] Comme ejlant Cupidon hors de
\f^g^, c:jpp9uuant deformÂis dire àpres^laute^
Mon aage eft défia forti hors de voftre
magiftrat. c c^mmÀndement O* ft^l^'tf^icn,
h S*il porte bien fon aage.] Varce qu'il ne
^ 'vieillit pBtnt j o^ ns reïette iamnis aucun potl dti
^(?arhe,
jf Efpierez- VOUS. ] EUes uncent Venus deffier {nuecfrop de cfértofire. lesaêîios Cr f^fjetcmps dé' i '{mfiis'fmu4nt U pUin te Jn Comique^ difofit quû: \ fflùfieurs. pères fint tivù iniques lu^s enuerj^'i iturj enfttn:^^^;,cn i^ qi/iil^vmdtùsenii'vidûniicr^
^1
I
DE l'AsNE d'or. îSS
ûue Jcs leurs fn wtetes annces ils demnset vieux ^ C^ s'tjhiqi.ifjentdcs cbofcspermijcs a l'adoUjccn ce. Donnons quelque pa(îe droit aux ieu nesfjens ( ce dît Ciccron ) lailîons leur quel- qu? peudelibcrtérneleur coupons point la broche à routes fortes de plaifirs:que la conuoitife d lededusdelaraifon. k De fes amourettes.] Cvmmes^ellesdifolet ^tten iu qu'il prefidefur les amours , il ne [au. Joint trouuer ejl range i'd efi d' amour eufe comble»
xion.
i Quevouspratiquez. ] lljted mailla mè- re de reprendre en [on fils lesfoUflreries &mùUi lejfes : do7it elle mefme efi matjfreffe ç^ bonne oti' wiere. Ceferoit chofe ridicule fi le boiteux fe îfioc- q!4oi[ du -boiteuxdt borgne du bor^e'.enfonnnej Clodfuj dccufe vn paillard jO^Catdina Cethegus, m Fermez la porte.] Le domicile de Fcnth tir de Cupidon efl vn mtgafin de vices , pnncipd^ lement de ceuxaufquels les femmes font Adden nées, Ofiex, leur les amours Vénériennes \ tUes feront ponrU flui part par mAnicre de d'À exemptes de péchés j
n Craignanrlesflecîies. Jcijuelque attem'^.
>'5
t-.
^^^'^^>
SIX l E s M E
LIVRE.
^ V^G V M E NT.
^i.^y^ Près inefoigneufe çs' fc- ^ mile recherche y après la per- ^^^^ fuafion de Ceres , Cr i^^ (on- "*• treditsde lunon , pCychéfe l'tent 'vclontah emenî offrir k VeriHô.? u i: iidefcritl'^fcenjïmde yenu& au ciel ^ U JupplicAîton qtéelle fait aux Bteux , o* les impérieux cotjtmandemcnts quelle dom- ne a P[ycl)é},fçt(uoïr efi, d'arranger en or- dre grain ii grain n^n ta^ de toutes (ottc: de bleds. De luy apport cr '^nflocquet de certaines toifons d' or. D* aller querif en -v- ne cruche de l'eau de Stjx, De lujfani munt 'vne bo'éjïe pleine du beau teint cit '^roferpine , Toute i le [quelles chofes Vj^fy^ , ehé a^.intfar l a^^iJlMCsJtuine , étcom*-
DELASNEDOR. iSp
phes^ file e^oufc fon Cupïdm m U tont' pae^nie des Dititx , les noPc^s s'en font du ciel y c^ de ce mariage naift Vo 'ppte.
CEPENDANT Plyché ^^^' ffyf^^l toit parmy le monde aiiec^*^
beaucoup de racieue , cerchant v ^v ! . o_ « • Il j r (muant
tnuidt &iournouueiies de (on ma- v^
■ ry , auec eipeianccque s elle ne le ^^
ipouuoic appaifer par bonnes pa-
'rôles & flatteiies comme fem-
tme, au moins fe le rendroicel'e
propice ^ fauorable à force de
piieres en qualité de feruancer-Or
iromme elle veine àde/couurir vn
rcrcain temple fut le fommetdV-
i ne haute montagne: Etquefçay-
, je ( dit-elle ) -fi Monfeigneur de- ^fjtre
, meure point là dedans? Elle y va ^^^
•rtut court. Et bien que par l'af- ^^^,^/^.
'aité de fcs traunux elle fuft
-crcmément harafFée , i'e/pe-
. ance neanrmoins 3c l'enuie qu'el-
eauoit Jç letrouuer ,luyredou-
)lo!entlecouiage. i^ près qu'elle
rut auec peine monté fur la plus
. âute crouppe , elle entra dans le
aâBHJBHa
s I XI s s M Ë I I V R î
tSple, y trouua 4 vn monceau d^ef- pis de froment, & d'autres arron- dis en façon de enirlandcs :item quantité d'efpis d'orge. Il y auoft auiîî des faucilles & tous autres' inftruments demoilTonimaistotis par terre Se confus enfemble pede meflcainfi quelcsmanœuuresonc couftume de faire après rAoufl. , Pfychéles demeiîe l'vn après Tau- tre bien curieufemenc, & les ayant . feparezies remet gentiment cha(^ Pour Ce ^^ ^" ^^ place j^ faifant eftat qu'elle ..-7- / nedeuoit point neslioer les lieux -. ^ iainctsny les cérémonies d aucun r Dicu:maisinuoquer là bienvueil-lll
Il Janceoc roilericordedetouj. IB -' * Comme elle s'embefon^noit
auccbeaucoup de foin g &:d'afîe- €lionà ce pieux office, la bonne Ceyés Cerés l'apperceut, & quand &- Liâucf' quand s'efcria deloing \ Ah mife- titdu rabîe Pfvché, Venus extrêmement cour- courrouce te cherche pir mer & roux de par terre à b. trace, & ne te menace f^enu^, de rien moins que de !a morr,pro- tcllant d'employer tousjes c::^::s
DE l' A SK E d'or. IQÔ
defa majeftcpour fevêgerdetoy. Cependant tut'amufcsàcequi cfl de mon feruice,& ne (onges aucu- nement à ta fanueté. Lors Pfychi fe ieitant à genoux , arrofànt aucc {;ro(re quanticé de larmes les pieds de la Deeiîè, ôc balayant la terre a- uec Tes cheucuxjuy demanda par- don aucc plu fleurs diucrfcs priè- res comme s'enfuit:
Par cefte voftre main fruitiè- re ^plantureufe 5 par les ioyeufes cérémonies des moiflbns, par les Tâindles reliques enfermées dans voscbâlîes, pat les c chariots aifl lez des dragons vosferuiccurs^par lesfcillons &laboura2:e de voftre iflede ^Sicile, parle carrofîequi ranic Proferpine^ par la terre qui s'ouiMÎt ^oar luy donner pafTage, par la dcfcece desfombres &c tene- breufes nopces de voftreditte fille,, par les claires & îumineufes ia- uentions d'icelle après fbn retour, (3s: par les autres facrcz myfteres que larcligion /^d'Eleufis en l'Atti- : c^uc ne permet de publier j ie vous
i
SiXIESME LÎVRÉ
Tupplie donnez (ecoiirs à lame Je' ccftepauure mai heiiîeufe Pfychc qui vous requiert à join(5tes mains & fe prorterne deuant voIlreniV jeftc. Donnez moy cède grâce que je me puilFe cacher icy quelques jours parmy ces cas de blecU ; ju(- ques à ce que lardante coleie d'e- lle fi grande DeelTe s'accoife auec le temps ; ou que pour le moinr après le tiauai! dVn fi long chemia je reprenne vn peu d'haleine. JU^chaC* Ceres reparlât :Certes(dic -elle) fei/e so ^^^ piteufes prières m'efineuuenc temple, extrême -nent , & dcfiret*afîiller: mais je ne puis encourir la difgrace de m maniepce, auec laquelle je ni'entretien mcfme des !5g temps en bonne amitié j joint aLiîjqus c'efl ^ne cresboneDame, Ainfi re- tire toy (oudain hois de céans \ ôc croi queie ce fai courtoific de ne te point retenir ne bailler en gardr.
Pfyché dechalîée cotre (on efne- rance,'5: voyant /; redoubler ion afi^licllon , tourne le pasenairia- rc^ de co jure en vue vallcc dans
DB l'A sne d'orI IpT
vn bois adez clair vn cempicbafty Pfycht i d'vnetrcs excellence fabrique j & entre ne voulant [ailler palier aucune das ^n non pas mermedouceufe voyede tefle de meilleure efperance, ainsrecou- i«wo^i« rir au fecours de tous les Dieux qu'ellerencoPtreroit : s'approche à la porte de ce tàind lieu. Elle y , void de riches preiens , &dcsha- billemcnsen broderie d'or appen- • dus des branches d'arbres i & fi- chez à des !ambiis:lelqaclsauecla I beauté delà manifa6lnre appre- fej noient en lettres btochces d'or le I nom de la Deeflè à laquelle on les î^ auoit dcdiez. Adoncfe jetiat à ge- Mnoux , & tenant à deux mains la : corne de l'aïuel k encore tiede:/ O , , '■ fcear& femme ou grand lupiter ce dit-el'e j foit que vous vous te- niez es anciens temples de m Sa- Jntts^ mos , qui (c vante d'auoirlapre- qtie U miereouv les cris pieureux & les Deefje^ vagiiremensde voilre natiuité, & de vous auoir eileuce : foie que vo' aymiezl'heureuxfejouf delà hau- te n Carchage, qui vous adore fin-
aiXIîS]vfE LIVRH
gulieremetparce qii'cftac portée k traucrs ciel par vn lion vous y vin- ûes choifir voilre demcurcifoitq vousprefi Hez fur 9. Argoslaiolic fituéef'ir lariuicre d'Lnache, qui vous qualifie dcfià re.'poufc du Tout-puifTant^c Royne des Deef fesrVo' que tout TOnei adore fo' le nom de /? Zvgie , ^ que rout rOccidentappelle ^Lucinerfoycz moylanonfauucrene en mon ex* ; ircmeafltlidtion^&medelinrezdc .' la crainte du danger qui me laloii-. ne après auoir toléré rantde fati gues&rtrauaux ! lefçay que vous auez accoutumé d'adîfter aux femmes qui courent fortune en leurgroiTeffe. t: lUes'iX lunon exauçant l'humble prie- cnfe ain rc de celle fupplianre, fe veine fi foudâin prefenterà ellefuiuie de.,
toute la bande qui fait ordinaire*! met compagnie à fon auguftc ma-* jeftéipuis quand'^-quand :r Afi que i'accommoderois volontiers ma faucur & crédit à tes pt ieres, ô Pfyché! mais pour mon honneur
:^l
bt l'AsKÉ V OkI 15)2.
le ne Toferois faire contre la vo* lonié de Venus f ma bru , laquelle fayioiffiours autant aimé que ma propre fille. Dauantage, les lois qui défendent receuoir les ferui- teursd'autruy fugitifs , au 'iefcea de leurs maiftrcs, m'empefchent de ce faire.
Psyché' bieneftonnée, Sent trouuant encore aucun moyen de recouurer Ton mary volatil , pofe toute efperance de falut, & prend IceconfeiU part-foy : HàqocUe- t| cours , quel expédient pourray-ie I déformais praiiiquer enmesaffli- 'étions 5 attendu que les fufïrages des Deeiïes mefmcs ne m'ont peu de ne feruir encores qu'elles Teuf- (ent bien defiré ? Où me pourray- p[yché ie déformais addrefTer au milieu fe re» de fi prenantes trauerfes ? EnquelyS/^^ dt recoing, en quel cachet m'enfer-y^ rtn- meray-ie pour cfchapper les yeux ^rf k incuitables de la grande Vtiwxs^. VmM. Oc fus, reuefts toy finalement d Vu courage viril , renonce vaillam- sneni à ccÛe chcûfuc efperance;5c
SiXlESME LIVRE I
tç va rend.e voloncaiicîxient à rï Dame. Appailequny queparvne tarJiFiie modeftie lesicnpetuonrez Ôc boiiiUons ds fa colère. Q*ie Içais-tu (i tu iro'juetasfoinr chez elle celuy que tu cerches dés il longtemps?
Ainsi prychéd.intanr quepac vne digne rubmifîî5 Venus il vou- luft reccuoir en grâce ; oupladon: courant la biidc (urlecol à ia der- nière & certaine rii;yne , meditoic ^Venus ^n^oy n^^rme comme elledeuoi» remonte P^o^'^^^Cf en. cet affaire. Mais Ve- ^j^^ nnss'ennuyant de plus pourfuy- cieux, iJfePfyché par moyens & remè- des humains, remonte aux cieux. Elle fait atteler Ton carrofl'e qne Vulcain luy auoit fbigneufcment polidVnefubtile manifaélure , âà donc en nom de maïugc premiet que venir aux pi infesauec elle j li^ mé fi proprement & d'vne mai# tantartifte, qu*au prix mefmeque lor^s'vfoic , le fer paroiiïbit plus beau. Entre pluficurs autres qui fuyaent la cour, de cefte Dimc,
voicy
DE L*ASNE D*OB. I9J
voicy venir quatre ^ co^obes blan- ches , qui d'vne gaye defcnarche ■ I porcans de trauers leur col peintu- :| ré, leploycntfurviiiougémper- ; lé : puis leur Dame eftanc montée îjs'en volent toutes ioycufes. Pla- fiears X palTcreaux fuiuoient le ca- t] rode aacc vn folaftre OC lafcif ga- • \ zoliil: & les autres oyfeaux dont le i ' chant eft agréable & doux,enton- • . nans des airs ôcfredons emmielleîS tannonçoyent la venue delà Deef- t»fè. Lçs nues s'cfcartenc 5 le Ciel ^•js'ouure pour donner entrée y à â •.jfille: le plus haut sécher la reçoit ï-iauccioye: pièce de toute fa com- ipagnie chaterelTenc craind point 5 (a rencontre ny de l*aigle ny de Te* ^ Ifperuier.
i , Ainsi Venus s'en va droit au
if^Mlais royal delupiter; & dVne
•ilciere demande luyfaid (çauoir
i-- Ju'ellea naccITairement afîàire de
; 1 ^langue ^ du feruice deMercu*
î en certain affàire.Ce que le vet-
Irefourcil delupiter neluyre-
-a pas. Alors Venus toute ioyeu*
Si XIESM E LIVRE
Defcend fe rcdefcend du ciel en terre acco. 4Uâc fa pagnee de Mercure , «S rfquefle de gïSinde afFedion commes'en- enreri- fuit:\fonfrerc4 ArcaJien , cerrcs fjce. vous fçaiiez quevodre fccac Vc-. nusn'aiamais rienfiidl l? fans le comuniquer a Ton Mercure. Vous- fçauezauiïî combien il y a que ie cherche vnecertaine chambrière fugitiue, fiins la pouuoirtrouuer^ Or ie defirc que par voftre cry vo* ordonniez publiquement recom- penfe ï ceux qui me la décèleront Faites doncquesen forte que mon commandement foit prompre- ment exécuté ; & deHgnez aux peuples les indices par lefquels on lapent cognoidre^afin que fiquel- qu'vn fecrouuc coulpablede Ta- uoir illicitement rect^lee , il n'ea puilTe prétendue c caufe dignoran* ce.Elle doncques luy bailla quand Se quand vn billet qui contenoic le nom de Pfyché Se autres re- marques : puis fe retira foudaia chez elle.
Mercvre nemanquapoinf
DE l'As NE D OR, 15? 4 de fon dcuoir; car allât de prouin- ce en aurre, voicy corne il accom- Fait par pIilToit la charge de Hérault que Mercff- Venus luy auoit enioinde : S'iij a re crief 4uct*n qut puiffe ramener , ou bien en- ^ hault fetrner le lien auquel fe retire njne fille crj fa de i\oy fugtiue , jeruante de Venm^ qui fujardc Je nomme Vfyché'^quus^en vienne trou^ uet le heraultMerctiri derrière la chap" pelle d Murtie , pour receuoir de Fenm mefme fept mignons haïjeis en recont" pcnfe i auec 'line amQureufe atteinte de fx m^gnarde langue kUhouche beatt^ toup pins douce que m'eU Mercure n*euc fî toft acheué cefte procla- mation , que le défit d vn h digne falaireefleualesafFcdions&icoa- ff^^r* rages de tout le monde à Tenvy ^^* l'vn de l'autre. Ce qui fit d'autant ^^^-- plus auancer la halle de Pfychc.
Et comme elleapprochoitdeC jà du logis de fa Dame,elle recen- tra fCouftume l'vne des fuyuâii- icsde Veusj qui de prim' abord s'efcria tant qu'elle peut : Et bien fçauras-tu déformais ô cres-maa« uaife châbrierequetuasvnemai-
SîXlESME LI V RH
jEÏÏeefl (IrelTc^Fâis-tu pas mefme fcmblant mJ dC' dignorec combien nous auons €uciilie* fouftcna de trauaux & fatigues ^ te cercher? mais voilà qui va bien, que tu fois notamment chute en- tre mes mains, & que defià tu t'es venuç renfermer entre les gyi- chets & barreaux d'enfcrjpourfu- birle chaftiment que mérite vne fî grande contumace. Etlà-dciTus luy faultantbrufquemétauxche- ucux^la tiroic après elle fans aucu- ne refiftence.
Or. comme Venus apperçeut qu'on Tamenoit pour la luy pre- fenter , elle s'efclata de rire à la fa- çon de ceux qui font tranfporter d'vne furieufe colère: puis fecouac la tefte y 6c f Ce grattant l'oreille droitte : Hàhà(cedit-elle)as tu R* nalement daigné venir faire la re- Uerenceà ta beile-mere ? Es -tu point pluftoftvenu vififter ton ma- ri qui pat ta blelTure court fortune de mortîMais ne te chaillcj ie t*ac- couftrcray comme il faut vne ç bonne bru. Où font mes fcruaii-
JD E L ASNE d'or. I95
tes h Sollicitude Ôc Trifteiïe ? Elles retju^f entrent, & Venus la mec entre U fd'tci leurs mains pour la bourrelier. /à//fr- A'\nC\ donc elles fuyuantle com- fer, mandement de leurMaiftre(re,a- i près aaoir batu de verges de de j plufieursâutiestourmenslamife- '1 rablc Pfyché, la ramenée derechef •' àieur Di.Te.
Alors Venus redoublant (a iiree:Voicyfdit-eIlf)c]uele refped delà grodede de Ton ventre nous , cfmeu àpitié,c*eilafia qu*au mo- yen de fa braue engeance i*aye '.' Tbonneur d'heHre grand mère de fonenfinr, Ohqueieferay heu- reu'^e qjand on m'appellera graJ- mere en lafleurdemon aage , & (\ue le fils d'vne chetifue cham- brière fera nommé petit -fils de Venus ! Mais ie ferois bien malad- uifee de Tainoucr pour mon fils;
icar les nopces qui font inégales, faidesen licucUndeflin jfans tef- moings, K fans le confentement du père, ne peuu.^nt eftre appel- les légitimes. Ec pourtant ceftuy* Riij
la hat file tnff
me.
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degY4is
idef.
hroiiil -
1er.
SiXIESMl LIVRl
cyfera baftard; fi toutes fois nous fouffrons en aucune façon que tui leproduiTes en lumière.
Cela dit e)!c Juy faute ûxk\ coller^defchirefarobbeen diuers^ endroits, fuv tirelcs cheueux Juy ceigne la tefte, &Iuy fait en fem- me qiiantiré de foment, d'orge, de mil , de pauor ,depoiscicbes,des lentilles, des feues, medetcut en vn monçean,puis: leteprensCcc dit-eIIe)pour vne fi chctîuc 5c mav Jûtri^ëchamb!iere,que tu ne me fembles point auoir la mine de gaigner les bonnes grâces de x^% amoureux ilnon en leur faifani quelque bon office. le veux donc-- ques efprouuer ce que lu fçais fai- re. Efpluchemoy ce tas de grains que tu vois là tour confus j trie k$ grains Tvn après l'autre , & me boutte chafque efpece à part: mais aduife aeantmoins d*achener ta tafche deuant la nuid* Ainfi Ve- nus ayant taille de la befongneîi Pfyché , s*cn aîk foupper à (Ici
DE l'A SUE D*OR. if)ê
nopccsqui fc faifoient auprès de là.
O R Pryché ne fe pouuoit met- tre à demcfler ceft inefpluchable & embroUillé monceau jainsaba- tuëJ'cftonnemetuà caufe delà ri- gueur du commandemêr, (e trou- uoitl'cfpiitnon moins confus que labefon^ne. Là^deiïusvne petite ^ ^
vilaeeoifc/Formy Drenantcopaf *> * r j> r ^ / 1 m » / « mu font liondWncli grande difficultej& r r
du iabeurirapo/ïiDle enioin6làla^V ■** commenfaledVn grand Dieu, de- leftâc aufli la cruauté de ceftebcl- le-merejfait vnecourfe de village en village, & rafTemble toutes les compagnies des formis de la cam* pagne .-Ayez pitié (cedic tlie) ô- fretillardes nourrifTones de la terre : mère de toutes créatures 5 ayez pi- tié, & d'vnepromptefoudaineté recourez vne belle ieune femme efpoufede Cupiilo, qui court for- tune de fa vie. Ainfi ces trouppcs de peuples à fix pieds accourent à i aidc&de hafte précipitée fe rou- lent & culbutent rvnelautrej puis
R iiij
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s IXI E SME LIVRE
dVne extrême affeûiodesbroiiiî- Icnt le monçean grain à griin :.ôc lesayans feparémcnt arrangez fe^ Jon leurs efpcccs , fc retirent viflé- mentcliarciineenra formiliere.
Mais fur lecommeneemenc de la nuidl vofry Venus reuenir à\i banquet nuptial fort bic irempee >7;de vin ôc parfumée de baulmes, rer-M fiyant le corps tout barré de cliap- ia trou peaux^d'efcharpes n de rofes ver- ttant nieilles: & voyant auec quelle di- JAiUc, ligece on auoit expédié ceûe mer-| ' neilleufe tafche.Cc n'eft ny de roy
ny de tes mains que vient cefle be» fongne,merchanteribaude que tu es: mais bien de celuy lequel à ton malheur, voire au (îen s'eft amou- raché de toy. Puisluy ienant vn morceau de pain s'en va coucher. Cependant on gardoit cftroitte- ment le petit Cupidcn dedans vne chambreau milieu du logis 3 par-, tiède peur que p»( vnefretiliantc- luxute il n'empiraft fon vlcere y; partie afin qu'il ne patlaft à foiy amie.
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î) E l' A S K E d' O R 1P7
G R CCS deux amans efcartcz comme nous venons dédire, & fcparcz dcfToubsvn mefmetoid:, palTercnt ceftc nuiâ: auec beaa- coup d'amertume. Mais comme rAHEOîc commcnçoit à monter en Ton carroiT- pour nous rame-
j ner le iour, Venus appelh Pfyché, & luy dip:Vois-tu bien ce bofcagc qui s'e^end le long des bords de
, cefteriuiere, près de laquellceft vne fontaine qui fedefchdrge de- j^^f^ dans t Tu trouueras-là des beftcs à ^^n^ laine reluifanies , qui iauniflTent _,-,- comme 1 ar, &paiflent fans aucu- ;,^«^f/ ne garde. lefuisd'auis qu'à quel- /^ ^^^ ' que prix que ce foit tu m ailles r^^^^. quérir tout à cefte heure & m*ap- ^ * ponesvnfiocquet de cède toifon doree.Pfychc s'y achemine volon- tiers, no pour mettre ce comman- dementen exécution ; ains à def- feing de trouiier le bout de fes malheurs es goufres de k tiuiere. Mais voicy que du milieu deson- âs3 vn cofeau vecd/uaue, nourriC iier^ij delà Mufiquc, diuinement
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SlXIlSME LIVRE
^n YC" infpirc par le gentil dergoifem'eit ,; M?/ d'vne douce aure , luy vient pro- luy do' pheti/er ce qui s'enfuit ; Pfyché ne in- trauaillee partant &: tant d'affli- pruEîio dions, ne polluez point mes fain- de ce tes eaux en vous faifant mourir;&: faire* vous gardez bien d approchei les crpouiiê:abIes brebis decefteco- treetâdis quVfchanffee par/; l'ar- deur duSoIeil , on les void tranf- portées de cruelle rage , heurter d'vne corne pointuë,chocquer de leur front dur comme pierre , & quelquesfois parle venin de leurs morfures faire mourir maintes peifonnes. Mais quand le midi au- ra relafché la chaleur du Soleil , (5^ que les ouailles fe repofcront à la fraifcheur de l'autre que la riuiere- infpirera: vous vous pourrez ca« cher deffoubs ce grand plane quf boitdVn mefme coûtât que moy;'- puis comme e'Ies auront appaifé' Uur furie & rallenty leur felo cou- rage, en fecoiiant les branches àzs^ arbres du bofcage.vous trouuereiC| à^% boucoûs de celle UinedortC
I DE l' ASNE D*OR. 1$^
qui s'attachera de tous codez aux biiiirons. Ainfi ce rimple& cour- tois Rofeau monftroit à celle pau- ure affligée les moyens dcfauuer (a vie.
Et defaid Pfychcnefe trou- iia point mal de pratiquer ce con - feil : aiiis obferuant fort bien tou- ■ tes ces cifconllances,parvn larcin ^'j & rapine aifee remporta Ton ta- •' blierremply de ceftetoifbn d*ork " Venus. Tantya quele hazarddu '"• , fécond péril qu'elle encourut , ne 'Vjluy fit point non plus mériter les '^* bonne grâces de fa maiftreffe que ' le premier; qui rcnfrongnant les '"■^ ^fourcih luy tint ce langage auec *^ vn foufrisamer & plein d*aigrcur: "• Galadencpenfcpasqueiene co- "' gnoiiTe bien Tautheur adultérine ^y^-, fuppofc duquel tu t'es feruie en /^efme ' ccft affaire; mais i'e(ïàyeray dere- chtreê ^^ chef à bon efcientfî tu as de la va- j^pff}g ' leur^f derefprir. Vois-tubien la ^p/:^. rouppe de ce rocher au dclTus de ^.j^^ ' cfte haute montagne, d'où ^ort; ' n€ fontaine d'eau noiraftre, c^%b
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Sixi esme l IV ai renfermée de Jans l'enclos du pro- chain vallon,par[e à trauers les ma- rais Stygicns, & groflîi le ruiireaii dcr Cocytci'Vamoy puifer cefte pleine cruche au fonds de l'eau, & me l'apporte (oudain. Cela dit, elle luy donne vn bocal de verre, ad- iouftantà cefte parole plufieurs autres menaces.
Psyché' court au grand pas fur le faide de la montagne , efpc- rant y trouuer au moins la derniè- re heure de fa mifcra'ble vie. Mais C\ toft qu'elle fut au pied de la mon- tagne, ladifficulcé d'vne chofe fi pénible luy fit apprehéder lamorc. la dff- Car vn rocher d'outrageufc hau- .ficulté teur, fi lubrique Scfcabreux que le/Ion' l'accci en eftoit impodible-, vo- «#• milToit du miheu de la gorge d'horribles boii'llons j qui fortans en gros des trous de la roche tom- boienr en basa plomb , & s'efpan- choientpardes fentiersioriucuxj ^ puis renfermez en vn canal fe de(- gorgeoienc cmmy la prochaine Calice» Â droiél fc ^ gauche ùà^
DE L'As NE d'or. IÇ}^
loyent d'crpouupntablçs/' Di'-'gôs hors des creux 5c baricaues, lef- quelsallongeans de grands vi'ains cols , auoicRt tonfiOLirs l'ccil au guet & ne cilloient feulement iîi- mais leurs paupières , députez poiu garder cternellemei l'appro- che de ce heu. Les eaux mefmes fe detfendoient de leur propre voix, car elles ciioycnt à tous coups ; r^ t'en. &5 j^efaps tu^'voy ! &, Q^fon* ges tt$^. G Are toj, ÔC,Fuy :8c,Tt4 mour* ras. Ainfi par Timpodlbihiédel* chofe Pfyché transformée par ma- nierc de dire en piene , eftoit bien H prefcnte de corps , mais abfente ^'efpriti fans fentiment^fans mou- uement, & du tout accablée fous le faix de ce danger inefplucha- ble, manquoitmcfme du dernier Xoulas qu'on reçoit t en larmo- yant.
Or i'aftîidiondeccfteamein- jiocête nefe peut cacher aux yeux ^e la bonne -v Proaidcnce, Car ce royal oyfeau du fouuerain lupicer,, •^tAigie lauidèui: cilaadiant fc5
SlXIESME LIVRE
L*Aï ailes de part & d'autre, fcveintin- lupiCY fouuenant de l'ancien office que l\n Ac- luy fir Cupidon , lors que par fa* ^mte, guide & le fecourant au befoing il cnleua y lEfchanfon Phrygien pour verfer à boire à lupitcr ; il voulut bien recogno:ftre la cour- toifie de ce Dieu en la peifonnc de fa femme qu'il voyoir en extrême peine. Pour ce faire il irauerfa les rentiers de lupiter , &s*envientà tire d'aileprefcnter deuanila face de rinfante.Hcfimplc femme que vouseftesfcedit-iO^ non prati- que en telles chofes,c'perez vous quepuiflîezdefrobcr , voire mef- me feulement atteindre vne gout- te de ccfte treflainde &:non moins effroyable fontaine ? N'aucz vous iamais ouy dire que ces eau^ Sty- giennesfont^efpouuan tables aux. Dieux, voire mefmeà lupiier? & que ce que vous iurez par le nom' desTDierx jles Dieuxleiurcnt par la majefté de Scyx i Mais baille* i snoy ce bocal*
:
DE l'As NE D*OR. ICO
L'aigle le prend & l'empor- te loutiain : puis efpanojïfrâni Tes pennes en l*air, efpand (on vol par- dcuant les mafchoires des dencs pointues ÔC des forchus eflance- niés des lanj^ues de ces cruels Dr a- goas j remplir fon vafe malgtéces eaux qui rchortoienc à dcfloger "fans courir fortune; difant pour fès .rai Ton s , Que c'eftoic par le com- mandement de Venus ,& qu*il e- ■ftoitàfonfefuice. Ainfi lepaiTage luyfutvn peu plus facile: & Pfy- ché receuant auec vnc extrême foye Ton plein bocal , Iç remporta foudain à Venus.
Encore ne luy fut- il pollibîe ^^«^' d*expier pour ce coup Tindignatio ^^ ^ ^^ de la Deeffe courroucée. Car la centenu menaçant de pire & plus finiftre ^"^ fortune à raduenir,clleluy tînt ce langage riant à dcmy bouche ôc îuydenoçant qu'elle mourroic en bief: Tu me fembles maintenant vne braue magicienne 3c forci ère, d'auoir fi (oigneuftment accom- ply mes comnmndcmeiis. Mà?f ô
SiXIÎSME HVRE
^mon cœui il faut que tu me faces enctrevu feruice. Prcncefteboi- „ fte, & t'en va iufqu'aux enfers au
I plus creux du mortel logis cîe Plu;
II! ton : adonnant la boifte à Profer-
uydo' pin e ,d Y I u y '-Venus xon^fupp/ie de iuy e 'une '^^^^oir enuoyer njn pCH de "ooflre haute ^ Insdu' V*^ ^-ly P^ff^^^ moins pur "^re leur- re corn- ^^("'Cei^" elle d conft4mé & perdu tout ce ptijiio/f, ^f*^^^^^ duoity en frai ttanrfon fils ma^ Ude, Mais reuien de bonne heure: car il faut qu'ainfi fardée ie me uouueau confeil des Dieux.
Ce fut alors que Pfyché fentit à bon efcieni le dernier de fes mal* heurs , &: leuant le mafque reco- gnut ouueriement qu'elle n*cn e(^ chapperoit Jamais, attendu qu'oa la contraignoit de defccndie vo- îoniairementau ^Tariare S^ mai- fbns infernales. Et fans delay elle monte fur vne certaine tour ex- iremémenthautc , auec intention de fe précipiter en bas : car ainfi. faifoit-elle fon conte de pounoir Bien & galamment deualli^r aujc fa£c£s» Maij voie j fur lexliamg
1 DE l' ASNE d'or. 201 ^
i foctir vne voix de ladidle Tour-, & Vm \ Poiirquoy cerchez-vons(ceclit-el- 'voix le ) ô pauure miferableles moyens luy do* de vous desfaire vous-mefmes 3 netnoyc pourqiioy fuccombez-vous (o\^% de l'dc^ ce rnouiiean péril & dernière tra- comflir,^ uerreJtZar fi voftre ame eft vne fois dvTCouplé d'aaec le corps , vous defcendrés bien fansdauteau plus creux des enfers , mais vous n*en remontcreziamais.Efcoutezmoy, Vous auez près d'icy Lacedéemoa belle & noble ville d'Achaïc ; & fur les confias d'icellcjla ville & - I montagne de ^Txnar,allez-y par °; des chemins efcartez & non co- f gn'js-.vousyirouuercziefourpirail '"'' de Platoauec vne porte baaillan- ^^l re qui vous montrera le chemin ^' fans voyepoLir defcendre aux ma- ^^ noirs enfumez: 6c quand vous fc- '"' rez encrée, vous verrez vn canal "l'^j qui vous mènera droit en la fale î"*! j/d Orque: mais gardez bien d'al- DM' îleràmainsvuidesencesheux ob,- ^ ,fcurs& ténébreux : ains portez a- uec vous en deux mains/vn pota-
SiXIÏSME LIVM
gcfaitauec delà Farine d'orge de- itrcrapte en hydromel ; de dans vodre bouche deux piies ponr le ^truagc. Puis quand tous aurez £ài6t la meilleure partie de ce h mortifère chemin , vous rencon- trerez vnAfne boiteux chaigé de bois anec td afnier eftropié tout demefme , C«ftuy-là vous priera deluy tendre queîqi'e? bûchettes quilr.y feront tumbces de fa char- ge : nr.aispaffcz outre fans lu V Ton ^ ner mot. En fuitte vousarriuerez à ceftc;riuiere morte , où Charo eft commis pour pafîer les âmes des defFundbj qui moyênant fon falai- revous receura foudain dans fon malotru bachot , &: vous mènera vers l'autre riue.k Commet? faut-; il qu'on trouue auffi de Tauarice parmy les morts ? ny Cbaron ny le pcrePluton fi grand Dieu ne font rien gratuitement: Ôc faut qu'va pauuiehomequi fe meurt cerche de l'argent pour faire fes dépens j que fi d'auentureil n*en a point de comptant ^ on ne le lairra ny moa-
I
DE l'AsNB d'or. 202.
rir ny palTer l'eau ? Vous donnerez doncques à ceiaie Vieillard Vvne des deux pièces d'argent que vous percerez en la bouche pour fon batelage-, toucesfois en forte que luymefme la prenne de fa propre main dedans voftre bouche. D*a- uantage vous rencontrerez au mi- lieu de celle riuiere dormante vn vieil4iomme trefpaiïé qui nagera fur l'eau tout puant 6c pourry, qui icndat les mains ioiniesvoas fiip* pliera de le tirer das vodre bateau. Gardez bien auffi qu'vne illicite charité ne vous emporte. Quand vous ferez delà Teau , vous n'irez guère auant que ne troùuiez pa- reillement quelques / vieilles fi- landieres & tillèrandes faifans vnc pièce de toile, lefquclles vous re- querront de leur prefter vn peu la main. Il ne vouseft neantmoin* licite de les gratifier en cela. Car toutes ces chofes & plufieurs au- tres rontautantd'appafls Scd'em- bufches que Venns vous drefTe, afin que leur dôniez quelque por-
SiXIESME LIVRE
tion de voftre potage. Et ne pen- fez pas que ce futile dommage po- tager foit chofe de néant : car û vous en perdez tant foit peu, vous ne reuerrez Jamais la lumière. La laifoneft, qu'vn m grand maftm triplechef, hideux & efKoyible, aboyé toufiours à gueule bée, e- Aonne en vain les trefpaiïez auf- queîs il ne peur plus faire de ma' ; & fans ceffe ayant l'œil au guet de- i uant la fombre porte 5 deProferpinejgardele» vuideho- i ftel de Pluton. En luy fermant la gueuleauec vn potageil vouslair- ra facilement paiïer outre. Vous entrerez en fuitte cbezProfcrpine, qui vous receura auec beaucoup de courtoise , vous inuirera de fcoir auprès d'elle à vodre aife , & prendre vnfomptneuxdifner ï fa table. Mais feez vojs à terre, fai-es Yous donner du pain bis ; décla- rez luy puis après le moiif de vo- ftre venue : &: quand vous aurez reçeLi ce qu'elle vous donnera, ra- cheptez derechef à Yoftrc retouE
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DE l'AsNE d'or. iQl
h rage du chien en luy baillac lau- trepotage:ionnez^en fuitie à Ta- uare bacelier la pièce de monnoye que vcus aurez de referue :ôc re- payant l'eau reuenez fur vos pre- mières erres par-deçà , pourviure à l'aduenir en la compagàie des corps cclcfticls. Mais fur toutes chofês ie vous aduife que vous do- niez bien garde d*ouufirny de re- garder dans ladicfte boitle,&: ne fo- yez nullement curieufe de voirie ihrefor caché de cefte finguliere ÔC diuine beauté. C eft la parole ÔC prophétie que la Tour auoic chac- ^ge d'annoncer à Pfyché.
Psyché docque apprefte (ans p/^^/,/ delay l'argent , les fouppes&fes j^j^^^^j autres prouilions;addeflre Ion che* ^^^ ^^^ min ï Txnar, de cherche l'embou- /; cheure des enfers^paiïe par deuant ' ceft afnier eftropié fans luy fon- net mot , paye le truagedeCha- ron , ne tient compte de la reque- iledu trefpaflré nageant fur l'eau, neghge les frauduleufes prières des tyircrandcs: puis ayant alïbpy
Se PTI ESM E LI VB E
riiorrible rage du maftin infcrnul , encre dansle logis de Pfoferg^jie; refufe de le fco^'r en U cliaire que fonhoftelTeluy fit apporter, ôc la remercie des viandes heureures & * délicates qu'elle luy prcfeiite.-ains feant iur le carreau deuac les pic d$ d'icelle_,& contenrc de manger du pain bis, luy fait entendre les char- ges de fa légation.
A l'inftant mermeProfcrpinc
^forte Juy donne en fecret fa bocfte plei- */*^^^)*^ ne & bien fermée : puis ayant pat
fletne. ja fraude du potage qui luy reftoir, ''''^^ arrertc les abois de Cerbcre , ôc paye le baftelage du raïuonnicr, elle remonte des enfers beaucoup plusalâigre & plus gaillarde qu'el- le n'eftoit defcenduë.
Si-TQST qu'elle eut reueu& , adoré la lumière de ce mode, bien qu'elle euft halle d'accomplir les
>•- ,. commaiidemensdefa Dame : ef \Tyop . , ' ' .
• _ prilc neantmoins d'vne o temei ai-
/« recuriofiié : Ne fuis- je pas bien
^ ' fottc ( ce dit-elle ) moy qui porte
ccfte diuinc beauté. Ci ic n'en prça
DE l'A $ NE d'or. 104
quelque peu pouc me frotter j afin que par ce moyen monamyme trouiie d'autant pîus agreableîCe- là dit, elle ouure la boefte. Mais helàs elle ny trouue ny beauté ny chofe qiielconque : au contraire j Elle fou vn fom me infernal & vraycment»/(f ù* Sc'/gien î lequel aufîî-tofl: que la bocifte fut ouuerte l'âfFublad'vne crpai[re& noire nuée de fommeil. ^ ^^ Vue grolîe ik pesate enuie de dor- ^'^« ^^ mir Tempoigne qu an t -& quant, ^ &c la portât par terre fur le champ nytn» luy polTede entièrement tous les ^^ ^^^ membres. La voilà doncques im- ^^ *^ ^^ muable & defpourueuc de fenti-^^^** ment: cen*eftplusqu'vn czdàMçt p^^ ^^^ qui ne demande qu a dormir.
Alors Cupidon guery de Ca. bicdure, &cf lae pouuant plus fup- . ^ porter ]la longue abfence de fâ ^^P^^^ mieux-aymce, efchappant par h^r'^^f" plus eftroitte fencftre de la cham- P^* bre en laquelle il eftoit enfermé , & tes pennes eftansrefaittes par le fe/our qu'il âuoit fait, prend fa vo- lée droit à (à Pfyché, ciruye driigé-
s 1 XIESME LIVRE
mentle fomnequi l'occupoir, le J^efueil' renferme dans (a boërte cottîme le ffy- auparavant, & de la pointe d*vne cbé&U (lenne flèche non nuifiblerefuciU tatjcc. le fa mignonne. Ecvoicv(ce fait il) 6. pauure mifera^le, qu'vne fem- blablecuriofitc vousauoit ^derc- chefruinée ! Au demeurant ac- complirez (oigneufemenc la char- ge qui vous eft enjoincfle par, le comandement de ma mère; quant aufurplus , j'y donnera^ bon or- dre. Ainfi parla ce léger amou- reux^ pois s'snuola tout-court; Se Pfyché remporta le pre(ent de Proferpine à Venus,
Cepen D A NTCupiJon rcon- fumé de rrop d'amour, & craignâc la r foudainefobrieicdefamere, frefen" retourne à Ton meftier accouftu-j fe rf mé.Il fend l'air à iiied'aiIe,monts queficX jufqu au plus haut des cieux, pre- lupiter] ^cnte vne requefte au tout-puif- in fit' fantlupiterj&faiitrouuerfacau- $4(ur le bonne.
d'eux- A D ON c lupirer avant touché deux. les leures de Cupidon, ôc rempor- té la
DE L*ASNE D*OR. 20|
té la main à fabouchcjlcbaiÉiluy diianc Combien que/ mon fei- gneur & fils vous ne m'ayez ia- jnais rendu l'honeur qui m'eft de- cerné par la permiflion des Dieux; ains nauré de coups a(îiduel$,ce{le
I mienne poitrine pat laquelle fonc difporees les loix des elcmcns ôc les viciffiiudes des eftoilles; quoy que vous m'ayez v fouillé maintes fois en plufieurs afFedions de la chair^contre les ioix, voire mefme contre celle que fit Augufte Gefar .touchaiii les adultères , contre le« «bonnes moeurs & difciplines pu- bliques bleflé ma réputation par maintes fales paillardes & dift'o- lutionSjtrartiformant dVneTotdi- de façon mon vifage ferai» x eti fcrpens,y en feux,^en oifeaux,4 en feres & bcftes brutes : toutes fois^ l'uyuant mon accouftumee mode- {lie, 6c confiderant que vous aueiS prins croilTance entre ces miennes luptfêf «lains, ieferay tout ce que défi- l'accor-^ j| rcz,pourueu neatmoins que vous dekci*^ fçachiez garder de vos enuieuxj & dùim*
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SiXIESMÎ LIVRE
que s'il y a pour le iourd'huy quclJ ' que fille en terre qui furpafïe les autres en beanté,vous m'en facicz iouyrcn rccompenfe b du plaidr que le vous fay prcfentement. *; ftt'tB Ain SI dit Jupiter : puis com- éiffem- manda que Mercure afTemblaft blcrU prouptement le confeil des dieux Coures- déclarant que C\ quelquVn de la Me. trouppe celefte manquoit de s'y trouucr,cilpayeioit dix mille de- niers d'amcde. Cefte crainte rem- plit incontinent le théâtre cclefte : &lerouucrain lupiicrfeâtenfon \\€i de luftice , print parole : O Dieux enroollezaux resiftrcsdes Mules, vous fçauez bien tousqu« i'ay eleué&nourry de mes mains celouucnceau; faifant eftat qu'il . fâloitarreflerauec quelques mors les d chaleureufcs boutées de fa première ieunelîc. Il fuffic que par J(entm» cotiauels adultères & desbauches treqHtl il fefoit mis en raauuaife odeur & tjiet' defcrié par tout le monde : il iuy fedtent fautde(ormais ofter tourfujedtde donner dilTolution, & par desf entraues
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DE L*AsNE D*OR. io6
nuptiales luy retrancher ceftc \\i- femme xurepueiile. llafaid choix d'v- kCu^u ne fille la prenne, qu'il la pofTede; puis qu'il a dormi aux collez dePfychéa qu'il iouï(ïc àiamaisde Tes amours. PuissadrefTantà Venus: Et vous ma fille, ne vous en affligez point ne penfez que ce foit faire de$-ho- neur à voftre haute & puilTante profapie, ny que ie vueille en riea deroger/à voftre eftat& condi- tion, faifant entrer vne perfonne mortelle dans voftre race. le feray tout maintenant que cts nopces ne feront point imperiallcs , mais légitimes ôc conformes au droi6^ ciuil,
La-dessvs, il commande à TdiEi Mercure de prendre Pfyché & amenâr l'amener aux cieux ; & Mercure P/jché luy donnant vn bruuage d'ambro- aux fie .' Vrene'^ o VJjchê (ce d ii-ilj & fo cifUXt jf{ immortelle, lamAf^ f!/^j Cufidon ne [e départira de 'vofire allunce : aim l'int" ces nopces vota feront fermes ^fiables mortd» a iamais, Ainfiiefeftin nuptial ri life 0*
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SiXIESME LIVR t
le fatSl che & fomptucux fut incontinent tfpiujer appareillé.L'efpouxienoiile hauc k Cufi' bouc de la table , de fa Pfyché dans don. Ton giron. Tour de mefme feoi^ lupiter auec (a lunon ; puis en fui- te tous les Dieux félon leur rang. Alors ce ^ petit garçon de village crchanfon de ïupitcr, le fecuoit de nedar (c'cftle via des Dieux) &c ^ le Père Liber en verfoitaux au- tres. Vulcain habilloit à manger. Les i Heures empourproyent tout le Palais de rofes ôc d'autres fleurs. - Les Grâces feraoyent du baulmc: les Mufes auflî d*vne tref doucc& ■mignarde voix^chantoyent des airs 8c padoienc des fredons ex- tcemcoieiK harmonieux. Apotloa yioîiadefa harpe. La belle Venus furuenant a cefte fliaue Mufique , / fe print à dan fer , ayant dirpofé le ba! en forte que les Muics chaor toyent en trouppe , vn Satyre ioîîp oit des hauitbois , &c Pan du fla ils en- geoler.Ainfi Pfyché demeura foui geniret la main & puilîàncedeCupidoo; 'volupté puis leur nafcjuic à terme vnc fille
Oï L*ASNE D*OR 207 ii
qoe nous appelions y» Volupté. |lj
C'eft le conte que faifoit la vieille jl »
radoteufe de pleine devinàccfte ' '
pauure prifonnicre.
O R à moy qui n'eftois guercs loing de là , c*cftoic vn extrême ^f^^^^^ defpbifir de n'auoir ni tablettes ni f^p^^ n poinçon pour remarquervnefi/^'^VD'- gentille fable. Sur ces entrefaites ^^' voicy mes voleurs rciienir tous charhe» de butin : quelques-vnç neantmoins , vôire des mieux en- iambez & plus difpofts, îaifïans les bîelTez \ la maif-pn penfer leurs bleiïures , Te haftent de recourir pour apporter le refte àt% bardes qu'ils aucient^ leur dire cachées dansvnc grotte: puis ayansvifte bouffiné leur repas, ils nous met- tent à coups û2 ballons en voye mon cheualÂ: moy pour nous fai- ^^^ re apporter les bardes qu'ils au oiêt "^-^r^^' defrobé 3 nous proumenent par '^ ^^\ plufieurs montagnes, vallons 6c ^.ê^^* deftours 3 & fur le foir nous amè- nent excrememêt harafîezen vne caucrnCj nous font derechef cia-
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s IXIE5ME LTVRÎ
quet Pe(chine foubs le faix; & fans nous donner loifir de repaiftre, nous remettent en chemin, prcf- fcz de fi grande haftc , que m'e(re\ nansàforce de battre, ^poulfanj ivyf'o- ^'^"^ barbarefque façon deuant /i'.^v,* i enxjils me firent chcoir defTus vne ^ >. ^ P'errc au milieu du chemiR, d ou , 4^, rcnforçanslescoupsauecoutran- •^ ce, & m ayas rompu la cuilie droi- te auec l'ongle gauche , me filent encore leuer à toute Force.
A û 0 N c l'vn d'enrr'eux : iuf- ques à quand (ce du il)nourriron$ nous ceilArneefchiné qui d'abon- dant boitte ï c*eft'heurc?Vn autre: N'eft il pas venu chez nous auec vnotres-mauuaispied? & qui pis cft, depuis cefte icurnec là nouj n'auons fai;!^ aucun proufit qui vaille; ains feulement reçeu des coups ôc pertede nos plus vaillans 2îeM' compagnons. Encore vn autre: le I (ent de vous iure fi-toft qu'il aura mal- le ietter gré luy porté ce Fardeau,ie le iette-* ^ U rai foudain aux chaps pour en faire awV;V, vne aggreablc cutec aux vautours.
Comme ces /? bonnes gens prenoient leurs conclufions tou- chant ma mort, nous acriuonsaa logis (car^ la crainte auoic changé mes ongles en ailes) &lorsayan$ ïh hafte defchargé ce que nous portions, fans auoir aucun (oing nyde noftre vieny mefmedcma mortjils prennent auec eux les c6* pagnons que leurs vlceres auoient retenus à la mairon,& s'en retour- ncntaj grand pas , pour rapporter ( ce difoienc- ils^ les ennemis de noftre tardiueté. l'auois néant- moins vn no médiocre rfcrupulc eumonameàroccafio delà mort dont ces ruftres m*auoient mena- cé i &: difois ^ part moy : Que fon- ges-tu Apulée r'âs-ru bien le cou- rage d'attendre icy ta dernière ex- tremitéf ces brigands ontarrefté de te faire mourir , Yoire d'vne tres-cruelle mort: ôch chofen'a pas befoing de grand effort? Tu vois CCS prochaines ruines , ces precipicesi 6c parmy tout cela, des roches pointues qui te froiiïans
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SiXlISME LIVRfi
dcrmembreronc ton corps en piè- ces de quelque paie que tutum- bes defTos. Car cccre tienne / bra- uc Magicienne t'a bien rcucfluda la forme & dVn corpi 'propre a fupporter les trauiux d'vn Aine: mais non pas dVn cuir fi dur que le fien, ains t auflî tenve que celuy d'vnearondelle. Que ne t'armes ludoncquesd'vn courage viril, &: iauues ta vie cependant quelaco- moditcs'en prelente? Tu as beau moyen de fuyr tandis que tes vo* leurs fontabients. Craindras-tu la garde d'vne vieille demi-morte, laquelle tu pourras acheuerdefai* re mourir en luy ruant vn coup d« pied quoy que boiteux? Mais de quel cofté pourras-tu fuyr ? qui te voudra loger ? Voyli certes vne fb tte & du tout alniere penfee: cary a il aucun palTancqui u'em- meine volontiers auec foy la mon- ture qui lepourra poiter? llrsmfr Ainli d*vn galant efFcn le romps Ctlon^e brufqucment le cheueftre auec le»- ''crffitt. (jucli'eftois attaché , & m'enfuj^^
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DE L AS H £ D OR. 209
foudain à quatre pieds. Si ne me fut- il pofTible de faire en forte que cefte vieille rufee ne medefcou- 1 miftaueco'fes yeux de milan. Car ^ C rort: qu'elle me veit deftaché, s'enhardiiïànt par dellus Tordinai* re du fexe femioin, & plus que fon aage neporroit, cUeempoigne le lico!j Toutesfois me fouuenantdu dam- -^«^ ndble propos de mesvoleiirs, ny 'vieille pitiény refpcâ: aucun ne rtiere- ^'^''^Ç/?^ tient.Ic luy enfonce les deux pieds de derrière dans Teftomac, & cou- T>\ne che ma vilaine em m y la pîacermais t^^deil cncor qu'elle fuft eftenduç par ^^ ^cn- terre \ X\ mc^tenoit- elle fore & fer- «^^^ ^ me par la longe, felaifTant uainer t(f^^\ »u prix que iefuyois cnauanr, & feprit foudain huilant de toute fa force à demander du (^scoxioitSc main forte. Mais paut néant tL mouuoitelle ce tumulte rnpleu- ïant,veuqueperfonnene:kiypoa- «oitdonner aflîdanceny confort, ^ finoRcefteieune Damoifclle pri- fonaicie : la^i>clle. accotvrant au
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SlXIESME LIVRE
bruit de la vieille, trouua certes vn efchaâ'autdredépour y iouervne plaifâate farce ; fçaaoireft, D'vne vieille pendente au bouc d'vne^ corde pour arrefter non pas vu X taureau, mais bien vne afne: Se la
I fille poulfée d*vn courage viril, en-
treprint de faire vn braue trait.Car î -, ^"y arrachant le cheueftre des : i/™^' mains, elle m'amadoue d'vnc mi* S^ >^'' gnarde parole, m'epefche de plus [ U pri- quçi^ent f^jj moy.-piiis m'incicc à j^^^^^^^prendre derechef iafoitte.
Or ayant bonne afFe(5lion par- tie de m*enfùyr,partic de fanucrla Damoifelle : joind aufli qu'elle m'aduertirToitaucunefoisà coups dchoufline, donnant des quatre pieds contre la terre 6c courant dVne chcuaJerefque foudaincté, je tafchois comme ^ de hennira* près les douillettes paroles de U fille : ôc d ailleurs faifant femblanel de me gratter le dos , je ramenois vn peu le col fur les flancs , & luy. baifotois les jambes ôc les pied&«
J> E l'A s N E DO R. HO !" '
Alors elle tirant du plus creux de
fon cftomach vn gros foufpirs , êc
regardant ^ aux cieux d'vne arden •
teafîedfcion : 0 pùffdnces fo(4ueramcs
^/siifei mojfinulement en mes extrêmes
dangers ! (jr toj rigoureufe Fortune cejfe.
deflusmetrÀUtffer: les affligions CT^
tourments que j'aj jufques k cejle heure
enditrê , te dojuent auoir fini que [uffl^
fumment appaifé. zTilafs toy rempar de i^^y/
m.i liberté ^gardien de monpil/it ^Jîtn i^ ^^^^ ;;,
' me remportes ck '^mw ^ f4tit4eté y ptt* desùro^ Si
me remets entre les mains de mes parents ^^rr,. ^ ^ j i 1 r • Il rnejies^
j & àe mon beM4 bji'rmteur, queues gra-
I ces te ren'iraj-je^ quels honneurs teferay
'' je ^quelles 'viandes te denneray-je fPr^-
mierement je te peigneray joigne ttfement
' le crit, & l'enrichira^ desjojaux que je
porte di4r4nt ma 'Virginité, îeteaemef»
leray le ^oil^ puis tefriferay gentiment la
fcfte y&tepoliraj le plr^ [oignenfement
q!*il me fera pofithle les fées de la queue
que je te 'voj porter emmefléc & fans en
auoir aucun foucy, le te rendray tout œil»
ladéd'enfeignes^ de médailles^ de ^o ffetes
d'or qui te feront efclater O* reluire k
guife des éveilles, le teferaj part da
s IXIES ME LIVRE
'viandes que l'onferuha de^ixntnotié, O* dans mon tAhlier de foye porter ay d'crdi- nuire des confitures & douceurs dcf- auelles je te fcuUrAj iciis les tours , tojr aiS'je ^ que jerecognoifirdy liuAnr CT'* mour.intp^^rrnon gji'ant c^féiuu^ur, Dau4nfÀge y fiufre ces liandei exjuifes & delkitîes^ outre le b}n temps ejuc je te i donnerdj, tejaijftnt viureauce farfe Cr * toute U bcAtitude que tupourraffouhui' fer , tu ne munquerdi point mefme ny de qkire ny d honneur. Car j * marquer jj d'iine perpétuelle attcdAtum la ?ftemoire de cejte mienne aduentun & de lapreui» dcnce diuine 3 C^ ft^aj peindre limace de ma ùrefenîe fuite en^ti tahleau que ■je dedieray dans Ufaie de nta mai/en é L'on 'verra J' on orra dnepar tout le mcn* de, on lira, cefie hifioire es efcnts des doflet àjamak'.VKE V lE B^ E B^OT- ^LE PORTEE ?^/^ VN' ^3NE SE SJ.ry^^ DE CM ^T IVITE, Tu ti'&uuera^ en ourrt flace parmy les anciens miracles. Nous. croirons Auj^i i F exemple de ce qui ieH nduenu , que e 'Phry-x a trauerfé U mer £iir^ le dos d'vn B
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DE l'A SNf d'or. 217"
four gtnuenul vn D.tufhm , O' t quEuro^a fut emborrée p tenu. J^cfi luphcra l'dreniéht mcuiilf CO*>îme vn Bœuf^quelque chofcpeut bien t/ire cachée en mon^fiie oh Ltface d'njn- hcmmfyou Lt forme de quelque Dieu,
Comme la pucelle tenoit ce^ difcourj, eniremeflant (es prières de plufieius roufpirsjnous rencon- trons vn carfefour,auquelfri€pre- nacpac le licol elle me vouloii de- Itourner à main droiél-e, patce que c'eftoit le chemin pour aller clie-z fon père. Mais fçachantqueparlà mes voleurs eftoient allez quérir l-e refle d^ leur pillage , j'y reîîftois 4e toute ma puilîàtic e , & me plai- gnoisà'partmoy comme s'enfuit: X*^ que fais- f H miferaaleflle ^ quefon^ ^s tu^ fo»rqt4oy frens'tu U route des tnfers i que fenfes -tu faire auec mes fieds} car ta te t^^ mnfeulemet perdre^ mats aufii moy-mefme font enjemUe»
Ainsi que nous eftions eiy difîèrenddu chemin que nous dcv- Hionsfuyucej comme fi nous eu£î« £oas ea deq^uoy f Uider touchant
SiXIESME irvp. E
Leurs lapropriecé d'vnc terre , ou pluf- fn,ii/h'fs loft touchant le partage d'vne fac- ics ren- ccffîonjvoicv les brigands chargez montrer, deleursrapines nous vienent refl- et* contrer: &: nous ayans de loing re^ cognus à la faueur de la Lune, s'ef-' clatentderice en nousfaloant, & l'vn d'entr'eux nous va dire: Pour- quoy prenez-vous ce chemin nui- tamment auec telle ha(le?craignez vous point les lutins & fantolmes qui vont de nuidl ? Et vous ô bon- ne fille, eft-ce icy le chemin pour vous fauuer chez vos parensr Mais nous vous tiendrons compagnie, & vous monflrerons vn chemin plus court que ccftui-cy. Là defTus venant de parole à l'effccf^j! m'cm poigne par le licol, me fakfb re- T{d7ne' broulTer en arrière, &nem'erpar« Tient gne point les coups ordinaires t^fne d'vn gros bafton noUeux qu'il por- k cvups toit àla main. de Ù4m A L OR.svoyanrqu'ilmefa;loft
Jl^ffs, derechef malgré moy courir for-
— ^ . ^»
tune de mort foudaine , je me rel-
fouuieas du mal que l'ongle me
faifoK ; Se portant la telle baifice je commence à clocher. Maisceluy qui m'auoit deftourné He noftrç chemin -, Ho ho(ce dic-il) tu chan- celles & boites plus que jamais/ Etquoy? tes pieds 'peuuent bien fuyr su galop j mais aller le pas, [ non? cependant ta deuançois na- guère la virteffe empennée de/Pc- f gaie. Tandis que ce bening com- pagnon fejouoit en cefte manière ' auecmoy, tenlttoitriourslamain haute pour la defcharger fur moy ; i nousarriuons à la première tran- se chée du logis de ces brigands ; ÔC ■. voicyla vieille s'cftoit eftranglée à xrôuuet vne branche de cyprez. Ils la de- l^^i^H^ pendent foudain , & par la corde /^ p^^^ inefme qui \uytenoit au col , ^' trainent à la voirie:puis ayans gar- roté la DamoifelleSjdeuorêt à gui- fe de belles raui (Tantes le foupper quecefte malheureufe vieille leur auoit habillé. Et cependant qu'ils tronçonnent la viande dWne glou- tonne feiocicé , ils reprennent à deuifec^au eux quelle vengeance
Îil prenHioienr de nous , & de quîl fupplice ils nous feroient mou-
; r •
là Mettet ^^^ opinions furent dluer^e^, 1 «, ^J: airj^i L^.-M*'^ conhîie ou chacun veut emporter //c mort ^c ^ /- que la fille fi'.ftbruflee toute viue :. rrW)^ ledeuxiefme.qu'on l*abandonna(l ^ ' aux beftes: îeaoifiefme , qu'on 5a fift prendre : le quatrierme,qu*elie mouruil à force de tourmenta. Quoyquefoiiles voix de Tes bn- ues iuges tendoient toutes à lâ morr. Coelu€f A DONC vn delà bande, le tiî- far %n mulieeftant appaifé, print !a p2- £Tucl rôle comme s'enfuit :j^Ny la feéVe Juppli' jje noftre compagnie,ny la debon- ^
mes, nymefmes ma modeftie, ne peuucnc fou'fïric qu'vlîcz de ri| gueixr cxceffiue par deiïus les bornes de raifon. Il ne luy faut point de feUjpoint de beftcs^poiitt de gibet, poinidc tourmens-, ny oaelmc lay prooBEcr aucune pei-
t)ï l'Asne bok, 115 ne de mort précipitée. Sviyuez doncques mon confeil : dorniez la vie à cède Damoifelle , mais vie telle qu'elle mérite. Vous n*auez pas oublié la refolution qut; vous auez dés long temps prife touchât ceftAfne, parefTcux, mais gour- mand , ôc qui mange plus qu'il ne vaut, & m aincenanc contrefaiâ: le malade ôcle boiteux après auoic moyêné lafuiîtedenoftreprifon- niere. Parquoyjefuis daduisque demain on luy couppe la gorge, de qu*ayant vuidé toutes les en- trailles ou luy Gou(ê dafîs le ventre la fille qu'il nous auoitcnleué ; eti forte que aayar rien finon la tefte (dehors le refte du corps foit en- ùïmé dedans la peau de l'Afne. Pjîç que l'on expofe fut quelque iochearpre&: raboteufe ceft Af- nequiferuira de (auuageon pour y anter cefte fille & le farcir du corps d'icelle; Se qu'on la laiffe a l'ardeur dû Soleil. Par ce moyen tous deux porteront la peine que 'ous leur aucz fort bien ordon-
SiXlESME IIVK.1
iiée,rArne,Ia mort qu'il a dés long temps meritcc, la fille, les mor fu- ies des beftes, quand les vers la rongerontau dedans , la violence du feu , quand le Soleil luyaura* par fon extrême chaleur efchauffe le venrre,&: les tourmens du gibet, quand les chiens & les vautours luy defchireront les entrai! es. Ad- uifez en fuiiie les autres afflidlions qu'elle endurera, demeurant toute vifue dans le ventie d'vne befte morte. Elle attirera par les narines vnepeftiferc puanteur, h la faim continuelle luy fera lumber les membres en chante: & qui pis e(V, n*ayant les nnains libres elle ne fe pourra ; faire mourir. Ainfi parla ce compagnon : & tous les autres voleurs confeniirenc vniment k fon opinion. Laquelle ayant ouye de mes fi longues oreilles , que pouuois-je autre chofe finon plaindre mon panure corps qui U lendemain ne deuoit ellrc qu'vni charongneî
DE l'Asne d'or. ii^
COMMENTAIRE SVR
LE SIXIESME LIVRE.
Fue/l/Hï^vp.uayti moaccâu]^gnespdt leÇquels pfjche coîlige que ce temfle eficon^ f^icre à Ceréi.
b Faifanc eftat ] Contre le dire de VUufe: Moyennant que lapin te foie propice ÔC fciuorabIe,ne te chaille de tous ces menus dieacelecs. ' f Chariots allez] LetjLrroffe de Cerês efl atteli
ïfemences(^des^r4ins,comme l enfeigna thoUgie Auec tout ce qu'y dej fend de l'h'tlîoïrc di Ceres & de Vroferfine.
• d Sicile ] Lt Sictle^que les anciens halitans du celle foufienosent duoir Uf rentière de toutes autres
I terres forte grain^e^ k caufe âe fa fertilité facree k Ceres Z7* froferfine-y joint qu'ils les maintiennent efre nées là mefmc.
c Claires ôc\\^mmt\^(ts\C ères a^res auoîr Ion* ^uement tracajfépurmy le monde k la quejle deft WyConueint finalement Àuec Vluton.que Profer- ^ine ferait à l'aduenir commune aux hxbitdns cîr ie la terre ç^ des infers, c, quelle demeurafl fix
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SiXlîSME II VU 2
mois duecfa mcrc au monde , &ftx tnou chnfon maty aux enfers. t'cxplt^uatio phjfijue s'en ap^ f rend far la M'îthologte^ch^f. x/^.lture f . ^u de- meurant pjyché nomme les inuenùons de Ceres , claires c^ lumineuf es , parce ^ue pour chemin^ nuiiJ Cr iour elle alluma fa torche es flammes du MontgibclcnSictle,Au moyen de laquelle elle cir- cuit tout le mode,cnfcignat aux homes l^\fuç-c du hled^de la bïere[que du no de Cens on appelle cet* t^offe ) dr autres inuentions dont elle sefi obligé U genre humain,
/E l e u 11 s] FiUe au tfrrolr de l^ttique^don t let hahitas auoient ine particulière deuotion à Ceréf, g Ma niepceJC'^ ^^//-f Venm, fille de lupin , frète de C et éi,
h Kçdouhlcî'jTafitpourfe'voiralfandorjnee dc^ €upido»y que[conduiElepar Ce*h, i Fichez] llfaitalinfon à la coujinme des anc'jes\ far laquelle ils attachoiet aux port es les defpoUtl^^ les prinfesfur l'ennemjjefquelles dne l'ofeott nj 'vendre ny diiener ^ ^ fî (Cauanturc la matfcn changeait de fei^eur j elles cUmeurdent néant •'^ moins pour ornement dr remarque, ||
K Encore iiede'j.^caufc du fac/îfice quonj^^ '^' enoit de faire •
l O (cs-wx\Vricre deVfyché à lunon frurCrfTt du ^rand lupin. Lès fhjfacns par lupin enicdi
DE l'AskE c'oRi" 1I> ÏU
Pétther, f . Icfeu.^ & p4r lunon l'air. Et parce que ' ^ ; Cfs deux elemensfont égaux en tcnveté.ils les di^ ', ? fent efire frères c^faurs. D'ailleurs pource que ht-' non c. l'aty efiau dejjous du feu et en haut^c» defu- fitery à bon droit les tiennent ils eflre marien^en- femble» M.Varron tient que lumn ejî àtteféme de lupin^d'autat que cefluy-cj efile ciel^^ lunon U terre» L'dir/ujudnt la do^rine des Steïqus^mis entre le ciel&U mer^efï qualité du nom dé îunon fœur^ femme de luptterà caufe de lafimilu ' i I tude^conionBionquilsontenfemble» |
, f» Sa m o s] P^Jjché nome les places oh lumn efloit ' fur toutes autres reli^.eufement ahree. S amos efi ) en l'jirchipeli^ s* appeUoit premièrement Pat- jjj, j ihcnUydeViïx.hQnosc'yierge.parce que îunon > fut nourrie ^ekuee\^les nopces d*eRe auec lupiter celehées à S amas. Elle auoit tçy mefme vn temple \fert célèbre O* de grand abord , eu le monde atloit \àe diuers endroits en pèlerinage auec beaucoup de deuotion jjlaiffoit de^ros pr^fens \ ^ reuerêient 'on tmaze faicie enformeâ'effmfee, '■ Cartnage ] lunon a fort aymé Cartage U ronde : ceux le fçauent 'jui ont leu ce qu'en dit \ Virgile au premier de l'Eneid^. Vn lion l'y portx f Vf dit lafable)^ trauers le ciel: & depuit elle af- ' ''^^&ioHna ce/le demeure. Ce Iton'volturter noud ap* ^nd qh'iiny afifanuche animal qucDtcu n'ait
xei rei
SiXlESM E L IVRE Joufmls à Tindufinc de l'homme pc^ur le domejH-» quer.
0 Argos] Elle ejlaufiifacrêed lumn^commcT^lj" ces.Spdrus^ou Laceddmone, Vhoronéefils d' InA- che I{oj d'^*-gosj dédia njn temple en îhonneifér de Iu/ion,auec fclemnitè de j'xcnficesXes^wtics adoroient lunonfûH4 le titre de Mariée cr^oynt des ceUflcr.AU lien que les S Amiens l'inuo qnoicnt en qualité de vierge O" d* en fan t. f Zygie ] Epitete conuenable à îuncn, corne qui dirait lugale , ainjîque nom auons dit cy de [fur, ^nciennemet vne ruè'sappelloit k l{ome la rue du7otfg,kcaufe d'^n autel de lunonla ^ugAleA fm leqtiel on faifoit vnferuice k lunon es elpou - f JkiUesJls inuoquoient pireillement 'vn Dieu lu^l fatif.en lafilemnité des nopceSy lors quetejpouxl fe conjotgnoitauecfon ejpoufee , c^ quetoM deusll 'fofoient le corps foM le joug du martage. q L\3 cinc]Ce nom l'ient de lixTi, jour ou lumière, i , les femmes l'muoquoient en leun j^fine^come cet- ^ . le qu'ils crojoientLiillcrU lumière au nouucAH né» sAîtcuns dient que Lucine efifiSe de lunon^ appeUéepar les Grecs lljthte» M.Farron tieni que lunon Lucine efi la Lune, aufii ^itte projtr- fine & Diane^nommée Luctne^parce quelle luit. 6U bien qu'elle donne tour à ceuj. quinAiJfent,c3km U L une ^ la guide de ceux qui viennent au m9fk
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DE l'AsNE d'okI 2I(>
ie\& farce qu'elle peut beaucoup fur U n/tfan^^ ce , les femmes p refies d'aceoucher l'ador oient de • mPement.
r Ah c\vic]Excufe èien mdigre^ commune k ceux qui rt* ont pas heancoup d'enuie de faire pUiJïr, /Ma bru ] Pane ^jh elle ej} femme de Fulcain |î/) de luHoriyOfi de Mars fils aujii de lunm : cax Fe?iH6 les a toM deux four maris • t Les loix ] Terme de droiB, Lesloix K^maines condamnent k l* amende ceux qm retirent le fer* ^ uiteur ouferuante d^a utruy^quï le dehauche^^qui 1 luj petfuadent quelque chofcpar dot ^mal-e»* "i^n.Et au titre des ferfs ^a giti fs ,// efl efcrit que quiconque recelé le ferutteur fugitif efi Urro.DxiU % leurs il e(î dejfendu aux gens de 'villages ^ de ne ' receuoirny donner af^tflxnce k tels fuyards: c^ le Sénat B^main donnoit pardon des fautes pajfées À ceux qui dedans vingt iours les r edoient a leurs I maifii es^ou les reprefentoient à juflue. vv Colombes] Les colohesfontfacrces k Fenus^ M caufe de leurs fréquentes portées O* coit, La fa-' ^e dit, qu lin iour renus CT* Cupidon s*efgay4ns >ai les champs^ gagèrent enfetJiUepar ^n Ufctf ' V/>..i q!4t des deux aurait p iu/lofi rempli fongiro h fleurs O^ de hmqucts. Cupidon perdit : car U ^mphe Perifiera Voyant que Venus commen^ hji a s alUch'ir u la befongne ^accourut aufecours.
SiXlESME LIVRE
e^fe emporter U 'yi&oire à fa Dame, Cupidon despitétrMtfmuA Cfftefllc en figcon que les Grecs appellent PcùùiCïa.^ Mxtf renta en rcconipenfe C^ conjoUtion de cejîemctamorfhofe^ Phomrx de ce^eprengatiue^qukl'aduemrU colomhe Jeroiu en fa. proteBion zrfâuuegarde. X PaiFercaux] ^ bon dreicî les moineaux font au fcrmce.'^e Venta ^ attendu qu'ih ne font f 44 moins Lfctfs qne les pigeons. Leur pAtîlardc hu • meurafaifl que les Grecs ont appelle le n:emb/e litrtl ftioutheon , pfijjeffuu,
jr Sa fille] Parce que yenw efl née des gânitoirh du Cte^ que Saturne fcn fils luj couppa , puis les jetta dans U mer. 7 La langue] Cbafcun fça'it que T^Urcure ejl le héraut & porte parole des dieux, Potirce les La^ tins l'ent appelle Mercurius, comme qut dirait ifiedius currcs. c courant au milieu ^ trauers^ d autant que U parole trotte parmi les perfonnes; fource aufsi le fait-on prcÇtderJur les marcha ^ifc± Cr denrées, perce que la parole efi mitoienne entrf ctux qui vendet O qui achettet. Et ^our motrer que la parole 'voie à trauefs l'air,9n luj dÔne dei ailes k la tejle dâutat que parla parole on (Xprimetçute pcfé^
DE 1* A s NE d'or 117
T^Uidfk mère groffedefar lupiter acm^À dt
j^ircMfe eti Cj me mmtdj^e d'^rudie.
h Saas le tormnuniqae'-] Ceçy eflf ins de U
\i!oânn^0^tjfcâsd'kftfologte:cA.rces deux e[i il*
les font proches l'vne de l'xuur. (jr cmiomes eit*
ièlleen mefmcftine
en llwofcope de ceux quinÀt,ynt, eng'-ndret ies
j{oys(^V rinces ^& des mr4jtclo2S cj^uetontle mm*
de Admirera, D'iiHuntitareMt rcure O^ FcnH6 cd-
Uqi'te^en l'horofcofe également M ce}ix t^ui natf»
^"it de ionr , en^ndret des thre fors 0* '^ece ietirs
' j auXydesamLilJadeurSyOntefirsgya ^laktcnf,
le^i(îes:Jï de nui&,ceferA des e [frits ru^jnis^inge^
nienx q(n viendront dijemeni^ 4 ^oitt de Ut^rs
^ feins : csr def quels le p drlerfera flein de don *
^ -tèur O^ bonne grâce ,
f Caafe dignoïace] ^rifiote M trot/tefine des
, Ethiques ^tient qu d faut f unir les fdutes commis
:fes,p4r igwrace^flie délinquant tgn^efarfdftiu*
i tetorAonn^tnce, Et defdt on ^ unit otdtnairenKf
ijes trdn (gfefitons fuîtes contre les loix que e4>f4.*
l^ilttén'emfefche f?erfa*?ne de r^duoir^ 0* que l'm
^ignQre fxr trof grofîcre négligence. l'tgnorAnc^
[nexcufepas toufiours dcuànt ies hi^mmcs-y deitant
DieUytamiif, En U loy de Mojfe elle ej} condttjn"
^\nee o^ fumets, Hierùfmt efcvit fukihmenf^
\}icn4Hlongfur cefuhj^U ÇQnmUs PeUzi^ns» .'
SrxiESME LIVRE
//Murtie] Les anciens trit donné le funxfm t^ Mmtte kFcnHs-^er^icntle mot du T^ljrthefpro. TJoçanfi'^ comme l\ .ti'mjt qu en p arhïe dedié aF'enw.no'^ } adioups inemeurthe, f Co u (lu m e] // X bonne gr^a defaniCouJumi l'vneàesfttyuxmes de ^eriwuar comme ditln^ crec(,p4r coufiume ou hanfife on saprend ^ s'cn.i f/aîmer.^in/t Martianus Capella donne fort propos VerierffepoHr fille de chaùre^Cr^mpnii fourchamhnere kfhilologie.VniergieJigmfie dïA ligenceCr trauMl:^^îpme,xigilémce,Or nepott- uons nous afpirer k U Vh'tlofophïe que pAr veillés Crtrdu.iux.
fScgïmintVoTci\\edtokç]Br4nfier/dtef}e Crfe gratter t oreille font fignes de colère ç^ de fu-À rie,Vline ef critique le derrière de l oreille efl lejte§ ge de Kemefisydecjfe de vengeance ^on mn4 portos ordinairement en telles paj^ ions le doigt prochain du petit y après auoirpajj éla mam du long de II hcucheCr de U harhe,^u contraire les efféminé:^, wellaffes.cir irnpudiquesfe grattent latejîe u^r njn doi^. corne le reprochoit auec aigreur CaUiHi ^ PÔpee.Scnequeefcriuantk Luciitus: Le doigt porté â la icfte [ce dit-tl) montre q«'on eil inipudic. ^
B omie bru] Ircnie.Entre les hiUes meres&it rm n^m vojqs oràmairtma beaucoup de haim
î
an; r-.-»!
D E L*A S N E D OKk llS
^peM^amttU'} Que veut dire cecyr toutes les belles aie. es liay (Fent leurs brus , ce dit Tncnce.
h Sollicitude(5^ trifteiîc] Bourrcitux ^rdindres
dci amas, il 4 doc rai/on de mettre aujïi ces deux
Aufçruitf deVenm-yittedui que tout amour ejî re-
fij de ckigrinO" defoucj'.ioinci quïl} aj^lus de
fnjlejje O" d' amertume que de douceur en U to*
pignte de Venu6. VUute;^mout forte le tnielù*
le^el: ce qutl donne efi doux kfAUouren maU il
10US Utjje de l'umer tout 'voJlrefaouL
z Nopces inégales] Boëce es comentdiresfurles
T^ptqueSjcfcrit , que les nopces ttefont pas legtti^
Irneijino entre le citoyen O" l*^ citojene de I{ome,
f9U hié entre ceuxaufquels le Prince C^ l^ feuflç
, donnët droit de bourgeoise ^oufermifito de s*allier
fur mariage-^ & ceux qui prouiennet de mariages
'tmpareils , fuiuent non le pere^mais U mère. Les
IDccemvirs e^aùlifiasles loix Deceijirjiles {ceftê»
vent dix perfonnages choifispour cefl e^eâ)oYdotP>
> erct^^uelesperes (ils tenotet rag de nobUs)ne s'dU
tx (Jent auec le populos c. auec les roturiers ^ corne
-.7^ ces nopces inegd.es ^t^ pitrtat non legitimeSm
'Liis d'dutatque ceU totirnoitdugradmefprifC^
'^fhin dupeupleypotrU loy deCaluneiu» les md^
^^es furent indifféremment permis des vns du*
res^cemmermipofeTiteLtuedu qiutnefme. ^"
SiXlESME LJVBI
^Sans le confcntcment] Le lurifcofu/te d>t'^ qtieUi no f ces ne perwtnt tenir fi Cous n'jconfen tentyfçdHotreft^ceHX quife mxrtent.o^ ceux ei^ Lfuijfance def quels ils font: Et comme efcritf^U pUn ^fdefetitplsfç veut marier ejîat [on ayeùl infenfè ^certes tlfaudrji quf l'aut'joritédu père erjfreui^e:m4hf le père ejî hors du seSyC^l'ajeul defensraj^isji volonté de l'4jeulej}fujjif4rite. Si le père eftaùfent^deferte quon ne ffoche ou il efl^ ne s'ilvit.ilj d du doute comme il fe faut comboy- ■ ter,Et fi trois ans fÀJfent f Ans qu'on entende auA cunes nauucUcs dupere^xns qu'on fçdthe eu ilefl^ fi^ s* il l>tt fçs enftns d vn cx d^4utyeje>. e ont /i* htrté de prendre p-Àftj legh inie, i
l For m y.] Lt diligence^ le tfkiuuil c^l'indu/Ir/^ dtceflr. he^ole ejl ajfe'^^cegneuê . Sxlomon renuoje ieparejfeux k Lforinj/y Va pjrefTeux \ la îou mv : confi ieres fes voy&s, & apprcn la fa- 1 gelfe d'icelle. EHen'a ne g!*idè ne m4ij}re , n(l p rince: & he^mtmoinsfùFijespyourpons en EfliA elle ^mAjfe durât l*:y€oi*J} pur mager en H^ue^l m De vin & de baumes.] lUnifoncCap*}^ tfçpricrle v^n Cr les parfums k Venus attendÀ ûue^font autant d all^tmct 'es à luxure y & les an\ âm' k '^'^ Qit ont feint frhpe fis de Venus G deB.tcchttf,p4r vne 4fe7^ hone conie^ure:carceu:\ ai^fêntftéicBs i$u vm y font dup fort endm^j
DE L*ASNË d'or. 21^
. Derofes.] UrofeefïU pHrderenUs'.cdr
■lefcù cllf courant ^ fccours d'^donii , co^itre
quel Mars .iftoltfufciié ijnfanglier nmlcdel^
Il oit 4:rcc[es defenfcs, s'efpin.t Uftcdm:t.rcUf^
'r quelques rojters, Cr' le JaJi^quidcfcQuU de U
, ..lyeycolorj. hsrofes qui f.trapi^'t ':!}oicnt blaches ,
Nourri/Ter. ] DUtiiatit c,HcV>in formAlc
flageolet au^ c vjfe yofedu .
f Parlardeijr. ] Q^elardeur du Soleil rende
les 4nir>74tfx plfk! Vio^oîireux
fcn:aiO'>itfy\ ^ui ff mouuct durâut Us chfMttrs
keducotip plw "vïfmmcnt :
demeurent comme eftcurdi^i fxns Je longer ^ ce dît
Fïtruue, &SàlUj}e, quelecLiud&ljfoJfef-
meuue^it les f^rùers ùltH ^HC îouti fititre cncfe^
"Vfl/Vf lcsfa:t enrager. Les hommes au reLot*rsjÂ
chaleur (iffoililk leuis co)p Cr lesalhffhit , até
lieu ifue Ufrjifcheur lesfolide dr raffi mat, C^r
ma, chaleur pjr fa 'vklence emporte hsfcrccinatH'
%e!leSylcs dijjoultj les rend iwbeaUes^^r.o'IaJJ'es.
m^ous en vo; otis l'e^reuue au fer , encor qu'il (eà.
mdurdefon propre naturel] toutefois ffchauffépar
ma chaleur du feu dans lesfor.'^eaux , d samolLt
meU-^ment qnon le rendcapÀle dt tonte s formai
imuis trempe dans t* eau froide , fe rendtiràt & ;T-
ûHïne en fa première propriété,
|r Les foufcils] si^ne d'orgueil &de fierté: les
T iij
i
N SlXIlS-MÎ. LIVRE
foimils ^ont indices de trifiefe , de io) e , de dM
leuKyde rigueur : l'org:ieil çjr la fertéfe cn^oiuei
AîUcurs y m aïs ils or, t uj leurfie^e. ils na/JJcnt ;
f^^ir, mais ils paroi (frnf icj . ■
I j rCocy tt j l*'vtJe des rimfres 'inferriAles, far Ia-
quelle les dJicîh c^tcndet tom ce eut faùdonUir
O pleujer les homes:c.iyKokyc fgnificic pleure
Cr KoK.'^los ydudUu ple^r. JttpdrlemAcaif
Stygieriytout ce nul plonge les efr-yifs h'imami es
gouffres âeh.ime
/Diàgos] Q^les r.rr.^s A} et i
fcment efnàlléjes auiheurs l'efcYiuent^&Ieur no
lcm'oJlre:cirDrAgon^t!ict,ât dcik m,^oir.Vcir' F
icon l'appôfe aux images -d\^ feu l.tpcc, dtSA^if '
UYîlf^i^it n.'ic hldclmt} iiit l'oeil 'v'^i/ufit^ruH
pr^coniffe les chofes commoacs & vy.ifwUs .\ .x
tcrpS'^O' q^*djç4che dire dum.iUde» J
Ce q'ji eft,a e{lé,& ce qui t n dcic e(lrc.'
/En larm oya:]/f cœur affli^^éft defchAr^c d'^v^
f>€ partie p,ir les Urmcs'.m.ùs U don 'eitr le tra^ (Jt
ancnnefois tellement qttil 71 'peut Urmojer. Se-
nequcHLOUiQ adutiûiéuouuc du fouhge-
menren faifant Tes plâioresa quel fu'vn.,
'l'Prouidccc] Les mieux aêtiife^^Vhilcfophes ont
recopieti que le mode cfigouuerné p.ir VrouiJece^
de Uq'iclleAHctme chofc ne peut euitsr l'œiLVuù
donc qti elle efi l\im€ du monde j(y^ (juepour cejfe
DE l'AsnE d'or. IIO
nufe on Ufeutitffellcrfrudence^elUfQurucid finfulierementy & s occupe notament a ce que h tnonJeperfifle enfon eflre, qu'il n'ait héfom de cho- fe Aticunc j muis fur tout que l'ony remAïque l'nâ excellente ùcauté (y addrejp. ^injtcefie Decjfc frcuidécâifttdfJtfon cseldefitiéjur ff;^^w?;(fr^- f:!e ^ffiîgfe , Uy 'VîfntdonrJcr moyen d'ACCc?npItr ? jutn Sm,indcment de VcmA^^^ iujfrep4~ rc h chemin pour cfcbeuer toutes autres trituerfcs,,
' L'Aigle] 0/7 ff ar affcT^que l' ^^g-e\ej} l oijeatP JAcréde Iupiter\opfAr ce qu'il fournit de foudres k lupiief ainfi qu'il combAttoit contre ksGeans*^ c* pdrce qu'il f^ "^'i^t offrir a soferuice alors quiî fMrchoit contn les Tttans ( Trlytholo^te eisfeignç toutes ces biliaires ) & lu v prenant ceft ojjretour bon dugur^/eçeut l^'tgle en fa protcËîion, y L'E(clianfonPhrygien]CVj/?(7^«jwf/f3^/^^ • Jupiter ^ymant d'vne ajf^clion efperdue y rduit t>\iniforme en ^igle. Ce que le f, chapitre du . , ImredeU Mjtho^ogieexpofe. 7^^ErpoiuienrableaaxDieux]Jirf/»««7mw^f^ Vieux quîfepariurerayans prù en ferment le 414 de Styx.fe void au 2. c, du 5./. deUMj^)olegie, rfMoncœur] Iromâ, ' '>■ - a ù Tartare] Lei Voetes appellent Td>tAreU pr'fon des peines infernales : ce que Tcrtullian remarque l' apologétique JVlat on tient qtiecef ^n rece*
T iiij
SlXÏËSME IIVRI
ptdcle ou toutes les rifàeres coriflueni ; fuir en n^ farterit^ comme file TArtxte efieit U fowee Je tou^ tesidux, ^rifiote-U réfute a-u zJes Météores. Le ] met fie Târtire^tcnt cT'vn nuf) e quifgnifie ire" llerJcfrBJd. *,
€ NoUDcan péril] Celujqm fçait auoir en^ rare ijnecxrr/ere à franchir y ey-fàtrèijngr^nÀ effort pur le fermer, ne rffufe fotnt de fe mcn-e ence aeuvrr , ^fn qu^ayAnt f.iffépar Pefiimine il fe tefofi a l'uJuemr: car /'espérance de repos mut^. te a prendre le tr.iUAtlen gré. '
^T^enar.] Ho us en anonsdïfcoura 4u premier Urne. ~
e Orque.] flutcn. Orque ^ DU, riefiquvne tnefjne âettégouutmante des efifers, f Vnpctage.j Ccfipom dcroiferhfierte de Cerbère triplciefte portier des er.fers ^infi ^uee deualUnil^ à^ le feruit d'vnc telle fouppecom* me de eau ejfon pour Àrrejler la furie di ce Chien- eff?o;;fahlc, \
j-Truage.] Lucian 4ft dUlogue dudffc'il tip moîgne que les anciens foukient enfermer itj^ '9ÙoJe en la louche de chjfque trcfpa(jé : CT^j ^efe monvoye defirt petite laleur , s*appctlot.t. naulage m hatteiige de Chaton qui fjtjjoif les âmes outre les rrnieres infentaks, S^riJ}$* f batte es CrenviMcs dit que depuis en ItQ pajjts
'm
ùCtiX obole i, T^U'u quelques Cupiuints ^themas tour ncftïe mil au rang des autres , kiujferent U tribut tuf que s à trois : & depuis charon exigea tcjiejomjne à toutes ccUes quifeprefevtolentfcar
trauerfer*
h Mortifère.] farce qu'il meyu aux owéres
Cr dtrnicîle de mot»
Riuicre morte. ] C'cfl ^cheron, e^uefuii u» fres il appelle/ a parejfjeux\: le mot fgnijie trtÇte cr fans toye.Voicj que Vlaton en dit auph^tdon. A- chero pafTantpardfis îieuxdeferrs & fou- fterrains/e va rendre dans les marais d'A- cherufe , où plufieurs âmes 4es trefpafTez trriuent; &:{ejournans là quelque quan- ticé de fatalesanneeî, les vnespliiSjîes au- tres moins, retournent derechef au mode. Acheron vient de Tai taïe.Siyx d'A chero, CocytedeSiyx.' T9Ut cela ejlpuifédesfecrets de fhjfiologie. Car qui na point de ioye.cjltri^e fans doute : tnflejfe efi njoffine de deuil^ le deuil
routent à eu »fe de mort, L es Vlatcniqu es cnfe-i-. gtient, que r^ chero Jigmfie tout et e^ue nopu nom repentons^Auec dej^larfir^ f^i^f^jfe d'auoir f,nt m noflre lie,
k Côm et?] Inue&iue auec inàignAttQ cotre i 4- Wtccy dot U force e^ fi grade que de donern^fen* ^erh€t/ur les viftans^ maHdujiifr troi*tKrrruj.m *
T V
1^ SiXlESME LIVRE
I fàrmy Us tref^ciJfer^.ittenJtu que Ch fafferducm s.îs argftjt^rjr qne fIhîou mefine ne fliit courtoise qu'en p.tyant. / Vieiiles fi'andiiercs]G^/^«//('j p.irques.n:^^ filait la 'vif çjr durce des himmes , cp- /.? tifj.^^t de filets inexortibles,
w Grand mœQio] Cfrbcrâ^cueUiVhjfiologufs Âifent ejhe L tiYïe qui cofume les c»rps,Et défait Cerbère sêhU vemi'd.K^Cohô:oi,de!ioreckity, Les hijloms le coptent .aaremït Vo) f~^U ^.chitp» du j. Uure delà Mjthilcgte. n VuideJ Ce]i ef'tthcte (oyiuHtfort lien k L m.ti- f^n deVlnton,oH Ugetlesjimnhicrcs des deffun&s j inco' porelsf^r'^avis ,V bomm%fclûn lesPhil-fù^hes ! €on-}e d'amende eorf s ^O d'ogre. L'ame tire fcn cri' I gine des eieux, O" remonte es domiciles fu^ernds, j Le ceps ej} term;(tujh le tendon a la. terfe^L'orn» \ htedeuAle èshtis lieux. * Te m e r ai r e eu r i o (k é] Curtofté'ce dit fort lie Tulgece] (fî C9nfinmt(re d'ap^orrer à ceux qui l'ai' mtf^pltn de dûmÀ^eque dtJoje»Ceux qui n^ifset au leusr dufme de la chrurc^fcnt curuux de toi tes chyfcSyÇjrp^r vue curieufe conuait'fe de ffAuâi icHTtQnttoiifiours après les nouueaute'^, *Nepouuac p\us]L*4me de l'aniat xit 4U arps 11 daHtrui.Lam^t a toufcurs en lu bouche &d*ïs le / [ tanrce dire d^flmeXi gù ie fuis ic n'y fui«
t)î l'Asni d'or. m
pas : h où je ne fuis pas , là eft mon efprir. L'amant fc reHcayten regardant ce qu'il ay me, ce dit ^riflote. fj DctQclitv.]^^ première ruine ffit ^na'i poul"
(fc d^xtreme cunofuc elle Voulut i-tir en faccfoJi mAYÏ contre l'exprejje dejfenfe d'iceluy . r Con fu mé ] .yîtnour efi hourredu nonfculemet de l'esfritjitups dufii du corps : ïlhmne (on fucje rend ùlefme comme U mort , fuj ronge les rnotUes^ - dr l'dmeine ordinairement ^ m/tgreur & charttc extrême.
/Soudaine fobrieté] il ej}{fUlpint. Car atten- du qneFc/iM a couftume deflre toute gaillarde C" luxurieafe fort ejîoigpée defohrieté.^oiey que maintenant elle contrefait U ihafie CrUfenere \ a ualitcT ma! conuenabUs k F en us, /Monfeigneui & fils] llfiedmalÇcefemile) au père d'appeller fin fils fàgneur : Maispi/ous co^dere'^ quelle efi la force de Cupido, "^om trou- nereT^ qne Jupiter a raifon de lujhailler ce titre d'honneur.ettcndu que{comme dit Tlatomau Sa» ^«f/)Cupidon ert vn grand DicUjadmira- ble euucrs les Dieux 6cles hommes-^commi celuy qui fait plojer[9Hsfon empire (^ le ciel o* la terre ^ la mcr.qm bicnfiuuét a fait faire ioug à lupiter mefme'.celuy duquel Cdcilius dit , que quicoquen:e IçrecognoûpourDieufbu-.
SiXlESME LIVRE
tierain.cVft vn fol,c*cft vn ignorant &:peu prarticeschofcsde ce monde, ccliiyqui peut infenfer 8c aifagir qui bon luy séble. u Souillé] ChjtcunJfaitU p!f4Ki!jfé des awourf de lupiter, jÇAHoirejt , comme il a csperduemenf 4ymé ^Alcmenc , Semelé, ^^ine^ Leda, Europe^ DatJitf.O'p^ff^ ^fpx cens autres^ infijUes à nef. fargnerf,t pyoprefœu r , comme le momre la mj - thokgte fn 'Wcrsendrcits.EriJommt T^lcrcure frcf" ttit luy donne ce tefmo'igndge dans flapte cir Lu- tiitn 5 £jt4a peïne 4-1I veu femme cuJiUe tant [ci t feu h elle ^u'd ne s 'en [oit amour aché.fvrce comtm à totii grâdiCiipif aines yCouie il a fans douti efè, X Bnferpens] il fe transforma en ftrpent pour iouyr de Deohs,
j/ E n fe • ] Vour l amour d'^gne l '^ne des dott» ;^€fHcs dsAfcpe,
:^ En oy féaux] Son6 lafiane i'vn ccuccujlde^ p u ce lia lun ofa faur. ^Ledafo^ celle dt'vn cjgne rfEn feres] Deguiféen Satire il en^ojf^^n- t'icpe fille de KiSécçjrcegnut Europe enferme de taunau,
h Du pîaifir] JÎ nj arkn (i dct(flahle qucrin- rraùfude:Cr les athéniens donmia ^ bon drotcl àBion contre les tn^dt5\les Verfts anjsi lespttwf- foient^igcunufemet. La loy du bien fait porte i^u ditseneqtit ) que ryn oublie fcuditifl ce
B E l'A sn e d'or. ni
qu'il a donné, ôc l'autre ie fouuienne ^ ja- mais de ce qu'il a leceu^longeat toufiours aux moyês de s'en ïQy\^2^t: ,C e^ -une treihort'^ n^fiecontsnî'nn , njtincrc les btehfaitsf.ir bien- fttts, .y€(4 rcfte- lupiicr demande icj "jnc recoin- tenje ,'figne flefon humeur, fil ^iiyçY{in]La crainte de la paene çjrdeUloj el^vne tresefficxce catife.^el'ol^eiljitnce. ^Chaleiueufes boutées] Les l e unes gms font pirfjth.igerasen OuideaccopAre'^ àl'e/Ié, C'efi /a plus ckiudcfiffon de tùutei-^iinphs naturelles {h.îleurs de U ieuneffe font bouillir les icuncsgenSy dot admet n 'i'ih fe latjjent emporter aux couoiti - fes,nue leur volupté fajfe les bornes de raifon^ que ce qutls ont deh^n & de vertueux demeure fans effet!. Vourc'' difèit Vîaton au %,defes lo^x^quelQ ieunehome ne trouueroitpasbonelaîoy OU' biide&gourme les plaifus de la chair: • attê^^a qu'il eftbouïiîat&plein de rperme, ' ^^Entra'jes nuptiales] Les philo foph es accopa* et les Cens des corps auec les chenaux qui courent ■as raifofi a toute bride.maps l*ame c^U raifon an . chartier qui par là bride ar^ (fie leur courfe preei- f'îtée.Et ctme Us chenaux chbride\ s^portetfans iaifon ^ trau'^^s.^haps.'dinftle corps fans ratfônicir fam le comrtidndiment del'ame , court X"vaude roufe apm fd propre tffint* J/-J
s I X 1 F
rjnc autre compayaifon de i'ameauec/e cerps^ Ji- funs que le corps ejî l'efant.O^ lame le pédagogue. Cdyji U prudeKcc çlii pcd^gogue^ ne gouuerne les 1-ices de t'4dol(fccnt^UH6 ftseffoyts/oHffes ùouiU Uns tendent k l.ifuucté, il ejl dcije requn que U r,iifon entreuietîïie , c^ni à rtafe d\n ped.:fgorne , gourme O^reîiennc If s affeclions C^ m petucfiic^ des jeunes gens. Or le plw ffjUHer.iïn remède peur refrencrnjn jeune homme , e'ejldeluj dênner \ne femme qui îdUtritiffefd clhdeur efrt'we, /A voftre eftat] Lefiit&condinon deVerim tJiAnt eeîefle cîr immortel ^de ^cut^mt auecra'tfin treuucr les nopces impareiU- s entre fou fils cr i'^^ femmimoïtelle.Tource Jupiter U d^/ckur^e de ce tnaltalent^^ promet défère F[y(l:é immortelle, ^ Petit gaLCOii]C*c^ Canymede^duquelr^cus ^- ffons difcouru cy dcjfus.
h Le père Lrber] Ccjî U raifon que Bjcchta
g lerfe k Loire aux Dieux , comme muet; te ur qutl
\ fjl de U njt^ne.Ttutesfots Henure aui.dt /' Iltade
efcrit qu'en isn fe^in fclenneldc la freuppe celé-
fte^ruleamfîifottto/ficcdEfchanfon : cr qu'en
':' allanf O' ^venant aucc Jjihanclje èoitcufe il dctj"
92oit dequojy rire aux Dieux . Icjnojife Apulée là
■ tnef en office de cuifinicr^d', tendu que te feu efl de
\ fon inuctJîion.Onfeiîit qu il boite ^d' Autant que U
' fUmmcnemmte point fans g4tuhir été faucher
vv. l'Asne dor. 2.24
d'-v/îCjJAït ou d'autre, Plafon au /i.xi. defcs Loix dit.queVok^in Se PallasotuaccoQiociéU vie humiine de ttf fbclles inuentions^que
. pour cefte caufe les arcifans (eroni mis en leurprorediion,
/ Les Heures] Les Heures Jcs ^r.icrs,0^lcs '^lu- J$s ont leurs chapitres en L T^lythologie , doit l on feut apprendre ce qui en dcpend, k Chantoient] ^infi Homère xu premier de
\ " /' Iliade feint qu ' Jf p ollon jouant du lui les Trlufes . chxntoientlx muftque, ^Arifiote au ^.desVoltti^ qfies efa it, qu'il (au t adjoufxer la mujîque infiru- mentale ZT 'vocale aux chcjes de récréation . les tlu^graues Cr mieux aduifei phihfophes Idy^ ment des Mufcs U chertjfcnt & en ont donné Fv* Sage aux homes. En paix elle donne dupUtJtr:à la guerre elle encourage les gendarmes, En jhmme el- le e(l nontbrèe parmj les honel^ss exercices ^pro- fixions, "Platon c^ ^rijlete enjoignent de l'a^^ f rendre fur toutes antres fàences. l Se print à danfer] "P/^rcw ntmpîouuefai les danfeshortcfies C^ pudiquesimais en la forte quo les praEliéjue aujottrdhuj/e ne font four Ufîuf» fart qn allumettes k luxure, m Volupté] P^oluptênaifi du mmage de Cupi don dhec VJ}chéXufidon efi U conmnife^Vfyché tjmjeur fille jcejîe dekclatim Cr cfintentemefîP -
Skies M É lïvre
de lUme anand elle jouît de fon fottuerum bien
auquel tue a toiifiours a^irt,
n ? oin(^Oî]'\ Le s anciens cl eu 4nf l'xfi^e de papier
auoïcnt des (Ablettes cirées (/(fueUes ils tfctiuoieni
auecvnpomçoi. j 0 Très- mauiiaisjO;^ (etét expo fer au fi i le tome j i d'^pulec,pourJt?irJ}re, malencontreux .c^'veni^ \ f k la met l -heure Car corne les Latins difent que ce- y luj vient d\nfîeddextre qui leur apporte qud- f ijne choje de hon o't quelque heureufe nouue^cau' ej fi celuy vient d' >w piedfinfire duquel U 'Menue fr forte malencontre, fe^f Bonnes] Irmie*
m, q La crainc^^] ^irifidlt P^ergile.quehcïâ'n" il te donne des ailes aux pieds de ceux qui yof fttyenz.Et j^Cuice a Lojme gr/ce d^afpeller U 7 \f eur^^aillame'.csr U crainte dsnnefeui^e le.tH' }er (oup de valeur aux pim poltrons, O' l urfaitac- , ?ri coplir des chef es qu'tls n o [croient f- uktnent entrt' 7ri fY^^drep ce fie palatin ne les prcoct\up.it, T h ucy* ^^p dide aufii dit^qne la crainte châtie la parefîe. l ia^ y Scrupule "] Scrupule proprement fignifie cei pe .» i(^ tites pierres ou grauopr qui entrent aux fioulien dT-] ./ ^ èlejjèntlepied. llfeprtndpour ennuy^fa/cherieg ^in fo^O^ cha^in» Chemin fcrupuleux , cc^ d dire^ ff^f. fAïUoteux,
'~' r Auili itmï'\J.HCimsÙ€nnent f*e Ufuttilité
rç l'A sNî d'or- zzs
p/us/ourh dr/>i' brntes dtnmAUX fa/itcertjc ^ui ont IfCuïyfoYtclfiits, ^f l' -yn des fUi ffsas crp-^4 wdifi à u^^fe de tef-
'v Y': t A J e Milan] le ^M^f- ^ortefon vùf lien . h4Ut,ijr 7}e4ntmvîns dcjcoi^ure ajpmmt tes pou-^ las à Ufes courts Jes /apailles àr ch^fongnes ^ U voirie llf.ipJihnqucscmreciuil a les jeux dàrs,ioy.in.\èier/ que Us antc/its ne le louent gueves pour U bonté n? uem^sommeWslont higU entre les oyfr^us.O* le îyon entre Us be^cs k qutt- trépieds y le Vautour peur Ufigacitéj UtaupC foMrl'ouye,Craînft des antres qui excellent en ^uelcjue p4ytimi?y fenrime.ii, xTa u r ea u ] il fallait a llupon à la fa lie d'Euri-i pe que liipiteremportx defguiféen taureau, y Hennir] îl a mieux étymê dire hennir que ùrAtre-^ terme autwt plus honnefîe qi^e U qa/litê dié chacal furpajj} celle de i .ACne. ^Aux cieUT ] LesVijensmtfmesontfoit lien reto^neu ''ue Dieu auoitfon throfne effaùly d^ns iescieux , pource totttes perfonncs ont coujlume d^ffi^^' les yeux en haut quand ils '^euletprier^ a Mars to y]^pof}rffphe par laquelle 'a fille ad- Jr€jfef4 parole à r^fne qui la porte.
s ÏXllSUl LIVRl
è Seruiteur]^; me retherche en ntaù^ef, ^ f Phrix e] Uf^ble de Vht'txe Cr de HfReJ.ifœur i efi effrite au neufiefme chapitre iti fixiefme Imt ie la T^ljtholo^te, *
il Qn* Arion ] Celle d'^ricn au quatGr':(jefme . du huicliejhte,
fQ^^mo^z\Cepcy au vingt quatriefme du ' huifliefme, ,
^ fVçgzCç]royeileA.d.'4 9.
-f ^ Ni la fedVe ] ^duU d\n 'vdeur parlant 4uec
^ ime tflrange irenie.pdr laquelle tlfemhU au cm •
^ traire de te (t.ffilfaitJecct ^r Quelques flw tole^
' rahle fupplice,
, A? La taî ni J C e[î 'vne cruelle mort que ht faim Z"
l 7echiel appelle les flèches de la faim mortii
fé:
HO Kf^^*^^ appelle les flèches de la faim mortifères s^ \ J Ceux qtajont rêfti w ae *nounr d: fatm, rendent ] l'elpritaufeptiefme jour, 'Plme toutes fckf (fait
Jfrit aufeptKJme tour, 'Plme toutes feu ffc }^' qu*aucuns ont langui iufques à IvnT^tcfme, Py I Faire mou rii] CV/? vne grande pe/fje , l'o/dofr "y! mourir^ C^ ne pouuoirsluficun chercher la mort ■ tour mettre fin à leurs ennups , Cr ne lapeuucnt trctiuer. Vlffieurs a^fii fe îa procurent de leurs- prrpres maim, Ma^yeurs neantmoins a quiccqut auance feneHrs dtUiint tcijm. T^hrre ef^irrm U mort ^nf léger fupplice ^qu d contraignoit^ijim ttre ceux qui defîroient moténrXarnulcft/nepre^ ue)nt,Cr ledit Evtpfercur ^jahi euj la mtrt de a^^
DE l'As>^ed*orI ai(f
hommfy Carnuleilis m'eft efchappCjf^ dit- îI, Ftk >/; autre qm le fupf liait de vouloir hajlerfii funition: le ne luis pas encore retourné en grâce aaectoy. S, ^uguflinefcrit nu premier delà Cité de Dieu , f^fThome qui/^ait pluf- loft rapporter vne vie calamiteufejeft plus
^ généreux que qui la fuie. VlineefitmequcU tare ait engendré (es poifons , par compaj^to quel- le a de nom ^kce que ceux Tiufquth l efidt de cefle vie dej^^uira^me firent aifémcnt p,4T 'vne prinfe de poifon. Vource beaucoup d' Enit^creurs Cjr degradi perfonHAgei en poytoient fur e ux en des Anneaux et* autrement , pour fe faire rhnunr prcmpteïwnt
'^q/44ndtls 'Verraient Itur efiatdejej^eré.
SEPTIESME
LIVRE.
l/f }^ C V M "Elt^ T.
lElV I ifue If s loi' un diio'iejjt
Y^nr ci'ptCr cetju o diWtâtiiol fatFl au logts de yùîorty rapporter fr s (ûw pdgnons que !*on n'en fo^p^onnoit per- fonne autre que L. ^pu'cf , p.trcf cjuil ;; nepAretf]oltn'4lle part. ^pulceftf'Uint '' Cjrfe deult ttinfi t um for me qu'il cji , d ce qu ejl iint incoulp.ihle on le p)eA pour criminel, & na moyen de plaider fa caum fe. Tuii il entre.mcjle de t) es fdcWieux c»nres, c^ drfcrit au 'vifles mefchaceteT de fin ^fnier , c^ les fraudes desfem" ,
mes.
i
DE L'ASNE »'orI 217
,j^ Vssi toft que les te- Nèuud nebresercarttfesle iour le tra^ commença de blanchir, uerfè ^ que le carrolFe du So- four^» leil cuft efclaircy rVnùiers; voi- p«//r. cy venir vn de la trouppe de ces brigands; car ainfi le monflroit là mutuelle falucation qu'ils s*entrc- firent. Iceluy leant à l'entrée de leur cauerne & ayant repris fon haleine,veinr faire tel rapporta fes compagnons. Qoandaulogi^ de Millon Hypatinque nous pillaf- mes l'autre iour,cha{Ibns en défor- mais .tout (bucy Se ne nous en mettons point en peine.Car com- me ayans braucmcnt emporté tout Ion bien vous regaigniez le logis , je me foarray parmy la foule , conire-faifant le piteux &lemairy , cfcoutant quelJein- formation s'en feroit , ce qu'on en dehberoit au confeJÎ ; fi , & comment Ton voudroit pourfui- urel^s voleurs, afin de vous rap- porter le tout en ûiittc idoa la
SePTIESME LIVRl
charge que m^n auicz donnée. On U Or par certains argomens & charFe raifons vray femblables i'apprin^ dwvol que parle cdmmun conientemét f.iitche'x de tout le popuîas a on accufoit ie Milon- ne içay quel L Apulée d'auoir co- mislc larcin} lequel ayanrpea de ioursauparauantcorre faid: quel- ques lettres de recommandation, s'eftoit àfaux tiltres faicb cognoi- ftreà Milon en qualité d'homme de bien & d'honneur pour auoir nil\ logis chezluy & pa^ten fcsbon-
rjjl nés grâces. Puis ayant fejournc
■40 quelques ion rs en fa maifonjs'afîu-
r bla des fâulfes amours de la chani'
rj' briereduditMilon,erpiaîesmo\és
}f ' de crochetrer les portes j notam-
r/ ment du corps du logis' ou tout
^; fon vaillant cfioit enfermé. ^
ai « , Dauaniaçreenallec^noitvnnonl **
/' petit indice contre le Icelerat:
f j Q^cn la nui(flmefme,à l'heure
;; ^* du deli
^ n'auoit point efté veu depuis.
Que pour faciliter la fuite , & fe
fouftraireplus aifémét à ceux qui
aauron,
DE L'ASNE DOF-i 2zS
courroient après, il auoit emme- né Ton chcual de poil blanc pour gaigner pays. Que l'on aiioit bien iroaué Ton vallet en la maifon, du- quel on efpecoit apprendre les cri- mes & dcfTeings de fon maiftte: que pour ceft efFe(5t le Magiftrat râuûicmiseneflroideprifon , de géhenne le lendemain pour en tirer confeffionj puis d'abondant remis à la queftion extraordinai- re, & boucrellépiefquejufqu'àla mort: mais auoit toujours main- tenu toutes ces chofes ellre fauU fcs : que néanmoins l'on auoic en- cnuoyégens ^ au pays dudît Lu- ce,pour s'enquérit de luy & le fai- re punir en juftice. ;' Pendant que ceftuycy fai- Sei d§^ foie Ton rapport , ieparaogonnois 7^^;;^^ 1 mon ancienne condition auec l'af- : fediôn & mal-heureufe forme e d'Afne en laquelle i'eftois alors; Se ï tirbisdu profond de mes moelle* is. detrefpiteuxgemiireraens. D'ail- ft leurs ie me ramenoisen memoi- |i!i re, quenonfâns caule les anciens
SeTTIESME tlVRÏ
& docflesperfounages ont Feint Se pranoncc , Fortune eftre du rout aueugle & raRsyeux,Iaquclle,fai6t loufioats du bien aux mcfchan^ qui ne le mcricent point , ôc ne choifitiamaisauciin homme auec iugement ; ainssaccofteplnfloil de ceux qu'elle deuroit fuir de pri- me veuc: voire mefmc qui pis eft, nous fait emporter toute autre ré- putation que nous méritons : C\ bien qu*un mefchant fe glorifie ^d'eftrchoramedebieni au con- traire le plus innocent , le plus iu- . Hequifoitau monde, elîccndam-' né par la bouch-e des pla: coulpa- bks&pKis iniques. En fomme, . iDoy qu'yne très cruelle brauade de fa maifon auoit rangé pai mi !es pi' chetifues belles qui foiét entre celles à quatre pieds,& dôi laduÇ* ture femblc deuoir eftte plainte Ôc regettée mefme en la perfonne duplusiniq'ic homme qui ioit au monde; l'on mç cbaigeoicjielas d'aaoir volé mon hofte qnej av- moisYniquctnem. Lequel cdm^lco
chacui
1
Dî lAsNE DOR. 11^
chafcun nommeroit non feule- ment brigandage, maisauflî auec pliisderaifon, e parricide. Encore nauois je moyen de défendre ma *caufè , ny mcfme de dire feulemec vn Nenny. Finalement de peur qu*cn me taifant on ne pefaft qu'v- ne mauuaife confcicnce me con- traignift d'aduoucr vn Ci malheu- reux ade ; n'ayant point d autre t plus grand creuccocur que ceftuy- I cy,ie m'efïbrcay de dirc,/No» iéne .fj'dy pa^fatÛ. La première parole me faillie bien vnc 6c plufieurs fois hors de la bouche , mais ic ne peuz (iamais prononcer le furplusiains îidemeuray tout-court dés la pre- lî micre fyllabe , ne pouuant autre Ei'chofe que braire à plufieurs fois : Non, non , encore qu'arrondilTant c.Times lèvres pendantes ie les tordiC ,\ ^e & rcnuerfalTe d'vne piteufe fa- ut^ :on. Mais àquoy faire me plains- i- efi longuement de la cruauté de iii'Fortune ? bien qu'elle n ait point l'.i îu de honte de me faire deuenir :i)ij:ompagnon de feruice & de cou-
V
SePTÏ.ESM E tlVRl
che auec mon valet & mon cheual. Comme ie flottois au. milieu dVn autre plus important foucy: c'eftquc iemefouuenoijcftrepar fbrdonnance 6cs voleurs deftiné pour offrande expiatoire du très- pas de la Damoifelle: Ci que jcctant pluficurs fois les yeux dciïùsmon \encre5il me fembloit eftredefià preft^ d'accoucher de ceftepau- nenou-'Ure malheureufe. Mais celuyqui léMtfi vénoit de faire ce faux rapport de confeil* moy, lira mil efcus qu'il auoit ca- chez es replis de fon hat>illement, lefqucls ayant volez à plufieurs paflànSjil auoit à fon dire cfpar- gnczpour les metttc ^ en comun: puisvçint à s'enquetir afFe(flueu- lèment de la fanté de fs compa- gnons. Et cognoidantquaucuns, voire tous les plus vaillans eftoienr morts par diuerfcsaduccures, mais fans pouuoir eflre blafmez de poK* tronie, il leur confeiila de laiiïer les chemins en paix pour quelque lêps , faire ^trefuej de toutes cour»
I
D E l'As ne d o r, 23a fes Refaits de gaerre,reccrcher plu- ftod d'autres copagnons d'armes, & par vn furcroifl de jeunes hom- mes tous neufs en la place des trel^ pafTez , remplir le nombre de no- ftre Martiale compagiiie.Car il y a moyen ( difoit-il) d'y pourfferi par menaces & contrainte les plus re- bours, & d'y faire entrer les vo- lontaires moyennant bonne ôc \ fuffifante ioldc; Se pluficurs auP quels la puifTance tyrannique tient le pied fur la gorge , renonçans à leur façon de viure abjcûe ôc fer- uile, aimeront mieux s'enrooller en noftre troupe. l'aymcymefrae jà des long temps traité k pour ma parc aaecvn certain bon compa- gnon , haut de taille, grand Ôc gros àl'auduenantjjeuned'aagejvaillant de ia main, lequel i*ay fuadé, & fi- nalement perfuadc d'employer ^ meilleurs vfages ks mains en- gourdies à, faute d'exercice , faire valoir Theur de fa bonne difpofi- tion tandis qu*il en auoit moyen?
Ine point eflendre fa valeureufc Vij
r^
Lts'vù' leurs rë ■ fltfenf lâur troupe de mu- nedux comp4-
Eiifent
S I r T I £ s M E L 1 V P E
main pour mendier vncaumofne, aiiis l'exercer pluftoft à recueillir Scpuifcr del'or fuiuant noftre di- fcipline brigandefque.
Chascvn appro;.iua ce con- fcilj &: fut rciblu,Qne l'homme quifcmbloit auoirdeliàfaitprcu- uederapeironne,reroitâdmis en leur compagnie, & qu'on cnccr- chcroic d'autres pour Tuppléer le nombre ordinaire.
Ainfi part ce galant , & n'arreftc gueres qu'il ne r'amene tn jeune homme grand \ merueilles com- me il auoic promis,^ ne Içay s'il auoic Ton pareil: car outre ce qu'il cftoit malîîf & robufte de corps, il furmontoii les autres de toute la teftc, & le poil follet ne luy fai- foit encore qu'ombrager les joues & le menton :mais habillé feule- ment àdemy de vieux haillons ra- petaiïez 5: mal airortilîans , pai deifous Icrqueis luy paroifsoiéc la poitrine &: le ventre couuerts d'v« lie orde cralTe encrouftree.
Entre qu'il fut auec ceft habic/
1
DE l'AsN E D*0R. ip
Bien vous foit ( ce dii-il) clients d\i tjn c4f» tres-vaillant Dieu /Mars, & defià taine mes ires loyaux compagnons d'at- qui joue mes , rcceuez yolontaires vn volo- i^wifon taire, homme de grand & magna- jp^'A»- nime courage, qui reçoit pliisvo «^^^ lontiers les coups en fon corps que l'or en la main,& qui plus il fe void menacé de mort, plus ilferenfor-
.ce de valeur.
Of ne me prenez point pour vn marault, ny de balTe condition , & ^^^ ^^^ wn'eftimez point mes vertus félon "^^\ la valleur de ces panneaux: Car ie '>* foulois commander vne trouppe ^"•' de bons hommes :i'ay misàrac& fing toute la Macédoine. îe fuis ce n fameux bandolier c Hctme de
I Thrace,qui par fon nom fait trem- bler toutes lesprouinces du mon- de, fils depTheron jadis fortinfi- gne brigand ,nourry de fang hu-
' main j compagnon de mefme fa- dlion que luy, héritier 5^ jaloux de la vertu paternelle ; mais i'ay en peu de temps perdu toute là ban- nie de mes braues compagnons, ôc
V^ il}:
Tdtïon d'aine icjfalle & con- fiante femme» qui
SfiPTrïSME LIVRE
tous les biens que ie poOedois , pour auoir afTailly vn officier du Prince comme il pâiïoit pardeuant moy, lequel auoit autrefois com- mandé vne compagnie de q deux cents hommes, puis fut débourre f par quelque difgrace&ircucrî de Fortune.
Maisievous en vay faire le cote. Il y auoit en la Cour de / Ccfàr vn perfonnage de crédit & d'autorité, de qui l'Empereur mefme fai^oic beaucoup d'eftat:or ayant cHé rpar lescalonies de quelques VAS accu- fé, vne maudite enuie le mit en dif- grace & luy fît donner Ton congé. Mais (a femme Plotine, Dame des plus honneftes& plus chadcs qui fufleni alors en la ville, laqueU. le auoil dcfià grofîi la famille de/ fon maryd'vne dixiefmc couche,j mefprifant &jcttant en arrière le délices de la luxure des villes, voulant courir mefme riTqueauc so mary,ellrec5pagnedesoinfo tune, les cheueux raiz, traueftie Sc defguifce en facqmafculine,cein«^
î
DE t ASNE D OR, lyi
te de fes plus précieux joyaux & de grande quantité d'or monoyc au- tour Ces rcins^marchani fans crain- te au trauers des armées, &:parmy des cfpees toutes nues, ayant fa V part de tous les peiijs qui mena- , çoient fon mary , ôcfouftenani vn foing continuel pour le falur d*i' * celuy,fupportoit toutes cesaffli-. ftions aucc vn courage vrayment mafculin. Apres auoir ,deuoré beaucoup de trauerfes&difficul- tcz de chemins, & plufieurs eiFrois de marine, il fereiiroit àArZaGyn- the^quelefortfatallay auoitj'de- ftinc pour y fejonrner quelque temps. Mais C\ tod qu'il fut arriué versleriuage ^d'Adium.oùnous rodions a^ors eftans chafTez de la Macédoine , il logeoir de nuiâ: en vn cabaret proche du riuage & de fa galiote vn peu à Tefcart des flots n>arins.Nous raf[àil!ons,& pillons tout, puis faifons la retraite, mais non fans auoir couru grand* fortu- ne. Gar au premier bruit que fit la porte , (a femme courut brul- * V iiij
f '^ b ÏVTIISWE LIVRK
'[ quemeni en la chambre ,& rem-
plit toute la maifon de C'.imeurs importunes: elle appelle Icsgens- darmes qui les auoienten gardc^ clic fait Icuer Tes (eruiteurs , ôc rc«- clame l'a/Iîflance de tout le voi- finage, & n'en fiifîîons iamais ef- chappez fains &: fàuucs, n*euft efté que chacun faifi defpouuance, fe. cacha qui ç^ qui là.
Tout incontinent cefle tres-ver« tueufe femme & d'vnique loyauté OLie- (car il ne faut peint defgiiirer les tenat le matières ) trouuaat grâce douane \ rappel TEmpcrcur par honnelles &Ifgi- , Idefin times moyens, picfenie requefle \tn(irj. à faMâjefié, obtient le ra|-pel de \ fonmary ,commi(Tîon pourinfor- ■
\FAnex^ mer de Texcez, & m a de ment po'.ir 'termï-' luy faire juftice. En fommeCarfàr ' \ncr U commanda que toute la compa- ? comfd- gniçdeHxmelebandohcrfufl ex- Ignie de terminée : ce qui fut en moins de j^^OfK^ rien exccutécj4 tant peut mefme le i' clein d'ceil dVn graiid Prince / Ain-
fî toutes les enfeignes dé nos com- pagnies foldatcfqucj , ayans Q^.i.
DI LÀ SUE B Oïl, 2jJ
dViiefoigneufe de brufque recher- che taillées en pièces, i'eu beau- coup de peine a me defrober;&: •voicy comme i'échappay tout feul ^
. la gueule de l'enfer. /^ le prens vue /'^^■^J^ braue robe de femme bien pHlfée ■ ^^ ^parfcméc de ncruds,ie me coiffe ''^^^^^ é'vii efcoiffion 5chauiré de ces pe- .lits efcarpins blacs que les femmes font couftumieres deporterjpuis trauefty de cefte façon, de de4uiré d'autre fexe que le mien,ie monte far va Afne auec quelques jauelles d'orgej& traueiTe les trouppes des ennemis qui me pourfuiuoient ^ mort. Car eftimans que ce fuft vne femme qai touchafV vn afnejils me donnoient libre pafTage , joint que n'ayant alors aucun poil de barbe, mes joues eftoient encore toutes blanches. Si ne me fuis-je point neantmoins détraqué de cefte an- ^^J" cicncgIoirede-moperc,ny de lor- ^""^^"^^ dinaire de ma vertu: Car bien que^'*'^^'* ie tremblé à demy me voyant de tous codez enucloppé d armes ôc degcns de guerre : c affable néant*
V V
* SePTIES ME LIVRE
i moinsdelafallaced'vn habit ctra-
^ gcr, j'artiillois tout feul & villes ôc
chafleaux . & les faifois contribuer àmondeiFray. LàdelTusouurant fes lambeaux il cfpanche au milieu deux mille efcus^éc ,Voilà (ce dit il) le gage & pi cfent ; voire pluftoft le douaire que ic donc à voftre com- pagnie, & m'offce de vo' eftre trcs- fidclîc Capiraine , pourueu que ne ni«rcfuficz point j vous adcurani qu'en peu de tép.s je coucitiray ce- fle volîre mailon de pierre den or, SvR le champ Se fans delay tous cesbandol.icrsreneurenrvnimcnt pour leur chef, & luy baillèrent vn mciilear habillement pour Icveftir j/^me au lieu de ce riche haillon. Ain fi rc- inMlê ^c>'"^^ i' ^^i' -rcco' après Tauire, puis Tcant en vne j -y^ chaireau haut bout, ils l'indailent C^/?^;^. à force de roag;er& boire d'autant. \ff^fite^ En iuite tombant de propos en au- tre, il préd cognoifTance de la fuite de 1 lafan^ejde ma voiture, &: de cefle monllrueufe mort qui nous elloit à Tvn 6c laucre deflinee»
9Ï. l'A s NE d'or. 2h II
Puis s*eftant enquis &tranfportc ijfi
où elle eftoit , fi roft qu'il l'eut ap* |i;
perceue ainfi / chargée de liens 5c de chaifnes, il reparc auecvn^nez ^
concorj&derdaigneux;&, Certes Sduui 'ienefaispointfi/? brutif ncfi te- de mort meraire(cedit-il) que de vouloir o^l'ap- cmperchcr l'exécution de voftre ne& arre il: mais ie pecherois cotre î ma /*/w^«« confcience fi ie diffimuloiscequi te. me fembîc bon.Toutesfois croyez v.
au preallable que ce que i'cn fay P
ne teud qu'à voftre bien 6c profit, attendu notamment que h cefte mienne fentence vous dcrplaift , il vous eft loifible retourner dere- chef à la voftre, par laquelle vous auez ordonné que cefte Damoifcl- )e meure coufu'c dans le ventre de lafiie, carie fay mon compte que les mieux aduifez entre les voleurs, ne doiuent rien préfère à leur proffic , non pastnermc la vengea- \ cc,quibienfouuentapportedom- wage à ceux qui la recerchent. Gr doncques fi vous faides mourir la pucelle dedans le ventre de raf-
V ij
JïC , VOUS ne ferez autre chofe que exercer voftrc indignation fans au- cun aduantage.Mais ie fuis d'aduis qu'on Temmene en quelque ville, i êc qu'elle foie vendue au plus of- frant: car vous ne tirerez pas peu d'argent de ce beau i^ jeune ten- dcon. le cognoismefme dés lon- gue-main au eus macquercaux, en- tre lefqucls quclqu*vn pourrayco- tne i'e(iime,ackepicr ceftc fille vnc bonne foaimede deniers, qui fui- uant le mérite & qualité du lieu dont elle ertyffuc J'ira proftitucr en quelque bordel, & ne f enfuyra plus à laduenir comme elle a fair. Ainfi du rale& def-honnefte gain qu'elle fera par fa puiafîerie, vous ferez mefme aucunement vangez, C eft l'aduis quéie vous donne, & îl que ie trouue plus profitable. > Toutesfois vous auez puilTancc fur nos confeils & fur nous mef- mes. Voilà comme plaidoitnoftre' caufe ceft Aduocatdu fifc dcsvo- ieurs,biaoe fauucur & de la vierge Se de i'alhe.
T> t r'A s N E ô' O R. 15}- If
Mais comme les autresappor^ toienc beaucoup de longueur à fe fcloudre furccftafîaire,ie fcntois lîiesentrailles, voire mon pauurc i|'
(5:: mifcrable efprit merueilleufe- H
ment trauaillé par ce retarde- l*mfi^ï[ ment.Voicyneantmoins qu'en 5n tcnco- i ils confenient librement à Tôpi- grmH nion de leur nouueau Capitaine; fen le & quand & quand dédient la Da- f o/crw moifelle : Laquelle n'eut {^toftap- perccuce jeune home ^n'ouy par- ler de putain Si de macquereau, qu'elle commença treflaillix d'vnc extrême / joye , ôc fe dilater les poulmons à forée de rire. Telle- ment qu'à bon droidtieme ptins à m blafmer tout le fexe, voyant qu'vnc fille qui faifbit fèmblani de regretter l'amour d*vn jeune fîen amoureux , & laccompliffement du chade mariage fur le poindb duquel elle fe difoit eflre,prenoit tout à coup plaifir en vn vilain Se fordide nom de bordeau :& lors toute la fcdte &Ies moeurs des fem» nies dépendoient da iugen^ent
SepTIESME LÎVRI
d'vn afne.
Mais ce jeune homme repre- nant la paroleiPourquoydenques^ (ce dit-il) n'allons nous de ce pas faire nos dénotions à Mars « no- ftrc compagnon , pour mettre en fuite ceftefilie à l'enchère, & faire leuee des gens qui nous font be* foin ? Toutesfois à ce que ie voy, nous n'auons aucune olîaille pour facrifîer^ny mefme du vin à (uffi- fance pour boire. Baillez-moy doDcques dix compagnons, auec . lefquels ie m'en iray forcer le plus ourmt proche Ghafteau pour auoir 6çs ^ ^^ iP^^ viures , & autres prouifion s necef- | ^ '^^?' faires. Il part, les autres font vn ^^^ gros feu, & dtefTeni au Dieu Mars vn autel à force de glazons & moi. tes de terre.
pEvde temps après ils reniei neoc apportans plufieurs outres devin, & touchans deuant eux quantité de belles à laine & à cor-' -ne. Entt'autres, ils en trient va bouc , grand , vieil , à long poil & bien bâibu i&Ie facrifient à Mars
DE L*ASKE D*OK. Z$(>: / lO
leur (uiuant ôc compagnon : puis ;;;|j?j
habillent confequamment vn ri- -^
xhc ^ fumptueux difncr. Alors
^ ccft 0 hofte ; Vous dcucz fçauoir que le fuisvoftre chef non feule- ment de voyages , coiirfes & rapi- nes; mais qu'au (Ti ie fuis fou prat-- tic en matière de cuifine. Et s'y* prenant de fort bonne grâce il eux
! en moins de rien habillé le foiip- per,/7 II balaye, il met !c pot, il coêche au feu, il apprcfte quantité de pièces de four: tout fon cas en^ ^ ^^^ fomme cft lefte 6c propre: miisr'^ principalement le vm trotte en abondance : f on y boit à grands «^'''^'''* traits&fbuucnt. Cependanrfous ombre de luy fournir ce dont elle tuoit befoing, il faifoic plu fleurs voyages vers la DamoifcIlc,& dVn vifàge riant luy prefentoit quel- ques pièces de/eruicc qu'il fous- trayoiten cachette, 5c des breuua- gcs que luy-mcfmc gouftoii le premier»
Or les receuoit-elle voîonriers §c les ttouttoic de bon goufl j ôc
Se?TIESME LIVICE
par fois comme il luy prenoit en- uie de la baifer , elle luy complai- ioic à Ton gré : ce que ie ne voyois point de bon œil. Hà fille vierge ( ce difoi^je ^ part moy) as-tu mis cnoubly les nopccs&lcsamèurs de ton premier feruiteui?* preferes- lu cefl: cftranger, ce cruel outra- geux & mutin, à ce récent mary quêtes parcns t'auoientn'agueres deftiné ? N'as-tu point quelqucrc- mors de confcience? auras-tu b^n Je courage de renoncer à toute af- fedion, & prodiguer ton honneur ^ guyfe d'vne fille de joyeparray ces lanccSjCes erpieux& ces cfpees? Queferacefi nos voleurs s'en ap» perçoiuent tant foie peu ? ne re* courras-tu point derechef au pau- urc afne , Se derechef me cauferai ma ruine ? Certes tu fais du cuir d'âutruy large courroye.
Comme ie me debattois ainû
dans moy-mefme auec beaucoup d'indignation , calomniant à tort cefte honnefte Damoifelle , voicy
d'indignation , calomniant à tore ] j'apprcns par quelques douteuics
DE 1 AsN E D*OR. 237
paroles efchappces à ces deux, mais quVn Afne de jugement pou*. l 'i^'
uoit ai I cm en t comprendre, Que { ■*
ce n'eftoit point ce fameux bri- i '
gandH.Tme,ains pluftoft Lepole- I ■■
me f fpoux deladidepucelle» Car d'onnans de parole fur vne autre, il vciut h luy dire d'vne voix vn peu plus hante , fans fe foucier de ma lllefntî prefence ; Courage ma tres-douce I rCharitCjie m*envay rendre tous ces ennemis voftrcs prifonniers entre vos mains. Ainfî faifaniab- ftinenceil recommêce à faire boi- re ^ts compagnons plus fort qu*au- parauant,&le leurfaifant auaîler vn peu chaudelet , ne ceiïè de les follicirerqu^i! ne les ait trempez de vin iufques à regorger. Et certes il m'engendra quelque fonpçon, qu*il euft medé dedans les brocs comme ie ne fçay quelle /poifon endormante. En fin les voilà tous cftfcuelis de vin du premier au lernier, & couchezà terre comme Tiorts. ""^ Ad 0 N c les ayant fans aucune
s E P T î E s M E LIVRE
peine cftroidlement cnchçucdicz les gA' de cordes & de chaînes j&garro- rottc% tez \ Ton plaifir, il me charge la Damoifellefur le dos, 6^ prend la ^rnmt- route dcfapacrie. Si toft que nous a [(i y fufmes arriuez , toute la ville charité s'efpanche au deuanc pourvoir le /pedacle qaepluson defiroit. Les parcns,lcjalliez. les cliens, les do- mcftiques , les feruiteurs accou- rent tranfportez de joye.Vous euf- fiezveuvne longue fuittede tou«: fcxes & tous aagesj auec vnc nou- uelle& vraiment mémorable ren- contre, Vne vierge trivm-
PHANT SVR VnAsNE. EC
moy-mcrme tout eftaudy t pour ne contredire comme eftranget 2U prêtent affaire, allongeant les oreilles & ronflant à^s narines ie mcptinsk braire de routemapuil^ Tance 5 & fis retentir mavoixauilî fort qu'vn tonnerre. Ainfi Lepo* Icmc la rendit chez Tes parens : & cependant qu'ils rcntrctenoient, il me remmena joint auec vnegra. ' ^e multitude d'hommes & de che»
■f
DE l'AsNE d'or. 25S
uaux; & ne me fit point «le def- Ijj plaifir en cela, car i'eftois naguère curieux, & pour lors dcfirois voir Ja capiiuifc de ces brigands-, lef- qiiels nous trouuafmes encore y plus liez de vin que de cordages. Or quand toutes leurs beibn» : gnes furent enleuees (5c mifes dé- lia nt,(? gent & autres hardcs,ils en pre- Lesm^^ cipicercnt vne partie es ^ïo- trajfe .chains riuages ainfi liez qu'ils ç* tom^ ftoient ,& laiderent les autres cf- gorgez de leurs propres coufteaux; Apres ce beau chcf-d'œuure nous ,reuenons en ville tous joyeux & eonrcns : eux mirent en garde pu- BHque les ricHelfes que nous a^ nions apportées, & donnèrent la fiMe à Lcpolemc, laquelle il rede- manda fuiuant rordoiinance. Dés lors Madame s'enqaeroit fouucnt desnouuclles de moy qu'elleap- pelloit fon Sauaeur ; hc le iour de^ nopces commanda que Ion me i, rcmplift d'orge ma mangeoire , & i|qu on me baillaft en nion ratelicï
SlPTIlSMÉ tlVH 1
autant de foin qu'il en faloic pour vn chameau x Baârin. Vafne Mais de quelles maledi^ions ^9u. pourrois-je maudire ccfte Photiî, droite- pour auoir faiA ce moy non pas Jirech$c^^ chien 5 mais vn Afne? attendu queievoyois tous les chienifàcu- lez & gorgf z des reliefs du fouper, & de ce qu'ils rauifToicnt. Le len- demain après les luttes de la pre- mière nuidl, & que noftre nou* uelle époufe eu ft fait apprcntilTagc en la befongne de Venus, clleren- dat grâces à (es parens & à Ton ma- ry,ne manqua point de fe fouuenir de moy , tant qu'ils luy promi- rent me faire ^ faducnir beaucoup d'honneur & fort bon traîcle.mcr. Puis aiïemblans leurs pluscrraues ô confeil par quel moyen ic pour- Pourre rois eflrc dignement recompenTé. ctpfnfe L'vn trouuoic bon ,que l'on me de fin lailTaft enfermé dan« l'eftable fans ''rr; mon faoul d'orge trié, du fauas,&: de la veiTe. Mais vu autre avant cf.
Il
I
D E L'As NE d'or. aj^
gard à ma liberté, emporta, que plulloft on me laiflaift courir par- miles haras des juments champe- ■ ftreSjà ce que parvne genereufe
! faillie ic peufïe donner aux mai-
( ftres d'icelles plufieurs y mules à
; nourrir.
i Ainsi doncques on fait prom- ptcmenc venir le gouuerneurdes
! haras , & m*ayans fort recomman- de à luy, Ton m'emmène pour fer- uir d'eftalon .Certes i'y courois de- ^ uant auec beaucoup de contente- ^^ *^ I ment & de joye,faifant bien monp^j^f^j^' compte de renoncer déformais à '*^^àc' j toutes charges & fardeaux, & que i^'^""'* I ayant recouuré ma liberté ie trou- ^^^ juerois quelques rofesfur la prime- ^, vere emmy lesprcz herbus. D'ail- leurs iedifois fouuentàpartmoy, que lî l'on me remercioit (î digne- menCjfl l'on me faifoit tant d'hon- neur en ccfte forme d'Afne,quand i'aurois repris face humaine on me feroii beaucoup plus de bien & d'honneur. Mais comme ce gardien m'eut
r
Septie^me livre emmené loing de la ville , ie n*v trouuay ny plaifir ny^ liberté. Car fa Femme , auare & crcs-manuairc,
(I me mie fous le joug & me fie tour-
I ner la meule du moulin; 5c me
Ldfim- ftappant à tous coups d'vn. gros rtjf de ballon, gaignoic le pain d'e'lc & ifonfo'i' des fiens aux defpens de ma peau. !, uerneur Et non contente encore dénie ha* CtÙ9n€ raiîer en luy gagnant fa vie , cadoic U^^m aiifïï le froment de (es voifîns, dot ie fd elle fe taifoit fott bien payer 6c la matfon moufture & la voiture. Et moy / i?fwj Vr uaillafTe tant qu'il m'eitoit poffi- CtfcAu ble, il rfneme bail loit elle pas feu- lement laprouuende qui m'eftoic aflignecpour mon ordinaire. Q\z elle me faifoit moudre mon orge à pluficurs tours & retours 5 puis le vcLndoit aux laboureurs circonuoi* fins: & fur levefpre, après auoic eftc tout le iour ktteniif à rouler ccfte pénible machine, eilem'ap- pofoit du fon de bled fale, non cd^ blé &: plein de grauois. .El
Comme ie fuccumbois défia
i
if
DE L*ASNE d'or. 24O
fous telles calamitcz, voicy que Fortune la cruelle me vient afTail- lir auec nouucaux tourmens, afin que fuiuanc le dire commun ie
f me peulfe glorifier de mes hauts
faits d'armes tant aux champs qu'à SomAu la ville. Car ce ^braue Commis Srde foigneux exécuteur des comman- fourre démens de fon maiftrc, m'enuoya dans Us
I pairttcvn iour parmyles haras & harof^ bcftes cheuallincs. Or me voyant en fin A{iie libre , fauUant de joye, Ôc gambadant dVn pas mollet, ie
. me choififTois defià d^$ jumes pro-
7 prespourme fcruir de rconcubi- nes. Maiscefte joyeufè cfpcrance faillie aufîi de m'apporter vue ca- pitale ruyiie. Car les eftalons re- faits &: pleins d'embonpoint pour n'auoir iailly de long temps, de- uenus rebours & reuefchcs , ôc beaucoup plus robuftcs qu'vn Af- ne, ayans peur de môy, fe don- nas gariedVn adultère baftard Ôc Jforlignant,polluans le droit d'al- ^ liance ^ d'hofpitalité, commen- cent à deuenic furieufemeac ia-
' S E P T I E s M E L I V R E
loux de leur corriual5& me vou- SescB^ loir mal de mort. L'vn fe cabrant
pa^nos allonge vne grande cfchinç lant ietrai' qu'il peut, menu de tefte ôc iiauît
tamaL d'encollure, & me cobat des pieJs de deuac.L'autre me tournant vne gialfe & ferme crouppé cfcrime auec ceux de derrière contre moy. Vil autre menaçant d'vn malini^ henniflementjvience' l'oreille drel- fee, &:derployant les armes qu'il auoit en la bouche, me defchire ^ belles dents de tous coftez,^ Ainfi me fonuenois-je d'auoir leudans riuftoire touchant ce /Roy Thra- cien , qui faifoit deuôrer (es mi'Cr râbles hoftes ï Tes cruels 6c fanua- ges cheuaux : tant eftoit chiche d'or ce tief-puidant Tyran , que d'accoifer la faim de Tes gourman- des montures aux defpens de plu-, fieurs corps humains. Et mov def- . chiré tout de mefmc par les aiTauts ^^' & diuerfes heurtadesde cts beftes
^'^'^^^Z'!. cheuaHines , regrettois mes pre-
tonjtto jj^içjj ronds & circuits moulincf- -
^^^^- qucs.
Mais
I
T"
DE l' A SN E d'or. 241
Mais Fortune infariable en nies^rauaux tnc fufcita derechef . vne autre peftc. On me délegae pour aller quérir du bois en la mo- tagne : & pour me toucher on me donne le plus mcfchant garçon qui fijft au demeurant du monde. Or la pénible crouppe de cefte I 'haulce montagne ne meharafToit
pas feulement ; & luy ne fe con- ^^^^h \ ■ teiuoit pas de me faire froifferles ^^^^ ^^ 1 -ongles fur les cailloux pointus que '^'^^^f ) ie rencontrois; ainsmerabotoitfi ^^"'^* \ fonuentl'efchinc à grands coups ^('?{* ■ de ba{lon,que la douleur m'en pe*» j fietroit iufques aux moelles ; & bien que fans cefTe il redoublait fes coups defTus macuiffe droite, frappant toujours en vn mefme endroit, & que m ayant eniafmc le cuir il euft fait le trou d'vn treCi large vlcere, voire pluftoftj-vnc fùlîeou bien vne feneftre 5 fi ne celToit-il neantmoins de batre& rebatre fur la mefme playe toute confite en fangEn ©utre il me do- tj Tuf , noit vne fi lourde charge de bois , churçt^^
SErTlESXfk LIVRE
jque vous eulliez ellimc le fardeau préparé pour vn Eléphant , non pourvnAfne. Ecfi d'auanture la charge panchoit d'vn cofté plus que d'autre, au lieu qu'il deuoic pluftoft me defchargcr de quel- ques bûches, & me guérir en Tou- lageant quelque peu ce qui me fouloic ; ou pour le moins le tranf- portant vers l'autre codé rendre le poids egal;au contraire adjouf- tantdes pierres en contrebalance il radouboit ainG rincfsalité du fâix.Encore parmi toutes ces miê- nes aduerfitez ne fe contentoit- il pas de me faire porter des char- ges cxccfliuenaent outrageufes; ains (î nous rencontrions en che- min quelque riuicre qu'il nous fa- iuft outre palTcrjpour ne C^ mouil- ler les pieds il fe iettoic aufîi fur mon dos,- /; qui medoit peuc- cftrevn léger accroift ge à n pefànc far J eau. Mais s'il llùlojâ aduenoic que rencontrant qurU /o«7 le que bourbier limonneux 3c gliC" f4fx, font fur le bord d'vne eau ic veinf-
j
D E l'AsKE D*0R.' 241
fe à me lailFer cheoir & défaillir d'impaiiencefoubs le faix , ce gen- til Alnier qui me deuoit tendre la main , me tirer parle cheueftre eu haut , me releuer par la queue, fouftrairepour le moins quelque poltron de (i lourd fardeau iufqu'à tant que ie peulTe eftre dcbouti' ne me donnoic aucun foulageméc en cefte mienne lafÏÏtude , ains commençant depuisla tefte&lcs oreilles, il me peloic entièrement à force de baftonnades , & ne cet foit qu'an lieu de fomentation, la douleur de mes playesm'euflco- train t de faire tous efforts pour me leuer.
Voici d'abondant vne autre /.'^/J/V^ œefchanceté que ce maraults'ad- //^i/^^^ uifa de me faire. Il cueillit des ^^ ^^^ ' plus poignantes efpincs qui fe ^-a-^^ puifTent trouuer,&dontIapoin- /5^^c/4 lure eftoic veriimcufe; les entre- ^^^^ ' lalfa l'vne dedans l'autre^ en fit vu -^* faifceau bien hé , & me le pendit a guifed'vn bâtant de cloche entre lesfelTtsSila queue pour me tour-
SiPTIESME trVRE
menterjà ce qu'au prixqueie mar- cherois elles efmcucs & brandil- lans m'entamafTenc ôc le cuir ôc la'chair auec leurs funeftes aiguil- lons, l'eflois doncques trauaillé fois mettre à courir pour euicer les'cruels afTàuts de ces efpines,el- Ics me blefToient auec vn plus ru- de effort , fi pour foulager ma douleur ie m'arreftois tant foie peu j il me faifoit prendre la cour- fe à coupsdebafton. En fomme ce maudit garnement ne fcmbloic cercher autre chofe que les mo- yens de me perdre & ruiner. Il le iuroit , Se par fois m'en mena- çoit , & de fai6t i'erguillonnois fouuent la deteftable malice de ce ttuant à de plus pernicieux efforts. Car vn iour ma patience vain- cue* par l'extrême infolenced'ice- luy , ie leuay les pieds pour luy. • pifir ft ti^^f vne ruade. En fin oyez quel- 'iitnger le vengeance il print de moy. Ilj ^''Dni 'ïie charge de fardeaux d'eftou-j ruâdc^ pes, me iesgaroite fort bien fur
DE l'AsNE d'or. ^45
refchiae, me met en chemitij & Tdet h prenant vn charbon ardent au feu das premier hameau , le fourre au des f- beau milieu de ma charge. Km- Jîoufes ficefte fanefte chaleur s'efchauf- qu'il fant 6c Te. nourriiîànt là dedaTis , />o;Yo/>. s'efprinr incontinent enflamme, j5^ m'alîailloir de routes paîtsfans que ie peuïïe rencontrer aucun moyen d'tTquiuer cefté perni* cieufemalencontre , ny me ga- rantir contre la violence de la mort : cependant telle brnflure eft bien- tort: faide, & ne donne loifîr de chercher ny confeil iiy remède.
Mais en cefte aduerfité For- tune meveintmondrervn^vi/age riant &fauorabIe, ienelcay fi ce utpour me referucr à d'autres ad- uentures : quoy que foit elle me fàuuadela mort qui m'eftoit pre- ^Ain/t ' fenre & toute certaine. Car ^y a.nt fiamèai de cas fortuit apperçeuvne mare ilfiief- bourbeufe que la pluye du iour te dans precedenrauoic remplie, iem*eG ine lance là- dedans d'yn
Xiij
Settiesme livre & la flamme eftant du tout cflein- te , ie me fauue foulage du far- deau & dcliuré de la mort M*is c mefchant £>c téméraire gaiçonnc manqua point auQi de m'impater le mefïdic quelay mefmevenoit de commettiez faifant accroire ^ tous fes compagnons , quepaflànc près dVn feu que les voifins fai- foient en pleine rue, ie m'en efiois à mon escient approché d'vn pas chancellant pour me laiilei chcoic dedans. Puis fe liant de moy -, lufques à quand nourrironsQous doncques pour néant ce bouttc- feu ? ^^^I^" Et peu de iours après il me vcint alîaillir auec de rites aftu- ' ces Oc tromperies. Carayantven-
/* du au premier qu'il rencontra la charge de bois qu'il m'auoit mi- fe fur le dos , il m'emmena tout vuide à la maifon , fe plaignant de ne pouuoir veniiàbout de moy, & refufant déformais ccfte mi- fctable maiftiife , voiwV comme il me fit encourir vn vilain blaf-
T
t) B L*ASNE d'or.. 244
medeluxuf^e foubs vn faux don- ner à entendre : Voyez vous ce pareflTeax , ce tardif, ce pefant & par trop afne ? outre les maux - « .r qu'ilmetau. il me donne encore . // luatntenant tout' plein de noii- -r »
uelles naueries. Car li toit qu 1; , ^ ^^ n r > f •■ Luxure
voie palier qiielquvn , lovt vne
. vieilie femme .foie Vne fi le ma- n^^
\.,t r ' . malles
fiable . loit \'h leune garçon , ce . v
L \ • ■ ^ •^' •
b.l amoureux letre lïicontmem //
ià charge htecr-e, 5^
âaffi fon bal 5 accourt de furie,
leur faute à deux pie
paules, brait après eux '& les por?
te par terre , s'efforce d'ex ercèï
fur leurs pérfonrhes des lux'ares iU
lici'es Zc non cbgrieues ,"dé^ volu^
piez beftiales, & par vne/defna^
turee Venus fe veut accoupler
auiec eux. Quiplûs ed'^^eùrpre-
fen t an c Ti m âgé & là foirm é à^six
baifer conircfaft' , il' les poulfe
auec fa bouche importunée: pe-
lu'ante , & leur donne^plufieùr^
dentées. Ce qiii nous engendrée
ra dix mille heifes & quereller.
X iiij
^EPTJESXfE L1VRH
Ayantmcrme n'agucresapperçeu vnchonnefle ieone femme, il n'a point faiHi de fecoucc le bois qu'il porioit.; & l'ayant fc m é par tb chemin, a pris de farie facourfc droit contre icelle. Puis ce gentil amant ayant renueifé cède fem- me dans la bonc,luy vouloit mon* ter fur le ventre en ptefence de tout le monie.. Que fi d'aueniurQ' lespaiïans.ne feu(Ient accouruJs à l'aide au biui; ôc lacmes deladicte femme, (Scqu'on ne l'eufl arrachée d'entre fes patte* :cefte panure ef- pcuree ik gaftee par roûcrageufe grandeur de la naiured'iceluy,euft foufFert cetrifte & déplorable in- conuçnientj&: nous eufïions cou- ru fortune d'encftrçc?emp!aite- mentchaftiez. >
. Or t.eiruftre ^ faux paillard entremeflant paimy ces menfun- ' ges quelques autres propos qui niapportoient vn extrême -cr-e- uecœur, .attendu c^oie ie ne les pouuois contrôler , enaigrii oa- ircmcnt les courages' cjcs paftrcs
DE l'A S NE d'or. 24^
à ma ruine & perdition. En fini* va
d'entr'eux;Mais pourquoy donc
(ce va-il dire ) ne faifons lious
vne digne ofFiande Ôc conforme
aux monftrueufes nopces de ce
public mary, voire de ce commun
I adultère & defbaucheur de tou-
I tes perfonnesf &:Holàhey gar- On ïtéj
1 çon (ce dit -il) couppe.luy moyi^^w^
la gorge tout à ceft' heure: iet- couder . • te Tes trippes à nos chiens , & U ^or- garde le refte de Ùl chair pour le ^f. foupper de nos ouuriers : car rem- portans à fesmaiftresfa peau fe- che & fâupouidree de cendres, nous leur ferons aifément ^ ac- croire que \qs loups l'auront mangé.
A rinftantmefme ce mienac* çufateur.qui me vouloit tant de mal, & deuoit auflî toutioyçux mettre en exécution h fentence des bergers, faulrant d'aliegrefTe aux mal -heurs qui me talon- ivoient:& d ailleurs / fe fouuenanc île ce coup de pied\, lequel ie fuis reries bien mary n*auair point
?*
SfPTlfSME LIVRE
en efFedl, s'en va foudain aiguf^ fer fbn couteau contre vnc queux. Mais vn quidam de îa compagnie de ces payfans : C'ed dommage // ef' (dic-il) defiire mouiir ^n figen- rfc^/'^'/^tilafnet&que pour Uvoif accufé fnort, deluxvrc& iarciuetéamoureufe , on manque d'vne befongne & fer- cice tant necefTaire : puis que (x Ton luycouppe les gen:to:res, il ne fepourraplusdrcfltr pour fai- re la befongne de Venus, &:nons garantira de tous dangcrs:& d*a:i' leurs il en deuie-ndra beaucoup jplùs gros & corpulent. le fçay non feulement plufieursafnespa- reîîeux , mais auffi ^ts cheuaux^ ttes'fougueux, extrêmement paiU lards & furieufement chauds de leur nature après les pôultres , & «qui pour ceftc caufe deuenoient îcbours & enragez , leiquels efias chaftrezferendoienten fuite fort doux & traittables , propres à porter de bonnes charges, & pa- tients \ toutes autres befongnes. En roaime>(i y(>H$me laifTezfai-
DE l'AsNE D*OR. 1^6 ],[
Te , je puis dans peu de jours 5 ef- foi^^ ïi qiielj j*ay delibeté d'aller à la fto-coune ' j | chaîne foire , apporter de chez^r//^^^^ Ip' moy des ferrcmens prépares ^^efire eeftcfFeâ: , & reuenir tont-court^/;,^;;;./, par-deçà, efFeminer ce reuefche &: tnal-plaifant amoureux 5 en luy ef- carquillanclescuifTes , & le vous rendre plus doux qu'va moft» ton.
Or me voyant par cefle fen- tence retiré du milieu des griffes j
de l'enfer , mais quoy que foit re- (etué pourvue extrême punition*| je vous lailTe à pcnfer fî jauois fub - je de ce que par le bout d'vne partie de mon corps il me falloit mou- rir tout entier. Enfin je cherchois ime tuer ou par vne continuel- Icabftinence de manger , ou me ijeitant de quelque précipice la tefte première en bas *, faifanc . -^ bien eftac que j'en mourrois^^ "J* |l»âis que pour le moins je mour- ^^^^ . lois w tout entier. Et comme je^^ -^'^'/^ *~ " X vj î?f^/'i-
_ Septiesme livre
marchande au choix de plufîeurs
cfpeccs de morr,ce garçon merme,
'Scn dp- 4 mon meurtrier , me remmené
nkr U\q matin fuyuant fa couftume \
rmenc trauers les barricades de la mont4-
$agne^ D e s i a m'auoit il attaché
contre la branche pendante d'vnc
fort haute yeufe ^ comme s'e-
ftant aduancé quelque peu dans
les haljiers, il couppoit auec fa
coignée du bois pour me le faire
emporter : & o voicy faillir de la
-plus proche cauerne vne /? Ourfe
funefte , portant fa tefte haur-
. «(îcuée , & cherchant quelque
proye à deuorer. Si toft que ic
Teus apperçeuë , tout fàifi de
frayeur à voir cède efponuanta-
ble & foudaine face, ie laiiTe choir
tome la maflc de mon corps fur
mes iàrrcts puis allongeant \t
,.^ col de toute ma puifîance , ic
^/ rompt le licol qui me tenoit ac^J
/r taché ,prcns la fuitte^toute brKi
DE l'AsNE D*0 B. 247
pas feulement des pieds, mais au ffi j
detouc le corps pour aaoir pluf- lofl faidl , ie me iecte en la cam- pagne ouuerre , fuyani de cous mes efîbcts & cefte grande vilaine O'Jrfe , Se ce maraurde g.irçon plus mefchanc que l'Ourie m.el^ me.
Alors vn certain paflant me pr^J^Qf^ voyant ainfi feu! ôc vagabond , ^^^ /^ ^ me vint prendre, monta fur mon p^^d^ dos , de me frappant dVn bafton l'^fj^j^^, qu'il tenoit à la main^ôc m'cmme- ^^^ na par vn chemin oblique & à l*cf- carr. Certes ie ne gaîopoispointà contrecœurspour euiter cefte très- horrible boucherie de ma r virili- té. Au demeurant les coups qull me donnoit ne m'efmouuoient que£ortpeu , comme ayant dés longue-main accouftumé de me voir dcfchirer à coups de baftons» Mais cefte fortune me roidiffanc toufioUrs en mes affliâ:ions,m*cn" nia bien toft ^ la mal- heure cefte tant opportiméerctraitte,me drcfr J^ox aouueUes. ^
I
MPTIESME LIVRE
mes pallres cheichans vne vache qu'ils a joienc efgaréc , & courans de rcgion en autre, nous viennent rencontrer d'aueniiire 3 &mere- lle/irc' cognoidHnsdeprim'aborJjm'em- fot^nti, po^g^^'^ï P*^f ^^ cheueftre Se s*cf- ** * forcent de m'cmmener. Mais leur refiftant d Vne grande liardiedêil imploroii l'ayde des hommes & àçs Dieux. Pourquoy me faiflcs- vous violence ?(diroit-i1)pourquoy m'alTaillcz- vous? & les autres : To faifons-noustoitrcft-ce retraiter inciuilement, loyquinousa def- robénoftre Afne } Mais dynous pluftolloûc'eflqueiuascachc le garçon qui le touchoit : car tu le nousasmafTacré. OndC' Et là delîus Payant jette par ter- \(ufe le re , comme ils le martelaient à \'tJ9U» coups depoing & foulloîent aux I uedu pieds i le n'ay point veu de ga'-çon Ifojpf' (ce fait-il auec ferment )ains Payât \feurd*a trouuébienpoly, toutreul& fans fioir ef. garde , je Pay piins en efperance '^^orgé d*auoir quelque falaire de ceux 'autrcr aufquels il appartient, il dcfîeing
D E l'A sne d'o r. I4S neantnioins delcfédrcàlon mai- ftre. Etpleuft a Dieu que rAfne (jamais ne l'ciilFc je veu/ ) pcufl donner quelque yuix humaine & rendre tefmoignagc de mon inno- cence: ccîtes il vous defplakoit de m'auoir cant outrngé.
Encore qu'il allcguaft telles ôc femblables deffenfes, fi n'âuaa- ^oit-iI rie ,• car ces fafchcux paftres luy mettent vne corde au col, & le remmènent à trauers les halliers &bui(ronnâges de ladite monta^- gn'îoùcc gaiçon auoit accoufta- niédecoupper du bois. Cepen- dant on ne la fceu depuis trouuer en aucun endroit du village: aias voyoit-on fon corps efcartelé gi- fant efpats en plufîeurs pièces em- my les champs.Ic fcauois bien que rÔurfe lauDit ainfî defchiré à bel- les dents : & de Eiid j'eulTe dit ce que l'en fçauois fi i'euffe eu moyen 4le parler.
Mais ce que je pomiois feule- ment , combien que je n'eufle moyen de lexpiimer , je me con«
__, *
fblois lur cefte elperanccquc i'au-
roisf^quoy que bien tard) Ucom-
modité de m'en venger.
On le Orayanscn fin irouué lout le
F.tnoffe cadauer dont les membres eftoiéc
aupai allant di(îipez , & ramànchc
|i toutes les pièces auec peine , ils
S renfeueliceniau lieu mcfme : &
blafnpans v mon Bellerôphonqui
n'agueres me toiichoic deuant luy,
& me battoit fi cruellement , ils
Tour le l'emmènent en leurs cabanncs
mettre garroté de cordes ^ iufqu'à ce que
eniufii' le lendemain on le prefenraft i ia
f?» iuftice pour fubir la peine qu'il a-
uoic méritée. I Cependant quelesparens
faifoient le deuil de leur enfan t, & .c^o/r^ leregrcicoiemauec beaucoup de feuenir pleurs & de lamentations -, voicy fe f^rf- venir ce paifanc, qui pour ne man- ^>'tf/^>'^f queràrapromeire, me demande nojhe pourmechâftrcr. Ce ne fera pas ^Jhç, pour aujourd'huy que nous fetoi I vcefte perte t ce dit-il ) mais de-
main ie veux ofternoa feulement '^kaaiuccj mai^auiE lacère 4 c;
DE L*A SNE D*OR. 149
mefchant &C malheureux Afne : ce pendaccunechommcras point de befongne. Ainflfucmadcfïdidle remifc au lendemain. Or ie ren- dois grâces à cej bon garçon , de llraMei ce qu'au moyen de fa mort il auoit fin exe* pour le moins prolongé d'vn iour cuùoati mabourrelerie. Toutesfoisenco- lende-^ re ne peus je auoir ce contente- main^ mentde mercfîouyrcn ceftecon- ^lem iolation ôc repos tant foit peu. fire*
Car la meiederpleuraDC l'aigre mort de Ton fils , toute baignée de ^^ ^^^^ larmeSjCouuertedVn habillement "^ ^^f' noir , fe tirant à deux mains les/^^^ cheueux gris comme cendres, hu- /«>'^f^» lant & tempeflant à guife dVne folle feiette dans mon eftâble, & fe meurtriiîant à coups de poing lesmammelles&: lapoidrine , fe prend àcrier : Comment , cefte mefch \nte befte panchce fur foa râtelier s*amufe à mafcher longe toufiou'S le ventre infatia- bie & profond à force de manger: & n*a nulle pitié de ma mifere, ny ne fe foUuient point de la detefta-
Septiesme livre
bleaducnturedefon panure mai-
flrcdefl-iin^k ; ainsmefprife & fe
mocque a de ma vieillclîe &de
mon infirmitq Se penfe porter im r»
punémentvne fi grande mefchaa.
ceié 2 Encore s'elime il innocent.
Voire , car c'eft chofe bien conue-
nable qu'en matière de mefchan-
tes entreprifes vne mauuaife conf-:
ciencc elpcre demeurer en repoj.
Par la foy que je dobsàtous les
Dieux, ô hefte la plus maudite qui
foit entre les autrc5j quand mefme
il te feroit donne de pouuoir par-
y «. 1er en voix humaine, qui eft l'hom
» ^ me fî mal-hâbile cme tu luv puif-
.. les raire accroi c qu il n y ait
ce de 14 ^ o, 1 j
, énorme (X capital, attendu que ta mort de • j rr j
^ ^j pouuoisacrr^ndre ce pautire e >
jorjtis. f^nt^fjfc^j^çrQjfj^s ^ denfce ': A^ lu bien eu le moyen de l'afTaiU lirfouuentà coups de pieds, ù Sc n'as eu le couraî;e de l'adifter dV- iiempfmealesrcffecn l'article de la mon? Au moins deuois tu rem- porter au ioing fur ton dos, &: l'cuH
DE L'As NE D*0 rI Î50
leiier des cruelles mains de ce maudit biigand : & ne tVnfuir pointen Tomme tout feullaifiant à l'abandon ce tien c compagnon dcferuice , ton maiftre , qui t ac- compagnoit , qui temenoitpai- ftre. Sçais-tu pas bien que mefme ceux qui refufentd 'affilier vn ho- me lors qu'il eft fur le poin6fc de rendre lame , font ordinairement punis pour auoir d contreuenii aux bonnes moeurs 5c loix de naru- re } Miis tu ne te refîouïraspas longuement de mes mâl-heurs, homicide que tu es ! le te feray fentir que ma jaikç ôc pitoyable douleur me redouble les forces jiacarelies.
Là dcfTus elb derploye les j^^itta^^ mains, deftachefacourcoyej me ^1^^ p^y lielespieds rvnkl'autre bien fer- Icspleh ré^afinqueien'eufle aucun moye de me defcnJre.Puis empoignant vnegiode barre de laquelle on Ul^t fouloiiadcuter la porte de l'cfta* mfaucs ble par derrière, elle ne cefîà de me ^feUr. \ marteler jufqa'à tac que i^t% forces y^;..
SePTIISME IIVRF
vaincues, de Tes bras haralTcz par tropfouuentleuer la barre , elle laychcut d'entre les mains. Alors fe plaignant que Tes bras s'eftoienc fîprompteracnt UGfez, elle court au feu*,oû prenant vn tifon ardant, y, . elle me le fourre entre les cailfes ; LdPtC' ^j^gceiïedcm'cn picquotcr iuf- i I %"^^^ . qu a ce que recourant au feul re- ; dvnU' ^^^^ ^^. ^^ reftoit , j'eufTe ea l J ^^' preiranteflanccevne fiente liqui- î '^'^"^* de , 6d barbouillé tout le vifage ÔC : jj j, les yeux de ccfte femme. I lUcm- ^.^^j ^^^ ^^ç^ aueuglement ÔC
j! ^*^^;« puanteur ie me garantis finale- ;; jf^ ment du mal qui me perfecutoir. i' J ^^ Aurefte le pauiire Afne fat auflî I fi'^^^^> bien mort par le moyen de ce ti^ & ^'^' fon,que ^ Melea2;erparceluydc n ^f'^n^* ceRcfurieufeAlthée.
, -^ ~ 'if?
DE L*ASNE D OR. i;I ' j|l
COMMENTAIRE SVR ''
LE «EPTIESME LIVRE. ^!
F
ueillet 127./». z. 4. On accirToit] Ceux de H^fÂte nefouuoient moins jue d'imputer et ^otà JCfulee^o^e'che^M'tÎQn^Crne comparoif- fanfpoinr.car en fneftne femps iUmte^è ttms- formé en syffne,
^ Au pays] ^Mdddureen yyffhrtque. r Fortune aueugle ] Vourquoj ejîce ( cefaicl ^rip*au i2,des Frohlemes)que les richeffes [ont ; Upluâ-part entre les rrixlns des mefchdns flujloji I que des gens de ht en Ç* £/? te parce que Fortune eji I aueugle, ^ nefçMt dif cerner nj mettre ^p Art ce ' qui vAut mieux} Les fhdofophes qualifient Foy-' \ tune enrdgee^aueuglethrute'.knrdgee^fdrce quel" • k efi Atroce Jncertittne,inflahle. ^ueugle^ à CAufâ dHJinijîre choix dr iugement quellefAit du me» rite des homines. Brute , d'autAnt quelle ne fçkit Auctmema difcerner Ia dignité ne l^indigwtédes ferfonnes, Enfomme on U louè\ on \a ùUfme, on . luj ditpouilles^on l'appelle muAble , tromfereffe^ aueugle, fôurde,vAge^ imonflanteJincertAine, O'rf- rixble ^fAfitrice de gens indignes dr de nul m erï' te. On lapeind^on U tAtlle^on Idgraue, on U iettâ en moulefetenatou à' vn pied ou de deux fur vne
Septiesmb livre bêule, entourée cC'vneqHAtit'rtc de perfonncs^ de
CI
^ueUes elle^xtu vnepartie^Cojle les mqyh aux 'vns pêurles dontt à d' autre r.pupt derechef en defs ^poUiHe ceux c) four en reuejîir ceux lu.On l.t mê- ttfur njne houle four moflrer t' tnjlabïlité des Lies ^ucHefuif* Ce/le trouppe dcges quirenuironner^ notpdi tow vn mefme cfi^drd:ks uns sot lojeux drrtent'Ji s autres font tnflesCrplet^rét. Ceux qui s\JjoMtjjent,ont reçeu quelque chofe d'elle: pource l'appellet-ih Bone.O' /♦ triflent^quife bÀttet dr les mains cr Upoi&) W", wnnet de perdre ce quelle Irurauoit dcné.bom - ce rappellent ils Tylauuaife^ çjrLi maudifint. met ine infinité deperjonncs qui par dehors font desCatons.ar pitr dedans des l^ercns des S arda* ftapA ki-Jefquels ont U reputatio d'homes de bie^ Crfont en cjf entres dcte(}xhltsXaryome ditCu ceron) le naturel d'vn ch.tcun efi couttert de plu* (leurs enuelopes de fintulatons: Chacun tend >» 'voile deuit foy pour cdcherfs humeurs'.le front ^ les) eux Je vifage mentent htenfcuuent',mdli en» cote plm fouuetJaparole.Certes beaucoup depcf formes nefe maintiennent en crédit que par la rem tutatioquils ont acquifc parmy (e peuple k queU que prix que cefoif. c Parricide ] Le parricide e fi pltis atroce qnek
à
DE lAsKÊ d'or? 2/1
^o!: onj 9utr4ge cdny du^iugl on efl mgendrè ^ nourf/, ((du^tncé,
/ Non ] j^inti ^ian dit que Uf lus forte mfott, fourfe âeffendye/f/ide pouuoir nier ce quon re- proche & dtre^ le ne taj fasf^t. .Ainfi donqncs ^pal-e 4 TAtfon afjemée defon innocece^de^vou" loir en réfutant le crtme duquel on le charge , fro-
%
fi negati
ne peut proférer finen le premier mot , Non , qu^
n'approche p4^ mal dn hratre de lafne,
g D'accoucher]i'4/*rf quen luyfendat le ven^
tre tout vifyon '^mloit comme anter cefte D4mçi •
Celle U dedans^ & l'en farcir,
h Encommun] ^inf ceux que Vythagor44
reccuoit en la compagnie de [es efcoliers[m(iisfans
f^ire compardifon d vne loU.tble ajfemblêe auec
"yne trouppe de higdnds ) donnoient chacun en
commun ce qu'ils auoient d'argent Csr de moyens^
& s*AlIians st'vne infep arable foà été faifoient "V»
Conuent ou Collège & communauté. ^mjt fainB
I Hterofme efcrit,qu\ne certaine eFpece de Tyîojnes
I rapp9Y.toient en commun tout ce qui leur proue*
1 noit de leu^ trauAtl ordinaireÇils ne menoient doc-
qtiesp^ Ifne'uieoyfeufe & fainéante ) ainfi les
^&es des ^poflres noM infcignent que ceux
qui
Septiesme livre
^uî s'adjoignent aux fidèles, 'vendotent leurs he- Ytuges^en apparu tenr l'argent aux pieds des ^A - f&fireSiZsr natioient rien jui ne fufi commun, i Par menaces] F lufieur s aiment mieux dom'ir fnincr d'ine tjrannique pw.jjance en quelque compagnie de voleurs ^que mener vne vie ahjccle^ feyuîle & mechaniqtie en leurpriuè, ^u refie encore g^trdent'ils quelque ombragée forme de droiB Cp* de tulîice: carficeUj quiL TecognoifJ'cnt four Capitaiaeyne partAge également leur butin^ ils le mettent à mertytu le quittèrent là. D'ailleurs ils ont quelques ordonnances , quelque police auilsobferuent.^irjfice handolier Sclauon^Bar» "gule, amajfa force biens par l' équitable diflribu'^ tionqu'ilfaifoit de [es brigandages ; CiT plw enco- re 5 ririat Portugais , qttifit beaucoup de peine aux armées ^ Capitumes I\omains,
r Pour ma patt] Corume voulant dire que chacun de ce^e bande efi de [on cojiétenu de faire lefèmblable^Csr cf amener ">» compa^ou dcfur^ xroifl en celle confrairie,
l Mars] Toute cejle manière de gens aufquels là main O t'e^éeferuenfde ^eité , fc mettent en U fauuegarde Crproteflion de 'Mars. m N'eftimenc point]^ ce propos dit Cacilius^ ^«f làge.fTe gift biéfouueiraerme fous val cheiifmantetu. Toute pç^\} {ce du fort élé- gamment
DE l ASNE D OR. IfJ
gxment Senecque) peut-cadier vn très- habi- le cfpritrvn grand perfonnage peut fonir d'vne cahute :auffi fait vn bel «Se grand ef- pric, dVn corps difforme & de petite taiU Ic.&demefme fe peut tapir vn généreux & robufte courage en rn corps haillon- n eu X &: mal en point, llnefdurdocquespri-' ftr Us ferfonnes k rejlimaùon de leurs hdUts Z mais hîenfar les '^ertHs O^ àons de leur efùrih €e neji p4i l'hithit qui donne la 'vertu. La chaire ne fancitfcpas leprep'e:,& Ihahit nefaiÛfOi le 'Mdiîie,
n Fameux] Ce mot fe prend quap toujours iit mauuaife particomme fameux ori^and^famcux Medecm,^c.
0 Hsem e] Ce nom ejifanglant c^firf tien appri* ftiéauferjannage : car li%mdL en Crecft^ific^ fang.
f Theron ] ^uf^i ejî ceflu^-cy: O* w«r^a;» imtqwfîgmfiefraeouhejlefatiuage, iq Deux cens h6mes]Le terme duquel 'vfe i/S» puUekdtuersfens, ^uguJieCdfaradjou^avnâ douzaine de luges aux ordinaires ^qui ne iugeoiei finondesplw petites fommes. Cefiedixaine\s*apm pelloit Ducenaria:c^ peut-eftre que cefi Offcier nt un efi-afen icelle. ïlfe Uuoitaufit un feage y-i tribut airilinemméy comme qui difoitle deux*
SlXlE>SMÏ LIVRH
Céntiefmf, ainft qn'on a, ijeu qHelquesfokU Cen» tïefme , le Cinquanùefme , le iJtn^tiefme, le doti- '^iefftieje Bfutffiefme, Triais félon '^u Apulée le qttalïfieyil V4ut mieux le tenir au troi/îe/mefenj-y ^ dire quil ejioit de ces Capitaines qu'ils appel- loientVremiers Unciers , & commendoiem deux Cens hommes en U "BatatUe : filtre fort honorabie entre les gens degtterre.Vource re^eB on les dp" pelloit D\xcem.n\, comme qui dtroit Deuxcente^ niers : Mnjt quon nomme Centenicrs ceux qui €ommÀndent cent hommes, r Patdifgrace] Solon dccompxroit les amis des CrÀffds aux jetions qui feruoient 4 compter, C €fimme ils Jf^î fient t,mtol} un grand tuntofi'vn petit nombre : atnflesVrinces auMcenten hon^ neuYi O* prerog4tities k leur appétit celuy qu'ils ayment , oté U font le flnô petit compagnon qtit foitenfarÂC\ 0 ronce cendre du B^j Xrtaxer' Xes defchei4 d'i haut grad^ auquel il sejloit i;eià epeué : Comme les doigcs de ceux qui comptent ( ce dit il ) valent aucunefaii mille, aacunefûisvn tout feul : ainfilej amis des Roys peuuent quelquefois tou^ quelquefois ri'ii Sidoneus ^yCùollinaris pi rançonne fort bien U familiarité des Vnnces naturel des ftambeaux : ils efclairânt les choj qui {ont aucunement efloign^es d eux , j?taH bn lent ceux qtn fonf trop près. ^ .
DE l'AsNE D*0IL^ 254
fonéleiirEm^tre,
t Par les calomnies ] Cefi vne mxUdie njfelÇ^
eommune es Cours des Gracis,que les gens de bien.
fticnt opprtmeiparles cdonies desflxtteurSyttuf*
quels les Vrmcesnouarent que trop les oreiHes.
^mmian MarcsUin taxe l'Empereur Confiant^
aux oreilles duquel par trop ouuertes les Un*
pées ''ysHimeufes blcjjotent par enute lur repté*
■.tation des gens d' honneur dl vaudrait mieux quê
les P*'ittces impnmaffent au plua et eux de leurs
tntrailles ce que pratiquait Alexandre le Grad:
tanivs quel accufateur plaidait par deuantluy^ il
Je bouchait l'vne des oreilles ^pour montrer quil c*
fioft pre^ d'oujrfans pafiion les raifons 0-* def*^ .
fenfesdf Taccufé.
V Voulant courir] Alceftis & PeneIope(rd dit ^ïtfiote au 1,0 économique) n*eu(Tent ja- mais acquis rant de louage s*elles cuflTenc vefcu auec des maris heureux & comblez ■d'aife M lis les trauerfes d'AJmet &: d'V- lyil'e leurs mans ont etemifé leurs me- moit ç,^inJtl'hi(}oire Grecque renomme Hjpjîn cratcefemme(ou félon aucuns roncubme)de My^ ihridatés-, U'juclle déguijée en home , yeliuekîa: PerftneJ.-'s cheueux tondus ptyuit Odecœur^ ie corps ^on marji défait & '^mcnpar C.Pôpée,
Septiïsme livre ^«/ iefujoitpArmy àesndttos foufleuèts. La bô« ne.femmeeft le fondement de fà maifon, Cf dît im vers Grec en forme deprouerhe. 3C Zacinthe]x'a'«(? desljles de l'olpcïJfAnced'P^^ ljjfe,pres de CephAUome^d' Ithdque &Duljchm, y Dcftine] ^mfiles i\om.iins dpgnoient cet-' famés demeures ittix l?4nms, aux ijns à jxnuù, H14X autres a certain tcpiir.'^ ne leurfermeîtoiet fe tr an porter ailleurs durât leur exil. Et parce que cejioitlepltfsfouuét en àcs islesX^cite a rai» fon de dire que la mer cfioit pleine de banijfemes^ ^D*A6liuJ Lieu ajje^celtùrepar cejle^ade i;/^ Ùoire qu'obtint ^u^ujîe Cefar cotifre M, ^n^ toine ér Cle»patre:eù ledit Empereur pour eter^ inferU mémoire de cejlt tournée J^ajllt Kîcopolfs». c* ville de li&oire-^auecvne injiitution de i^u cinquennaux à la façon des Oljmpiens, O* sd^ feïloient ^BienSo
FtmLiii.p.u a Tant peu] les Princes ont lel mains longues yili attellent de loin : cir [comme dit Hérodote en l'f^ranie : Les forces du Roy font par delîus l'home : le Roy peut en terre ce que peut lapiter au ciel: & le dia defonccila force de loy. & le prés ] La loj ludaïtjue deffcndà toutes f finnes de fe traueflir:cat c'elî chofe hoteufe (^ re\ fyochable\licc nefioit d'auanture à mcfmc dejfeif

i
DE l'A S NE D*ORi 25 j^
ifuffdifûlf ZHclldtyUijuel entre chien & lonf hd* ville' d'^vn mate^u de femme fartait de fa maifon (p^chcminoitflu4 de vingt mïUe fru four aller 6uyr (con tre l'^rrejl des ,y£themens qui luj de» fenàoïet de dogmAttfeï)&Jes pt opos tir U donri» ne de Socrdte^fuis rcf^rtoîtjur lepomBduionr , tjr s'c?t retourmit ainfi dcfguiféyoînjim prcfcript ferles Trnivirs.fr'int vnhib-Mement de Vrefi. a Cr menaient dinji au long des grands chemins ^ efchdppx U mort.
c AffMc^^odoîmtîtddefent.inr le glorieux^-
dirme de vUute^prou de cnquet 0*peu d'cffect»
ti En or] Hjperbele cmuendhlek Upetfonnc
1 d'vn -veuteMT c^' m.ig>iifîqt4e brigind,
I rTiche] Ironie fmon q u il l'appelle rtchekcdHf-
je de deux mil efcus coufw dedans,
j/Cha géedelies & àcchamcsJNote^ que
■( cefi.'ii cj que ceivoh un Acceptent pour Cdpitd-^
i I ne ^cfi l' de cordé a U Danm/elh prifonnicre ^ qu"
dcfùpoYînt t'dtre de miry , attendu (jueîle ^ rji
dejfu4f4it entendre k U 'vieille, quelle ducit efîé
rauie augiro defk mere^come elle ejloitjitr les trr-
mesd'eji'ffaifiefemmeparf?» ejpoux , qr/cllc
'void maintenant Jcqu cl l\tyantveuè\ afin quon
nepenfe qu'il la cognoijfe^ s*en rcua tordant le w^2
.- O" faifant h moue comme U def daignant auec
^{mej^ris^ ^fifi luj verrons mwfùytdextr^
'\ Y iij ^
li
fnrtt
^Hi
HfICTiFSMS LIVRE -ncnt .uhcHet enjmtte leferfonnage qu'il cont' mcnce, - S ç Nez comois]plir.e ^ Quiniilidn dit , le ner^ cfi dediépour Us mocqufricsjefddi rncj^ris^ comme le front dr lefotmilau courroux, h Briitif] Bruttffi^^mfîefiu^ide/Ardjf.fefdnr^
flottrdaut.wfajJè.Satnci Cj^r/dn Iny o^pfe^x^e AnciiD eîted {ce dît-il) ne peur donn tria parole au muet, la (agefTe à l'homme ab- bruti,
/ Ma confcience ] Cejl 'vn 'Me'tlteitr.e , L» confciencevaui mille tefmoins: crVacH' th^ enfonV tainsbourreaux occultes, qri lancinent & bourrellent les parties vitales, plu-s qre les gibets^que le fouèr, que les géhennes. H^ leune tendron ] En mMiere 'vénérienne les ieknes gc7is font de nquefle: O" peur le rcg.vit des feruÀns on f>rcfi4me{c€ diff^lpianfuy CEdi(i des ^iUles] que les feruans CTico) e nœufs , fcnt tins [impies , plf^s dociles , plua dijey À drcjjcr^ plus ùrompts ktoH4 feruïces: Maïs ceux ai^i font aduancc^en d^ge.il (fi malaifé de /es rcf orner i laflie humeur, cheualfaiT , £7- valetàf^iie^ €f dit leprouerle.
l loye] Les phypàcns enfei^nent , Cr LdEhance h croid, que l'^ffe^rion du rirefojt en U rute, O'
^ j^u rn n 1-. i „
D £ l'A SNt d'or. 1^6
que hntemfcYdme d tcduj ^rouinwe^deU grof-
pur de Udtcle partif, il en faUoit demander U cdufr à Democrit. Ejcouîons ce qt^en dit Ceftr en Ciceron : le n'ay point de home d'ignorer par quel moyc (e fair le ris,où il eft. Com- me il vieiît,& comme il fort aivcuiiefois fi brufquement, que nous nelepouuions artefter, quelque efFort qne nous en fa* cions; dequoy ceux mefmes ne f^aucni la
'raifon^qui fe vantent delà ^ m Blalmer tout le fexe ] Parce qu'il efltmolt U'^'ierge prendre fUijlr aux termes de maque* reaux & debordei» ~'
Nortre compagnon] r.^.vi;?(?«!j dccompdgne^ Cy* nous conduit ^ fuuorije nos deffeings ; autre* ment tl tfhnfeïoitdcU 7n,ijefiédu Dieu l'appcllat tompAgnon. ^mfltiy donne td peu dpres le fur» nom (^e Snjuant^Jf.uioif efiauecf.tfaucur. 9 H o fte j ' ce muMeau 'venu , déclaré chef de cefte l'amie.
p II balaye] Kote"^ l'induflrie^ pour s'cmpefther d'efrefoupfonné, O* ^icux endoimïr ceux def
\ quels il a conceu h ruine» ^ O n y bol \\^fope dit que Bauh^ pofede ijne triple forceiU première deplaipr -, U féconde d'y»
j mejfejx troificfme de rage Cr de fureur. Le vin
! {ce dit VlmeJ fait oblicr toutes chofes.-c'cfl
Y iiij
SiXÎESME LIVRE
la roort 4eIan;iemoire.Levin ombrage la
(àgefTejeftoufFerefpric, empcfche la vî-
gjcuc derentendcmenr.
r Charicé ] C ejl le mm de U frifamtcre , e^ut
*V4ut autant comme grâce,
f Poifon endormante ] Comme topium, iufi
'. de fiuot , très efficaces four endormir ; dont U
I qfumité fait Mourir en darmant fans douleur ^
\ jAnsfentiment,
[t Pour ne contredire] Onlouèle^iAletcom- tnefaj^e ^ ùiefj adurfé, cju* fe fçait accommoder ii}4X humeurs de [on maifire ; O' ^uiff ait faire en fommc comme le Sofa de Plaute , eflre trjle qiiandfonmAiJlre fefl-^ C^ hiinaife qunridil le Vûid iqyeux,
ft Plus liez de vin]C'e(lvn fin lutteur que Je vin, ce£tVUute-3 il empongne première- ment les iambes. Et Virgile , que leraifia^* donne le premier allaucâux iambes j puis> garrotte la langue. j
X Badlrin] SaBre ^yaf4me Oriental , alon dant en chameaux j 0-" i* lilles,
j Mules] Vafne O'ia lurent engcn ïrent w/*« ieotf mulet ,. c^^auns point d a:*!re nom pour le fduUin que porte l'Jffnejfe faillie pour'^n Cheu4l: les Utm l'appellent Hinnus & Hin- nullus.
D E l'A sn e d'o R. 2/7
^Liberté] Coh'tentlouceeJIUliberts^leshmter tnefmcs le nous demonjlrent^ car s' elles efchA^^ent '\ne foif jUmÀPS fini on ne les reprend* Ffi.z^^ p.i.a^e me bailloit pâs]Elle4mf leù ce que dtt M, Vurron,^ que l* expérience apprend, quva afne (fhommanc deuicnt reftif; ^ Braue IronieyjînoH^ lifonsmStnvLs,74a^ qm "Voudra lireScïttSjUefaut expofer tardif yO'prê* nocerauec quelque indigtatio & mefcotentemet^ e Cocubincs ] ParmefmetranJlAtionlescheures font appellées femmes des bou(s\^ les boucs maris des cheures. Cocuhine efi celtTqtti neflâtpasfeme légitime de quelqf4''un,cou{he neafmoms auecluj^ pxs vùlotters qu'un vtlo" chetifajne au prix de Iny^vifnne faillir les iumes . dot il ejl ialoux come le ma rv de fa femme. ^uf^t imd 9» que les tûmes defdairnefCs^ rtfujentles afnes corne adultères & no capables de leur efpece Source Vlmc tefmotgne ^u on fdtr Couper le crin atfxtumens^ afin que par ee môjen raibaiffans quelque chofe de Icurprcfem-' ftionj elles fouff^ent l'humilité de l'ajne s car If irinlesenerçru-illtt.
t L'o'eîlledefréc] Na'ure a donné quelque: farttculterer marquas de leur courage aux anir maux' l A qucu^'tUtivdtce du Ironiaux he(les chc" 9iJ^ms la oreilles f Prient Umorifire de leurs c(4h
Septiesme livtj ^Ag(l\ celles qt4t font l.iffes les onffi^cqaes ^ mi\ Ups, celles qui ont peur .'es brénjlent C^' temutt^ celles qui les drejjent font en furie , Cr maîades telles qui les snt Ufches G? fendantes » /Roy Thracien D'wmedeydotl'fjiftci/e e(l au%, Uhcur de Hercule, e7t la Tiljthologiejiu.j.ch.l. g Vne foiïe ] llcfl ^.dffxnt en fin hyferhde. .Toute hjperbolc ejt mcteufe, Ct fA^e les Lomé s cl 6 A^foy. Totitesjcpsfuiumt l'ordonnance de QjÙ7îm ^flixn, elle ne doit point ^fïre excefsiue : CjT c^mme ■ditSenecque y l'J^yperhole promet chcfes incroy.t' hies^afin quelle en obtienne de croyables, ^mfi 'ies fermes d Apulée tendent à futre croire que .i ^t.mu^is gdrçon qui le touchait, luj 9uuîit ^ ( txtn4 le cuir çjr î^ chair a for ce de le^Mfre, h Qwi m 'e ft o i t ] Ironie. rDenaturet Venus ] ^Iccfjqae uurdfonho^ fjtjcùpe (ce du7)î.itcrnM au 7.] en U qUÀtriefnye^ fjirtie d:*CAprîcorne fcurfut^ra Usfemnies ct'vnê dtn.xiurce :tffeEtîon CT 'l'olHptèchxmeile, ^w* iênrjneaujsifira en ^horojcope duquel lupiter-c^. 3^€rcure feront pofe'^aurouchAnt^ çjr queS4ttir- ne Us iiur di.wietralerfiêt battus de [es raisifae^ giupltra p:ir im^rs Crncn licites emérajjemcntr )iiUffcfafemme, îè'Accroirc que \tÛQ\MÇi{\sA'injî les frères di
t)E lAS>IE DOS.. ip
tuismfutersotyejf.^i ^ quelque mduuaife hefi.. l Se f o u uen an t ] Le. Jouuenir des ouf rages ; I çfH4 cfi tmmortel^des hien-f^iBs^ il s'efcoule, » i. quiUchofe dcutjl s'enfouuicut : à qui eUefUtJï^ il l'oublie. C'cfl neantnioins ( ce dit fort bien • Senec^ue)\e deuoir d*vn grad courage, d'ou I' blierlesiniures. foHrceCatoeflloHè^qtàfraf^ , f é p4r fiel ques-'vns fans y f enfer ^ corne cefluy^cy V 'vint'pouy lujfme fdttffaâion : lenetnefou- i uiens point {ce dit il) que vous m'ayez of- r fenfc. Et Ciceron parlant à Cefttr.FoHi quinoîi^ tt hlteiijien ftnon le tort qu'c?}'voHi tient. [■ m Tout entier] Cequineujlrjiés'ilfufmsri ' ' parlaperte de fes genitoires.qn^yyCuicenne O- G a-* \ len mettent entre les principales parties auec h » ^ ra/^r, le cerueau & lefoje. J n Mon meurtrierjDc volonté, non pas d*effiSl, i » Voicy ] Les Grammairiens remarquent que cé 1 mot dénote quelque mal inopiné O^ no preuenu. ' f Ouife ] // le prend au féminin ^ parce que ( ce Jifent yArij%te dr Vttne ) les femelles des Tan» thercs f^ des Ourfes , feules entre tow autres anu maux, font plm vaillantes que les majles» ^ Me vint prendre] Le droïSÎ ciuil donne les' immAtix:dot le naturel effaunage à ceux qui les [^(tjfenf^- Muis- attendu qne l'affj^neHp^de "2^ qualité,, ilnepouumtde droi£l appax* :ma.i^îconque euH voulu sjn empirer cçm^
I
Si XII «ME LIVRE Wf (Tv^e e^aue , bten ^ut/fiif} cflen loing de re^ traitte &fans mai/} e, Cdf ftdauentHri ncjîrè he/latl dcmcfl'tque er J^rïtié s efgxre de the1(^ mw,\ fncorf que ne ffxchitns ou ils r'opxirtnt ^fi ne Uif^ ' fenf iispai deBre de nsjîre dom^me, Y Viriiii é ] c, des partrcs qui font tefmotns de lU riltté m de fexe mÀfculin, / Car tu l'as miiracré ] C'eflpdf corne ci inre r^ : fi^l'Ç^^ ^^ qu'ils fn difent '. air recoofjotffms leur, ^Çne qu'on emmenoit y CT* ne njoy ans f oint le gir^i fon qui lefotdoit toucher , ils nepouuoienttmjTÎ' ner atitrr chofe , fion qutleufl ejlé mdffacré p/.r teluj qui emmenojr l'afne,
t Qj2PV ^^^ ^*^" ^^^^ ] ^'^'" ^f^îf^dejîre len-
er d'un outrage re^ué , touie vengeance lu^fem
le fard'ue*
fi Mon BcIIerophon L'hijtfiire de Beilerophoi
[ Pc ^it au quatrtcfme chapitre du netifieme hure dé
\ la Mjthologie, 1 1 fait vne plat fante comparaifOi
de ce garçon qui lemmen^n furtiuemenf , ai
ttîlerophonfelu au quatriefme cLtpifre du ne,
I fitefme hure de la Ti^ythologie, / ' faf& 'vne pUut
j fante (omp4raifon de ce ga*fon qui l emmenoià
\ furtiuement , aucc Bellerophon qutcheuauchau
^^Â^f^ P^^^ ^omhattre la cbimere'. Cr ^f l*o ^^^
ajne qtid efi^auec le Vegafe chenal ailé,
» La nature ] CV^ çt quiU cj deJ[M Appdt
nfinlifé.
■i
-iUr-
E D
DE L' ASNE D O a. 2/9»
^ Bon ] C'eftpoiir fan ye/^rd ^articultcr , qu'tll l'appelle bon : ponne^ttepar famort iluuâttpyoA langée U vie d'Apulée . |
5[ BouiTeilejièJ cl' aEîe pdrle quel onme deuoin hout'f eller e i me chal^ranf. 1
4 Dj ma vicllclle ] Cmlm : Voicy que ie trouuede miferablepliis t^ue toute auirel - chofe en la vieillefîcjque ces bonnes gcnsi . eftimenr roufiours qu'on lesnîefprire»0'-| ceren au traité de U 'vieille jj^ dît , que ce qUH rend les vieillards hargneu^jt & difficiles,] c'cft qu'ils ont opinion qu'on netiennej co n t e d 'e ux . Vhiflsire Crecq ut lotie fur foutèsi autres nattom les LacedemonienSypcur thnneuA (futls deftroient k U vieillejp : tefmoin celuy qfiiî 'voyant le rcfpeB que les ieunes^ens fort oient att^ wUes : Ce n'cft qu'à Lacedaemonc ( ^i^V-^()| fuil fait hm wSr. . |
El n*âs eu le courage ] EUtinfere^que qm feut nuire , ftut Aufii prof fit er : qut peut perdrfl feut aupifauuer, PturceMedee: le raybienl {(^ti^î^\iMÇï [ce dit die) dfute^ vçmqueter f cache bien /e?/o'«^y?Quintilian au 8.dit,^«Vj efi bien atfé d*9ffenfcr,& mal- aifé de prof ter, Ëq nous ne rcfprouuons que trop, I
f Compignondeferuice ] Cejl ^nelrauA txa^geruttm^fotir rendre^ le cm éfMtmtfluscriA
I
ificL C'est cbofe m^ffeatm d'xbandonncr fon compiignondc fertàcc. enareplus [on matfîre,
lais très 'vtlam de Uijfer cchij qui mm eran- tic fit Cr nourrit.
d Aux bonnes mœurs] Car comme dit S(ff ce- que: quin'cmpefchc poiiu celuy quif>c#» chenil le fair pécher. Es décrets^ 8(5 disîmtl; quiconqtte ne tient conte derepnttdte les fautes ^'duttuyyesî certes anf^uouIfTAÙIc que l'autre.
Meleager ] \Althée mère de T^îeleager voyant Çj frcres Toxèe dr Viexîppc qu'on luj rapportoit )càsp4r iceluy M ele,iger . pour uen^er la mort d$ îi frères , ietta dans le feu 'vn tifon auquel eFioit '^menué'U me de J^eieager : àmpl\n o^ F au» définit en mejhfe temps : car il ne pouuott 'vlure lu autant que durer oit le ttfon.Vuis ^Ithéefeii'^
nt fa confaence chargée de cefl horrtlle malef^^
'e,fefafa 'vn poignard à trxuers le corps. ^
^hon'vous [emhle le huîCliffme chapitre dufe*
tiefmeliure deU Mythohgie, ^pulce doncquci
4f(^nne grâce d'accomparer ccjîefemme aucc ^U
^ki
V
DE L' A S !>! h U O R.
Lu O
H VICT t E S M E-
L I V R E,
E l'îure expofe k mcMïtre commis en Uperfonne dé Le- foleme jnayj d^ Charite-y l'dueugle^ ment de Thrdjiyile amoureux ficit p4r ladite Damvifellè^ & U yolontaiyemort d îcelle, En entre ^ vn ch)tn^mentde Sei- gneur ^'vnbrdffe récit tsrdifcour s des Fret» Jlresdè U Deeffe Syrienne-, leurs or des ^ vilains déhorâemens , fouets O* defchih ^ucfvHres de membres Srmdés O^tram^ ^ffrfssjejçmfferm^. - ' "■ ■
l Etni L I V R 2
^ V champ du cocqvoicy venir vn jeune homme de la plus prochaine ville, à mon aduis l'va * des feruiteurs de ^ ma Dame Chaiite qui m*auoit efté com- pagnon chez CCS voleurs en tous les trauaux que nous auons ouycydeflTus. Ceftci-cy feanc au- près du feu parmy ces compagnos raconioit chofeseftianges ôc déce- lables touchant la mort d'icclle,
^ . &rinfortunc de toute la maifon SurU . c * r ■ nr i
, ainiiques enluitif Elcuvers, che- Tiort de J , o L •
^, . uaucneurs , bergers & bouuicrs.
nousauosheUs perdu noluc pau« tire dis-je, par vue très piteufeauan- ture : C\ n*eft-elle pas defccnduc aux bas lieux fans comragnie. Or afin ciue vous Içachue routccqui 5*eft paire, Jevoi.sen feray le con- te dep is le commencement Se pienue' morif. à ce que les doAes Se qui fonr profeflîon d'efcrire , le puiiTencàladuenicredige!; enfcN
DE L ASNB DOK, 2.6i
nied'hiftoire.
^ I L y auoit en la prochaine ci- Thrafyl té vn jeune gentil-homme nom- le^riche: méfThrarylle, braue cfouyer & mais bon homme decheual, affez riche déhm» cnargenc , maisbordeher ^def" ^j&f. • bauché, hantant les tauerncs & copagnies dilToluës.'pour cefte eau- feeftoit-il à la malheure entré das laffadiôn des voleurs, &n[îefme auoit les mains fouïlléfs de fang humain. De faid la chofeeftoit tellc.5c le bruit en coaroit. Auffi- ^^ ^^- loftque Charité fut en aage ma- chercûe riable , encre \ç$ plus dignes- & ^^ mx» mercabics qui luy faifoient l'a. ^^^i^\ moue il fit tous Tes efFortsÔi de- uoirs pour l*obtenir en mariap-e. El combien qu'il deuancafl tous autres hommes ^e mcfme eftoF- fe, d il tafchad d'iiiJuire \ts parens à ceft oûroy : neantmoins le iuge- mcnt qu'on Faifoit de (c^ moeurs On hy ôccomplexions , le fie notter de donne ~ cefle honte , d'eftredebouttédey3«fo«. fa demande. Et o^k^ que la fille de gL
RVI CTIESME LIVRE
noftre maiftre fuft en la main Se pniflancedu bon Lepolemc , Se Thrafylle nourriiïant à par: foy cefte amour qui luy venoic d'ef- chapper ; entremeflant d'ailleurs le defpit & l'indignation de fe voie g efconduit, meditoic les moyens d'accomplir vn funefte & ctuel delleing^. ,,./>. En fin fe feruantderopportu- j' nue que luy donnoit la preience ''. de feu Madame , il fe met en de- . uoir d'exécuter la melcnancete
^^' * qtiViauoit de longue main pour- penfée. Ainfi le mcfmeiourque par l'induflrie & valeur de fon ef- poiixel'efull afir.'nchie desaimrs ennemies de ces bn'ciands 5 il fe vcint aucc vne extrême démon- ftratioQ de joye fourrer en !a com- pagnie de ceux qui fe conjoiiT- foiencd'vnet^nr aa2:'eablerecou- urancé ; Se faifani femblant de re- ceuoir vn incroyable contente- ment de cède commune allegrailîe pour l'efperance que donnoient cesnouueaux efpoux d'vne belle
i'ia-
ÏDB lJAsne d'o r^ i^i &:plantureurelis:née, il%tàcau(è àe la noble ProTapie a lin il eftoit iiTu^admis entre les principaux qui hanrafTencnoftfemâifoni oûdifïî- -malanile mauuaisdelTeingde (on ame , il jouoic à faux tiitres le per- fonnage /j d'vn tresfidelle amy.
Delià s'eftoit il par difcours aflî- duels Se fréquente conucrfacfon. Contre'^ qiielqaefoisauffi bcuuant ô^man/ j^^i^ /^ geani jcn mcfine compagnie,bien l,oami auanc introduit es bones grâces de la mairon,& peu \ peu fans y peu* fer précipité dans vne profonde fo (Fc d 'a m o ur . Po u r q u o y n an ;p u is f^f^f^i^ que ^ la fiame de ce crue! amour y^^j^^^g pente en fa première chaleur eft pii^fçyf, agréable aux perfonneSpiiiais s'em- brazâiu par l'allumeite d'accou- ftamer.ceS ploge en fuittc en des feux defme- furez qui les brnflent tous entiers?
En romir.eThrafy'Ieauoit lon- guement fongc à part foy, comme voyant qu'il ne pouuoir trouuer moyen detraitter / enfecretanec Gharire ; qne la quantité w des
HviCTIÏJME lîVRÎ
y'eiix qui veill oient fur elle luy re- tranchoient de plus en plus Vtf* feék d'vn appetii luxurieux 3 que le très-ferme lien de cefte nouuell*e & glifTante afFedion qui croiflbic deiouren iour entre ces matiez, ne fe pouuoît defnouër ; que qncld mefine Madame euft confcnty à feslarronnefques amours , il euft efté ncantmoins fort embtfon- gnédeTenleuer : roicyqtiepar vn pernic€ux eifort il fe hazarde d'ef- fe(Sluer ce qu'il ne peut , routainfi qu'voe chofe pofTible.Ce qui fem ble maintenant difHci le *à faire Ta- mour fe renforçant de ioui à aa- tre/e trouue facile en eifed.
Or voyez : mais is vous prie efcoutez atcentifuement iulques où s'esjeitereni les bouillons de fa rieufe lafdueté. Vn jour Lepo- leme s*en ailoic accompagne de Thrafille à la quefte dVne befte f^dcour fauu3ge(Gtoutesfoisilyaquelque| re in fauuageté en vnchcureul, la rai f^nyher foneftque n Charité ne foufFroiil HHuLc' point (on mary courre les feies ar
DE L* A s NE d'oBL l6J,
mces dedefenfcs ou de cornes. } Défia les valets de limier,&: les ve- neurs fuyuans auec les meures de chiens couranSj& le vauhrey&les Icuriers d'attache , auoientdefur vn tertre fueillu fous les ramées & frefcades à l'oree d*vn bois om- brageux, à la veuë des quefteurs ÔC dedans Tenceinte des toiles blan- ches lafché leurs laifTes ^ deHeing de courre la bede non feulement dans les forts & en la fuftaye, & de Teflriquer à la plaine , mais de l'a- border encore aux abboysj & det j^ les vns cauts & rufez fuyuant leur indudrieufe difcipline chaf- foyent le nez au vent par les por- tées , les autres couroyent fàge- ment les voyes chacun à fon quar- tier & . j mentjpuis claubaudans d'vne voix 5". retenue &naquetans de la queue, j roontroyent que la befte eftoit à j la bauge. Mais fi tofl: que le figne ; leur fut donne, ils remplirent tout ; à coup la campagne d'abbois ef- chauffez&diircmblables. Toute-
I
HVICTIESME LIVRE
fois ne (aillicduboisny cheureul ny dâinicraintif,ny biche aucune, fera la plus paifible qui foie en- tre coutes:ouy bien p vnSangliar gi^and à mcrui-illes Se qui n'euft ïa- mais [on pareil j gras 8c gros de chirnure, d'vncuirdi/ïiciîe à en- tâfniciau moyen des faittes glif- fan es qu'il auoic dVn & d'autre codé -y hideux à caofe du rude poil de 'a peaCr>velu de gro fTes foyes herifionées fur l'efpine, efcumcux à roccafion de fes dejfïènfes que d'vn horrible frotcemenc il faifoit claquer contre ceux qui le poul- foyenthorsdu bois en la plaine, jçttancfeuflâmc par le^ycuxauec Yn regard menaçant & courroucé, brodant vne cfpouuantable im- pecuofité, rompaniles plus rudes & plus efpais hallieisj en lomme ce n'efloit qu'horreur, ce n'eftoit que foudre. E( premièrement il fît mourir les plusafpres chiens cou rans, lesplusacharncz limiers. Se les premiers litres de leuricrs d'at- tache qui le. viennent aborder,
n
îipress'en eftre battu les joues &c ;|iî
leur auoic delcoufa le ventre au iit|
palFer; puis ayant du premier ef- 1^
Fort rompa les filandres ôc pants !
de rets , s'eflance plus outre en U j
plaine (ans dommage. Ec nous eC- •'{
perdus de frayeur , qui n'cftions pradics finon à la chaffe des belles non nuifibles : & qui plus eft fans armesalois & en mauuais cfquip- page , nous cachons au couuerc d'vne ionchce de rameaux U feuil* lards.
Mais Thrarylle rencontrant l'heure commode pour exécuter frenâ la fraude qu'il auoit méditée , s'en cefie oc* veint captieufementdire à Lepo- cafon leme : Faut-il que l*efpouuante aux nous confonde tellement refprii, fr/;;J* ou que la crainte noas rende fem- blablesàcefte macaudaitle de va- loil lets , ou que faillis de coeur à guife ' ,deUm pies femmelettes nous lait» fions efchapper de nos miins vne il grafTe proye ? Que ne montons iart nousàcheual ? quf negaloppons ii:i| nous apres?Prcnez c'eft elpicu : U
Cûufpe les tdr- rets Ati chenal Àe Le- foleme,
LeUif' fe kU merci dus An-

H VICTIESME LIVRE
moy ccfte lance. Cela dit- il mon- tent foudainement à cheual^5c pic- quët après le Sanglier pour le ioin- ^re de près. Il ne rabat neantmoiiis rien de fa vigueur accouftnmée,& fouôicnc brauemeni la première atteinte , rembarre les piqueurs & les efcarte d'abordée : puis tout enorgueilly de ce premier afîront, s*arrdle tout court, & regarde à ce qui c*efl: qu'il pourra donner vne bonne lardaffe & l'enuoycr \ bas culfurtcfte.
Adonc Lepoleme luy lance le premier vniauelot à plein bras, te l atteint fur le dos à flcut de chair. Thraryllc feignit bien de le vouloir aliéner : mais d'vn re- uers il couppa les iarrecs de der- rière au chcual quiportoit Lepo- leme, Le chenal tumbanc furie doSjaffbibli par la quantité du fang qu'il auoit efpanché, fut auflTi mal- gré foy contraint de verfer Ton maiftre à terre. Là delîus ce fu- rieux Sanglier le vcint aATaillirain- fidcfarconnc qu'il eftoic : &prc*
miercment
mi erementluy dcichuefes habîcf en pièces, puis s'actachar>i à fa per- fonnejaa moyen de fesoutrageu- fes defenfes le hache & deftrtnche comme il fecuidoicreleuçr.
Mais helasce^bon amyncfc r^^ntenta pas de cefte maudite & traiftrefTe lafchetéiny le cognoit fanï prefTc de fi g' and penl ,ne poc jafibuir Ton infatiable cruauté : ains voynni: qu'il gauchilToit , & tout peatoisiecQuuroit fcs cuifTes vice-, jréc*î , requérant aucccompafîîon j^fj^r^^Z & pitié lelecours defon compa- yg d^ r^ gnon \ ceftuy- ci l'enferie de fa lan» ^^^^^ €e,6 ite: ôcceauec d'autant pins de har- 'Idielîe, qu'il elliimoit les pkyes'dii ' Ifet deooireftre (emblables aux lar- '.'dalTes & dcfchirures de Ja befte. [iAu demeurant il n'eut p^s heau- "coup de peine en fuite ^ porter par 'terre le San!:;lJer eflagouré 6c tout appefaatv du coup qu'il auoit re- ceu de Lepolectîe,
Ce ieune homme edant mort en celle maniece .nous fcs icrui-
z
n
1
HVICTIESME IIVUI r
teurs exiremément affligez rorto^iB
de noftre cacheté, &nousicttons
en campagne. Mais Thrafylle, bien
^u'il euft accomply ion defTeing,
èc furenfon ametrefaife d'anolc
atterre Ton ennemi ; fi r defguifoic
il fort bica fa ioye , montrant le
contraire au vifage. Il affeure fâ;
contenance, ilfaidlle marmireux
& le marrijSc de grande mais fain-
teatFedion embrafTant ccluy qiii
par fa perfidie n'efloit plus quvn
cadauer , contrefait tous lesdcb-
uoirs de ceux qui p'e iroyct : hort
mis que iamais il ne put efpanch'et
y" aucune larme. AinfiL* confor-
ïmpHte mant à la femblance de nous au*
fon for^ jres qui pleurions à bon e(cienf, il
fxit ^kU imputoit le forfait de (a main à Ia
ifjic» fcre. |
Or. le crime n*eft quafiperpêî
tré,que lebruitenfutincontinent
efpandu partoutjmaiscoi.'rurprc-
«iieiement enhmaifon deLepo-
Chdritf leme , & de là vcint heurter les
«> fç/?f oreilles de la nouuelle efpoufc.
p0r/| Laquelle ayant ouy ccfle nouuel-l f
BE l'ASNB DOR. IGCji
le fi piteufe qu'il n'elloir poflible déplus, cranfportéedefon enren- demét, ^ de rage courant les rues àgui'c dVne Bacchante , va toute eicheuelée fendâtla preffe de pla- ce en place, 6^ rodant de vil'age en village, piaignat dVne voix infen- iee l'âuenriiredefbn mari. Totte la ville y conflue par trouppes ex- trêmement affligées : tous ceux qui Te rencontrent fuyuent après pour accompagner îe dueil ; tout le monde feietce aux champs pour VoirpafTer le corps.
Et voicy Ion apporte le cacfa- uer de Ton cher elpoux : l'erprit: luy defeurjellc s'eftend toute de fon lone fur lecorpi d'iceluv : & r» /-
dcs-iors eulc volontiers aumefmc /
j ■ 11» Il '^nauc^
endroit rendu lame qu'elle auoit • n-
lâinrement vouée pour le leruice ii diceluy : mais les liens layans à peine retirée , el'e demeura pouc ce coup encoiepleine de vie. Ain» fi tout le peuple accompagnant ccfte piteufe funeraille , on em- porte le dcfunc 9U feuulcre. Mais
Z 1 j
HVICTIESME Liv"
Thrafyl Thrafylle fe prend à crier , ^ gemir^ le Uco» Se maintenant que fa ioyele ren- Çollefein force , il iettedes larmes qu'il ne tenmit* pouuoic au premier daeil, «Se fous ombre d'oeuiues pies ôc chatita- blés jderguifc la venté. Il l'appeile fon ami, foncoe^aLfoncameufte,' /Ton frere,en lomme le nommant par fon nom auec beaucoup de re- grets (îraulez : & par-fois prenant Charité par la main rempefcht)ic de fe battre les mammelïes & la poitrine, accoifoir fon duei^repri- moi fesdo'eaiKes&gemifTvmens, I crmoufToit à force de pai oiles gra-
-cieufes ^confolaroires 1 aiguillon de fa doulleur; & -vpar diners e- xemples entafloitdes raifons pro- pres ^ fo.ilager l'amertume de ce commun accident. Toutefois par- « m'v tous ces beaux offices de faulfe I pieie , Il le metroit en deuoir de , / maniet ceftc Dame , li des attouchemcns , & tafchant à temps perdu de luy bai- 1er quel- que plaifir , emretenoit fon amour A odieure*
D E l'A s n e d' o r. 1(^7 i
Mais (î toft que l'office des i fanecaiiles fuc accomplyja ieunc Dacr e nauoit hafte qae de décen- . dre ÏDContinetn vers fon efpoiix; 1 ôcde faidl en recherche touccsles ! voyes. Or aooic - elle defia faidt \ ayec la lumière cefte x douce ôc i oifeufeiraiiUdtiou, qui n'a befoing ^n^ r \ nyde traî6t ny d'armes aucunes j reJouUà ! ains a beaucoup de conformicez /^^^^^ f auecvn pailîble repos, fçauoireft,/^;, ^r \ desMiFcrraer en quelque lieu fom- p,^^x^ \ bre & cenebreux , nt^gliger de tous i points fa perfottne , &c fe lailTec • mourrir de faim. M ai*; l'importune i ôc opiniaftre inftance de Thraryl- I le 5 partie par foy-mefme , partie 1 par les autres amis &me(îâgersex- prez, &inermepar les parants de fea Madame, obtient finalement, Qnjiuec vn haing 6 de viuide elle fubdàntetoit (es membres blefmes, defFâics jCraC^ {eux, (Scquinefenroienr plus rien que la terre. Elle doncqoes plus poulfee de \\ reuerence qu'elle porto! t à Tes parents, quedefian-^- '
HvïCTIESMH LIVRE
che volonté, fi)ccombe à ceflere- ligieu'e neceflTité ; 6c failânt d'vn viiage non point gay, mais vnpcu plus ferain que de couftome , \cs adles Ôc dçuoirs aufquels font o- bligz ceux qui défirent continuée leur vie,viuoit en extrême perple- xité, tianfieiufquesau cœur, voire plus auant au plus creux de Tes moel'es^dolente^ erpicurée; paiïoit tous les iours, toutes les nuidls, auec vn regret incroyahle & p!ain. , lif: & ayant fondé vn feruioe di- ^^'^■^ore uincnThonneui dudefunâ:, donc 3 J i '' y elleadoroit l'image fous la fem- n^ige de jjlmcedu Dieu Liber, s'affligeoic i4chffs, melmeencequiU foulageoit.
Neantmoins Thrafylle c* fîourdy, téméraire de nom &c de fii6b, dciiancqiie x. les larmes cuf. fcntrafTafié la douleur de Mada- me, deuant que la foreur de ceft entendement partroublc fuft ac- coifce, & deuant que le dueil en- uieilly par la longueurdu temps fc rallcntifl & iaffaft en fcy mefme, ji^^ut point de hante luy parler de
©EL ASNE D OR. 265
mariage, & par vne tafche d'im- pudence defcouurir les fecreis & les indicibles fraudes de fon cœur lors qu'elle plcuroit encore fon rhutyl marv, lors qu'elle 4 dcfchiroicen- /^ l'irn^ corefes habits, Jors qu'elle s'arra- portuné choit encercles cheueux. Mais ctema* Charit-e eut en horreur &c detefta- ,r;^*f^ lionccfte odieu(e & nnaudite pa- role, & comme fi quelque gros efclat de tonnerre l'euft frappée, ou fi quelque tempefte du ciel luy fufl chute fur là tefte, ou m^fmc corne fi le foudre de Ijpiter i'euft bat t -i c , fe lâiiîà c heoir tout de fi^ti long à terre j & par manière de di- re s'affubla 1 ame d'vne nuée ef- peiîe 5c fombre. Toutefois com- me vn peii de temps après l'efprit lu V fut reuenu,voicy qu'elle réitè- re Tes ruHiîemens ordinaires àaui- fe d'rne fere; & cognoillant fort bien quel efchafïaui ce tres-meC- j
chant Thrafylle luy drefîoit, elle TMedlf^ difFera de refpondre à la requefte /^^^ ^« du demandeur, iufqu'à ce qu'elle f^Jfc'^ ca euil ptins vne meure & fage ^^^- Z iiij
f^ HviCTirSMEIlVRE
délibération.
SvR CCS entrefaites Tombre de Lepoicme miferableraenc mafla- cré, toute fanglante & montrant V n vifagc affreux & diffocroe ^ vient troubler le pudic repos de Cz l'ombre mi eax- aimée :& y Mamie ( cedir- (îa dcf. elle) ayant lauthoriré de vous dire funtluj c ce qui n'eft loyfiblc à peifonne ^ppA' autrejfivousauez encore quelque votjh rouuenancedcnousengrautedans Vûdre poidlrinc^ & que l'alliance de noftre charité coniugale loit du tout encrerompuc par l'aduentu- redemamorti efpoufcz plus heu- reufcment tout autre que bon vous femb'era, pourueu »que ne a dif- tumbiez point Ibus la facnlege ^u.idc main de Thrafylle,.netrairrezau- i^cBou- cunement auec luy, ne feez point er tout à fa table, ny ne ccMichezen mef- Uitre me Ii Tue ce de celuy qui ni*a fcappé; necom- rAtftrf, mencez poinr vos nopçîSI par va parricide. Ges playes dont vos lar- mes onrlaué le îuing, ne font point ciuicremenc playes de dentées, .
9
DE L' A S N E D O R. i
la- lance de ce mauuais Thrafylle m'a fepacé d'auec vous. Puisad- iouftâles autres circonftanceSjôc de clara toutes les procédures.
Mais comme Charité auoit pofé la tefte ktr le cheuet coure co- blcc de ciiftciTe-, ainii Iai(îe-elle maintenant endormie qu'elle cfl: couler au long de fes ioucs vne quantité de larmes: & rurfaillanc
; en vu repos fans repos comn>e fî quelque coup decanonreuftref- ueillee , elle recommence fes la -
I mentations, ÔC s*efcric plus fort que iamaisr'puis defcliirant (à chc* mifejfe bat d Vne main outrageais fes bras gentils & fa blanche poi- trine. Toutcsfoisfans communi- ^Uetlîf quer à perfonnc ccfte viiion no- fimule âurnejains difîimulant^d'auoir co* defçd* giioidance de, celle mefchanceté, «o/> U ellcfeïeroulc à part foy de punir ^jeritê ce mal heureux meurtrier-, & fe dufaké fouftraireparmefme moyendece* ftemiferable vie.
Là dcfllis voicy ce deteftabte demandcpi à\aç mal-aduifec vo-
Z- V '^
w
\hle [es fourfui-
US,
HviCTïEîî.fE LIVRE
^1 ./"/lypté vient derechef heurter Ie«
7 ; oreMlcs bouchées de Chante , & Uredoih , , j • »i •
iLiy parler encore de mariage. Mais
e!led»nnant vil doux refasàThra-
fylle, & d vnc meraeillcofe aftu-
ce defguifant Ton perfonnage , réf.
pond ace caufeiu importun qui la
fupplioit en balîe parole : Cefte
beilefacede^/voftrefiere & moa
îrerchererpoux(cedit ellej fepro-
mciie encore deuant mes yeux,
l'odeur mufquee de Ton corps
ambroiln trotte encore autour de
mes narreaux, le beau Lepraleme
■vit encore dedans mon cœur. Ce
fcroit doncques fort bien-faidfc à
vous d'odlroycr a cefte trcs-mife-
• ^^^ ^^' rsble femme le terme necelTairc
[triAnde p^^^j ^^ porter vn e deuil iegiti-
^^'^jue j^ç^ ^ ç^^ç lailîans palTer les autres
41 amour nnois qui refteoc, nous acheuions
if^'iT-un le bout de l'an. C'cftchofequi co-
i Hmp. cerne & ma pudeur & voftre grand
proffii > de peur que d'auenrurc
par l'immaturité de mes nopces
Dous ne rufcitions auec vnciuile
iBdigaaûoa feipric de non feç^
BE tASai d'or. Z7Ô
mary pour procurer la ruiftc de Yodrefaluc.
Tant s*en faut neantmoins que llprejfi cefte parole ramenaft Thrafylle à impa^ fobrieté ny moderaiion. Il ne «>»/» prend point 'en payement la pro- meffe que Ghariteluy faid, condi^ tionnee par l'opportunité delaûi* fon légitime' à venir. Il pourfuic de luy donner des importunes atta- ques d'vne langue ofFenfiue & poi- gnante, iur]u'à ce queCharitcfei* gnant defe lailTer vaincre àfapro^ cacicé: Sifait-il( ce dit-elle) que vous m'o ehofe à ma tref inftante priere,quc ^V^ecên» fans bruit nous couchions ai'eune- j^^^ > foisgentimêt enfemblealadefro- ^^^^ bee, & que perfonne de la maifon p^^fi^?^ n'en piiilTe rien app^rceuoir, ce pé- ^v^» dant que l'année requife pour le deuil ordinaire s'elcoulera^ Thra- fylle opprelTé (liccombe à la fa la- cieufe promelTe de feu Madame, & consent très- volontiers àl'effe(5t de ceft* amour iarronnefque.li Kiy Uïde q^œ la fiui^ oe vienne, &qae
Z vj
HvrcTrisMÈnvRï 1^ les ténèbres ayenc deiîà couuert la
'^ terre, pol^pufint touces chofes k
^ cefte vnique afFjdîion qu*il auoic
1 jy d'en ioii^ Mais etcoutez (adiouft» - -• _ Charité ) prenez moy leulcmenc
rtcn.
voftre robbe d 3 chambre, point de *j compagnon! ny de fuiuat, & dés I» 4 ^ première vei le de la nuidtrenez-
vous^en tout bellettement à ma '- L porte, ne faidles que (îflervne fois, .
' attendez cefteniicne nourrice, qui
( fe tenac aux efcouîes derrière l'hais -
àrtendravoftre venue, &vous ayanc receu fans aucune lumière \^us a- mènera iufques à mon Ict.
ThrafyUerroaucbon l'efchaffaut queCharire luydr:'(r- pour y célé- brer de tces-fun&ftes &pifeii{eseG pou failles. îln'y foupconneriende lîniftre, mais fafché feulement de j . difFjrer plus outre, fe plaiî^noit que rhrJ^i [ç iouT fuft trop long & h nHà ] yi^nt 'trop rardiue. Oc fi toft que le So- leil eut finalement faid place à la nuidl, Thrafylle equippc félon le 'comaadement de Cfiaritc,& decett far la captieufe vigilance de k
, Bt l'A SNE d'or.' 27r
I iîoutrice, s^écouie dan s la cham bré : plein d'efpe'ance d'y larcher ù, lu- xure. Adonc la vieille l'entretenant ; deirnincescarreires fuiuant la char- ! gequ'elle enauoic de /a Maiftrc'flê, j empoigne la tall'e & le broc plein : d'vn breuuage endormant mix« donné parmvda vin, le faidb boite k plufîeiirs ôc grands traiârs auec auidité & confiance, & difanc pouc excufer la longue demeure de Ca. Dame, qu'elle eftoit affife anpres I de Ton père qui fe trouuoic mal, i elle renfeuelitairéinenten vnpfo- Onl'af 1 fondro.«meiî. ^ ^^^.^/
1 Défia eftoir-il expofé à tous ou- ^^ /^^ I trages, ôc couché fur le dos, com- ^/^ i me Chante atriuantauec vue ani- ji; mofitévirile,& fremiflTant en fon l courage Ct nié fur le meurtrier , &, Ej) ^oicy (dic-elle ) ce loyal compa- gnon de mon efpoux , >roicy ce bra- ue veneur, voicy ce cher mary , voi- cy cefte main q.ui m'a refpandii mon fang; cefte poitrine qui m'a forgé tant de fraiiduleulès amba- ges pouc me ^eftruire : ces yea«
TTvrCTlïSME tiVRt
îefquelsala mal-heure m'ont iroa* uec rantaggreablc, qui toutesfoi* deuinans aucunement les renebrcs qui les vont maintenant accabler^ deuancent g le cbaftimcnt qu'ils doiuentreccuoir. Repofeioy feu- lement à ton aife, fonge que tu es bien-beureux, ie ne te frapperay point ny de glaiueny d'autre arme quelconque. I^n'aduiennequeta meures de pareille mort que mon cfpouTf: tes yeux mourront durant ravie, ôc ne verras plus rien fi ce n*e(l en dormani.Iete feray fentic qne Umort de tonenncmy cftpîus heurenfe que ta propre, vie. Cer- tes tu ne verras oncques h lamie- re^il te faudra cbercher/? vn guide. Tu ne tiendras iamais Charité-, m ne iouyras jà d« Tes nopccs : tu a'auras point ce contentementd'a- «oir repos au moyen de la mort, ny lie receuras aucun plaifir en ta vie: ains comme viie.ftatuc vagabonde tu chemineras $ entfe reiifcr 6i le Soleil. Tu chercheras long-temps ,lâ tnaia.qiii: l'Aura alUilly i es pit^
'■-tii r •-> r» i-i -1 _
Dï L AS NE E OR. 272.
ftelîes de tes yeux, & quipîuseft tniferable en vne mifcre, tu ne fçauras de qui te plaindre. Ma!> ^j moy i'expieray le fepulchre de 5 I won Lepoicmepar le fang de tes , ' lumières, & fac ri fi eray ces tiens j I yeuxàlarain(n:camed'iceluy.Mais j j quel profit te reuient-ilde eeque , I iedifîerele tourment que tu me- j [Htes ? Peut eftre qu'en 'fongeanE j tu t'imagines que ta me tiens em- . braiïee, laifTe lailîe mo-y ces lene- , bres endormies &tereueiliepour j fcncirvn autre ténébreux esbloiiif- jfemencduq'ieliete vay punir. Et jleueton vi(ageaueuglé ;recognoy^ Ik'vengeance qu'on prend de toy,,, (apprend quel eft ton maLheur,aci. uife Cl les trauerfes defquelles tut in*As affligée en faiiàni mourir ma efpoux^font plus^randesque ceU les que m foufFriras déformais. Ainfi tes yeux ont efté trouuez. ôgreabies par vne femme pudique: ain(î /les torches nuptiales ontef- clairé le liû de tes erpoufailles, ta uouuctas ync yçfue veng^creflè^
HVICTIÊSME LIVl^S tu feras toufiours accompagné d'à» ueii^lemenr,auec vn perpétuel ai- guillon & remors de conlcience.
Charité ayant ainfî pro- phetifé print l'aig ueiix, & luy picqaota les yeux à diucts coups : puis le laiflànt aueu- glc= tandis qu'il cuueroit Ton vin
auec vne douleur w dont iî ne fca-
*
uoic Tautheur; elle pr^end i'efpee nue que Lepoleme louioic porter rrauer/e toute la ville d'vne courfc furieufe, à deiFein fans doute de faire quelque mauuais coup 5 & s'en va dcoidt a la tumbe de fon niary. Nous antres delà maifon, voire-m^'Imetoutle peuple, cou- rons fou dainemet après, nous ex- horians l'vn l'autre de luy arra-j cher k glaiue d'entre Tes mains eu- rage es.
Mais elle embrafïàntle tum*. beau de Lepolemc, & fcifantàl» pointe de fou efpee retirer toutle monde d'autour d'elle^ après auoi£ confiderc les pleurs ôc regrets!
DE l'A SNE d'or, 17$ î»
Gftez-moy (ce dit-elle ) ces larmes Ifif
importunes -, Oftcz-moy ce dueil î'
c]ce mes vertus n'ont point ac- >. t
couftuméde foufFrir,» le roe fuis j vengée du cruel nnafîàcreur de ma 1] mary: l'aypuny ce faneftc voleur 1 de mes nopces.deftmeshuy temps ! que 0 par cegiaiueiemefacevoye ' pour defccndre vers mon Juepo- leme. Puis nous ayant par ordre raconté tout ce que Ton efpoux
■ luy auoit annoncé par vifion en ' fcnge ,&:par quelle aftuce elle e- ' floit venue d bout de Thrafylie,
elle Ce fourre Tel^iée à rrau^rs le corps^fous la ma m m elle droidrey,
■ Te tantouiUe dedans- (on fang,& ^^^ [^ ' pour la fin ^beguayant le ne icay f^t^crfe ^' quelles paroles incertaines & non d'l>ne
'■'' intelligibles , rendit ainfifon rame ^^''» Virile. Alnr^le^amiscle ceftemi- ^ érable Dame avans (oioneufemêc aucroncarp 'liure; & i'enrerrans au mefmff ndroitâuecfon mi'y , la lay ren- iienr pour femme à Jamais. Thraiylle d'autie part ayamr
^' H VICTIESME LIVRE
Tlrdf^l recogneu tout ce qui s'ertoitpaiïc, le ven- nepoouant trouucr aucun moyen r^ge fon de fe faire preientemfnt mourir, jorfait faifant eftàc que mefme vne cfpee foymejl n'e doit pas fi.ffifante pour venger me, vn C\ mal heureux foifdit, fe fit mener au (epnlchre ocs deux ef- poux : &, Tenez (cedit-il)ôames qui m'eftes à bon droit ennenîies 6c coutroucets concre moy [ vui« cy ie m'offre à vousen facnfic e vo- lontaire. Et répétant à plufieur* fois la n^efme parole, il feima feu- lement la porte fur foy, relolu de ictier hors par abftincuce de man- gerfon amc qu'il venoit dc-ycon- damner luy mefme pat la propre fcntence.
C'est ce que le mcfTager tirant Il du plus creux de fon cftomach de
Ij gros foufpiis & fanglots accom»
j Toute pagnez de larmes annonçoic aujc l hfamtl villageois eftrargement touche» If le de Le- en leurs coiî rages. A donc ewxcrai^ ; polnne gnans vrr nouucau t chanqemenc ; deflog'* de leigneur, efnieus aufîîd^com- Xr paillon pour i'mfouune de la mai^
! DE L'ASKH d'oR.^ 174
' fan de leur maiftre , s'appreftenr I pour gaigner au pied. Maisjemai-» ftre des chenaux , qui m*auoit prins en fà garde auec vne tant af- fecftionnee rccommendaiion, char- gea fur mon dos & farceluy des aurres belles à bad, tout le meil- leur & le plus beau qui fuft en la ■ maifon; puischanj^ea de quartier. . Nous portions enfans Sc femmes, ' nousporrionspowllets, moineaux, cheuieaux, chiens & charsienfom- me tout ce que la foibleffe des ,^ n " pieds emieichoK de gaigncf pays, ^^ ■ cheminoic par nos pieds. Cert s / ■ . • bien que mon rardc^au pelait ev .1^ , î tremement ^ Ci ne me greuo t il ., . ^
pomt, attendu que par vne tics- 1 ^n / ; aggreable luitre le me lauuois de » ' ; ce deteftable marault qui mcde- uo'c challrer.
Quand nous eufmes farmon- te le faifted'vne pénible Ôcbofca* geufe montagne, puis regâigné I© plat pays, comme le vefpre nous obfcurcifToic defià le chemin, nous «riuons en vn chafteau licîie 6s
HviCTtESME LIVRE
bien peuplé, d'où les habicans nous donnet'ent adois de ne partir ne durant la n'iidnemefme trop ma- ti-n, à cauk d'vne quantité de j^rads loups 5c de telle groirtîur quMse- lloient beaucoup chargez de leurs corps,cruels& féroces à raerueiU les.accoafturrîeii' à rapines, & qui rauageoisnt toute cefle contrée : qu'ils alÏÏegeoîe it defii les che- mins jâllailicient lespàirinsàgai- fe de voleurs ; & mefnie preirz d'vne faim enragée faif oient la guerre aux piochaines bourgades, &pouiroicr.t \qs perfonaes en pa- reil danger qu'ils ont accouftumc faire courir aux moins m d faifans animaux. D*auanta^e,quauche« min par lequel il noi s falloir paC Ter , gifoient plufieurs corps de créatures humaines a dcmy man- gez, cV que Icsosdécharnez blan- chifToient toute lacamnaguî, que po irtant ne nous miflions point en chemin .qu'auec vue grande 6c foigneufe précaution-, & ptindîons gacde aouminment, de ne poiiu
DE t'As ME d'or. IJf
marcher eicarcez les vns dts antres, niais attroupez en gros , de plain iotir , quand le Soleil ieroic de/îà bien haiu &rayonneroic par couc le monde , afin que gauchiîianiià toutes leurs embufches co.uierces, lorsque la lumière celefterallentit tlimpemofité des belles fàuuages-, nous peuffions ouiiepafler toutes CCS difficultés,
M A i s ces m e fcha n s Fti git ifs qui ^^^ ^*^ nous cmmenoyent d'vne v aucu- ^"^^^ ^ gle Ôc téméraire haftiiîcté , crai- kf**rem ,jgnans d'eike pourfuvuis, &me{^ eUuè\ .jprifans le falutaue adueriilTemenc c qu'on leur auoii fai(5t, /ans arten- j dre le iour fuinani nous poiilfeni: pn voye tous chargez eouii on la .Iroifieimc veillede lanuiâ:. Auifi li'ignorant point le danger duquel manansnoos veooientdedon* T adus,ie me fourre en tapinois e plnsauanc qaeie puis au rniheu le la trouppej & me cachant par- ay legros des montures , a iuitois ce que les aflàults des feres ne le veinilenc encalmer les kï![^&i
il
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HvieTXESMJ! L7VRB T & chafcun s'eftonnoit que ic dc uançâ/Te les cheuaux à la courk Toutesfois cefte viftelfe n'cftoi point icfmoignage d'allegrefTe mais de crainte. En fin ie faifoii mon cote à-part moy que la peui auoir plufloft donné x des aiiies I ce brauePegafe ; que pour cefti -caufe on l'eftimoit aucc raifon a uoireu des pennes, pour ce que craignant la m orfurc de la Chimè- re portefeu , il i*eflança bien hatu en Tair veirc iufques j» au ciel. Cai aufficespaftresqui noustouchjici Ener- marchoientcn ordonnance aroiei iirf Je àguifc de genfd'armes: qui d'vnep g^nfd'^rhnce , qui d'en efpieu , qui de flef. wcs» ches,quidebaftons, qui de pier- res que le chemin afprc &c caillot- teax fournilToit en abondance. Au- cuns poitoient des perches poin- tues toutes debout; & plulleurs auec àcs torches ardantes don- noyent l'efpouuanteaax feres: & rien nemanquoicfinon vnc trom- peté pour fembleryne armcc prc- fteàcombacre*
I
y
Mais ayanspounicant acqui* té cefte aflez vaine crainte, nous voicy prins en des lacqs beaucoup plus dangereux, Car les loups peut cftre à caufe du bruic que faifoit ceite rrouppe de ieunes hommes; ou pluftoft efpeurez pour vnc fi crofîe lumière de flambeaux ; oa Dien qu'ils fufTent; en quelque au- tre quactier àla quefte, ne firent au* cun pas alencotre de nous,- & n'en vifmes mcfmedeloinor feulement la queue d'vn. Mais les manants Les fit" d'vn village que nous trauerfions/^^-^/-'^'' d'auencurc alors, cuidans que ce ^^^^ l^s fuftvne [rouppe de biiginds, foi- chUns gnansà leurs befongnes, & faifis ^f^es d'extrême crainte, halent inconri^ eux. nem&iànsrecognoitheielon leur CT^ couftumeànostrouiïisdes chiens de court, àc^ raaftins enragez êc gros à mei ueîlles , pi us î.\ ro u fches & cruels qu'aucuns lonps nyoury, Jefqufîls ils auoient curieutemenc ïiouuris pour leur defcnfe & feurc- tc.Euxdoncques outre leur natu- relle feiocicé^ aigtispar le bj:uic &
TÎVICTIBSME IITRH
tumulte de leurs gens, nous vien- nent âiïaillir : Ôc s'efpanchants de tous endroits à nos codez , de fchi- rentà belles dentshomesf«'nimes| cnfans & montures peÛs mefle & fans choix : & s'acharnans après nous en laiiîent plu(îenr fur le carreau. Vous euffitrz veu certes vn non fi mémorable que miferablefpedaclejvne multitude de chiens efchaufes en leurs cou- rages , les vns cmpogncr le.s faiaits, d'autres s attacher à ceox qui s at- reftoient : aucuns defpecer ceux qui gifovent par terre, & courir à gueule bée parmi noftce bagage & prouifions.
Apres ce danger voicy qu'vn au-
!tre plus grand nous vient ailaillir. • *#i,««i*i Ces paiians nous pourfuiuent à rinent^^*^?^ depierres detur leurs mai- . \ ^^^pj fons depterre ^'' ^*iÇon que ne potiuionsancune- i,,, ment difcerner laquelle àc% deux malencontrcs il vailoit mieux el- cbapper,ou les chiens de prés, or les pierres de loing. EACieielquel
le
£>E L'AsME d'orIJ 27?
les vnc afTena ie ne fçay qu'elle fé- me que ie portois fur mon dos : la- quelle efineuë au fentiment delà douleur , efleuant foudain ôc Cçs pleurs & fon cri , appella quand ôC quand fon mati Tvn de ces pafttes au fccours.Mais luy requérant l'ai- de des Dteux, cfFuyanc le fang & medccinam la playe de fa femme; Poarquoy ( 5'cfcrioic il d'vne pi- reufe & complaignante parole) at fàillez vous & deftruifeKauec tanc d'aigreur ôc de cruauté ces pau- urcsgenshara{rczdetrâuail& qui ne demandent fînon à paHerleuc cbemin ? quel butin penfêz-vous faire? quel dommage vangcz vous? encore n'habitez vous parmy les repaires des beftes fauuages , ou parmy les roches Ôc barricaues des barbares, pour prendre plaifir à re- ine fpandre le fang humain.
A peine eut il tenu ce langage
i que celle grcfle de cailloux ccfla^
\ é- ÔC la lempcfte des chiens s'accoifii.
oJ Puis vn d'eritr*eux monté fur vu
•1' cyprezj Mais vous autres(ce dit- il)
' :i A a
I
lie pcnfcz pas que nous abboyoni
après vos defpouilles pour -vous
brigander: au contraire c*e(l pour
leur nous garantir de pareil outrage €-
donnent leconrrede vous ; orpouuez vous
tinpé. maintenac aller en paix & feureté.
Ainfi dit- il ; &? nous bleiTcz en di-
uerfes manières pourfuyuons no-
ftfe chemin , l'vn remportant vn
coup de pierre, Tautre vne dentée:
& tous en gênerai qlqueblelTeure.
Quand nous eufmes auancc
quelque peu de chcmin,nons ren*
controns vn bofcage de hauce fu-
flaye , dont la fraifcheur &: verdu
Chdcun ^^ rcndoicnt le fljour aggrcable.
fenfefes ^^ ^^^^ ^^^ °°^^ emmenoienr
pUyis. troquèrent bon de prendre vn peu
de repos,& penfet leurs corps ou
trageufcmentvlcertz. Ainfi cou
chez à terre qui çà qui là premic
rementilsreprenent haleine, p
fc hadét d'appliquer à leurs play
les médecines neceflsires. L'v
^felauelefang ÂrTeftacheau cou
tant d'vQ petit ruifleau : l'autr
. (ftauefcseafimes b auecvnec
H"gT Q
DE l'A:>H B d'or. 27I ;lj
ponge trempée ; vn autre encore ^H
cnueiope fc$ vlccres entamez a* i
«ec des drappeaux & bandelettes. Voylà comme chacun aduifoit ^ fonfalut. ,;|
Cepekdant vn certain vieil- lard nous regardoic du haut de la montagne, autour duquel pafloit ij
vn troupeau de cheures, L'vnde .!
nos gens luy demanda s'il auoic jf
point de laid oa quelque froma- ^|
ge mol à vendre. Mais luy branlât j
la lefte à plafieuts fois ; Etcotn- j
nienr?Ccedic-ilj vous fongez donc ,\^ i ques maintenant à boire & à man- "^j,^ ~ ;ii ger? perfonne de vousnefçait-il ^''**^^? ij quel eft l'endroit où vous eftes ab- ^^^ , â bordez? Cela dit. ayant aflemblé*^^?!:!! fes trouppcaux il nous monftreles ^
talons & fe retire bien loing. Ce- |
fte parole & fa fuitte ne donna pas vn peu de frayeur à nos bergers. Et comme tous cftonnez ils Ce mettent en deuoir de s'enquérir touchant la qualité du lieu , fans quepetfonne la leur enfeigne,roi- ci d quva autre vieillard , hault 4fi
Aaij
ir
HriCTlESME LIVRE
r'n Au- taille , chargé d'ans, touc e pan^ trefein- ché fufvn bafton, tentent qu*aucc peine, s'auancefur le che- les rg' min pleurant à chaudes larmes j èc
2uierf flous embralTant la cuiiïe à tous efe^ Tvn après l'autre ; Par nos Fortu- ot/rSé nés ÔC Génies (ce dit-ilauec vne très hûble requeftejpuifliez vous à la bone heure eftre arriuez pour foulager mon vieil aageî fecourez ce bon homme /decrepire & che- nu;ôc retirans des enfers^ mon pe- tit, rendez le à ma blanche vieil- IciTe ! C'eft mon petit fils, moa doux fupporc & compagnon de chemin^ lequel courant d*auencu- re pour prendre vn moineau qui chantoii dans ce buiiîbn, s'eft laif. fé cheoir dans vne folTc que ces broITailies empefchentdapperce- uoir au defFous, & coure mainte* nant fortune de (â vie. l'enten biea à Tes larmes & paroles qu'il eften- cores en vie & founent appelle Cou grand pcrc:toutesfois la difpofi- tionde mon corps erpuifeecom- nae vous voyez, m*cmpclchc de
:^!
aaurarLaijiJ
JDi l'Asve dok, 179 Taffifter. Mais par le bénéfice de voftre aage & force vous pouue» aifcmec fecourir vn miferabîc vieil- lard, & Qie redrefaln& (au f ce gar- çon dernier de ma race , mon feul héritier & bafton de ma vicilleffc.
Or nous efmeuc-iltousà pitié, f^nde levoyans fapplier auec lantd'af- iatrou-
fcdlonSc s'arrachanclcjcheueux.
fO
lis vnde noftre compagnie ^^i^ plus vaillant & hardy, plusienne Ôc plus robufte qne tous les autres, qui mefme auoitreul efchappé la charge fjf dite fans blcirure, fepre- fente fort délibère; & s'enqueranc où le garçon eftoit tombé, accom- pagne fa-ns dclay le vieillard qui juy monftroit au doigt de gros buiiTons eCpineuxalTez près de là. Mais quand la troupe eutprins fà refe(n:{on & panfé Tes pbyes , cha- cun troufTe ba^aî^c éc remettent en chemin.
Premièrement ils appellent cha- cun par Ion nom, & notamment ce ieune homme à plufieurs foisj puis eftonnez de ù. longue de-
Aa iij
v4:
Hv'tctiesme livre meure, ils députent vn d'entre- cuxpouf l'ailer quérir & luy faire fçauoir qu'il eftoit temps de def- '* 7^ loger. Qu^cJque lêps après le voi' deitore ^y fguenir h pafle comme bcys, far]^n ^ ^q^ cfftayc rapporte chofcs drdgon, effrange louchant leur compa- gnon : qu'il l'auoii veu rcnuerfé Fur le dos à demy mangé , qu'vn horrible Dragon & grand à mer- ueille feanc auprès de Ton corps ' . Aciieuoitde ledeuorer; & que ce \, mal-heureuï vjeil''ard n'appacoif-
ibic aucune part. ■ Ces nouuelles ouyes, &: la cha-
fe conférée aueclef paro'eî de ceft aiurc berger qui leur auoic faict fi- gne deîatefte, Que perfonnc au- tre fors ce D:a(iûn n'hibitoic ea ce lieu-U \ ils quittent celle pedl- I Les au- lente région , prennent bruTque* irtsfuj- ment la fuitce,6^nons haftcnt d'aU tnt cr 1er à grands coups de ballons. Fi- haflent nalemçnt après auoir faid vnc tiofire bonne pièce de chemin» nous arii- •Afne k lions en vn vilUge , &c là palTons coî4psde toute la nuiifl. Mais ic de lire vou*
Di l'Asne d*or. 1S# conter vn cftcange accident que * j apprins en ceft endroit.
V N certain efclaiiej auquel fon Nôuud maiftreauoit baillé toute la ch^t-UmrM ge & gouuernement de fa maifon, tiorto & manioir tout le reuenu de ce grand heiitage auquel nous eftiol logez, auoic efpoufé chez fondit mai{lrevne femme de mefmeco- dition; maisaimoic efperduëmcnt vnefi anche ôceftranf^cre. Safem- ^^^/*" me forcenée de ja!ou(îe , k ne y^^ / - pouaanc foufKir quVne autre la **^A» fiaudaftdefon ordinaire , brufla tous les com pies 5c papiers de fon mary , & tous les grains qu'il auoic ferrez au grenier,puis non conten- te dauoir par ce doaimage van-
îd^ gé l'injare de fa couche , s'atta-
quanc mefme \ fes propres tti'^Sfprâcf^
.: trailles/e façonne vue corde, /at-p/^^^^^. tache auec elle vn petit enfant r^^ qu'elle auoit des long tempsefle- *^;>J4. uédece mtfne mary, & fc pre- ^^^ r^^ cipite dans vn puits très profond, cnfanu cnrrainant auec elle , fon petit ?7> '"^ appentis. Leur maiftre extrême*
A a iiij
HviCTlîSMi LIVRE
LemAu ment affligé de leur morr,empon- Jlre du goeceft cfclaue, qui par fa luxure ' fnuryU auoir efté le motif de fi grade mef- f imite- chajîceté, ledefpouille toutnud, firange- le frotte de miel depuis la tefteiuû i-ment^ quesà la plante des pieds, & lac- lache fort& ferme contre vn fi- guier, dans la Touche pourrie du- quel frecilloitvne quantité de for- \ misquis'eftoiencnicheesleans, «5c
pardiucrfes faillies alloient & ve- noient \ gros monceaux. Si toft , qu'elles eurent fenti la douce o-
deur de ce corps emm'clîc, elles s'attachent contre, &: par perices ■ * mais fréquentes & continuelles
n morfures luy rongent toute Ift chair iufques aux os, le minent & confommentà lalongpe, telleméc que les os defcharnez &r refplen- difïànjde blancheur demeuroienfi pendus à ccft arbre funefte.
Or quittansaufîî ce deteftab'e Ios;is, noushifTons les payfans ex- trêmement affligez , & palTons plus aoanr : puis avans cfieminé 1 tout le loue à crauers vae longue
.
D E l'A s n e d* o r. iSî campagne, nous rencontrons bien . I-^fd' haralTez vne grofTe ville & bien mille de peuplée. C'eftlclieu que ces p a- -^^^«'^f* ftreschoidrencpoury faire leur de- mcfe meure à iamais 3 efperans que %^« pour eftre cfloignee elle leur don- neroit fcure retraidte alenconcre de ceux qui les voudroient recher- cher ', d'ailleurs le vil prix & la i quantité des viures les inuitoic à ^1 ce faire. En fin on nous donne à nous des autres bedes à bad crois iours pour nous refaire \ ce que nous fuflîons plus vendables en fuite, puis on nous mené au mar- ché , ou le Cricur iuré nous meit à TenchereaniesSc cheuauxauplui ioffiant & dernier encherifleur : & quelques riches marchands nous tjachepierent.
■^'' Or me laifToic on à part auec Feni ^idefdain fans que perfonnevouluft défont l'iemoy^de façon quem'ennuyant heft^iL . ieme voir ainfi mettre les mains kns ma bouche par ceux qui vou- oieat 0 ^ mes Jentsiuger de mon âge , i'cmpoignay la main fale &:
{ .nuance d'vn certain qui me venoic
Uojlre tous co'ips gratter les genciiies itfhe cafà^ifcits doigts punais , & la !uy Je les calKy route à belle dents, i^lltfi doigts^ nerionnc n'eut le courage de m'a- çdttjf cheter,comme chacun ni'cftiinant, ' ijui^oti le plus Farouc'ie a loitfçx Adoc leCrieur ferontipâc'agorgc. wir fon à Forcede criailler, & clabaudant ■^:ige, dVnevoix curouje fc ga'ifToit de niesaducniurcs & Icsiournoireii ! liiée.Qjegaignons noLisfcedit il)
d'expoieren vef.re pour ncdiic ce f vilain chaftré ? re vuillot qui a les ongles coures gaftées, q laid Je pe- lage, loud &: paiedeux. & neanc- moins contre h)€t le furieux, bicQ ' qu'il ne vailU plus v.ç, qu'à faire de
Il fa peau des cribles pour cribl er IcJ
^ balic-ires ? D onoonsle pluftoftà
, Cjuel ju'vn, (i qoelqu'vn coût efoii
ne le faiclie point de perdre foa ' foin. Aiuli fâifouceCneur rirela compagr;ir a .^^rge d^rlplovée.
Mais celle mienne fortune tot'^fiours cruelle en mon endroit, laquelle fuyant par wni de rtgiçj;
tl L^A^NE d'or. aSl
je n*ay fçeu elquiuer,non pas m(?r- me appaiTcr par toutes mes affli- ctions précédentes, me veint en- core vn coup regarder de tiauers, me pref^ntant vn achepteur iufte- luentrel qu*i! me le faUoit durant ces miennes adnencures. E^coutcz qui ce fut. Vn BaHache vieil &:-^^ '^^- cbaijue,gros de poil, mais auoules ^otrcv/f^ cheiieux rrefpelus ^ priiez pen p'^^w4» dans d'vn cofté : l'vn de la plus/^^ f^^ cbetiue condition qui foit parmy y»^'^^^^ le populas entre ceux qui vont. m mendians d'huis en huis . àc de vil- lage en autre joUins des cymbales & dondaincs , & noctans fur leur$ cfpaules la r Deeffe Syrienne pour tuoir quelque lippée. Ceftuy-cy tropdcfîreux de m'achepter, de- mandeauCricur /d*oiij*cftois. Il refpond que j'eftois de Cappaclo# ce,5«: de bonne force. Puis s'infor- me de mon aage , & le Crieureti houfÎDnnant : Vn certain Mathe^i maticicn ( ce dit- il ) lequel a re- garde la difpofition de Ces eftoiU Iles , afTeure «pHl peut àuoitengii-
HviCTîESMB LIVRE
ron cinq ans : mais à caufe de fâ profcfTion il cognoiftcecy mieux que nous : car ie ne veux pas en- courir àmonefcient la peine por- tée par tla. Loy Cornelia, il ie vous vendois vn bourgeois de Rome an lieu d'vn cfclaiie. Qje n'acheptez-. vous pluftoil vn bon & profïita- b!e feruiceur qui vous fecue tanc aux champs comme à la ville?
D E s-L o R s ceft importun ache- teur ne cefsa de s'efmoyer d'vne & d*autre choie ; & finalement fi i*e- ftois point rebours 5c difficile.Mais le Crieur : Vous voyez ^ cefair- il)«vn mouton, non pas vnafné:il cft à tout faire, doux (Scpaifible , il ne mord nyneiue : au contraire vous diriez pluftoft que defso'js (i peaud'afnehabirc vn homme fort modefte. L'expérience n'en eft pas mal-aifée ; car Ci vous mettez la te- fte entre Tes eu ifses , youscognoi- ftrezaifément dccombien grande patience il vous- fera demonflra- tion. Ainfi fe gaufsoit le Crieur de ce vieux gaigne-petit.
E L° ASN E DOR. iS^
Mais luy cognoifîaiit la moc qucrie -, Hé que noftre tonte- puif- fan te & mère detouces créatures la .V DecfTe Syrienne { ce dit-il) 3c j fain6i:Sâbaclienj&^Bellonc,&: Iamerc4Ïdcenne5& Madanne Ve- nus auec fon Adonis te puifTent rendre fourd (Si muet 3 ôctecreuec les yeux alFronteur que tu es , qui dés long temps as piins plaifiràte mocquer de moy & m*attaquer de paroles boufFonncrqueslPenfes-tu Hiaiftre for que ie vaeille commer- irenoftrefaindeDecire àvne bc- (le rebourfe & reuefche , afin que tout à coup elle meyerfe fon ima- ge? & que ie fois en fuite contraint de courir ôc bonncter latcftcnue quelque Médecin pour guarirma DeefTc gifante fur le carreau.
Q V A N D i'eu ouy cefle parole, îe me dtliberois de courre les champs à gnite dVn eoragé , afia que ce chaud marchand pcrdift Fenuic de m'acheptcr , me voyant piîulfé d'vne telle aigreur & fero- cicc,^,:Mâis ilptcuientmapçafcej
h
HvrcTiESME trvRi
comptant fc'uc^au» la tomme de fa
dernière enchère ; laquelle mon
\ maillre fut bien aifedereceu^ir^
tant il fe fentoic thaieéde mov;
^4.1 fcî ^Ç^^^^''^^*dix-fcpt deniers: puis
^ 1 m'&vant l'éd'vneeioiTe corde par '
[ . lecol me mu des I h' me es mans
■ ' de Philebe : car amfi s'appelloic
mon maiOre no^meau, L
^ quesreccuaiuion r ouceau ^('er-
I uiteur, l'emmena chez lov,& dés
i
''»» r QTî'il approcha de Ton loeis;TrneZ
r V honiles ( seiciie il) le vous amené
/• /• du marche d vn eentil leruucur.
y f Mais ces n'ies eftcicnt vnetroup-
. pede Bardaches , qnilautelansde
^ joye iettereni foudain plufieius
cris mal plaiTans dVne voix caflfe,
rauqne 5c toute efféminée eftimâs'
qu'il leur euft de hiù. apprefté-
quelquVn pour les fcruir.
Mais comme ils virent que
ce n'cftoit pas c vne bifche au lien
d'vne vierge, ou bien vnarne fup-
po(cpourvn homme; ilsrenFron-'
gncntle nez ,&reprenentàdrâp-
per [çur maiftrc à double eaïul;
D F. l'As NE d'or. :S4 lon.Ilne nousa pa-amené (cedi- foient ils) vn fecuiceur , ipais bien vn mary pour luy.Ec s'add redans à luy : d Ne mangez pas touc fcnl vn fî beau poulcurai'.'î^^s en quelque- fois part à nous autres vos colom- belles. Cependant qu'ils s*amu- foient k cageoller ainfî IVn anec laucre, on m'attacha prés du râte- lier.
Il y auoitîeans vn jeune home d*fl(Tezgrofle taille , btauemene- ftrier , pour lequel loUer chacun auoit contribué, qui chantant du, hautbois hors la maiion,le promc* noie aurour de ceux quiportoient la Deeffe de bourg en autre^Ôc de- dans » fcruoir àccfte e befongne mcflangce comme les autres à Ton tour. Si tort que ceftuy-cy m'eut apperceu dans le logis , il me bail- la dequoy manger «uec la^gelTe, ,| & loutefbaudy ; Te voicy fiaale- ment venu pour me Icruir de vi- caire en ce raiferable trauail. Or y puiCTes- tu longuement demeurer^ f omplaire à tes maiftrcs, &i ^^^f?*^:
^F HviCTnSME LIVRE
mais foulagcr mes reins clquenez. ' O Y >NT ces paroles , i'ipprc- ■
hendois défia la peine en laquelle ; i allois entrer. Le lendemain voicy \ qu'ils forcent en rue vertus d'ha- bits riolé piolcz , & chacun /dif- 1 formcmentformc jayanslevifage j froriéd'vn fard bourbeux, & les S yeux oingrs d'vne galante façon: | & portoient des mures ou tur- bans, des houpelandcs iaunes, des fîcnies , les vnes de toile, les au- tres de foycj aucuns des cafâqucs ) blanches bigarrées de pourpre à
longues rayes & trouiTces au ce vnc ceinture par le fau du corps, chaulfe2 d'efcarpins aurangez, & rae boutent fur le dos cefi^e Ifiy Decffe habillée d'vne robbe ôc faifi d'vn voile defoyc : puis les bras porter retrouvez iufqnes au defTus des JuDfcf' couldes , & portans fur leurs ef- C sy- Poules de grands glaiues & coi- rùnne, g"^^^ » ^^ iettent en campagne chanrans^£"«4« ï tour de rcole, 5e danfàjisvn branflc forcené à guife deBacchaaces,
^-iur tin o T
Ainsi trottans de porte en porte ils arriuenc en vnemetairie dVnfeigneur ^ Britin ; & d abor^ dce fe fourrent dedans comme en- ragez auec vn eftrange tintamarre & nullement maLaggreable. Puis panclians la tcfte , tordans le col aucc des mouuements lubriques êc lafcifj , roUans en rond leurs cheueux eTparpillez tout autour de la telle , Ôc fedonnans par fois des dentées es mufcles de leurs - bras , fe les defchiquetent en fuitte ffjpi^ auec des rafoirs à deux tranchans crifie qu'ils portoienr. Entr'autres ynfufer^^ quidam bruyoit par-defïïis tous,7?/VzV^ & rapportant du plus creux de Ces fiwom» entrailles de gros foufpirs & Cstn^ brc de giors, comme s'il eufl: efté remply deuo^ dequeiquediainefprit, /contre- ti fâifoit le o'iemoniaque auec àe% /îttgeries &: fîmagfées du tout eftranees: k comme fî les hommes rranfporfcz hors de foy s^^A^ liiToient en leur fens par la pre- ence de% Dieux,8cpoulfez de leur î/prit deuenoient inlenfez ou ma-
HviCTtESM E txvki lades d entendement.
On aduifcz quel mérite il en remporta par la prouidence di- uine. Il commence auec vne bruyante & tempeftueufe diul- naàonfe blafmer à faufTes enfei- gnes , Ôc faire Ton procès foy-mef- me, comme s'il eu(l tranlgreilé Tordonnance de la faincle religio, ^ vouloir defa propre main van- gerauecraifon en fa perfonue ce prétendu forfeid. En fin il prend vn fouet que ces /demy- hommes ont couftume de porter , faid de longues courroyes de mouton cor- données à plufieurs nœuds. &: gar- nies de petits offelets eiquariis en- fil, zlvn auec l'autre, & s'en cfTril- le à diuers coups ainfi que d'vne edriuiere, leprefuiTjani edrefort bien muny contre les douleurs de fes playes. Vous evilîifz veula ter- re trempée par l'infedion de ce fang cfKminé qui ruifleloit dei taillades & coups de fouets qu'ill fe donnoicnt cox «nelmes. Et cer- tes cclameDQeuoit en peine non
petite , &c me donnoit de grandes apprehenfions , voyant Ci grande quantité de playes de de fang ef^ panda , que d'aduenturc comme on entre quelquesfois en appétit «le boire du laid de femme , auflî cefte Deeffe eftrangere ne prinft cnuie de humer le fang d'va Afne.
Mais après qu'ils furent las ouplurtoft faoulez de fe chaircu- ^^^'^ ter, ils firent vne paufe à leur bour- f/?»*'^- rellerie, ils fe mirent à faire la que- ^^^'^ ^^ fte, &: ferrèrent en leur fein bon- ^'^^g^^i nequaniicc de pièces de cuiure^ Cir d'argent aufïï que chafcun leur donnoit à i'eniii : voire mefmcvn bariil devin , dulaidl , du froma- ge,quelque peu de fi ornent^ défè- re» ôc d'orge que ?n les manans reientoiencau porteur de laDeef- i , ramalîans toutes leurs bri- es auec beaucoup d*affe(5Vion , êc es ei3pochâs en des befices qu'iîs inoient tout exprès préparées à :eO cffeâ: : puis les me ietterent urledos , afHn ce croy iequeie
HVlCTïBSME LIVRE !cur feruice & «dcmagafin &cîc temple. Ainfi vagabondans il al- loicntpillanslepays.
O R arriuercri vn chafteau^bien f/ire esbaudis du gain qu'ils venoicnt itmne de faire plus grand que de cou ftu- «^f/'r. me, ils commencent à fe traidlcr cnenfansdeboiinc maifon, o Ils demandent à vn merais vn mou- ton gras fous ombre de luy dire fa bonne aduenture,affin (difoicnt- ^P ils ) de ralTafier pat fon fàcrifice la fncofâ ^ fainfte Deefle f qui mouroit de fort ^/e faim; puis ayans fort bien habiU i^iUj* lé dequoy foupper , ils s'en vont auxbaings, & ramènent auec eux vn gros garçon de village bien râ- blé &: mieux fourni du bas de ven- tre pour fouper auec eux. Maisi peine eurent- ils gouflé de quel ques (alades , qu'ils fepiindrenc; pratiquer leurs vilaines & dcte fiables ordures , lafchans auec vni exrremc pollution &: desbordemêc mefme déliant la table leurs q lu- xnrev illicites: & tenans ce pauure icune homme tout nui & renuer-
DE L'As NE D'OR^ 187
féfur le ventre, aflîcgé de tous do- ilez au milieu d'eux , le lolicitoient i^^m- à fe lâfchcr à leurs exécrables ôc blés 4- . diflblus appétits. ^es
Cette infolcnce me toucha fi ombrA» vifuement que mes yeux ne la gc\ dt pouuansfouftenir longuement ^ie deu9* m'eiforçay décrier, Omessievrsj tm^ mais ce premier mot demeurant veuf&defpouruea de toutes au- tres fyllabes & lettres,marche tout feut ; âcnefçeuiamais prononcer que ceft O, clair & renforcé , con- uenable & propre \ la qualité dVa Afne , mais en {aifon fort importu- ne.Car vne troupe de ieunes hom- mes ccrchans vnafnon qu'on leur tuoit emmené de nui(S^,fouilloyêc auec vne extrême affè6tion toutes les hoftelleries 5 & m'ayants ouy braire dans le logis , creureni que leur proyefuft recelée en quelque rçcoing.ielamaifon.Ilss'yiertenc ^^ introuppe& brufquementjàdef- ^^«- ing de reprendre ce qui leur ap- ^^^^^ artenoii; & les furprennent corn- f^opini' e ils exerçoyent à defcouuerc '»^^'i;
lll.: 'M
m
m
Fût de-
cefie "vermi- ne fans tmn^ pftte. qui
cent no*
Jire A/.
ne de
couffer Id gor-
Ie$ aâes d'vne vilaine & deceftable Venus : puis fiifans parc à cous les voifins de ce qu'ils auoicncappcr- çeu , ouurircnc lefujec d'vnetrcd abominable raillerie;(i que Jcflors chafcuiilou^ par moquerie la trefl ordre & creffale chaftecé de cei preftrcs, leîquels efpecdus de cefte infamie, quicrotcanc foudain par la bouche du populas, lesauoit ren- dus odieux & décelables à tout le monde j troufTenc bagage enuiron minuidl, & fans bruit dcilogenc du chafteau.
Le Soleil n*eftoir cncoresleué qu'ils auoycnc defu faid la moi- tié de leur chemin ; & quand le iour eut efclaiié Ivràuers , (è crou- uansendes lieux ëlcartez & foli- taireç , après s'eftre longuemeoi chuchotez IVn l'autre à i'oreilh ils fe préparent pour mecoup[ la gorge : & m*oftans la Deelle delîusmesefpauL^s , ifs lapofeBf enterre, mettent tout mon har- nois à quartier, m'attachent coa- cce va chefne ^ ^ me biiccaos auçf
ce fouet enfilé d'oflelets de mou- jjï|i
ton , me pouffèrent quafi iufqucs ill
AUX derniers cflans de la mort, ;,
Il y en eut vn entr'autres qui pendit- T* œe voulue coupper les iarrets a- |^^^ ' ]| uecvne cruelle hachejpource que /f.j ^,^^ | i'auois fi diffbcmcment ciiomphé /^^^^ ^ | de far blanche pudeur. Toutefois les autres , non pour aucun refpeét qu'ils portafsêt à ma fauuctc , mais bien enconcemplation de l'image qui gifoit à terre , furent d'aduis qu'on me laifTaft en vie. Ainfî donc m'ayancs derechef farcy de baga- ge , & refpce au poing faifans mi- . ne de me coupper la gorge àchaf- i'^^^^Tt* que bout de champ, ils arriuent en ^/^^ vncnob!e& puiffante cité : dont v^'^"^" IVn des plus apparens , homme ^î^'^"^ deuot &: craignant les Dieux , qui ^'''^" I fi^auoit fore bien iouec dt% cymba- ^^^' , |Ics,toucher le tambour , 6c chatt- *^ : ter les airs de Phrygie, veintau- ideuanc de nous,& s*e(timant bien- heureux de loger la DceiTe chez uynous reçoit tons dedans l'en- • I os de fa roaifon,5c s'efforce d'ap-
'l
HVICTIESME irvRi paifcr la ma jefté d'icclle , l'idoianc aucctomehumilicé, &layfai/anc offrande clqs plus grafTcs hoAics qu'ileuft.
Il me fouuientd'auoîricy cou- ru la plus grande fortune du mon- de. C*cft quVn certain metais a- uoitenuovc pour prcfcntànoflre horteionieigncur,vne portion de fa chafîe , fcauoir eft la cuiiïe d'vn cerf gras ôc grand à mei ucil'es 5 la- NoBre ^"clle vnliniierayanttrouute ne- ^fne g^'gcmment & trop bas peniuc câurt derrière ia porte delà cuifine, em- fortme* P°^^^ cachément & tout ioyeux '- • de fa proye fe defroba brufque- i ment de ceux qui lauoient en gar-
de. Lecuifinierappcrceuant cefte perte , &c blaimant fa nonchalance afcec vn extrême regret &defplai- firde n*en pouuoir recouurcr vue autre affez promptement, atièn-. da que fon maiftre coromandoic que l'on couurift foudain latableJ craignant d'ailleurs quelque plus' rigoureux cha(Hment,s'en alla bai- fet vn petit enfaju qu'il auoit , puis
femcitand
a l'Asne dor. i8p *fe mettant la corde au col eftoic délibéré de le pendre.
Si ne put il Ci bien faire , que fa femme ne fuft aduertiedelader- niereaduanture que Ton mary fe preparoit, laquelle fe iettant dVnc brufque violence à deux mains à ce funefte cordeau; Hé faut-il f ce dit-elle)que ce malheur vous affli- ge fi cruellement que vous en perdiez l'efpiit ? ne voyez vont pointce/ remède fortuit que la prouidence des Dieux vous pre- lente? Or s'il vous refte encore • I fcntiment de vous mefme en ce dernier alTaut de Fortune , refueil- I lez vous pour m'efcouter & croi- re mon confeil. Emmenez mov ceft Afnenouueau venu en quel- que recoing à Pefcart, & me luy De fêrZ couppczla gorge : prenez-en vne ^^e U ïCuide , habillez la gentiment en "V/V. guife de venaifon comme vous fçauezbien faire , & la feruez dé- liant M onfieur au lieu de cerf. Ce poltron refolut incontinent de ùuuer fa vie aux defpens de la
Bb ^
HVICTI E$M E t IVRE
mienne: ôc louant auec beaucoup d'affe- dliol'induftrie de fa fcmnne,aiguifoic dcf- jàccscoufteaux pour faire fa boucherie..
COMMENTAIRE S V R.
LE HVICTIESME LIVRE
F
ueiïîti^a.pa^.i, a Au chjntducoq]
Cefîvne chronogr aphte. cde fa îptton de tcps
feUn que le ^our fe diuife civilement, p Une dit que
l^ature kproduici le coqgxrde de la nmEl , pour
'h efuetUer de bon mdtin les hommes^ Cr les reuoycr
•/ à leur ordiriAtre vacjfiûn:car de leur chanf ils an ♦
f ' noncent le tour prochain; Cr du battetnct de leurs
f( ailes, le chàft qu'ils s' en 'vontfxire,S,^mbroijeaiê
c.de ï Hexa7neron:Le chant du coq efi agtesble de
nuiB]& nonfiulement agréable ytn^tf au fit vrom
fitable: attendu que comme vn bon O* fidèle com
fa^nén de logu^tlefueilieceluy qui dort^done ad*
iiis à. celuy qui ejl enjoucjf , confole le ijoyageur^
protefi^nt à luute -uoix que U nuiâ s'auâce, Lei
Autheurs efo tuent. ZT" l'apologue à'^fofe le ^?»a-
tre^que le chant du coq fût peur aux lions,
(? Ma Dime j DeJormAts qu'elle eJl mariée , O*
jouyt defon eJj?oux,elle porte le nom de Dame,
Efcuyers] Ce/le diuerjité de /ecliére, recrée! ef*
B î l'ÂSNE d'oR^ 2P0
pritJu!c&eur,qffiJefourroi[enn/*)fer4utremenf. di\y a.\\oit]Kar rat ion déduite fttyfmnt lespre^ ceptes de rhetoriijue.cUire, hrefue^femblMe, pdf Ltejuelle tout le c^ efl ft proprement defcyipt,qu9 fenfeplufiofivoir que lire U chofe mefme» f Fa 61 ion ] E?ître les bons , c efl amitlétentre les tnefihAnsfoStion.Tcrtullian : LemmdefaElion s' accommode k ceux qui de hdine qti ils fartent aux gens de hien , confirent enfemble, f ThrafyllejN^w conuenMek'vn br'igdnd, T h ra \o s figntfie témérité , férocité ^ audace : Csi* Thr.tCjHe. temerdire, félon, dud^aeux, ^ Efconduit] On ne peut préférer t'vnqudtâ mcjprii (^préjudice de l'autre^ on ne peut choifr l'vn fans rebuter l\mtre^ce dit TertuÏÏun. h D'vn ires-fîdclIeamy]//»j'rff/Vtf mnemy ^ue ledtfiimuk\ occulte, couuert d'vn ma/que de fxulfe amitié* C^llim dit fort bien'^ Ce font de ires-dangereux ennemis, ceux qui por- tent vn vifage gay , mais vncœurtrifte : vous ne fçauez comment les retenir ny L«i| comment les lafcher. Pefdçon quduectels amis njoujeffes comme celuy qui tunt "yn loup pxr les oreilles, ^inftfe vérifie le dire de pUute z î/homme eft loup à V h onxmti quand on ne cognoijlpoint ce qu'il a dans le cœur.
If En melme compagnie ] Lesdnciens apùeU
HVICTIESME LIVRE IcntU tdhle, c. U communauté de 'vie, entretien d'amitié : O" de fait on acquiert fouuent par ce moyen des amts dont U Lintife & (onuerfation e^enfuitte precicufcLes Grecs ont vn prouerh à ce proposiLcshons s'en vont d'eux mefmcs ôc n'ont appeliez au banquet des bons. Certes cejlle moyen de s' entretenir en ctmitié: car U hitnttfe accroifi UUen-'vueiUance. i^ La flamme] L'amour brufle plus fort quenylefeu ny la flamme, ce dit xeno* j fhon : car le feu ne hruflefimn ceux tjm le tôt*-, ] chent^ou qui s'en approche de trop près : mats i'a^
s! wour hrujle , enflamme , embrafe ceux
y tne le regardent de bien loing .
A l En fêcret ] Les mjfieres de Venus '{veulent f J
H firefecrets^ nondiuulgm^^, l'amour deflob» èédoit efire occtilte. o^ clandeflin : O" comme ditleVoëte ^majius\ Venus requiert qu'on celé fes larcins.
m Des yeux qui vcilloienc ] La necep'ité efigardienne de chafletéj ma'pshienfouuent fort defioyalU : car comine ditfatn& Hierofme : D e- quoyfertdelescfpier (i foigneufemcnr, veu qu'on ne fçauroit garder vne femme impudique, & la pudique n'en a poinc bcfoin? ;« Charité nefoulFtoit point] SembUlU co^
DE t'ASN E d'ôR. 291
fi il donne Venm kfon adonis , ati \6. chapitre ctu cinquiefme liure de U Myeholo^e, fz San:; bruit] Cejl le frot>Ye d vn chien qui ^ bon nc^i d'cnfàgnerlegi^icrp'emierementaucc Li queuè\p 'ùs auec le mufcAn Jms abojet ,fnon ^hx[[elf'jix,
p Vn ranglier]^c'?.'f,^/'^^f// , d'exprimer en fermes ùrovres la chofe (jue nom voulons fùre en- ten drc îcy comme put fréter s fois .ii (leurs , U cktffe etl>ne beFîe noire, noPié efljïnaifltement drfcnre^ gfi/cllefemùle eflre p* efent? à no.^jeux, ^u refle foîtuenc\vGtiS du fdrgher de Calydon .chapitre 5 . hurey,deU7\1jtho(ogie» a BonJ /re«/>. r DegLiifoit ia joye] Lefrot.lesyeuxjevij/ge^ eomin':dit Ctteron auec vérité, mentent bien fou- "'' fiët',0' lep'Xrler^erîforplîH^ tout cela ne font quei- '"^ ueUpp^s cr m;tfques de coar/^ge au dedans ^ Pour '^^ eene leur fuit il adjoti^er aucune créance, ^ /"Aucune larme] Ceux qui font durs Cr diffici- ''^' les X pleure^ , on dit qu'ils ont les yeux depiarc- )'^' -pmccA'd} les yeux de pier/eponceice dit pLtute ) ^^ une puis obtenir deux qutls crachent vue feule ^^\ Urnic,
■S' f Son frère] Ces termes croiffent par degrc^Je no
Jiîi famy eflfirt d/pje, plu4 ccluy de coëunée , plus
TfHore de contubernal : miis il neïl affeBion
'fi> ieUen-vueilUnceneprimute qui put(Je égaler
Bb iij
HviCTIESME tIVRÉ U chartféfrfi ternellejafritermtenej}afifrf cho^ Çeqa'njn eFpntindiuiSy O" ne fçxuriens jmn^rer de fluj inthime ttfmotgnJtge d ajf-eEl'wn à £juel' qu'vn quen l'appellent fre/e : eu de reffeB , qu'en le nsntmant père.
a;par diuers exemples] //fi ens (tppf4j(r ceux qui font prefîs de cho'rr. Or n'y 4- il plus ferme efianfon , que d'aîlc^*^er fvrcc exemples a ctux qm font trauerfe"^ d'infjrt'inei\ .tfm que par telle conpJation ils fe rcfoluent à fup" porter en patïertcc ce qu^d* autres ont auallé^ dou- cement.
X Douce & o\CeuCt]^pulée cfitme que mourir defalmfoit vne douce O" facile mort'.mats lepd" rafite de flaute tient celu^ ttes- miferable qui "voulantmangcrn'a dequoj vetfre fom la dentm 1a poète Crecdit.que c'efî chofe crerpireiile, mourir de faim £t leremie es Ument,:tioni'.ît ^Aut mieux 7nounr deglaïue que de faim. £ t^* chielauf^i'. Les flèches de la môftfont mortifères! De cejie mort mourut SifigAinhis mère de D.trimL laquelle ajant ouy la mort d'alexadre le Grandii s'aù/lint de manger iujqu à la mort. j
j) Elle ad oroir l'image] ^w/T Z. rcitchex, ede l'image de frothefilas deffun&.^im flPoUaftmmede Lucain ternit le fourtr aiB d'i^ celuj dasfachamhe pour Itéjfcruir de mcrmiff
i
DE l'AsNE D*OR. 1^1
^ rcffdichïffemet de leur douce amiûe cotugale, 7^ Les larmes cuirenc ïdi{{k(\è'\ÇommeUdGU' leur renfermée ddns U poiBme efirangle: ainfife fêuUge- elle quand on la peut Ifer/erpar les jeux Toute adueyfttè trouue du fouUgement es copîàm^ tes, ce dit Senecque. les iarmfs font U njUnde dot Je repaijl/a douieur,quan leîle en efifAoule:aluri ellefe reUfche. QmfçYdL donc^ues dejtmauudfe p4ce^ que d^'v&ufoirnon fâulemet empefcbeyvne femme dcpleurc^'èn U récente mort de [on mary^ tn,ipfau(^i luj pArler d'^n nouueau mamgs^ Comme 'vnetU^^e nouuellemef ouue/ttircmbtek Pappyo'che àeUmiin au Chirurgie, fuit l'enduïe^ C^/rf requiert en fuit te defon hongré'Mf'Jt Id re* tente douleur de fejfrit rejette ^ fuît toutes cofo* m. Utïons:fups Icsdejtre y O" finalery.entles t}ouue fort bonnes c^ leur acqmcfce, Fueil,i6s.p I. 4 DefchiroiCjarrachoit] La hy de Moyfe pour empef(her a»» dueil excefîïf^ dsfend cefte fuptrjï:tieuJefd(^on pxyennejeje def thirer le 'viù^e duec les on ^les , & de s'arracher les iheueux. Le fhdofophe Bton difott que i cftfigne de grad' folie , s' arracher ie poil en menant dueil, t'orne ft U chauuete foulageoït U douleur, -La fam çon de defchirerfes habits ^efl oit commune tat aux Juifs comme aux Payens'.le 'yicil c^ le nouneaa Tejiament enfontfoy,
Bb iiij
■m
HVICTIESME LIVRE
;; h Vint troubler le zç^os]Entre les fils iu Se- ; ne, T^orphée tient t'vn des premiers ragi.'ainfino* , mécie la forme ( m orp h é en Grecf^ntfie forme) qu'il exprime 'es fendes. Otàdc l appelle artifan^, , JimuUteur de figures: Il reprcfente Us démarches^ le vifA^e^ U ^^ûix, les hxbtts, Cr toutei les façons en fomme desperfonnes. ^infi ce hr,ta€ onurier fe transfigurant en U re-j^miUrue dé Lepolemey fdngUntymeurtri.dtsfMciyfeprefente à Charttt^ Cr l(ij vient iroiibla Con repos» c Ce quin'eft loifibie ] Cefie parole de Torftx êft remxrqiiAbU'.comme on luy chat oit les loUaz d'njne femme hie^ complextonnre qui auoit vniék cod m.irj: îamAPi heureufè c^ pua^-juefcmwfifr
f J fe maria deuxfon.^ce dit dit. Et f^aleriafiieurdes^.
ff ' M affales , aprc's la mort de fer ut ta fon tn.t ry en ^ qtiifefourqmy ellene lerem.trion potnt , re^on-^ dit^cjt/efon marj 'viuott tjufïours pour elle. d Voftre frère ] Comme s' elle difoit,ccluy qt*ti 'yottô qualific^du nom de frère y eeluj que veut. cutdei faire accroire que yousaipte^ comme frcre^ ^ que rjow ^f^'^7 néant mûi?is tr.iiflrei^fcmcnli ma ffacré,mef chant ç^ detefiaUc que ~)'oh6 cfles, € Dueil légitime] Kos ancefires(ie du sencqm AU y. des Epifires)ont prrfcript aux femme ^n an 1 \ de dueil^nonpa^ pour le porter fi hn^ten^s^ mais afin qn elles ne le port et pas pln4 longucmct 0:it^ dcAui, des F^fles îfOH9 apprend , que dtx mon r-
Bï ^ .-_ N E COR. 2S/$
Po;f;îr /(? /frwîr ^/« iiueil da femmes', mdi l'anée des Amiens neftoit que de dix mops^aafjuels Iule Cefar ad jouflii depuis Lmuier cr heurter, Jlufi't les Ordonnd»tes de KumA ne fermetfoienr pat anx femmes defe Yemurier dcuantdix mofs après le trcsfci^ de leur m.xvys ,
fVne tobbe^^wjt Suctone efcrit^queCaUguU trottoit de mai/on en Auti^ nje^u d'une îogueioh' he Cjrcoiffc d*^vn efcoiffionpctir déùauchcï les ÙA-y mes.
g Lecbaftiment] Le chjîtment de ThraJjSc de fi oit (Jh'e d^UGir le s y eux €reut\ : ces jeux en" durm'n , Cy* qui par confequent ne njoyent deftik ^outte^detunceîit dès aprefent leur mal a ^enir, h Vn guide] Le guide de l'aueugle ceÇi 'vn gar- don ou bien 'vn ^afion.Celuj auoit honegrace qui difoit que fin 4tteu^lcment luy donnoit ccjie coms* dite y defire accopagne â'vngdrçm fî^ qui de toufiume. laju'no des Sapions efidtmeuré en It famille des Cornelies à I^otne, d'au tant mte Cttnçn iiusfcîuttde ipa/lonpourcendufye fin père après qu il eut perdu la 'veuexar (c\p\o fgnijii èopen, j Entre 1 Enfer d>c]çSo]d\'\c,enfirtequonne ffdttra s*il te faudra conter parmy les 'viuans ou farmy les morts. Car on ne te pourra bonnement dire vtf.attedt4 que tu nanra6 pl'^ dyeux qui di'
ifmgm U w diitiec U m^f^n^ du tout trépa^ê^ Bb V,
Hv ICTIESMË LIVRE ]
veu que tu chfmmerxs cjr reJJ>irer44 anfii : m,ti4 ce ne fer a qu'entre pinton Dieu da ténèbres dr le SolàlDieu de lumière,
kLCi }pi:yynt\\cs]C(ft l;iec{it(les pru»clles)pû44r celuy duquel duec violence on ojîe la vesiè: parce que U for ce optique, ^,'^ijth!c)fieâ principalement aux prunelles-, votre auec tant de puijjance. que tom "ne en vn miroir onj votd limage de l'home toute entière. Pource pîujïeurs oifeauy J es chats tT autes animaux tirent cjf du bec Cr desgnf- fes notamment aux jeux de l'homme, parce qu'y ^oyans leur ejjîgiey ils fe veulent ioUer ou battre Auec leurfemhUhle»
l Les torches nuptiales. ] New enauonscf^ dejfus expofé la cérémonie. m Dont il nefçauoit lauiheur.] Cejlvn grand accroijî demifere quand on nerccognotfi point l'autheur^'vn outrage receu\ce[i vnfouU' gementd'afflicfiony quandonf^aitàquitepren» drepcur en tirer verigeance. « le m e fuis V êgce] C'efl vn d»ux contentemet à Uperfcrme offenfée , mais fur tout a U femme pluys impuijfante de rat [on , dauoir vengé fur fon éiuthem l outrage auparauint receu, ^injicefle Didon de Virgile fe 'yaated'auoirprif venge xn* te O* defon tnary o^ de f en frère. * Par ce^iaiue] Les Grecs dtfent en forme de frof^eriçittois chofcs aduanccnt la mott^li
Ï>E L*ASNE d'oR^ 154 ijif
glaiue, le cordeau, le poifbn. ||
f Sous la matiimellc dt oit e]En droit moneL % ^infi lucreffe impafiente de njoirjd fudicite ■ • njioleefar Sexte TArquin.fe donna d'vn foignard - ;, dans le cœur „
^Bégayant] ^ Uf^on de ceux qui rendent
l'ame Cs* «^ p^trlent qu'a demj mots,
r Ame vm\e]c. digne d'vneperfonnemafctdne:
car il nafpartπnt[ce difoient les anciens) qu'aux
grands efprïts ^ 'vaiUans courages ^defe tuerfoj
mefmcT^arùal appelle cejle wor/jRomaine/o-
fnc peculïaire k ce peuple. loftppe au contraire dit
fort bîen,quecejl le fait d!ijn cœur treslafcheXay
on efïtme fort peur eux le pilote y qui craignant U
tourmente , enfondre defon propre mouuement le
nauire deuat quelleproduije [es effets.D* ailleurs'^
mourir de fa propre main c'ejlchofe répugnante au
naturel de to^ autres animaux: entre lef quels poé
lin ne meurt ny 'volontairemetnjdeparfojf, ISia»
tureleur a donné ce defir à tom^ qui leur efi came
fvnetres fme loy , de ^vouloir 'viure, iTlaiidtfons
d^auantage , Que Dieu s'indigne extrêmement Ji
l home nient ^ mejfïifer ce qu'il a donné, La w
ejlvn don de Diet* , qui loge nne ame immortelle
dans mn corps mortel. Si quelqu'un ahufedu de--
I fofl d\n autre m \e tiet incontinetpour vn mef-
^hanfjpour ^vnperfidcEtJi quelqu'un jette hors
Bb vj
H V I C T ï E s M E L I V R- 1
dffon propre corps ce ejue Dieu luy a do ne enqdr
de,pen[e fil que cciuy quilojfmfe ne s en Jç^trh^^
fort bien ijenger ïc'cfttrcfhienf^^it dechaflicrin»
[fruUcur ou joldiit fugitif j encore que l'humeur
diffialc de fm trjajpre ou Cipjtume luj donne
(ubjen de s'en aHerf^ns adieu. Et ne dira tort
j f 6mt ceux qui s' en fuient d'un fi ho*) matfîfe que
' I Dieu^fairel aBe d'vn homme ;Va pic^ Enfomme.Jt
I quclq.'ivnpArniy les luifs imuroit de fa propre
I ntAfn , enleuttottfinsJepulturcjufquauSoleil
couchât D'autrêsnatics coupoiet à tels mfcraùles
' ù main droite qa '/Is auoiét Armée co>. trcux-mef^
2iJ f^^es : ejhmans que comjyie l'ame epoitfcpArée du
^f> corps, ainfifiHyt il mettre à quaitier la maiff
^v] d'auec lecadauer.
fil ^ Condanei luy-merme. J Ta-drien dephn rare { ce demande fiinfl ^mbroife (tt ine epjfirf k Stmpftciâ)que de 'vcir vn hoU^me qffije redar- guè'loy^mejme, & condamne fon péché i La Jen'^ tence d»ncq:ies pur laqudle l'homme fe confefi fun'iljable, efljfiufle que rien flsss, /Changemenr de Seigneur] Toute fertntu^ de ej} rmfenbleimaps cefï encore plus grande pau-^ UYt té.depajfer d'un Ion mmjîre che'x^ inpl'^ m.itr» fiais Csrpltts mtoleralle .ta hone humeur du mah>
I jire rend la feruttude plus tderahU.Omc gaigne^
II ffiniam^ff^ueresau cha^e: car fiuuent le fécond
De L Asi>iH d' or. 19$
{fhneur eji pire que le premier. L'apologue aE^- fopele nom dpprcnd, L'afne H h lardmicr s* en* nuj4nt de (emir fin mdtfire , trouue {tffe7 ^aU" très mdiflres : m.iii iltomhoittdujlotirs de fJure en chxud mxl : tellement (fit il ne demindi r'/efp fltis enfin qne de ntournct -cncwes che"^ fonpfû" \\ micr m.îilfre,
1/ A ueug le ] Efithete cenumahle k ce e\tion fatf éuec'yne précipitée h^/^iueté j attenJu qu'elle efi fref^ie topifiôftrs brutïne c^ pleine d'Af^fugi-e- mertt SSypri^in l'appelle prepo/lere, Ttte LÏue^en* nemie de conft il. Et defitityclle jette beaucoup de ferfonnes en danger , ^u contraire , UcunRMr^ tji'nom d^ vertu'i ^ les chefs de guerre qui la [ça* ttent pracliquer , font e/Hme^ hons routiers O* iisn entendus aufxiB des armes, jr Des ailes] il gauffe dtfant qucleVegafene s'appelle pas ail 'ytant pour aucir eu des atles^com» mepoureflre deuenu 'y 0 Util pour la crainte quii I tut de la chimère. Car lapeurfaiâ hahiles &le^ : ^ers de pieds les piw pefans. La Mythologie expo^
% \ fèces [Mes de BelUrophon^ duVegafedeU chi» i mère. uj'Aaciel ] Où lupiter racoHoqué parmj les
rj efioilles.
Tjf.i^\ ^ Pamy les repaires ] Homère voulant donner
vi^^^cognoijire y qu^chiUc efid'innatmimbfé^
il VICTI ES ME tIVRE
inÀin^cru'èlcrfâlon: La mer { cedtc^tl) êc les f roches de l'air.c cles hautes montagnes mhabt'' téeSytont engcndré.CT- Di^ân kfonEnee: Tu n'es point né d'vneDeeiïe : c'eft hideu^ Caucafe t*a cngendrci& les Tygtes d Hir- canict'ontallaitte.
F,i77'p'2- a SeIaue]D4»j kn detEnetde
: 7)de7^tiM blejfé Uue fes pUyes àuec de i'eaté
■Àfrdtfche : er celles dEnce au douxjf fine Je bon
I homme îdfls. Les Vh^Jtciens efcnuenr,& l'expe-
J ùenee l'apprend, que ïeau fraijche arrefte le flux
defang,
bAuecvneefponge] VUne efcrit^ejue les pléc*
jes,fraÛurfSy inflammatUns.fe gtierïjfent 'yntc^
^i| ment auec des éponges tAntofifecheSyUntoJî trem -
\ff(ti en "vin^i^e, en '^m,en eau frai fche , félon U
^ qualité des maladies : & nue moutllèes en eau de
fluje, elles nelaijfcnt enfler les ntnuelles coup^U"
res»Celfe efcrit.que l' cjfonge moudlée^ en quelque
façon quelle foit appliquée , ejl falutaire»
fEnucloppe] Celje : La bande de linge efl fort
prtpre pourenuelopper ^neplaje : Csrdoitefre.
large jà ce qu'une fois appliquée elle coprcnne non
feulement U blefure, mats auj^i les bords d'icelle
départ & d'autre, puis: îlfaut^que la badccon"
îteneoH arrefie^^ ne ferre par tropice qui neflpas
nrrejié s'ffchafpc'.cc qui efi trop ferré, peut fn^ert*^
DE l' A S N t D OK. ip*'
tirer quelque cancre. En hjuer la ùanclc doit faire fhifteurs tours\cn efté, tant qu il fera ùcfotn. dVn autrevicillard] ro/V>' no ftre Apulée re- -uenir aux transfigurations ^preBi^es de magie ^ four ne s'efgdrer trop loing df4 f'^bieli quïlnjeut •4raiBer,C4rfe vieill.trdfe transformant bien toH en dra^on^deuorera vn herser* € Pachéfijr vn bdido]? Ime nohant les incom^ pjsditc^dâ la njieUe^e :\\s perdent premiere- mentlevoir, rouyr,raller. Etlavieillede fUute aâmoneflee de marcher 'vifie : le ne puis (ce dît- elle ) fi pefant eft le fardeau que ie porte,quatre vingts & quatre ans. /Décrépite] Mot plein de compdfitmrl^'enef* meuttatlei couragesM'ieltmhecillité delà "Vif^/« /f//>, qui ne peut rieepEluer sas l'aide d^autrûj^ ^ Mon petit fils ] Chacunfçaif de quelle ajfe- Bton font poulfe^les gf ans pères ^ grand mem d l' endroit de leur pet itfils. Triais tout ce que dit ce faux vieiliarcî touchant fin petit fils tomhédans n)nefoffe, n eH que fourhe afin d'attirer ces pan-- uresgens nu précipice qu il leur médite, h Vàl\e\Vhomepallitde crainte, ^d^'iflote en red U raiso:parce que tell? pafiio lefan^fe retire 'vers le cœuriau lieu que la hôte le fait moterau lifàge^ i Vn certain ] La dtjfemlf lance de matières aile» guée corne mpafmp, c^ k vmaé de h(lurc m^
"■ HviCTifiSME LIVRE
îrcmiffcn U contintimon d\ne h/floire , refo/Qt^
extrememct leleEleur^^ donc botic grâce à l'aU'
îheur s'clh ejî modérée CrùieÀpropss.Les fxeples^
les fables q'4,'tl entre mcjle.jes ffaïxtes dîgrejsiorts
que f Ait nvflre Apulée , fo?it comme flc»r( tes &
^houquets dont il p.irferyte fcs efcrus , pour fw-
. tpcfcher qtie Ia contmuAt'on d'^vn difconrs de lon-
P gue hdleme n apporte de l'cnnuy,
- jj k N e p o u 0 a 11 t i o u ffi i r] /:
ïre le Itçl cowgJ.\e que les fcmrrécs fie peuuît aucu*
^ nemetfupporfer: elles "verront de meilleur œil tout
dutre 'vice en leurs warjs'.eHes s*ê ofj'cn[ent],cllcs en.
ferderpatttceio^ne mecUtctenfwteqhe 'vêgeAn-
ce. Que ceux doc qui tïhient rang de m.msje do~
1 ncnt garde par ce/î exeple^que leurs fcmes ne def»
\ couurêt leurs furttucs amours s'il leur en cfchappe
^^' aucune y de peur que leur amitié ne fe tourne en
haine mort elle, La femme ne peut nj ne nieutfouf-
jr'irqu^'vne autre mar^geàfon rattlier^^ luj dcf-
robhe [on doux platjirdcs luttes 'venrrie/ines»
/ A 1 1 a ch e a 'J ( c el i e ] dfl 'vn 'vice comun aux
fcmmcs{ce dit Seneque ) que la cJere Icspoulfe en
furie»L4 colère les fait precipit.im^et ftulter aux
armesy C^ machiner Ltme>t d'elles cjr deslturs:
€ffle tres-impuijjantie ajfcBionapprint aMedce
Je fouiller fes mains au fangdefesep fans, £lU
foulfi Dtianire à faire mourir jon Hercul' ^puk
7s
m L* AsN E d'orI 29
elle mèfrnc en fuite. Les hifloire^ font ple'mesdr.
femmes que cefle ialoufe fureur a, contraint de
ccrmmettre cfjtfoccs zjr horribles for faiBs,
m App€in\'i]c.4ttaché ,appcndtf auecelie,^!»^
fi Ciceron appelle le corps^appentis de lame,
fï Mor (ures] Chafcïîffait cobiene(l petite /4f î
aueure.d'vn]} chetifa72imal.Vline toutefois efcyit^
ait aucune ùefie na tat de force ejue la fermy four
Ja proportîoiCAr elles pôrtefdes charges plw greffes
qus leurs corps, ZT les portent en la bouche. Triais
^ui n'admirera leur hcfongnejeur trauailjeur àJ»
fiduitéjeur preuoyancc^ Or puis que nous voyons
^e les for mit vfent n^fme des pterreS hie dures à
fine de pietoner par dejfus: frouuerosnous eflrage
au elles ajst à la longue rage le corps d'vn home^
Suétone nous a^pred.queÏÏes cofumeret vn drapo'
auquel l'Ë-mpereur Tibère prenoitfonplaijir»
0 A mes dents ] Le cheualau ^o^mois perdln
deux premières dcr^ts départ o^ d'autre : l' Annie
iuatejes deux autres prochaines ^au commece'*
fivtt del^ quatrjcfmc tien quitte deux autres qui
'ij remenenten lafixiefmc,en lafeptiefme il les éi
tes renauuellées cîr ne lesferdplus yjtque def^
s en auanton ne peut plus pour certain remar-^
^mrfon aageM^^fneparciHcmet les perd au^o,
^S'ypuis les autres esjix moisfuiuas, Que i'ilne
m race deuat que perdre Us dernières ^c^eji vnfi--
HviCTiESME LIVRE ^fcertdin de (icriltté. La 'ymliejfe des hefies che* UitUmesfe cognoifl en ce que les dets leur allonger^ les fourctls bUnchîjJ'ent , les temples ft o-eufc7U. p Vilain cliaftré] Kom de reproche & lil/féicar toHf cha/^rei en quelque efpece que les prenierjont de moindre ej^ime.
q Laid de pclugcLe poil aide ou nuit X la vert- te des montures.
r La Deelle Syrienne] LHcijm au DU^og'4ede U Dcfffè Sjricnne , tefwo gne qtnl veid en S^ne ine ifndff multiforme dans vn-terrjple ; c'eftoi/, ce dUillun6n»Mais clic auoit quel que ch-ofe de Pal* la^yde Venu6 , de Ix Lune , de FJjee , àe Diane ^ dt- H emejîsydes "Parques : CS'portoitd'vne mam vn ', fceptre 3 de l'autre ijnfufeaw.en la tefle^des rajos, du feu y *>« demy-ceint:en fomme tl 'veut faire croi' re que cejîe Dec ffe Syrienne cfiott 'vnediuinem.i" iefréque le monde ad&refoui d'tuers noms. Lespre^ ftres d'irelle cheminoiet faifans les vns hrutre vne quantité d'tnjlrumens à airain en luy facriftant: ies autres fonnoient des tamùours'yO" d'autres en- core chantoient des cantiques diuins-d'autresauf- ft ^amba dotent fautelms au deuant delaDeelJe qu'on portait en '^ne chaffe. Et les mallngs eiprtif jefourrans parmj cffi ftngerie^fitifoietinferéfer v^ ne pa> tie de ce/le canaille^ fi quauec des couteaux ilsfe defchtqttet oient c> leurs habits & leurpeâU
DE L*ASNE D*OR# 1^ i
influes 4U fangjs toirifures des mains Js hras^jur '
le col , ailleurs : Cr fe defrhiroient enraiements
coups de fouet. On luy facrtfioit des aumatUes,^
des $ftatlles,des chctéres , foint ^eforc^ illeur ejloft
impur tout aujîi bie qu'aux luifs» Icy comme atl*
leurs Apulée emprunte de Luàanainji que de
(on archétype.
/D'où \{:{ko\i\Flpkndit quequi'vendvnho-*
me,dc fcritice doit fai^e fç4uoir par le Cmur ( on
ies vcndo't au plus offrant ) de quelle nation ilejî:
car bien fouuent h p ajs oh prouoque ou defcoura^
gfi racheptcur.Suju4t cefte doflrine ce Cneurpou/
doner a ce porteuy de rotations quelque tmfrej^io
de 'valeui en nofire ^fnejefuit fflre Capadocten^
farce qutlen umoit de bons valets. Cependant U
Capddoce ejll'vnede celles dont les Grecs difent
^qu'ils ont trois mauuais îy^îÇappAdoce^IÇretejKi-'
iKc:nom les changeons en C^au fit font les Latinsi
mais fat nB ^uguflm au liur0 de la Grammaire^
remarque ce dire laides trois mauuais K^mue'^ en
C,4uotr (fié dit à l'occafion des trois Cornelies^
Corn.Sylla^Corn.CïnnayCorn, Lentuley trois dan^
gereux perfonnages»
t La loy Coït\ç\i2]'Corn,SjIla D'iElateur a fait
Ides loix a j{ome , qui de fin nom s'afpellent Cor^ vtUesJes lurtfconfultesfont mention de quelques
HviCTiFSME LIVRE
'jn homme libre au heu d'^nferf: ainjicomnc Jt nojh'â ^fnefufï homme tîe fèruicey&à vendre^ce Crieur f,itt vne g.xîàte alhjîon a l'vrj ti^s chcfi de cefle loj^ijui ne Je trouucpomtp.vmj les ltu.;eides lurifconîtiltes que noua AUtns. i; Vn mouton ]c,do.'ix,jnanial?lejùemncom'' mfvn mouton,
X La DéelTe Syrienne] Kous -Lettons 'de dire

non,deTullii6yde Gr^nd more eu C^'l?e!r^deCeréfy
ViAne ^LuneyPreferpine rjp-c.df [quelles leferuicf
efîon é^al. ^tnfi fous le nom de Soleil , ^^ollon,
N Lil>e)\ Hercule , T^Urs^ Mercure j & ^fte infinité
y. et autres, les pkia fains adorntnt >;? Dieu qutlf
et analifinent de diuerfes appeUaticm fuiuÂnt les
fç ejfecîs qu'ils luy ^ojcient produire,
jy S.Sabadien] Les rhructs ddo^oient le Soleil^ B(ic(Hi fow ce nom, auec vne magnifique religiort en "V« temple rond pcjc fuyvn coufiau , dont Lt couucrture eflcit ou tterte par le milieu, Li fondeur d'* hjfiimerjî inonflre U forme de ce(}e di^ne créa' ture.Cpar Ufiùjle du téCt U tour y entye,pof4rfi^ ^nifi'^r qu'* le Soleil p.ir les ecUts de fa lumière cC- claire âenktidt tout î*f^mu ers ^ Cr que toutes ific^ fes luy font a ctfcouuerp.Puli donc que ccfte Dccf- ''c- Syrienne ejl Lt Luneyi:;^qu'elle comprend les au* très dâtc^^emininesice Sahadifn (fi fort r/ifonn^^
ht
D E l'A s n e d*o r^ 19P
tlment conjoint duec ellc^ par lequel Us comfYe* mnt heruetnent toutes les âeitex, mafculmes, ^ Be\\.om-)Ç:]Déeffeele la guerre, fceur^ femme de Mitrs'.curces nobles Dieux nefaijotentpa^ cen- fctence defefernïr de leurs feeurs à guife de fcm» mes.
dlàxttint ] Cejï Cybele , d'mft nommée de ida^ -montagne de Thrygie dr de Candie ; otc les cere^ nwnies d'icelle ejlotent en grande r€uennc€:Us deï*» te'^qm fniuentfent affe'^ fognues, ^Seruiteur] ç»fonsAfne. fVne Biche] // afaitallujton khfahh Jlphi* génie, Quadles Grecs armez pourlejtege de Trojô furent arr'mex^en ^ulUcy ^gamemnontud pat ignorance "une htfche /appartenant k Diane, Lit i>€efj€ irritée leur fujcita d^horribles temfejles , qui leur firent courir vne ejlrange fortune de mer, C* trauailla leur armée d'vne cruelle fejlilence* s/îmfine peuuans pmrfuiure leur route^o* mou» tdns à g)os ta4 j le confeil de^efcha "vers l'oracle four afprendt e le fujet de leur infortune. L'oracle fej^onditj »Agamemnonien, làdeffu^rlj/]} demande au J{oy ^gamemnon fa fille Iphigenie en mariage. )(Mll U luj donne, Flyffe l'emmené-^ non toutesfoii ^JÊfeurl'e^oufer^maû lien pour la facrifierXom^
"j HVlCTlEi^fE LIVR2
Ifue doncques elle efioitaefïa deudnt l autel àttett- d.mtlecoup delà mdrt'.Diayie eut pué de l' Infan- te, fuppo fi 'vne bifche^rjinj^o) ta, tefie P rince jfe en UTaurtqfie , ^U fit mettre es mams deThoas F^y dupaj'sje^uei U c^fmmir fur ta choies facrées de U Deejfe.^y^'wp s'appAtfa Diane, CT* Us Ments
is'accoiferent, dNe mangez pis]c,7Zepreneipd6 teutlepUi- Jïr de ce gentil pouUin : communtnue7 non>s k no» Jire tour legorie'.car files friands trouuent (jueJque morcetu am lef4raggr£Cjils ont cou/iume de due qu'ils n'en ent pas trop pour eux, *
e Belongne meflanaée] c.parUqfidleilss'en» treferuoyent de fewclleslcs ijus aux antres ch,i f- cun Contour,
i* /Difïbrraénient formé] Elégance prinfe de contraires diB'ions. c. atttfe^&'^ffi*^ en fiUesi ihofe qui dtjfivme l'homtne & lf*J mcfiied ejhan» gement. £Euan ] C'fJtT'vn des cognoms de Boaha^, l /;Biitin ] C'eft le nom de quelque riche homme des champs ,peut ejlre habitant de Bnthta 'vtlU de Bithynie.
i Contrefaifoic ] fne faulfe religion fe main'» fient principalemet par tmpoftures Crfaux mirà^ de s, qu'il tjîfort aifé de fuppojer aux t Mots.
j
DE l'Asne D'or. 50G l k Comme files hommes ] InttcBiue contre i'I 'vue erreur populaire, '{■
lDe^\-hommes]c.cjfem!ni7iexerceans aÛes illU'ifei pnon aux femmes, ]
iwLesmanansprelentoyenc] lle/ipUifanc , en ce qu'il dit que ces ojfrancles fe faifoicnt non k | U Dee(Je, mups à luy qm U portait. n De magafin & de temple] De magafin^ en-» tant (ffi'il porte rimage de U deejft Syrienne : de temple , entmt qud eji chargé de grains ^ d'afi^- 4res denrées»
■V Ilsdemindent] Bon Dieu que c^éflvne an^
ctenne couf^me qui ne dure encore que trop! 4u^
jourdhuy parmj ces checifs mendians qui Johs
cm yre de religion comme minières ZT preflres S.
'Paul & S,Jintoiae trottinent de hourgen autre,
'je méfient de dire la bonne aduentu^-e^donnent de.
xbetifues images de papier auplui/tmplesjes af^
.[eurent d^ If ne perpetu HeaJ^tfifncedes SainEis:
tnais demandent & re^ojuent d' iin fot ^ crC"
-dulipayfant vn afgneau,d'vn autre quelque i»»*
Uflleide cefiui-cydes œufs. de cejluy ia dufroma*
ge:d''vn autre quelque cocho^^ d'vn autre quel"
quefextierde bled, fuis quadtlifont charge'^de
denrées 0*leur btfiice pletne de brihes^tls rempor^
tent che-^ eux les do fis des bonnes gens^ fegaudif-
fent Cr raillent d' amtrfeduit O" trompé Us m^
HviCTIESME ITVI^I i tmâetnem despituures villdgeois & femmeîrttr ,f ^^Cftr les gens de 'ville comnH pim urorts^tvfe UtC ^fentpM ainfipAJJer ù plume par le Lee )fefiwal}- 1 fentles trtfpes à leurs dépens , ( '^-tnine & contre fa'î fans lesfaincîs C2r deuotieux en î dehors Jont dïfjolM api dedans. PoUÏm Caton Cr ■ Columelle enjoignent aux pay fans de n'aller dujf\ { deuins ne foraers'.d' autant querelle 'vermine de '} gens- par "vne /uaine fuperfittion les feufjent en^ ' dejfi^nfes, puis leur font en fuitte ccmtncttre quel*'' \ que mefchanceté,
I p Qm moiiroit de faim] LaBancefe moquant
1 desfacriflcespayens ^au6 defes diuAes inftttsi'
• itonvlls efgorgent desgrafjes hojlies 2 Dieu Çce dit
! il\comme^'ilauoitfatm:ilsluy ^verfent du 'y in y
1 comme s'il aumtfoif: ilsluyall^métdes luminai'
! res comme s'il viuoit en ténèbres: cr pleuft à Dieu
que U Religion Cbreflienn^ne tinj} plu^ rien ne
j auIuifneâuVaycn,
; q Luxure illicite.] Telles 'vilainies ont faitabjf
j mer Sodome & GomorrhcyCome contre nature o*
! contre tinflaution de Dieu, Les maijïres du Z^roit
commandent au mag-fîrat de les punir jeueremêt.
S, Hterofme contre îouinian : V'-ofagc naturel &
itcitCy cjl comme au mariage'. Vtlltctte chne en /'
dultere'.maii contre nature , // e^ toufwurs liicttti
0^ cattsplK-i ruejchant O* fins vilain. Lefoit^
Jifo^rt
DE l'As NE d'or. jOi
1/€poftreIe reprend cr aux majlts^ ^ fimmes : | leurdenon^Antquiisfontpln4 d^mnithles y que ^ sili pecheicnt tn l'^fagf de n siture ou far AduU iere^Quparfarnicat'mi, si Jkfercure fe trouuc mal pof^ ( ce dtent les ^ftrêlogues) C qt*e P^enmfoit en la maifon de lylercuye: ceux qui.naijj^nt alors jon^volontien enclin $ aux amours mdj cuîines* r Bianchepiideur] Ironie, La couleur de bon V ^/? rouge y cr bienfeante k '^nieune hom me/eH ,U couleur de vertu, ce difolt Diogmes le Çyni^ue^ tir Seneque apfes lujo fourquoj donc l'appelle il hUnche ? llftut itj prendre ce terme ^ contre-' fensypour 'vne trcs-orde c^jres dereffaùle poUfé* tion, qui mtfme.parfyn perpétuel remors de lori'^ fcieme fait paliir lesperfonnes , cruiQîtms qu^ leur honfe,ne fe defcouure. i Rcmcdefoituic] Elle entend l'^fne.àont '•lie co-nftiUc de fsruir la cuijfe en forme de >f-
fl
nevfiesme
LIVRE.
^Aî{^G y M E N T.
'Efiuycy contifnt h rufe'dè l'^fre, par laquelle // ff fauue au couppe^ gorge qu'o lui prc* ^aroit pour l'ha^ ùillerennjenaifon» Tuk 1/» antre danger extrefme , duquel ^ant pris p9ur enragé , tlfe garanti tei% èeuuant de Veau, Le conte d'^vnefem me qui trop e fin marj,fm rufflmfe cachant dans vn poinçon foM omhrede L'acheter m Le fort captieux des frejlres ^Syriaques, f^ leur larcin d^fco'4uert» La defcnptioi$ des courûtes du m^ulinaufquels il fut âf- feruj, yn€ tres-galame expUcatton de
dil'asne d'ob.^ 502
^ dâuîterei Gr impuduitc\ dei femmes Àé- ^ hduchées, yn autre changement de mai" !: fire,d'vnMeî4Jhierk'vn Idrdinier* Lit ■^ fiteufe malencontre d'vne maifon ou lé, ^ I Jardinier efl oit ailé pour feceuoir recom^ fenfe d'vne ^fdtieufe & ceurtoife hoj^i- taîué^yn gendarme furui et qui l'eut ent* mener l'^ [ne, Le Jardinier le bat & Uif* fe comme mort : puisfejauue à U Ifillâm On traine l'^fne cacher en 'vn galata^^ Malf comme d njtent k mettre le nei^à la fenejire^ on le defcouure,
Ç£S;^ I N s I ce mefchat bour- r; «^^ W&i reausarmoit les '^^'^^^ fon licol impies à l'encontre clc\^^ A raoy.Mais moy,puuque /^^|^^ ' laprefence dVnfl fancfte dangec *" m'ôioit le loifîr de prêdrc- coreil,& ne me donoit moyé de fonger Ion» guement \ mes afïairesjie medeli- becav d'éuitcr \ la fuitte ce cruel coupe-gorge Et de fait rompant le cheueftre qui itie tenoit attaché, io gaigne au pied brufquemêt \ toute bridc,e(cnmat des pieds cotre ceux qui s'opporoicftt k ma fauueté. Or
Ce ij
Neveiesme livre
foudâin quci'eusoiurepafréla pre
micre galerie^ie me foutre fans de-
lay danslafaleoû le maidrede la
maifbn baquetoic des viades daïa-
Fdit'^n crificeaueclesprclhesdela DscC-
terrible fc î & d'vn courage ie renuerfc ta-
Hmze» blés , fiegcs, dreiToirs, & touces les
viades que l'on auoit habillées. Le
pcrc de famillc«rmeu de ce difFor-
me râuage , me donne en charge à
ic ne fçay quel valct,5
que Ton m'enferme quelque
parc comme importun & lafcif , \
fiti que par fcmblablc peiulcncc ic
ne troublftfTc derechef le repos du
feftin. M'edanc doncques fore \
propos feruy de ccfte ru fc, •& fau-
^ ué des mains de mon boucher,i*c
> > fteis extrêmement ai(è de me voi
*> en fi bonne & a falutaire gardc^
»> Mais certes rien ne peut heurcu.
» femcnt reiiflîr à l'homme fi la Foi
»' tune s'oppofe àfes dcficings : &i
» confeil du fage, ny quelque rem©
*> de qu'ypuific apporter le plus prc
>* uoyant& mieux aduifé , ne petti
f^ iobueiûr ne ccformei b la fatak
j ''de l'Asme d'orI 503
•* difpofition de la diiiinc prouidêce.
^[" En fommeceftetrouflequeie
.'* vcnois de leur donner , pat la-
' *' quelle ie penfois auoir au moins
' prolongé ma viede qne'qiiemc-
mfnts , me poufTi dans vo« autre
ijernicieufe voire toute prefenre On le
juine.Carà l'heure mefme v^n gar- prend
contour cfmeu defiayenr &: pen- poureti-
thoide fourre darîslafale, 6c rap- ra£c,
porteà Ton ma]ftre,qu*vn c chien
enragé venu de la prochaine rue
s'eftoii d'vneimpetuoficé merueil-
ieufe cflacé parl'huys de derrière,
àuGiraiTailliles chiésdc chafîed'v»
ne fureur extrêmement ardante;
attaqué dans leseftableries en fui-
'•'fteauec pareille cruauté les beftes
ebeualines ; & finalement n'anoic
pas mefmes efpargné les hommes:
carila(diroii iljpiieufemêt^ coups
de'^enrsdefchiré Miti-le muletier,
WHephsedioncuifinierjf Hypata-
uehomme de chambre, f Apoiloi*
ne Médecin. & plufieursautrcsde
îa maifon qui le vouloient mettre
(dchors.Il a mefmemraintauec Tes
Ce iij
1
i'î5 Xi
-fil
■V.i
a:
Nevfiesme tIVRr
jf venimeufes dentées quelques
montures qin maintenant cou-
roient les champs emportées ^e
femb'ables fureur.
Onsdr- Ceste nouuelleeflonna fou-
tnecon- ^^\^ route îa copagnie, & eux cui-
trcluy, dans que ie Fuile frappé de mefme
peftilencCj s'arment d'^fpées , ef*
pieux jdemy.picques^ coignées &
telles autres armes que la rencori'»
tre leur peut fournir ; s'enccuragéc
l'vn raucie à repouifçr le mal com-
mun5& courent après moy poul-
fezpluftoft euxmermede la rage
qu'ils m'imputoicnti&m'eulTent
sas doute haché menu corne chair
// z/i' à partez pièce à pièce, fi confiJeiac
! ^f /^ larêpeftedeccllerubiteadueture,
ihahrt je n'eu de bru fque ment gaigné la^
' ds Ces chambre en laquelle mes maiilres
; m^Jh-ci s*eftoiêt retirez.Euxs'enfuirêt d'cfl
pouuentejtirerétlaportcaprcseux la barrèrent fort & ferme fur moi; & me tindrent allîegé jofqu'à tant que rongé de cefteopiniaftre rage prétendue ils'peufl'ent entrer fan;
hâzard de courir Eonune.Ainfi do(
\
I
DE L*ASNB d'or. 504
* ^"yant à la fin acquis libcrté,i*êbraf- feroccafion qucmedonnoiclarê- concre de me voir eiTeuIé ; ,& m*e- ftendanttoutde mon long fur vri llfeSU Ii6t mollement drelTéjie me cou- che fur cherresbien à la façon des homes, 'vn hfl au lieu qu'auparauarie ne dormois comme finoà terreparmy lesbeftcsà baft. ^n ho'
Defià eftoit-iî haute heure lors 'ine*. qu'ayât par la molleiTe de ma cou- che recréé ma lafficude^ie me icue dehait & gaillard ; &oyceuxleû quels auoiêcefté fifoigneux'&r vi* '%\ gilansàmegirder , quideuifbienc bj ainfi de mes aduantures : Mais croyonS'nous tie (oit encore tourmenté de ceftc rage 1 au contraire , la violence du isrenin croiliant iaura (ans doubce fait mourir.
Comme chacuti en difoit Ton opinion, ils remettent la decifion du faicjufques \ ce qu'ils en fceuf- fent la veriié. Les vns viennent re^ ' garder par la fente , &me voyenc fain & fobretouc debout fur mes .pieds. Ilsouurentl2iporte,&mc ' , Ce iiij
eu
^ Nex'fusme livre palTant la mainfurledos'pour tf" lâyer fiiefuisapprluoifé. Mais vn d'entt'eux eniioyc ce croy-je da ciel pour me fauuer )a vie, apprend à la copagnie le moyen de fonder n j'eftois enraclié de maladie: Que î'o me prefentâil vn badin remply d'eau fraifche pour boire. Que ft l'en approchois gaimer , & en prc- riois fc^on ma couftume , qu'ils fif^ fcnt eftarqne i'eftoisfain 5:gataty de ronte maladieran f otTiiiCjfi i'e- nitois on que i'euiïe îiorrcur de voir S>i (\ck toucher l'eau , c'enoic chofc alTenrc'e qucceftepcrnicieu- fe fpge me pofîedoir encore. Car c'cft l'eTpreuneque les efcnts des anciens nous en apprennent.
Chacun approuuccen:aduif,oa
vafur le champ puifer ^ la fontat-
ll faiîl ne vn grand feau d'e?.u -, toute^fois
hic pa^ encore fait on fcrupu'e &:difHcuU
yotflre té de me l'apporter. Mais ie m'ad»
me no, uance fans marchander, &depri-
m'abord leur fai biê conoiflre que
i'auois bel!c foif. l'y ploge la trllc
iufqu'aux oreilles, 6c aualle couie
X>4 L ASNE D OR. 50/
czilç eau qui m'eftoit véritable- raent I faluuire.Déflors ic comen- ce à fouffnr qu'on me palfàft la main fur refchine, qu'on me tataft les oreilles, qu'on me menaftpac lecheuedrc ; & toute autre chofc en fomme que me vouluiïent faire ccuxquimeprenoientà Tellày ; û bien que contre leur infenfee pre- fomptioniedonnay preuueà cha- cun de ma fingulieremodeftie-
Ayas par ce moye efquiué fc don- ble dâger, voicy que le lendemain on me remmené auec cymba'es &
dodaines chargé de ces diuincs /re- liques , mendier de porte en porte corne de couftume.Or après auoir trauetfé quelques villages & cha- ileaux , nous arriuons en vn bourg qui iâdisau dire des paifans eftoit vne puiiïànre ôc riche ville, dot re- voient encores quelques veftiges à dcmy ruinez où logeas nous aprif. mes vne wi plaifance fable touchac l'adultère d'vn panure home laqlle le vous veux audî faire entendre.
Ceftuicyn'auoicpourtout vail- > Ce V ^
On luj
ge furie dos les reliques
ils 4m^ tient en
in bourgs
-
!
r ap-
I f retient
*vne bel*
^ lefahîê»
yn(j7' meco - ehen^ec finWuf- fien en tahfèn- tf du mary. Le nixry fur met,
gArUnd foHi in
l!l
NeVFVIESME LIVILE
lantq ce qu'il pou'ioirgaigncraiit forges par le labeur de ^^s mains, & viuotoit du (âlaire qu'il rappor- toir de Tes journées. Toutefois *il ûuaitvncieunc& bellotcfemme- ktre, fort panure aufîî, mais de co- plexion extrêmement amoureufe. Or aduint qu'?n roa'in come il al- loitàfâbefonenc, ie ncfç^yquel ruffien (e fouira cachcmcnc en fa, mairon;& comme ils eftoiét chau- dement occupez es luttes & com- bats de Venus, le maryonefçachat rien du fait , & ne penfant point y faire fembiable rencontre, reuient à rimprouiftechez luy , te ttou- uani la porte fermée commence de loiier àparfcy la continence de fa femme , & par vn f)fïle luy faidl entendre fa venue. Elle/>rufée& pr^ttiquc a telles mefcbancetcz, (e depeftrefûudain deseilroittes em» brafTades de fon home, & le cache fous vn vieil tonneau vuide & my- calfé qui gifoit en vn coing de fâ chaSre.-puis ouurat la porte ie prei à tem.pefterla prenwere,& recueil- le ion *nary corne s'enfuit auccpa- '
BE L*ÂSNE d'or. 30(5
rôles aigres tout ce qui fe peut. Eft ce ainfi que tu te promèneras tout lelon^duiour les bras croifez &c les mains en ton fein oifif 6c fans rien faire, &ne daigneras feulemêt aduiferqueparton trauail accou- ftumé nous ayons moyë démettre quelque choie fous la dent? & faut que ie fois pauure niiferable iouc éc nuiét debout fur pieds à me ro- pre \çs bras & le corps ^ à force de filer pour auoir au moins dequoy nous efclairer. Oh que ma voifine r Daphne eft beaucoup pkis heu- reufe q rnoy,qui foule dés le matin prêd /es cfbats auec fes amoureux ! Le mary tout confus; Et qu'eft- cecy? (dit-il) car encore que noftre œaiftreattctifà ces procès ne nous ait point donné de befongne pour aojourd'huy, i'ay neacmoins pour- ùeu que nous ayos dequoy difner. Vois-tu bien ce tonneau vuide qui jiefaitqu'êpefchericy la place Se -nenousaporte aucunecomodité? *^j.Joh lelay vêda*cinqdei3iersàvncer. (j, ^^. tàin qui le vient quérir pour l'em- niers^ f Ce
NEVFIE5ME LTVRS
So fW4- porter aufTi toft qu'il l'aïua^payé^ j rjU -vrOeperchedonc , ia meprcfte vn 'p i; veutli' baiHer à Ton marchand. ** wîvr, La ft mme fe prend k rirer^* co-«
trounant fur le champ vne fourbe propre à ia farce qu'elle vouloic îoiierjHà qupi'ay rencontré vn ca- lant mary Se fin marchand, qui v\H de vedre à moindre prix vnechofe quei'av , mov qui ne fuis quVne
■ femme &r fans hotJget du loeis des
*;4.y^// long remp^ vendue* fept deniers 6. de- Lb marv bien aife de cefurcroift niers. Et qui ell ceiuy ( je dit-il) qui l'a W Jafem cher achepré.'Qgrani lot (refpond me ^/> la fem m e)ileft /"entré dedans pour au'elie le vi(îter & voir s'il en pourra fan e tn a Ton profit.
trof^ué Adonc le compagnon prenant la I dauan parole fur ce que la femme vcnoit t4gc\ dedire./Damcvoulez-vousfcefait leraf- il j queie vousdifeia veriréîce to- fien Je neauefttrop vieil -, il a tout pleia fert de de fentes , & eft creualTé de f lu^ (eflere- fîeurs endroifis. Puis fe tournant Borifr. vers le mary; Et vous bon -homme q'.i2quçroyez(cç dit-il fcintcmct)
à
T^tj r»^p*p' ■■-
r. t l'Asme d'o r. 507 appoitezimoy delalumiere^ affifi qiicic puilfe racler les ordures qui font dedans , Ôc cognoiftie s'il me fera duiiible ; fi vous ne peiïfez d'à uenture que mon argent foit mal âcquif. LbdelTus cet; brane mary fans yfonger autre malice luy va promptement allumer de la chan- delle : 6c , Retirez-vous vn peuCce , dic^ il ) frère , &c me lailTez faire iaf qu'à ee que ie le vous mette entre mains en bon ordre & biê nettoyé. F/ttrd^ Cela dir, il fe defpouil!e,appor- ^/^^/^ f\ \t Ia lumière, & commence^ racler neauau fort Se ferme la vieille lie de ce mafj* vaiiïeau moifî. Ce pendant le pail- lard, galant Se gentil compagnon , ayâcrenuerfélafemmedu pauure ïpanouurier le ventre fut le ton- neau la fourbilToic dVn autre in- ftrument. Etellepancbantla tefte dans le vaiflTeao, amufoit fon mary iVnervrufepuranefque^ le trait- ^^P^^' toit en vray iânin , luy monftrat au «^^7^- doigt cecy,celà,vne ordure, puis ^^^^^fi encore vne autre ordure à net- «cA/?: loyezi iufcju'à ççj que lync 6c Tau ^l:
NEvpvIES^îE lîTRr. ire befongnc achcueeil reçeut 7. deniers j & pauure fot qu'il cftoit , fut cncorebien aife d'emporter fur 1 Tes efpaules le tonneau chez fon
luiîien.
Or. quand res :^bonnes gens de Prcftres eurent re|ournc quelques iours audit village 3 que leurs bcfa- ces furent pleines de bribes^^ eux chargez d*vne infinité de prefcnts en recompenfe de la bone fortune qu*ils alloient predifans au peu- ple j voicy qu'ils forgent vnenou- uelle fourbe pour attraper deî'ar- îiouttel S^"^' Ils auoienc en leurs cafTettts /Ai, h- vnc quantité d« billets qui tous ne \irt de cnantoicntqu vnemeime note a '^reBres ^^"^ ^"^ ^^^^ vendent pîopofer quoy que ce fuft.Voicy le fort que les billlets contcnoient. a Lei hxitfs cemomBsfous vn mefme accou^lagc
ïmdent U terre 4ufoc du laLûurcigf\
^fin quen fuite on recuille les fruit i
j^m leurftiifon elle nous 4 produits,
A lors fî quelques-vns ayans enuie
de fe maciet leux enuoyent demi*
DE L^SNE d'or. ? )3
deradiiis, ces affroiicccrsrefpon- doient ; C'cft cela mfifmc que le fore veut dite : Vous ferez mariez cnfcrabîe , «Se ferez bon nooibie d'enfans. Si quelqa'vn voulant a- cheter vn heriraiie venoit vers eux auconfeil. Voyez comme l'heur vous en veut: b ces boeufsjCe iou^, ce labourage ne vous pronofli- quentaucrechofe, fînonqne vo- ftre achapt vous fera proffitable ôc de bon rapport. Si'quelqueau- Tre ayant vn voyage à faire , de(î- îoic entendre la volonté diuine furcefai(5t : Voicy que dedàfles plus priuez & domeftiques ani- maux ployent le col defTous le ioug , & fe préparent pour vous traîner. D'ailleurs le fort vous promet que vous aurez très- bon- ne année, SyquelquVn anoirà fe battre, oupourfuiurevnefadfon de voleurs j &s'eaqueroics'ileu remporteroit heureule ou raau* Isuaifeifruë : ils affèuroient que te ïbrt prefageoit vne toute certaine jTiâioire : que jjgurs ennemis fe-
f4y U- quelle ils Am4 lent for- ce déni' ers fuis
1 1
rciiHC ({ vincns & fubiugcz par «•ux ; qu'ils iccour: o'ent va grand &' riche butin fur ces brieands.
A I Nsiauoient-ils parle moyen de ccfte e captieufe deuinaiion arraflc grand' quantiié dedenicr.^ Maisqiiand ils furet bien ennuyez derefpondreà tantdegcns , Ôcdç fe voir faire fi diueifes demandes; ilspourfuiuircnt leur chemin .'che- min beaucoup pire & plus dange- reux que ccluylequtl nous a uions^ faid la nuidl précédente; chemin cngoufréd'vnc part de profondes foiïcspour eTgourer les eaux •> de l'autre , baigné d'cftangs &dcri- uieres:5e d'vn autre encore, em- patoliillé de bourbeufcs & glif- fàntes fondrières. Enfommele» pierres qui me faifcient broncher à chafqueboui dechamp/"les ren- contres & toutes lortes d'embar- ras qui me verfoient en terre ^ tous propos , m ayans defià fracaf- lé routes les cuidcs, ^ peine peur je exircmémenr harilFe gaigni^r fi- nalement ks rentiers de la plaine»
"-«.lAi. t::; I •~: 1 c
DE l'A S NE d'or.. ^^9'] û
ETvoicy que tout à coup vne li
trouppe de gens d armes nous vie- ||
■nent adaillir par derriere,Ie{qùeî$ 0» Ifs j |
nepoanansqu'auec dcfficultérè- djArç-e l'i
tenii la fougue de leurs cheuaux, fn q^gZ j!
chargent d'abord &: Philebe & ^tf,
fousceux de fà compagnie : leur
•mettent la corde au col, lesappei-
lans impies & facrileges ; leur de(^
churget quelques coups de poing
à la nauerfe^ lesemmenerêt cons,
6i d'vne prenante parole ; çUceFte Cemfife
coui'pfdcf ( c^e dilnyent-ils ) f^ U Urrons
frix
ijuc fo 4 s •■' mire de ce fie de. motion &{fie' crileaes
fé fïi tenluë flo*it 'WfUi f
motijlre en cachettes , ^'ous iffic^ en Upi^
nets dcfroèee dedans la chapfelle de U
grand- Mire des Dieux : put^ comme
fi vom ^oHiûe'^ efchaj^per le fuppUce
Jnjn fi grief mabfice , vo'is en efies fuis
€Âchément ^faris dire à dieu hors des
murailles de U4nt tour, Ils'en trouua
mefme vn de leur trouppe , qui
mettant la main dans le giron de
hDceH'e que ie portois fur Rion ,
dosjtrouua la couppe dont il
NeVfiesme iiyKt juxco^ cftoitqucftion, trefins Encore ne put ccfte vermine de les pies prtftraille cftre confufe ny feule- C^niar ment ertonnée de ce facrilegciains rniteux fe gauffans aocc/vn frauduleux foufrire &cauteleufè fourbe j vo- yez ie vous pric(ce dienr-ilji|l indi- gne &: outrageufc façon de faire l hà con-)bien de peifonnes inuo- ccQîes fe irouuentmaintdiaDt en peine! que pour vn petic calice prefent^i^fa fceur Svn^nne pour mémoire de la peine qu'elle à pri- fe h en la venant vifiter , tant de bons Preftres& Religieux courent fortune du mourir. Ces^ns Nonobstant ces & telle* i^drmçs autres niaifcries &: pures menfon- le rcm^ 2;es qu'ils cageoloient pour néant , mcnet. ces genfdarmes leur font tourner vifage, & les enrrainentgarotic» idans le Tullain , puis ayansrcn. dus & confaçrczla coulppc^rfi- mage que i'auois fur le dos enlt chai elle où l'on ferre les chofes ofîertes &i dédiées i ils m'emmc-
i
nentle!cJeniâinau marché, in'ex- pofenc en vente au plus offrant ÔC Mettet \\ dernier encherideur : &làvnccr- l ^fhe ;i tfiin ineufnierd'vnchafteauvoKîn ^ Ite^iJi m'achepta fep: cîenicrs plus que jj
Philebe u'auoit faid, puis ayant * 3^. j achepté fur le cliamp quelques y^/y ^, ji mefuresdefromant , me chargea I
tout mon faoul , & rae toucha de- ynmm 'À liant luy iufquesàfonmouiinpar merld- i Vn fentierplein debricorSjdebrof- chepfe^ ' faillies & telles autres empeftres, '
le Y gfand nombrede beftesà baft tournoient les meules à plu- fieurs ambages &C diuerfes vire- uolces ; 5: veilloient leurs farines non (eulerentdeiourjnraisaullî toute nuid par continne's tours & retours , par vne allidin^c de monuements orbiculaires qu'ils faifoient faire à leurs machines. Maisalîîn querapprenii(Tàge &la nouueauté de ce feruice ne me fîfl: point d'horreur , mon nouueau inaiftre me lo^ea des mieux & me iraifta magnifiquemenc.Car ilme [fcifla chômer le premier iour, &
Nevfiesme tlVkl garnit mon râtelier de viurcsena* bondance. Toutes fois ce(lcbea:i- tudedeloifir &c de bonne cher^ nemedura pasionguement j ains dés le lendemain onmevcinta-- tacher à h plus c;iandemeiile qui fuft,&r de prime abord a\ant le vi- fageX affuble 5 Ton mepou le dans l'epace circulaire d'vn canal fi- iiueux,aftin que rouant d'vnercci rrrque démaiche das le rond d'v- rc borne tournoyant a i'enuiron , êc rrmarchant toufjours fur mes- paSjie necel^atïed'aJIcr & de ve- nir d'vne erre certaine driansau- // A// cuneiniermiljfîon. ttnMci. Or n'auois ie point C\ fortou- ie a ^f blié mon ancienne fînefie & pru- II fyft^icr. dcnce , que de me monftrer facile Il àrapprctiiTagede cefledifciplinc.
Et bien que conueifant auec lef homme i'eulTe fouuent veu rou- ler de femblables machines :f]de- meurois-ic fur pieds contrefiifatir l'eftonné comme ignorant & non pradtic en telle bofongne : carie faifôis mon compte, que comme
'I
Jaurf^H'
inoins propre & trop iniuiîe pour ce miniderc , on me renuoyeroicà quelqu'aatre plus léger labeurj ou bien que l'onmcnouiriroicoifif & fans rien faire.
M A I s ce fut pourncant que i'eH. faiay cefterufe dommageable.Car toutincontinêiicnefçaycombien de perfonnes embaftonnées me ^eindrent ^nuironner de toutes parts : n'eurent (î tort: en leftat quei'eftois donné leiîgnàl , qa e(- On k leuans leurs voix d'vne clameur a- faittour moncelée, ilsme plaudenc tous ner k enff mbic la teftcj les erpaules,ret ctupsde chine & la crouppe pe(le-raefle,& l^apoH^ ^ar leur crierie me ietrenc en tel trouble d'efprii 5 qu« me bandant jic tous mes efforts contre les lon- .ges ôc traits de chanvre qui me te- •^noyent attaché à le meule, ieras déporcede touscoafeils, & com- mence à trotter hadant le pas d'y* «ccourfegaillarie.
Par. cette fubitecommuratioa j/defede i'auois apprcfte' dequoy kicc à JEo^tc la compagnie i de defià
Nevïiesme lkvri k plus grande partie du iour eftoit pa{Tée,lorsque me deftachanslcs cordes qui metcnoyentencheuc- ftré, l'on m*em mené du garrot de cefte machine dans i'edable ainfi que ie n'en pouuois plus.
O R combien que ie fufTe ex- trêmement haraiïc , &:quei'eu(Te bien faute de repaiftre pour me renforcer le corps qui mourroic prefquedefaim riedemeuroisne* antmoins afTommc d'ellonnemér, &fuiuantmonaccouftuméemcu- riofité 5 poftpofànc la mangeaille que i'auois en abondance denanc moy , coniîderois en moy-mefme auec plaifîr, mais non fans beau- coup de perplexité , la non-fou- haitâbledifciplinedc ce moulin, Bo Dieu , comme ces pauures mi- l^lîfere lotrus auoyent toute la peau ter- t^fau- ne de coches Se meurtrifTeures , le ure ef- Jos remply d'vlceresplus ombra- ttit des géque couuert d*vn mefchat hail- 'valets, londefchiré î Aucuns n'auoyenc C7* quVn chetif panneau pour cacher leur vergongQc : 5c lous fi bien A
DE L* A s ME D*OR. ^It
lubillezqu'ils montroyent la chair au trauers de leurs lambeaux. Leur front eftoit marqué de certaines lettres imprimées aucc vn cautère: le poil demi-ras les pieds en^cade» narez ; le vifage bîefme & de cou- leur plombée j les paupières man- gées des furaeufes ténèbres dece- kc efpaifTe & vaporeu£è obfcuritéj les yeux chaffieux ; ôc par tout en fomme falement blanches dVnç cendre farineufe àguifedes cfcri* meurs qui cous couuerts ft depoul fîere fe battent en duel.
Mais que diray-ic, ou bien en quels termes parleray-ie des be- lles cheuallin^s que i*auois en ma compagnie? QÛ^ls eftoyent ces vieux mulets,& quels ces chauaux hongres & iumens bouclées ^ On les voyoic la cefte baiffée autouif de la crèche ronger quelque gcr^V^^w^^- be de paille. Ils au oy en t le colga- n^^ j^
leux & plein de vieilles cicatrices ,,^,,. . i , y rr i 11» ce mon*
pourries : le pouix afJiducl d vne ^
toux inueterée leur enti'ouuroit
lès nareauxàguife de foufflets: le
T^EVFIESME LtVîB.
collier & les iraids leur anoyeiit l vlcerc rcftomach &: les flancs à
force de tirer : d : tuels, efcorché la peau iufques aux
os rieurs ongles eilendues&di'a- ; técspar cefte conunuité de t.our-
I noyer au moulin , lailFoyenrde
grands vefligcs impiimez après elles : en fomine Icndormic & «rongneufc maigreur quilesron* geoit iufquesaux moelles , leur ré- doit le A:uir extrêmement afpre difFormç.
Or craignant qu'il m'en prinft de mefroe qu*à ccf^e funeftre fa- mille i me ramcnreuant d'iilîeurs la condition iie^ l'ancien L, Apu- lée, & que i'eftois alors réduit au dernier defcfpoir de ma vie , ic baiïTois la tefte cJc^ieplorois mon laalheur. Mais ien'auoishelas au- cune confolation en mes tour» CofoU' mens yfi.non que par celle cjriofi- ,fion Je té qui m'tft ordinaire | je me rcf- ii .^o/hc ipuifTois en ce que fans apprc- ^ r^ytfnè hendondema prercnce^c-haûru^L^ en y^j faifoit, chifcundiroitauecji.l:xei (ourmes ,tOurcî
DE L'AsN E d'o R. $'.J
tout ce que bon lay fenibloit.Cer* tes ce n'cft pas fans caufe que ce rdiuin autheur de l'antique poèTie chez les Grecs, voulant dépeindre vnperfonnagedoiié de fingulicre prudence, chante, que pour auoir veu beavicoup de pays, & / cognu les vs ôi couftumcs de plufieurs nations, il paruint au fefte des ver- tas. Car )'ay mefme beaucoup d'obligation a mon Afne , de ce que m'ayant affublé de fa eouuer-» lurc&trauerféd'vneirifiniiéd'a- uentures, s'il m*a rendu moins ad- uiféjccrtes il ma fai6l acquérir Tex- perience de plufîeats chofes. Or j'ay délibéré vous raconter vne bonne fable 8c plus galamment agencée que toutes autres: & voi« cy que ie commence.
Ch Meufnier qui pour fbnar- jQf*//- -gent m'auoit fait fien , bon hom- ^^\ ^^ ;^eau demeurant & des plus mo-T^^'w^i* ddeftes , ayant reiicontré la^plusA^» î£aulfe &c plus merchante. femme â^ quifall au monde, eftoit le plus jligoureufcment puny^ qu'aucuA Dd ■^.
' NeVFIESME tiVRE
âuire qa€ j'aye jamais cogneu , foit pour aaoirvnetrefttiauuaife com- pagne de couche, foie pour le foin quegenis mariezdoiuent auoir de leur mefnage: tellemêc que j'auois certespitiéderacondinon,& (ou- ueiit gemidbis pour l'amour de luy fans pouuoir exprimer ceitc mienne compaflîon.
Car il n'y a pasvn feulviceau monde qui manquaft en ccfte maudite femme: ains toutes mef- De f^ chancetezs'eftoient tCcoulées en | fn4tJlref[Qn ame comme en quelque pu- ! fi» âme folTe ^ priuez. Malencon- trcufe , cruelle , vitieufe , yuron- gne(rc,acariaftre , tcftuc : auare en vilaines rapines , prodigue en Talcs defpenfesi ennemie de Foy, en-j ncmie de pudicité. D'ailleurs' mefprifaot & foulant aux pieds toutes diuines majeftez , au lieu deUrincere& véritable religion^ par ?nc facrilege prefompiion, faifôit femblant de feruir vn nou- ucau Dieu qu elle maintencit e- * ârefculôc vénérable lur tous au^
I
D E l'A SNE D OK, y 4.
t'es : & fous ombre de fain prétendue, pratciquanc je ne(çay quelles vaines ôc hiti'es obfcrua- nonsabuioit tout le monde j'ude- ceuoic fon pauare mary , s'eny- uroit dés le matin , aiïeruoit fon corps à continuelles paillardifes. ^^ cyh* Ccfte femme me hayoit à mort: ^taéen* cardeuanc jour elle crioit de fon uersln^ Ji6l que l'on attachaft à la meule re nouuel Afne : & dés qu'e'le eftoit fortie de la chambre, me faifoit ea fa prefencc donner vne infinité de , bailonnades. D'ailleurs , q und on vcnoit à lafclierks autres bc- (les cheualmes pour repaiftre fur lemidys elle vojuioic qu'on m*ar- reftaft au râtelier beaucoup plus tard quclcs autres. Telle cruati- tém'âccroiiroit ccftc mienne na- turelle curiofité pour efpier fe$ mœurs & façons de faire. Car j'apperceuois ordinairement vn // ej^U jeune homme aller en fa cham fes - d* bre , leqyiel j'auois vnc extrême Bions. enuiede voirenface , fi toutefois ^'le voile duquel on m'auoii en-.
P
NeVFIESME LIVÎII
cha-ppetonnéla lefte , eu(l quel- quefois donné ce moyen à mes yeux. Cercesien'cufle point man- qué d'mduftrie pour dcfcouurir DcfcùU- €n quelque façon les dclbaoches ftre deceftc mauuaife femelle. Mais ' ati'vne vne certaine fa ulfe vieille , x fe- ; j vk'fUe, qneftre de r^celcufe des paillar- ■ '^. difes d'icelle , fecretce entremet-
teufesdefesplaifirs dcfordonnez, luy faifoit vne infeparable com- pagnie. Elles defieunoient tous les matins enfemble , continu- oyent le refte du jour à boire d'autant & fans eau , s'entre inui- toyenc Tvne l'autre à diaers Se frauduleux repas , fe traittoienc mutuellement à tour de bras ôc par trompeufes viciflitudes pour deccuoif& ruiner ce pauure Imia demary.
Or bien que ie portafTe auec beaucoup d'indignité l'errer de Photis, qui voulant de moy faire vn oyfeau m*auoit donné le corps d'vn Afne : je reccuois néant- moins ccftc feule confo'aiion ea
q^yrQ"'»-'' ^
DE l'Aske d'or. 3 If
ma piteufe deformicé , qii'eftant
fort bien gai ny d*orei!les,)'enten-
doii aifémenc mefmes les choies
les plus etlongnez. En fin j'en-
ti*#uys vn jour cefle vifilîe te-
nAntcelan^ane à ma Mcufniere:
Qnanc à ce jeune homme , Ma-
daftie, que vous auezchoifi fans
mon confeil , pefanc 5c craint f,
qui tremble d'vne la'che frayetu
\ veoir feulement le refrongné
fourcil de vollre odieuse & mal-
pUifantmar/, &: dontparconfe-
quent la chetifue & landjuidamê
amour fait que vops naucz aiicua
p'aiiir auprès de liiy , prenez en
confcril auec vous-meime. W\
qu'il vaudroit mieux prendre en
axnitiéj Plulefirrure , \ jeune honi-.
iTïC beau , gaillard , libéral, vail- zV;»-|
lant , & qui fçait faire telle h ces hahoui-*
maris qui font pour neanc fi di- ne âa
lîgcnc & cuiieux à veiller fur la AmouisX
chaileté de leurs femmes Cer- dcWi
tes il e(l feulqui mérite ai trou- lt(\îçri\
uergraceenuers les Dames : ileft
''fcul digne de porter fur ia telle
Dd ijj
Nevîiesme iivit ■ vne couronne cl*or, ne fuil-ce que
pour cefte callade qu'il a de fraif- I che danc controuuée contre va
mary extremémct jaloux, Ed fom-
nie efcourez C ' dluerfes complexions des tmou-
reux. Cogncjilezvous paiTnccr-
• ^ ^ lainBaibare l'vndesluges de Tîo-
l^ema» Q.^^ ^,jj|g ^ qu'on appelle conimu-
^^ nément ^ Scorpion àcaufedeics fj,^.^^j mœurs infiniment aigres & pic- àm4u* quantes P'^' galante Damoifelle , belle tout ce quifepeut5& Tenfermoit d'ordi- naire en fâ maifcn aucc benne &- feu regarde.
Là deOfus : Il eft vray ( ce dit la Meurnicre}je la ccgnois Fon bien: vous voulez dire Areté r rna bon- ne compagne d'efcole. Vousfça- uez docquesfrepart !a vieille) tou- te la fable de Philcfîtarre. Non fay point{ce fait l'autre j m^is jcdenie extrêmement l'apprendre , & vous fupplie ma d meie m'en vouloir déduire toutes les panicu» laritez.
2) t L A S N E d'o n. 316
A DONC ceftelonscue affilée & e babillarde priai la parole com- me s'enfuie : Ce Barbare ay^iric quelque voyage à fjirepar ncccf- lîtCj&defuantâuec toute la dili- gence qu'il y pourroii apporter j faire -que Ton eipouic menafl; vue vie chaire 6c pudique fani repro- che; eii donne fecrettcment a^uis à i Vn de let feiuiteurs nommé /Myjrmex , dpqueliiauoit autte- foiserpcouaé là loyauté, (e rcpo- fe entièrement fur luy touchant la garde de (a maiilreflej le menace non feulemenr de liens > de ferrt. ments d'^cadenats, mais auffî de pciiloa perpecuelie , voiiedemorc violence &: de f^im , en cas que homme du m^nde la touche mcC- meeii padànt du bout dudoiqc: puis renforce Tes 'menaces d'vn -lermentiurc par lesnums détour tes, les puilîanrcs celcûcs. Ain- fi tayanc f appé, ce pàuure valc- ion. Mymiex xl'vii'enonncment incriyable^ il le donne à fa fem- i' me pour efpier roîgnebfeaient
b d iii;
Tout corrom' fre MjY- mcx
de U
fcmms\
lare.
N E V F 1 E s M E LIVRE
foutes Ces allions de la fuyuie quelque part qu*e'Uc allàft : purs ic met en ch«inin penfant auok -donné bon ordre à its a^ffaire?, Voyià Myrniex en peine merueil- leufe. Il fe roidic obftinément à rcxecurion de fa charge. Il ne Uiile aller fa nr.aiftrtlTeenaLCure compagnie fanstft e à fa queue: ■ ny s'attacher mefme à fes ouura- ges ou de laine ou de ioye , qu'H ne ioit continueremcnt aupîcs d'elle , & (i d*auanîui e die s'en va dïtoiraux bain.»^, ilempoigncfî'v- ncnTainlcpandefn: robe, ^(zns )a lafcher non plus qre l'ombiC faiél-le corps , il i'acquiac auec vne,' merueiileu^ dil'gér.ce 6c K- delirèdelachargc.à luy c^mmifa par Ton mailVrc- Mais Phiiî.du.^ recftott trop vi^iiaDi & cîmoi- teux ^ pour ne cognoiftrrli» btju* lé de celle G'cni^emGfie* Ce(lçcfa^- meiïie chafteté , ccfte eaitjirte gardi&: tutelle /^ rai^^urllonne &: l'enflamme d'aurant. plus. Il cft preft ^ tefolu de faite tattty-dfiii;
t î l'As v£ d\o r. 317 durer tout. Il fe met en tous de- uoirspouraflaillir l'cxa pline de cefte maifon-Ià : & fça-^ cliant fort bien quelle eft la fra»- ^iliiéde l'humaine foy, que l*ar* gent s'ouure le chemin h irauers toutes les diffi.ultez du mofide, ÔC quek Tor enfonce ordinairement meCmes des portes de / diamant: ayant à la bonne heure vne fois ^ rencontré Myrmex m totïtreul, illuy defcouarefon amour, & le fupphe dé toute fon afFecStion luy jdonner quelqne remède en fon tourment: qu'il eft refolu fe laif- fcr mourir en peu de jours s'il fï*a bien toft jouyfTance de Tes de« fr$i Au demeurant (ce dit Phi- iefiterc ) vdus n*auez que crain- dtç^envne chofe fr facile : atten- du que )*ay moyen de me glilTef chez vous fur le vefpre toui (eu! :»' à la faueur des ténèbres V, & me retirer en vn moment* À telles & femblables 0 pérruafioDS il ad- joufte vn coin gi qui fendit auec violence la. loide ténacité du va»
NëvfTeTmî li vrb let. Car eftcndaut la main il luy monftra quantité d'efcus iauneis & toat nouiiellement monnoyez: defquels il en auoit defliné 3ix pourlâDamoifclL^&'dix qu'il luy donneroir de bien bon cœur.
De prim'-abord Myrmex ab- horre ceftcbourée non ouye, & ie bouchant les oreilles Te prend à fuyr tant qu'il peut. Toutcsfois la brillânrcrplendcur dcceft orncfe peut cfuanouyr deuant fes yeux j ains jaçoit qu'il en fuft bien efloi- gné , ôc que pour ne felaifTcr em- porter celle corruprion il eu(V gaigné le Jogis à la courfe : f il voyoit neantmoins levifefclacde ceûe monnoye, & défia tcnoircc riche butrn par fantafie. ^ Vnein- finirez d'imaginations le viennent afTaillir ; vne mcrdepenferadif- t;ordaDs trauaillcnt l'efpiit de ce pauure miferable.D'vn cofté/foy^ de 'autre /profTÎt:delà, touraoent; deçàj'vplaifir. En fin l'or emporte l'apprehenfion de la mort , & i» conuoicife de cçs beaux efcuz ne.
Ijv iionne aucun relafchc : celte M
X peftiléceauaricektraueilemcl- ^^
medurantlanui6t:defaçonqueiî '.' ;
bien les menaces defon maiftre le " '
retenoient à la mailon, Tor neanc* moins le faifoirrortir dehors.
A D o N c û deuore toute pu- deur , & ne peut plus fe contenir ^ ^ fahscomnniqucrle fâidlàfa mai- -^ ' ftreile. Orceftccouftumierep'le- ^^^' geretène oianqua point en elle?^ , aîns dés l'héàre mefme engagea -'^^^ ^ ion honnent pour le pnx de ce^'^'' f^" fncta^ exécrable. Ains Myrmex \ tout efbaudy defirant pour le pre--/^ y ^' èipice defà foy non feulement re- -r^^JJ^y ceuoir^mais toucher au moins l'ar- gent qu'il auoit^ eu pour ùt ruine, s'en va comblé de joye rapporter àPhilefiterejqu auec beaucoup de fatigue il auoit accomplyle fou«- feairde fon ame. Ec foadain de- inandé la recompenfe proîtiife. Pliilefitercluy compte les éfcus^S: Myrmex tient des pièces d'or en fa main, ^-iéde cuyutçfcukrnent.
N EV 1 1 E î M E LiVKl
^yi^- Qj/ A N D IsLpuià fut venue iî' mextit' amenne ce brauc a,mpureqx.toiK sroauft Cqu\ & couu^rcd'vn^ barbiuejnf- "Pbtlefi' qpes à U chambre de Ja Da.nioi- i^^^» ié}\ç. A peine au oient ces àtMK.:. nouaeaux'amans commencé d'of- frir à Ciipiio les piemices de leur plus groiTe amour: àjpeinç au oient ces neiifs^^Scfiuds gendarmes a,c-> i tappé la prcpijçre ercarmouchq
fous les en feignes de Venus^co m -I , Biirhd' me voicy c^ue le niary pour (iirr I re fur^ prerK^re-fi-feipriic^rrjiAeà TiiTipro. j iiient k juifte & lôrs quUjns'.en.doaioiclc . • i'imf*0' m pi ns:. E^i à4]^e u r ceTi'i) à Ja p o rr^ ; 5^/y?t'. de fj mâ^tbn.;^deftà ^prendri'il ^ temp^fter v^ci^^ cbignc-i'il aucc vnepierrej .& ceiletauiifu^léiav croîiîàntle/pup^oii , mec* ce de ch^(liei;ron Myimcx.d.vneeftàan ge(5ccruejle£?Ç4>n.
Mais heîas,lemiferablcper»(- troub!é d'vn Ci foudain noa-crpe^ lé mahlieur,, la première frayeur , ôc ne fçajt à = quoy fe refondre. ,T,out ce qu'jl |K€UC , c'cft d'alleguyx pour belle
DS l7ASNB d'or. 519
tf-??.ci4rf-,que les cenebrcs dçla, nuidb r^rnpçfchenf , dé trour-er I»- ci^f qu'il auoic (oig^ieure/turant ferrée. Cependant Philcfîtere oyatit le phil(: briîïr./ict.Cfe brtîfquerrjent Tes habi!- rcre iements (ur Uiv,Se Te fanne horsdc Cutae. Jachatti:bre:rnaisk uo)il:>îe de fcs mu .çfp its fut eau fe qu'il oublia> fefi fouliersaïuonrdu )i
AJors MyffTv^xouuricen fin la OuU'. p.orîc à so.rr^viftre qui-fe pla^'gnoU fes fok, à pleine voix du pea de fiance que /;Vyi, J'on peut atio>ï aux v^lef^.Ec corn* me ) l fu (l e o tr-é- d cVi>s Qi -c b a qi b re , . Wyrnvex /îc -caché rrteni fortir I2 .compagnon-.' pu=is ' berté , rcfernî^ la porte & s*cn re- tourna coucher , pen(knt auoii? jjïen alTeuié fon affàire^-^Maiscom'» ^ne^arbare voulut fbrcw:; au point ^^^^^ dd iour, ilapperçpic à U r^ial heure '^-^ ^- à^oxn le li6^ des fouliers, inco- ^ g n e u s q u e'P hil^* fue r ç a u o U ^ p p o r- tez.- Et fe d ou tan t fm le cha.m ^àQ ce qui s^eftoi'ç palTé, fan$;derçou- ^rir {on itial-talen^ à fa femmejn^f mefmc à gerfohi\^ rfê fcs geas 3»- 4
iTraine
tnex hé
par L
• tere ie 'vetd en
ie luy.
les leoe & les met gentiment fous fon manteau, fài6t Z» eftroiitemenc gaito:ei Myrmex par les compa- gnon s de ieiv.ice, le traîne er> piein marché, 6 chemine à grands pas , failani bien eflatquec par Tindicc des louliei's •Il pourroit ciifément trouucr la tra- ce de l'adultère.
Mais voicy comme Baibaïc rafle à tfauers la place bien en co- iereauec vn viiagebourfouffléjes' fbufrcils renftongnez; & que Nî vr- mex chcminanc derrière accablé. c^e les & cordagcs,non pour auoir cftéprins fur le faiâ: en dclicf^, mais^ quoy que foit pour auoir la con-- Icience chargée de maleficeiemrc— mefîe des ruilTeaux de larmes par*. my Tes autres doleâccS, 6: par tou- tes \t^ lamentations qu'il peut ex- primer, inoueioutlemondeàpP- tic, fans que celle commiferatioir iuy porte aucun faulagemeniiPhiir Icfitere furuient tout à propos: 8^ bien qii'il fuft emperché à (ifuel-ï quc'auite aâai^ ^ ^^5^5 ^^^^
D 2 L'ASN E DO R. 51O ;'l .'
moins de celle rabire& nouLidlè hc€ ( Car il nt Et point de refton- né, bien qu'il îçjuft l'erreur ou fîi hâfte précipitée l'auou poulie ) &: coniedurant en fuitre que j ouc cefte occafion le pauureMyimex crtoit en peine -, il s'arme quand & quand de fôn accoafturrée lefolii- tion,a(rcure fa contenancc,fend la prelIe,vienE afTaiilir le pri(onniec auecvne grande rumeur, luy mar- tclle doucement iatefteà coupsde poiHg:&,Hàmcfchant& dèfloyal ^^^ ^,^ maraud, que ton maiftre icypre^ ^^ ^^ ftnt , & toutes les puiiTances. du i^^^ ckl defquels tu as pris le nom en /j,^-^^ vain , te puiffeni mal-heureux que tii es mal- heureufemêt faire mou- '
ritl^u me dcfrobas hier mes fou- Kers aux eftuucs* En bonne foy tu mérites , tu mérites dVfer tou* ces liens,& d'eftre confiné qui plus eft; é,5 ténèbres d*vne prifon perpe* tuelie.
Barbare induit voire cm- ze n^ porte par cefte galante fourbe de met e-. cehardytetttie .hoinra^^;& fç dé- li^frr
NEvrilSME LIVRE
n^enranide la cruaiué qu'il auok pff meditf'e ,- sVn retourne tout court au logis , luy met en mains les Touliers doncil eftoiiqueftion ,*, i jnv pardonne dç bon cccur , & luy
I comandedeles rendre au feigneut
[ aiiqnei il lesauoJtdefiobcz.
2^ Ainsi babilloit encore certe ^Meuf- vJfillf'îf^i quand la femme lepar- ^iere tant ; Ou bien-heureufe celle qui ^ Houe /fi ^trai& amy (cedir-el!c ) mais moy paU" ie^r S(t- u**^"^^' hcureufe dauourencon-.' ^'jtiùUMr *rc vn amonre.nx û coiiard qu'il \che êti cf^.*nd non feulement le bruid de \iimpA' cefte meule, m.is auffi la facea-r ■ ■ neuele de ceft: aine galeux! Là def-
fus : Ecbien (cefaiclla vieil'e) ja vorsTgagh]efây cegeniil champion d-am*om:jeliiy.donneray relie af-: feiran ce qu'il eft-bcfoi^i $ & lefe-f rsy dans peu d'heures compare! /l-re deuani vous. Pyis ayant pro misdéreroutherfur le loir^printi congé de la Meo filière. .
AûoNc ce fte pu di
]^
Df L'A 5 NE d'or-. 32 r
âv.ffidelicâfes&fomptueufes que /çauroienc faire Us e preftres S.a- liens. Eile { ei-ce/ la meilleure pie- ^^iriifonne force viandes fraifclies >#iiec des fau mures -, elle apprede jan>bons/aulfices,andouïlIes , fer- lîe^acs , & telles autres pour irriter J'appetK. En femme elle couure ib'C bien la table ,.& comme de compagno,n auec bonne detîo» lionicai de bonne fortune Ton ma* ry foupoicea viilêchez vn defes voifins foulon dcfon mcftier.
Oi' eftaut furJe midi)? ma i^Çchc paracheueçi mon colljiiïx ^as;, ma îelledéf^j.bléé,. berté pour repaiftre j je n'eftcis point certes tant joyeux, de me voir à repos '$c quitte, du trauail pour ccftçfovs , cpmçie d'eftre dé bqucbé pourdefcoputir^ monai- e touteslés rufes de cefte mauuai- 'e femme, g Le Soleil caché dans ''Océan ilL.iminoitleS) plages (ou rrainesde ceux qui che-nîinens;:
jlU
NbVTVIESME tlVKZ
à roppofire de nous antres: & voi-
cy ce téméraire paillard arriuead-
herani au co/lez de ccfte faulfe
vieille ; fort ieunc , n'ayant encore
le menton ombragé d'aucun poil,
& dont la gaillarde façon & bonrft
grâce attrayoit hommes Se fem-
niesà l'aimer. La Meufniercl'ac-
cueiPit auec vne infîniic de bai-
f^ers 5 puis quand la labicfut cou*
lîcrte , le fît alTeoir auec beaucoup
d'honneur & de coui toifie.
r:^.^^ Mais le iouuenccau n'eut fi- So ma- .
rf. toit mange le premier morceaUjUy ^^^ touché ieulement du bout des le- pluM "^^^ ^^ verre pour prendre du vin, ijr/elle 9^^^^ marireueiiii beaucoup plus nefie- to^^u'ilsne l'attendoienr. Adonc y^^^ cefte bonne femme defgorgeant tous les maudilîons c|u*elle peulc ^ rencontre d'icclui,& fouhaittsnt ûuec imprécation qu'il fe peu II rompre le col & le? iambes , fiU k\ l'eftourdie cacher l'adultère tranfil Ellecd* dVne^froide peurdcllous vn van| chel'a^ qu'elle rencontra d'aucnture fer dultetc. uant à nettoyer du grain : ^ d'v4il|
D2 l'Asne d*or. 3 z aduce ordinaire derguifant ceftc norable mefchanceté, fait bonne mineen mauuaisieu , difîîmulela crainte de ion cœur , & s'enquierc de fon mary pour quellccaufcila ^ fi toft fàullc compagnie au meil- leur amy qu'il euft.
Le Meufnier tirant pîufîeurs trilles foufpirs du plus creux de fon eftomach :Hà ic m'en fuis fuy (cedir-ilj n'ayant peu foufîïirMn- digne & defloyalc mefchanceté de ia maudite femme de leans. O bos Dieux quelle Dame c*eft! ô qu'elle cft loyale & fobre / Hé qu'elle s*eft fliiftfied'vntres-fale &rres- vilain des-honneur!ïe iure i par cefte Gé- rés que voilà^que iamais ie ne croi- xay bien d'clle,quoy que Ton m'en fui (Te dire.
Sa femme efprinfc par cefte 011- uerture , dVne extrême enuie d'en apprendre l'hiftoire , ne cefTadé l'importuner à ce' qu'il luy fîftce compte de bout en autre: & ne luy donna repos aucun qu'il n'euft àc- comply fa volonté. Ainfi donc fe
Nevfipsme lw^k
Z/fp- ptint il aracompter les infortunes
frai U d'autruy, K ignorât celle delà pro-
caufe pre maifon : La femme du foulon
d'vH fi mon ancien amy èz compagnon
foitciain de chambre , laquelle fcmbluir a»
utour, uoirjufcu'aujourd huy religieufe-
ment conierué Ton honneur, & vi»
notte» réputation de pudiqre &
vertueuse, /gouuernant lemefna-
gede (on mary fans reproche -jS^cH:
n'agueies pav vnc occulte conaci»
life efferducmeot amourachée de
je ne fçay quel autre. Ec comme
elle s'abandonnoit d'ordinaire aux
vénériens cmbra^Iïemen-s d'Keluv,
à l'heure mefme que reuenans des ■
baings nous cuidions aller mettre
à table pour prei^ire noftre rcfe-
ûion enfemble , l'auonsfurprile
exerçant lesœuuresdeceux qui Ce
uieilct en vnecomune Venus Elle
doncquesedoniiée de nollre (ou.
daine venue, pra(5tiquant leconîeil
q4.iela rencone luy prefenie ^a fait-
caclier Ton galI^/ous vne cage ^o^
fiersannexc'crvn auecrautie p
Geiuseilages, quiluy feruoitpoùfes
t\
\
DE L*ASNE D*OR. Jl^
eftendre des draps alentour &c les blanchir à la fumic du foalfre qu'o brufloitpar deflbus : puis l'ayant comme illuvrembloic mis en ifea de feuretéjîa bonne commère s'cft effrontémêcveniicfeoirarâble a- uecques nous.Cependant le ieune home amorfé parla gricfue & pc- •netranteodeurdafoulfre, eftouf- fant fous cefte fumée eftoic preft de perdre & l'haleine & la vie, ef- tcrnuanc à plufieurs & diuerfeS' f ois,pî«: la violence de ce vif neirable mvatiû, Ec parce que le bruit deseftcrnuemensvenoit de U part où fa femme eftoit affife , le Hnarypéfant de prime ouyequece •fuft elle, la (àîuée comme il a cou- •ftume de faire, vne, deux & pla- ceurs fois.Mâis quâd il a veu qu'on y reuenoit trop fouuent , il s'eft en 'fin douté dufiit; & pouffant fou- «dain la table, s'en eft allé leuer la -cage, te faire forcir en place mar- chande le compagnon, qui foufpi* rànt à groffes haleines eftoit preij ^fe rendre les derniers abboys*
'NeVP VIESME t IVRE
! Latro CE indignité de C(z([t
t contnmclicl'd fubitcmenc cmpor-
^ té par-delà les bornes de raifon:
1 ]uy,faultanc aux armes, s'enalloit
J fans recognoiftre couper la c^oigc
\ au miferabie, fi confijcfac le corn-
I » mun dâger auquel il nous euftiec- tez tous deux , ie ne l'eulTe auec j beaucoup de peine deftracqué de
' ceftefurieufeboattéc i l'alleuraiu
quefans aucun hazard de nos per fonnesja violence du foulphrefe- roit en bref mourir fon eni^cmi de Juy-mefme.Ainfi nonàmaperkia iîon, mais adoulci par la neceflî- tédufai(5t,i! baille ce ruftre demi- mortengardeàrvn defes voilins. A D o N c i*av fuadé fecrette- ment à fa femme , & fin;ilement perfiiadc de fe retirer hors de la maifon chez quelque femme djc fesamies, iufquesàce qu'auec le temps le bouillant courage de fo» mari s'accoilall : car ie ne doutons point que poulfcdefi grande co- iere& fureur il nepourpeniaftde luy ioucr quelque mauuais ixa Û;
I
DE l'Asne d'or.' ^'24 .|:|
Of èxtreméiïiétfâfchedadefplai- f^'
fn de mon meilleur amy , ie m'en f
fuisreuenu chezmoy. :!
Comme IcMeufnier faifbit ce ^^^^ft^ »;] conte, (à fem me afî^itée& terne- *^fi^' raire deteftoit auec paroles exe- ^^ . crables la femme de ce foulon^cec- P^ '"'** te deflo y aile, cette impudique, en y^° fommeia honte & le deshonneur de tout le fexe en general,qui poft- pofant fa pudeur , & foulant aux pieds Talliance du lia: conjugal ,a- uoit par vue putanefque infamie fouiliélamaifondeibn cCpoiixnSc par la perte du rang Ôc dignité d e- fpoure,acquisceluyd*vne putain, Il faut bruder ces femmes toutes viues: de neantmoins conuaincuc parle fentiment intérieur de (â faute, ÔC -de fa vilaine di fordide con(cience, afin qu'elle peufl: d'autant pluftoft Exhor^ deliurer Ton paillard de fous le van te fin faldit , confeilloit \ Ton mary de mxri (i s'aller coucher de bonne heure, ft coti"
Mais luy n'ayant qu*à peine en- f/^fr : ttfmé Ton foupper , s'cftoit leué mm
. K E V F J I s > de table auec appctic , ia fîartoïc // Vi'fit pourlay faire mettre la nappe. Ce fii^pper qu'elle fit promptemjnt; bicqu'à Cr contrecœur: hraifon :el!e l'auoic appreftépourvnsutrc. Certes le cœar mecceuoit de dncil; & verac à metamenteuoirle vilain o traiéb précèdent, &: la prefentealfcuran- cedecefte maudite femme, ie Ion' geoi^ à parc moy, fi pur quelque moyen ie pounois defrouurir «5c reueler les rufcs diceîle, donner quelque fscours à Ton maiftre; & repoulfant le couuerde faire venir à toute la compagnie ce galand qui ferapitroiideilouslevanàgui* fed'vne tortue.
Comme l'injure que ievoyois cftrefii(Sbeà mon maiftiemc tra- uailloic extrêmement , en fin la di- ijine proui Jence me regarda en pi lié : car vn vieil boiteux à qui no- flre maiftre nous auoi: donnez ea garde , voyant quM elloir reps d'a- breuuer , veint faire fortirroutci les beftes cheualiaes pour nous faire boire en trouppeau plus pro*
chain
IDE L*AsNE d'or! 31^
chainabbruuoir:cequi me fournie vnc trer-opcrtunecomodiiépour me vanger. Car en padanti'apper- Kofirâ çeu le bout des aiteils qui s'auaa- ajne^em çoicnt par defTous le van ; & tour- fxffdnt nant le derriercleurmarchaydef- nxirche fus, lescompre(îàntauccmeson- /«^ les gles , iufques à ce que ic les euffe dneils du routcfcarbouïlicztdcfaçoque duphi* l'intolcrable douleur le contrai- lapthe» gnant de ietter vn cri piteux , il re- re. cr' pouiïa le van deflas Ton corps;& fe montrant en place marchande à la ^ veuëd'vncliilcun , defcouurit la j'^J foutbede ctlle femme eshontée. ^/^ t
N^antmoins le Meufnier [c*^^ ^' piquant fort peu de la breehc que fàfemmeauoitfaiteàfon honeur, s'arraifonnatd'vn vi(àge ferein & igracieuxauec le icune home qui 'mouroit de peur. Ne craignez f^^ point mon enfant(cc dit-ll)quc ie .^i'i , vous face aucun outrage:ic ne fais ^^'^ .* pas vn batbace ny d'humeur tant *-^'^^ ., igrefte ou fauuage , que ie prenne ^^ . DJaifiri tourmenter les perfonnes; ^^ 5c*n'cnfuyuray point la cruauté du
Ee
1
Nevfiesme iivkî Foulon, qui trotjuant vn ribaut en fa maifon jla laifTé prefqu'eftouffc par la fumec ôc Tiolencc du fonlfre qu'il a hiék brader delTous ie ne fçay quelle cnalheureufe machine. le ne veux pas aulîîvous trairter criminellement eniufticefuyuanc f lâloyqucrEmpcreurafaiteco- .tre les adultères : vous eftesrrop "Y gaillard ôc trop beau fils. Ains naa fâche d' f^jnmç 5^ moy partiros par la moi- ticcltty» jj^^ Etn inteHteray point d'aftion contre vous q en matière de parta- ge; ouy bien pour dioifer vne cho- fe qui déformais ne fera commu- ne : en force que vous foyez com- mun entre moy & ma femme j ou pluftoft que nous ayons cous deuic vne femme commune, &: que fans aucuns conrrouerfe ou diiTenfion nous accordions nos fluftes tous trois en vn mefme lid. Car i'ay mefme toufîours vefcu auec ma femme en fi grande concorde,quc fuyuant la tradition des rages,nous n'auonsiamaiseu r qu'vn mefme vpuloir.Au
I
s H l' A5NE d'or.' ^li
qne Li femme aie plus d'authoritc quefonmary.
Le Meufniergauirant par telles fefen êc fembiables paroi les flatereffes, kfonor" emmena coucher aiicc luy ce icu- défini-^ ne homejequel y preiioit fort peuT&v d-e plaiiîr , mais lefuyuoitneant- nioins.Piiis ayât fequeftrc cefte tac pudiq femme en vne châbre à part leceuoit vne finguliere deIeâ:atio à vager l'outrage des nopces qu'el- le v^enoit de corrompre. Mais aufli coft que la claire rouie du {oleil/^cut enfanté ia lumière, il fie venir vu couple des plus puifsas valets qu'il cuft, aufquels ayant fait efleuer eit haut fur leurs efpauîes ce ieunc garçon : Qupydoncî (cedifoit-il j^ f^^ en le fefîant auec des verges)toy fi i^ ^^^ tendre & û douïlletj& qui par mat ^i^ ^^ niere de dire n'es encore quVn en- ^ ^^^ fant, eft-ce ainfi que tu fraudes les ^^^ " amoureuxdelafleur de ton aage, ^^ pour conuoiter les fcmmes,corro- ue mefme celles t qui font do fta- ^e condition & conjointes par la oy de mariage? veux-tu îieuat que
E e ij
Nêvpiesme livrî la faifon en foit venue , & que ton âge le permette, emporter le nom d'aduhere?Puis Tayant rudoyé pjir plufieurs autres aigres propos , 6c felTé fort &: ferme dos & ventre, il le miî hors de fon logis. Ainfi le pi' PuU le beau de tous les adultères, fevoyâc Uijfedl la vie fauue contre fon efperance, 1er Cr ayant toutesfois eu les fe(Tcs blan- ches entr'ouuertes nuiâ; & iour,rc retira merueilleufément affligé. J{(pti* D'ailleurs le Mcufnier enuoy vn dte fit 'u libelle de diuorfe à fa femme ^^ femme, l'ayat répudiée la chaiïa de fa mai- aui fon. Mais elle outre fon ordinaire & naturelle mefchanceté , extrê- mement outrée de ceflafFfont,bié que iufle & raifonnable,rentre das fon arfenal &:magalm,& reccrchc X les rufes Se fraudes comunes aux femm^sdefou meftier.E lepratti- quc de toute fon afFeâ:io vne faui- fe corrompuë^à qui l'on donooic !• V'/^^j^r i^cputation de pouuoir tout faire dutxfor par charmes, exécrations & malc- çellem ^ccs. Elle la fupplie tres-indaip- jwent, 6clachargc deprcfcnsp^uf
i
DE l'AsNE T>^6tU $li j.ll
obtenir de deux chofcs Tviie ; Ou iri
qu'elle la rcmetre es bones grâces ;!
de so mary:ou fi elle ne peui,qu*au |
moins par quelque efpouucntail ;[j
^phantoTmes elle luy donc d'hor- ',!i|
liblcsafrautsenrePprir. . J
A D o N c cefte forcieie & diui- -^"^'Jf | nerefTedcrploye les premières ar- ^^*^^^* \ mes de fa maudite & deteibble di- ^^'^ r^^ 'i fcipline,s'efî-orçat de fléchir le cou ''^^O'' _ | race du mari piqué de cefte outra- ,i^
geuie ofrenle , & par comurations k,
luy faire reprc ire (à féme en ami- tié. Mais ce premier effort luy fuc- cedac contre ce qu'elle auoit pre- fumé,voicy q deux raifons la poul- fent en extrême colere.'rvnejd'au- tar qu'elle s'eftime dédaignée par ^
les deïrcz qu'elle a n agueres inuo- quées.-l'au^tre, pource qu'elle perd le falaire promis par la femme du Menfnier, Ellecomencedonques a-daillir de près la perfonnedece panure mari,& fufcitc 1 obre femme occife de mort violente, f^f^sfén pour la ruine &perdition d'iccluy. tof^ytcs ' O R peut-eftre vous Lecteur
E c ii|
Nevîviîsme livre fcrupuleuxconcrollanile conte q ie vien de faire ,argumentere2c5- mcs'enfuitrMais A(ne badin coip- ment as- tu peu renfermé dans les bornes de ro moulin , i (]ue tu maintiés ce que les femmes ont fafc iècrettcmenc ? Efcoutez doncques par quel moyen cdanç homme fort curieux trauefti en corps d'vne befte de fomme , i'ay cogncu tout ce qui s'eft fait au pre-^ indice de mo Meufaicr. Sut le mi* dy voicy qu'àl'imporuifte apparue au moulin vue femn-îe 4 abbati'C' de triftclTe en aparéce, mi ccuuer- îe d'vn chetif haiîlo defchit éJes ia- bes nues ôc pieds defchaux , fi mai» gre Se iaune qu'elle en eftoit cxtrcr mémci hideufejles cheueux efpar- pillez& mi-cheous,^ fouillez de cendre dot elle les auoit furfcmez, abatusen confufion furlcdcuant luy coQuroient prefque tout le vi- fâ^e. Celle comere iettant la main furie Mcuinierauec vnc face béni-, gnecomcluy voulat dire quelque chofc en fecrct, l'emmenc ï quar-i
f
DE L*ASNE d'orI 32S(
lier en fa chambre, &pouirantIa poite fur eux rentretienc là fort longuement,
Maisquand tout le bled que fes OnU garçons auoicc entre mains fut en fi^ouue nîoucure,ils viennent heui ter à la en fin porte,appellentleor maiftre,& luy mert^ veulent faite entendre qu'ils c\\0' fendu, ment de befongne. En fin vovans qu'après Taucir -appelle plufieurs fois à haute voix , perfonne ne ref- ►pondj ils heurtent encore déplus tort; & parce que la porte eO. oit (i foigneufcmet barrée , fdupçonnas quelque pluseftrangc & plus fini* lire accident , tlslapouirenid'vn plus grand effort, & laietientbors àts gonds. Cède femme nç paroiil aucune parti mais ils trouuent leur niaiflie c pendu &: roidemorcaa bout d'vne corde arrachée contre ■ vn foliueau. Ils le dépendent Juy donnent pour !a dernière foisf/ vn bain d'eau chaude ; le plcuretauec extrêmes lamentations , préparent fèsfunerailles,(5c mcttét fon corps k\\ cacrc auec vne belle «Se honora^-
Ec iiij
Nevfiisme livre blecompacrnie. '4 fiUe I-- lédemain fa fille accourut d'vn nefiad chafleau voifîn où dés long temps (Krtk elle eftoit mariée , s'arrachent fe$ "H Congé cheiieux&iebaaatles mamrael- ^ les à coups Je poing. Laquelle farïs qu'aucun l'cuft aducrtie du mal- ^ heur de fa maifon, auoit apris tout ce c]ui sVftoit paiîc.Carainfi qu'el- le dormoit e Ton père luv apparut auccvn vifageerpieuiéjavâc enco- re la corde au col 3 luy fil entend; e toute la mefchanceié de fà mara- ftre, louchant fon adultère , (on naalefice^ &' comme par Icsprefti- gesdecefteforciere il eftoic Jefcé- du aux enfers. Puis ayât fait vn!og dueil, acoifé par la furuenue de fcs Fcnue • amis,elîc reprit en fin Tes efprits. i;êd les Or après /qu'é la nenfaine tout meuhUs l'office de cède fepuhure fut acco*. V jon plyjcll e vendit à l enca tous les va- ere. iets, les meubles & belles cheuali^ ^iilar- nés de feu foo père. Ainfi ie licen-. dlnier cieux hazard d'vne vente ^ incer- uheptf taine efcarte en diuerfcs famillcf' \Afrc, ynxncfBage.EnfonimevnpauuiC
I
B E l'A s m e d 0 r.
n9
&: malorm lardinier m'achepta^ ^S./.j/. par mermefoitune*cînquaine de- nier; mais bien chèrement, cedi- foit-il : routesfois à ce que par vn iranail commun & réciproque il pcaft gaigncr fa vie. Puis donc que ic fuis tombé fur ce propos, la fîiitre requiert que ic vousexpofe aiiiïi la difcipline de ces miennes^ couruées & feruices.
Mon maiftre aubiraccoufta- \^u€cîe ifté de m'e.îimener tous les matins qtid il chargé de tontes fortes d'herbages a;;> en au plus prochain marchérpuisayât mife^c receu le prix de fa marchandife (;;^p4U' inontoit fur mon dos & retour- ttrcté, noir en fon iardin. Et tandis qu'il befchoit, qu'il arroufoit,ou le dos courbé faifoii quclqu'autre befon» gne *, i'auois loifir de prendre vn peu le repos k part moy. Mais voicy que félon les ordinaires am- Bages& retours des cftoilles^l'an- née remarchant fur fes pasftnuant
Ilies nombres de fes iours & mois, après les délices de l'Autone dou- cereux i auoit tourné fon cours Ec V
vers les froides Se fnflbnnantes gclcesdu /; Capricorne. Adonc renferme dans vneeftablc à l'airte ôc fans aucune couueriure,expofé aux pliiyes continuelles , aux nei- ges , bruines &c autres rigueurs d'hyucr, les froidures me faifoient vne cruelle guerre , attendu que la pauureté de mon maiftre re kiy donnoic moyen dauoirvn peu de chaume pour conurir mon cfta- ble,ny mcfmc vne pauure couucr»" lure pour fe garantir du froid : ains fe conrentoic d'vne chetiue caban- ne de fueillages & ramccs.Dauan- tage, quand ce venoit au matin, ie me trouuois glace dedans labour- be,6c mefâiloiccafreràpiedsnud» de grands quartiers pointus deglâ' ce,^: qui pis eft,n'auois feulemcne moyen de remplir mon ventre des viandes ordinaires : car nous eftio» mon maiftre & moy d'vn meftnff cfcot,mais à pet'ts frais;&nc man*» gions que de ces vieilles & amercf laidlucfi , qui pour efti.e d'vne (c- meace moific de vicilleile ne fciH
OE L ASN£ d'or. jjq
tïntquelevennoula , & ne font non plus âggceabics à mançer quvnbalay.
_ Vne fois entr'autres aduint ^ qu vn bon perfonnage qui venoic ^r''^t desclumps , furprispar la biune '''^', l•enconcr^deUnuié; &poufla.f T^ bondantepluyeq.jicomboiccon- ? '^''- tïWntd abandonner legrandche. *'*'' '^''* niin, s'en veint trempé iufqiies à la ^?-^' chemife , & non moins hatafTé de ^^'*^'' iaaitudequeronchaual, ietterà couue.tennoftreiardin;& le len- demain délirant i recognoiftrele ^ non délicat, miis au moins necef- ^""^'' laire & courtois accueil d'vn hofte "•S""'- ftbening: promit lu y faire prefent^^'! "' deqiielques mefures de froment '^''•^*'=' &dhuyie,auecdeuxcacquesde vin. Ainfi mon maiftreprenltvne ,. poche & des outres vuides feiette "*'' lur mon dos , & me faiéb faire foi- " ^' «me k ftades de chemin -, au bout ^'""^^ delquels nous aniuafmes en la "'" maifon de ce bon père de famille : f"''^ qui de prim'abord fit irerbonne ^'■'^' etcimonmaidre.
V)
Nevfiesme irvRB Or comme ils s'entrinuitoiéc à boire d'autant^voicy furuenir vn» merueideux prodige. L'vncdefe^ poules s en vint courir à trauers ta court , & caquetant à l'accouftiu méedonnoir à cognoiftre qu'elle auoitenuiedepodre. Son maillre la regardanrrO bonne chambriejje (ce dit il) & Foeconde à fuffifanft, qui par tes quotidiennes p^rices' nous donnes dequoy defieuner,& te prépares encore maintenant à- ^ccqueievoypournous dontyer à- gonfler/ Holà garço 5 boutte moy en ce coing le pâmer où celVe poiw le acouftume de pondre. Commet le garçon faifoit le commande- ment defon maiftreja poule mef- ptifantronniJ ordinaire ,pofade- uantles pieds du bon-homme vne portée à terme, mais portée qui deuoit engendrer beaucoup de, Fne fcrupule. Car elle ne fit pas vnœuf poH^c eomelesautresfois/juy bien/ vi» ood vn poulet garny de plumes & d'on* ijonf'^t gles, d'yeux ^devoix, qui fc prit i^ firfAiu ruarcli€r incoiuinentauccfa aicccjl
ytiiU r »-»?^ o -» ™
DE L A SN E D OR. 5.J1
V o I c Y d'ailleurs vne aane ad- «enturemonftrueufe, & dontcha cunauroit horreur. Car la terre s'encr'ouuranc deflbus la labJe qui porcoîc encordes relief!» du àiC- ncr , faillit vne abondanre & co- pieufe m fontaine de fang, dont les PO itces/autellans iufqucs delîus là table Icofanoianteienc derou- tes part?. Et comme extrêmement eftonnez ils admirent &c trem- blent fous la frayeur de cesprefa- gcsdiuins j voicy qu'vn garçon vientrapporter que toutle vin de lacauc bodiUoit dansfes^oneaux aiiec mefme fcrueur que Ci Von cuft misIefeudcfibus.Onvidao/ïî vne ;ï belette qui trainoit dehors à belles dents vn feipent mort. Et de la bouche d*vn chien de bcN ger faillit vne grenoiiiiJe verde: puisvn bélier airâillanc le chien , 1* cfliaogla d'vne dentée, Teii & fi grands prodiges auoientdvn ex- itéme eftonoemeot abbattu les courages du màiftre & de toute fà Eaaifcni ^ ne rjauoisut ny paj? ©>u
uine , ftg m hî de^ terre t
Le vn hout
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i . tv'1-lESME LIVXE
comcDencer ny par où finir pour appaifer les colères de diuertir les
|,i tff pro menaces des majcrtez celeftes j ny e^^gcs c/ceqnipîasduifoit , nyccqui plus ' ^onerle nuifoità ce deflTeing ;o ny parquel n^fjlre Ics&r quanres offrandes ils deur iét CiT dcftournerrefFedl dcfi moilrueu- fss aduentures.
Comme chacun demeuroir ac- aca!c fous la frayeur de ces fune- ^ut fre fies & 1res horribles rpe6tacles,ar- f^fsde riue des chairjps vn ccitain garçon rrdgt" qui rapporte à fon maiftrelcs cou- 7«^j ucntu- treufe defconfiiure . Car il s'cfli- y^s, moit bien- heureux d'auoir cfleué p rrois enfans iufques en l'aage d'à* dolefcence ,aduacez es bonnes let- tres, façonnez en moeurs, & prcfls SI contenter le pcreen Tcfpcrance qu'il en auoit conçeuc. Ces ieunes .^hommes s'entre- lenoient dclon-
^ '^ ,L PHe-main en bonne amitie auec Unt ho ^ y y r r • j»
vn de leurs voiIinsjci"neurd vne"
,, .^ terre de médiocre yaleur& moyen
\r rcuenu. Mais il aa oie fur les con-
^'■^^^' fins de fâ petite maifon vnpuif-
^«î
A
fane voifin , riche &: grand terrien^
ieune, mais pardefbauchesfl'. fttif-
lanc la gloire & bonne réputation
defesayeuls. Ileftoirfjpuiiïancen
fadions,
ceux de fa ville a Ton vouloir, îl
gourmandoic hollilement la pan*
ureré/ydefonpent vci(în, cfgor-
geant Tes ouailles, emmenant Ces
aumailles, êc faifant le dcgaft de
Tes fruids deuanc leur maturité.Ec
qui plus cftjâpres î'auoir deCpouil-
lé de toute fa. cheuance , encore le
vouloir il deboutrer défi peu de
terres qu il auoii -, & intentant vne-
vaine adion , contre luy touchant
les bornes, sapproprioit toutfon
héritage.
A L o R s ce bon-homme des V';f^^' champs, vergongneux certes, des ^ '^'^ ' jkmis à nud par iauarice de Ton ^ .^^
. guiirantvojfin,a(rembla tremblant '^'"^^' de crainte pluficurs de Tes amis
,pour leurs monftrer Tes fins& limt tes , ^ ce qu au moinsil fe penft re-
ferucr autant de ierrequ*ilen auoit
^«r^ing pour eftre enfçuely ^afis
l'hctuage de les pcres. Entr'autres Trctsen s'y troiuierec ces trois frereSjprcfts fAus du \ doner tclîe afîiiftancc \ leur amy ■> hom qu'ils pouuoient en fonaduerfiré.^ ■chn^e Neanimoins la prcfence de tant ■i IdT. de citoyens n'ellune aucunement dmier. nv ne ccnf-ond cf ft enraec : ilne ^ajsif' veiu rien rabaurc ny de Tes rapi- tcnt. nés ny de Tes inTolcntcs brauades : ainsccmmeilsleblafmoient auec paroles amiables , tafchans d*ad- doucirpar gracieufetéVaigreurde fon couiage,&tenr)pcrer Tes bouil- lanrcs humeurs; lenemefouciepoint Ce fuif de tQi^ tAm de moytnneurs que 'veus Jdntho efles( ce dit-il en iorant par le falui mes aL &deluy & de Tes plus chers amis.^ T ^ft con Enfommedfudnt (juiijci: peu detempr ire eux ~ jeferay freridre ce gJ.tnd p ir les treiU ifs , & le iet ter hors dif* màifon bitn lotng,
Ccfte parole offenfà merucil- leirfcment toute la compagnie. Adoncrvn des trois frètes: C'eflen •vainque iQt4S conJidTtt'fur'VûS mojxns (ccfaift-ildVrye Hfcce repartie ^ur. l^ch^m^)fiût^ mfrjÂce'^ dvneftrtc-
'1
DE t'Asî^E DOR. ^)y 1
tyrxnmq!4e ceux qt*i font de moindre e^ |i
fioffe , Mteiidid. que les loix ont accou- \
jhtmé fèruir t de libéral bouclier c^ra-
ffdrt 4UX fâuHies contre l*mfolence des
riches, •!,
C onime Th^jile nourrit la flam- me, comme leioulphrc allume le feu , & comme îe fouet en la'maiiv d'vnefjrie ne faic qu'irriter la fu- reur: ainfi certeparole hardie fer- me d'alliimecce pour enflammer & mettre en foague ceft cipric turbulent, f^ll:^ 'vous faire pendrt Cr vous & vos oix y ce dit il poulfé d'extrême rage. Puis commande ffalt /qu'onlarche& qu'on hàle apies/î"^ chî- eux tous les chi^^ns de bergers es après tous les maftins d'attache, félons ctixfiii & cruels, accouftumez à defchircr lescharongnes gifkites emmi les champs , fk d'abondant couftu- micrsd'allàillirles pafTans à belles dentées j lefquels cfchaufFez au premier fignal ordinaire des pa- (Ires, acharnez &cranrportezdV- fie rage farieufe,e^onnans tout 1? , yoifmage par leurs horribles a-
Nevfiesmi hvrï
Ibois , fe ruent dçSus ces bonnes Les OU' gentsileurimprimentplufieurs & tvAgmt dlueifes morrurcsjcsefcartcllcnc Crle**T ^deftompécen pièces \^ nes'ar- ' donnet reftenc point poor les voir dilper- id chitf- fez en fuiie , ains les pourfay uenc ' [e^ auec tant plus ardaate furie.
Adon c parmy la prclTée àt(^ route de cefteeftioyce m'.lntude , le plus ieune des trois frètes à la rencontre d'vne pierre a/ fefroiiTe lesarteilSjtumbe par ierre,& don- ne vne roal-heureufc curée à ces maftins enragez. Car trouuans ceftc piteufe proye en leur che- min , ils dermembrem en lopins ce pauure miferable ieune hom- me. Ses autres frères pcnthelans accourent brufqucmeni à l'ouye des derniers eflîns de fa mort : 6c s'cnueloppans les mains gauches : auec leurs manteaux, s'efforcét de
i fecourir leur rrcre à coups de pier-
I res, & donner la chaffe aux chiens,
[ Sincleur peurent ils donnetrc(*
poiuianteny rembarrer leur fcro^ ^ dcé jauendu quelepauuieieunel
^f^
DE l'ÀSNE d'or. ' 314 1',
homme les ayant pour dernières Mctta ;| paroles requis de vanger le fang ^ mort | de leur cadet à rcncoatre dec«ri- ltad(P ■! chc dcteftable^ redit lame defpecc i'
en moins de rien. '{i
L A^ defiTus fes autres frere$,cct- ||'
tes non point tant defeip crez de i
leur vie que négligeants leur pro- j;
pre fâlutj attaquent telle baiffeece j
riche homme 5 & port ezd'vne ex- j^^ \\ treme ardeur de courage conîoin- ^^uxan '\ teauecvne brufque impetuofité^ ^^^^ ^r '! l'airaillêc à coups de pie rres Mais fiill^nf le (angîant & des long (epnpspra* /^ yi^j^^ (flic en telsafTauis &côbat5, d'vn fjo^^f^^ ie^deiaudot outrepafle l'vndes deux à trauers la poidrine. Le iou- //^^ ^^ uenceau toute fois ne chût pas roi r^^^^ dem more en terre : car le dard qui /',y^ ^ l'auDic cranfper ce, luy fortant plus r^^ r^- qu'àdemi furie dos, cilancé d'vn ^^^ grand effort s attacha contre tar- ife, & balançant le corps îc rétine fbufpendu entre deux elementSc D'ailleurs , vn des feruiteurs de çcftarTâlîîn, hault&puifTantpaiU
d, 6c voulant affifter fou mai-
/■
, iN E V F 1 1 s M E L I V î( i
Lvnde ftrô,auoitdeloingx ronce vn gros ftsferui ciillou fur les bras du troifîelme : teurs «/mais la pierre s'allachiflant en l'air, fdtlUrU juoit coolélelongdcfesdroigts*. trûiftef- ^ contre 1 opinion d'vn chacun , ^^' cftoit cheute à terre fansl'ofïèn- fer. Toutes fois vnc plus humaine rencontre fournit quelque petite èfperance à ce très- galant ieune // font homme pour en auoir fà raifon. 1 ff*^^^ Car feignant a*eftre bleiîc : Oj fus ■''^jy^t (dir-il) Aje et contentement de 'voir U ruine de toute n»Brf famille , c^ repais ta cYUduté dufang de t rois frètes infi" ^ . fjaUe t^ue ttt es ! croj que tu meritei o^» ^* l'orieuxtromphe pour amir abhatu tet
tomhourgeeii Encore que deJpouilUnt vm pauure homme de toutce quilpojjede , tu prolonges de p Îm en plus tes /imites ,. f faut' fi que tu ttjes quelque njoifin, î*ay feulement regret que le fort me foit tdnt inique que de m* osier l''^\^gi de ce(}e main , iiuec laquelle te icuffe lerkhecouppéiecel,
accourt Ce furieux brigand enaigri de peur l'a cède parole, (acqueTerpec pour dcuer, faire pcrdrclavk à ce hardi cham
^^-
Di l'As NE d'or. J35 pion. Maisil trouuachauflureà fon pied î celuy qu'il prouoquoit n'auoic moins de courage que luy. Carinefpcremenr, & bien loing !
pai'-delàPefpcrancc du riche coh- j
fidanc, le ieune homme luy fai^ ij
telle , & le prefTanc d'vne eftroicce j
ambralîàde par le fau du corps , le \
ferrefort& forme dVne main, & ;
de Tautrc luy cireà coups de dague ^'{^^ Tame impure /lors du corps- Ec/^^^^T' r pour ne rumber es mains de fes f^>&^^ feruiteurs haftansle pas pour vc- ^^^f^f{ nir au fecours , il fe couppe en fui- te la gorge fur le champ du mcfmc ^^ ^*^? poignard tout rouge encore dnf^^^^iP'' îang de fon ennemy. C'eftcequ'a- ^^ '^-^ uoyeiit prefàgices > fignes prodi • rnefme gieux n'agnercs aduenus contre le coucs de nature j c*eft ce qu'on ve noitderaconrrcràcextifte&maU fortuné feigneur.
Aces nouuelles le bon vieil- lard a(îai!ly de fi rudes fecou(res& bourrades, ne fceuc iamaii mec- tre hors vne feule parole, non pas / jnetmeieitervnc feule iarme.jraais
Ne V FI ES M £ tïVRE empongnani le couceauduqueîil venoic cfe partager vn fiomage & f, Zepau- autres mets entre ceux qui marr- : urepere geoyenc à fa table , fuyuantaufli i ' en fiit l'exemple defon malheureui fils , ^t4nt» ihfedonepluficuis&diuers coups C7* dedans ia gorge : iufqu'à ce que lumbant tout bleu contre la ta- ble , il ^roflii d'vne riuiere de fan^ nouucauj celle raonftraeufe ton- taille (ânglante qu'il auoit n*aguc-i — -Tcveu faillir en fa chambre. Aind monlardiniti déplorant auec vne Ze I4r. extrême comipaflîon la fortune de • dmier cefte maifoa clieute en bicnpeti:c reuUfit cCpàce de temps , & touché d'va kvuidf merueilleux defplaii^t pour l'inu- tile couruée qu'il venoit de faire , ayant payé fon efcot à chandes Tarmes, ôc plaudant àQ% mains vui- ^ des l'vne contre l'autre à pluHeurs ||| fois, fe rcjctta fur mon dos, &re-
I broulla par le mefme chemin qu'il r
cftoit veau.
Ma r s encore fon retour ne luy fut que dommageable. Car vn fol» !j dac que nous rciîconcrafmes en \
ciâUrônjai^
El l'Asni d'or. s3^ chemin , haac de taille,& î^legion- naire félon que ie le psuuois te- marquera fon habit &iïiçon, luy veine d^'mâder auec vnearrogan- y^tCf^ te ôcfuperbe parole 5 où c'eft qu'il ^//'^. menoit c'eft A(ne vuide. Mon mai fj^^^g^ ftre encore faifi de triftcire,& d'ail- ^ - leurs 4 ignorant ia langue Latine, pafTeoucre fans dire mot. Ec le folJat nepouuancs'empefchecde iàire vn rraiâ: de leur infolenceac- couftumee, ains prenant ce Silen- ce pour mefpris ècdefdaing, luy defcharge fur les oreilles vn coup du ba(ton qu'il portoit , & leiette de fur mon dos en terre. Adoncle lardinier refpond humblement. Que pour n'entendre ce langage fine peut fçauoir ce qu'il deman- de. Ain fi le loldac fe prenant à par- ler Grec : 0:4 mènes tu ceJiafne^cQ dit il. îemcn vdy ( ce fait le lardinier ) en telle viUc près cl'icj,Le (o[da.tl;Maif ten Ay befnng : cxr ilfxatqiAuec dUi4~ très hefies de fomme il forte le bet^g/t^e denoHre C$uuerneur de cechxshdHen 'villt. Et foudain mettant la main
^
NeVFVIESME LtVRt
à mon cheiieftre me commence à Ifrut tirer après foy. Mais Iclardiniei* gmmg' cdbvuaiu le fang fortiJe fa prem.e ner /'- re blefTnre, le fuplie derechef qu il ^y^Jne, vueilfc traiicerplus ciuilemenc & plushumaioemcnrv'nfiencompa- gQon d'armes : & l'en cojijnre par atriâc d'heur &: de profperite'qiiil lay foiîhaice. Car mcfme ( difoic-il j ce âoetif^jne , e^fnbtet c 4 tumher au haut mAl ^ ne me feu^juipemepor^ fer cjuelquefeu de hottes d herbes démo $4rdjnet du marrhê , que l'haiene ne li4y fdille : tant s'en faut qu'il 4Jt les rems éijfe7 fermes pour fup for ter de fiaspe- f4ntes charges^ l,e Ur, En fin vovantqiie par aucunes uinierfe prières il ne peut fléchir le foldar, défend, qu*i[ fg roidic d'aurant plus opi- niâtrement à fon dôm âge-, 5c qu'il cfloit défia tout prert de luy fen- dre la tefte en deux auec le plus gros boutdefon bafton qu'il vc- noitderenuerfer , il praticque le dernier expédient : & pour V^^-. mouuoiri pitié , feignant^ de luy vouloir ^embraller la cuilTe , ilj
s'enclinc
jn^^r.
CE l'Asne d'or.' $57 s'enclinefort bas, empoigne Ton vilain par les deux ïambes , l'enle- ue haut en l'air , puis le placquc de toute fa force contre terre j ÔC quand &-quand fe ietic defTus à coups de poings,de coudes &den- tces. Il print mefme vne pierre en iaruc , ÔC luy congnafibien&Ie vilage & les brâs & tout le corps qu'il n'y demeura place entierc.Et n'eut moyen dés qu'il fut rcnuer^ fé (tir le dos,ny de fe defïèodrc, ny de contrequarrer la violence de fon aduerfaire : ains le menacoic feulement , que s'il pouuoit élire debout, il le hacheroit aufll me- nu que chair à paftcz. Le lardi- ZujÀf^ nier craignant TeffecSt de cefte p^- rachcso rôle , luy arrache iefpce du cofté, ^rt/^, ' la Jette au plus îoingqu'ilpeuc, Ôc recommence aie goutmec de plus fort.
Ok luy couché de fon long, Hcff^^ ÔC meurtry de coups , ne fçeut trefaiSt trouuer autre expédient pour Uff^^f^
fauùer fa vie que de contrefaire "
e mort. Adûnc le lardinier em-* - - Ff ' .^
NeVF VI ESME LIVRE
portant l'efpéed'iceluv, remonte fur mon dos i & tire droit à la ville au grand pas : & ransfeloucierde voir mefmc fon lardin , fe retire chezvndefcsamisjluy conte tout Le Ur- cequis*efloit pailé, &c le fuppîie Jenier ^^Y vouloir donner aÛlftance au fe retire P^"^ ^^^ ^^ prefente: qu'il le cache cher 'un ^" quelque part aucc fon Afne,iu(^ defesÂ^ qu'à ce que dans deux ou trois "mis en^^^^^ ^^ ^1^ efchappc le danger de h ville, '"ort qu'il appréhende extrême- ment. Ccftiîi-cy feramcnteuânc
leur ancienne amitié le reçoit vo-
»
lontiersj&m'ayant ployé les iam» hcs Tvne dedans l'autre fous le ventre , me traine da long des marches en vne chambre haute; puis enferme mon lardinier dc- daas vue huche en bas , & fermant lecouuerclefurluyle laiiîe caché leans cfcoutcr qu'elle en feroii nffuë.
Mais enfin le foldat, ainfi| quej'apptins depuis, comme rcf* ueillé d'va profond fommeil à»l' prcs bon vin ^ chaacellanc coutC'^ I -
DE LÀ SKE d'or. ^S
fois encore & touc eftourdydela douleur de Tes play es, (ecrainaiuf- u fol^f- qu'à la ville appuyé fur vn bafton; ddfy • î & confus en foy-mefme de fon im- w»/', l ; puilîance & poltronnie n'ofa ja- w^^ iili mais ouuiir la bouche pour s'en houux, i plaindre à perfonnerainsdeuoranc j
celtourrage à parc foy rencontra ■
quelques fiens compagnons de guerrCj^: leur raconta cefte fîcnnc aduanture.Ilsluy confcillerent de ses co* fe tenir quelques temps au logis, <>4^«(?f;x (Car outre fon des-honneut p&zti'fint re^ culierjilcraignoit^ le génie du fer- cherche mentdes gendarmes /pour auoir^^ /'^/^ perdu fon efpée) que cependant /i-^jr^, ilsrecliercheroient toutes les en- feignes ôc remarques pour nous xecognoidre Retirer railon de nous autres.
La deffus voicy quVn perfide voifin leur Ta donner aduis que nous eilions cachez. Alors hs Iccmpagnotis prennent la luftice auec eux, luy font faulfem en t en- tendre qu'on leur a vole fur le :heminvnvafe d'argent de grand
Ff ij
NeVPVIESME LIVRfi
U \i>>ipofet prix appartenant à leur Gouucr-
(4'
Tmier ué, & ne le leur vouloir rendre^,
^nUr- ains fe tenoii muiïc chez vn de ff s 1
;v. amys. |
L|es Magillrats oyans le dom- ^
^;w
nent U droit en noftre logis, & font com-
^jiflïcc, maiicicmentàno(îrehoftf,dcleur
remettre entre mains ceux qu'il
receloic en (a maifon , s'il n'en
vouloitrerpondreen (a propre &
priuéepcru)nne. Luy ne s'efton-
nanc de rien , & defîrantlefaluc
.de celuy qu'il auoit prins en (a
' llioflâ^l protedion, refpons qu'il ne fçaic
k recelé que ccft , ôc que depuis plu-
fîeurs iours il n'a vcu lelardinier.
Les foldats au contraire iurans
par le génie du Prince mainte-
noient qu'il fe cachoit Icatvs, noa
point ailleurs. En fin les Magidratf
commandèrent à leurs Sergents SC
autres Officiers publicques , de
fouiller fa maifon & trouuer es
qu'il nioit obftinément. Ils le fanr;
éc rapportent^ qu'home viuanr,a|
i
dâurôDLfii^
DE L*ASNE DOR. 359
merme l'Afne, ne pareiflem aucu- ne par laiis la maifon'
Al OR s fe renforce : le débat de parc ô Ûeaans alFeuremtnt que nous Cr flrions la- dedans ,& implorans l'aC. fîftencede Cefar & luy le niant fort Si forme, 6c pienant les Dieux à refmoines de Ton innocence. Ec ., - ! lov , Ame curieux oc trctil'a'U ^ ,;
m
f>iet U.

d vne inquietepetuijnce, voyant n s^ m ccft eltriT & bruvante clameur. / ^i a le n eu li toit gauchi le col poui^' regarder par vne petite fcnefire que voiiloit dire celle rumeur^ qu'vn de cçs compagnons por- tant dauenrure les yeux droit def. fus moy , afl'cura les autres qu'il auoic veu mon ombre. Inconti- nent s'efleue vn grand bruit en la rue, tout le monde fe fourre de D:^fcou^ dan^ ; aucuns montcnr l'efcalier, «r*? le- & mecrans la main dedas moy A/77. m*emmenentà guifedWnprifon- niefjPuis nedoubians plus de la prelencedulardinier , cherchent auccplus defcrupuie qu'à îapre-
F f iij
Nevfiesme livre mie ce fois , ouuient melme Vit- chcjfont fortir moh homme, le prcfencencàlaluftice; &pourte- cenoir en fuitte punicion de morr, le mènent en prilon ; &L ne ce lieue de rire par les rues «icce que re- gardant par la fencilre i*auois dé- celé & mon mailtre &c moy. Et dés lors nafqmc ce commun prou eibe touchant le regard ik l'ombre de l'Afne, par lequel on veut dire que louucnt beaucoup de choies d'mi- poitance qu'on clltmoit bien ca- chées, (edt'icouurenc & manrc- Ihnt contre touteclpeianct.
DE l'ASNE d'or.
340
COMMENTAIRE SVK
LE NtViJFi*"5Mb LIVRE
F VEIL. 101. p. 1. A Salutaire] P^yr^ nu AU moyen d' tccUé il eukott le couple gor- çr dejon cuifmter.
^ Fa t a ! e d I fp o n t i o n 1 l^ dffttn C^ U n ecefitté km enfemllcment mcroùpleT. d'''un Iten indtffolu" ùle^ccdltTrimf^eïie, Et les poètes chantent far- tent cjue k defltn (Jî inexorable. €j'-^e fa fine rft ifp^ Wta{jle^tThm(4dhle\;rmù!4cable, Les '^fers deCÏea^ thés efi remarquAhie ; 0* Sene(jnel\i faicî Latlnv Le De/tin m 'ne celuj qnt 'vet^tfn7t4re\ du^ujhi^îlhtraiHe,- •■ ' f C h 1 1' n enragf 1 Lhyhier^S' enriifent principal hmeni en EÇié .• pArceÀW è^ins fecs de n.itufe ^U Sfiltuf les aljcche d'iiutant plus , cdmtne Ccnfcf- gne ^lexxndre y^phrodifee en [es Vrobilemesi . Or les chofcs arides eftts efchxujfees^ semèrdfent» Et cjue U ra^e bn'fle les chiens , c^ appert en ce tpéelU leiiv domnuntjls ne kffent de halcttcr^, O* d\j*urh U houchepsurrécfùoî? du rafraffchijje"'' ment»D'attlcursJon m njotd mères deekienstHm- heren ^Agcfimn ceux qui font les plus char^e^ de maigre ^(y ce notamment aU Icuerde la Cfi.ntcule, i^ilumillc nous apprend au odiure^qutlsfontga,^
F£ iiij
/
Nevfiesme livre rdtitii de cefie mort file m4/adte , fi on îeurmig>i( U quet4 ë quarante tours après Ifur nai[fance. ils tr.tparetllement vn petit 'uer en U langue Jeqiul cflé les empefche de fentir nj r^gr nj defgoute • ment aucun.
d Hepha^dion ] Ce nom (fi bien feantà vn (ui- mer. Carie Hephxftos des Grecs eficeluy que nous appelons Fulcain. On a afjcT^ ohj parler de ce grand amy d'alcxandre^UephieJlifin, qutlfou- kit nomme} 'vn autre foy- mefme ^^futfi'Difue- mcntaffiigé de la mort d'iceluy qu'il en fit coup-, fer le crin aux cheuaux Cr mulets^ ahbatré Icy créneaux des ^murailles , pendte le T^lcdecm quil'auott penJéyCflJer les hautbois cjrtous autres- mflrunuTfis de mufiquc en L'armée . o^ dépendit dix tniHe talents a iHyfairefesfuyjeraillcs, f Hypacaue] Les Grecs nGmmeTitWwv^io^ ce- luy que les ^mams appelloïent Coful. ^pu ée *veut peut eftre drfigner quelque ferutteurf^uorif de [on maifire, / Apolloine ] Ce nom femLle thé d' ^poU-n^ Dieu de Medeane^ & efifori propre^;, ^n Tilcde-^ àn.V^poHûine de Vlnloflrate e^aJpT^^cogfiru, e Vcnimeufcs denrées] Lamorfured'inchit enraie fe met entre les venimeufes gt mortifères» Toutes morfurcs ont quelque 'venin. Celle de l'ho% me mefme efi dangereufic. Le: phv experts Cafù
DE l'AsNE d'or. 541
tatncsîe [(panent bien y quitni ils font fmrfiâer k le/*n foldAts /es haies deu4nt cjt e du/ ger leurs érchéfcs', comme ayam cxpenmetéque les fUjes tn (ont rarement ^uerifjabk s, h Toucher Teau] On tient communément que fi ceux qu\n chien enragé aura, mordui, crâgnet icéiH'/eJl unfi^ne mortel, f Une le dit^^jr Gale?t» lib.de lcÔ.isfait ce cmtcj)n apporta ijn imr de l'ca» claire CT^fraifche à 'vn homme trauaillé de CemUahle tnorfrrejequel affcrceuat hfemhlacc du chien dedans i'eau^eurpfur de cefie image^o^ mêurut de frayeur, Les autres dient qutlbeut de l'eaUyCren mourut Mais (comme dit Galen)ce ne j futpoi pour auoir èeu de l'eau: attendu que l'eau fert de tewcde:ains four auoir fris l'ejfouuate:car. des qu'vne ferfonne morfe c^'vn chten enragé , 4^ fiurdel'eau/en efifair^'Heatmoins cefl 'vnfoi*» ; nerain remède k cefie mifcrable maladie , d'epon- ' gner le patient , o^ le plonger àjon deçeu de dans t eau plufieurs fois en forte quïl en aualU de lion- nes gorgées icar ainfi lujfait on perdra ^ ^^fi'fj Cria peur de l'eau.Les chies enrage\ craignetauf a l'eau btenjouuenti'voire auec telle horreur^qu^ ■a rencotre d'icelle le poil leur J^rilJonneyCjsr meu' ''(TJtai^uncfiiô de telle frajeur.philoflrate au, 6» uhde la "iiied'^polloine racole 'vne hifieire e^a* :e(Uce Mitgc : Fn leune home mordu cf^vn chiets^
Ff V
1
N t V F I E s M E L I V R E ^ frjy-igêfefnfita contr: faire & reprcfe/iUrles /4-j pnstivn chî en, aboyer comme \'n ch'te^O'fe traî- ner de ftedi çjr de mains , à gui^e d'une bcfit ^turrepteds. ^poUone ayant coi np.tj^ict2 del'jdA uenrure du iame homme , c^ i m and a au on r cLijlle 0)i. ry On luy fimtne^ il ^ujfau lécher Ix- morfuie éjudijenoit défait e^,ifii rju( le m.tl /tf/r gAïj^ parée luy qut iauoit'donfée. CdaftitJetoH^ ttenceanfentit "^u foula^rment. du Cjdhe puk^ fut guéri. Et îcihî{nent>êdar.! Lt- YiHtere par le commandement dudit .y^pûH.r, c , . fut pareillcm cntfAUué de fj maladie. i Saliuaiie ] Parc^audlcejictgnojtLtjoifd'-. ne' p^rt ; dr de l'autre, U henuant ctvne courage ufe à l'occaf.m de ceflera^r prctendHë. kDouble â^gçr'^Et le caupcg9*-^e dt^ ctàfinici^] ^ la 'vtolecc de ce^x qut lepourfuyuo'tt à mo t»' \ / Reliques ] il cntindl image de la Deejfe Sy- ïierine^anetUi hardes O' bifongnes appArtcnAr$f\ ■ ^fonferuice. ru Plai fan te fa bl e j Apulée ù bonne graced'em tremefler ciudquesfacectetix tentes pou rrecreernf] LeGlcur,^u'i'ne narration de lon^te bJemipottrm fûiidficunement la fer. Ce font les difcours M tic*' \ fieni quùlnousarrotnis dés le commencement, ■ nCç(ïui'Cy]l. Boccace très difert en fa Ungn^ 1 ri/' (iîrcce^rf^ùle p:irmyfes cerJ ^Cotitidla , nM\
DE l'Aske d'or. ^4i
fOmj?te inttryrete^mais comme auheur d icelledes femmes nyfcvtpitsLifourde oreille y O" l^slifent pjt efcofttent dffc^i)olontie)s. ~ c Ne ^cachent rien ]^fj marj} s font ordlnaWC' mtntles dcrrjjcrs a fçduotr les ordures de leurs femmes ^ Uhonte de IcHrtnMjon : CT' comme du S^HieïdCmc^nous itpf retiens toujhurs les der*
ers r/ojlre md-heur, f Rufee] Arïji^ÀU l^r \ns d Adultère lesfcmtnesforit plus malicieu* fcs.pîus rufceSy ^ plus coim^ytcs : au contraire les mafltsplm couragcux^plips fimples C^"/?/' ouuerts» ^ A force cie filer] Us Dames deP^ome soccu- poic?it fort k fîlerancimnement. fomcerecUmoit on es mpces le nom de xhaUffe , qui V4ut autant que Vanier y^ ai jf eau propre a ferrer les lefoncmes des femmes qui dé pe dent de îafilurCy afin que par celle paY oie nuptiale les nouuelles ej^oufees fuffent- dduerties de s'app'tquerû lafîlure es maifons de leurs marjs.^ cetejfeEî on portorl après les efhou* fées '\ne quenoudlc ^xrnte de fiUaJje ou d'eflair^^ . ëuec lefufeau; &les marys en appendoienta tcrh- ' iree de leurs pdrtes.^uguftéCefar nourrifjoit de ttUe façon feifillcs & niepces , qu'il les accoujlu- fkoitàfilcr.Les perfesau contraire eflimolet quil^ fitfimefeat aux Dames de manier la quenoUillê^. ^cxadr&l( Cradjit bailler a Sifyngahis ^j^nê'
Bf Vj;
'« .'ci
* NfcVFIESME LIVRE
Vf Ffrfe prifohmere^df l'c^^mpour fïUr:t: me ilfçeutju(iles*offenfoit , c>^ par Urmes tef- tnoignoiîfon dejfUiftr^ ill'alU vouuer: cj-^Mn^ étdme { ce dit-il ) mes fœurs U9n feulement rnont- donné t màïf au fit fiU eej} hAhtllcm et que te porte : neprenés ie vou^ fupp/ie en mnutiatfe part ce aue iayfdtBpAr iporAnce ^infilA I{oyne appatfx '' -^fon courtine,
r Daphné ] CenomfigriifîeLm'ier.Lafalîeejk 'Hjfe'^cc^tuè', de U belle Ddphné trjr.fmuet par Apollon en laurier. Le nom LMtre elî aflcT commun parmji les Italiennes, /Il eft entré dedins]Notc\lt plaifanttmri ^ i ^ui defcouure l'aftuce & maltce desfimmes^ par ; ^aqHtuecefie cj^paffe la plume par le l/ec *i Jerh fauufeflupide& brute m /Dame] il par U ^ cejleftmme comme s 'il ne la fgpmjjoit poi'.car la nommant par Jon norf il ft rendait far trop fufjfeB, 1» Braue]/r«;3/f,
X Rufe putanefque] les attrait.^ les èJund/cer' ^es putains tiennent cçm*nc gin'. & fuj/uant le du rf^f J^/omow.lcsieuresdelâpuiainfomvn rayon de miel diftiîlant/on gofier cft plus net qu'huile:înais la fin eft amcrc comme abfintHc, & fa largue aiguë comme vi» glaiue à deux crenc^anti.
y 1/ V n e & Ta u i r e ] O //r ^« 7«.i o' rAchnt^ o" - i\7/d' ^r ï Adiilter.fourbifiantja femme, 7 Bonnes gens] 7o» 4 Les bccufs. ] L' entente de ces 7tîots fe peutaC'-r ' eomeder^ diuers fcns.Es Pecycrs cénomques ,i6 , |' éj,i.les forts c3r jotileges sotYepYotiue'^^urlcs exe- j fies c2r ufnwignagcs de l' E fer hure JÂtn&ciyOïi no* \ lifom ce.' pxroies : Ceiixùfntfornleges, qui fous ' ie nom d\'ne feinte Rjli les chofes avenir par te ne f car quelles dcuinÀnoS' ) qu'ils afpcUët forts de ^ainBso'('d\4fojires , ou ) f.iY rmfl>eBion de qudaues efcrttures que lors^ i *vucille.Ciceroiiu i.de U Deuinatio djfcourt am- flement dis forts ^ de leur origine ^O* dit que ce vefont qtiefiUiices Cû*troperies inucntèes ou pour tirer 4rg!ent,!fu pour amufer les hommes à des fu" fer^itions^oHpour les deeeuoir O' tirer en erreur, h Ces bœu h, ce ioug ] Parce que lefirtfaiB mention de h œufs accouple'^y & de ioug, O^ que Cffi animale ft extrêmement daifhle a» laloura^ ge:ces affranteurs de Treflre veulent inférer , que tel ach.ipt fera pfof table à fâche fteur» c Les plus pHuezlZd-j aumailles, entre les lefîes a quatre pieds, sot e^i)nies des pins traittaùles,^ de plw grand profit, Vource veulent iUconieBu" rer^que ceux qui méditent d'aller aux chaps yfe- rtf vn voyige hatreux 0*l^ojitM,Ouidç cx^H'
■ H n ^ ? i r i ->■.:■■ f. L I V P 2
Ifintle iio.'-ix cr ruduhiilena^ur' Ida aum.ùHify
s Appelle AmJiuux f,ws fi-^uâc ^fio m.il'faif:ins ^
.jnnpies^'fic"^ au traftaiL Les amtens leurpi^^r'oicttt.
j tdnt a honneur ^ q-ie ce ncjhit mcindre crime de
: Hier vn hct'ffmal à propo^-yCjtiijn Ijcmme'.aifen-
du cjue cefl le pl/Pf Ixlyon'^ux ^^^leplna docile
compxgfwn de charrue aue l'I om7/j€ puiffe auoir,
^ Vaincus & Cubjuaez] Lcjort desL>œ>4fsac*
(0(4ple7^cf}oit coYKme vn prcf.^gc ç^ pro:-icJhc de
^tEloïre a ceux qui voulcirtiouer des mains Cur
te iougdefdïts hœ^ifs fcmlA'itt Çr^n^ficr que les en -
netms fom.metîoient les (j}>.udes au loug du fi-
Borieux.
\ eXl^pveuf'''\c cafiteleuje C dcccptoire. On ap^ • pelle hsfophilmcs cap nous oufurprijîfes , pxrltf- (Quelles, ceynme en des Ucqs CT" treshuchcts , les . DialeBtciens fut prennent leuis aduerjcs p a. tics ' fn diFhutcs,
ifVii frauduleux fou frire ] Bien fouuenfpar
^ 'vnertfèeC^ facecicajemfntenc l'mefcfMppe'vn
trime tout manififre» C'efl ^^n tr.tjc} de Khercrl-
: ^ue.de diuer. ïrpf.ir- -vne *e(j)nce degaufjene quel-
\^ue honteufe reproche àe UqutD.e on ne fe peut ~
, honneynmt LtueT^ZT rendre parce mojen la chofe
plus digne de rifee que de crime .Airiffî Ciceron,
K ^ui ne pouuantpltis outre nierdanoir reccu Pi* •
élifii SjUacmnnd^ de t'. trient pour^chcter ')ini.
Dr. L A SN E d'o Po. 5^4-' niiiîfonàT^p^ic-^ cofmntfjt m^ntcne P^trufie ^.tr] lanif efrapiîdey^' f^' ptcn.fnt 'a f^^éfyn'Cj '■'. 'cjï ^flîU • re(dit d}^ "V'« jj.gc (2? bien aduiG père dcfarmlie finefemblat de ne njoufoh' enrcd/e-k i (uh.it que fieAntnmns il mfJitedefiiiyc^ a canfe des copcù'. (eurs ari'ii pofi)yc/t^ffoir en fin achat: Demcfme c fte ntA'-^due Prejlraille furùr'mfe en manifefle\ larcin rveulct par njncfrdudulei'fi r fee & cautC" ■ le'^'ffc cartilUt'on^ccntitrtir enun rehgteux offct ;. lefdi rilcge q t'ûs 'M^nnent de commettre, * ^ A fa \ç£ii ]Les preflres de li DecJJe S^rierje^^' N iei4xdeCjihclU^dt^crcntfiïtpeu^leurs cerewoniesl ' €?• feridicesfont p^fci 's\o* fefont auecvne efgalc i?^.Cckiri(n : cites font don qnes Cœurs a bon droiSly '\Dire font plus différentes de nem quâ cPeffe^, , i? tn la vena- v\{\\çx\tl.ousauons remarque fur le z.liuda couflume des anciens ^cCenuoycr a leurs ^ hoflesorhnairs^des Xenles.cdesfrcfens d ho/teSk i
^jnficejli rib.iHdaille fe fondant fur cejîe loUd*
. èlefAÇon^y halUffentfiitdain vnemcnterie \ O*']
four excu fer leur Ltnin^ dient que Cyhelle 4 deri*
né ce vafe d'crafafzurpour deuoir O'g-^^ d'ho-9
Qualité.
/Dans \qT etxu\\\d.'\c en la Concier^crk ou fri-i fin comunejLes cachets desfmfons de [{om^s'ap' felloicnt le TuUian^haJUsparlc F^j SerumsTul* Uns ^r eux d*emîron juin'^epieds/lQS de muuik
N F V r T F. kSyC^pjr cicjjus des clumbres 'vok/rées jfom» ùrf, puantes. , o^htdeujeskxoir, i^ Afîiible. ] Erjcorelfsnjoileontauiourd'huy , ^. /?o/ 7 Defede, ] Tr^rjjlatim des Philofophes qui 'piffcnt depBe en autre, ^pulce , qui nagutrcs ' iembloit ne f^.tucïr que c'ejîoit de tcurner U meii - ^'ledu moulm, maintenant efueilk ^ coups d'ef- , cor ge es ^montre qu'il cfi bon mxtftre en tel tuurX' .gf-f^ aïnJipAJfant d^'vnefecieftdemaire [ c. phi - lofofhique)4ppreflc2 rire à ceux qui le regarde nt %faire.
': m Curiofiré. ] Senecque dit , qt4e Nafure ncué
à donné "vn esprit curieux, 'N.eAnt moins lulgen
i ce efcrtt que cefte curiofuc entendre à ceux qui
jI l'aiment desdommAges apùrochans plus de dan'
\ gûr quedetoyc.
, n De poulfiere ] SuyuxntUcoufiume des an» / ciens efcfimeurs O" lutteurs , Icf-juds deuant- i^ue 'venir auxprtjcs fepouldi'oyotent le mps, ^Suétone efcrtt , que tleronfit venir dans l'n ^4/- '^^ feau d'Alexandrie , du fanion pour les lutteun Je fa court. Et p inc au 3^, hure raconte ^ qu'on auoit accouffumé d'aller quérir fur le riuage du Ml y dufahlonfort menu pour ceux quipratti" '^' quoyent tels exenues [S'ils ejhienten 'vfage chez *!)9mfJejdlo d' Etapes en feroit plm cher. } C'cjl
DE. l'AsNE D*0R ^45'
- tic It qu'on en Afporto'ît peur Patrûb'îUS ^ffranchy df Ner^n, ^ujsi fiifoit on pour Leonot , Cratère Cr T^îdeagre ^Cafitaims d'^lexaJre le Gud'. 0 Rongneufe maigreur.] Manger trop peu y awAtgrit : CT l^ mugretif en gendre la gàk, ce dtt Columtlleat^\%,
f L'acié.] c, tel qîiïl ejïoit ÂyÀntftrme d* home, tj Ch ac u n fa i foi ( .] Car quifercit confcience de. f.ùrec^dt,e librement deuant njn éjhe tout ce £jiù '• lu/ "Jîendioit enfurit^fiCyO" daroit hvte de lefau re C^ dire dcu^nt vu hommef Vource louons-nous fo-rt Cffie hrdue & fentcncieufe parole de Senecqttt Cr de MAcrohe ; Parle en tdU forte auec Dieu co» ntefi les homes l'ent-endûient:& te comporte auec . les hommescommc f Dieu $.e njojoit. Nofire confcù \ ence amis des portiers entre deux : mp!€ muons- \ hmme ne vouUns point efi/^t^p perceur: & pouT" ce fuyons nous o*^ tes y eux mains. Triais U houe confcience appelle tout le mo- de a tefmoing. CV(? do^cquesfortfa'^emmî dit ^> - Senecque : St ce que tu fats cfl honnefie,que Peut h monde le fçacheifideshenejle, qu'importe queper fonhe ne lefcache , puis que tu Icffaa^ 0 toy mi-' fcrahlefi tu mefpnfes ce tefmoing, rDimna.ihenï.]Homen, /Cognu les vz & coiiftumes.] C'eflvnepdv fie de prudecCiCogaoijlrc les msew's&fiçonsdefai*
, NEVFIfcSMÎ LIVKE
H re de l>!ufieurs tutrions. Vour ce Homère louUnt ' f^ liiur louer Uprtidence J rljUe, entonne dirifîjon »^ O^jffee ^Sus Mufe chante moy vn ruféper/onna^ ^^ » Qjîjf^^^ ^^^'^ f rr4«;^4>- wamtcr ma;niVoy^ '^ âge , ^pres qu'il eut d(fîrms les jecrcn^ mun ^ , Troyens: Et remarqu t Ui n^atns^'vi^ iouj}ur>ies, a moyens Des peuples de la terre. " xQt meurnicr. ]tw tcfmai^afe dela^aUriti- ^ jede noft/e Apulée , quï fcattjt dextrement re- ^ gailLiïdir les ereitlei c^Je iour Il quihiepeut conceuoir aucun ennuj. ') i; Deceuoir !on pauure marv] ^tnfi queU '4 ^ues Ligotes fous ofnùre deuitioproftituertt i^urs P corps fans co'ctence: aoifi plufic-^m femmes ne ma- 'j ijnent dbonnelje csùïiige. ^ ArSequjftre] c.ryjqytNné)efe.drqinl(Sum,ints ^ fuiuoient Ufij' en l'urs foies amours : car If mot' i;tcut dt (eg ui 5 (ttîure : (S- les unt'ms en mttîcre d'accord , appellent Irqueller, ceiuynuon ^• (hoijîfour Ct raprtr al tj. y Philelî'iE e. ] 'Kom conuenaljU à^n.i- moureux -, es fgmfiexymtble ^ ajai:>t for? pareil, ^ ^leune hojmme. ] (^tlitrr^ prpres à revde '* l' amant agyrcnùle à celle qu'il pour cha^^e L'ado- •^ hjcence, la beauté y liltetaUté^'VAUur. font de v. es - 'î ft^tjftnsagi4d!ms d'amour. La heautc^fi in f^r ^ joahaitMe c?' drgra-jdittraj^: (^ lespri^ent^
I
DE l'Aske d'or. J4^ \i
fiiif^nfyu U bormcg^'dce des femmes, llnjt phtl- ^
tfe /te fom'rge fAus prejfarjf que U Uhefditté, C'efi
ce qi4e 'veulent dtre les Voercs par cejle^o ut te d'or
aiii fit f lire iougd U belle D. mal', ^n^^'yAtl
&i^]i! tAJit inumcMe , txnt (xinÛe , t^ntpudi"
^ue ^ que l' argents les ffrefcns ne fuijfent forcer,
F. 315 p.î. d Pour ne'ÏJnt. j fJledra'tfon dédire
p o n r n can t : C4r les plus curieux à conferuer U
ch.îjhté de leurs femmes , font hien fot*uent de^
ft,i:7ccT^ p.tr les rufesd'icelles. llcjiimpojjilede
g tràey njne femme impHSque,&come duOuide.
Ce que deux ont voulu ne manque point
d'efFet '.^mlt toutes les ddegences des maris fot
if} efficaces , leurs gir^^es inutiles , leiff curioftté
ij
q-^es 4e leur propre n.iture ? qri'e lies /lymentlcfirs
m iïJS :ccfl 'unxffe^ fufffmt tcfmoign^gc de chx^
me té : J^ntrernent , il ny 4 gdrde aucune aff ^ effi'
CAce ou bajiiinte pour les tenir cnarrefl^car Une*
ceffité (fivne diphyde gtrde de ch.tfleté c^ ca-^
me d/r trrffjgrment S. lerofme : il faut qualifier
vrayement pu Uque U femme (jp.i a Pe-^i faillir j'-
p//.? avo il-i, l Ija moins ^c m'fere a coucher auec
vne laide femme ^ h'f'a fegar^lerd"'vne belle, il
n'y a point di /cureté luou tout le peuple bande fes
defjeings. Cvn fafjàultpar ^alantife^ l'autre par
ufents O* UpUve battue de toutes parts yejl^*
N E V r 1 1 s M E L I V R t ft^cm(ut ewpoTtce, L4 ùonnt femme fe cantentc d'ijn mtry^ ce cLtpUtite , in T^lcrcdfore, ù Scorpion.] ^ puîee jeint 91 diuAirement des nofns conuenaùles auxhumeurs de.' perfoats qntl defait^^i'.nfi dit il en [on yyfpologte qu'^^t certx in ^^mytun fut ftérucmme 'Ch.iron j o?^ ^n Autre ^1\le:{encc\cefîuy ta .pour efli e affreux de lifd^f Crd'in efvnt ha^ird'.cefui cj ^pour efu e impie f Ma bonne compagne d'elco!.] Anc^ene, vient Us filles aUq) ent à l'efchole des arts cr ù-on- nés & 7nauu4ifes. T,Liue nous l'apprend, Com- tneVirgmia s'en allait krejchele [et dit il ) vn certain minifire ou ent emetteurdcs desherdimes d'Appïus cUudius Deccm'vtr^ luy mit la mam fus. Et les bordels efîans tolerei, cèdes qi lotent desùaucher^ lesfrequcntoient. ^ M ère. ] Cr n^m exprime fadge , fafftclion u reucYcnce qu'on d^it aux Dames. ^Babil'.arde. ] Suyuant le dire dcceflemaque^ nlle deVUute .'Kous Àeuenens incontinent ha- b/M^rdcs : nous confins plus quilnefault, f M yrmex. ] Kcmfeant à vn labour eux crfi' deU fermtcur : U diligence , Pacliuefè, les allées O- tenues desFormis ( IMyrn.ex en Grecfigmfié Formï O-' le j^oing à garder ce qu'elles ont anion» selé ^ cJlajfe7^cognu:n9H4 \ojÔs qu'a force d'alUfr
BE L*As-KE d*or] 347
-t?* v:nir elUs imfrtment vne trace miftHcfun' les tins dures roches,
ppour ne co^^nox^itP^ljimnctnÀrchindlfelcem ^itpLiute , in perwlo ) trouue aifement ton, dchef-» teur^hten quelîefott au p lus retire cachst de l'afm ri ere-heutique. ^injf on ditcomunement^ qui bm 'yin ne faut pnwt de bouchm, h L'aiguillonne. ] Sujuons ce/ie 'verhahU parole : nous recherchons toujours ce qui nous efl deffandUy tir conuoitens ce qu'on nous refkfe. iDifcipline/] Par lafielle cepetttualetgar-^ doit fa matflrejfeauecvn exaÛe&feuere ténacité, k Voï enfonce.] Vleujî à Pieu qnecefle faro' kfuflfaulfexn njiuroit beaucoup plus innocemef, filafuin èr foifde F argent ne corr^mpoit tout, il njd rien de jl pmjfant que l'or: il dompte tout t il hrife auecplm de véhémence hs fortereffes qu» ^tienne pièce de capagne: il emporte les placesim-* \ prenables j c^fe fas^ ouurhr les plus fortes prU Jhns, C. Verres difoït : Un y a tien defifainSi^ rit de fi fort, que F argent ne puiffe renuerfer.Et Phi» lifpe l^oy de Micedoine\Qj4c toutes fortereffes e/- toient prenables , moyennant qu'^n afne chargé d'orjrpeujl entrer Etainfi le prattiquoit-il\ car tfrrompant a force d'argent ceux qui te» myent de bonnes places , e^r parce moyen 4j4tît k J4 dcHotion ^rand nombre de trau
1 NeVFI E^MÈ tiVRÏ
^ . Jlfes , il emporta pbijicur^ 'villes , cr trouva te tu l'JEflat de U Grèce, il ne faut doncejuesjtaîtrouu^ r tjirarjge , fi cclî amouieux fc fxiB ace- cire , ^v farprefens tl pourra 'venir khout deUloj.mté dt* feruiteur jCJrdela chuflctcde U Dj,me. /De cliament. ] c. les plus fermas C-r plus fohdes. Le diame-^tt, précieux entre toutes Is ' ' perles , efl d''vne merueil/euje dureté, lotrefaiS S ! ^^ fit/* foyent en nature, au fercrauf(u\ f^ refile tellement au coupsejuon luy donne jurl' enclume^ aue le marteau rehon iit a ïtnfntre -, ' ^ue i* enclume treffailUnt je feufiratToit volonti" ers de dejptus luj , attendu que fur elle on ' lionne telle ferme quonveutau plus dur acier. Les Grecs pour cet effeEl l'appelenr. A d e m à s . r. indomptable, Denjs de Syracufe foulotr dtre^ ' 4iuela crainte , U violence , vne flotte fur mer , Cr dix milles hom?ncs armex,^ tliotentàes liens de diamant : comme fi le Tyran enuifonnéde tels rempdrs , efîiit tnuinciùle ! ?,l.us d ft tromfoit : le fer ne garantit foint le Prvuefibieri^ auelaUyauté : ï amour ^ bien vuillances dc^ fuhieBsfont de très fermes nutratUes ç^ rempart diamantms,
mToutfeuL ] La folttude nous poulfe à toutes fortes de maux , ce dit Sencque \ ^ rhnek
Il "
w
DE l'Asne d'or] 54^1
^ieunc : C*eJ} "viipotgn^nt aiguillon k pechê^ e^Udnd » ! itotts 'venions x dm ; Car qui le fçauu ?» A la ( faneur des cenebres. ] \.€stcnehr€s noâumes î feruent de couticrture dtéx amoureux ç^ aux ianons : à la fiueur defqftellesceux- Lipaillay^ tient ,ceuX'Cy defrobent, Vo une le poète appel-* le la nuicl ^fœconde en œuures , o^ commode ^ de belles fraudes,
pas perfuajiues : mais l'^r efl vn freffant ainnllon p^r lequel toute rigueur ^ ^ toute fer» metefe^âefrompt. Les Grands font puijfans^ pour induire les hommes À ce qutls 'veulent ou par for* ce ou par perfuafon: Mais ce n'ejlpas leur faiEl cfemp^oyei beaucoup de farëles : il les faut Uif' fer aux Orateurs 3 lalthiraltté, lesprefens per^ \ fuadent bien plus viuement. il nja ne beauté^ I nelufitedemaifon , ne crédit, ne beau direqsii \ range ft to(l njne femme k la volonté d'autruy^ l comme delà faluér auec l'argent À la mam» \ jl napoint déplus preignanc entr émetteur ^ny de i plus attrayante maquerelle que dame fecune.fm \ aiguillon fend les cœurs des femmes , dr souuYC \ les mieux fermées portes, de pudicité, p II voyoit. ] Sçauoir ejï par l'œil de Jon cœur 0*de fa penfce. Car ce que nous l dejîronsj mm U contemplons eit cjprit commt '
Nevfviiçmh l tvré silcfloitfrefent. L'efpritdf perçoit, l'efpritviid: '^ les jeux comme certains vaiffe^w^c , reçoi tent (T trAnfmettcnt U vifîblepd^ tie diceluj. aetdx 'volonté-^' L'njne clunjclle , l'.tutre fpirttit» file j o^ foutes deux far vn âifcordanf combat Mj?fpent l'ejprjt tjtii ne Cçxit à quoy fe refoudre» .A'tnji l'ej^rtt exhorte d'njn cofié te fatiHîe Mjrmex ^ l'arcomfltfjement deU chdvge ejuiîa de fort maftre:^ de l'autre U chair le poulfc à pro/lituer fa maiflrarjfe^ r Foy. ] S€ garder la chaiieté de fa maiflrejfe, de laquelle /on matjlre fe Jioit en fa prudhomie, fpioufiZ,] ^ introduire Phdafuer^ ^ c^ com- plaire rt. la conuoitife de cefi amoureux^ /. Tourment. ] Suyuant les menaces de fort rnaiflre y en cas qui! deftint prxuaricateur en U garde ^ luj cemmfe»
*> Plaifir. [ w^ caufe de U commodité que ces efcus luj pouuoient apporter. X Peftcfere. ] // ne fouuoit t titrer l'auat'fct d'njn plus élégant ni plus njcrit.ihlc epU thete : car à gu'ife d'vne pejlilence elle enua* hit les hommes iC^ parcertaine cotagion cette mait uaife gâgrenefe^lijfe&s^ cfcoule parmi lespeuplet y\ Légèreté. ] La legereti des femmes e^ des long temps toamèt en proue tie : tom
DE l'As NE D 09.1 J4î?
.hs Efcriu/tns mentapns^cr Us bUfmentmu- tnent d'^Uàriceàc^ufe de leurs imludicit€\0'de[ ■hanches,
^Execrâble]^^*» droiSt^execraUe . pline dk
q^e l'or nefi inuentéfinon pour U ruine ^ cm*
fiifion delà vie humune^ditendu que p4t fonin*
^ruynent on trouue autant que l'on veutd'execu-
4eurs de Lrc'ms^vùleries, adultères JoomctâeSyyri^
^ada7es,facrileges : en fomme pour de l'argent on
foule anx pieds &Ie dreiâ O- lafoy: ^ U vie de
l'homme fereit beaucoup p' us tnnocentefi l'or O*
l' ar^nteftoitforbannï des njiUes^ainfiquc Lycur*
gNe en interdit t'vfage aux Laced^moniemMak
comme difoit M, Caton^nom auensplus defaing
de nofireglLeciere que denoflr^ijie,
F ySp^i- a Pctdiugcm^t] L'homme troublé
parqaelquefoudammalheurot^farprifeperdor"
dtnairementUfens y ^ ne flatta quel confnlft
' refoudre, Tource Iviions nom ceux qut nefuccom*
lent point aux plus defefperèes aduenturts: ains
.foti^'unncat d'vne ferme ^ pre fente refilutioni
\ Carpuifque la vie humaine porte quat ^foy 'une
infinité de périls jl faut auoirl'e^ritpropt Crbit
dé pour les eutter ^premir^à Ufaço de ceux qtéi
rime *>« rapart iettent les mains au vifage pour
le ^Arantir de quelque coup: ainf l*entendemeni
:ic l'homme fagc
Nevpiesme livre j
lieux & toutes fatfons rcdreffé contre iespetufdfiM €€5 des outrdges, & f retendre '\ne xjfeuréc conte» fiance aux hourra fqnes de F o> tune, afin de v'ejire furpr^s par aucune immeditccfuruenued iielle, ^Eftroittemencgarrotcr] iLfç w4/j^/-^j 4«o/e> éinciennemrnt put (fane e mn /culemet deg.trrottr^ mais Àufii âefAtre mourir leurs feruiteurs . Ke'tnt- moins pour leur faire plus de peur tr de hôte e^ut de maljfls leur attachaient les mains en ^'ngihef^ Cr le leur fuifotem porter fur leurs effaules tout du long de leur ruèjes contrai^nans de confeffer à haute vofx le crime qu'ils auoiet commit ^^ don» net aduu aux autres de ne toher en pareille fau~ fe.Voférce les appelloit on VQtàfçtcs.cptrtegi-» hetsi rnihidiffon honteux ^ ferud, f Par rindice des fouliers] Veut-eflren^Çtra* te point chofe defa^eable,l9nQU6 apprenons fur et propos rhiflêire de Kjpodopr^ou yraje oufaùuleH' fe. Comme ellefe bat^oit l>n tour y 'vn ai^leprim de la main defaferuinte vn de fes fouliers , 0» l*eniporta à Mêphis.viUe d!Egypte:puis s\jkn4i étu dejfuf du]\oy q?tifeoit enfon thronefaifantith Jlice afin peuple\ le latffa choir dans le giron Xi» ^eluy. Lequel efmeu déjà bonne grâce du ftulitr^ ^ par le miracle de cette aduanture; enuojacer* cher par tout le pays celle qut pmcroit njne telU ehAujJun^EJle trotéute^O* éfnenceje foulicr rwf*
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j^«;*f^ AHcc rentre qu'elle auoit encore Jettint cr ;:||l /w; /» C?" /^ ;?f d'Agyfte, \ . ![
pierre deux coup s:(3r péircefle galante fourbe, fam ne deux perfoTines j leferuiteur, de mauuaifefoy: Cîr /a DAme^â'impudiàte, jiu refte quon defro - ùitflafle'^ fouuent aux lamgs^ il appert de ce qu'à ^auiit'vn CemmiJJaire efiably contre ceux qtn four 'vne pièce d'argent prenoient U garde des ha yiUemens quon pojoit ou deJ^ouiU&it* € PreftrcsSalieivfijiVo^ auons dejiÀ dit ail- leurs ^que cefiotent^ns de bonne chère , i^uifai» filent de riches ^ fomftueuxfejHns^ /La meilleure pièce de vin]Leterme duque! tfe Apulée vaut autdni corne ofier U vin d'auti fa lie.fujuat la coutume des anciens, qm eouloiei ■ j leurs vins par vne cha»lfe de toile pour les rendre . pÎHf dehcatSr.aHp' les empefcher de fentir Ulie, ' gLQSo\c\y\Chro7iographie,/juifigHifiel4venfti i ^ de la nui n par le coucher du Soleil, La raifon 4- |( flrolo^quc ne permet que noM doutiZs qu'il y aig j \\ des ^ncipodes^chei qm le Soleil fe couche quand [i ilfe leue che^ nous, & au contraire : defqueh U \ 1 (, Sêleil commence d'e flairer U plage foufierraine ? i quand ilfe plonge vers le couchant 6r tend 'vers 1 r IhoriT^on, quand la nui^ commence à noui fur* prendre, Leurs vejliges font contraires aux noJirtÀ
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N E V F I E s M E LIVRE C^ les noiïres aux letns. Si nefiut • iljà craindre qutls tomhent la tefie deuat contre le cieiy attedtê que lien ne f eut choir contrimont. Et U me/me raifonque noui (tuons en demandant , pourquoj celî quils ne tombent point c^Anspruei^ à l'op^o- Jtte de notitjes empefche itinjtdt s*efloner que no^ ne tobions no plus epi'eux^veu que U terre efl ro^ de^&de foutes pars également enuironnée du ciel, h Froide peur ] Situant leffcB par lequel elle rend les hommes tranfis Crp^Hes^k caufe de larC' traiâe que fait lefang des parties extérieures aux intérieures,
t Par celle Cerés] lurenfcat ^ vn homme de ce fttefiier, attendu que c efl U Deejfe des bleds que U hieufnier paffe par la meule de [on moulin, Et faut trcfuPpofer qu'il montre au doigt l'image de Ce^ rés quilamit en fa chambrera la fin de ceux qui tiennent en leurs cabinets ou fur leurs àîeffoirs^ l'image du SainSl auquel ils ont plus de tîeuotionM k Ignorant celle de fà mairon]C*^a»« cem- tnun dire . Nom fommesdes derniers quifçauom nos mefaduetures y crie deshonneur de nosmd» fhns, Metellajemme de L uciu6 S y Ha, efloit^m putain pubhque. Les enfans en aâoient à la mon- ûarde dans ^Athènes, on en ckmtoit des chanftm emmi les rué'^ : dr SyUa n'en fçauoit rim ^ l{ome: 4ins n'apprit Us ftcreti de fa maifon , que far k
Dï t' AsNE d' orI Tfi.
llafmedefesfnnemif, Cn, Pompée dmh 'vne femme impuS^ue ^ âesbauchèeylAutidyUqucL te tl tcnoit fout femme cU bien :iufqu à tât quiin homme â* armes luy en eufl donné certain dàuié en guerre^qui par cefîc frifie nouuellc Mxtifte cou- rage de celuy qu'on ejitmoit capahle dé conquérir tout le monde. Sylla O" fomféc ontplftjkurs con» frères,
l Gouuernant le mernagc]X(r/;o/>W,e2^' Ci». ccron après luy^ puis Columeiley parlons des corn* tnoditcT^ qui reuïennent du mariage ^ dient que le murj doit par fes 'voyages & trafic lo'mgtain ^r- quérir des biens pour lesfefreren U mai fan : C?^ ia- femme , eonferuer ce que le mary luy acquier , faifant les autres befongnes que le mefnage re- euiert ^infî homme doit empUjer fomnduflrie «lux champs,^ la femme à la matfon, Pource les Crecs' fièrement fur U prud'hom?me de leurs femmes quar aux affaires delà maifen.Ft l'adui^dexhu - I cydide ferr^ble ncfke peint à rcjetter,efiimant que \ldmitlleure & pln^ louable femme efi celle dont y&lcs vertm ^ les blafmes font fort cognm de^ rSydttendH que le nom c^r le corps d'vne femme ^honneur fe dojuent efgtlement cmtenir dans ^'tndos des murailles defon logis»
Mctal ] Ce nom comprend prefque toutes
NiVFVIESMELTVRI* choffs que tonfuyfe des veines âe la ferre, *' n Par la perte] U perte de pudnuétraine qt^aâ ' 1 'vertu d'vne femme. Les mœurs [ ce dit Vlpum ) elifcfrnept Crfepdrent les mères de famille d'at4^c ^ y, les autres fcmîms,nj les nôpces^ny le lieu dont i /- ^-•'!ff les font exfrai fies jne les rendent reconmtanda^les y. 6UJ bien de bonnes mœurs. La femme maf'tée dot le ne efl honorable^perdfa dignité nupt'i de /i tost quelle comence à proftit/ter fa \>udtat€^& fred It titre d'une tresxilame&tres itiftme débauchée^. ©Trait précèdent ] Vat lequel elle auêitreceu,, fuis caché fon adultère fou6 cèpe cage, f La loy que l'Empereur] C'cJllalojhMz de SLdu\icn]s faite par l'Empereur^ugu/^f.Par iefle l&yj/le mary & le père de la femme impudi* ^f4€ 'viennent k i'accufer en fcmblement^ le mary ffl préfère comme ajant plus d'infertj} O" touché (dépita viftte douleur. La mefmeloy ne permet aie mmeurde i^. ans, accufèr aucun adultère ^f^our n'efirt encore d'âge affe\robu^e,eJXe excepte ntatm moins le mary ; auquel elle donne putfjancs d^aom eu fer fa femme en quelque aa^e qu^'ilf^it-dr "^a- ger l'injure faiHe à fon mariage Le père peut met* trek mort fa fille auecfon adultert , non le m.try fafemme'.car bienjounent {comme dit fapmun) lapidé de nom paternel prend {enfeilpfiui fes en*
viaxix-^
DE L*ASN D'OR. ^jî
fA»s:waii ilafAh rcfrentrles bouillons ^ /'fwi- peiuoJttédumÀrjqmfetrxniforte aifémcnt coH* tre celle au* il r/aime f>4i, il efl Aufî'ifcrmU au m.trji de tuer l'adurere de pt femme : ruatf non Uw îndtjferemment ^ comme au père, LesEm-^ fereurs Marc c> ,y€ntonm ont depuis ordonné , ûue fi le mary touché d'vne impetuojitc de doU" h «- occicÇd femme furprife en adultère , il nen - courra point la pane de la loy Cornelia contre les homicides . Car H ejî bien mil atfé , comme lEm* ferenrD. Piw refcrïmita ^foRoniw, de tem* gérer fa iufie douleur Qitant a ce que dit mjirc sApulèe ; lene veux pas vous traidercrii minellement en indice : laloy lulia Jem-m ble neprunir point tant de mort que de àmoneles femmes coulpahles d'adultère : difant ; Si quelquVn efpoufe lafemme condamnée pour adultère , il eft conlpabîe de la mtù lïie lo y , I^ fuppîice duquel les Eg yp tiens punif
if fiient les adultères , e'ftoit , -le faire battre de ver^ ges iep. ùUard, & coupt> er le ncn^ a la paillarde , k fil quefn '^ifage fujl principalement honni O* dtshonoré de L partie qui l embellît le plu4,
(I y En mariere de partage] Ce font deux tiltres
;/) diêdmB I{omain, de partager l hérédité ^ (^ di- mfir l'ne chofe commune , lefquels différent
\\f^(f y que les cûhemtiers qm 'Veulent auoir cha^
Gg iiij
ÏM EVrVIESMt L ITRF fftnfett lot cjr fort ton , ag^fjent par le premier ^e ces deux tiitrcs\C ainfi l hérédité fe lotit pdrl x^ , £ltondeipdrtAge , Mafshm^emettt qui diuU fe lit chofr cemmnne , touche les ch^fes qui font CêmmunesdplufjeurSyAuecjocietê , ou fans foc ciett. Vne chcje e(l ccmmtt>>e Âuecfocieté y corn- ;f entre cetcc qui l'ait ef^aîlement acl>eptce ^ jÂnsfocieté , Chmine entre ceux nnfqueli -vnc mef» tne chofe efi léguée par trBament. ^inft ce gen- fil "hieufnierfaifAnt oRuJion à ceHe formalité de JrçtÛ^ne veut point duoit d'à fîicn en matïre de fartage duec ce beau ieuae homme : ains plu* \ ^Jl , qu'il foit commun entre luy O^ fa frm- \ me y ou bien , que fa femme fi'tt commune }: '. tnmdenx, ^ureffe le met de partir ou diui-