NOL
Metamorphoses

Chapter 4

I. tefte grâce ^ mes prières ,& corn-

o; mandez a Zephyre voftic ferui-
:eur,quepar vne ^fembiablevoi-
:re il m'apporte icy mes fceurs.
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CiNQJIISWI llVRl
^ Puis imprimant fur (es léviesplii fieurs baifersperluafifs, entremet lant âçs paroles flatierdïes , ôc pai manière cîe dire, arrachant f^s me- bres aux ficns; Hé mon cher cC* poux ( ce difoit- elle) 6 douce arp4 . de voflrc Pfvché ! Le mari vouîan , . vlcrdeJa force & puiilanccoeVe- ^ ' nus, fuccumba malgré luvj& pro- mit de faire tout ce qu'elle |vou droit: puis comme le iour s'appro choit J'cfuanouir d'entre les maini de fa femme.
Or les fœurs de Pfvché s*e(lâni bien informées, veindrenr en dili- gence à la montagne où Ton ar.oit laifîé leurcac!ette:&là tarilToient lafourcede leurs yeux à force de pleurer, & fe fiappoient les mam^ nielles? tellement que par leurs liullemens & criçrics les cailloux & rochers leur refpondoienr h ï pareil fon. Defik appelloient-elles par fon propre nom leur mife- rablefocur, commcle retenrifîe- ment de leur piteufe voix péné- trant du hauIîenbasjuCcjuesWe^
à\
D H l'A sne d'or. i^® creil!es,Pfyché tremblant & corn- me toute inlenfce , rejette hors de la maifon : &c 5 Qu'aiiez^ vous ( ce dit- elle) à vous affliger rcrpric&: verrercantde larmes pour reani? Voicy celle que vous pleurez : cef- fcz vos pitcufes voix , & fechez fi- nalement vos joues mouillées à force d2 larmoyer; attendu que vous pouuez maintenant accoller celle que vous pleuriez.
L A-deiFus appellantZephyre, elle luy donne aduisde lapermif- Zefhj' I jfion qu'elle auoic de Ton efpoux. r: les Ec luy tout foudain obeyfTant au ^D» commandement d*icelle,Ies cw^ foru, porte auecvn foufïle douillet vers Pfyché fans leur faire aucun mal ni dcfplaifir. Dedà s'efloient- elles accueillies par mutuelles cmbraf^ Ades ôc bâifers cueillis comme à /a defrob€e,& defià ces larmes eftan- chces recommençoient à ruilfel- Icrdcjoye. Mais entrezfce dit clic) voyez noftre mernage5& recréez vos âmes affligées auec voftre Piy- ché. Cela dit, elle leur monftre les
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CiNQjriESMl LIVRE
Elle grandes richefles de cefte maifoii
r.urfa'ft dorée, la place &c fituarion d'icelle:
^o'.r fes leur faiti ouyr la nombreufe quan-
tïefors, titéde feruans cifelie auGit^puis
leur appr^fte vn braue baing, &
les trai
qu'homme viuant ny miftla maifi,
qu'eftans rafTafiées de Tabondance
de ces du tout celeftes licheiïcs,
elles en conceuoient delîà dans
£llcs leurs cœurs vne pernicicufc eruie.
m con- Finalement ^Tvne des deux ne fc
Içûiucnt P^t empefcher de s'enquérir a-
{{tmàe. u^c fcrupule & curiofiié , qui e-
ftoit feigneur de toutes ces chofes
fi precieufes , qui & quel eiloit
fon mary.
Neantmoiks Pfyché ne voulut aucunement outrepailer / Fordonnance defon efpouXjnyla lailïêr fortir des cabinets de fon coeur: mais defguifanc la matière leur fait accroire que c'eft vn beau jeune fils \ qui le premier poil fol- let commence feulement d'om- brager le menton , & pafie la pluf-