Chapter 1
Preface
Library
of the
Universitv of Toronto
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LASNE DOP.
or LBS . METAMORPHOSES^
D.E L V C E A P V L-E E
Phi!o(ophe Platonique.
illvstre' de commen^
taires aj^^oJèT^nuhoutde chaJZ
que liure^qui facilitent lin'»
tentionde l'zy^uteur.
OEVVRE DE TRES GALANTE
inuentiort, de rres.facecieufv»le«5la- rc, 3c de * uliere dt^fin^.
/''•^•A PARIS, Vjp" ' CHezTacqncs de Sanlecque,ruc Saînft lacques , près le Col'ege des lefuiftes: Et en la boutique fous l'Oilo^c
du Paîaiç. --^^^^v^-^
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A M ONSIEVR M. lEAN de Rouen , Seigneur de Heunieres^ Confnller Se Aumofnier do Roy,Pro« uifeur du Collège des Thtcforiers, &c,
OKSJEVl^, UJldtuepdif UqucUeUs Carthagmcnsfi" ^nJerent les mérites d'^fw lèe , efiperie : fndis les effigies qui mm donnent les linedmes i;Sefm effrit , ne feront jâthais fiy de fracinees p4r force , ny endommdge l'injtiTf. des ternes ", nuHe l/iolence ne les ttyrache» fd, nulle meiUe^e ns les effarera: l'antiquité rend les volmnes (vrais tT vifsfimttlacresde ' tncs) plj4a n^enerables ^flus fain ^s,flf^^ Les grands fer fonnage s ont toujioffrs ejte u»^., ,^ fes que les images de Iturs corps fujfent expofèes éitxyeî4x de tout le m onde» Conferuonsauf^i /«• en feignes ^remarques de ceg^Unt efprit : tranp' met tons four iamais à nofire f ojïerité , comme ii£ fMt à Ujienne^ la mounçmcnis defon ame o* U
E P I s T R B.'
^oke de [on nem^U le donne à nos François foM le lo^Yei (^fitis autant d'eflat de loflre tugemet corne d*vn trefgraue, trefdetïe C^ tref aligne Ccrtr- jeuY,Jîyt\ A^reahle ce ijuilj 4 du mien ùy. lleji ùo d*ênemfjler Aucunefoii fanny [es plwfeyicuje t^flpksfeueres efiudes, cfuelque recre^tto &g4fl- lardife, Alexandre Emp. de M^owe dijoit que les doElesfithleslerefîoHyfJotetit infiniment. Celle-cy feut tenir le premier rangent/ iceUes, Et fi quel-' qt**un s'eftonne que te ijow préfère à tat de Vrin» €CSyk tant de Grands , ^ tantd'illuflmperfonnes dontles autheursfont coufiumiers d'enrichir leurs eJaits'.diBes leur s'il vous plaifi auec moj-^Qtée ie frefercvofire ptiuduté aux frtuoles ejj^erances , -'vofire amitié aux promejjes fans ejfeB, Je fiajt d*aillehf s dr par expérience, quelcs Grands font hiertaifies de ne point 'Voir ceux au fqnels ils ont o- hligatïon oudepUifir^ou de ferutceou de^autte, C^ cuident quefeprefinter X eux, [oit leur repro- cher quelque tUiher alité, le ne lefiçAj pa^fuire :
■^'*" ' '"'" mon humeur n'efi point de nacqueter k la ^erfonne^C^me ris ordinairement de ceux
^.^ =.,.»> sumufentaux l/anne'^ 0^fu}nees,lefuif,
Monfieur,
Yoftre bien- humble pour vous faire ferujce,l.clc M o N TL Y A R D.
VIE DE L. APVLEE
SOMMA IR EMENT
defciire.
VcE ApVLEE Plii- lo'^ophecle làCiô:^ p!aroniqne,ô«:ci'ar« (ezhonnefle mai- fon , fut natif de Maclaure,vi!led*A- ffiqnc es confins de Numidie &de Gerulie, commandée iadis par Sy- phax, puis par MadnifTa; 6c finalle- mcnt peuplée d'habiras Romains. Pource s'appelle il Deminumide &Demigerule. Sidoniuslenome par excellence, platonique de Ma* daure. Son perceur noTliefeCjho» me d'eftofîe,cployé es honneurç^c charges de fa partie. Samere, Sal- uie,l vnedes honeftes& vertucu- fcs fémes de fa ville , ilîiië de ce rc-
a iij
La V î e- ncmmé Plutarque de Cheronee^ êcân Philofephe Sexcc Ton neueu, duquel Capitolin efcrit, l'Empe- reur Anconin le Philofophe auoir €ftf aadireor. OnnefçAit pasbien le temps auquclil na'^quii Nous Jepounons neaotmoiiis rccueiliir auec apparence. Car nousauos des arguroctisaffcz certains qui nous foût croire qu'il viuoit en réputa- tion fous Antonin Pie, & fous les frères Diucs, r ronin le Philorophe,& L. Aurelius Verusrd autant qu'il faidV mention de ce grand perfonnage Lollianus Auitus, lequel Vlpian & ledit Ca- pitolin nousapprenrtentauoireflé gouuerneurde Biihynie fo^ l'Em- pire des Diues , & qu'il a vefcu du temps aufîi de Heluius Pertinax.Il nomme en outre LoHius Vrlpicus Lieutenantgeneral d'Antonlft Pic en la guerre par laquelle il amena les Anglois à l'obeilTance de l£m- pire. D'ailleurs Capirolin fcmble faire Scipion Orphiîegouuer^^ur d'Afrique , quiprehdoicàRomc
DE L. A P V L E E.
dutêpsd'Antonin Pie-, & dit que depuisfous l'Empire d*Antonin le Phi!orophe(bien qu*il fuft de ceux qui auoicc aflffz cftroittepriuauté auecFauftine ) il fut pronieu en beaucoup d'honneurs & dignitez deville. Il y a mefme apparence qu'il fut Conful cnuiron ce temp* là. Car les lurifcgiirultes efcri- uentque du temps de Marc An- tonin fut fait vn Arreft , Oiphite ôc Rufeeftas Confuls, qui du aom de iVn des Confuls, comme p.re-^ mier en grade, fat nommé Orphi- tian. Lampride aufîî remarque, qu'Orphite fut Conful auec Clan- . de Maxime, puisauec ledit Rufe, fous l'Empereur Commode. Peut- eftrey eutilplufieurs Orphicesen cerempj» là : mais nous ne fom- mes^as dehberez Je le refondre enceft endroiâ:. Ce que nous en difons n'eft que pour montrer le tfmpsauquel noftre Apulée G m- ble eCtte né/çauoir eft fut la fin de 1 Empiré de Hadrian -, ou enui- ron. Dés Ton ieuneaage il montra
a iiij
L A V I E
beaucoup d'inclinatioaux lettres. Caril fitfes eftudesà Cartinge en fon euiaiice^iSc pourceil s'appel- le en (ee'onfianr, Nourrillonde Carihage : & la qualifie, M ufc ce- lefted'Aphnque,6«: miirtrcfse vé- nérable : puis fit Ion cours dans Achenesenroiis arts libéraux ; \à fuyuit il principalement, voire ac- confuyuida dodlrinc de Platon. Il apprint puis après auec beaucoup de trauail , de fov inerme& fans maiRre, la langue Latine à Rome, où mefme il proufua 11 bien au droid couftumier du pays, qu'il s'y fit pafser Aduocat,& plaida des caufesaucc honneur. Luvmcfme tefmoigne fouuent qu il f'i receu confrère en plufieurs religions de Grèce d preftreen ApliriqueEt lorspa^or- donnance du confeilluy fut dref^ fèe dans Ca^thagc vne ftatnc de bronze. Il auoic ai sez ample patri- moine 5 s'il neTeuft dimir^uépar feslonguestftudes &c diueis voya- ges. Il efpoufa Pudetiiillc , na*
DE V.i A P V LEE.
tîue d'Oee villed'Afdque , douce de biens & de vertus autant que femme le peut eftre. PourceSici^ niusEmilianns l'accufa de Magie par-deuantCiaudc Maxime Pro- conful d'Afrique , comme ayant par enchentemenis Se charmes rendu cefte Dame là , veufue & vieillejamoureufede luy, & faiâ: moutirPotian Ton bea-i fils : dcC- quels crimes il fe prouue du tout innocent par vne très- éloquente êc tres-grauc Apologie, en laquel- le on remarque toutes les grâces &' facuUez de l'art Oratoire. Si eft- ee qu'en fes Milefies mefmeSjOeu- iiredepUi(ânteinuention,ildon- ne^afTez^ cognoiftre qu'il a prins grand plaifir& bien prattiqué cet eftude-là : & de fai6l: il enauoic la réputation du temps de Ladlani* ce ^^e Saind Auguftin 5c d'au- ires anciens Pères : de manière qu'on l'adioignoit auec Apolioi- ne Tyanée & autres principaux Magesij defquels les Payens fou» fteitoient les miracles auoic efté a V
L A V I B plusgradsqueeenxdenoftre Sei- gneur lefus-Chrift. Pour Tes com- pagnons d'âge & contemporains, outre ceux que nous auons defià nommez, il faidl mention de Se- uerian Proconrul d'Afrique, & de^ • Honorin Ton fils , AmbalTadeur de SirabonEmilianNumantin,hom« me de grande réputation , & Tien compagnon d'cfcole' de Clément, Poère , qui mettoiten rithme les geftesd'Alexandre le Gtand.Apa-. lée à beaucoup efcrit euprofe , en vers,en Grec, en E.atin:roaisrinjiv- re du temps & la nonchalance des hommes nous a faid perdre la pluf-part de Tes csuures.Ceux que nous auons entiers , (ont , Vnze li- ures des M^amorphofes , ou de TAfned'Gr. Quatre des Florides. Vndela dodrine de Platon, au- quel il recueille & reiïerre tout ce que Platon enfeigne en plnfieurs volumes.Vn de la Philofophie ; du X)ieu de Socrates : du Monde : d\i Syllogifme Catégorie. Apologie i» âcji.der(][u elles aucuns ne fonc
DE I. APVLEE,
quVne.L'Anechomene, poSitie facétieux, traduis de Menander, Quant à ceux defquels nous n*a- uons que les lihres feuIementjOii bien quelques efchantiilousjl y à plufieurs poëmes; entr'autres des Epigrammes amoureux , des Epi- ftres aufïïjdes Liures de plaifante- rie,des Pr oueibes,des Arbres,de$ Nombres , de la Rcpublique.'des Queftioiisde table, de Nature, de Médecine. Hermagorasi.5cii PhaeJon traduit de Platon : vne Epitome d'hiftoiresivn PIymne& Dialogue fur Éfculape : vne Ha- rangue pour fe faire drefler vne datucà Oëc. Voilà quanta noftte Apulée de Madaure. Ilyàcuvii autre Apulée CelfeCenturpin de Sicile, braue Médecin, que Scci- bonius Largus au liurc de laCom- pofition desMedicaitientsappelIe fon Prcceptear, &deValeus:& Marcelle l'Empirique , qui viuoit fousTheodore& Graiian,Ieme5 entre les auteursde Medecine.Ce poutroit bien eftre celuy que Pat-
L A vîi îadiusloUcaaliare^/f /^#r«/?/f4 , Ôt de qui Caffîanus Baîlus a cfcrit beaucoup de choies en fcs Gco- poniqucs,qui portent communé- ment le nom de l'Empereur Con- ftantin-Ufe trouue aufli quelque traiclé des herbes , que certaines éditions fourrent patmyles ceu- Dres de noftrc Apulée : il vaudioir mieux toute fors le bailler à cet au- tre Celfe Médecin. Qnoy quefoir il n'eft point tel qu'il rtflentece flux d'eloquéceRcmaine qui cou- loit fans arreft du temps d'Au- gufte& deTybere, ny ce gros 8c par manière dédire rappiecé tor- rent d'Apulée. Ceux là' d'ailleurs ne iugent pas bicnleflile&.Ic fil du difcours d'Apulée , qui veulent faire croire qu'il ait traduft de Grec en Latin TAfctepie de Her- mès TTirmegifte,& ne font nulle confcience de le nombrer Ôc Tioî- pîimcr prmy fesœuures rattendu que quant aux paroles & façons Reparler, à peine trouue-on rien •de plus inepte que cç Dialogue en
TTE t Avril z. toute îa langue Latine. Mais fiir toosaiuresJesVnz? liuresderAf. ne d'or font façonnez anec tant dî grâce, tant de gàiantifejtanc de va- riété de beaux propos, qu'il ne (e peut rien voir de plus gentil , de plusinduftrieiix, de mieux fleury, depltisavmable : tellement qu'à bon droiîSt cft-il tiltrc A s Nt d'or àcaufede Ton ftile emichy com- me de foeilies d'or Se d'vne tref- nette galanrife. Carqu'yà il de plus aegreable que ceft Afne vrai- ment d'or ,vrayenicnt orné de ca- paradon ou b.irdes d'or? encore queplufieuis aymerit mieux Tap- peller Metamorphofe :c'eftàdirc tiâns figuration , outrans foi ma- jion , à caufe du fujet quM traitte. Au refte parce que pUifieurstrqu- uent ceft Afne non d'or ny iaunif- fant. Mais ténébreux &pani(rant à caufe dçs lieux difficiles &: fca* breux qui s'y rencontrent : i'ay pen(e beaucoup faire pour ceux qitiprendronrplaidr à le lire , fi par vn facile Commentaire ie po-
La vie de l.ap vlee loidois les rides,adoulci(Iois les af prêtez,^ par vne nouuellechainé difiTipoisIts tencbrcs quilepour- royencobfcurcit Que cecy donc- quesferueà ceux qui aiment les galantiies d'Apulée, d'accourage- ment pour donner àceft Afne vn mors plus libre, des relnespluslaf- ches,vn bar nois plus enrichy.
ARGVMENTS DES VNZE
LIVRES DE l'AsNE D'O R.
sA\Gy M'ENT VF l.
V CE ^piflée s* achemine en ThcjJaUe^ à dejfein d'apprendre l'àYt MdgiquCm "En chemin tll 4ffewt deux autres 'vqyagers, _C^ marchands de compagnie : font certains contas cfiranges Crm croyables d'vft ^bafieleur ^ charUtan , de T\Uro€ (Cr Panttede» u'mereffe? c^ forcieres, Tuis il defcrit fon arriuee en la mile d' Hypate , le logis quilprintcheTjTli'^^ lon\0^ les ridicules complexims defon hofte.
Du 1.] C^e Apulée lifitecurieufemet t&v»' $es les places d' Bypate.H'recognoit Bjrrhenefem» me riche ^cjui l'inuite à prendre fon lo^i^ ^auquel il\ ^ôidynetrefhelle ^att4é\ ts^utlàefcrit de toutes^^ fes parties, Byrrhene Ittj àonne aduis de ne fefic en la femme defon hofîe Milon , comme en lapine grande Magicienne da monde» ^injfil sUtr^u
ARGVMENT DES muYÀche aifément de la chamùrtere d'ictUeJpuii ^aconte leurs cmhra^cincns^'^eduttsjuttesamotf'' 'eufci & l d^p rrj} q-ie Bjf yhenefit ptur lu^ dort" ner àfo ^per.En fui fie il cmreUjfe flufieur: p^apos I d( taUeodu4(ffe^ f\it!Icries: lag.it de faite au ca- - d4i*€r d*vn trcj^ajfeje nrT^&les attfreiUes magi" ,ijuemet coupées ang.irdicn,Enfin ^ptdee retour- ne de nuitè enjnn logn^ non fans ahAny meurtre ^ J farlequehln'e(}pa^t i fien tant meurtrier d'homrms que d'outrés lubil" ? ie^ en formes d'hommes par la 'vertu de Magie, D II j.] Le Itndem.iin i/enu lej T^ligijUrdts auee leurs fer^s vte.icntau logis à' Apulée ^ç^ le met* Sent en iu^ice comme me^a frier^Le peuple y céflue de toutes parts, S a par fie l'accufe d'hvmnde, il mitntïcnt fmî innoccce^Cir plaide ft caufeauecar^ gurnens conuenables aux orateurs, La dejjw voi- '€j venir deux vieilles qrd fe dtftnt parentis des majfxcreT^.lejquels Apulée oyat defcouuert far Je commandement d'* M^gi^rat, on trouue que ce : fie font que des outres. Chacu s'cfclatc de rire : O* dinfifon celehre io) cufcment Uylcnnité du Dieti ^js,photis apprend l.i caufc decetoutnciàe. Puis ^nûnfire audit ^{p:ilécfa mAflrcffe Pamphile qui ,fetransfignroir en ei^exu par le niojrn d'vn itz- g' cutdant fe transform''r en Hibou^mais /e/lantpar ptffiard(di fjmufïotfédçïvnguentà'vnc 4«-
Vnzë livre Ire hoete^eflconuerty m ^fhcTour Ufin (fird- lonû 'Mît 'votcotwHis par des voleurs Je fquels em* m^Mitt & l*^fne & les autres wonturei chif" çéc i des meubles âe Mtlon. Du 4 ] ^f>ulee transfiguré en ^fhe raconte elo- aucmment les pénibles trauerfes qu'ilafoujfeïtes en maintes courfes & d'tpers vojaoes fous uUe forme ^retenant nea>itmo'ms Ivfage del'e^rîthu* main, Furs tt entremefle fut thic ii propos plujteurs aduentures de voleurs en la pofjefiwn def quels il ejïoit.llfait aufùi le conte de celuj j/fife transfor^ mant en Ourfe drejfa l'appareil d'vn ieu d'efcri* me public. 'Pour Ufin il adhufle à dejfein la fable des amours de Cupidon O" dtf /y thé pleine de récréation ^ doBrine^ de laquelle nom cx^ofie^ yons en fon lieu lefens rnyfiic. D J y .] Cf ^ . Hure contient le domicile de ffychi^ les amours deCupidonJa vifite des fœufdel' Itt' fantr.dont cites entrent en 'taloufie:par Cinjïigatto df laquelle pjj/ché trop crédule fait vne petite hlefjurekfon marj Cupidon» ^tnpdecheuèdu comble de fa félicite ^vluficnr s calamité^ l'accueil', lent. Et fon ennemie Venus la tr^uaille cfiran^e-^^ fnent,
Da 6,] ^i/res vnefoigneufe cj^penlble recerche,] après lapcrfuafio deCerés,c'ç'les cotredus delnno^ ffychife vient volontairement oQrir k F en fis»
ARGVMENT DIS Tuis il Jcfcrit l'Afccnfion de VenfU âu cieîjdfup- ^^!icafiô îomandement! qn'cUe dtnne À Vftché: fçatioir efi d'anageren «rdre^rdin tirrain vn tas ctnfuéde ^ toutes fortes de Lieds : de luy apporter 'unjlocquet de certaines toi fons d' or ^d' aller quérir en vnents- ehe de I'com de s''jx: de luy faire auotr vne hièf^e \fleinedu beau- teint de Vrc^erpme, Toutes lef- { quelles chjfes Pjfchc ayat ac(opHespar l'afitfî^ce ituine j elle ej^oufe (on Cupidsn en la compagnie des LHeuxde^-nopçes i en font auxciffux] Cr de ce mariage naift Volupté,
DV 7. ]CtLVY que les 'voleurs auoient laiffédas
Uj pâte pour cffier ce qu'rn dirait du lolfatrj atr
■lêgts de Milon, apporte à [es c^mpagnons^ quefo
n'en foupfonnoit personne autre atieL, Apulée:
'parce qu'il ne ^arGijjoit nuHe part, Apulée [e
pLnridcsrfc deult ainfi trart}-jormé qu il (fl,d€ ce
.jqii'efiat hh'oulpable on le prendpourcrimire! ^C;*
•namojen depLidcrJacaufc, Puitilentremejle
de très- facétieux cwte^^& defcrit au 'vifhs mef-
thaccte-^ de fin ^fn-er^C* les fraudes desfemes.
DV 8.] C £ Hure exppf le meurtre commis en U
,perJon'ie de Lepolemc ma/y de Ch.it itc ^ laueu^
glcmet de fhrafylls amoureux fsifl par Ltdite Da
moifelle , C^la Ifoîontaite mort eCiccUe. En tu-
tre y'vn changement de r»ai/}re par P^f^e : i;«
hraue récit ^ difcotm des Vrepres de U Dceffe
Vnziesme ityke Sjrienne : îcin's or dires Cr vilains defhoYdemes j fonets&âefchtqucteuret de membres yfrattdej & trsmp cries defcouuerfes,
DV 9,] CtTT V YCi U Tufe de r^fftey fdr Uquel
le îljefauuedu cou f Regorge quon prepamt fouf
l hxhi^er en'vmÀtlm. Fn Autre dd^rger^dnauel^
ejhntpm pouf enragé y tlfcgdrâùt en hnuunf de
Feiu. f^ncotcd^vn m^rt^tropc parfa femme jfm
ruffîenO'fe cachai d^tîs inpoinfonfous ombre de
l'achepterUefort captieux desPreJïïes Syriaques ^
leur larcin defcouaert.Les cot^ruées de moulin auf
quelles l'^pîefut ajjerui Fne gxlate explication
des ad hI ter es Cr impudicite'^ cù's femmes de f-^
hauchéîs, Vn autre changement de mai^he^d'vn
?>1euffneràvn lardinier. La malcncon^re d'^wne
mdifon OU' le lardintcr ejloit ailé four receuoir rf-
cympenfe d'vne courtoife hofpitiHtè. Vngedarmc
furu i en t qni-veue emmener l'^fne Le lardinier
le bar ^&le l aifjC comme mort \ puis fe faune en
la Ville 'On trâifàel^Çne cacher en vn galetas :
Cr met ^a^it le ne^^ à lafenefre , on le defcouure.
Le 10 .^cùpyen l'arriuée d-'^ fcldat O^del^tyifne
en la vtlle.Ladcfcriptio de l'infgne mefchanceté
d'v^efemwt^ poulféepar amour k commettre vn-
horrible inc^fle' La venté del'^fne àdcux frères-
dontlvn eÇioit Boulanger ^ ^ l'autre CuiÇinier:.
fuis la noîfeO^ querelle d'iccux a caufe des vian^ '
des humaines que /' ^fne leur mageoitXa chère
Argvm.dîsVnze iivre
tlSâfiifl l'^fieyCrLi 'vieparajtnqtte qu il mené
piftice k U mçnt an ucy,
^lics du tug^mpt de Vavn ai)iigC't7Jt U pome d'or
^Fcnw^ifuicvne ^alanfc tni4ecJti^e contre Us iu-
i f^emerii pemertis, Eufii nnjlre ^fnc (c deftoùe
I ;iinfî qu'on le "joulotr faire accoupler diuc cette
\ fc'mme expcjce auxfe*es. ^^v Df rnur] Tovt noflre Apulée e^rem^L ^e
) ^iUnfcs O" de da5lrhe-^m.iîs ce dernier hure de, '4^ce toujles Antres QjfctqHes chofes y sot déduites tuec vne nuifuejimphcitè-jplufieursfuittàt U vf-
'fitéde rhijïo'ire:mxispltià encoïe , pu/fèes dei fe- p-ets defhilofop^oieCT' d U reii^on d'Egipte,
•pA'-4 comecemet il now expliq'ievne l^rduc prière ^ U Lune^qm ne sa point so ^fne ,m.ùs fonThc»
/^oolcn\x^jouj}4ntvnf galante dtfcription êelxdi'
'.fC D -cfje Vuispropofe vn dmi.tlle epgnemetqa*' f'Uefait k Apulée 3 dcfcïtt att hng & dcficmët ce d 'ù concerne les cercrncnies au ferutce de la Lhne, En fin Je mo^cpir Icq'iclil reprit atftment Câpre mtcrcfo) me dhowe après auoir mAgé des *'ofes :ft 'eceptio en U c~^fyAirif d ifis dr d'Ofirtî'.iineau - ^*re p i^te a la Lune \fon heurenx retour à j^me, Isn ajpcia/ion en U compagnie des Vajiophores,
PREFACE SVR
rAfned'Or de L. Apulée.
j^ 'Art M/fgique , do fit les ancies ont fait heau" coup d*e^4t,efi ejîimce 4U9ir réduit en ^vnâ trois autres arts qui of grand pjouuoiy fur les entendements hti" mdins, U Medeàne^ Religion, ^fir^h» p^i CT e^uitnd pdr €es trois liens eS^eut fojfede fes fens dahor^Mcs , elle monU phault en crédit^ ifuen Orient elle corn- nîdn doit aux ]{o^sdes l{(fys , aufii print ell € [ans douhte naijfance de Id , fat Zoroafîre, Cefion le premier exercice auquel on drejjett la 'HohUjfe : cjr nul nepouuûit régner fur les Verfès , qui ne fçeufl la Tyi^gicy Platon nous apprend^ ^u'on donnait quatre do&etfrs aux pis desl{ojs^ Cr* hsnomntoiton Pedago^
P REFACE
gues Royaux : defquds le premier en fcU çno'tt pirticuliercment l'art, Magique, Prejque toute l'Odyjjeed' Homère necm - Jle d'ailleurs que de T^Ugte \eAr les tranf, ' figurations de "Proies , Us enchantements des Sirènes:^ les br nuages de Circé ^ Us euocations des Urnes hors des h jont enueloppe'^ de ceuuertures magi- ques. On tient que Hojîhanés en k le premier efcrit : lequel d}ant dccomp4' gné Xerxés à l^ guerre qu'il alîoit fai* re en Grèce .fit non feulement Jaouler^ mais enrager lei Gtees après ce fi art, ^u refle les anciens o^t pref que touf" tours recl)erchétant de gloire c^ de re* pHtaticn en ce fie fcicnce , que Pjthag^^ ra4 3 Empedocics , DemicrttyVUton , lu, tmeres de doârines , tuonterent fur mer pour l'aller apprendre , cr reuenus de leurs njojages , U prefcherent , ^ en firent degrauds my fier es. D'ailleurs , JYjfiaJpés^ }{o^ trejfage, père dt Darifi/^ rechercbanf Icsfecrets d'indtey s*crnUitit "vniour en quelque forefi effculée ^oit les Brachvfanes , gents defprie çjp de haultes conceptions , tenoient leur efcho^ If , O* *^ya/iî appris d'eux les pures
svR l'Asne dor.
couliumesc^ ceremenies de leurs f^crçs enahbreuthileifens^ d{ s Triages dePer^ fejcfcjuelles ils bdiUerent enfuitte depe^ re en fils a leurs defcendas auec/esfde?!' ees de deuiner les chcffs a vemr : cir dés iorsilschotfirent ijne certaine famille , é^iii durant f lu fieurs fiecies fut farticU' liertment dtjlinéepour lefefulce de Uurs Dieux, D^duanf^ge^ on tient que Moy- Ce ^duihcnr p renommé dtslotx ludat» ques, iUuflra lafaBion de Ma^ie quefoity on ffatt four certain , que U Magie s'efi fort froumenée farmj le monde» Elle pajfa mefme la mer , (y^ s' efiahlit en Angleterre ( quis'afpelloit alcrs Bretagne la grande ) ouïes peuples la ccUhrerent aucc eflonnement. Elle 4 pareillement pojfedé les GauUes , illu" firéspar les Druides y qui font Us Mages des Gaullois,
0 F^Ulvlagie , comme flatonl'ex^- p9feyefl celle qui traitte O^ enfeigne le feruire des Dieux, four ce nofîre Apu^ lee l'appelle preftreiïe des Dieux, fort bien catenduë & pratique en la manière de les adorer & fcr- uir, les doBes enfontdmx manières.
PMFACE
V'vneVUtoniqHe c^phi/cfopb!nr4â^ qui n'eH autre chofe tju'^fie accomplie cou. fommAtion de Pbi'ofophfe namnlie : & quiconque Ufujt C^ i'em^raJJeyS'appeL le difn nlirieux cr fat/tcl/io/f», 7^1 ^- CE, L'autre cou/te par îx pnifjance des diables , chofe certes exccrahe , dcte^ ^aLle c^ moTJ^rueu^e , ^ue d'in mm ahomw.ihle on appelle Coètie ; Çr ctxji plus horrible , Thet4rgie ; combien nue Po)p-)jreVUtonique promette pxrcefle Tneur^ie , comme q.^elnue p/H-^atton d'ame : t.tntj a nu* il nêii4 ^dnifi auci*^ ncfovidefay) cejî art comme t^ompcrejje O prohibée par le.' lojx : aucune: fois il dit , quelle efi dujfùle pour nettojer lame.
^u demeurant, on tient onhnaire' ment pour 7^1 Age , celuy qnipar vne comr,;unton de deurfer auec les efprits immortels , peut faire tou t ce qu'il i eut far quelque incrojahle force d'enchan^ tements. On appelle communément ces malfaifans^ l\iages , du mot magnuî. c» ^andy^ caufe de U grandeur des md^ iefices qu'ils font , comme efcrit S, ^U' gi^fiin , O* les Décrets canoniques l* aile-
guérit
8VR l'asNI d'or!; i^tntlG. tj.^. T^Uis l* ignorance des lak* ^ufs rfîrangeres les d f.iit éiinfi ferler. '^Ugc efi vn motVerfitn: quijtgmfiefx" ge , fTAÙc es chojcs dttdncs c^ n^tureU {es, comme dcuroyent cfire les freHres^ éLttendti quilsfuecedenf aux Mages an • cicnsence qui concerne Icferuicedimn, Ils Jçauojent les forces des herbes ^ des gemmes Cr autres chojes femhUhles^ fatfi)ent, par ce moyen des cures admim râbles, deumoyerjt l'aduenir far l'habi» letc d'ijntreS'bonfens q^'ils^ amjentcu de nature ou d^acquijlt'ton ; Cî^ four ce regArk^ ie'mfl qu'rls 'vtuojent religteU'» fement^ auoyent la réfutation de dem-* fer familièrement auec les Dieux, On les honoroit fort ; on alloit au confeil k eux en affaires ctimforuncey comme c»- fsigicnt Ciccron enfadeHinaiton^StrA» bon au lô.liure^'Macrohe , Xenofhon eft la Cjropadiejture,-/.^ S, V lut arque en la vie d' Alexandre, Heredian liu,^» 0*c. Delà veintque ce mmfutfrint en mduuaife fart , four vn fr^igU- teur &forcicr. Car font eux qui eséraru lent les elemcnsy troublent far la lioler^» te de leif s charmes Us entendemens di»
c
;.
P R F. P A C t fcrfonnfS, toutefois fans pr:fe Jepoifort, De U viennent [ce dit TcrtulLtn) les cf' feSls desftntofmes des Cafiors^ de p or fer de l'e4ti dans ijri crïhle , tïrcr '\n nauire a4tecfa ceinture^c^c. Telle IsUgiefut m (Unnemct défendue par les ioix des dou^ ^€ tAblcs. Car on esîmoit quepar fon mojenon peufl tranj^orter /es fruits dâ pays en autre: pour ce du Qiceron iefditcs ioix duoirordonnèjupplîce pour quifC" roit chofe fcmbUhU*
llja pi N fleurs ef^eces de cesîe TiUgie: mais [uf^fe pour l heure dire que celle quifefaièi auec de l'eau sUpelie UjidrO' tnance}yiuec des miroir s, Catroptrom.m ce. yAuec des ha^rns remplis d'eau , Le- cAnomance : & tant es miroirs qu'en reau il font aparoir certains funtofmes^ en plujlofi diahles '^eji^us de corps hu» mains , defquels tl apprennent les chofes ^-l'enir, lly a d'abondant la !?>- romance, G eômancr, Qhyrontance, qui fefantparfeu, par terre^ cr par ccrtM' Jte dechiqueture de mains. Necrtmance^ ûu NeQ'omance,e/l celle far lef quelles on faiB forcir les 'vmbres des trcpaffel^ hors des bas lieux , & qu'on deinfe 4- ^ceUei,£td'e^cs^on mmrfje Sccromân
SVR LASNEDOB.
dcns ceux far les eacLwtemefJts di'C' quels les morts rcftffîtexfc^^^^f dtuinef C^r((j?c?îcl'/c k ce au on leur demande. Telle deuination ne fe faiB f oint fans f,if}g: .Homère euoquc ces maneSyîcipion en sU iius, Afon en Falerius Flocus , 7> rc/tas eh Feptnhis^ cesforctercs en Hoyacc, lis c:?t auj^i la Sefvmace, qu'aucuns difim^ gueKt de la Necj^fmance ^ enjorte qu'en cejie-cj pour faire Icuer ^n cadauer il faille dufarig : Cren cejle-là, l* ombre JeuHefuffife'. & de faiB elle cfi nommée de Scia, ombre, il j a encore UCapnO'^ tnance , qui par la fmnic de l'autel^ ^ far les tmifucmms qu'elle faïB, cognotfl les chofes a 'venir. De ce^efource de Ma^ gie fniferent leurs fccrcîs les aufpkcsE» thrujques en Italie, les Brac^manes^ C5* Cymnofophifies en îniie^ les Dru} des dr Barbes es Gaules Jes Galeates en Si^ ffVf, les vlanetatrcs far tout U monde ^ qui fout 'Mathanétthuns^ ^ commune^ mcntnont?m7 ^Jlf-olcgues . Vii^jc cohat gaiement far tout c^fe mocquedes tirx- difionsO* promcjfes dei Mag'S , lesaf^ fellat quaft ouf ours xan'te^tnagtqueSm
^ ji
P R E F A C t
^^iHum m(fme[ce dafamf} ^u^i
tjrjicnt bien dire, Qjt^^pttlccCr w'i'-
pollome n4'
r.ic/es^ue lefui-Cbrif}^ comme mus -^e^
nous de dire, Defjicl LdBace tefmotgne
^î'.c îcn yacotoit 'y ne infini iè de merusd-
iesfiiiSîei par ^pu Ut :w4ls luj met ta t
çcfie qualité deyi Agi (icfi je défendit aucc
he.iuco'tp de bcintcs C^fA(idte7 debtin
dire cotre ces aloryiniAteuts qm le chat'
^e oient du crime d\irt ma^tqtte, ^h
derticur.vnt il a des mots en Ut'pi qm ?jc
font hdns que pour lity , efqHcU on aj me
Piteux fe délecter po/f? l rm^ntio O' ^'OU-
uc4!4lèy que les pratiquer: O' pl'>'M^^)i
auft dejquclscnpcufvfer O l^^ f^atu^
rdtifcrjAns difficulté , pcyur cfsrc des plus
fi^Tjificdt'ifs cy de tTcs-^AUntc compo-
fition k la nwds des Grecs. Cet tes il
ii fort Lonncgr.icc en cette nouucAUtcde
termes ; ;7jr rencontre fi gentiment, fi
pUifAmwent quil n'cfi pcfibie Ûcfius,
Enfûmniciiifiquon Apclîe den^m^^Ahi*
fi troti'ée ton de FaiH ce ncfirc ^fnâ
'vrAjCîmnt d'o, : LafliC ccmpcje d vn
fi Le AU dire, de poinths fi tchAulfetu
fjtr defjus le cotmum , cT'vnefi ^olic
5VB. l'ASNE d'or.
rjettetc de mots îrlc^^ d'y ne telle clt- grince de ^ÀYolles non trintàleii c^uÀhon dîotii peujoit on dire de Ifty ceU ^ Si les Miifes vouloieni parler Lartn, elles vferoient des tetmesd'Apu- 1 e e , Cy*pour di/e ce qui m^n fcmMe, la
frccjinte lecîure d'i^pidce peu beuu- conp ferai)' fotir fjconer la ïan^^ue^ C^ s'excrcey a cefïc p.irne d* éloquence qm C071 cerne le bien dire, Sidùnias ^poUi' nsurisftr/hxHlfe l'éloquence cCicduj com- m? fulminent e, S^inSt ^figufiinenfes , IpiBres en rend 'vn bon dr hmoraùle tefmign.ige, A p n lée A fri ca i n [ce ciit'» /l)né de bon lieu en fon Davs,noiir» ry liberalemen-,S: doiic de grande éloquence Es hures at^fideU Cité de
■ D'-C'i^ ill'apdU'VUtomr^ue^^icn entendu en Grec & ^n Latin,
le nauraj pas rencontré Jihct
femet en cesle m^ts- tcpjs, l ' auteur nefe manie poifif
fa fi s moufles , c^ U plu s- part de ces tey^ rticsncfe peuucnt exprimer en ncfire lâ^
gucfinon parperipimife ôû ciycolocutions. l'entaiffeneantmoins leiugement a qui" ^snquela voudra cofererauec la p/cmere e iiij
CtVrupnon flujlcfi que traduBisn d'vrt i, Lrtuc^u d'Oricdns , imprimée à Ta- ris p^r Cl. Mjcdrd, 1584. Certes du liei* d'vn yAfne à' or il nous m duoit donni in de fer, ^vn depUml?. hes dffiillitfis ^^trauerfes nous font affex, oidinams: j'en au oh nagucres 'vne qui me trou ni- Uit durement. Vniemie ^erittlkomme ^mme Jdit L honneur de m ajmer , me 'vïfitmt ts heures que les re/afihes de f'S ejludes luy doitnojmt : Dcfcnnuji't^ -vous {ce me dit -il "une fois) à nous fitire i>n ^fne d'or en Fran fais, l'jccnfcns, fou amitié peut LcaucoHp fuj nwy. Orpen- fois - je en eflre onitte i'dforter 'ine /!•- tonde m^lnd U ftneue de U premier t» T^l.iis te trofiuxy des l entrée que pour liimcnderilnefidoitqu''yne ruture de^ j)'riis l(t première p Age iufquW U dernière O' que t'en durois plu^cfi fdici'\'nc en-- iiere qudmendé celle /i. î'jdefcoU' ^ ureplus d'omi fions, plus de de^^muAtios que de traduTtions 5 Cr to ut ce que l œm- tire contient dcfuh/eux^ pAJfefQusfiltce, Ve t6utes [es ig>2oy4ccs , corruptions, rne- ptes^oje7 en que. nues- vne s iifi.n que p.tr lo^U-votis cmoiJiieT^le lign, péi l'critfcs
tl fi premier Hure, il a cm dé que Iftth- m os Ephyrxa fujjent deux f laces dif- férente i C^ riit f^eu que le dernier n'c$ quddioinFi dti premier, ny que Corinthe fntpremieremcnc «^jww^f Ephyra, Et ce que dit Apulée fueilleti. page x.'uers Ufin: Et tandis qu'en trauerfant vne prairie, elle s'amufe baifTant îateftc S)C tournant la bouche fur le flanc, à tondre quelque bou- chée d'herbe pour defieuner en palTant : efi-t! fufffammsnt exprimé (omme scnjuit 5 Or tandis qu'il fe repofoit, & paifToit l'herbe en va pré. Tour auoir dit que four fe cîelajfer de fâ cheuauchee, 0^ donner mojen ^ fx monture defe refaire auft, il la pro* nieHôit tout bellement , il ne s enfuit f as gju'il la laifjarepofer.fueiUet ^y^p^^ !• Et de fai(5t qui pourroit cr^e i]uedcdeux compagnons de che-» min IVn euft efté meurtry fans que l'autre en fufl: coulpabîe f Lo«- i^eau dit : Et qui eft celuy des deux compagnons de chemin qui pour- roit voit l'autre mourir, fans en auoir gra^d douleur & regrec ? ë V
PRÎFA'cS ^f'irs 'voiçy qui ef^Uifànt, fucïUct dix' hiïBtcfwe,, pjgo frcrr.icre , ^ptf!ei pjrldfiS défi monture , ''^cut àife qnt le A dlfiours cy-dcffus rfl p plaifmf, qm
I fin chcu4l me] me en a prtnsfa pdi f, Cf
durant txduj l'npcfté fins ducun m- nuy nt Ufiftude iiifc^u'aux portes de !^ 'itllf. Et ceptii cy par "on Autant e^ firdfffe mct\into)ph»fie que cède d' ^^ pu'ec^ nom fiicl icy d'vn (het4al ^cn nomwe. le a:oy((eée //]que luy a faid rel compte , s'eft refiooy de- ^uoy ie l'ay benignemenr elcouic, & que fans qu'il refachart: m'ar.p-- porte non fur fon dos, mais par mon aureille, &:c. Certes hj.ntrfwe fe dechtre mon chei^dl , r,His afre brute ^ ht qm ne rircit de tcfle autre afieney ftwuet trer.xe hmdiefme p^gc i.repen* té me nefcius forum cupedinisin- ml i ce dit Apulée : cupe do/^ prendê pdur ^cTie fUcco)* fie 'vende toutes fof' tei de 'yiures : nuts de ccfie h,de tioflre Lr due tradu&eur fAtïi auec benne ^Ace^ ie no'yii d'^vn gentil Ci4fidon. le mçii^Ç- poïteray fÀnsypeûferenla grand
i
s VR I ASNE h OR,
place publique nommée Cupi- ao. En loicy^ne autre de mejmcfd" rine , fnc'dlct trente- neufefme fage 2« ^ luj fitudreit "vn Oed/pe pour fouidre ce qu'il "sjeut aire par celle qu'il mm- ine De [je VAhnaris. il n*a [feu que li palme cJiAnt [ymbole de ^lEloirc^ de l^ ^icnt epuc U Dtejfe Ftflotre eji par fes Latins appcllee Palmaris. ^pt*^ he dit', columnis quadii^rian per fingiiloneangulos ftantibusatrol- lebant ftatcas Palmaris Deœ. Et luj : &: y auoir quarre colomncs qui fouftenoient Timage de Ja Deeflc Palmaris. Voila vtj tradu^ êleuy fort bref en [a diBitn : mais ccjî en rorgn trouue de [cabreux \ hienfouuent le meilleur ç^ le pi» s beau : ainjtl'ail feu auparauavt chaftrê de cefie cUu-^ fe en itère : Sed plané quod offi- cijs intcgtis poteft effici , cnra* bo cedulo. Mais pour ne recueiU lir tnus les attires pdfja^s effrcntt" ment tronque^, il me fu^t dire , qnr c^llig^\ enfembk Us font U tiers ott'
? B. E T A C F.
'^ilu mo'tns IcquATt de l'ceuurc.'Et Cdmlhn pîcuftment JttdfTdcre'tl ces termes (t^ moureux 0'fretill4fîs,fueii.^i,p4g, 2. -Ruirpa fafciola praenitente ahiul^ culc fub ipfas papiiias ruccintula,* lllud cibariiim vafculum floridis palmulis rotabat ia circulnm, & îa orbis flcxibu^ crebra fuccutiens, 6^ /imul membra fiia Icniterillubii- cans, lumbis;ren(îm| vibrantibus fpinam mobilcm qiiatiens placi* d'è, decentervndabat. Votijcotmne îilescxpofe : Elleeftoit ceinte par noie fon potage Ôc viande dedans le pot auec des petits ramcauxfîeu- ris [Un apprit iartuth ju'^pulce prend fouuent floridas palmulas /? mignons^ nets, pollts , d'oujUets) re- muant Tes membiesfidoucement qu'à Tes geftes Ôc manières de- monftroic Ton honnefteté. C'e(} é^ien^ propos honnefteté, endentou^' 9temmts tout luLriques & qui vepÂt" rent qn amour. En outre quelle confor* Tfitfé trot4Ucre\''vous de dJtre d'^pu^ in (me le Jim ^. pittUct y 'f^. i . l^ul
SVR l'aSnï t>* or.'
le inonde y vit en feure liberté, foient cens oifeux ou de traffic* les marchands eftrangers qui n'ai- ment qne lûffluence d'homme?, trouuenc la ville aufîi bien peu- plée que celle de Rome. Etluji nous fommes en libertés repos, la ville eft marchande: quand les Romains y arriuent , en grande quantiréj ils y font ocieux &: ne- gocieuxbien reçeus & traidtez en grande tranquilHcé. Vms retran" chant le commencement de U repartie d'y^pulce k Bytrhene^ il confond U rcf^ fonfe de ceffuj-la auec U demande de cefie-cy.Parcille^ace a ilfueiL nj.pa^* i.y^pulee ( comme les autres authcurs) fHYftomme phebes^Heptapjle^à caufe des fept portes quelle auoit; C^ ce grand maijke es arts , de Thebes à fept por- tes nous faiFi 'vne fontaine de fept arts. Tuis en Upagefuiuante , après auoir laiiTé vne œuurc di^ne dut gibet, aulteti de dire , puis le laiflfànt ainû cloué comme en yn gibet êcc.fueillet 11^, ce que nojh'e Jlntheuf ^itj, eipians la plus obicure faifog
P R F r A C 2
ée la nnidt , ;/ nnuerfc âinft , après anoii elpic la clarté de la euiâ:. .>f« fuelîet 159. fd* que f'ertus farci ilïtm» pute a Cupfdon, M 4is que de coups de fatict k ce fU^Mre ^ de nous auorr jt chetiwmoit re(]erréU mefme enpci/ds yn.ilotruesp'Arolet. Là y arriua encore l'huurc qui tonnoit douccmenc cîe fa xrompciiç,fous ces beaux nr^ts, l'vn Tonne doncemenc de fa con- que bruyente: l'autre nageant dcf- fous vn ders ou gardelol de (oye fegarentic contre l'arc^cur du So- îeilfon cnnemy : vn autre porte le miroir deiiant h Dame:&:d'auires encores la viennent trouuer en leurs cIiânotS(?c caiolTes. Cejït im- fudef.te afneïieîu) (fi or/m4ire ésp!us fign.ile-^ p\\jf:iges qu'fl n'a fçfM fian- chir. En toicy d Autres ncyi moim gnfiïers que ridicule-^. fueiîlefixZ. f-^ge , frcmîcre^ conantur, llss*ejj:>rcrnt; a/é Ucu de l/rr contantur, i/s t.trdent^ fuâHef 161, pa^e première. Or ma fcfîLir adîiifez. S^pulee cùtw'iàevsr Ct^hij, tu me fembles^ omme s'iT
s V R t*A S N E DO R
Mfo'if\idçns : puisjlexpcfc en fi bref € fr a ce d e temps, a cju '^ptélec diEls breui pun(ffcu!o, qui fgnijic cffle^t^ tice & brefue phcquare ^wf Cupiàon fit ^ Tfyché qfhi>:t il couchd aticc elle, VMi^ntÀge (cmhicn fe montre-? l peu fyaùc en U leElun d' Apulée , toutes les fois qtt'tl tradjiit tneptanent le mot d); appellare, nppellcr, fAmlhér kceTi titithcur dt* lt(H de ce £jue nous dtfons prendre congé ? fueillct cent foixantéi- Tictffitfwe , ou rf/ché dît àfès fœurs que jfin ny.try U def cour Age de le voir en fsrfonne çyenfdcs^ il luy fdiEî fattt^ cetnent dire ^«^elleed grandement cfpouuentce de (on regard. Et com- ment cela , puis quelle ne l*atHitianidts fueu en aucune fortne forme formel jouant ^ ce quvnpeu plus hxstla fup"^ frimé cecjy ad pulfum etiam palmu^ lœ lenienris cxaipeiararR, il à mieux fdtci que de commettre derechef ^ne duf' ^ lourde faute que cj dejfus au mefme l«o^(5/f palmulac. fuis enfuitte^ d'^vnt t^pijjcrie il mus fdiSl gdammenf- 2» pp, Subde aliquo clauj
PREFACE
dentisaul-ac^ tegniine, cfJit Apu- lée fueillct i7o,C7 /«jy,quiroit cachée Ibus quelque pot. Uà pcnfc ^ui aulsacir oWzftijfcnt différents fueilUt lyj^.fd^ci, inuoquez pluftoftCu-» pidonJefUisg^and Dieu qui foit: 6c, comme d'vn ieune délicate luxurieux , gàignez Tes bonnes sauces par quelque aggreablc Ter- uicc. C'eniefensd'^^ulce-.CrLoH^ ncau, irais pîuiloft adorez le grand DicuCu^ndo,& irouuez quelque beau ieune fils delicac, par le mo- yen de voftre bonne grâce. fttciUet lyS.p.ig.i» Mais vous aucz elle mal iiouny dés voftre première ieu- neiïee, Louueau: Mais tu t'es lailTé tranfporter à la ieunefTe. T.nfuïtte: Laquelle iay fouuent ofî^èncee pour complaire à la luxure de ce galâd. L»)*laquelle i'ay maintefois offènfee pour t'engendrer, //«i7ff 170. fii^e I. oye\ It 7iLt\cJîé des paroles A'^puLee,L'à deduiCeres & lunon la viennent accofter; & la voyans ain(î bourfoufflce , luy deman- dent pourquoy fous vn renfron-
SVR L ASNE d'or
gné fourcil elle cachoic la fiil^a- liere bonne c^race de Tes yeux: Et I4 viiité de celle de Louue^tu: Venus cftanc ainfi faicheejfutruindrentlu- no 6s:Cercs, qui îuy demandcrenc la cau'.e de Ion couiroux. Tareillf- ment fueiUet ij^.pdgci. Et quelle fi griefucoifence à perpétré voflre fils. Madame, pour impugner ôc faireauecrant d'aigreur la guerre à Tes menus plailîrs, (Se vouloir auf^ fi dcftruire celle qu'il aime: Vautre En quoy vousa cfïencé voftrefils fî grandement que vous Taccufez aind de fa volupié , & qu'il eft amoureux : & le menaçant de le fùire mourir : îugeT^fembLLUmejjt de ces parcllcs cfcUtantcs'.fuetllet 194-/'. 2. Entre plufieurs autres qui fui- uent la cour de cède Daaie^voicy venir quatre Colombes blanches,* qui d'vnegayedefmarche porcans detrauers le col peinturé, le plo- yent fous vn long emperlé : puis leur Dame eftant montee,s*envo- letit toutes ioyeufes. Plufieurs c^e, Aiif)ix dcceU^'Cj qrà ^ûurcflrc crffcllf
PRIT ACE Itmcntldcoees , m font que ff trdifnfi^: Quatre pigeons blancs menoient ledit chariot en grande dihg'nce, ài'entour d'îccli.v pUîfîetrs , C^c JEt nue di-rri '^'cus de cef^e i que Ici i-:rrc (or/i^eroit mfjrrje en l'n en» fantde la '^c cLjj'c \ fueïïiti^G, p-igf r.* Or Pllché ne fepoauoit mettre à demcflcrceftinerplnchablc^ cm- broiiiilé monceau: ains abatnc d'e- ftonnement \ caufe de la rigueur du commandement, fe trouuoic refpiic non moins confus que la befogne. ^infi parle ^pdcc: m.iis LouitCAU ht en différemment : Pfyché depeurdedefobeyr au comman- dement de Venvîs, commanca ^ mettre les mains àvnefi facheu- fe cruure & difi^ilie , itoures- foi> par leiigoureux commande- ment de Venus, eftoit toute e(lo- néej &: nefçauoit qr.ediic. EH a cc(y ? Nec PK^ché manns adtfio- liturencond-tïilli , & inexirica- biU moli ; levi imnun*"tite prx- cepti conflernata , filens obftu- pelcir. Certes toj' wefme Lo-^uc^u tie
fc.tis que tu "yeux âïre non plus qu'en fuite: aiaudilFant la femme de lu- pi rer , qH\4f>ulét nomme Contij- berna'ismangni Dei. il entend "Pfy^ ché qu'il.ipelle coaipaj^ne de cou- che cl'vn ^/and Dieu : C'efI à dire de Ctipid^H : Cy* n'e^ iry queliion de lunon. De mcfmejiiciller. ip-'. page z. le I{ofe4« dcfco.ir.igeant Pfychc defc fitire mourir: lie polluez point tnes lamdies eanx en vous f.Vifant mourir. Etl'autre: te te prie Pryché ne trouble poinc mes iaindes eaux fi tu ne veux mourir. ^ quel propos , ficu ne veux mouric , puis qu'elle cheràmf à fïnïr (^feUrauAux dr [es iourstencO' repis ,fu, rp9 . ou mfl) c ^ du touiacab'ée fous le faix de ce danger inefpkKliâble , mauquoic meicuedu dernier fou'as qu'on re- çoit en }^:mo\àDtJl "-oiâ de Sre^que T/yehé par eesi dujicre ccmmandemant dont clic trctiHoh l'effeci tmpofdle, fcmbloit eflre cb.ingée en piètre : quel" les Urmcs pouuott donc fuillir d'"S>ne pfcrre î Ojf^ ncAntmoins i.ouucAH * EfUnt eftonnee du gïand péril
f ILITACÏ
qu'elle voyoït , les larmes luy s'ail- lixcnt.DafUeursil retrancher eut cecy: Ncc Prouidentix bonx grauei ocalos mnocentis anima? latuit acrvimna. le 'voh6 rnnujcftfAj-te moy- tnefme : ntttis plus ie paj]}etftre,flus'te defcmnrc ç^d'^Jne/ics & d'imftidfit^ (es,ït n:oîcy 'vne eJjcfjTfe: Puis print fa volée , paiîant entre ces cruels & horribles drageons, &:rapporra àPfvché, laquelle en fat fort io- yeufc, &:Ia prefenta ^ Venus, qui pour ce n*en fut point moins ap- Y>3.\feç.Si peui/c paroUcs renpantes peu» vent elles fuffildmment exprimer ces inotsre!e»e\,&tfui mefme d'oUje nou* rempifjfefiti' oreille : libratifque pin- iiarum nntantium molibus, intcr gênas faeuientium dencium^ Ôc tfi- fulca vibramina draconam,remi- giiim dextra Iseuâque porrigens, Dolentes aquas, &vrabifet inrK3- xiivs prxmonenres , excipit : cora- mentos ob iulTiim Vcneris oete- re, eiqae fe prsEminiftrare, quare paulo facilior adeundi fait copia, Sicacceptam cum gaudio plenana
s V H L* A s K E I>' O R^
vrnaQi Pfyché . Veneri cicata reru- lit.Nec t-imennmûDex /a^uientis vcltunc expiare pocuit. Cejlkdire fuciUetiQO. f^^ei, puis crpanoiiyf". fantfes pennes en l'air, efpand fou vol par deuantlesmacheoirçsdes dems pointues & des fourchus tC* lancemensdeslaguesde ces cruels Dragonsi remplit fon vafe malgré cti eaux qui l'exhonoient à def- logcrfans courir fortune ; difànt pour Tes raifons. Que c*eftoit par îccommindemcnt de Venus, &: xju'il eftoit à fon feruice, Ainfile padageluyfutvnpeu plusjacilcs: & P(ychc receuant auec me ex- trême ioye fon plein bocaljle rem- porta (oudain à Venus, Encore jic luy fut-il podîble d'expier pour ce coup l'indignation de la DecH. fc courroucée. F ne autre éLuunt gYQj^iere & impudente ^ fueiliet 204, fa, I. oU te d^aufc Apulée: Alors Cu- pidon guery de fa bleiïiire, & ne pouuant plus outre fupporter la logueabfencede fà mieux- aimce, cfcappanc paiU plus jilroitce fe-
PREFACE
ndntdge^ mais que me fcrtdeme plaindre de ma fortune, veuqueic n'eu point de konte , d'endurer qu*ondifl:que mo feruiteur auoic cftc auiïî participant da larcia: t^-ce le mefmequelfeut aire Apulée', Mais à quoy faire me plains-ieû longuement de la cruauté de For- tune: bien qu'elle n'ait point eu de honte de me faire deuenir com-
Paenon de feruice & de couche I II
auec mon valet &: mon cheual :£/
U hdrdngue de ce hruue H^me preten-
du^comment efl-elle ijiUinee des le com-
mencemenfi fueillet 17,1, page i. Dieu
vous gard foldats du Dieu Mars,
&mes tresfidelej compagnons: ie
vous prie prenez moy en voftre
batrde , & foyez afTeurez d'auoir
vn homme d'vn ^rand couracie:
carie fuis pluftoftpreft à receuoir
des playes fur mon corps, que des
playcsen mes mains : 6c la mort
quVn chacun craind ranr,ne m'cft
rien. Efcoutons Apulée : Bien vous
foit clients du irel-vaillant Dieu
Mars, ^ deCià mes tres-Ioyaux
compagnons
I
DE l'Anse d'or. compagnons d'armes , receuez volontaires vn volontaire , hom- me de grand ôc magnanime cou- rage , qui reçoit plus volontiers les coups en fon corps que Tor en la main ;& qui plus il Te void mena- cé de mort , plus il fe renforce de valeur. Etconfequemment: Depuis là fortune m'a efté contraire. Ouy htm k tey Louuuu en U rencontre de l mention et' Apulée, H^me ne dit fas ccl.i defoy , mxps bien de ce difgracii Of- ficier du f rince dont tl parle. En fi mme iamafs loup affamé ne dcfchïra plw gloutonhemer.t vne pauure hehis ef- l^rèe , ce que \.mueau noHre ^fulee, duquel il fe -vante en fa f reface esîre Jibeau reflaurateur. Encore 'vnpeude patience : çjons te njom prie cepUgiaire : le prins le veftement dVnefem- me,5(: inonrayfurvn Afncquie. doit chargé d'orge. Se paflly par le milieu du camp,& par ce moyê iemefauuay. Vn chacun me laif- Toic pader , penfant que ie fufTe vne femme , Verftm quï fent f!u4 ~ tafncque l'afne dontihJlicjqucBiûn.
Préface Combien font maigres o* mutile'^ (es termes à faute d'en fouucir entendre !x mciné i ,yfinfi dit J^ptilce : le prens vne bra'je robbe de femme bien plifîée & paîfemée de nœuds; ie me coiffe d'vn efcoffion , chaiifc àçs petits efcarpins blancs que If s femmes font couflumieres de porter ; puis fauefli de ceflc fa- çon & defguifé d'autre Texte q'^c le mien , ic monte fur vn afne auec quel ques iauelles d'orge , & irauerfe les trouppes des enne- mis qui me pourfainoient ^ mort. Car edimans que ce fuft vne femme quitoucluftvn afnf, ils me donnoicnt libre paffagc. JEtque dirons nous de ce fjuifuit ? le ne lainay point pour ceiaJa vertu de mon père , pource que , cflant ainfi de(guifc ,ie m'en ali^ry parles chafteaux & villaç^es en gaic;nant ma vie. Le gund honneur quiiftif 4 ce H^me prétendu , d en faire vn ma- nctuure , au lieu tj fie parle rec t de fes njdiUances il parfume emporter la répu- tation dvntres-gfxni Cxfit/tnel A;-
BE ASNE d'orI
(jceqti'UdtSÎ: Si ne me fuis- je point - neancmoins dcRracqué de cefle ancienne gloire de mon père, ny de l'ordinaire de ma vertu. Car bien que ic tremblafiTe à demy me voyant de tous codez enueloppc d'armes & de gens de guerre : affublé neantmoins de la fallace d'vn habit cfttanger , i'aflallois tout feul & villes & chafteaux j 5i les faifois contribuer à mondef- fay. ^ue deuiennent auj^ï toutes ces lignes deJqudUi à U fin de U harangue de H^me noM ne trouuons aucune trace en cefle élégante 'verÇton ? qui fuy- uant le mérite &C qualité du liea doncellecft iflTuc , Tira proftituer en quelque bodel, &ne s'enfuy- ra plus à Taduenir comme elle a faiàj Ainlî du fale& des- bonne» fie gaing qu'elle fera par fa putaffc- rie,vous ferez mefmeaucunemec vangez. Ba que te pleins far eiUe" tuerai- ce g^jff'^jl^g^ fi piteufement deU brèl Ses parens, amis &feruiteurs accoururent pour voir la pucelle en grand triomphe fur va afneXe^
ï il
Préface termes approchent - ils de U g^ dce d*^~ fttlée^ Les parents, lesalliez, les clients , les domeftiqucs , les fcrui- teurs acconrurcnt tranfportcz de ioye.Vouscuflîez veu vnc longue fuittedetous Cextsôc tous aages , auec vne nouuelîe 8c vrayement mémorable rencontre, VNE Vier- ge TRIOMPHANT SVR VN
A s N E. Et neuFi il [(^eu troHuer de fins conuendble terme pour exprimer îv^' diui foftitcr , qu'en difdttt, ie me prins à chanter ? Cefi vn fort bel oy^ JeM qu^n ^fne pour chanter! D'à* «^«f4^f,ruirasmolaresillos circuu tus requircbam ^efî cek dire on me mena dcrechefau monlin ? l'euJJ^ mieux 4jrMe{ce dit Apn] écyj^reencû- re k tourner la meule à moulin duec toutes les peines du monde , que de me *veoirfimal accueilly parées cheudux ç^ iuments. En outre ^ ^fèTouacnant da coup que ie luy auois donné , dontie m*en repens : ce neUpa^ce qu'il veut dire, le fuis hiert mirry { ce fui&'ilf, ^^^'p^ i') qt*e le coup nefor^ tAt il me déblai fi extrêmement de If oui
I
SVS LAS NE DOR
ennuyer far ft mxuftais difc9Uirs : mais ne trotiujint page quinefoitcTuellemenS ùeurreHeey ienefuts que me plaindre de l outrage fait à mjîre , Apulée, Teftois bien dolent (ce dit Louueauj & cherchois Toccafion de me tuer en quelque manière , afin demourir entierde mes me mhits. Mais yfft^ lee^fi^ ^./^.i.Iemelamentoisdece que par le bout d'vnc partie de mon corps il me falloit mourir tout entier. ,£n fin ie cherchois à me tuer ou par vne continuelle ab (lincnce de manger , on me iec- tanc de quelque précipice la telle première en- bas j faifani bien e- Ôat quei'en mourrois, mais que pour le moins ie mqurrois tout c n tier. ^dioignom cepaffage que mns ne fouHons qu'autant admirer comme plaindre fa deprauatim» Rcfueillc- toy, éc regarde la vengeance ,& ton mal. heur. le feray en telle forte qu*à toufiours-mais tu au- ras vo remosde confcience de ce que tu as faidt. Baplaigiaire ! ces chem fines paroles approchent elles de le wrf-
î iij
r- R E F A C B jefléde celles (T Apulée \f'i7l»p^gfA, LaifTe laiiremoy ces ténèbres en* dormieSj&tereliieiile pourfentir vn autre renebrcux efblouvfTemct duquel ie te vay punir Eflcue ton viCageaueuglé: rccognoy la ven- geance qu'on prend de toy ,- ap- pren quel efl ton mal-heur ♦, aduife îîîes trauerfes de/quelles tu m'as affligée en faifant mourir mon cf- poux, fontpîus grandesque celles que tu foufFrriuis déformais. Ainli tes yeux onc elté trouuez aggrea- blcs par vnefcmme pudique ;âiiî- ii les torches nuptiales ont efclairé leliiftdetes efpou failles; tu trou- uerasvne veufue vangerenTe j tu feras toufiours accompagné d'a- ueuglemenc , auec vn perpétuel aiguillon & remors de confcien- ce? KtatifmUeti 77. P-^g^^* lauer le fangde Tes playes 6c l'cllancher an courant d'vn petit ruillcau , cji ccu qu'appelle LouueAu : les lauer auec Teau d_ç la rofee ^ il n apprit iamaif que ïosjf ^ni fie ducme fois l'eau courA^^ re,^uffictlla^l,p4o^,i,des longes O*
s VF. L*ASN E D*0 R fy.i'ts de ch.iHvrc il en fatB gitUmment te col/ ter d'vne heftc à haji, Enfuitte , ccenx Sâliaics, defa^care vinura , piilinenra reccntia tucetis tempe- rare , 5c nacca , font lettres clofespo ur îuy.p^tir ce ad retranché tout celX ^d^ wfex, dUhundmt ft nates candidas nodla diùqiie diruptus , Fueil. ^16, fAge 1. en a^efi detejïihle , ^eut dire atiç ce pauiire Jeune adtdtere ne s* en al- la joint fins auoir efté bien fefTé. Mjtis 0 lourâe dr pl^s qHaJtnime igno- rance i Apulée ( comme Ciceron C^ pltute ) tire fouuent de fpes ejferan ce , ee dminf te : & ce hxdm enfijfpdr tint ine rauernc. En cf^cUe efcole 4 iLtppYins q 'te rpecula fmfic le mefme que ^^Q - Innca ? encore auroit il plus de rdijon , s*illeprertoJtpcur "^ne efchaugaette m ^ueiite 3 comme iljîgnifie quelques fois : vne plus humaine rencontre four- nit quelque petite* efperance à ce ires- galant ieune homme pour en auoir (a raifon ^cedtt^p^decfuetUet Sl^.p. 1. Et LsuuMU : la Fortune voiikc après que ce ieiinefils ren-
pRtF. svrl'Aswe Vos.. coîîtrevnecauerne ou il fc cacha. Chofc reduulc ! Eft-il içy ejtitjiion de fe CAcher d^nsvne caucrtif^ attend» cjue dié cou f de -pierre qut venoif de gliffcr au long du hr44 k ce tenue homme , tl prend occajjon de contte faire le Uejfé^pour at' terrer en fuietefon ennemis comme nous îuy njojonsfjire ^ Oyons uneparetUè af- nerie ,fui^9,pA. i.Toute fo'sie me confoloisenmoymefme eftanr ne ma petite cauernc , trc.ce du Lou^ ueAu '.m/ts^ptdee: QjJoy que foit ie confolois mes dcmirtesaduentu- res d'vne pedce efpcrâce. Ou troune ce haiidetquenosîre ^Afnc qui fe deucit puUiefuement accoupler auec vne femme oondenee aux be/îes ,fuj} en vne cauerne^ fay hôte de telles tmpcrt'mcnces^ ie m'en lajfe^^vous fnnujfe. llnjàpageenfom me, tl ny a claufe ûh Ion ne recognoiffe quelque de pr au Ation ^ quel(juf omij^icn quelque tgtiorîice. Mais d'vne bien pet >te portion faites ingénient de toute l'oeuure Et ftces miches veilles vous n^etnt , re^ cueilleT^lesfrui^îs O* dupîaifïr cr du poufit que porte ce beau vet^er , ou vous îrohuei force deîeclMes froumenoirs. FIN.
I
PREMIER LIVRE
DE LA METAMORPHOSE,
ûti de l'^fne doY de L. ^yîfuUc
T h i!o/op he Tlafoni^ue,
Illuftré de Commcnraircs qui fiicî^
liteiic Hnrention de
rAuiheur.
:^ R G r M E 17 T.
VcE Apvieh S*4^ chemine en Thejfalie i dejfein d'apprendre fart Ida^ejue, En chemin il atteint deux a utres "Voyager s s ^ marchons de compagnie , font certains contes efirangesO' non crojalles d'-ytt Bafîeleur c^ Charlatan ; de jMeroé O* Zambie deuinerejjes CT' forcieres. fuisii dcjcritfonarriuee en la ^ille de Hjpate^ le logis quilprtnt chel^ MiUn, dr les ri- dfcules complétions defon hojle. " "'^
A
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Lecteur
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fhre.
T R E M I E K .
LIVRE.
R-fuSs^ que ie vous fkcc en termes h Mile- fiens quelques plaifjns contes, de que fous vo- flrepermifîîon«?v: bon plaifir ie vous entreiieiine de gentils propos Jeiquels à guife d'vn jcly f gazoïiil chacouillent vos o- reilles : moyennant que vous dai- gniez lire mon d papieiefcritd'vn {lilfacecieux (Scrrehauiïcde pointes ^égyptiennes. le vous propofedej figures de persones e trasformées en autres images; puis derechef, corne par certaines viciiïîtudes (Se mutuel- e conuerfion/ ramenées àieur pre- itiiereftre.Vous le trouuerez eftrau- je. Mais apprçnez qui ie fjis.
F,
DE 1*ASNE d'orI Ï.
Te fuis anciennement ifTude g q , - Hymet en la feigneurie d*Athenes, v^ de/; l'Ifthme de Corinie en l'Ar- l^^J^ |^ chipel, Spharte ) places qui de cous temps ont eu la réputation dcftre fertiles en bleds. Or ay-je apris dans Athe^ nés les premiers commencements de la langue Grecque. Puis ayant faid le voyage de Rome , i acquis auec beaucoup detrauail & de fa» ligue la cognoiffance de la Latine, K (ans que perfonnem'en ouurift 1« chemin. Ainfiie demande par- don,s'il m aduient de fairequelque faute en parlât vne lague qui m'efl: eAranî^ere & foraine : car cefte / nouuelle façon d'efcrire correfpod au ftile que nous fuiuons , ^^wz gaillarde fcience, & qui par maniè- re de dire m voltige dVne en au- tre, le commence vne fable prife ^ du n Grec. Leâeurfoyezententif, p^/A^ j vous y trouuercz du plaifir. levoy^^
le m'en allois pour quelque ^^^^ *\ mien affaire enTheffalie (cari'ay rhefU^ ceit honneur d'eftrç aufli o del'e- lie "^
A ij
Premier livre ftoe maternel illu de ce payslàcîe par ce renommé per(onnage Plu* tarque,& du Philofophe Sexte fou nepueu en fuitte.j Apres anoir gC- chappé les hautes & pénibles crou» pes des montagnes, les pantes des vallons glifTans de les fondrières, les rofees des prairies , ^hs cam-. pagnes emblâuees ; monté fur vu cheualdupays tout blanc de poil, êc las extrêmement ainfl que moy; pour me refaire auffi de ceftep fe- dentaire laflîtude qui me proue- noit dVne trop longue cncuau- chee, & me re^aillardir en chemi- çantjie faure (ur pieds , eifuye fort ^' ferme la fuèur monturejluy frotte les oreilles, le débride , le promené tout belle- ment 5 iuqu a ce quVn ordinaire & naturel/" bénéfice de ventre li- quéfiai! l'incommodité de ialafîi- tude. Et tandis qu'en trauerfant vneprairiCjclle s'amufe baillant la telle & tournant la bouche fur 1« flanc, a tondre quelque bouchée dlbcrbepouf dcficuiieren pailànt:
ie viens à ioindre pourtroiCefme^^^^^ deux copagnons devoyagc qni d*a tre dett, centore auoient vn peu gagné Xcnoya- dcuant.Comme doncques i'efcou-.?^'"M*? te dequoy c'eft qu'ils deuifentjVpi- cy l'vn d'iceux fe prenant à rire \ gorge defployée. Hé ie te prie (ce didt- il ) ne me tien point des/pro- pos lantabrurdes^eilranges ôc nié- fongers.Là delTus f defirant appren- dre quelque chcfe de nouueau: Mais de grâce faires moy (ce dis-je) participant de vos difcours , noa quei'en fois fort curieux : mais co- rne voulant jfçauoir ou tout, ou du moins beaucoup 5 ain(î la gaye joli- ueté de nos dcuis allégera lafpreté du coûcau que nous auons à mon- ter, le ^n* Maisceluy qui auoitcommen- tent fm cé:Cei*tes('diâ:-il) cefte menfonge ^^ ^'^ cft audî vraye comme fi quelqiiVn ^cllpi vouioic dire que par^u enchante- //V(?y/- ment & magie les riuierescoulan- mt^nk tes puilïent remonter contre- mont , que la mer fe^f congeIe,que les vents demeurcAt Tans^ halene,
A iij
Premier livre qu'on pnide arreft^r le :^SoIeil3 co- traindrela Lune à ietter fon efca- me fur les herbes , arracher Içs c- ftoiles, tollirleiour, & retenir la nuidt. ^
Alors reprenant la parolle auec plus de hardielFe : Holà { ce fai je ) vous qui auiez eniâmé ce premier ^ifcours,nc vous greuez & ne vous ennuyez point de pourfuiure le re- ile. PuisàTautre : Et roy grandes oreilles & cœur obftiné , tu reiettcs ce que pofîîble l*on alTeure auec vérité. Pour certain tu n'as point appris que par le deprauéiugemenc des hommes , plufieurs chofes véritables font eftimees menfon- geres , pour ce qu'elles fontnou- uelles, & femblent exaucées par- delTusla capacité de noftre enten- dement .'lelquelles C\ tu viens à re- chercher vn peu plus foigneufe- menc, tu trouueras non Hîiileraenc vray-fembLibles , mais aufli faciles Tp4fvne ^ fj^jj-g^ Yj^ jQ^^ comme nous fou-
teâtf' pions, ayant à 1 enuy de mes autres '^e^ton, compagnons de table qui raan-
D E L* A SN E d'or. 4
geoieinglouconnemenc , prins à belles dents vne trop grolïe bou* cheedegafteiu faictauec du fro- mage, la mollelTe de cefte viande glueufes'attachanc à mon palais, Ôc me refferrat les efpiirs a au fond de la gorge j peu s'en falut que ie jiemourudè. Neantmoins i'arri- uay depuis à Athènes , (S^ vy de ces deux yeux miens deuant le porche ^ Poecile vnbadeleur à cheual de- uorer, la pointe en bas, vne e(pee pointue Ârdangereufe tout ce qui le peut , &fur le champ mefnne pour vne pièce d'argent ,■ deualcr au plus creux de fes entrailles vn cfpieupar le bouc qui menace de mort. Puis voicy qu ayant fait re- monter par îe fondement5& forrir par la nuque du col, la hampe ren- ucrfee-, faillit vn beau petit poup- pelot^C mignon, qui par vne infi- nité ie tours & rcphs tortueux iàu- telant & maniant Ton corps auec telle foupple (Te , ques'iln'euft eu ny nerfs nyos,rau:iroit toute la co- pagnie en hnguliere admiration.
A iiij
Premier lïvrh Vouseufîîez dit proprement que c'edoii ce braue ferpent que le c "DÏGM de médecine porte entonillé de plufîçurs lubiiques embrade- mensauioiir de A baguette nolieu- fe & plcnie de rameaux à demy
il Us couppez.
ramené Mais VOUS Compagnon qui a- , uiez commence le conte , obli-
ment a tri.
ienr gcz moy tant que de le vouloir
fre>' acheucr jievouscroiray tout fcul
^^'^ au lieu de ce(luy-cy , & payeray
^i/eottff voflreefcoc au premier repas que
nous ferons en riioftcllerie : c'eft
larecompenfe que ie vous endon-
neray. Certes (di6t-il) ie prens en
bonne part & vous remercie de
Voftre bonne offre , fi ne lairray-ie
de reprendre le propos que i'auois
commencé. Mais ie vous iurepre-
mieremêt par ce Soleil, Dieu d qui
void toutes chofcs , que ie ne diray
tien qui nefoit véritable : & n'en
douterez aucunement fi vousarri-
uez en ceftc prochaine ville de
TheiTalie : car les enfans en vont à
. la moudarde comme de choie ^ui
DE L* A S N E D*0 R. |* Anfio^
s*eft: paflée au veu & fceu de roiit le ^^*^^ fi monde. Or afin qu'aupreallable ^^^'^^Z» vous entendiez qui & d'où ie fuis, ôc pourquoy ie vay maintenant en traficjfçachezqueie fuis ^d'^- gine , voyageât d'ordinaire es pro- uinces JeTheiraliej-^colie &Boco« ce,oiu'achepre du miel de/Sicile, du fromage , &t telles autres den- rées d'hoflelleries 6c cabarets.Ain- fi doncques ayant ouy dire qu'il y auoit Hypate quantité de froma- ges nouueaux , de fort bon gouft ôc à bon marché ; i y courus à deP fein d'achepter tout. Mais comme fouuent il aduicnijcftantparty^dil pied gauche, l'efperance du gaing que i'auois coaçeu me trompa: car ^nmarchâd groflîernomé^Loup lesauoittous enleuez le iour pré- cèdent. Parquoy me Tentant las ôc recreu d*auoir cheminé pour néant à grandes iournees,ie m'en allay le fbirmefmeauxefluues. Laie ren- contre Socrates mon camcradc, ^" /^ , afïisàterre, à demy coauert d'vn ^^'^^'^^ malotru manteaa defcbiré ^ tout éfmr
Av ""
Premier livre défait , fi maigre & difforme qu'à peine le pouuois-je rccognoiftre, tel quecespauures loqueteux qui mendient leur pain es carrefours Se grands chemins. Le voyant en fi piceuxeftat , encore qu'il fuft de mes amis^&que ie iecogneulTe fort bien ; fi nelcpeu-je accofler qii al- liée incertitude & doute en mon cfprit. Hé(cedi-je)monbonamy SocrateSjqu'eft-cecyrquelle i fa- ce ? quel crimeas-tu commise On a defià faict ton dueil chez toy , on cftime que ce foie fait de ta vie ; le lugeprefidial a defià par fentence donné tuteur à tes pauures enfans; ta femme defolée avant accomply tes funérailles , extrêmement en- laidie par les regrets & fafcheries ^uila trauaillent , & les yeux luy cftansprefque tombez de laiede à force de pleurer, eft contrainte parfesk parens d'efchanger en fe remariant, le malheur de ta mai- fonen nouuelle licilè «Se refiouïf^ fance.&cepêdantron le void icy à noflrè grand déshonneur déuifa^
D E l' A s N E D* O It. é
gé blerme& debiffé, comme vn mafqueou fantoftne.
Ariftomene ( me refponJ So- craces ) certes tu ne cos;nois pas les lubriques ambages, les varia- bles tours Se retours , les eftranges reuers^ny les réciproques viciilitu- des de fortune, lit quand- & quand couuredefon haillon rapetaflé fou vifagc qui dés long temps / rougif* foie de honte -, tellement que de- puis le nombril iufques à fa vergo- gne il demeura tout defcouuert.Et moy n'ayant le courage devoir va /î piteux fpedacle de pauureté^ie luy tends la main ôc tafche de le faire leiier. Mais luy ayant ainfi la -tefteafFublee: Laiife, fmedic-ilj lâiiïe Fortune triompher de may & iouyr de fon m trophée car qu'el- le voudra. Cela dit 5 ie defpoiiille rvndemesveftements, & nef^ay /lie dois dire que ie Ten couurisj ou que ieTen habillay j puis fou- dain luy lis préparer vn bain j luy fournis ce qu'il falloir pour Toin- dre de le frotter, ôc moy-meTaîe
A vi
Premier livre cfluyay fort «Se ferme l'ordure &C crafîè qu'il auoit fur le corps vn doigt d'e(pais. L'ayant bien net- toyé 5 tour las que i'eftois , ie prens ce pauure miferable par deffbu^ les aifTelles , & l'emmené à l'ho- ftellerie^lemets entre deux draps, le laifïèrepoier, le fay« manger Ôc boire , & l'entreiieiisde plaifans difcours. Orauois-jededà difpofé mon homme aux plaifanreries Se quolibets , defià les railleries luy tintoient à l'oreille 5 comme voicy ramenant du profond de la poitri- ne vn fouipir langoureux, ico re- chaflTantauecla main les cheueux de fur fon front: Ha moy miferable (cedictil) qui pour auoir recher- ché le plaifîr d'vn ieu d'eicrime a!îëz fameux , fouffie mainrenanc de n grandes calamitez Ôc miferesî Car comme vous fçiucz fort bien, cftant allé en p Macédoine pour y ^aigner quelque chofe, après auoir alîëzbien pronté dix mois durant en mon trafic ; ainfi que ie m'en xeucnois mieux gariiy d'argent, v^
1
B E L* A SN E d'oR^ 7
peu deuam qu'arriuer à ^ L arilTe, m'eftantdeftourné pour auoir en payant le plaiiic des efcrimeucs :|'
que ie viens de dire , ie fus affailly par quelques grâds voleurs en vne vallée raboieufe & mefchanc che- min \ iefquels m'ayans defpoi^illc de tous raes moyens 6i commodi- tez , melailîerenc en fin efchapper la vie faune. Ainfi réduit en extrê- me necefîîcé , ie m*en vay loger chez vnetauernierenoméer Me- roci, femme d'aage , mais galante^ & luy racote le fubjeâ: de mon log voyage 5 de ma facheufe auenturc, &du vol qui m'auoit efté fait ce iourlà. Quand ie luy eus fâidb en- j^Qftni tendre tout ce que i'en içauois,elle i co^Oi fepritàmeitraitter fort humaine- A ment, me fit très bonne chère & ^ . / franche d'efcot : puis eprifc d a- gf^^s ^ mourme donna part en fon li6t. Magie, Mais helas àzs la première fois que ie vins aux prifcs, ie fus infedé f^er^le d'vne vilaine & peftilente conta- f^^* ^ gionrencoremeluy falut il donner ^'^'* çn outrs i\ peu de haillons que ces
Premier livre
bons voleurs m'auoycnc lailTcï
pour me couurir ; voire tnerme
quelques petices befognes que
i'auois faites en monieuneaagee-
ftantffippier. Voilà comment ce-
fte bonne femme , & ma mauuaifc
Fortune m*onc réduit en fi piteux
eftat que vous m'auez n'aeueres Refre" ^ • ^
henftort VCU.
aigre: Certes VOUS méritez ( ce cîi-fe) ^^ti foufFdr toutes les plusrigoureafcs ^utjro^ extremitez du monde ( Ci toutes- d'am}' fois il ^c peut rien endurer de plus ùé, cruel que cefte voflre dernière pu- nition ) d'auoir préféré vn fale^: deshonnefte plaifir , vne vieille puante & laxurieufe paillarde, à voftremaifon, àvoftre femme, à vosenfans! Mais luy tout eftonné de fe voir tancer auec telleaigreur, appiochanc de fa bouche le doigt prochain dupoulceiTaifez-vous, taifez vous(cedi(5t il.)Puiserpiant de tous coliez s'il pouuoir parler feurement& dire ce qu'il luy en fembloit ; Gardez-vous bien de naefdire d*vne femmq , qui pour
DE l'AsnE D*OR. J
Texpericce qu elle a de magiej mé- rite d'eftre refpedtee comme diui- ne-, depeur quevoftre langue ba- j-
billardç ne vous caufe quelque danger & dommage.
Dites vous? (ce fais- je) quelle ^^^' femme eftcefte^ puiflante & roi- i, necabaretiere ? C'eft) refpond-il) c^uesJ vne Magicienne , & pùifTante en osuures diuines 3 comme d abaifTec le ciel/oufpendre la terre j endur- cir les eaux,deftremper les monta- gnes,exauceriufques aux cieuxles efprits infernaux ,deualler lesce- leftes aux enfers, amortir les eftoil- les, illuminer l'enfer mefme.
Adonc repartant : le vous prie Ccevins-jeàdire) oftez moy cefte 'V tapiflerie tragique, & me ployez ce rideau comiquej parlons en ter- mes communs. Voulez vous (ce dit-il ) ouyr vn ou deux , voire plu- fieurs traits de Ton meftier f Car de dire que non feulement lesgets du pays , mais auflî \t$ Indiens , cil les X -éthiopiens tant Oricntiaus qu'Occidentaux , ou mefincs l&i
jr Anrichthonesraiment de toute
leur affcdie^cenerontqae^fueii-
les de l'art , ce ne font que niaife-
lies 6c chofis légères au prix de ce
qu'elle faicde plus admirable par
la puiilànce ôc vertu de Tart m agi-
que. Mais efcoutez ce qu'elle a
,,^ faicc ca prefencede plufienrs per-
* .,^' fcnnes. Elle a d'vne feule parole
;j tranimuc ion Amoureux en vn
D''vna. Bieure, pourauoir iooydVne au-
'''^fe» tjç que delle,d autant que ceft ani*
Btcstre, jj^^j pourûiluiv fe garant de la prin-
fe des châlTeurs, en fe tranchât 4 les
genitoires: afin que le femblabie
lainft à ceft Amoureux pour auoir
-^ '-'« avmc vne autre famme quelle.
^-^-■'' D'auaiitage elle a transformé en
'' '* srenoiii le vnfîc voiiînTauernier.
*tf*/j7A ^ pour cefte ctute enuienx contre
elle ^ pour celé vieillarde nageant
contre îe naturel é des GcencLiiL
les, dans i'vn des tonneaux de ^in
de cefteTâueiniere , fe patoiiillant
dans la lie du vin au fond du vaiC
feau, d'vne vcix enroliee Ôc à'vn
•fiacox iQftâeiiiefic appelle en-
D E L* A s N E d' 0 R. 7
core auiourd'huy Tes vieux cha- lanis Ôc aiures biberons paiïans. Semblablement elle conuertic en o't»» cl Bclier vn homme de Palais Ad- uocâc OU chicaneur, pour auoir ^^^^ plaidé cotr*ellej3c tout Bélier qu'il ^ el^,ne laiiTe encore d'adaocalTer. En outre, parce quela femme de VeM^eZ- fon amoureux i'auoit afîez aigre ^« J^^ nient brocardée par ialou{îe,aiii{î '^"^J^^ qu'elle eftoit fur le terme de û r^ pj^ couche,ccfte Magicienne luy ref- iat^téch ferra la matrice , 5c rempefchant l^*^ d'enfâoterhcondemna pour peig- ne en vneperpetuelle groircffîî:5c délia félon le bruit commun, cefte pauaremiferable porte vn ventre au(figros&: rêdu ques'elledeaoit enfanter vn ^Eléphant.
Et comme plusieurs autres re-
ceufFent ordinairement pareils ou- -^^^^ tragesdeceltetemme,lacommu- „^^ ^ ne s'offenfa;&: fut ordonné que le eflreU* lendemain elle feroit lapidée. Mais f^^èe^ par la vertu de ies enchantement* elle fçeut fort bien paruenir &dé- flouraeireffed de ce complot. Ec
Premier livre comme ceftef Medee ayant obte- BudeCrcon terme dVniour,era- brafâtoiu ion palais , &briifla !e bon-homme auec fa fil'e mefme qu'il venoit d'accorder pour fem- me à lafonmaty de ladite Mede^: de mefmes cefte-cy ayant faift certaines deuotions 5c charmes Cm- /autour d'vne foire pour appeiler iTHWf jç^ efprits des trefpairez^aiofi qu'el- gesExe. Icmecontou nagueres après non auteurs, vinj renferma tous les habirans chez eux auec telle force «5^ vio- lence au moyen de ces efprits con- iurez , que de deux iours on ne fçeutnv rompre les cloftures , ny arracherles hui(Teries,ny mefmes Z4 faire percer les murailles 5 iufqu'à ce compo^ que par vne mutuelle exhortation, ' ^^* ils fe prinlTent à crier tous d'vne voixauec (erment& proteftation, Qu'ils n'acrenteroient point à fa pe f-nnc ; &:qtiefi u'ielques vns vouloi''nT enriepren^re contr'el'e, ►ïLlay d »nneroicTit ayde & con- fort. Ainlîapp'Uee elle remit tous les citadin s en liberté. Mais que
.IL car
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ficelle au premier auteur de celle Redcn^^ alleniblee ? Elle le tranfporca de ^f, "^^ nuidt auec toute la mailon (Içauoir ^^*^/^^ e(l murailles, terroir &fondemëts àpaUn aind qu'elle fe comportoit ) \ cin- trefre* quante lieues loing en vne autre »^^''' ville luuée fur la croupe dVne mo- tagne afpre & rude , & par confe- q«entfteriled*eau. Erpourceque \qs maifons àçs habitans eftoient il ferrées qu*il ne fe trouuoit point de place pour celle de ce nouueau venu 5 elle la placqua deuant la porte de la ville 5 puis fe retira cheas elle.
Certes Socrates mon amy (ce dis-je ) tu me contes chofes ciîran- ges & non moins cruelles, & par le fcrupuleque tu mas donné , me laifîès en peine , voire en crainte non petite,que cefte vieille par fon fort &c miniftere de ^Qs g fauxeC pries , ait cognoiiTance de ce que nous auons dit. Er pourtant cou- chons nous de bonne heure , & prenons vn peu de repos : puis nous enfuyons deuant iour auplus
loing quM nous fera poflible.
AinCi comme ie donnois enco- re ce confeil, le bon Socrates alïàil- ly du vin qu'il auoic beu plus que de couftume, & haraflé du chemm faid le iour précèdent, ronflcHt defià fort &c ferme ; &c moy ayant fermé la porte fut nous/errc les verroux,& mcfme rangé noftre couchetieconirc l'huiSj ieme ict- te defTuSj 5c demeure quelque téps fans dormir : puis commence à fommciiler enuiron h la troilîefmc veille de la nuidt. A peine eftois-je endormy, ccm- Sttut/dft jj^g voicy qu*auec vn plus grand i^^f»ufa bruit & rabafchcment que n^^fc- roient des voleurs, les portes s*ou- urentjvoire mefmes eftans les gods Meroé & barreaux rompus & arrachez de ieuràon fond en comble, tombent parter- ''f '^^^ re noflre Hdt aflcz court, rompa
ejtrange . . ' •
éiubade, ^ pourty d Vil pied, eltrenrerie
^ le de(Tus de(Tbus par TefFort & vio- lence de cefte impetuofité , & m'enueloppe fous luy tout eftendii queiefloisôcgifanc emmy lachâ^
T
D E L* A s N E d' O R- fl[
brc.Dellors ie fens quelques /afFe- ^ion$ & mouuements qui ten- ^oientà contraires efFedts. Car co-i me il aduient aiTez fouuenc que l'on pleure de ioye : aufïî ne me peuz-je empercher de rire au mi- lieu de ccfte grande Ôc (ubirefra- yeur,voyant que d'Ariflomenci'^ ftoisKdeueiiu Tortue.
Or eftant ainft couché fur le carreau , couuert de noftre cou- chette le ventre contre terre, com- l'me ie regardois de trauer- que vouloir dire cefteaduenture,voi- i cv venir deux vieilles femme. La l première portoit vnc torche ar- • dente : l'autre , vnc efponge aueô .,vn couteau tout nud : & en ceft {jequippage fe prefentent deuanç îiSocrates qui dormoit bien \ Ion -aife. Celle qui tenoitrefpee.Voi-
licy ,maracurPanthie5(cedic-elle) ^
é mon bon amy / Endvmion : voi- ^'''**2 . cymonmCatamite^lequclaiour ~* X &nui(5tabufé ma îeuncflervoicy a celuy lequel defdai^nant mes a-
Prïmiïîl livre me d'outrages de merdilances, maisaullî mcJiredes'enfuyr. Ha me vcilà donc abandonnée par l'aflucewd'VlvfTe; & demeureray tous lesioursdema vieelTeulee &C pleurant ma lolitude à guil^e o dt Calypfo! Puis eftendant fa main,^ me montrant à fa Panthie-, Mais ( dit- elle) ce gentil confeilicr Ari. ftoraenes , quile premiera donné l'aduis dem'abandonner &: pren- dre la riiitte,&: maintenant eft tout preft de rendre l'eîprit defià cou- ché par terre, accablé deflous ion li(5b j il a veu tour ce qui s'eft icy paffé,& cuide que ie n'aye moyen de me vanger éçs outrages qu'il m*a faits : le le feray tantoft , mais enbrief , mais tout à cefte heure repentir des^ propos qu'il a tenus, & d'eftre encore auiourd'huy fi cu- rieux.
Si toft que i eus ouy ces pa- roles, vne^ froide fuëur me failît tout le corps ,vn gênerai tremble- ment me fit crouler r l'eftomach tout pauihois ^ ôc me fecolia il ra^
DE l'AsNE D*CR. U
dément que la couche melme qui m'ertoit renuerfee iur le dos , en faucelloii toute, & n'auoit repos aucun. Alors cefte/ bonne Pan- îhie : A quoy donc tient il, 6 ma feuTjque nous ne defchirons en pièces cecaland le premier a guifc QQs t Bacchantes ? ou bien , que ne ledepeihonsnousde ceft embar- ras , & luy rafons les genitoires? Là-delFus Meroé (' car ie fçauois par l'efFcd plas que pat le difcours deSocrâtes,qaecenom luy con- ucnoirfort bien) maislailFonSiCC fait eile,pour le moins viute '^ ce- ftuy-cy,afin qu'il couure dVnpeu yl^JH de terre le corps de xct pauure mi- ^uxef" ferable. Puis ayant trouuè la tefte z-^^^. de Socrates fur l'autre cofté , elle Coupe luy fourra tout le couteau dans la /^ ç-oy^ gorge iurqu*aumanche;& recueil- ^eaSom lit en vn petit outre le fang qui crafes, fortoit,aucc tel foing que Ton n'en ^ pouuoit apperceuoir aucune gout- te. le \^ cela de mes propres yeux, & mefmeafin, comme ie croyjque ceftebonne Meroé n oubliait au*
Premier livri cunes des ^cérémonies qu'on ob- fcrue es offrandes Se facrifices ; en- fonçant fa main par la playe, & fouillant iufqu aux entrailles , elle apporta le cœur de mon pauure ca- merade , qui de l'impetuorué da coup ayant la gorge couppce j iec- îojt hors par la playe vnc roix» , ou pluftoft vn bruitincertain , & mal articulé , &rendoic refprirparmy les bouillons de Ion fang, & quel- que grande que fuft cefte playe, JPanthie la bouchant auec vne ef- ponge : Hol^ ce dit- elle) i efpon- Coflffe ge5puirque tu es ilTucdela mer, ^rjîo' garde bien de pafTer par la riuiere. inenes. Cela fai^tj elles client la couchet- fuis te de fur moy \ Se fe feans toutes efcarquilléesTurmon viTage , det f>dr chargent leur leurre* mecopiirerenttout Ju long dVne p-aitte puante & (alevrine. elles em A peine eftoient - elles forties, fortent quel'huisfe releue entier comme U force auparauant , les gonds rentrent en -rf^fW leurs trousjles tringles & poteaux m* ^ fe rejoignent à leurs barres , &les
verroux
DE L*A SN E D O R. î^
verrotjx fe remettent en leurs a- neaux. Mais moy , en rcftacque i'eftoif réueifé par lercejn'osaiha- lerer ^ loue nud , lout-gelé, tout com pillé, comme li ie n'eurfa fait que Toitir du ventre de ma mère, voire à demi mort, iiiuacàmoy-mefme Se renailTanc après mon trefpasjou qui n'atten- dois rien moins que ia mort : Hé- las ('ce dii-je) que ifîa ce de moy Laljp-nt quand l'on trouueui demain ce ^yfyijfo^ pauure malheureux efgorge 5 qui menaen penferaqueiediechorefeuleméi^nfw^ vrayséblable encore que iedi?la trouble veruéîPour^ le moins deuois-ui à'e[bnù crier à l'aide,^! c\i n\iLiois eflant de qmpen^ Ci h-uue taille, moyen de refifteràyi eftre vne c fême. On efgorge vn l-ôme dcfù de* deucinc tes yeux, & tu ne dis mot? uant U Et d'où vient que ce brigandage luge^ net'a par mefme moyen a/someJ Si ton Camerade efl: mort par la cruauté deces femmes, comme ta fbuftiens, que veut direfquandc e n'eufteftéque pour s'empefcher d'eftre reuelcespai \q ^ccufation )
B
PRIMIER L IVRI
qu'elles ne l'oin eniuloppc dans le m cime meurtre , veu que ïu as eftéprttfenc & fpcclareur decefte cnorme mefchancetc: Puis donc que lu as efchappé la mort^va t'en decepasau g;ibet.
Voilà ce que ie fongeois )l paît FûirsAU moy , cependant queJa nuid fc gihct, pafToir. Ainliiecrouuay bo de me deiroberau poinâ: du iour, Rega- gner au pied nonobitat quci'cufl fè belle peur, lepren mes bardes fur mon efpaule , ie deilerre les verroux,ie mets la clef dans kl fer- rure, ie la tourne & retourne j 6c ne puis en hn qu*auec bii^aucoup depcineouurir celle bone (Se feu- re porte qui lanuiclpadee s'efioit ouuerte d'elle-mefme. Alors; Ho- là'hei (ce dis-jc^ oùcs-tu ? ouiue SuYcejte j^ pQf fg ji^j logis, le veux partir de- ferpie- uaiitiour. Le portier couché par ^^' terre derrière la porte , (Scàdemy cndormy ; Q£oy ( ce dit-il) ne fçais-tupas que les chemins font remplis de voleurs ? que veut dire que tu veux ainfi partir de nuid^
1
Dî l'AsKE D OR. 14
Hc fi tu tcfens coulpable de quel- ^ofr^" nue maléfice pour lequel lu vou- r^^rieau* drois eftredefù mort ^ nous n*a- ^^^f^e.^^ lions pasdesteftes^ de ciirouilles,y~^^^^^ pourmouiiraulieudctoy. Nous fonimes (ce di-jej bien près du iour:&:d'ailleurs,qu*eft-cequeles voleurs ptuuent oller â vn pauure pali:uu réduit aux plus grades r>e- ccfîîrczdumoudeî Badin/çais-tu pas bien que dix des plus puilTans hommes qui fe trouueni , ne te fcauroient deftrouffer , pourueu que tu n'ayesiien vaillant î Alors ce malotru tout endormy fe veaiï- traiK de l'autre codé: Mais,ce dit- ,^^.^^ iUluefcay-jefi après auoirefgor- ^^ ^^ ^ gécetien compagnon auec lequel ^^|
tu af riuas hier au foir^tu ne dema- ^^ ,
desqu*àtefauuer?Alorsilaîe se- ^J^^^j bla que la terre s'ouuiât, ie voycis ^^^^ ^. le profond des eufersj&là-dedas, ^^^'^ ^1 e CerberesPramé courir après moy j^r.j pourmedeuorer. ^^^
Ainll ie me fis accroire que cè- de bonne Mercé ni'auoit donné lavieiauue^nodecompafïîon ou
Bij
fine qu'elle euit de moyjmaisquç par cruauté elle m'a-.ioic refcruc pour cltie comme homicide de Socrarts hon:e..icm'jiit conduic augibf:c. Pou. cci tia'itderetonr en 1 . châbie couc efpcr iu,ie viens àb'Ul'qnement méditer diucrfes fortes de iroL'.. Maisccmmeainft ^uft que Foitune ne me fo jr.nft nurre, aime pour me Fâuc mou.ir: Or çà-çi,tres-clie!ecourherrc(ce decraiiaux auec moy , arbitre & complice de ce qui s'eft pa'Ié la nuidlj^c que feu! ie puis en ce mic proceza.qoir pour tefmoing de mon innoccnce:donne moy qiiel- c]uearme falutaire pour deuallec ScKi:t promptement aux enfers. Tout li r/jr.^^ quand &-quandie deftache vne af^co!, corde dontlelidc eftoit entrelaf- f}Ktts ce; pais ayant ietié & feuremenc attaché ladite corde par le bout à vn petit cheuron quis'auançoirau deifas de la fcneftre, ie fais vn lacs courant à Tautrc bout ; & mocant fut la couchwte pour prendre ma
DE l' ASNE £)'oR.' î^
fecoufle de plus hauc, fourre ma telle dans le licol. Mais comme ie poufc d'vn pied ce qui me foufte- noic , afin que par lapcfanteur ôc branlle de mo corps , la corde me ferrant le gauion bouchafl le con- £tle duit de rhalene;voicy la corde au- rcfyX^ tremcc vieil e 6c pourrie (e rompt h en deux:& moy ti'mbant du haut en bas fur Socrates ( car il efloit couché près de moy)ie roule en terre qrand& luy.
La de(îus le pottier ardue criant \ haute voix ; Où es-tu toy qui de nuidlauoisfi g.iade halle, 5^ mairw tenantes encore veautrc dans le lida Ainfi , ie ne f^ay fi ce fut par noflie chcute , ou par la rude cri- xuyyi' aillerie de ceftuy !à , Sorrates fe Ij^rref- lefacille ik fe Icuele picmier: & ue'ille Certes ( dit iîjà bon droit rous les Socra- hodes haylFent ces valets d*efta- tcs^qui ble:Car ceft importun ferliant à l'ellourdie dans noftre chambre, pour defrober ce crov-je quelque chofe , tout yure&laoul qu'il eft m'a leliemenc çilonné par fon cti,
B iii
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Premier uvkî 9ôcrd' Siirquoy Socraces Ijufpiranr; tes qho On ne t'a Ocis (ce dit-i )) arrofé de l'air ef- fang, mais bien de pilTac.AufîiiîVa ^rgé: il (eaibîé qu'en dormant ?« on me " cotippoir la gorge : car le gofier m'a fai6t mal , & penfois qu'on iri'arrachaftlecœurrmcfmeà ceflc heure refprir me faut, les genoux ilietremblenr,ie chacclle en mar* chantj 5c voudroiçauoir quelque chofeà manger pour ref-*ire mes efprits.Voicy (cefais-je) tondef- ieuner roue preft A' tirant fDudaiti fnabefacedefjrmonerpaule, ie îuy donne promprcmenc du pain & du fromage: ^ Seonwious co- tre ce plane, ce di-je. Cela fait, ie- prensauniq\ielque morceau. El c6 me ie le reçrardois mafcher çlo^i tonnemenc, ie le voy maigre .^ it pafle corne buys tôber endefaiU laure. En fora me fa viue couleur fut tellement troublée,queIa;->eur me r'amenant- en i'imaciinacioa cçs diableries aue i'auois veiief la nuidl paifée , le premier mor- ceau
îlfe f.ifme.
DE l'Asne ir'oR. 17 core qu'il fiift bien petic,s arracha contre'mogofie'r,fai,spouuoir ny defccndre en bas ni remonter en- haiit:car le peu que nous eftios d& compaj;nie augmentoit ma fra- yeui.Ecdcfai(!n: qnipourroitcroi- le que de deux opagnuns de che- min Tvn euftcftémeuttry sasquc" Taurreen fuft coulpablef
Mais après que mon homme eut bien ca(Té de la dent, il comen"- ça d'auok vne foif extrême : car il ajoitde grand apperit deuojél* plus grand' part d'vn bon froma- ge.Ôf afTezpresdu piedde ceftar*- breh conîoic tous bellemenr vw petit ruiirean à gnife dVn maraî5^ dormant , cîair comme argene oa cryftai. Tenez Ccedr-jejbeunez: tout voftrefaauldecefte belle eau laidée.Il fe leue , s'afFuble dcfôri' hii1(on,court àla iiuiere,&d'vne main empoignât l'herbe qui croî(^ foit du long de Teau , fe met à ge- noux pour boire à Ton aife. A pei* ne auoit-il encore touché l'eau du iK)u;de$IçareS;
Premier livre de Cci gorge viêc à Pouunr lufques^ SApLùe au plui cieax , de o celte efponLie s'ouurc, eatumbe quand- &:-quand,acco- (jT pagnee de qielque quantité de fang. En fin le panure tout more Demcu s'en aîloit tomber das l'eau, fi l'e-* rant pongnant par vn pied ie ne Teulle cém'iie auec peine retiré fir le bord : au- mort^ quel après auoir pleuré mon pan- ure compagnon félon que le tcps me le permcttoit,ie lecouunsde fable i-iamais. Qnant à mov,couc tremblant 5 ie m'en-fays à trauers champs en ^njlo' lieux efgarez &:folicaire5:& corn- menés me coulpable de meurtre humaisv tenpi' quittant p.ys ble^ nilTant depleingré, iedemeureà ?;*/'; /è'prefent en y£ olicjoùie me iuis >
menés en cheminant. Le cop,t La DEss vs ceft autre lîenco- ^nod'h f>agnon quidéslecommencemet rif}ome^d'^nç obilinee incrédulité rejet- nesftf toic Tes paroles :Un'y arien (ce. :roftce ditil) de plus fabuleux quecefte jtf/;^f« fable^ric de plus abfurde q^ue cc^
DE l' ASM E r/o R. 3^
mentcrie. Pais fe toumîint veis moyiËt vous, ce me cli[-il)îion- neftt homme felnn qaevod'eco- tenance ^maintien ledemonibcr, pouucz vaas bien croire cefte bonrtie^Qn.intà mcy ,ce refpos- je ,ie nepenfe rien impolfiblerains Kfuhe que comme les ^ deltinées l'ont neflime arL*e(lc\ain(i [o' tes choies airiiient rien im aux humain dents eftranges & prefque non- o^ fjifables aiiiuent ordiimirement & à mov & à toy,& àrous aunes, que neantmoins vn ignorant n-c- V«^>uJroit crc ire quand on les luy^ raconreioir. Mais cerces ie croy^ fort bien ceJt homme-Gv,&: le re- mercie bien aflFcitionnemeiit d.e noi saMoir dcfennuvé , ax liajla- li^ede ce plaifant difcourso-en fonri,-- me i'ay ce rude àc lon^ che- min ^I*n5 peine & ransennuy.Ec croy que mon cheual s'en trouue- aumiout refiouy,veu que fa^ns la-^ uoir haradc ie fuis arriué lufqu'âu.3C portes deceflre ville, non fur fot* dos mais cooime porté r par mes «oreilles. B vj^
Pr imper tlYRE
Aimî fin t ik nollre ciifcours Se Parmy le chemin que nous filmes enlem-' ces Mf- bleicaicesiirux coinpai^nons Ik i'ounar' firereiîc k gauche dioïc aux pro- yiue^t chaînes Kcvirî^ad s : mais d'en[ree I/ypci- iem'addreilay à U piemiere ho^ *f^ ftel'.erieq;eierenconcriy: & de- maiilay qnand&: qnaad à vne vieil le/cauernicre , Eli. ce icy la ville de Hypaceî Ony , ce dit-elle, Cognoillez vous l'vn dej princi- paux citadins nornmé Milon^Elie fepiintàrire: & ^ Vousane2far- f:)n (ce dit-elle) Milon eft voire* mène par réputation /^ le premier homme d'icy, demeurant hors de l'enceinte & des murailles de !a ville. le vous fupplie ma bone me» îe (ce fai-»e)lai(îons routes laille- rie ^ oûilfetieryr. Vovesvous bierr (ce die- elle) ces dernî(Jies fene^ Ures qui regardent hor!> la ville, ^ fle prochaine ruelle qtii n'a point (d ilîiîëîC^eiilà que loge ce Miîorr^ Ibrt £ecuaiettx ôc grand ikhe hon^
DE L' À bM£ D O K, \()
me, m des plns> for ]ides, infâme ^ (ans les com" hontieur;il fait profeffion depre- plcxtons fterà viire^ous bon gigs d'or 6i ^^ Mi>^ d'argtrnt , ro-ifiours enFermé dans loit^ vue petite ,v cahue-e , & toufiours- cnrencifà'.oii pioHr.llad ailleurs vne feiTiincqdi participe à mefme j calainitt;& ne tient qii'vne châs- briere, habille d'ordinau'e comme vn gueux.
Là-defTiisie raeprens à rires &,. Vrayment(cedi-je)mon amy De- measmela belle baillée, de m'a- BoiraddrefTé chezvn tel homme, en la maifon duquel ie n'ay que feire de craindreniia fumée ni l'o- deur de la cuilîne.Celà diCji'auan- cequelques pas,&m approche de ià norte;laquelie trouuant [barrée par dedans, ie heurte fort & ap- pelle quelqu'vn deleaSé Enfin voi- cy venir vnç ieune gatce,&, Hola hei(ce dit -elle) vo^ qui auez heur* té fi rudement à noftre porte, fous ^eile t^^P^^c voulez vous em*- ftoaier^Eftes vousfeulqui ne i§a>
"Premier livre cîiiez bien que nous ne recelions aucii'i gage (inô d'or oiui'argcniy M aiTiU'( ce fai ^e,donczmoy cie ^race de meilleuics paroles jôi' me dici s pliiftoQ fi voUte bon inailhe eft au logis. Ouv[ce re'pond clle]^ mais pourquov me f celte demande -, Tay des lercres à Il y bailler pai la pan q'wi ficâmy de Corinthe nommé Demeas. le m'en vay l'enaduerti j airedez va pcxi là:vV roiitlouc'ain mercfeime la poice au nez. Puis icucnant vn peu de temps aprcs^ Montez , ce dit elle,en[re & le tioiiue^gra it fur vne petite couchette, louc prefl à iouppc' •Sa léme Uoit aa- ^ près de luy& n'yauoicrien (ur ta- ble. Qrand on me l'eut m or. il: lé, Voicy [dit-il ] leîoj^is. le leialue, ■^^ &Iuyprelenie mes lettre s. lUes ^^\ litfurlechamp:&, ïefcay fur:bo • §^^ (dit-il;a mon amy Demea^,de m'auoir addrdîé vn C\ braue hofte ôc faitquand-&-quand ictirer la femme, puis me comm .nde m'af- fcûii en iâ place. Ec comedc koQCC
DB l'A sh e d'or. ï6 i*€ti fdifois difficulté i il m'empon- gne par mon mancean : & , Secz vousprczde moy , ce die il mous n'auoiis poinc d'autre b (lege era- ces aux larror)s, defquels la craints noineiTipefchede tenir meubles fuiîiians.Ce queie fi"?.
Alors ir pourrais bien(cedic-il) Cottr^ de voftre genulle contenance (5c fois maintien, & de cefte c virginale rnds de vergoiigiie,iuger que vous elles h^role ilîude bon iieiirm lis monaray oe- feule- nieas m'en alîèure de mefme. le mcnC* vous priedonques predre en bon- ne part la pétitelFe du logis : vous logerez eu cède prochame cham» bre âilcz hoiineftemec accouftrée: faites tout amfî que chez vous , ^ prenez en bonne p^rc ce que nous vous pouuons ofFtir : car voftte mérite & dignité rendra ^ lelopîs plus fpecieux & plus recomman- dable,& l'honeur vous en demeii- rera.de n'auoir defdaigné ma pau- ure maifon. Ainfi faifàat vous fui.»- urez les vertus de ce grand Thc- ffie qui porcoic mefinc nom q^^uc
>R t Nf I E R LIVRE
voftre pcre , lequel ne mefprifit
point le petit logis de cefte bonne
j, j vieille pH.'cale. Puis appf l'a fa cha*
, briere; /Pilotis (cedit i!) pren les
^ ^ hardis dç noftrehoile en ta char-
^ .' ge,6^ Icsi^rre fcurement en cclfe*
^ chambre la: vV delà deipenle por-
de noU' , , ,,, ., i> • t ^ i
„ teluvdel nnvJepoar loinafe,au-
Jinge oour l eliiiy-^r, x tout ce doc il aura bcfoin : puis le mené à ces- prochaines eftuues: il i*ft afT-'z ha- ra'ïédnlong c^' fafcheux cFcncK qu'il a fiiâ: Ce qu'ayant ouy, ic conus les complexions & la pa il* monie de Milon : ^ poir entrer plus allant en (es bonnes qraccs^ Nous n'auons ( ce di-ie ; beloin^ dételles chofes qui fe reconurenc commodeméi partour^aufTitrou- ueray-je fort aifément les eftuues: le principal cft que mo chenal qui m'a galemment porré , foitbiea accommodé, PKotis voilà delar- f»enc , achepie luy du foin ècàc- Torge.
Cela fai6t,& avant ferré mes bre- ibngncs en ladite chambie y ào^
D^ L' A SN £ d'or. II
nantqii'a'ler aux elluues ie m'en Ilen-vd vay à la poilfonerie acheptei' quel- achep- -•que chofe pour mang',T;& trouue ter, Cir qu'on'y vpndoiî de bons & beaux poifr^DsJ'en marchande: 6>c de ce qu'on me faifoit^ cet den ers, i'ca prcfente par maaiere d'acquit vingt, ^ remporte. Ainfiqueie m'en recoumois , Pyihiaç, mon ancien compagnon d'elcole dans ^*^^^^ Arhcnes, me fuit^Sr m'avant aaili ^^^ "^^ t -ft recoeneu.mcvic- ac(^Uerauec r'*^ *^'' beaucoup de courcoine & d'ami- ^^^^ ^^^ lié.'puis h Luce mon bonamy(ce f^^^^ dit il) lon^ cenops y a qLû; lie nous ^ v^**^» fommesentre-veuz; ie croy que c'ed depuis que non? panifmes decheux nofhre maidre Veftias, l^iàx'i quel ed tenvocifde voftre voyage?Vous tefçaurez demain, cedi jermais qu'efl cecy^^ie fuis extrêmement ioyeux de vous voir iouyrCmt de voftrefouhaitrcar ie vov marcher deuâc vous des huit fîers, desfergenrs, des/ faifTeaux de verrres; & vous veltu en maei- llrat^Nous fommes did-il Con-
P îl l M I IR L I V ». E
midairedes viur.s, e^ lommcs en charrie ctfte année li vousdefircz qaelL]ue pi'ance,nous vois en ac- commoderons, lele retnerciay, Comif. ^o'^î^"»^ ayant defià bonne proui- féti ed's ^lo^^epoi^^ûns.MaisPythiâsdc^ liircs. couuranc mo panier, «?c jetrajitett ,^^ p'aine veiie ce que i'aiois achep té Ec combien [ce dic il] vous con- fie ce fie i in : A grand' peine [ce fai-je] l'ai-je peu arrar iicr du mac- chanta moinsde vingt deniers.
Alors il me prend par la main; ôc lur le champ me ramenant aa marché 5 Q2i vous a (medit-il) vendu cefte menuiferleiny mon- tre vn bon. homme aflis en vn ^'^ coing de rue. Et luy 4e tençeanc *^^^'^ auec beaucoup d'aigrenr, ieion la ^^ l^''^' charged'yEJilequilauoic.HaJîa rouer ^j;^ iljvous autres n'auez pas nuf- J^!^ ^^ me égarJ à nos ami%rant l'en faut cheu, qyç vons efpar^niez aucun enra- ger. Pourquoy védcz vous fi ciier despoilfons de neant?^pai la cherté 9^ de vos deurees vous rendez / la
fleur JeTheirà]ie,inhabiuble«3c
BE l' A SN E d'or. il
deferte; mais vous en ferez punis^ '"-
car coLU maintenac ie te feray fen- ' -*
tir comme i'eniens que fous moa
magiftrat les mc(chans foieiu cha-
ftiez. Ec veifaac mon panier an
milieu de la pLice, il commande à
fon ofHcier oufergencde marcher
fur ces pollFons éc les fouler aux
pieds. Ec mon Pycbias le conten-
! î tant de celle rigourcufe boutée^ 6i
j me confeillaac de me retirer :Il me
j fuffir, ô Luce ( dic-il ) d'auoir ainfî
i braué ce petit bon-homme. Aind
I' tout confus ôc fcaiidalifé ie m'en
j yayauxeftuues^ayantpar lebraue
( confeil de mon m fig^e compa- . ^
gnon perdu mon ar^enc oc mon ^ .
loupper. Puis m eltaiic baigne jie j ^ .^
meretireaulo^isde Milon, (Scde r
là,aans ma chambre. -^
AdoncIachambrierePhotisme ■? -r J- T CL A -^ on pot m
vient dire,Lemailtre de ceas vous ' ^ -^
demande : mais ayant defià qo-j'
gneu»râb{linencedeMilon, iela
prie faire mes excufes enuersluy,
li parce que me trouuant haralîéda
chemin , i'auois plus befoin de re-
PREMIER LIVRE
pos que de viande. Milon ayaiu ouy cède refpoî^.fc, vient liiymef- me;5c me pr'^naiT. par la main,cc- mciice a nie tirer aiiec courtoilie. Et comme ie me démarche* cii ar- rière, & modeftcment reh fc de Ip fuiureilene m'en rrav peint (ce dit il) que voas ne veniez q'ja ^ Se mov.Puisâccompac;nât fa parole d'vn ferment opiniaftr c , il m'cm- mene ni.ilgré mov vers o re lié pe- tit lidl.où quand ie f^s afîîs:Com. ment fe porte(dir iljnoftrc bo ami Dcmeasîfa Femme/esenfans, Ion ïDefnageîIelnv raconte letourpar le menu. En diitte il s'enquicrt di- ligêment du fubjer de mo voyage^ Ôc 'einy ayat déduit bien au long, il s'informe de noftre raïs, des priii cipanx de !a ville ; en fin de noftre Gouuerneur.Et corne il apperçoic qu'après le trauiil d*vn fi pcnible vovage,ie m'énuvfaufîî de (îlôgs dilcours,que m'endormat la moi- tié des paroles me demeuioir das la bouche, ôc queiecommeçoisà bégayer fuc vn certain faicheux
» E L* A s N E D* O H. 2 J
proposj il me permet finale met de m'aller coucher. Aiufi aggraué no deviâ.{e,mais de lommcil, n'ayant foiipc fi.âon de contes^iefcnappay ic babillard f rance vieilard^d: retournant en machabre,prinslereposquim'e- • ftoicneceflaire.
I COMMENTAIRE SVR
L E PR EMI E R LIVRE
' del'Afned'or.
I ^uec id première lettre de chafjueal^ ph.iùct^ eflmnteLipao-eouJetrouue le texte expofèpar le Commentaire»
i ft y^^-^ ^ -y.] l^tice .Apulée frobofe f^^
V^ des le comencement ce ^u ùl 'doit pyfmie^
] traîtter en tout celle Oeuim:o* comccat L fJ ,
I par des tcnncs propres a, gagner U borgne
' gr.ice du leSîeurJe le rei AtUtfet docile,
I b Milefiens.] C e^ x dm pUifarik ^
l récréatifs , Les delïces ^ le luxe des ha^
huas deTiîîlet en lonie^orit donéfuhiet^
cefiefifm déparier. Et les anciens ont
appelle uikClen^ i^npoèmeeufdhle a^
r^owei^fe^ (mmc les Milles de Chdim
Premier livre ''^Jhinus^ dffquellcsf^iB mention Jules Cdjnft» lin. On nomme aufit commurument^lilfjies Jes i)H7^ bures de cette Metàmorphcfe d'^ptf/ee, X cdufe de la gMtitffe du Jl:le. Outde au i . des Trifl.fepiftfidd cjlfe banni four [es Hures a\A^ mouT,j)lv.Jhjfl qu'^r/fiîdes poète G ne, pour f es 21ilejïes,auuref>le7n dimpudicite^CmoUcf]^ s, c Gaz o uil •] ii 'y je peut efrre de ce mot, pour mojircr qucccs chojes ncftdowet dittulguer aux frofAnes'^ainsJeulcmerit cojnmuniciucr.tux oreil- les rcligieufcs ,k gtnfe des n^jficres ç^chcfesfAt/î" lElesquon re férue éiftcriflies, f
d Papier.] C* cft in arhre qui crcijl es tnArefcd^ ges d'^gpipte , de U g'ofeur cCin hra^ , iong de dix coudées, ^^eJlepArle IjAut. De [on efcor^e l'on tijjoitdes habits^ des couucrtes, ç^ plu/ieurs ferres de dirions pour ejcrire y defquels llmedefcnpt élégamment les façons au 15. Iture. ^u demen^ rant on parle ordinairement des Mg^ptiens, ccnf' me de gens mois ,ftf}4rds ,desbxuche7^f.iif Ans pro- fef^ton de rireCy gauc^tr par cpi^rammcs c> ch.tn fonsUfciues. QuinidiantAxe les délices d'A- lexandrie en Egypte ,ccwmeks plnô molles dM '^ foutes,
C Transformées. ] Cejl-vne grande CjrfuhM * ttlequefhon entre les docks : Sçauoîtmcn fi leM ^ hêmmes feuuent efhre cmuertis en d u très tniAges
Si;
Bl L* A SNI D*OR. 24
Jle kufs, d'ajnes, de chc/uux , &c, Sainci ^/w- e^uflin er) feigne , que ccjo'àt chofes fahuieufes & Jiabolin.'ies illi^fîons,
f Rammees ] Pane que d'homme d deuini Afne.pHiJ d'apte fat reforme en h^mme tel quaU" ^arauafit. ' ■
g FJymer. ] 'HcmniAnt four hn dncienne ]>ro^ fitfie ces ^Uces futneules^il 'veut quo ffarhe qu'il f/? africain de natjjdnce , mais Grec à' origine. HjnKt cfl i>ne montagne au terroir d'Athènes rC' nommée four le ma) hre c^* If ?nielquony recuetle le. L'orateur Z. Crajî'iu^ eut (ixcolomnei àec* mirhre longues chacune de douxe pieds. Le miel de Bymet { qu'on appelle auf^i de l' ^ttique)de'- nancetot^ autres en bonté. Lime O" Gaien l'aù^ trouent es ryiedtcamens.
h LKlhme.] Lcadcfroits df*Veloponcfe{oft TiUrée ) ujîreints entre deuH 'hierSy l'j&g^e ( oft archipel) O" l' Ionienne ^s appellent lfihme,^t4 milieu de ccfl ifihme efl U njille de Cmnthe que Ciceron appellelœil de toute U Grèce ^ &fe nom- moit anciennemêt Ephyra.ii'j cinq fortes d'exer^ ,L (ices qu'on faifoit es ieux publics q'4 fe celebroiet t6H4 les cinq ans en cefl ijthme, accroîjjen: fon re- non, V0U6 enaue^xn ampledifcours en la, My* rhologie Franco fc,itu.^,ch.ip,4f , i Taenar ] Cejt le n om d'^'n cap de mer & dtnj^ m vfUe au territoire de laconie, dont U apitallç
P^ÏMIIR tI7R2.
', [ 'vlHe s'appelle Laccd.^mdn^dft nom de ZdcedjVfdfl
j fils de S "mêlé fondateur di celle: on tient au 'il t^-
] uoif du teps de l^i'jfe. Elle a, depuis efté nommée
' Sparte ^de S part us fils (ou Spat tt fille) de T'haonee
I^j d' Argos, C'efioit es premiers temps njne iilU
fans murailles. Et le ^j ^fefiUus ennuis pcur^
quoj Sparte ntftcitp o'mt i Icfie^mcnf}) at les hâhi-
fans arm>^\ 3 yoiù{dit'il les murs dr Sparte,Ces
peuples etctiuans & parLtns ont afi'cclévnepity-
ticuliere heueté^quon appelle Lacomfme^auiourm
d'huy mefmefort louée,
K Sas que pcïsone .^A^^ifiT^Unil.'uj Sénateur
J(omainfe redit de luj-mejme CP* fans auch mai-
Jire ^parfait en beauceup de belles jctence . Kmfis^
Augufim au ^Mure de Je s cofefi:ons, je lë'te d'a-
ftoirleu c^bieentedu les hures desdrts LhcrauXy
les cathegorïes d' Artfiote^deparfiyy ,sii s précepteur,
1 No\ivc\lçfaqon.] Con^me n'efi,iînpo!nt fU"
i» corepraâic d'efcrire en Ldtm,
m y olù^e.lrdï laquelle ie quitte moefinde an* cune & plm graue pournjoltiger enine plus re^ treattue, C'efi 'vne tranjfation prtnfe des chi uaux defiinci pour l'exercice de la 'vdte.Comme s'il du foitainfique les ^olttgeans fautelleot de theual en autre ,atnfi fiai- y de la langue Cncq'te enK»- maine.Cefiott alors la Latine d'auiourd'h/ry. l'o f fut entendre aufii par ce^efcicnce defultoite ou
'■ijfltigcarst
DE L*ASNE d'or. 1^
"^ihlgeAnted'hijîoîre de l*Afne d'or , en Uquelle
d'homme il dément Apte , cefi à dire enclin i ov-
Iufte^ heflUles.Pups rependforme humaine Jors
que quittant les tncheueflremens Ifoîuftueux,
ayxntU J^difon four guide ^ilr entre au droit che^
tnin de 'venu,&fe monflre 'vrayement homme.
n Du Gxcc.^Varceqpt elle eflefcritekr exemple
de Luàan auteur Grec^duquel tla frefque tran*
fcritctfl Ajiie d'or. Ou bien d! autant qti il feint ce*.
xj eflrc aâuenu en TheJJalieprouince Grecque»
o Derefloc. ] Sounene-^njous decequtnoM
auons remarqué en la "vie d ^fulee^quefa merei
futSaluia ^ext^aitte du fang de V lu f arque. If
Tlutarque, natif de Cha^ronee ville deBatoce,q»il
tefinoi^ne en la lie de Sjlîa iadff auoir eflé par U
trouidence de S; lia ( lequel es champs Chtironea
•chtint njne brauc 'uiBoire contre les ennemis de U
J{epul?lique B^maine ) garantie des affauts ^*Ar-
chelaus.
p Sédentaire.] ^infles doBes appeUent Arts fcdentaires cjrfellulatres ^celles qui s* exercent par gens oifuement aj^isfur des f elles ^quêtes leix àtc^ J{6y Huma défendent d'efre pratiquées par au* très qucJcUues ^ forains ^comme celles quialla/-^ chijfent U vigueur de ïc^rtt g/ ducorp^* q Du front.] ^rïfloteau zJes Problèmes , //I ^^'^> -^'^ h gros mimauxpfcnt prtncipalemmt
£ R L I 7 R E.
fdr le front , parce qu'Us ont L tcfie humide ^ idr^e^'^ que le front eji Icpluà proche du cerueaUy partie très- humide, t Bénéfice de ventre.]// f«r^«^/« excrem^t ^ontU deicÛton recrée infiniment les animaux haraJfe'^JdjrAtfchcur de l' air fuc cédant en lapU- re qu*iceux excremens occupoKnt es mtcHms, f Propos. ] llfautprefuppofer que l'^un de ces deux compagnons auoit raconté plufieurs chofes incroyables touchant la diuine puiffancede ma- gie, de façon que ccliià-cy -vient a dire qu'il faut furfeotr tou4 ces difcours , comme menjongers c^ PionBrueux,
t Defirant.] luliu^ Fhmicti^ , -7 . M at h ef. dit
que ceux quinaiffcntfoui l'effoiUe de la C heure
j ont curieux de toutes chofes , dr recherchent fan s
ce^e toutes la nouueaute-^auec vti extrême dejir
de les apprcndre.Au refle ce^e curiofité cUJigne dâ
habd^toujtours talonce de quelque dager^çjr porte
plus de domage que de profit a ceux qui l'aiment*
V Enchantement.] Lequelonacouftumede
f4tre en cAchctte & l>aj]e parole. Car la magie
(comme dit Apulée cnfon apologie) eJJine chofe
occulte ^que l'on prattique ^volontiers durant les
cbfcuAtf^ de la nuiclffans tcfmoins, dr f w vers,
X Congèle.] Les rhilofophâs timnent que Ix
tnerefiincongcUhU.ToHtcsfon Hérodote Crplu-^.
f
DE l' A SN E d'or? iC
fiûurs autres client que U mer Scytiquefe congeh^ fotme l jppe!le-6?i O^eàtigUà/il. y San s haie ne.] C' eft chofe tmpofiihle i autre-^ ntoit le nje?it perdrait fvt mm quandil feroitin" animé, r, fans ame &fans aghatim d'e.^rk,Us Créa l'appellent an cmos a où nj'tennem les noms L.it'w5 ^^animus cr anima 3 c^ lei 4mâsfe frenncnt quelquefois pour leiiJents. z LeSoieiL] il s croycnt que par l'effort des èn-^ -chmtemens magiques on peut empefcher le So- leil,œtl du monde , cœur du ciel , plaijîr di4 teUTy beauté des cïeux^ (y^ grâce de nature ( comme dit S,^mèroffe ^.Vifi'X2Lm,)depourfuiurefon cours erdmaire M'tificc 5 [dire defccn dre la Lune pour efcumer fuy les herbes, O* les ahbreuuey de quelque poifon ^du- quel ds fefcruotent en fuite pour leur m^gie. Les homtnes anciennement ignoras les cdufes naturel» Us , eftimoient a. voir les eclipfes ^ defeSluojîte^ du Soleil^de la Lune, fifl (juelque mefchanceté ,qu onles enchantafl , ott^ qu'ils fouffrijfent la mort.Et pour rompre U force du charme prétendu, ils fatfoient en telles nduen-^ turcs hruire & retentir quantité d' mjîrumens O* 'vaiffeaux d'airàm ou de cuiure, a Aufonddelagorge.f 8.p.i.lN deux petits canaux a Umge , f
Premier livre
deualc en l'eflomac tout ce que nous mAngeons cir heuHom : Csr fonr cefi fffccl s'appelU rtungeoire: far l'autre pdjje l'efprit de U bouche au fouhnony Cr de U remonte à U bouche C? aux nareaux: teFîfar U mefme voje que Je fait aufit l^p^jJ^Zf de la voixion U nomme de mets Grecs ^Trachée ar- tère. Quelquefois U 'vtâde Cr le hrcuuage defcena tn ce canal ^f:^ far ce moj^el'eF^nt ttouuefon che- min bouché, Cefi ce qu Apulée dit luj effre aduc' flu,quand cette g/outûfine bouche luj retint le ^af- fage de l alêne yO^fe deffracquapar vn autre en^ droit. four cette caufe l'Auteur de Nature afxge^ tnent pâurueu qu\ne petite languette fohpofée en- treces deux canaux^qm s'appelle Epiglotiis;dr fOHure le canal de l'efprit en mangeât & heuuat, ^fin que fia iJtade prend d'aueture quelqhe che^ tnïn extraordinaire, elle ne face ^œne à lapitsone, h Poecile.]!^ mctjrgnifie^cim ou bigarré, à taufe de la If arieté des peintures quon y vojoit. C* efi le promenoir ou ^aliène en laquelle les Stoï^ tiens tenojent leur efcole, C Dieu de lAtàtziXiQ.Illfnied /Efcuhpe fis tit sy€foUon,Voje7^ la l)ljtholo^eJi/^,chap.n, d Quivoid.] Vcurce (^ il fumomméœil du tnondeJ'il riy atmt point de Soleil j ilfermt touf- I iouTS nmSlyCe dîjôit Heraclite,
C ^gine. ] Cefiiine ^Jk ajnft nommée du mm
DE l'ASNÎ d'oR^ 27
d'JÊ.£ine mère d'Aiciue l'vn àes lUffS tnfer- n^ux. Quelques 'vns Itfmt à'Mgic.Ceft'vnevil' le en U Moree/tdon ditlupiter aHotreflênourry î>a.r^necheure,& que four ce fuhtet on luj don- na ce nom'.atr aix en Grccftgmfis cheure, £ De Sicile.] Le miel de Hjmet tient le premier ra?j^ en bexuté , ceifty de Sicile Je fécond :ptfi^ de l'ifie de Caljmneje troijtefme, g Dn pied gauche.] Cejlkdtre Istmalheurf» ^injl dit on en Ltitin ^partir du pied droiÛ^c.a U bonne heure, duec bonne rencontre O" prolferite» ^mjfles mots de dextre reux c^ malheureux.
h Loup. ] C'efi vneaUuJfon de li bejle au mdr^ thxndjeejuelpourauoir enleuétoutce qui fe troti' uà dans le marché , ilfemhU 'vouloir efgaler à U gloutonne 'voracité de l'animal, qui 'volontiers ef* go rgeroit tout le troupeau fur lequel tlfe rue. i Face.] Vace ne Ce dit que de l homme, les au^ très dnimAUX ont hon^ hc ou hec , ce dit Vline , & les Latins ont tiré leur faciès de facio , iefay» ^ufi Fhoinmeful c^fdî ^ l'imtge de Dieu. AU refie Ç^cefignifieUformeJa manière , l habitude ^ficlm e de tout le coïps'.teutesfoi^ l'^vfa^e corn'- tnunlef? rcn ^pour le 'vifige, k Pareils.] Père & mère Je plus fouuet le motjf* ^ifie tous ceuxqm SQtdvn mefme sagou l'g^age^
G il) '
Premier livre 1 R o u g i (To i r .] Le 'v//^f ^ d 'vn homme 'ver^on» gncux rougit ordma'tr€ment:fAr ce que comme dît ^rtfi.ésVroUemes; lefin^s'eypArtd^u cœurpdr toutes les pyrites de fort cor^s^c^ occupe lajupetfi- ce. Or cejle rougeur cfi tn bon ftgtie en 'vnieune homme 5 CT* comme dtjoit Diogenes le Cyntquf', cefiU couleur de vertu . ^'rtfi les Docïes remar^ quent que Vompec ne pAroïjJoit iamats ert eomp4' gnïefans rougir. ^mntilian dit que cejl vice que de rougir^ mak "vice Aimable ^ qui engendre la 'venus»
m Trophée. ] Lts vainqueurs foulaient pUn^ ter leurs trophées comme perpétuels monuments de leurs vi Boires. Et bien que Ix vieilleffe les eufi co'afume'^fi n'efiûit- ilpefwps de les refaire ny rA~ petajfer, ^infi dit ce Sacrâtes , qu'il f^ut U'ijftr Fortune triompher ^i fon aife de lu^ ^ dr toujr de Jhn trophée y comme s\-lle l'auott planté pour ce ft ejfecl après l'Auotr .ihbatu. n Manger &: boire.] Ces deux a&ions ckif* fent les irtfiejfes c-'paf^iom de l'esprit ^&factli' isnt le rcpsSrTclfiit le breuuxge de Hepc/ithe que cejle Hélène d' Bo?nere fit prendre à. Telemçtche^ four luy faire oublier toute fafcherie^cjr lt*J bail. 1er congé , comme elle auoit àejfein de fAtrc a tou^ ceux qui la recherchcroient . o Kçç.\ï^'î^^,ïiX.'\c'e^vn gefefamtlterk ceux
DE L'ASNE d'or!! 18
auijont touchcT^de dfJpUiJirou fAfchefie, p Mâcedome-Ji"^^ deux B^is.Vb'tUp^e cîr kA- lexaîîd/ej'ont .if](7^.innolîie^ notamment ce que fcA^ le dernier elle a eflé chef de l' Empire, Mdccdo fei'tt'fih de Deucttlion luj a dovtjcnom. q i.zn'î{Q,'\V lu fleurs ^villesont eu cenoen ciiuer» fesprouincts; en Thcff^lie^c cfl ceUe-cj]en Cadie, en l'Attique, en la M orée , baftlefar les Cydofes qu'on [urnomoit c^^xoc\)\ïÇS»c "vetrïmains^far (e qu'ils je nourri fjoiet du Uheur de leurs mdins, r Meroé. ] Ce nom 'yaut (tutdnt que Vin pur y comme celle qui n' au oient point apprin à mettre de l'tÀU dd^sfon yin. ^wfiieÏGuè Aufone d'v» nehofine hihercjje ^ à laquelle four crfi ejfe&on ttuoit donné pareil nom,
f B 0 n n e . ] Ironie ^o u difiimulation.figirre qui rf- quiert vne entente autre que les mots nefonnent. X Pui{rante& roine.] Cecyfeditnonparad- mira tfon, mats far mcspris, V Tapiderictragique*] îlyadouùlefujeten ce difcours, de tîagedk^^ de comédie, Detrage* die.ence qtieles efirangcrs ^ denaturel^ cjfeâs qu il attribue a ccfle lilagicienne font de tragique 1 argument. De comédie, en ce que la rifee qui pro^ ment de ce qu ^f ifomcne fe trouu.i des le pre- mïer al-ord poiuré d'vnr très orde (:^pcflifereconm tagion^donneroit a;pfemet matière d'en iouèr njne
C iiij
Premier livrî
ffUtfante ctmedie, J^îats ^pulfe ne vouUnf ny ] s'clîonner àe l'Hn,njfegAHjfer de l' qu'on latjje a part tels propos , ^ qu'en difcoure ■ en termes ^fite^ es communs deups . X itthiopieiîs.] Homère au ude l'Odlffee fait uffe diuifion de l Ethiopie, Strahon en difcoi4j^t amplement AU i Je fi, Geographie.Vhne dU 5. dity que tjtef-'veritableefil' opinion de ceti^x ejui met- tent àeux J^hiopies audcjfusdes deferts d\^' . f brique , notamment d' Homère qui mi- partit ces peuples en deux.
y Antichthones.] Ceux qm habitent fowU Zone hjemxle y queU tornde fepare d! auec nour. le mot 'y dut autant que habitant vne terre con- traire ou oppofce, antipodes, ceux qui tiennent U flu^ bajfe partie de nojïre Zone, ^ntiq ues^ceux qui demeurent en U Zone oppojïte aux ^/£-itich- thones,
z Fueilles de Tart. ] C'efi a dire chef es légères O* de néant au prix dts grands & mcrueilleux tjfcBs qf^'elleprodffit,
a Les genicoires.f^.p.i.] Le Bieure[autremet CA^of)efimis entre les animaux amphibies »c, qui 'viuent ^ fur terre & dans l'eau.ll croid[ ainfile tient l'erreur poptdaïre)qu on ne tafche k lepren- dref non parce q^e fes genitoires font fort vtiles atfxMtdeciHs, fourcc ne pouuant [Im outre ef^
}'
Bî l'Asne D*0R. 1^
dupperla fmfedes chaffems, tlles fruflre de leur attente parle moyen que porte noftre texte • Ji'UfS croyons pluflojl ce nu' X remarque 'vntres* foi^neux rechercheur des fecrets de Medecinei jS^u^jI ne fe ^eut châtrer luy mefme , attendu que fes te(ï'tcules font petits, fort eftroits^ Cir adhérents^, àfon e^ineuoinÙ quon ne les lujy peut drrdcher fans le faire mourir. Bien a-tldeux petits foUicHi^ les qui luy pendent accôulpe\ enfemhle , dcfquels la force efi grande en Médecine JEt de fait, les ?^e dec'ms appellent Caftorea Us droites quiguerif^ fent plufieurs maladies _, les tourbillons de tefiejes tremUemens^'vices de nerfs Jes efiontachiqueSy-pd'^ ralitiquifs, Cdatiques , qui ont le cd ntde & ne lu' peuHcnt flechir^O'cS on indujîrie ferait admirable- Ji quelqu\'n Tauoit njeue en ce qu aucuns affeté'» rentx Qtfapres auoir retrachêfes genitoires/il af** perçoit que les chaffeurs le cour et encer^ilfe drejjfi fur pieds, c^monflre quHlne luy faut plm rien de-* mader^attendu qu'Un a plus la pièce qu'en tnuie, b Des Grenouilles. ] La^ie des GrenoiUUes c ejî C eau ,Tye la vient le prouerhe^VetCet dnmn aux GïenouiWes'^quife dit de ceux qui donnent ' chofes inutiles à ceux qui les reçoiuent : Lecmi- traire,]^ eVe^u aux Gtçt\ouiUesyde ceuxqul donnent chofes pUiJantn & proff tables àceu»^ ^uilsgrAtifent^
-€■ ^
Premier livre c Bélier.] Vlaifante metamorphofe , m hcfle cor^ nue. ^ bon tntendeurnef.mt nuijn mot, d Eléphant. ] f Eléphant ( ce dtt-on)port^ dix ans.DeÙ f£'^/'o«f/'^c, Pluftoft enfantera l'E- Iephant.r/ro«i /£'W(?/' Enfanter, r/ d'Eléphant .fan de Biche, c^c, ) ^ nouj trouut^ rons qu'il fe peut au/^t bien dire des brutes com^. meleLmn Pârere.^« rcfle ^nfi.foufitent ifue l'Eléphant ne porte [on "venti'e que deux ans, e Mcdee. ] Les amours de lafm O" de Medee. l'homicide commis par elle en la perfonne dejon fyoprejrere apycs fa fui tte pour future (on amyje diuorfe qutîfit auec elle pour e^oufcr GÎauca {oh bien CreUfa fille de Creon J{ùy de Cormthe)fes re- grets or l'hvrible 'ven^ance quelle en prit , font simplement centevu^ en l'hiHotre de T^ied. e^uec fon cxpiîcationph^yfîque Cr morale^m la Mithe* logied.6.€,7.
i Autour dVne fo(Te.] il touche cefle faço miu tiq^e dont fait ryientîon Homère en tvniiefme dé rOdiffee-, difantquVljffecr(u[a de fon poi^ard 'vnefûffe prr.fi:ide ct'vne coudée, peur rappellerlci iimes des trefj^affc'^ : quily '^erfa du 'vin mtcUéy de l*eau.C ^'^^ certain gsfieau: puify tynjla dsé fangdes éejïes facrifi'cs. Silifts auis^desTuni^ ques,afon rmitati o,e(cyit que Scipron e» fit de mef» jme vmfvfi pour farcileffed^Ce^c forte dejÀcriJl*^
D B t* A N s E d' 0 R^ 3^
te tnAgtque tft affe^ji-equent éi autheurs Ldfitts» g Faux eCprns.'JTour Demm efiaijlej^ \çoin^ me dit TertuLenfon apologie) en njn momint ils font pAYtout^^'fçAHmt tout ce qui Je p4jje, aujii facilement conmic ils rapportent, Cejlm'Cj dont" ques k raifon de crdindre nue fd 'vieille magicien^ ne pat le rapport de quelque Démon ne [cache les dîjcours qu'ils tiennent enftmble. h Enniron la 3. veille. ] ^pres minuïB. Les 1\omains diuifoientU nmll en tropi 'veilles ^& les fupputcient chdcme de trois heures» La difctplme militaire apporta ce règlement , parce qud eîîott tmpcj^ible aux fold^ts defe tenir aux efcoutes toU'^ te nmtl. Les hiftoriens ?îomment fouue^tla premk^^ ^'e^''- • ?. ^ 4. veilles de la nuifl. i AfFedios.] LesVhdof. appellent affeBions, les mouuemes de nos efprits./cme couoitife^courroux^ crainte ^amourjjaine^r'tfl. au ijies Ethiques ef- cnt que les ajfeSlions ne font ne njertus ne 'vicesî p:ur ce ne somes-nou^ ny loiiès ny hiafmés a cat^fe d'elles. il y en a deux ej^eces^ce ditQmnt.au 6ji. les njnes font ùrufquesjes autres pofees'.celles-lk svt cofiuenable à la tragedie,celleS'Cj à la comédie, k Tôt tuë.] Varce qu'a^'antfon liEl renuerféfur le dosyillujferuoit comme de coqtnlîe, \ Enclymion.j^«c«?^^ /z/^wrHedyofmion^ ^ui 'vaut AiUitnt comme Voucet , non fort cênu^^
C vj
t^REMIER LIVRE
ndlple dur amoureux. Toutes/ois Apulée femble] fdtre piujloj} allufion a. ce fameux Endjmion tant ajtnéde U Lune. Lefubtecî de ceffe fable efi ve - nUyde ce quEndy mïon ayant le premier obferné U multiforme nature de lahuneje brutt courut, ^ caufcdu temps qt* il employait a l'obferuafionJe fin cours ^que elle s'efîoit amourachée de luy. m Catatnite.]f .W(?^2 cœur^mon mi^dn^mes 4- imurs. Les Anciens appelloient Ganymedes .concté' hïnyC^ les délices de lupiter : & généralement, ce s garçons qui proflituans leurs corps en tirent -vn gain j aie ^ monstrjieux. n D' Vlilïe. ] Elle accompare S ocrâtes deferteur defes amours , auec Vliffe , qui delaijfa Ca'jpfo four retourner voir en diligence f^ Venelcpe. o Caly pfo .] Fille â '^t las, qui retenon f^liffe en lijle Og)/gie,c,ès cottes dcvoUptéfarmyfesa^ moti-rettes» M ai^ parle commandement de TdiT" cure, elle luy donna congé, p Des propos.] En appelant Trîeroé paillardfj tydejfus, .^.
q Fr oid e fa QWt^Ceji l'un des figus de mort frochttine.
r VcdomAch.'^Ce^e palpitation efit'vn des ef-
fe&s de (rainte:& ceux qui craignent tremblent,
d'autât que la chaleur leur manque y&fe retire atê
'^dfdAns. lAirmUÀuJ^ifait quelféisfoittaftlm
DE L* ASNE d'o B.^ 51
U vetre,(3r mefme Auec bruit. Arijl. es Problèmes, f Bonne.] Iror^ie,
t Bacchantes.] Bdcch4Htes(ou B4cches)efÎ0ienf certaines femmes qni foufees defureurBacchij que,ot4 flupfi cotrefaifans lesfuneufes,celebroia les Orgies &fe^esde Bacchhé.^irtjtdefchirerent elles Orfhee,fentheey& fhoSySacchu^^Bacc^fdndles.njirnnetdeB^Cchdn.
rcenrd^er. Fojei Ihijloïre de V^Mchm , en U Mjh^
thologie Hure 5. chxf>. 1 5.
V Q^^mc'^.^.JCrifiomenes.
X Ce pau sre. ] S ocrâtes,
y Cérémonies.] En l'immoUtîon des "viBU
mes Je 'viSlimter [on appelloitainjt celuy qui df^
fommoitCr* tUoitles belles du fdcrlficé)fomQit dr^
Ydcher les ehtrdilleSy dfin q tte l'^ruJpicâfoUilldHf
Cr contemplant les entrailles des animaux facri-^
feiideuinafi les chofes a venir. Cefie forte de difci"
fîmes* dp felloit ^ru^làne^^ Exti^iàne.cjn^
JfeEîion d'entrailles, Siinjiy comme s il eji^tt icy
queflion de quelifue ^ru^iàne , e» dfrache des
flus creufis entrailles le cœur de S ocrâtes, comme
fdifeit l'AruJpicine,celuj desojfradtsou vîBimes,
z Efponge. ] c . 0 efponge qui es marine, qudnd
ce compagnon vi'endrd pour hoire à la rtutere^ fi fi
t^ faute hors du trou que tu houfches ,de pâur que
/« touches l'eau dmeice^tknotH "^^^ns 4dtée^
mirenfuite^ '
Premier ltvrb a Ve/îîe. f.u.p.i.] Uchurge deU^ef^ie/e.H l'rjrine; Crfe dcjchargeenfaifdntéleieau.Totts ^jiimaux djans 'v^J^it^cnt auj^i njenfre'.maps ceux qui ont vcntre^n'ont pa^ tou4 'yej^ie.ha >p/?/V ejl \ le reccptac'e de l' excrément hnfnideje ventre ^du fec ^r ifi.au ïlîure des 4?iJm.if4X. *
, b Pour le moins.] r/ofopopi?ee , ou conforma^ j f ion, figure qm.fefdit quand on introduit &quon |! feint parler comme f refente iineperfenne ahfente. \ Suiuant cela votcj des paroles qu^ les aduerfaires .' ou parties d'^nflonwîe pourvoient alléguer en ^ laccufant d'auoir occps fon compagnon,
C yr\eÇtmmi^i]Cefontanthhetes. Etnjapits
'; heiucoup d'apfarUe qu'^n homefe laijfe lamcre
i à 'vnefeme^qui ndS-urelle?ncnt e(l fciùic, & crain-
' fiue.Pource dit^rifi.és Vr{>blemes.^ue ceft chô»
feplui criminelle ^tu'èrvneftinme qu'n n homme,
• . tncorc que le maflejott flw exquis que lafe?veSe,
f fÂrce quefiantcefle g plm imbeciÏÏe^elle a, moim
' Ae moyen de refîfier : c^ q^el honneur a- on dcfc
■ (?attre contre vnpip(4f
d De citrouilles .] Façon de parler proncrhiale,
ijoulant dire que la tefie d'i'n home n'ijipa^deji
^ petite efiime, qu'il UfaiHe ainfi témérairement ex-'
fofer À U mercy des'voulenrs qui rodent la nuif),
^tedtt que lavie deThome ne fepeut reftttuer^ co^
fned^ne^amdmtrQiiiUeyfluJkttYS^Atresfeu-
iïE t* AsNE d'or! 31
uentrenitijîrc & ncompcnfer celle cftti nefiflffâ, e Cerbère.] Us Mythologues dijerit que Cerùô- re efi legxrdten de Ufalc de Vluton, (3rque Her^ cttle l'emmena, hors des enfers , corne tl efi dit en U Mythologie Jtu, 5. ckif,^,okfe 'Voidl'cxjpltcaùott hifforique ( f Lamies.] Lamles font esprits qui l^ont de nuicî^ louù-gaToux qut deuorenths enfans , Elles font fort enclines a l' amour ^ & Ufciues ; appetent extrêmement U chair humame , & notamment des belles gens'Jle s attrayansjom ombre de volupté four les deuorer en fuite. Leur nom eji exttaiB de himos.gloutonnie. .;• »
g L'eftoiile du iour. ] Ellefenomme Lucifer, forte-iour, ainSquvn autre Sûleil,& deuance le iour au matin. Car elle efffi claire 3 quefes rayons fo»f f^fjfifans four difiiper les f^lns greffes tene-m ares : pufs le Soleil par fa yenuë efclaïràt toutlâ rnonde.Ellefe prend au/^tpour le Sûleilmefme , ^ qui proprement appartient cefiejfeB, . h O pauure CotJ] ^yfriflomenes voyant fon ca* 1 nterade entier csr non blejfé^uide auoirparjuref» fcfonj^é ce quil auoit 'veu par illufoNo i Par trop manger & boire. ] Caton du iJe l agriculture jt vota deffre^ bien boire en banquet (ce dit-il) ^foupper k bon efcient^mangés deuant
%0i
' Premier livre
ijin/igre j dr ejuclqttes fueiUes après duoirrepeu:
elles voM rendront en tel efiat ^^^fi n'ame'^ ben
j ne mangé: tT boire\ tant que hon 'vom femhler.i.
I k D'Horribles & cruelles vifions.] Socrates
tn la Vohce de Vlat9n dttjtfu attendu efue La partie
de l'e^y'n cj ut participe d'entendement & de rai»
I ■ JonyUnguilJant affiupie a ceux cjui dorment , ^
celle qm tient du naturel befiid Cr de quelque
■ ^i,^^fi^ immanitéy eflant ejlourdiepar vn immo^
' deré heire O* manger fe [oujleue dr tourmente ou-
\ tre mefure es vipons noElutnes^&fefantaipe cho-
' Jes horribles o^ monfireafes. four ce VUton corn-
I mande que le corps fottjt hlen difpofé quand Ton
* Je va coucher^que rienepuiffe apporter ne frayeur
* ne perturbation a l'efprit.fource auj^t Pjtkifo^ ' ras deffendoit àfes efcoliersde manger de feue s ^ J d* autant que cefle 'vtande engendre de grandes ' fiatuojlteT^ dr des fonges çroGiers.
f J Trop ch opiné. ] l{emarquons à ce propos le ^ Sre d'vnfage homme : he premier trait de "^in ^ tfianche la foi/, le fécond regaillardit , le troifiefme ^, ^ ^voluptueux, le quattiefme poufe la raifon hors ■^ deÇonfiege,
P' m On me conppoit.] s ocrâtes p en fe auoir f\ -^veu enfonge ce au il auoit enduré par iUufitn^ co- ^ me tout cep affaire eftant magique cirfantaflic^ ^ i^^f^^ Ic^^^wmesfar fertmspreJU^es, Cejl. rç
DE l'A SNE DO Ri! 35
' aue dit S.^tiguflln au i%,deU Cite de Dieu^^ue Ufdnmfie de L'homme efl capcible de dïuerfesfor^ mes \ o^ raconte l'exemple â'^vrt cerUm , auquel far force magique cfiottaduenu degeftr en 'vn liB corne dormantfansfe pouuotr aucunement refueil' lerjinon quelques tours après , & raconta depuis ce qu'il auoît endure corne fi ce neafi efté quefon- ge, ^il eftoit deuenu chcual , & auott porté les frouifuns de guerre pannj les autres f9mmiers:ce que l'on trouua députa eflre 'voirement aduenu, Vn autre fouflemt^que de nuiB il auoît veu venir in philojophe , & luj auoit expliqué quelques foinEls de U vhiloÇophie platonique , lejquels tl 4uoit autresfois refufé d'expoferkUfemoncedU" dit Vhdofophe , qui demandant pottr quelle raifott l' autre fat foi t miintenant ce qu'il n auoit vouIh faire en eflant requis}le nil'ayp.ti fait ( ce dil il) mais bien aj-ie fongé l'auoir fatH, ^tnfîfut^ l'vn prefcntépar -une image phatafiique en veiU Unt, (€ que ï autre viden finge. Certes l'hoptme, . animal autrement plein de diuinité ^ fe depraue aucuncfois tellement par vne infinité d'accidents es nobles puiffances qui luy font particulières , en l'imagination^ en U raifon ^ en la mémoire ; quil produit d' effranges deprauations , lesplu4 dignes faculte'^de fon ame efians defbauchéesjesfens f/I g'ireT^tlesmomements defre^h'^^ iima^natm
Prj-mier livre troubles , hs dijccurs fols cr terncrAifes , U me- tnoh'fvoLre,
n Pafle come bays.l Ceftvnpro:ierhe^ Plus pafle que bnys. Lapapur dr ciurtt du his le recominandeTit^famuticrcefibounorMe , O'uu* mtpitr "^'f^ge.
o Cefte clponge.] ^finquelletîet:ach/Jt l'eau detiuicre ,fuiHant Lt dtjcnfe de Panthte fj deflM.
p Les àç^\ntt^,[S eneque AuïiuYe du goHuer^ nement dt^ monde-.Les dciïins nouscondui- fent : & iadis fut ordonédequoy l'on rira, dcquoy l'on pleurera. I4 do^r'ine pttjene f«- fei^oit^que tontes chofes qui fj.iijjotent {animaux ^ plantes, 'villes, bàfitmens^Crc.) natwient va^ jeu- iementlenr génie particulier qui. Us puneînoît perpétuellement ; nutts quelles efioitnt au fit fouf- tnifesa lapuijfance des Parques O' du deJlin.De façon que quand quelque chofe venoif à naifire^ elle deusit mourir au bout de catain terme ^ félon l'ordre des deftntees, p.rrglatue,parfeu , dennuy^ ou par quelqu autre defâftre Cr conjlellation rneui- table^nonfeulemct aux homme s, mais aux Dieux inefmes ,ccmme ils le reprefentoient par la Jiatue de lupiter Olympien en Jon temple ^THegArâ^qui f or roi t fur fa tefte l'effigie des V arques Crdes HcH- res^comwc leur cfiarnfubiccî.
D3 l'Asne d'or! 34
q Sanspeine. ] Car'vn^Wtfantcdmpd^onde '\oyage jeit de monture, ce dit le Mimografhe
9MtH4.
r Porté par mes oxé\\Qs!\llseblekceu^qm i!oj4get^piedyqt4e no leurs pieds mait leurs oreil» les lespoyfeHt,quadils ojent quelques fUifans^ face deux dtfcours. Vource dtJQttXerxes B^y de rcrfe^queTeJ^rit de l'homme hj^hite es çreilles, f Tauernierc] pLifon au i. delà J^epuUique^ recognoift bien que cejïe mxnitre de gens efi necef- -faire 4UX grandes l'illes O* bien policées ^maisau^ Hures des loix il en défend la prattique aux bour^ geois^come nejedeuant exercer queparperfonnes (firan^ereSyaoieciesferuiles.Le lufifcofulte au tu tre des foires c^ marchet^ ap^rouue ce^e opinion» t Le premier. ] Ironie, ^u contraire elle 'yet^t dire qu'il efl le dernier, le plpfs fordide^prefqu in- digne d'efre nombre parmj les citoyens de Hypa^ testant pont h fileté de Ça perfonne, que ponr dc" meurer ésfaux-bours de U ville» V Sordides.] ^ h endroit appelle on fordides (c [.îles ou foHillons)ces auxres O* cJnchards^att^ u du qt^ l'auarice s'ejlend mefme iufques a negli. gcr fa propre perfinnc ^ Cr telles amesfi chetiues noyn aucun foucy ny de 'yertu , ny de leurs forces foit du cerps, fait de l'esprit. X Cahute. ] Cejl le propre ivn rjchjJhrdU
Premier livre
rww apprend qu'on appelloit ancunnanent à /^ô- tne yhucts y ceux qui natjjojefit détour, du mot luii,€,iêur.awjt nom?nq)et ils Manies, ceux qui TiaiJJoiemau mann;de manc.c.w4titt.£fcespr^* noms ne fe dcnucyent aux mufles qu'alors qutls iommençoyent k porter la toge ou robe tïrileerh fortant de tutelle; (^auxfilliS, quand on les trut- non. s^u refle ^ptdte mtrodutjant ce Commif' faire des ^luresjefait ifer de ce turon Pol .r .par . ^oUux.'ferment coinmun{c€ dit Celle] cjr aux hortim mes & auxfemniesJyÎAPs Varton lepltta doEîe de ioHs les Romains, par le tejmojgnage mejtne àe S,^ ^ugujîtnjjeuâient que lesplu^ ancie?7s ne turo^^t^ 9J} par Pollux 5 njpar Cafiorfonjy-ere \ ouyjeule^ i Wtnt les femmes: comme d'ailleurs ilnefiojtlojfl'»A hle qu aux hommes deiurcrfar fferculeJefquelfA £onceuarisce juron fortojent dehors enpUmcu/, mn fous aucune ceuuerture , pour nionftrer que Hercule n'a point mmc njne ^te oifcufe ny jeden* tatre k lombre^aps en la cafnpa^ne ,Cjp^ toufiours en aSlion. Ou peut ejîre que le rel^peEi qudsfor^ tnentk Hercule les faijoitawfi tirer k l'efcarty ■four auoirmotns d'arhtres (f^.de ttfmotns en ce ferment'yattendu que l'en tient Her(uU aucir tfté treS'TeUgteux ^& fort retenu m iurons y comme noyant iuré qu^'vne feule fi ts en fa i Faifccaux de verges. ] Lfi hache ctchou^
DE l'As NE D*OR.. 3^
Icdti efioicnt enjeignes du magiftrat B^mxin'.U ha* che , four les crnnes cafttaux : U 'verge , pour les m9mclres,Jfgnes de luflice haute, moj^ene 0* bajfe. T.t lesfxifnentforter he'^enfemble deuat eux par leurs ofjicîers , ou pour aprendre , que le courroux du l^lagiflrat ne doit point ejîre diljolu^maps rete- nu dr referréiou bien à ce^ff'en defliant les 've/" gesd'auccla hache pour fouèter quelijue perfenne, ce retardement ^ tar^dJueté ron^pij} leiourrouXy Cr* accoifafi l'impetueufc boutfec du Magtflrat. k Com miiraire des viu res. ]-i'4 charge ejioit d'autferqueles 'viures ne mannuaffent point an mxrché^ & éjue touffe umdijl d'unprix raijon" nxhle & modère.
1 L^^^m dQTht^:i\\e. '\ll entendu 'ville dû HjpAte^capitale de Uprouince» m Sage. ] Ironie , paroles qu'il faut prendre k contre fem,
n L'a b fl: îiience.] Varflmonie^ouplulioli chiche* té : en ?nauuatfe part icj, ai Heurs en bonne, o Ce. ] Comme s'tl difoit , contemptihle cjr m^- c/jani^ue : le pronom ce dénote [ouuent mépris, defdain O* haine^
p Gouuerneur.] Sous l'Ernpire I^ontaln^ 4«- quel pouf lors la pluspart au monde obeïffoit. q Rance.]Afor picquant O- propre four expri^ mer les ordures dfiumcç, '" "'^
Prkmier livre fie,pêur dlftmtthr fes moyens , dr contrefxtre k fauure efire retiré, folttaire^ pduure d'efprity Cr' toufioun fe plaindre, Seneque : C'efl: le faidt dVn maladuifé, vanter fès richciïes : Se d'vn craintif,les cacher» y Calanité. ] c. auArice. Car éju^ail déplia caUmittux que l'^uare ? il ne fait bien ^perfoU" fte^^mowsàfoymefaie ; autant luy défaut ce ^uil a comme ce qu'tl n'a pa^ j &fe roulant fur les ejcus^tramc njne mifcrahle vte, z Elpece. ] cgage. C'efl njn terme de lurifcon" fulte^du tthre de reb.cred. Kow prejîons en ef- ferance de rcceuotr non U mefme efpece que mus auons baïllée (autrement te femtqupre^on de-- foJi)mais le mefme genre ^ a Gifant.] f. ip. p. i. Les ancïem pmrprendre leur refeBionfe couchaient fur de petits ItBs dref- fe-^ four cefl 'vfage autour de la table. Les Grées & les Turcs retiennent encore cefle couflume» h Sicge.]On aueit accou(^umé de lire icyT^hn- la.c boucle ^comrrte s'il ijoulott dire, t^oui ne gxi-^ gnons rien de bâcler nos portes Jl ny a nj barre ny ferrure que les ^voleurs n enfoncent. Mais il y a fluâ d apparence de lire Tel lui a yf^ge, c^dire comme nou^ l'exprimons. c Virginale vergongne.] Nou^ louons la uer^ gongne en ynieune hommsxar c eji la coulem dé
DE l' A SNE D*Or' 3f
'vertu. Mais ^n^.iiUr é^Ms Efhiques^Jtt quelle n'eJlpd^loUahle en ^vn 'vieil homme: Attendis qu» elle n'eii fasfeante à tow Aé^ges. Or cefi le meil- leur epthetc q^'on luy fuïjje Car elle efi quafi particulifre aux 'vierges, d Le logis.] La maifon efl mnfeulement hom^ reefarfon waijlre^mais auj^t annoblie par U di- gnité de fcs hofies. Encore mw glorifions nous au- iourdhuy , quand quelque ^igne ferjonnage ^ daigné prendre nsfire logis : O" crojons quilnoîps faifiplus d'honneur que le lieu ne \uj peut faire de bien,
e Hecale. ] Cejl 'yne panure femme de ^village qui logea jhefee en fa. cahuete , ainfi quejlant en» coye bien ieuneil courctt de fia le pays pour le net" Ujer d'^vne quantité de brigands , hommes inhu- mains O' nuifihles aux pajfans (les hifitires les nomment Monfiret ) CT noyant autre chofe^ne iuyfermt que des herbes c^ racines champefires, cela néanmoins luy fut imputé à charité iCourtop- fie o^ humanité,
£ Vhotis.]Cenom femhie déduit d*'vnmotqui fignifie lumière ou lampe , pour montrer quecefie garce efl galante ^ toute ardente d'amour, g Cen t deniers.] Ce demer "vaut de nofire mon' noyé $.f6.d.tourn.rinff: demers/un efcu dixf, h Lucc. ] ikf . Vji.ïnr^ es Imes de l'^in^toffe^
LIVRE
D E V X I E S M E.
ARGVMENT.
COMITE Apulée ^ifne eu- rteufement toutes les pièces de Hyfate^ ilrecognotfl Bjrrhene f€mmertche\cjui^ inuiteà prendre fin do^if , auquel tl njoid itte trfs belle J}à- îue , ^u'il defcrit de toutes [es p.trfieSy 'Byrrhene lujf donne adHti de ne Je fier en Id femme de fin ho fie Milon , comme m ia flu6 ^Ande Mngtcïenne du monde, ^ïnfi d s'amourache difément de Lt chumhriere d'icelie,Puis raconte leurs cm- i!?raffimens fdtdtàts Jattes amoureufeSyÇ^ tapprefique ^jrrhene fit pour luj donner iifiuper. Et après il entrelace plu fleurs fropos de table Cr diuerfes raiÛmes : U garde faite au eadauer â\n tre^Afîé\le nciyts^les oreiHesmagitjuement coisppées augardm* Enikl ^puUc retourne de
nMta
DE L*ASKE d'oR^ 57
nuiB en [on logis , non fans ahan ni meuur^y^iirlequel tl neft fasunths* Piicide que outrtcide^ ce^ a. àtre^ non tant mewt'ter d hommes que d'outrés
kétbiUe-^enfoimesd'homïmsfÀY U "ver
Utdcm^igîe,
ÎW^?^^Î^ 1 ToftqiTc Ianuî(5l: )A^^^W>- ^"^ efcoulee, & ï^^^^^^^m, ^"^^^^ ^^^^ duSo- V^.|^^^^^? Icil nouueau co- ^^S^yJ^ mencerent à s^t^- pandre parmy IV- niuers,ie quitte enféble &Ie^om- n)ell&le lidjfort foucieux au refte & tresdeiiieuxd'appcrdrc ce qu'il y auoic en la ville de rare & mer- ucilleuxiôcfaisat edac quei'eftois au beau milieu de laThelîalicfou d'vn cômun cofentément de tout le mode les enchantemës de l'art nnagique^onc pxinsleur origine) fufpens neaiumoins&douteux en iDon efpritje ruminois de toute monaffed:iocc[lefâhie de ce bo copagnon Ariftomencs,touchHt
D
"X
tinvena
Apulée 'uifte U njtUe de Hyffte^
. I E s ^f E LIVRE
te ieretirelatefte en arrière. Mais elle iettantlcsyeuxfurnnoyj Voi Ià( ce dic-elie)la bonté mefme de famereSaluiatresvertueufefem- nie:jointque toutes kles^ariif s de Ton corpsfontcfgalemér pro- portionnées aux fiennes , comme s'ellestftcicniallignécsàla règle fuiuat laquelle on veut diligcmec façonner quelque chofe,/ la laille ni trop haute ni tropbanTeJe corps ni trop grc fie ni trop gros jla cou- leur tepcrée,w le poil chaflain ôc 71 no aÔèdé jles yeux pers,mais ef- ueillez ^bnilans corne ceux de ^l'aigle: en fcme dequelque part qu'onIeprêne,ro port eft agréa- ble jfon maintien gracieux, fon f alleuredecéce&: modcfte. Puis See^â' a4ioufta;îevousay,LUce,elleuéde cUre k ces propres miennes mains. Pour luj* quoy non$ i*ay non feulment eflé p^ noiurieauecvoftre mere,mais auf /îluy fuis alliée: carno^fomes cou tes deuxiiîdcs de la fam illc de plu t.arque; nousauons de copagnie alkitté vnc mefme nourrice, (5w
t) F L* A s N E D* O R. ^p
parvn lieu deconfanguinitéfo- mescreues toutes deux cnféble: & n'a autre différence entre elle &moy5(înon qu'ellefuc mariée auec vn homme d'efloffè &de grande qualité^mais moy auecva particulier. le fuis cefle Byrthene que vous auez peut-eftre fouuêc ouy nomer entre ceux qui vous ont efleué. Venez donc à fiance prendiemon logiSjVoirepludoft le voftrepropre.
Oa comme i'eus en difcouranc auec elle pofcja hotc qui m'auoic rougi le vi{àge:îà n'aduienne ma bone mere( ce di-je )que ie quice mon hofte Milon fans qu'il m'en ait d5nc fujet; mais certes tour ce qui fe peut faire fans contreuenic aux deuoirs d'hofpitalitéjie n'y manqueray point: toutes les fois que iepafTeray déformais parce- fte villcjielogeray chez vous.
S V B ces alcercats Ôc contredits nous arriu5s en la maifon deByr- L'eme^ ihene ^« Le portail en efloit très- ^^ ^^-^ niagnifique^&foptueux; les qua- ^^^'^' D li; ^(^^^
Dbvxilesm ELÏVR-B tre coings garnis de diuerfes co- ll âet ^^"cs, donc chacune fouftenoic crit U ^"^ ftatucde la Deeiïe Vidoire; maifon ^^^^S^^^^^^ ayans les pênes eften- ^ dues,Jencore quelespilaflres ne Fnetres ^^ ^o^g^^^î'-oc , fébloient neanc- txeU'^te "^^^"^ ^^^^ muables & voleter à fi^tHë ^^^^^^ ^^^^^ P*^ delFas la rofee. ' ' Visa vis5rimage de Diane taillée en marbre blac^copalToit le beau millicu de la place image accom- plie de tontes Tes pcrfe(5tions. Le ventlayrouncaoicdoucemetfcs habitSjOn cuft dit qu'elle couroi: dVn pied léger 6c difpos, qu'elle venoic au deuant de ceux qui en- troient ;& neanrmoins fe prefcn- toitauecvnemijefté vénérable. Elle auoit à Tes codez r des chiens cifàllezauffi depierre.LCursyeux nienaçoyent,les oreilles eftoisnc drefTees, les narines oiiuertes, la bouche baaillâte & prefte à deuo rer quelque proye:tel!emêt que (ironoyoitvn aboy de quelque lieu voi(în,oneftimoit qu'il pro- ccdaft de la gueule defdits chiens
DB L'AsNE d'or, 40
de pierre. Mais ce enquoyl excel- lent imageraiioit monftré la per- fedion de fon ouurage, eux leuas les pieds de deaant jfaifoient mi- ne de s'eflançer furquelquVn , ôc touccsfois demeuroient ferme ar- reftez far ceux de derrière. Derrie re le dos de laDeefTe onvoyoic vn rocher façoné en ;forme de grot- te tapi (fée de moufTe^d^heibe vcr-^ te,de fcuillces ôc rameaux que les pâpres& petits arbriiïeaux pro duifoyec fleuriflTans d'vn coftcjôc qui de l'autre, forcoiét du rocher mefme: le mirbre de la ftatuc eftoit fi net & poli que Tobre rê- doit yne grande clairté par-de- dans.Sur le bord de la roche pcn- doientdes pomcs& raifins tail- lez auectel artifice qui fe peut imaginer, lefqueJs l'art/ fingc de nature auoic merueilleufemêtbié exprimez au naturel. Oneuftdic proprement qu'on les pourroit cueillir pour manger quad levan- dangcurAutumne|Ies auroit ame- nez en maturité.Et qui fe bailTanr D iiij;
DEVXÏESME tIVRB
cnft regardé les foraines quifail- loientdelTous les pieds de la Dc« elTej&ieccoiécvne eaa douce Ôc ciaire,on euft trouué ces fruidlsde pierre fi viiiemcnt reprefentez, qu'ils fembloienc baIeuotcr5re inouuoic& ioLier tour ainfi que fur leurs propre fouches. Parmy les feuilages du rocher on voyoic l'image rd'Adlnson, qui tournant la telle en arrière ,dcfîà trâforiné en cerf bofcagerjfembloic acten- dre Diane qui le venoic baignerai dans ledit rocher 6c dans ladiic fontaine.
Comniîeie prenois vn fingulier
plaifiràconîempler exa6lemcnc
toutes ces fingularitez; Tout ce
que vous voyez (medi Byrrhe-
ne) eft à voftre commandement:
&là délias commanda lecrette-
ment à tous Tes c^ens de fe retirer.
Lefquelseftas forti: Ha très cher
jBy^rhe Lyce(dit-eIleJievo^iure par cefte
nedone DecHTequeiene fuis en moindre
4duis d pgjj^e pouz vo',(5
'^F^^' de fouci de uoàce falui que (i ic lee, ^
DE L* A SKE D*0 R. 4I
VOUS auois engêdré-jgardez-vous maisgardcz vous biédes fauHes prattiques&melcbat attraits de ceftcPaphilefcinede voftre ho- fie Milon. Elle a bruit d'eftre la plus grande enchanteielTe& ma- gicienne,&: la plus experte en Ne ^'^^ff* cromancequi foie en cefte ville, "^^\"'^ El efçair,enrouffl3iKde faboiu/^^ ^°: che cei tains iettos d'arbres & pe/^i/^*' lices pierres, auec autres iebla- ^^o-f. bles bagatelles 6c irtenus fatras, d^^g^ enfôdier toute -u k lumière de ce mode eftoillé dans le plus creu% des enFers, & le confondre en fo ancien a: chaos. D'ailleurs, fi-tofi:»^''^^*" qu'elle apperçoic quelque beaii ''^'^•• ieune homme, elle s'amourache de la bone grâce d'iceluy; elle co CourA tourne foiidainj» Tccil & le cœur toifck fur luy. Eile luy donne mille at- ceuxqm tTai(s,miUe mignar Jifes,mille af- /' ^imer fautsenrepritj&renrétepouria-^;.^^//^. mais dans fes liés amoureuximais.^ ^^g^^- defdaignant les plus reftifs & re- ajfj, /^. uefchesjd vn feul mot elle i^^^^- defddU forme les vns en pierres^cn toutes^;^^^/^ ' D V ^ ^
'^ Devxiems livre forces de bcftes,&: fait mourir les aucrcs.Ie vous enay bien voulu donner aduis afin qu'y preniez garde.'car elle brade toufîoursi & ie voy voftre ieune aage & beau- lé capable de fes flammes.
C'eft ce que difoic Byrrhenc
t/esaa- affez foucieufe po ir moy.Mais ft
uisjont toftq i'eus ouy parler deceftart
autat migique dôtauec toutes lescu-
dall/^ riofirezdu mode ie décrois auoir
^'^^^^ conoisface,- tac s'e fjulc que ie me
^^ T P^^^^^ garder des allechemêts de
nted »/f Pirnphiie^ qu'au cotraire i*en tre^
ftiUe, f^jijQJj çjç JQyç ^ jYie voulant mef-
^^' me auec ample falaire mettre en
apprentiiTage de telle fcience ,ÔC
m*aIloisdegayeté de cœur tout
dVn fault'precipiter en ccfte fon-
Courat driere, Ainfiie me dépeftrc le plus
^frrtêU joft que ie puis des mains de Byr-
^^i rhene come d'vne chaîne-, & mal
auifé que i'eftois , prenant congé
d*clle,m*en vay tout courant au
logis de Milon.Ec corne ie hafte
brufquementlepas \ guife dVn
^ inréfé : Oc fus courage Apulee^
Dfi l'A 5M e îï'or. 42. (ce dis-jelfois vigilant & pren ^^.. ^^ crande àtov: voicv l*occa(ionq ^ - tu cherches de II loneue main: tu , pourras deiormciis ralfalier ton at- ^ fedio de contes plàifanséc mira- l Guleux.C'eftà faireauxenfâsû*â- •('
imCo
uoir peur: vie t en aux prilesj nais garde bien de l'enlacer es amours de ton hoftefTè, de fouiller le lia: coniugal du bon Milon, comme inuiolable & ga- Serefoiè bionnédVnechafteté religieufe: àuX' recerhe pluftoft de toute to ame amours &pui(Tancefa chambrierePhoiis: dePhn*- carelleeftgêtille&de bonegra- tis^ ce, de plaifante humeur, &a le mot pour rire. Hier mefnae quâ4 tu t'allois coucher^elle t emmena dans la châbre auec toute cour- toifie,te pofâ gentimet au litft, te couurit aiïezamoureufemenrjSc t'ayaiic baifc tefmoigna a parfbn vitagele regret qu'elle auoit de s'aEyandonnerrmefme regardant pluficurs fois derrière foy^eile s'ar reftoit tout court à chafquc pa5r>. OcDieumedoint bone encon^
lîU trduue feule.
D E V X I E s M E t î V R ï
tre : m'en dcuft-il malarriuer, ff faut il fonder cefte Photis.
Ainsi raifonnant à-part moy i'ariiueau logis de Milon , refolu de m'abftenir entièrement des at- traits de Pamphile,& m'amoura- cher de Photis.Te ne trouuc ni Mi Ion nifafêmechez eux,ains feu- lement ma mignonne Phoiis , la- quelle hachoit de la viande à pe- tits morceaux, & faifbit delà far» cepouriefoupperde fesmaiilics Ledreiroircftoitbiê garni de vin (i que humant defià celle bonne odeur parles narines, ie faifois bien eftar de me dôner vnc braue cutee.Eilceftoitfort proprement veftuèd*vn manteau de toile de Iin,troufréeau detrousde»-mam- naellesauecvne bade d'efcarlate rouge; & vne dehcateblanchs main remuoit fa viande dans vne marmisjp en cernes,.faifât \ force defecouerlecorpj, ondoyer les tepliîde fon habillcroét en rond; & par mefme moyê mignaidant ic& membres d'vnciemouûeoicac
DE l' A SN E d'or. 4j
amoarcux& lubrique, cocorcîoïc peu à peu les reins , & démenant i efpine du dos auec vne faço fre- tillaude, Icsfailoic comme s'entre rencontrer à gu.(e d^s ondes.
Ce qu'yanc apperçeu ie de- meuray toutra'ii d'eftonnemfcns les parties aufli qui demeuroléc auparauant couchées, commêce- récàferoidir. Enfin fin m'addref- fac à elle; O ma Photis ( ce di-je ) , /l , que tu remues gentiment & de •* tone grâce cefte petite oulle aufîî bien que IcsfeiTes [ ô le doux ôc mielleux mager que tu prépares! Heureux certes Se content celuy auquel tu permettras de iréper fon doigt la dedans i
Alors cefte friande auec fon Eilefe bec affilé mevarerpondre: OHez mojlre vous d'icy pauure malheureux ;rc*/or//4- culez vous de ù mo feurcar fi feu- «/fo Icmeni vne flammèche vient h, vous touchCa vous bruflereziufl qu au dedâns5& perfonne n'aura moyen d'efteindre voftre ardeur £aoa moy , q^ui fçacham bim aP
Devxiesme livre faifbnner la viande, fuis bone pra- ticien-.e à fecouërSc le pot & le h6i auili doucement l'vn que l'au ire.
En me tenant ce propos elle ietta les yeux fur moy»& fe print à rfre.Si nepa'Ti^ je poinrd'auec clleqien'eulTe . u p;eal'able (oi- gnei femener eipié la coter.a .ce & co?faG:e.Mai« qu'a v-ie que fai- re de parler des autres parties at- ledu que ie n'eu iamais autre fou ci que Je contempler premiere-
r . » ment en public &dilîgcmment la ^ j tefte & les eheueux des femmes ,
^1 • puis après en louyra la mailon? C eit ainii que ic ray certain luge
, r ment du refte, ou parce que cefte I principalle partie du corps eftant
cxpofeeàdercouuert.fe prefènte lieux 1 ^
' la première à nos yeux>ou d'autat
que la naturelle netteté des che-
ueuxfaiten lateftecequ'vnega'.
je couleur dVn propre & gentil
iabillemêc opère à l'endroit des
autres membres. Au demeurant
jplufleuis voulans faire mofcrc^e
V
DE l'Asne d'or* 44 leurs beaiuez& bones graces,d^'f poliillenc leurs veftements,oftent leurs artifecs, guimpes & collées, pour eftre trouuées pi' agréables, auec vn teint vermeil Se rofin, qu'en leurs riches & fomptueux habits, dorures parements. Mais fi tu defpouilles de fes cheueux U tefte de q.ielque fera tie excelle- ^J
te en beauté( toutesfois ces paro- J lesfotodieufesrôc ^jànaiuiéae ^'J^ qu il s'en trouuevnfi cruel exem ^J pleaumodej&quetuluy oftes ^. la naturelle beauté de Ton teint full elle enuoyee e du ciel , engê- drée de la mer ,nGurrie au milieu des ôdcsifuft-ce di-je Venus mef me jvoire enuironnee de toute la compagnie/des Graces,fuiaie de toute labâde des Cuipid6s,cein- te de fo baudrier ou^ demi-ceint perfuméedecinnamorae,ôcqueî le degoutaft dubaufmeà guifede lofee: s*elle fe vient prefêter auec vne tefte chauue,A fonVulcain mefme ne latrouuera iamais agre able. Mais oh ^u il fait beau voir
DSVXIESME tiVKE àcs chcueux dWne^oulenraî^rea- blc &z nette, fi viue qu'ils brillent ou lefplan lîHencauxraisdu So- leil,& que par vn luftre chageanc donne diaerfe grâce aux yeux desiregaidans: de par fois /relui- ^ns comme de l'or femblcnt vrr peu recharger de noirfôbfe ain- n que la couleur du miel; par Fois feternidans comme leieincd'va ^corbeau refcmblét au plumage du col/; de pigeons, qui change de coulem, rouge verde,bleuè,& fediuerfiBeau prix que le Soleil done delFu^rou par-fiis oingts,&: flottez de i gouttes Arabiques^eT parpillez & proprement feparez auecladent menue d'vn peigne bien delic, puistrelFez fur le der- rière, viennent à le prefenter aux yeux d'vn amanr,6(: rcndéi à gui* fed'vn miroir l'image d'auiâtpliS' agréable IQuelplaifireft ceaufli quand lescheueuxefpais , crêpe- lus & bien teftonnez remplilTenc lechefjou qu.efparsfurlesefpau lesUsdefceadéccous eAêdasiaTT
D E L A s N E D* 0 R . 45
qu aux talons? En ionime la che- uelureeft de telle dignité, qa en- cores que la féme s* eOoffe de ri- ches & fomptueux habillements de dorures, pierreries &c tous au- tres ornemé-s(i toutesfois fcs che ueux ne Ton: bien agencez on ne lapeurioruuer belle.
Mais quant à ma Photis/on louë ornement fins ordre, fans peine, fur tout fans artifice, augmentoit fa grâce ceuxde ÔC gcniilc façon. Car l'es cheueux fa rho* aîTezefpais, gentiment efpandns tis,^ & par(emezrur les efpaules, puis s'arreftans vn peu fur les repli^,^: failas vn troufTeau de cheueux en bas,eftoientrecueilHs&: notiez aufommetde la telle. Bief il ne mefutpofîîblede fupporter plus outre le tourmêt queme donoit vn fi délicieux plaifirrains me riÎJiS fus elle i'imprimay fur (o chef vn ^
doux baiferàrendioitoûfô poil ^/;^/^^ eftoit ainfi troufié. etVhnls
LA-delPus elle tourna latcfteen et r et en arriere,&mereçîardant d'vn œil himcttt uauetfé tout flarabâc d'amour & p^^^
Dfvxiesmï livre n morfillanti Holà ieune efcolicr ( ce dit-elle } vons gouftez & o le doux ôcramertout-erifébie :gar- dezqueparvne trop grade dou- ceur de miel vous n'attiriez vne- bien longue amertume de fiel. Qu^cft-ce à dire cela ( ce di-je } ô mon cœur, veu queie fais tour-* preft,moyennâr qu'vn (eul petit baifer me refraifchide, de me ro- ftireftendu/>danscefeu tout de mon long ? Quand.& quand ie TembraiTebien ferrc,& me prés à la baifer.Et comme defiàpâr va ialoux chatouillement elle com- méce à s'accorder en coformiié d'amour auecmoy i corne defià parvnehalaine cânellee fornnt de fa bouche,&par le choc nedVa- ré qui procedoicde la rencontre 'Photie ^ ^^ "^^ ^^^^ îangues,vne frache done ^rô: volontaire conuoitife nousef^ rn.^.J-' chauffe tout deux; rie meurs/" ce zr.^ ^ di-ie Ivoire melmeie luis des lo^ imlââ tepsmortli tunas pite demoy. ^ ' Adonc m'ayant derechef bailé: Courage(dit elle)ne vous mettez
I
Di iAsNi d'or. 4^ poÎQC eti peiae:car l'ay maïuelle- roentroaftnismovojloiraa vo- ftre; Se nollre amaar n'auta paî longdelay: car fi to'.l q l'ou allj- meraUchaaiel'e,iemetroaue. raviasvoftre chabre. Allez vous en docq'ies,&: vo is préparez car toucenii^ iela::era7 vaillance & de haie a-.ie: voaç. Apres teisSr placeurs au::es deais chacun fe
retira. Envi Roslcmid^Byrrhene
ra'enuoya qaelqaes peiis/ pre- fensiàfcaaoïr va porc gras, cinq ^^^^^ ceUncs/&:%'ncaquede très bovia j.„.._, ieîoîî là UUQil. Alors appcihnc ^^^^^^ PhotisiVo:cy(di-ie)^ LiberfoUi ^^,^]_ cireur & coftiUiec de Ysnis qui ^^^^^ no is vient trouuer de fon bon j^ ^^^ gré:auallos auiouri'hay tout ce ^^^^^^" , vin, pourchâlTec de nous toute ^; honte 3c vergogne pareiFeufe , & ^ "- nous fournir vne gaillarde vigue- ur ieu d'amour*, car la gaîere de Vêusn'a befoing d'autre proai- fioopour bic voguer: que pour veiller toute Quià > nous ayoqs
DfiVXIBSME LIVRE
toufîours r Je l'huiIc en noftre la pe Â: d j vin dans le verre. Nous paffaf^nes le rerte da iour aux Dains,puisnoas miTmesà raSîe pour foLinper ( car le bon Milon m'auoic in jicc à prêdr? en fa mai fo vn repas raccourci ) &me gar- ^ dois de toute ma puiOace d'enuf fager ^à fémsjuiuant l'.i iuis que Byrrhene m'en auoic donné;^ lî d'auêcure ievencisà iett.r lavtuc fur elle ,c*e(1oit aicc aurant de crainte q fi i'eulfe regardé le lac He^ou- ^^^rne: maisayat touliours l'œil /./ -. . fiché furphotisqui feruoic àta-
'i-'oyAnf Dlcteceuoit^'n cxirëmecotente» ment.
SvR.lefoir Pamphile voyant la chandelle allumée; Oli (ditel le]/logrolîe pluye qui tunibera demain'Ei fui la iemade que lui fie fo mary, cornent elle fçauoit cela:Ielecognois( refpod-ellejà la lumière. Alors Milofe prenant àrirefurcefte paroleiOh( dit- il j la grâ Je / Sybille de lumier e que nou» nourairons^tjui par Uguc-
^hotis.
D E l'As ne d'o r. 47 rîte dvne chandelle eipie toute les afïciiies du ciel,voirc leSoleil mcf- me/Ec raov repanat: C'eft ( di le) le premier efTay de cefte diuina- tion: ôc ne lefauttrouuereftran- ge; car ij ce feu terrien dont l'vfage p^/^^ eft commun aux hommes, au mo- ^c'pl^i^ yen del'alliâce & fympathie qu'il lof^pUic aaueccefeu ar^heree &celeftiel, ^^'^^yj*^. nous peur annoncer &■ par vn di- ^^^'^ uin prelage fai; e fçauoir ce que le dit feu doit efFcduerau plus haut de l'air. Car mefme à (iorinrhe vil certain eftraeerjfChaldeen de „ j nation .trouble toute lavuiepar ^ les eltranees ounnations nu il pu- ' bliejOC pour de 1 argent ieme par- v my le peuple les fêcrets desdelli ^l / nees^quelsj'iours iont propres & , bos pour fe marier, ceux aufquels îl^les fondemens des murailles po-^ fez,entretiennent le bailiment en fon eftre ; & ceux qui font^ com* modes pour traiîiquer,pour voia- ger ou par terre ou par eau-'ôcmcf- mecommeiem'enqueroisdcre uenemcnt de ce mien voyage, il
Devxiîsmi irVRE m*arefpondu plufieurs chofcsJu tout e(tranges& aiTcz djuerfes: Cai il me prédit queie n'aurois pas peu de réputation, que ie fe- rois vnegiade hiftoireauec fvne fable incjoyable, &queiccopo- fcroisdesliures.
Alors Milon Ce fbufriant. De quelle taille (ce dit-il(de quelle corporence eft ce Caldeen, ôc co- j^llpn mant fe nome- il ? Il efl ( ce fai- ie) prou^^ de haute taille,* vn peu noiraut:& ^^A^g fe nomme Diophanés.Ceft mon {fjarU- ^onie/ans autre ( refpondil) car tan •prcs auoir femblablement pré- dit icydiuerfeschofes à plufîeurs perfonn eSj&defiàgaigné beau- conp de biens & de cheuancc, le pauure home eut en fin vne for- tune, ie ne fçay fi ie dois dire/fe- ncftre, oupluftoft (iniftre.Carfc trouant vn iour au mileu d'vnc grade aflcmblee de peuple^pour doner à chacun fon deftin,icnc fçayquel fauetier qu'on apeUoit />Negotiateur, s'approcha de luy defirant appradreenquel iour il
DH l'AsNE D or. 4.S \\
deuouc^mencervnvoyage qu'il *•
auoic à faire. Mais comme il eut choifi certain iour entr'autres le- quel il luy deftina pour fon pane- menc, après neantmoins quele pauurecounaut de boutique eut au preallable ouueri fa bourfe , & dcfià femé Ton argent fur la table duChaMecn^denà compté cent ^/^^^^ pièce d'argent pour le falariet de ^^^^^ ce qu'il luy deuineroit: voicy que ^^^^ vn ieunegentil-hômcle vient em- poigner par le pan de fbn man- teau ; & l'ayant induit \ regardée derrière luy, l'embraire & le baife auec beaucoup d'affedion.Mais (i toft que ce Gentil- homme eut (a- iaé Diophanés, & l'eut faitfeoir auprès de luy jceftuycy demeura tout eftonné dVne h {oudaine& non efperee vifion : fi qu'oubliant l'afïàire qu il auoit entre mains jil luyva demander. Depuis quand eftesvous arriué? l'arriuay feule- ment hier au foir ce dit le Gentil- homme: mais / frère , racontez xnoy pareillemenc comme vous
Devxiisme iivh e vo'clleifauué de 1 Ifle d'Eu bore, & par quels halards vous auez trauedé la mer & paracheué vo- (Ire voyage.
LàdeiruscebraueChaldcëfur- prins & rranfporté hors de (on en tendemêc,fànsactendre qu'il euft reprinsfes efprits: Que tous nos ennemis & mal- veilJans(^dic-il) pulifentcumberen vnefi cruelle nauigâcion, voire aufîî trifte (^' fu- iiefte que^ celle d'Vlylîe.' Car no- ftre nauire batu de diuers tourbil- lons ôc tempeftes, ayant perdu l'vn & l'autre gouuernail &de violes & de rame?, ôc non qu'à peinegaignéle bord de i'aurieri» iie,s'eft dvn précipice enfondré das la mer:6v: nous, qui pis eft he- lasayans tout perdu n'auos qu'a- uec beaucoup de diiïicultéslauué nos pauures perronnes. Encore tout ce que nousauonsrecueilly foitpar la compaflîon & miferi- coide des cftrangeis, Toit parla bien vueillance de nos amis, les brigands nous Tont entieremencr
lauy.
DE l' A S N E D* O r! 45^"
tauy: & mefaîc vn mien pauurc frère vnique nommé Arifuar, fe voulant oppofer à leur audace, a cfté miferablement alforamé dc- uant mes yeux.
Comme il perdoic le temps à raconter ccftefouibe 5 & contre- Contre^ faifoic bien l'affligé, ce fauetier qt^arré Negotiareur repiint les deniers parvn qu'il auoic deftinez pour payer (on fauetier deuin , & gaigna foudain au pied. ';Aiors Diophanés cfueillc /feniic /le dommage de Ton impudence; -voyant mefme que nous autres ^uilecofloyôs nousprifmesa ri- xe à gorge de/ployee. Maîs quoy que foit,Seigneur Liice/oyez feul ^ qui ce Chaldeen air prédit lave- litéjvous eftes le biê venu,«ScDieu vous doint faire bon voyage. ' Ainfi que Milon eftoit fur ce long difcoursje gemilîois à-parc ^^^"té I moy & me fafchois,en mon cœur ^^P^^- \ f decequeTayarde moy-me(me ^^"^ \ ieué furvn longdediut de iene *4pfileâ \ fçay quelles fables importunes, il î^j
me falloir perdre lamcilkurepar^ E
DeVXIESME L tVR Ë
tîe delà lerec,&: le tant agréable pj fniit que i'cn a'jois efperé rece- «oir. En fin ayant deuoré toute lionte & vergongne.ie m'addielTe ^ Milon j & , Or que ce Dopha- liés(dije) porte Ton malheur, & que derechef il cornette les con- qucfts qu'il fait par le monde taftt » à la mer co'me à la tene : quant à moy qui fuis encore tout harallé du chemin d'hier ,donez moy co- gé de m*allerchoucher de bonne
heure.
Ainfiie m'en vay, Se me re-
r -» tire en ma chambre; où ietrouue T la collation bien honneftement
S-^ appreftee. Photis auoit pareille-, ment drefTé la couchette des gar- çons en Tallee loing de ma cham- bre afin ce cioy-je qu'ils n'enien- diiïentjes menus difcours qui fe tiendroyent la nuid. Aupre.« de mon h(5l:^ auoit vne petite table chargée àts meilleurs reliefs da fouper Les verres grands & capa- bles eftoient à demi-pleins devin pour le trempera dilcret ion; (3c U
J
j'piJboureille auprès auoic le bas
fjeftroic, & peu à peu seflargilT;!:
par le goulet afin de vcrferà plus
,(? grands traies, & feruir o d'auanc-
ioupper al elcrime vencriene qui
deuoic furuenir.
A peine eftois-ie couché, que phetis Voicy ma Phoris ayant mis fa mai- /g njitnt ftrelfedans le lidl, rne vient efpan- troutter^ dre force rores,& en ponoit vne bien efpanouie dansfbnfein rele- ué comme nous auons dicffc. Puis m'ayant fort eftroittement baifé, ^garrotté de chaînons de rores,& iurfemé de fleurs 3 elle pren d'vn j/^^l^ verre à la main, & verfant de l'eau ^^^^^^ ^ tiède delTus me le baille à boire. /^^^ mais deuant que ie l'aualle tout ^^c^/,» entier, elle me l'ofte doucementj ^ ^^^*j puis buuetîant à petits traits, & fi- Je 1er chant les yeux fur mov le troulTe y^j^ iolimenr, nous redoublarmesain- p^'^ iliufqu'àr deax,trois & plufieurs "^ autresfoistoura tour.
Comme ie fus à bon efcient trempé de vin,& que non feule- ment inquiète &: pétulant/ d'eC-
pritjiDaisauiïi de corps, ie ban Je tous mes fcns pour accomplir ma conuoiiife, ôc m'appcrçois mtiV mevn peuroidirau basdu ventrej L iereietcema couuerturc,^ mon- ?■ ftisnr à ma Photis l'impacienct de mofiamour: Avcpetiédemcy( ce , di- je ] & m c vîeri fecouiir au plu^ | ^ toft. Car a ce que tu vois, dés la première appicchc du combat au- quel tu m'as appelle comme s'il ne deuoit auoir ne relaiche ne fin, m'eftant roidi de toute ma puif- fance,fi toftquei'ay receula pre- mière flèche dececrueî Cupidoii (Î^M/-au plus creux de mes entrailles, J^ante ceftemefme vigueura bandé mo allcgo^ arc, de crains fore que la corde L'^'i pour eftre trop longueméc tendue nevieneà roraprermais pour me complaire à ccfte fois, dt Aie tes cheueux, 6i les faifànt cfparpillez flotter fur tes efpaules,vien, que ie î'embrade detourmoncceur.
Sov'd A IN elle ode toutes ces Viandes &fla[cons; (e dcrpoUille ^iiili nu« que la main , .dcflace fa
1
De l'asne d'or. /ï j|
clieuelure pour rcdrele duel plus [i
a^reabieipuisfc façonnante ^oife -,
d vneVenusqui forccîe la mer, elle I
d'vne main ro^ne ombrageant plufto^à cîefTeing qu'elle ne coa-, *
nre* gnonne &c fans poil : loudez a rien^ ceftc heure, &c iouftez valllam- naaux inent (ce dit-elle) car iQncvous mfes* q^uitteray point le champ, ny ne tourneray le dos. Difpofez-vous. Cl vous auez de la valeur à comba- I
tre tefte à tede ôc de près , donnez Ta (Tau le v'iuement,&me taez pour mourir auecmoy : le combat d'au-^ iourJ'liuy n'aura point de relaf- che.
La-denTus elle monte fur le li(fl'5' ■Te couche doucement tout de Ton long Tur mpy : pais fauteUnt'à plu- fieurs bonds, de t démenant les teins d'vne façon lubrique & vo- lup-.ueufe, rne Aoula de tous \^s fru:6l:s qu'on recueille en ces de- duits.amouteuxiiufqu'à ce que re^ cieuz$ nous denieiirallnes tous deux cm-
E. iij
DïVXIESME LIVRE
brafTez pour reprendre halene en- ne tes bras l'vn deTautre» Ainfi palTafmes nous la nuivft fans clorre ïceWy ôc luttans enfemble par uinf- mesaupoih(^du iour,nous delaf- fans aucunes. fois à coups de verr res, aiguifans nos amours. Si re- nouuellansnoftre plaidr, & à l'e- xemple de cède Inuifl nous en ef- coulaftiies geniimcc plulieur s au- tres.
Ad VIN T vniour que Byrrhe- ne m'inuita de prendre vn foup- per chez el!e , &c quelque excufc que i*â!lega(re,ne la voulut iamais prendre eu payement, Ainfî donc il m'en falut demander conftil à ma Photis v comme font les ma^^i flrats aux deuin^. Laquelle, bien que mal-vo!onciers,ne pouiianc foufFiir que ie rabandonnafTe la largeur dVne ongle, o(fl!oya n^ac- moinsdefa grâce quelque petite trcfiieà nos amoureux combats: mais auifez( dit-elle) de reaenic foudain après foupperrcar la mau- âite fadlioa de certains ieuaej
DE L* A SN E D OR. îi
Gentils-hommes a mis la ville en alacmes, vousaduerris que vous trouuerezemmi les rues plufieuts pcrfonnes gifans cfgorgez fur le carreau-, ioincqnela garnifon eft trop loing de la ville pour la gara- tir de ce malheur. Et quanta vous la fplcndeurde voftie qualité, & X lemefpris qu'on faiiicy dcsc- ftrangers, vous poutioicnt bien faire guetter.
Ne te mets point en peine ma mignonne, ce di je: Car outre ce que ie preferois volontiers mes ^ plaifirsaux feftins d'autruy ,ietc leueraycefte crainte en reuenanc lepluftoft qu'il me fera pcfliblej D'ailleurs , ie n'iray point fans co- pagnie: car ceignant mon efpee ordinaire à mon cofté^ie porteray quant & noy ma fauuegarde.
Ainfi efquippé ie m*en vay foupper.Il y auoirj bonne Ôc ho- norable compagnie,- voire com- ^ft^i^é ^ me chezl'vne des plus groifes Da. fi'^pp^ mes, toute la fleur de la ville y (^f eftoit, de très-bonnes ôc très. ex- ';^^^^* E iiij
DevXIESME tIVRÎ
qnifes viandes , des liéts d'yucire^ garnis de couuercures de draps^ d'or , de Jurandes calFes, & diacrlcs geniillefTes, miis d'cgUe eftinna- tion & valeur. Icy l'on voyoit vn verre ingenieufement glacé, là vn vafe decryftal mignonneTient ou- uragé : deçà vn auire d'argent bien net oc poli , delà vn d or rclaifanr» vn autre d'ambre merueilleufe- ment bienvuidé,& des pierreries façonnées en vaiiTeaux propres à boire. En fomme on y trouuoic touccequimerme ne (e peut fai- re.GrandnombredeCTencils-hom* mes fcruans richement habillez porroient la viande , & couurans la tablediftribuoient les plats fort lionorablement Jes pages bien fri- fez &c vefttis de braues calaques prefentoientfouuent dj vin vieil dans des pierres precieufes for- inéesen vafes agcoramodés aceftc propriété. Apres qu'on eue allumé les chandelles Se tiambeaux, on veinr aux propos de table, aux plaifanceries , ri(ées , gaulFeries^
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t) t t'AsN È d'or! 5> 1^ pertniCes ncaitïtmoins- à gens dionncLir* n.'^K-
^,X o R. s ,§:/rrli ene . ^ne Va dite, : Elle ^"•' bien , cumoieac vqiis iràiiuez loue f^ ..J13? gtL*^l]^€ nfl^;ilrl'e^iniçons to Ke;S leS aiures p&urdl- "^'.Uîîs.enbv'aïuè de temples, de uoffs bains, ^ rovues aurres'œaur-cs ex^. conS^ celleiites. Nous aaons en outre tiom'^ grande qiîatiiç, de riches meubles: i.touc le monde yyiEeivfeiire libec- té , foient gens oifeivx ou: de trau=^ fie :-les aurçhan^d*: cllrangersqui n'aiment que l'aHl lence d'houe- mes, trouuenc la ville aufîî bieuF peuplée q^LiecelIede Rome: toiS'»' t^s perfcnnes modedes y viueiK- auec aAitattt de ieureté qu'aux gaye &i plaifame rcçraice qui loir eatoute la ptouince.
Etmoyreparnntj G'eAiavcrî- ^pjd' îé(ce di-ie)& ne penfe point auoir les ^' vefcu nulle partauec plus de liber- /^5»i?V ti qu*encefie ville: mais ie crains mm^ fers ces crifles & non euirables sr- IJU'es^de noagi e , Gr o n d i c qu e i«3>
DeVXIESME LIV'IIE
fepulchres ne fom pas meiraeen
fcurecé; qu'es bûchers & places
llcraït ^^^ ^*^" brufle les cadauers , on re-
. ^r cherche 4 les rciique^ des oitemés,
rci j &Ies rongnares des ongles pour
-^ • nuire 5c attenter fur la vie des A>i*
*^ uans.Ec cependant qu on prépare
les funérailles dVn trefpfle-jfène
fçay quelles vieilles enchâterelTes
par wnc tres-fbudaine habiletédef-^
robentles corps & les cnfeuclif.
fenc cachémenc.
Lk deiTus vn de la compagnie adioufta: Certes en ce pays cy Ton n'en fait pas moins h ceux qui i"oc mefmes en viî;& n agucres vn cer tain ayac eu par mefme charme le vifage entièrement defigurt , s'ç(ï finalement trouuémeunry d'vnc cruelle >?
Surcefte parole voilà toutela compagnie s'efclatter à rirev^ Fn4U' chacun iecta les yeux fur vn cer- ffeles ^^^" ^^^ ^" ^^ coing à parc jequel ^„.„* tout honteux defevoix ainfîob- f^ajecs ftinémentenuilagejfe voulut ie- uei de colère en grommelam &
D E l'A s n e d'o r.! ^4,
fortir de table:Mais mon amy Te- lephron ( ce dit Byrrhene ) ie vous prie demeurez vn peu U^&faiuant voftreaccouftumee courtoifie,rc- commencez nous le difcours de voftre aduécure,afiiiquece^ mie fils Luce air parc en la bonnegra- ce de voftre beau dire.Luy refpon" dant ; Quant à vous Madame ( ce dit'i!) vous perfiftez bien au de^ uoir de voftre fainde bonté; mais il eft malaifé de fupporter l'info- lence de quelques-vns. Ainfidic Telephron cranfporté d'indigna- tion ôcdc courroux, mais Bycre- neleconiurar^t par fon falut , fit tâcqu*à force de prieresil oflroya ce qu'elle demandoic. Luy donc camocellant le tapis, Se s*appuyât du coude là defTus,^eftêdla maia droite5& la conformant à la foçoix desOrateursjl ferme les deuxplus petits doigts, drefte les autres , ôc corne menaçantvn peu f du poul- ce vient à dire: Enfatf
Comme i'eftois encore pupille laiis^ ic partis de/Miletpour aller aux rem
E vj " "
DiïVXiBS'ME L rvRB
^ieuxOIympique voir cède place tant fameufe en vnc prcjuince de grande réputa- tion. Apres auoirtrauerfé toute la, ThefTaiie, i'âcriuay finalement à la malhearc en lavilic de Lanile.Ea vifîcant le^ places &c recoings de la' ville , foct ieger d'argent , ic viens au ma: chccercher quelque chofe pour merrre fous la dent , & fub- ftanter «na pauiirecé. An milieu d'iceluy i'apperçois vn grad v:eil- la4 d môcé (ur vne pierre, qui ciioit à hauce voix : Qjvi vo vd i^ A
PRENDRE VN MORTEN SA G A R D E , S Ç A C H.t ADIRE CE
, CLyiE DEMANDE. Aiors m'ad- dreflànt au premier que ie rencon- tre: Que veut dire cecy^Ies morts dccepays ont-ifs accouftnme de // ^"^"r/enfiiyr f Tailêz-vo-.is^cemeref- ^ww^Â'r poii.Lil : car vous eftes eocoreieii»^- en Ut ne,^me[mc cftrangcr; &:paiir- §^'r.ie» jjy^f ^Q fongez pas que vous cftes en Theluli? , où l'^s (ârcieres d-ev- chKpiettent ordinairement îe'îvi)-
r^j
D E l'As n e d'o kI ^^ font exercer leurs charmes ôc for- cileges. Mais(cefdi-iôen reparrîïj) dircs-moy degrace quelle peine y a- il à garder aind les morts? Pre- mièrement (refpond-iljil faut veil- ler coure nui 61 {ans dormir , auoir loufiours Tes yeax ouaetcs& ban- dez fur le cadauerfaiis les tourner ne (f\ ne larcar fi toft que l'on tour- ne le virage,Ges ru fées Se maudites femmes fe conuetiifTenc en toutes formes d'animaux, & fe coulent (i finement qu'elles tromperoyen^: airémentmefmeles yeux du Soleil & de lalullice. Careli^sfe trans- jfigarenc en fiifeaux, en ours, em chiens, en fonris, voire mefme en moufches : puis à force de char- mes elles alTopiflenrdVa profond /bmmeilles gardes :& perfonne îief^auroic exprioier combien de trahîfons cesmal-heureufesfem» mes inïaginent pour alfouuir leae (sonaottife; Etneantmoins on ne falairie aufdites gardes la peine: qu'ils-ontGoivrie- cefte ft maudire- ©vexation: ^cjuQL de- diK^oaCix- e&
DeVXIE^ME tîVRI
eus. mais qui puis efl: encore, i'oii- b.'iois ^ dite, que fi le gardienne rédii'j matin le corps routennct; x>n le contraint rendre de Ion pro- pre vifjge autat de chair qu'on en aura tranché du corps qu'ilaprins en fa îia.de. Avant appris tout cela Je redou- ble courage '& me renforce dVne niàfle vigueur, puis m'addreflanc au crieuriCelfe de crier ( ce dis je ) Voîcwn gardien tout preft : mais quel (alaire aurav-je ? On vous : baillera' dit il jmilledenier5;mai$ T^ovnt- hola ieune homme, auifcz bien à nat eii (ôigneufement ga^tic de ces u^rffs mauai es^ harpies Te cadaner du eonat^ fi'sdel'vn ceJ principales familles twis, de cefi:e ville. Ceiot (dis-je)abus 6c pures folies: vous voyez vn ho- me endurcv à la peine, & qui ne dort iamai^^qui void pl^'clair quVn JLvncee ouk Argus mcfme, & toucpacfemé d'yeux.
A peine auois-je acheué, que
• m'emmena foudain en vne mai-
fon , doa; ia poiie cAanc fermée, il
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DE l'Asne D 0^1 y5
me fit entrer pat vnpccichuys de derrière,^ monter en vne cham- bre clofe & fombre, en laquelle il memonftravne Dame qui pleu- roic habillée de deul. Ec s'appro- chanc d'cllçi Ceft homme ( dit-il) s'eft volontairement obligé à gar* derlecorpsde voftre mary. Lors elle rechalTant de part & d'autre fes cheueux qui luy pendoient fur ledeuant,ôv me montrant vn vifa geouuert &gaymefmeau milieu de fon affliction; Auifez ie vous prie ( ce dit-elle ) à vous acquitter fidèlement de la charge que vous entreprenez. Madame (ce fay je ) ne vous mettez point en peii^e, moyennant que me facicz quel- que pafîedroit outre mon falaire. Ce qu'elle me promit, & s'eftanc (oudain leuee me mena dans vne jlccof autre chambre. Là gifoit le corps dees enueloppé de / linges blancs ; le- tar h quelayâtdcfcouuertafjec la main •Mtufu en prefence de wfept homes après auoir longuement pleuré fur le vi- fagc d'iccluy, elle les prit tous à
Devxiesme tiVB.r fcfmoings, «5c leac fît voir chafque membre de Con mary IVn après l'aurre \ ayant auec elle vn certain qui les recoai^aat marquoit lue f^s tablettes cp.tnni^ ils fc çornpor- loyent: Voili( iiç-el!:cjroiiiiç^ en- tier jes yeux bien fains , tes oreil- les faiilues^^ les lèvres non effleu- rées,le menton folide. Ainsi MES-
SX E Y- 9. s VOV5 M*EH SEREZ
TESM o iHs. rPt)Ls fe retira leuc ayaior faic (igner ra tes-moy (ce.d^s-ie"^ Madan^e don- ner tout ce dont i'av befoing. Et qu'eft-ce qu'il vons Éavit>(fait-cne.) Vne bîjn çrravle lampe (ce refpons»- ie). & de l'huile liifGUn>menr. pour cfelairer iufqacsau iour ; d-e l'eau^ des brocs ^ vin, vne ta{Te,oc v.iplac garny de reliques du fonpper. A ^oc ellefecouancla ceftaj Va ba- din(cedit-cUc)cle cherchera fcup* per & des bribes en vne maifos' pleine de deuil , où depuis plu»- fiers iou rslon n'a feule m^ncveti flimer aucune clienninee 1 Penfes- 5U elke icy veaiîgoui;y;:ba^scerï
DE l'Anse d'or. 57 quenctemets-cu pluilod en dc- uoirde pleurer & ^cnm comme lelieu le requiert? A infi difantelle fc tourne neantmoinsvers fa cha- briere-,&, Myrrîiene (cedit-elle) donne liiy foiidam vne îampe 5c deThuile :puistiranc la porte fat Ton gardien , le renferme coût feul dans la chambre.
Or me voyant fans autre corn- il fè pagnie que de mon cadauer,ie co - ^fjfofè mence à «frotter mes yeux, Scies é^^icn armant pour veiller ie me de(èn- 'Refiler» nuieà force de chanter. Quand ce veint entre chien & loup, que le iourfutfailly ,lanuiâ: bien auaii- cce, tout le monde endormy , ÔC l'heure i43duë pour les aftires ; la peur commence à me faiGr;& fou- dainvoicy qu'ovne Belette entrée f^neBi* dans la chambre fe ferme contre lette moy ,^ fiche fur moyfes yeux ar- l'ej^ou^ denf^jde façon que mefme raflfeu- uAnte» rance d'vne fi chetifue beftîole me troubla grandement Telprir» En fin parlant à elle ; Q25 ne c'en vas tu (ce dis-ie) vilaine belle, & te re?.
Devxiesme livre tiresauectesfemblables, pluftofl quepafîer prefentement par mes mains ? quene t'en vas-tu? Adonc elle nne tourne le dos,& fe ietce prompteméc hors delachambie. Ârinftatmefme vneexrreme en- , I i uie de dormir me plonge aux plus » , creux abvTmes du fo m meil: telle* ment que le p Dieu Delphique n'euft mefmc qu'à peine fçeu dif- cerner lequel de nous deux gifans eftoitplus mort. Ainfi plus more quevif,& moy-mefme ayant be- foingd'vn autre gardiéiene pen- fois point eftre h prefenr, Serif' Desia ^ les oyfeaux cref^ez ualle, annonçoicnt par leur chant mati- ^ nal r les trefues de la nui6b ; & merefueillant de furfauttout tiâ- fi de frayeur , i'accours à mon ca- d.uer auec de la lumière j puis Iny defcotiurat le viraf!e,ie cerclie Toi- gneufemctfi toutfe portoit bien, L^ dcfïlisvoicy venir fa panure 3^ defolée femme ramenant Ces tcC- moins diiiour prece-iant -, ^ fou- dain le laillac choir fur le dcfund.
D el'asne d'or.' /8
Bc k^'&^t^antà plufieurs fois, le fouille de roue collez auec la iu- rolere. Pui$ appeilant / Phillodef- pote fon maiftre d'hofteljuy co- mande payer fur le chmp le fa^ Lire promis à fi bon &:fidcle gar- dien. Et rayini£uisfaît;Ieiine ho- me (dit-elle )ie te reoierciebiéaf- W'if fedionnément, & te promets y"^ -^'*' qii'enfaueur du bon feruice que ^'*'^'* tu m as fait, ie te mettny de(or- maisaunns demesamis.Et moy tout^cfbiudi de ce gaing auquel ienem attendois pas, (?c tout raui devoir ces efcusiaumlfas quei*ef- uentoisàchafquebout de champ entre mes mains: Faites moy ( ce di iejMadamecefthoneurdc me tenir au nombre de vos bien-hum blés feruireurs, toutes les fois qu'aurez affaire de mon feruice, ie ferav bien honoré de reccuoir vos commandemens.
A peine auois ie acheuc mo dire, Efl h^- que voicy tous les feruiteurs me tup4r maudin^^ns comme vn mefchant lesdome ho m e/e ruer delFu s ma fripperie, jjiqna^
DeVXÏëSME tiVRÏ
Se me chargent anec toutes fortes d'armes: l'vn me Trieuruilîoit le vifa^eà coups de poings; l'aurre m'elchinoitacecles couldes : ce- ftuy-cy m'efrenoit à coups de ba- fto^ceftin-lj me foulant aux pieds^ qui m'ariachoitles cheueux, qui me tiroit la barbe , qui me defchi- roit mes habits: fi que le sa ^ ayant rendu mes veftements de la cou- leur dvnebclette,aguiferdu pro-
! phetefilsdelaMu(e Pimpleïde^iU
[ meietterent horsdelamaironain-
fideflabré quei'eftois, Toufii^ Or comme ie reprenois me^ «w'o/^- efpritsenlapius prochaine place, tyagé ie me refouuins , mais trop taid de
: queL cefte ma'heureufe&i; force paro- quvn le qui m'eftoic efchappée , ^ con-
: d'eux fellay librement que i'auois bien
trrans- mérite d'efbre encore plus rude- fo-ihé, mient eflrillé-
Làdeiïu'îjedueil eftant pâra- chené,&:xie dernier adieu donné au tre(]">alTe , comme fuinant la couftumedu pays, on 1 apporte à trauers la place auecvne fore ho-
k..
DE L* A SN E D*OR. ^ 59
norabie pompe ôc gande fuitce d'hommes accompagnans le ca- dauer comme d*vn des principaux de la vil'e; voicy venir au dcuat vn bon vieillard dolent ôc tiifte, qui s'arrachant le poil blanc comme neige & des deux mauis embraffac Iabicre:Ha Medieurs par la foy L'onch qnevous deuezâux Dieux (ce dit- du déf- it d'une 'voix haute efl'uie , mais entre- funÛ couppée par ine infinité de continuels implore fan^/ots) ÔC par la pie é qui nous iufiicé oblige tous généralement enuers contre noftrc prochain , regardez en pitié "^ne em ce pauure citoyen qu'on a mû- poifon"^ heureufement fait mourir, & van- neufe^ gez rigoureufèment ceft extrême forfait lar ceftej' mefchate & mau- dite femme. Car c'eft elle (ans au* tré laquelle en faueur de (on ru^ fîen , & pour voler la fuccefîîon de ce pauure ieune homme fils de ma fceur,l'a faiét mourir par poifon,
A in fi le bon homme par ^^s la- mentations indui/bit toute lacori- pagnie à coriimiferation & pitié. Le peuple sefmeur, ôc ciouuaac
Devxiesme ltvri le fait vrai (emblable felailTc aifé- inentinduireàlccroire,& ne mé- dite que vengeance, On crie au T-Ue fe fcu,onconrraux pierres, on poul- ^ defcftd, |-ç jç5 ei»fans ^ courre ^^s cefle l femme. Mais d'c ayant fait proui-
' fionxd'vn boi(Teau delarnies fcin
tes,& prenaui tons les Di^ux en tcfmoingSjrenioit ceiantdctefta- blc crime auec toutes exécra- tions du monde. S'il eft ainfi , rc- metions(ceditlevieîllard) à ladi- lis s'en uine prouidence le iugement de y^fpor^ laverité.Yoicy^Zichlas Egypi.ie tèt^'un le premier prophète de ce pays, provhe. lequel m'a des long temgs accor- te mi dé moyennant bonne fomme de deniers, r'appeller xîes enfers vn cfprit,& r'animer ce corps après fon trefpas. Er fur le champ faic •uancervn certain ieune homme ▼eftu d'vn ami6t de lin, chaulTé de ; pantoufles de palme , & ayant L la
i lefte rafe. Apres auoir plufKurs
: ioisbaifélesmeins &accollccles
, il)ayczpiiié de ce corps^ ^ P^^
DB l'AsNE DOR. éo
les eftoilles da ciel, par les puifTan- ces infernales , parles clemens na- turels,^ par les filenccs de la nuidl, paroles remparsque lesaiondcU les eleuent autour de Copton, par les accroifTementdu Nil, par les ^recrets&myileresde Memphis, par h !es (îftres & cotnecs de Pha- rosjoitroyez luy ievous priel'v- fagc du Soleil pour quelque petite elpace de temps, & tranfverfez vn peu de lumière dansccs yeux qui foc clos à ianiais.C^n'eft pas pour faire violence à nature, ni pour rc- fufer à la terre ce qui luy appar- tient.* mais pourauoir le conten- tement d'eftrevâgez, nous requé- rons feulment qu'il puillè viure vnpeu de temps.
Qiund il eut par cefle coniu- raiion randu le prophète fauo- rableî& propice, il appliqua par I trois fois ie ne fçay quelle K herbe fur la bouche du defanc,&vneau- 'tre fur fà poinineiPuis tourné vers rOrient, & priant à baffe parole le 5oleiI augufte,U dtçfle les coeurs.^
Dfvxiîsme livre
1 , les oreilles delà compagnie pour
' cftrc attentifs à fi haut miiacle^co-
me s'il euft deu Iiiy rcprefcnter Guelqne vénérable fpecàacle. le mefouricaufTipaimy la troappc, Ôc monté lur vne haute pierre qui fe rrouiia derrière !e cercueil, con*- fidere d'vn oeil curieux tout ce qui fe faifoic. Defîà la poidbnne du \ In'dnl' defundcommençoit a s'enfler par !!h /- la refpiration 6es poulmons , de fia thfhaf- lesarteres luy baitoienc, délia le i yv •'^ ' corps le temphflbit d'elprit -, en fia y/ * lecac^auerlei€uedebout,&leieu-
ne homme (e préd à parler, difant: \t Pourquoyie vous prie après auoir
{[ . beudel'eau/deLethc.&m'eftre defià baigné dans les marefts Sty- giens, me rappeliez vous aux de- uoirs d'vne vie temporaiie & mo- mentanée? Ceffeie tepriejCCÏTe, &melaifleenrepos. I t Ainsi parla le deffiind r'ani-
* ' me : mais le prophète vn peu plus
c(meu: Que ne racontes-tu toute rhiftôire deuant le peuple par le menu , & reuelc les fecrets de ta " - - moit?
î^
DB l'A sn e d'or. éi mort? ne penfes-tu point que par mes m dénotions ie pnifTe faire ve- nir les malins eTpricàî que iepuilïe faire lourmentet tes membres aux enfers ? Adonc il fe leue du lia de mort auquel ilgifoic, ^faifantla reuerence au peuple , parle en ce* fte façon:
Ta Y cfté par les mauuais Se ^ ^ damnables artifices de ma nouuel- ^ . ^^ le ePpoufe misa mort ; & m'ayant ^ ■'^ icelle tâia boire du poiion , i ay ,. - foudain quité mon li6t à Ton adul- Jl^^y* tere. ^ '^
Alors cefte galante femme (e . , roidit en audace , & dVn efprit ^ , ^Z fàcnlege contredit à fon mary qui ^ * luy difoit ^ts veritez. Incontinent le peuple s*efchaufïe j chacun en dit fa rattelée: ceux-cy, qu*ilfauc enterrer cefte mefchante femme toute vifue auec fon mary : ceux- ( là , qu'il ne faut point adioufter de foy à la mensonge du cada- uer. Mâisleieune homme conti- nuant fon difcours , appointa ce différend ; car iectanc encore de
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Devxiesme livre plus grands (oufpirs ôc fanglots; le vous doneiay( ce dit-il ) ie vous doneray de trcf certains enlcigne- mensdelapute & non-reprocha* blc vérité, &vous apptendray ce que perfonne na conuiulquesà prefent.
Lors me montrant au doigt: Car comme ce très foigneux gar- dien de mo corps me veilloic auec toutes les diligences du monde(ce viéc-il à dire ) quelque vieilles en- chantereflcsaboyay après madef^ |)ouille>& pour ceft cfFcd fouuen- tefois transformées en diuerfes fi- gures pour neanr,n*ayans peu tro- per la foigneufe induftrie d'ice- iuy»rafFablerent en fin d'vne nuée deiommcil; & comme il fut en- rcuelydVrt profond fommeil,ne cédèrent de m'appeller par moa nomjiufqu'à ce que les membres ^jointures de mon corps cflour- dis(& froids commencèrent petit ^ petit obeïr aux conimandemens dicl'art magique. Ceftuy-cy, com- me viuaat encore maisamortydc
Dî l'Asne d'or. 6l
fomme»l,pa ce qu'il fe nomme de mermequemoy ,oYant fon nom releueeftimanc qu'on l'appeliaft. Et cheminant à guifed'vne ombre fans ame, bien que l'huys de la chambre fnft eftroitement ferré, ayant eu par ^n trou premicremet Itnçz coupé, puis après Icsaureil- ks.meferuit de vicaire en ce maf- facre qu'on penfoit exécuter fur moy.Ec pour faire que la fuite de ccfte fourbe s'accordaft auec les prémices, elles luy façonnent vn nez & les aureil'es de cire , puis les agencent proprement au lieu des pièces qu'il auoir perdues. Et voi- cy que ce pauure home a fort bien Tele» gaigné fon argent,non pour auoir^/>/o cftc vigilât à me gardeT,mais pour reco- auoir eilé mutilé comme vous le noifi -voyez. l'affrot
Alors tout eftonné de ce dit quiluy cours, l'en voulus fçauoir la vérité; /f««ir omettant lamain fnrmonnez,ie f^r trouue que ie l'amené quand ôcfkt&. quand. le tafte mes aureillcs : elle dont me tombent. Et comme chacun x'f/^tf
Devxilesme livf. h T me monftrant au doigc ietce îes : yeux de irauers fur rr.oy , & que ie mcvoy deuenu la fable ôclanfee du peuple , ie m'efchappe enire les iambes des premiers queic renco- tre tout baigné d'vne froide Tueur j ôc n'ay pas eu le courage de me re- tirer au pays ainfi défiguré & ridi- cule que ie(uis,ains ay lailTécroi- ' flremcs cheueux départ tre pour couurir mes oreilles cou- peesj&cachela dcformitédemoa nez au moyen de ce linge que i'y ay collé le plus proprement qu'il m'a efté poiïible. y^f SitoftqueTclephroneutache- f grande '^c ce conte, tous ceux delà com- rifee, P^gnie fort bien trempez de vin fe prindrent derechef à rirc.Et com- me irs demandoienc du vin pour boire les vns aux autres, Byrrhene me veint dire ; C'efl: demain la fe- fle 5c folemnitè de la fondation de cefte ville , auquel iour nous fom- mcs feuls entre les hommes que d'vne iovecfe 3c sraillarde ceremo- nie^rious rendons propice 5c fauo-
Dî L' A SNE D*OR. ^5
rablele Dieu «Ris;parvollre pre- fence la iourneede demain nous fera beaucoup plus agreable:&: dé- fiions extreaicment ouyr quel- oue ealant tnit de voftce inuen- tion jpour auoir a'aurant plus que faciifieràrio;rand Dieu.
le le veux bien, ce dy-jej& feray ce que vous me commandez. Et voudrois certes pouuoir trouner quelque fubicift digne des mérites d'vn Cl puiffint Dieu. O-delTus par TadueitilTement de mon va- let, qui tout auiïîfaoul que les au- tres me veint donner aduis qu'il jpuîee eftoittardjiemeleuedetable, & fg retire prenant foudain coneéde Byrrhe-^, , A. ne le me retire au logis chancel- • lantparmy les rues. ^
Mais comme nous venons à pafTcr à trauersla première place, voicy la lumière qui nous efclai- roit vientàs'efteindre: fi qu*à pei- ne deliurez ài^s ténèbres de la nui«5t que nous n'auios preueucs, peufmes.nous regai^ner le gifte biê las, & les doigts àts pieds caf-
F iij
DeVXIF.SME tlVYkt
ftaparla frequcnrerencoiuredcs
pierres co're Icfquellcs dous heur-
. ^ ronsàchafqpcboutdechamp.
J^' [ Or comme nous arprochions
hrnofs jç j^ mailon , voicy luis rrnd.s
^^^f^. pendards de forte & haorc rail e,
^â' viennent déroute leur p;.ilTai>t»e
^tées^ frapper ànoftreporte, 3»: Càm prê-
dre aucune cfpouuante pour no-
flre furuenuc, faifoient à delTeiii
& comme par dcfpitvn plusgrâd
efFort : de façon que nous faifions
cftat, & moy principallement,quc
ce fuflcni des voleuis, voire cxtre-
mémcntafFronter. Ainfi ie mets
promptemenc la main à l'cfpce,
que pour cet efîèdtiepoiroisfous
mon manteau, & fansmarcbander
, . me jette au milieu d'eux , les en-
/ . fonçant tous au pris queie les
ïrouueendefen(e,iu!qu'a ce que
finalement marralfez de diuers
coups ie les culTe couchez roidcs
mortJ à mes pieds.
Sur la fin de ce coml^atPkotis efueilléc s'en vint toute pcnthoi* fc ouuric la porte ; ic m'eflancc de-
dans tout abbremié defucur j&mcvay mei tre dans le lid, aiiffî las d'auoir com- batii c es rrois larrons , que fut Hercule a- prci la défaite du triple o Geryon.
COMMENTAIRE SVR
DfcVXIESMB LIVRE.
Fueillet 7. page 2.
LE
I to(k]^pulée ayant pAffé U nuiB cheT^ I\4ilon , fe prend a contempler cmeU" fement toutes les places de Hypdte , comme ayant 'vtt pxtrcme dejtr d'apprendre l magie. Or fe touuant ai* milieu dt TheJJal'te, domicile C^ mx^iT^'i des 'yanlte'^ mdgtc^uesy il tftimcJt tout ce qui fe fre-» fentoit À fes jeux auoir en ejfeB tout- autre face ^u'en dpl^.irence. Comme il ej} attentif ^ ce fie cU" fieufe r^'-ch er chenil rencoirs'>ne riche Dame^de la-» qtelle d dffcrit naifuemet la ptaffeCT- les moyens, b Ont piis \^MX oK\2\\\cP\?line contre L\p'nlo de aufrs^ *^ient qnf L Majfie ait ejlê inuentée en Vcrf{*p4r Z^rotflre, t7" que de la elle fo'tt paf" fecen The^aHe. Qm y que [oit les Theffaliens a - UQientJt l/icn profité en cejt art que le mot fi
F nij
DeVXIESMî II vr e irouue JoHuent prif pour forcter^ enchanteur^ rttd» gkien. ^mp Menander anoit donne le nom de Thejlalienne à fa commedie , qui contenoit tom les tr.iiîs que fxifoimt tell: manière de gens pour ar^ raeherU Lune du cicl.^tnfl pUute appelle rh(f- fahen cc{} enchanteur qui fçauoit tous les profit' ces ^toutes les illafions de magie. *
c ECiieil\çz.]Com?neJif4r puiffance m.i les hommes fe pouuHcnt transfigurer en p'err's^ ^ oj féaux ,arbres^eaux^amfi que les metamorphofef des poètes nous "veulent faire acroire, d Les images &ftatues.] Propremet les ima- ges font de are O* peintesiles fi ituè's,de pierre , de fontc^(& de toutes inatteres folides, Toutesfon ce- fie dfimBion nefipas necejfaïre, e Qoelque prcfage. ] L'hifloire I^omalnere- marque qu'o a iadps ouj parler njn bceufvn chte, 'vnpouUit, hrs que Tarquin fut ch.t/^e de Jon E^yaume^ Toutes le/quelles chofes aduenans Contre le cours ordinaire de Nature,font efhmees prodigieufes, O' dénoncer quelque préjuge ou prcgno^tc des chofet à '^enir,
f Eftonné.] Nous appelions proprement efion* ner^yCeux dont le corps dr l'esfrtt demeure comme flupidcyCelà fefalt aucunefon par vn coup defou^ dre^aucune fots par maUdtc que Us Grecs appel- lent apoplexie»
DE l' ASNE d'oR^ tff
g Ses bagn es.] Les lurifconfultes tiennent, que Icspterrenes enfermées dans de l'or cèdent Xt or ^ Car Lt moindre ejpfce en quantité cède k ^ a plus- grande. Les pe*-les doncques enchajjees en or pour enrichir & orner l'ejlojf excédent l\r\jïau contras- re l'or cède aux perles jO" ajjîfï des pierres enclofts en chutons d'or ; mais jl les perles fontmifcs en auHres d'or pour les porter plm hdbilementi en Ci- cas lor cède aux perles,
h Broderies. ]^/At/f le Koy de Vergame extre^ mément riche en argent ^ meuhlesexc^ui^^aït premier trouuéUp,çon des canetiïïes . hodenes C^ rtjfures ctor,. Iceluj n^ayant point d'hoirs^»» cree\ defon corps ^fit le peuple J^omainjon heri^ tier, ^tnfi toute fx cheuance fut apportée dans I^me^ Cr tels habits furent appelle'^ ^ttali» ques.c.riches o^ fumpfueux^ i Grand' Dame.] L' hahttmagnifi que donne d^c l authoYité aux perfonnes.ee dttlei'ers Grec, k Les punies. 'JKaturefce dit Columelle) veut que l^ngeâce refjemhle a U mère: (:^ les marq'^es des par en s s* attachent ordinairement aux enfans^ \ La caille.] C'eft celle q» on appelle commune-^ vtmt, riche. c. mi>derfe Crfeante : C" les doEleslii nomentyjuarree, telle qu'on loue en Fejfajtan y^ telles pfrfonnes font ordinairement pluj^adroitef^ m Le 2^^^àiàikdàn>'[Galen entre les Jt^s&
Dkvxiesme livre dlfne honnc cr faine diffofmn, compte U C9H- leur entnmcjlce de rouge Cr hUncJes chueux ru rans fur le jaune ^ Cv* q'^flqucpcu crespelw, n Non afîe de] // tcfmoi^ne Itty mcfme en fin^ apologie , qri'il n'dmirpa^le poil efféminé nj deltcafy& ne leportoitpo'mtlm-g comme ceux/ef^ quels en font Ifne cmorce k ciiJJoluttoH, qui per^ dcncpln^ de teps entre lepeigne&^e miroir qu'ils u'en cmployent kchofes ferieufcs 5 qui font plus fotgneux de leur heAute que de leur [kntei qui serment auecplm d'impatience brouiller l'Eflat^ que lenrtefls. ^rchw-enei 7\ledecin enjetgnoit^ les moUffes de JÂunirCirfnfer leurs\heu{ux 4- ftec de le fume clc fel cîr de la myrrhe mefr^ en^ ^ femble : m.Us il tueit xuecfes drogues Cr receptes hexucoup de perfonncs immcdorcment curieufe^ de leurpo'd i aufqueîl'es il g^ftoit U tc^cm U rC' frotdifjdtttiufques à U mort, o L'aigl e] L'aigle a U pointe de U'vtue merueil- leufematt viue c=r penftrante, ^infi l'âfpeBcii regard dqvilin fe prend pour très cluir/r^s- titgu, Xt pi>ur co^notjirefifir race degeneit de fdnattéreL le viuj.citedf v eue y elle tourne fes petits encore fan^ plume droifl contre les r^is du S cl eil ^duquel if^s ne peuuentfupptrter U fcrce,e!le Its précipita du fùdenbds c^mme bajiurds-^ degemte'^. |î p Son SL\ïcv[îc]Smequr dit que l'on fc^otSf ^ i'impH^lisJtéitf i'h9mmtÀf4defm4nhe, Ccrtea
D t l' A S N E d'o K, 6^
tin ômpo/ft-oH du corps [ce dit S, s^ngufitn) de» tno ntrf U q u.d'tc df !' cFprtt.Et S4lti[ff entre At^^ très teproches ^ CttcUn, luy donne ceUe- cj; Qup fon aileure eftoic ores foudaine , ores tar- diiie, Lx plu.* louable e^onc^iues ne fera point me* dttée, nomt dffctle'e, point ft4xpmdue comme celle dt ceux qui ont les Pteuulei en leur horoj^ofe y fi nopf^ crojuns Iul:nâ Firmictis, cf Le portai! ] C'ej^ U defcription dn logl lijrthene : notei les perfeSîiomdu fUn^ des on- ur^.ff's tjr des ouuners,
r Des chiîij^Diane comme prejtdente de U'chaf* Çe^ dtoufiours ^ fes trùufjes vne meute de chiens» ~ f S i n 2 e] La re^onfe dupintre Eumo fe ejî ne-^ txble. bq 'iel interrogé du patron duquel fes pre» decejfeursilfxçonnoit Tes oHurages 'yrelpondit en pt'>rifir4nt vne multitude d* hommes : ^'//^e/f im:ter ruture tnefme^non l'osfurier^platon au lo. dei loîx.efcritque toutes cho fes fe font par natu» re & par drtiér q'*e l'artmefme à engendré Ut .images de U 'vérité»
' X \y K\kto\Si quelqu'un igmre four quojt'ùu* me côuerfit StReen en cerfyCr le laijja demrer 4
^Jes dnes^f4iîltfe le t^.cJu 6^J, dt U I^tthala.
. V La lamiefc ;] Les pUtoni^zies enfetgnent que les p terres Cr la herbes ont que [que partit'^
. fatm aticc les Inmierei fu^emeU'ei, froclm
W ^
Devxiesme livre
eJcrityijuepAr cerume/ymparhie o* mfitueUettt» liance qtie les chofes terftennes ont ÂueclnceU» fies ^« méfiante de plufîff^rs pieryes yherùes yO*" autres droge^eK deCquelles les ma^c ens rflarjçon^ nent leurs 'variiteT^ m^j^iques^ peut Âttnerçù hof^ les influences a'en-hxur ^ attendu quducunefois '^neherbe y9U bien une pierre feule Caffit pour*' froduire quelque diwn effecl, X Chaov.] Ceflceiie infirme & conftfe matie^ re de toutes chofes de.^ant quep^r U cteathndté^ monde elles fuffenr(epdrees y L'c£\\.'jL'osilef}iag'itde&!afourced*antour^ L'osil impudic eft mef^dg^r du cœur impudic \,ei ^fux [ce dit Q^tnttlUnjnof^ preàpttent ordinM- rement en ton tes fortes de 'vues , tls admirent ^ tls Oymentjls cmuoitent,
% D' V n i n fe n {e .] L'/>4 (?hude de Pefprit [ce dttr S.AmbwtJe)fe dtfcouure au mouuement du c^rpSy vous vojons ordinairement marcher d'un pat ha-- fil f ceux qui font entachés ou de folie ou defureun. a Par {on vilaoe^f.42.p. i.] Caronlit aù'vi^ fagedes amoureux y à leurs jeux ^fouràls O'con^ ienance.ce qu'ils ont en laprnfèe^ h De mon feu. ] Orw «i Xemphon montré au'^dmtur (Jï beaucoup plus putjfantque le feur if feu B'ufle ceux qui le touchent:: maté l'Amour de iioutcenf^mmc fiScmmi mefmcuhx f ^^^
DE l'Asne d*or. (>7
niArâcnt de bien lomT^qu'th s'en efchaujfent ardemment
C A'ecoiiei.] Enteintque Phota e^ cutjtnierey
tllcfçstthochcr ^mouuoir U marmite : O'f/ï-
tant qu^itruoureufeyfecouèy le h& .. que U lutte 'Utf- ,
nentnîie À coHflumt àe fxtre craq^ffr^
d Naturelle netteté. ] La beauté Cs!* netteté
de: cheueux fut fwnneur à la perfonne. S, ^m"
hotfe au 6.de l' fftxamer.La cheuelure eft honord^
yie aux 'vieiUards^venerable aux Vrefires^ terril
ble aux genf-d! armes ^feantt aux louuenceauXydt
bonne ^-ace aux femmes , mignonne aux enfans-
OfteT^la (heuelure d^^n arbre y l'arbre fi mal
flatjant k 'voir. Ofle^ le poil kvne te fie humaine^
tçufefa beauté fleflrit.C'Tejl f ornement, par taquet
le chef fe conferue &garetit dufoid&du chaud:
&nja rien fi defiWifant i i'at l^
femme depuplee de fa cheuelure»
€ la n'aduienne.] ^ U mienne volonté ( ce
djt'il) queiamaù on ne trouue aucunefemme
îhiuue ny dénuée depoih Et âefai&les femmes
ne deviennent pas volonùers ch^uues. Seneeue
hixe , efirit , que l^ intempérance fait dewnir Us^
femmes (Srchauues & podagriques. sBes dénient»
ient doncques le flué grand de tom les Medecinr^
éj^i iicnt cnjis ^ihêrifmts^ que Us éeiéeMX ^
. rfohfnt point aux femmes, Cme font point (u jettes I ■ dt4 m A de jAm^es. Cen'esipM au fie naturel des I femmes [oTtchAngéim m U If te y le bo%- e,c^ma?u ge^Jd dtj^olr^tio d ÀU'unes ejïcÀufe de leuriUau* I jkcté yContre l'cpm.'on d ffyvocrrte, le Eiiucyée du ciel] Saturne jjdnt t/iHé 'fS I genftoi es dcfonperi^ les jett dxris U mer^O'd'i • [ ceux auec l efcume mttnne nuratéi venm. P'njd^ I 4U\^, ch. du 4. /, de Lt T^lj thologte er fihle , OT [ l'txpoftion d'keHe,,Ar]ftote ah-l.L de U le^ierA' \:tion des dnifndux , efcut q:*^ 14 ^rniture r? rfru- h tnfuff:q'4epoHr cefle rauJeiaOeeffe q^tbtcltde en, l^/f//" ycJQngne^ efi en ^rec appelle A^hu>dirc'. f f Drs graces]^-?jf^. I '/.4 U t^eneak^ie des Gra,ccs Jeur nohrejeur itna» l^-'g^i ^ ^'^ ««^;«?J en Uur tr>t*-0 duel ton. Ef quiint } aux Cupidons , le 14. chapitre dw^if 4. /im>y. g Dsm\"CS\ni]La dffcTiption de re Liudrierfè njotder^'U "Mythologteip. 576. impre^im de l'an lé 00. les Utim l'appellent Ceftus; Cr l^i GrZ- tnatriens mfeiynent q^e de ce mot les adultères font dppellei Imefîes. comme accompihfam ce^s, quia U vertu d' accoupler paymsriage, h Son V 11 Icâin ] Elle efi auec ratfon mariée i Vulcain : parce que fans chaleur U befmgne de Venua ne fe peut faire ^ ï RcluifâQS'commcdc \o\\l^(imAu^nsd^
UB L*A SNE d'or. Cn"
ja dtt que les cheueux blonds O* cre^cT^âemtmt *vne ùonne conflit »ti on de cor^s, Y. D'vn Corbeau] Les Dames recherchent îe fùilIprun^Et de fan cejîe cculeur emhtUit Cr do* ne de Ix grâce au teint Uanc, Apulée At* Démon deSocrjtes: attendu cjue deux couleurs (ce dit il) tUuancmt les dutres^cdlc de Upoix & de U neh- gei^drleÇquAlesU nmci^U iom' différent en» tr'âfx : J-£pollen 4 donné l'njneO l'autre k fes ojf féaux Je blanc au Cï^Cy le nvirau Corùea», 1 Des ^'\o^çQï\s\Vlir,c au deuxtefmeliureefirit que letfftgeons ont quelque intelle^par lequel ^^n eroj quils co^atjfent la beauté de leurs couleurs ^ O* C'fie variété qui change au p>'if qu*fls fe con» fourrent, ^inft Apulée treuue plm qaetout^ ap'eab/ela coukur du ^oil qui reJJemiU d-ceJU njartetédu coi despigems. m Goures h^^h\(]ucs\c, onguent de ndrd^ 00 fUflofi larme demyrthe , qm crotfl tre-bonne en ^rabte.Ld myrrhe fus d'elle mefme aUitnt quott la taille ^'vne goutte qmls appellent ftaàé.r# ^utte ou larme de liqueur», Ce mot Jrgntfie aufii fleur de mjrrhe. Les plm mois & délicats fi frottaient les\ cheueux d'onguent de myrrhe. La drogues odorantes & propres! faire onguents y qm fo»t fdrtifulicres 4 i'JCraii^ , idfênt af^tU^t
DEVXtESME trVRB
n MotHll^nt ] he mot ffl propre four expnmcr U force des (féaux jeux , Icfquels a.f firent yeriM ^ font mn treS'pu%^^ eJcUïr ^ rerarâ amtaMeptU e les parties vitales comme par ■vne certaine morfure , & par manière de dire ron^e les moelles a. hcHei dents, o Le doux .V l'amer '^^mourfcedttVlaute en Ion Cifte' 'ai ia ) rj} tre^fecênden mtel C" en fi4 Ce qu'il donne a ^oufler efifsrt rioux : mAis il njou^y ttccueflle de P.tmer tcnt tolère faouL p Dans ce ft- u.] Non tant ce feu aunue' rh-^tls tutf oit fa 'Viande . cernmecefiucourtifanef^ue de Terencer^pprtche de cefeu;tu ne tj efchau^eras que trop,
q De mes deux langues .]c«*Ar qui font pro^ ft'J?j(f>9 d amour, trouuêt celle façon de baifcr extrê- mement douce ^njotie vnpoignat ej^e) on à. f^enw, r le m en tf.] fardes puifees duplu4 intimé ca-^ hinet d'amour , dont les amans ont accoujiumc fc feruirau milieu de leurs emhrajjades . f Prefens.]Z)r«4«/ l'-vfa^e des hofielleries ^ ca* èarets , les anciem fat fient des amis réciproques^ ghex^ lepf fiels ils logeai' nten leurs 'voya^es,^ ctU- ttuoient fort rclt > kufement ce droi & d'hojpttalité^ leur drejfdnsà. l^urarriuee chambres Crgarde^ fêlfùes AHec vtenfiki
Dï l'as NE d'or. ^9
le premier tour ils les mujtountk lef>tr tMe'^jr te
lenâenhiin leur enuojotent de U vtancie , des i/0'
Uilles^dii 'v'm^des œufs, des h^rh.iges/esfruiBsy
desfromx^es & autres denrées champeJiresqHils
dpfellojent 'Konies , corne qui diroit prefens d'ho-
J^e'.cM'X.cnos fignifehofte , txntceluy qu'on re»
Çùit comme celuy qui reçoit: cjr lupiter Xemen ^•
jlVtt ejhfnéconferudteur des ho fies.
. t Libçr.'JLihern'efi autrechofe queBdcchu4,0^
; fe prend pour le 'v'm. Poignant aiguillon k luxure,
' C'ejl Uoques k bon droit qu'on le nomme coftdlter
t ÇjT c ^mme picaueur de VcnM.uber ^Venm ont
\ engendre Prtape-^ a autant que ceux qmjont ad-^
\ donnei awvinfont ordinairement enclins k Inxit^
■ re. Et comme nou4 prenons communément rnl- ! cain. pour le feu, au/^i faifons-nous Venus pour ' le coït ou compdgnie de m4J}e à femelle : Ceres pour , le priny ^acchui pour le 'vm.Les Latins l'ont ap^
pelle Liber, c. franc C^ libre, parce que après bon
■ l'in on Ha fouc_y de chofe aucune ^ on ejl libre de tous penfers^cu parce que l\y(4rejfe rend lespeno' nés pltts licentieufes\ plus pctuLirtes,& libres À parler, ou parce auj^t qudd quelquefois combatH four U liberté de la Grèce, V De l'huile &du Yin]Carlevinaig»iIl6nei4 l'oUpté : & l huile nourrit la lumière de Ulape dot les am9unux atmet U clarté j corne trottuans
ï
' DeVXIESME LIVRl
fP de cotetemtt es p/ai/îrsno^hnjes irfnuels a U lueur de U châdellf ils re^oiuët xufii p Car corne du le V oè'te Jtes yeux feruent de^^^de e/i amour, Et l Ft'g^-àtnjtifte.o ejudf dutls.u f>u(lles luttes (et hrureux lit ^ cejiclurmerf or,tie«f X La gicîTe piity^l il (fjtend rej^efa^in de de^ mnerciueles Grecs Afpellent lychnorrtatte .d am"* tant eju elle fe f.iit i l'infpecho des mèches de lu^ micre. Les frrfxges O" prognofltcs d'uellefent, que Jt le lumignon Lifje quelque pettt énuis auteur de U mèche en h^ujl^nt^ c' efljigne déplume fi Uflâ" me vehtge en toumoyÀnt , on tient qu on jura du lent: comme ÀUpi puind U lumière pétille , CT* MU elle jette des eflmcellesiotre ha^^ ou bien quàd quelque charéon. demeure au cul des ouïes (y thawiieres en les leuAnti CT" qu.md le churhon al» luméprêdmt vne^'ande Cr 'vifue luèuf, Y SybillcJCV^ à dtre deutnfre/Jl-.eat les J y bil- le h ejlotët fe'rws qui fatÇatent pt«}efit& de dewner, Z Ce f U icrncriICt feu terrien quenoui xuons en >/4f ? uccouplépAr art une allnnee auec le feu
] eelefif & atherlen,n§w peut annoncer ce que pre^ fd(it iccluj feu eelepl. Car les Théologiens cr fphjJofophes tiennent 'vnammement ,Q^f ce mo- de inférieur défend des moutéemem piper mr:y& que ces corps crjiffei & gye(sters font re^is & f meuuentp4r d'anDcsplui fubrds.^ïnfi ne faut
"de l'Asne d'or. 70
il poini clouter^ que ce feti tetr'mi O* ehmf nuire ne foJt comme ferud?it (^T'oalct de ce feu celefltcL Orcjue ce feu nodre [oit allie ae aj} immortel & eelcflejUfMfon Se f^tre des artcies le r om appred; Icpjueis, comme ^it plut ar jd lumière de leurs UmpeSi ams U IxiJjotentUn'^
fuir & mourir d'elle mefme.comms A)Àntvne ion effroiFk lidifon duec le feu ittheritn s*efieintidmxi6,?ro€lui Vhïlofophe Vlatoniqufef' crit futilement de UfjmpAthie ^ concerde que les chofes terriennes ont auccles celcfles» a Chadcen] Fueillec 47. p. i Les ^ffyrient apptUoient leu:-s m4^es or do&eurs Chxldeens, Ceux cy par 'y ne logue ohferuatUn des efloilles re* cueilltret 'vrte fciece pÀr laquelle on peu/} deuiner ce quideuQit aduentr à chucun.&fo'* quelle dclii-* née cktcun ejloit né. I Is faifout profej^ion de philo» fopherfur U vie de toutes persones.dtre leurhone C^mauuMpfortu n e:çjrpar a Hgures Jkc^ ifices^ma" grès, prométoiet de Suertir af Heurs les malecon^ très quimenaçoientles hommes^ Ci? les rempUcep de biens. Ils expofoientdu^i les fonges, O"* ^M" noient U (Igmfication des pro^fges» h [ours bôs pour fe rrarierjCf^ ioun s*appeh let j£pptiÀ(jftes,C^ sot d'ffendus es décrets cm, 16. qoacd. "jJ' autant que ceux qui recherchent tcUts oêftruations^ou confentêt a ceux qui les oh*
PrFMI ER IIVR E
j I ftruent , pourchajftntf'.m Udanxrion nue le p- \ lut de leurs âmes. Les anciens par vne -yAinc ftt^ f erftiti on fe fat fuient accroire que le mets de May ejioU triÀl' encotn ux f our les nopces.cduy de lutn du contrdire, hcn/eux & comode, Feutefire parce que les latins ont nhyie le ffiois de May du mot maior^c^ //^mr/t' junior, O'de faittesieune's gens fint plus capaôles de n^pces jue les aduancés en^dge'. car , le vieiilavd ell plusffoid àl é- ci r oie d e V e n lî s , rf dtt le roé'te* C Les fo n d em es J LfJ Ifilles ont lettrs drftinecs at^f?' bten que les hifnes,& les anciës ejpioiefit no feulement le iom'ymxps auj^t l'heure c^ les mornes tourietterles premiers fondemens ct'vne place. Ce qui nom appert par FhiBoire d' ^ppia es Sj/tX" ques touchant le B^y Seleucus-j qm dejjergnat de hajlirla njiUe de Seleuck , manda les Mmxes pour choijïr k tour ^l'heure comode àpofer les premie» res pierres d'icelle'.mapf ils je troperet en c/l.tdulst CîT l heure fttale approchant , en laquelle ce bafli- ment deuoit commencer, les maneuuresfans eftre foulfe\de perfonne coururent de leur propre moU" ttemet a la bcfoi^e. Les Tvîages cognoiJJ.ms qae U force du dejiin e^ inei4itahle\ demandèrent par do Hu^^y.Cr.il ncfl loiJf/ple,ùre(d!rct ils) decha- ger le fort fatal ^foitbonfoit mauuaif , ny d\nt ferfonnc nj d'une wUe,
à
DE l'A SNE d'or. 71
flufieurs remarques des heures & tours pln^ hett-^ reux pof*>' les trafiquas,')fsya^ers, O nxutonters: ^ Virgille en a bien fiiiifon profit éiGeorgiqucs, e Vne fable incroyable] îl'vetit dtrequeîe chdUcen luy 4 prédit, qutljt'roif trâsformé d'ho me en ^fne, & coucheroit p4r ejcnt Ihijloire de tcllr metamorphofe,
f Senedre ou finiftre] Kohs faifons cejle dif- ferece, queC^nedie Jîgnifie Ç4uche, ^ (îniftre mulmcontreux, tu de mauua^ py^fig^ Cefieco-^ formitc de cadences en 'y oc^bles fait "vne figure qui s'appelle dmiominatioriy pour exprimer celles du U:m icx ua m dr fae Li a m . g PoLir donner] Comme files deftinéesefloient en la ?nain c^ pui^^ace du Chaldeen^tjour en dtfi pnfer kfi)n appétit II en y a tout au tr émet ^ pnous crojons les phtlofophes qm tiennent que le deHin tji immuable yïnexerahle.'meuitab le ^auquel lupin mcfme efiaJfubjettj.Nous pouuons aufii dire^que ce Charlatan ajfemt/loit le peuple pour dire à cha* €un fa honne fortune,
h Ncgoùâtem]^in/f done-t'on des fohriquets a beaucoup de perfonnes ,par lefquels on les CQ- gnoiiî aufii biejtque par leurs noms, i frère] C'eB ^n no d'affe&ion & de charité; ^ nj 4 terme ne'vocabU aucun d'amitié qui fajfe
^
Dfvxmsmi livre 1
AT me Ik celuj du frère. Celle d'VlylTesj Entre les dures ct* cMim* feufes n^uigations, celle d ^Ij^ljes tient lepremttr fArt^: durant Uquelle ajant eflé pttcufement trs- uxtUé l' e^Ace de dix an s, il 4 demré toutes les tn» commodité:^ nue defcrit Homère enfon OdyJJeeJi mu à Ifùn droit ^'l^Jfes rji'vn 'xjray patron de to- lerance & detrduai!,C^ Upêre^ination d'Vlyf» fesfe pred pouriahuheufe cr fle'me de hxT^ards, i Sentir le dommage] Cep pour nous aduer- tir de n ddjoufier aucune foy Aux^jlroiogues & Chaldéens'Jefdjuels veul et faire croire qu'ils njoiét firt clair es affaires d'aut^uj^ tsr ne font que des Hiboux c^ des Taupes en ce qui leur attouche. Vqyey^ en quel labyrinthe ds ont jette ^n frand Trince de nofire temps qui leur a toujîcurs pre(ie foreiUe trop credulle.
m Fr uidl j L' ehrajfement Cr copagnie de vhr tif. n A la mer &: à la rerre]^ la mer en confide^ ration du naufrage que Diophanesfit lors quaba* donnée la dijcretion des tempefieSy il perdit toU" iesfes bardes, ^U terre, eu efgard 4 ce que les loleurs emportèrent fi peu quiluy efioitrejié o D'auant {buper]»^»/ff appelle la b^utetU It AuantfiUper de Venus ycomm^feruant et amer» ce C^ deprepAratifAux combats leneriens quife dcmtnt Imrer cnfrïtcEt défait Un 'vm f /ig^«:
D5 L*ASNE D*0«.. Jl
cire Vtnu^, f. Ittxure, drfins Cfres çy Bdcchttt Vcnui e[l (> oidf, ce dtf leprouerlft, p Garrotté] Signe O" te fmoi^dge dvnfoU" fire amour.
q Eiutiede] Les dnaens àT.ùfonmimt leur lin dent quelque jyeu chAudeimn p44 tint four- ce que i e4u cuite efl plpps faluùre , comme pouf 4' uoir efprouué psr vne fuùtde inuention ( ce dtt plinedu 31 l'ture)quel'edt4 quiapitjje parie/eu^ dtqutert vne qudlitéflu/ froide que 14 crue. r Deux, trois, Scplufieurs foU] Le premier trait de vim eftdnche Ufoifxe dit on : le deuxiâp men^pêuyt^ le troijttfme efl -voluptueux y le qUÂ* trtefme abrutit lies autres tiennent de l'infencém Et defitB tien n enflamme fi fort les moéihs,nj ne chxtoUilie tant les mebres génitaux que le uin: dmt le naturel efl,à'ejfuifer U chaleur ^d'ef" chaufferies entrailles ,Cjr ny a rien deplusperni* àeuxji l'on en prend outre mefure j attendu que l'jurejfe aheflit ceux quifemhlet n'eflre au mor^ de que pour perdre le '-jtn.^urelian difoitle Bo* no fus , j^ileHoitnè non pour vture^ mais four t^ie yure. On a remarque de ce Vrince 'vne choft tfirange j Qu'autant qu'il 'vrinoit autant il bet^ tuit.Et ce miferahies e^ant enfin eflrangle^queî» auvnfe printkdire far gaufferie, Qt^e non VB hfmme , maté bien njne bouteille eftgitfendué*
Dhvxtesme livre f D'efprit ôcâe corps] ^ucun^fots hfirU èoult ie conuoitife ,matj le corps eff frotd', cr ce mêHucment de njolupté laijfe l'home au milieu de l'es abopf. M mis ïcy nofire ^puléeprotefle de s (fin trouué non moins efmeu de corps qtted'esfnt, t Démenant les i cïn s']En chofes njenertenes le ntofdtiement O^l'ugitatton eBleqtiife'.&mnfa/ts caufe Ion bUfine celles qui âtmeurertmn%u/ihlet iontmc vnefiuche : car ceBe mobtlitéaie ne ff4y quoy de plui att rayât ^Cr fait que les homes trou- ftent le déduit plus agréable ^ce dit Lucrèce: mais ilempejche lei femmes de concfuoir j co?nme noHS njoyons es cou rttl ânes & filles dejoje: outre ce que ia pluralité des femences diuerfes quelles re^otuët ayde à les rendre incapables de conception, V Corne font les magiftratsjC gifiratsfe gouucrnentpar auF^ices o^fuiuant le confeil des deuini,fans lefquels ils n entre prcne nt Khofe Aucune ^ny publique nj particulière :amfi mefalut'il (ce âtt Apulée) fçauoir la 'y dont è de md Vhetps.V Une parlant des cocqs.llsgouuement crdinairement nos m4gtftrats(ie dit iï)ils ouuret eu ferment les portes d'iceuxids poulfentou retie* nent les enfeignes desB^mam Sytls commjiaden t ou dépendent de faire la guerre -, deuins de toutes les 'vthoire' qu*on agaignces par tout le monde. X Le merpàs des cHiangcrs] Les étrangers
efians
• DEt'AsNE D*OR^ Vj
x Le mefprjs des eftrangers.] Les ejîrdngers r,hns en ?»ef/>ris detuff/ret expofe^aux tutrages de tout le mode ; Attendu que naturellement nous pottorts plff^dc faueurà nos comhourgeois qu'aux externes, V exemple d'Agoracnt PAriê&d'Aled» Itnenes Athenuen font fijXes deux hrauesfcul^ fteurs ayasf.iit 'vne Venus de pierre a Ctu^ l'in de l'autre.Alcdmenfs 'Vainquît fin compagnon ^- fram flnspAr les 'voixCrfatieurs du peuple À- ' fbenien, quep^iriipreccllençe de fa befonffie, V Bonne con^^z^mt. ^Vorâmnanceconuifii^ le pntP^Qjf^îlny dtt en ^nfeftin plué de netifny 'moins de trois conu'wesXar il faut que le nombre des eonuiues commence par Je nombre des Grâces y çjr pdf'e iufquà celuy des Mufes:cejî à dire quùl 'Vienne de troif^ & s'arrejle k neuf: car ce dit M» larron, ilnefîpoi cenuenahle quilj en aitgrad nombre -.parce que là ou ejlla multitude ylàeji Li confujton,
z Pcntiifes ncs.ntmoins.]Ciceron au premier L des Offices nous apprend^qu'ilj a deuxntaniâ- rcs de railleries'. l^neiUiberale^petulante^outrA" geufe^njUaine: l'autre élégante, gaillarde, ingcni' efffe,p'aifinte. Nou6 pQuuons fans dtfcourtoife 'yfer de ceftecji après auoir traité des chofesfcrieu'»^ (es y mais il faut éuiter cefle-lk, aLes reliques.] i')^.^,i,^infceJlehellemÂ^
Devxiesme livre giciennt de Luum , Enchtho , arrache des os ar- dents du milieu des bûchers ^tecueillc des h. niions charmci yficun aîmcâutre des ad^tuers , leur fre les jeux de la te/}c.p -end U rongnnre de leurs on" gles. Les MîtTes [ce du Tlwe au iS. liure^ dïenp ^ue les roninures des ongles c^ des pteds £r des. mains mcflecs aucc de h are , Çeruent contre les jieures tierce '^ cju.irtc, Luj mffine corhm.wde, ^ae Un ictte lejdites roninures es forynill:crcs'. que Un prenne laprcmicrequt comjncncera de les emporter i qu'on U pende un col \ & qu'ainft U fleure fe perdrj,, ^rtemon dit , que l'eau heui] dans le caluaire d'nj?!- 7mrt , guent le mal caduc. . tXf^cuns loiuenr aufiï dans le caluaire d'iin petk' du pour guérir la morfure à vn chien enragé, h Mien fils.J Kom d'amour & d affeftwn. c Amoncelant. ] "HSifae dcfcripf.on d\i ho7nme quife prépare pour djcounreu ccpa^f" * '. d Eftendld main dioite. ] Les mains de l'O" rdteur. fans I( [quelles [ci>mmc di: fort h', en Qnj)U ,^ tiltan) l'aBion efi rnunchote C foihle 3 ont 'irie 'p infinité de mouucu^ens lefqueh accompajinent U tfityvle : 'uoire parient par manière de dire elles viefnes. Son plus gracieux gefie efl celr/j par Ic"- cucl il ramené le doigt du milieu "oers le pou 'ce en dejfloyant les autres trois. On ioint duj^i les I dswi doigts mitoj m mec le poiUce ', Cr £^ g^Ji{ \
D E l/A S N E D^O R. 74
nareflt^frefjant f^n( l'autre propre 4u corn"
jccment Cjra U n.irrAtion,.yfucHHefops çn em-»
yftioispaî deffm U foulcci O" eJiend~on le
n iju'ûn appelle ItîdHcJuquel onfefertprïn"
.dément Pour monfirer /^procherymenacer .Cl"
. jH dit qne CrdJ]u4 s'enferttoïtfort hien.
e Du p oui ce] Les Latins nomment ce âol^
r/' >» mot par lequel tli montrent que cefî le plus
fîitJfantO' L'phii "-it'de de totfs. Et de fa'iCl les
Romains ne rceeuoyent point fotis leurs enfeignes
xenxau[q-iels le peulce 77ianqHoit , comme gens
WHtiles àlagnerre^ le fçay bo7i gre à ^mmiatl
l\lArC:!l'm de l'honneur qudfait k nos ancejîres^
tlifant, ^^umak ancun Gaulois ne fe couppX
le poulcepouî euîterlesfatigueide la guerre. Et
les ^themeïis 'vsulans affothhr les ^ginetes^
qtdpour lors ejlo'ient puijjans fiir mer jîrent coup»
per les foulces k leur s mariniers pour Uj rendre
inhabdes à la mirine,
Milet. ] y die cAmtale cflonh.m^re de quatre*
..ngtsvdles. Entr autres dig}if s citojens eUefe
^cante de Tkdés y^naximenes ^^naxtmander,
TJcc.itee hiflorkn^^fchinâ orateur . T^als depuis
iquelc luxe Cr molUffe h s cujî alUfcInsJls done^
renrlieu à vnprouerbe qu J^rijlQphane nous 4^-
f rfWjïadis les Milefiens eftoieni vaillas.f/
.%/€ry},igoriii député 'Mm les LfUedimoniens poHf
ï - -1^-^ Gij ^
DeV^IESME trSTRR
dema^erfecoUTS cotre Us Perfes, exposât les chAt' ges defaiommifionje fit voir hAbiHc d^n nche C^P-fomptueux 'yeficment: Cjr donn/t fujet a l'vn desEphores de luy dire auec broard quip.iffit depuis enpromrhe:\w logis les Mi!elics('c'<>^ k dire tnolejjes çjr délices , ainji que noui anons deJjÀ dit)(omme "couUnt dire : Ces délices Afilc' fennes font bonnes ea i)»s m^ijons, mais non pas cht\ noHfjdefquels vohs antres defirc^ obtenir du fecQurs : c4r cejle délicate pitffè ne conuient peint kgens qui font en peine, g leux olympiques.] // nj 4 prefqriduteur qui ne parle defes tournoie Crjcux anciens, ^ui 'voudra fçauoir quels ils efloient^coment.ou quad ^ far quiils Ce fiifoientylife le ^Jmre de U Tyiythologie chapitre i.
h Harpie^.] elles font dejcritcs au 6. chapitre dtt 7. Hure de la Tdythdogie, Cet huifiier appelle ces forcieres Harpies, par ce qu'a gmfe de Harpies cU lesranijfoienty &p4rimmu?}de Cr larronnefquc rauiffemenf prophanoient toutes chofes, i Lyncee.]Cf/?o///'a;« des ^rgeriauchersy du" quel on dit quil ^vojoit \wefme k trauers les murailles^ Crfe prend pour toute perfojtne quid la veiie bonne &Jukile. ]s.Argas,Personeni^oreque ceflui-cynaiteflè toHtfUin d'jet4X* Mtf^Jtr ncn dircdUmn"^
DB l'A sne P*or. iif
fAZf'i i'»y'\lf 19. ch. du 18^ Iiu. de Li T^ijfoîogie, 1 Un^re bliin es.] Ze Mi»f ^ cat^fcdcfifince^ r'iîc & fnretc (fi fort coiîticnMe aux trcj^djjeT^ ^ufitUs '^cilc.'i les couuertwci des chofesja, trees, cr les haùits d^'sfiïuBs Preflres d'jE^yf" tecjloicnt lianes.
m. Sept hommes.] C^ejl ^ne ail/'-port au ' tml/rc des tcfmows que les erJojmanecs O^ l'E- (jfl^f* frctèur requérant aux teflaments^donf les fcin^i O" foujeriftionsforft neeeffaires. ^u nlh tom jef't pcuuentfcdhr d'^vn tncjme cachet eue (î qt4elqt4\n 'yeut fans eCcnture ordonner 50 tfPiAWcntpay le droit çjml^ appellant fept tff* moins y O" déclarant p. dernière 'volonté dc" li^ht eux 3 le tejiameut cfl'valLthle ^pdrféùt, ïï Frottei' mes yeux.] Ccfi lacouft^^mcde p f otter le s ;^ eux four rcpouljer lejoinmàl^ quand ce tref doux tr très agrable entre les Duux, les contraint de fi lier e^ de Jfit qu'ils enajent^ CT' q^éthient a Lyanjlerfur la te/fe de ceux qui dor- ment, inramcAu tremfé dans la tiuie/e de If-
tbé.
o VneBellete.l Cefl àdire vne 7\idéciennc
I transpguree en belle te, La n^amte aes Magiaens
efiime (^ lepopfdas le cîold amfi) queparfircâ
de Mf.gi(lespevp)nnes, nottamment les femmes
inptàjfent efrre transforme es en helctes, en rats,
G il
D E V X I E s >,f E L I V S. F
chas , cir autres telles lefiioles , Cr tmcdffer à h
fiiueurdeUnmEl de maifon en atitre, Mtfs u
pntaiM. Samci .yfartiflin tiohs apprend , ^»i
r homme ne peut ejire tritnfm:^ccn dfitrc effigie.
Cc^orit dUfmisO* fxnU.Çm?s\de dtables qui tycm-
fent les plnf {impies^ c;rfc drfgHrnif a
P rot ce en tels corps que vom. leur féru Lie. Les efc ; i-
uatns Zeclffijfil^jUes r,^.pport.nt à cery t(i
q'fi on 1 1 conte de Circé qui changea les ccr/.-pa"
gitans d^lyffe en Lefies -^ C^ des ^rcAd:cns qui
Ji t7Amfor7rmenten loups ; ^ de crux l'frtfcls
corJuertMf en ùefi's cheua Urnes for toi nt les muni'*
tions de guerre k
p Le Dieu Dclph-ique. 1 ^poUîn , Dicn de
(■iuîîîiition.
cj Les oifeaux ci'e(le2. ] Ce [cvt les corqs, gxrdesnoBurncs ^ O^' ner^pour rtjueiUeT Icsh-nu» mes ay^ lesienwyyer à Icurhcfongve. llsco^cifm fera lesf.iifons de la nui cl : tls en cLpnguent les heures , o? rompent le fommcil aux perfeu/ics après leur repos Sa:ncl ^vihroife au 5 Je FUr- XAtneron : Le chant duce qcfl ancdhle de nuicî ( ce dit-il) C^ nonjcuhmefjt agréable jTiais iu*}~ le auf^i 5 lequel comme 17/ bcn dcmcfijque^cp^ed- le celuy qui dertyidmonejle ccluy qui 4 dufonrj^ ç^confole le l'oy.io;(r . àer.onc.wt k hatitci-oix l'jt Imncemenf de la nutU,
: DE l'Askb d'or. 75
r Lestrefties.] Comme durant les trefuesde^ tniçTYc il y d cefpiffon d'anncs : ainfi duraut lit li cilms de U nufcî toutes creamres dorment , fe re[>'^pfit ,fc rctrcent,
i Philojefpoie.] Le nom fignifie amant dt pn tn.iijlre on ma^fir e fe. X Du Prophece.] C'e^ Orphée fils de U Mufe Callio^e. Qm ne fçaura icr^-me il fut dejmembré p.tr les Bxcch,mtes ^ Itje le quxtor* ^iefme chapitre du [eptielme Hure de U Mj" tijologie,
V Parole.] ^ fçdmir far Lt quelle il duoh oU^ tr.izécciîe beUte , la menaçant de mort s elle ne Ce retirait,
y Le dernier à dieu } ils atment accouflumi débucher a diaerfes fe'n les tre^afie--^ :Cîr après le dernier appel ^cmportolent leurs cadau ers pour- les hrujfler,
y M e f ch -î n te fem m e . ] lld^^fignela femme du âejftmB , accujèepar l'Oncle d'i-celuj d'auôit*- (tnpoijo.Hnc [on nepucu pour gratifier fen ru f^ fi^n. CarcefontçhofiesaJJlt^ ord'maires & com*' vic connexes pAY cet ta'tne Ur^ifcn » qu'vnefanms' impwlïqHe foit qHand-(jj* quand empolfonneU"- Ce, 7\i. Caton difoit que mille pmjne.n'cH adul-- ttre y quelle ne folt aiif^i fi)nter?, Qujmiliaa' en dit de mclm^ au cinqnieffBe liure,
G iiij
' D EVXTESME LIVRE
2. Dvn boiiïeau de larmes.] Usfanmcsunt
commcun ferait de li'^ncs^ dont elles tirent an
hefoin (eju'illenrpUtft.
SL Zacha'las égyptien.] Les M_pftieHs rf-
noient des Frejîres c^ Prophètes quife 'y^mtoift
d'dHoirU c 'gnoiJJ.mcede îcutes la chofes cclejjes)
Cr pour fe rend, e d' autant plus admiraùles, ne
fc Ç0mr:t(4^iii loimt qff'4 bien peu de pcrfnnnes^
ies plus Lihiles d entre les Grecs ont Icaucoup
frojîrépArmj eux es (çencesiîfgtnuei :ma:i ils
lei;ront tonfours c^ché les meilLiirs Jccrets de
leftr do Firme, fiaîon ^ Ft^doxe en ou abris
quclqtie choje en quàîor-^e ans qu'ils ontccnner"
séante eux, Pjwa^pyasfit anfsi le l'oj^^e en
^,7jptc poîtr apprendre lesmcrqyal;ies puiJTanm
iesdck:irscârenmiie s. Apollonius TjAneus s'y
irdnJf':}Yta^mefme dejein, fier mes Trimeg^jle
appelle l'^gipte image du Ciel.
h, La telle raze.] Tlinecfcrif quelesTre^
Jlres d' /Egypte portent la tejle rai^e en figne da
dueil quils ont de 'a mcit d'^pis^qite l'^Iîjjp'-
fc adorott comivefon Dieu. S. Vauleflant d Cen*
chreefeût raire^, c marcha les pieds nu d^,
c Les genoux ] Cofnme confacrc^ à miferi,
corde. Les genoux de C homme[ce dit plme)Gut
quelqut I{eli^hn^ que toutes naticns ohferuenn
€HX quijnpplicnt les embrajfenî^ ils leur tendu-:
D F. l' A S N E D''o R. 7?
let indns , ih les ddtrenf comme des autels, SainSt Jltcfojme dit: que U rafure CT couromte des Tre^ ftres monjlrcnfqu'ils doiue^tpofer lefoingdes eho^ ^ Ces temporelles: C^ les eheueux qui leur daneu^ rent , qu'ils pcuuent ntenÏY quelque chofepour leur cfitretenement.
d Par les filences de la nuift. ] ^i font tleïns de 'vénération, ^rifioteenfes J^yolflemes dit que F on oit plus a isément de nuit que de iour\ par ee quilm' sjfaitpomt de hrttitiy t? que l'air qui craqueté durant le tour àcttufe de la cbakhf du Soletlyfe repofe de nuiB, e Lesrempars.} lljlgmfielesrempars que les drondelles drejjoient près la ville de Copton en J^'^^pte auec de la terre O" de l*eflrain\ œunra ïnexptipgable^ auquel elles trduaiUoient aue dajfeâiony que Ion en 'voyoit plujfeurs mourir en la peine, cefioit leur exercice dn Printemps ; c^ to us les ans trauail lofent après. Les mefmes A-» rondelles fai/olent ^vne chaujfeefur le Nil y atta^ chans leurs nids l'-vn^ l'autre d'enmron lalon^ gueur d\neflade ( ce font 125. pas) Ji forte (ce dit Vhne) que l'otuure de l'hojnme fie l'eu/lffeti"' faire telle,
■ Les acroiflemens du Nil.} LeT^l fatfanf- dtuoir de laboureur^ s*efchampe tous les am de^ fm-lefdjïice. Du ammemmcnt il croifi fm^^
Devxiêsme livre
leHement'i fshvn peu plus fort tandis que le Soleil ejl au figue an L)oh : en fuite il s'appareffe ^uand le Soleil ef pj/^c en tdu^ de la. F'tcrge, T.n fin il ï entre dans fes fur des au figne de U Ba-* lance, ^h centirfme iour on apperçoit fes ac* croiffemens a certaines marques O'mefures. S s iufk croifance c^ de fci\e couldees\Jt leau efl plf S\llc demeure ii dow^e couldc es y l Egypte ft-sf ejht d\tîi07r de la famine \a treize encore fouf» fre-elk de Ufami : quator^f la fint-rire ; quinze : l' a f eurent-, fciT^ U mette fit u Jm aife. F lus £)'ands dccrsîjfcmens dénoncent pb^ grand rap» fcrt: C^ moindics^fienlttê. L'on donne plu ' fieurs raifons dctefiaccrolffement : mais les p!n4 iray^f-mùlaùlâs ; que ccfl par la repercuj^icn des Etefites , qui fo-nt "u^nts anniuerfMïes , HC" redate ^ Diodore , Veine , Strahn, Senecque^ Zucain , fn dtfent ce quils en ont fceu ; mail thofes pour la pins-part quil '^aut mieux ne hlafmer point qu approuuer. ^Aifcuns nom chan* tcnti) Quelafô'j4rce du Ndefl en i/ne Zone qui nota ejloppofee: que Ihjuereji la qu.ind now . Auonsfefié: quepour cejîe caufe la grande quan» titc d'eaux qui "jienrwit en ce temp:-lX, caufe cefiaccrûijj'ijnent, g Les fecrets de Mempliis»] Les Vrcjlrn dc^
I n E L A s N E D*0 R^ 7^
,; Mentphis tic communiquât etJt ^ ferfonne les fe^ j \cYets de leurs cérémonies & myfl^res ,pour ce les ,5 (tffelloit-onîncommunîcMes, Cefi^^ne grande '^, ^'vtlUjfe & popaleuje , U féconde après ^lexan- :,\\dfk^en U quelle j amït flaffeurs cxquifes pjra- i '; mules ,Jepul tares des I{oys d'Ea>pte, !h Les firtresdePharos.] Vharose^'vnefU' ccpcfipleede I{omàns par Cefar Diciateur: Ik efiùit "vnehdute tot4r de mcfme nom hafite far le I{oj/Ptolomee, en laquelle ardolent toute nuicl qu/tntiré de luminaires pour cfclairer aux "vatf^ féaux qui^venoient aborder la. Von lojoit an^f ciennement flufieUrs tours es haures c> po'"ts de mer y que du nom de cejle-cj l'on afpelloit îhatos,
i Trois fois. ] Les Tjthagoriens enfeiffient que le nombre ternaire k beaucoup cC efficace^ CiT s^cn pruoient fort e's cérémonies de leurs. Vieux \: aufi faifoient les Magiciens en leun cper^Ufons,
k Hetbe] Vlnjtcurs ejlimentquil ny d yim qui ne fe puijje faire par la force des herhcs. Chi' ^orien Xandms a laijjepar (fcïitqu njn Dragon fit euiuer 'vn de fes petits mort^Par le moyen d'v^ ne hi'rbe nommée Baiis ; & que fc^r elle mefme Chilo^qs^'^n Dragmautit tiié ^fitrefliifcits : ^ luba dit aujit qa vw ^rahiç 'V7% homme fut ïà^
G y/
Devxïesmî iivre mené de mort 4 w far lu fine d''\neheïh€ qu'il n'dpotm nommée,
1 De Léché.] ! (smmen^ant a àefcejiâre es cerpi humains y boit' folie & •lihly^ les njnes plus les autres tmim* EC ' fourtant ceux qui ont plpis Au,ilé d'ouhly^ tronq- uent mieux U 'vérité, Ceft ce que les anciens ont ' dppeUé la riuiere de Lethé , dans laquelle elles aU loient aufii s' ahbreuer après l(ur rnoTt, Toutes les riuteres tnfcrnales , O* ee qui concerne F efiat des tnfers ^efi amplement déduit es premiers cbapi" très dutrajîejmefture de la Mythologie, m Dcuotions.] Ce]} a dire magiques enchan^- temens ^execratr-'nSj miudi^ons : comme (es La* tins prennent ^ucuncfois Dcnot four detefi^-^ éle, exécrable^ maudit,
nRis.] il falciffilemmferceùeau Dief* 4uec toutes lée gaïUardtjfs du monde, c^ pour ce faire, muiter notamment ceux qui par leurs gaUnttfes • C^ ^lafanterses pouutient faire rire la compa^ tnie.^inftles ï{omains célébraient certains ieurs de fefie qu'ils appeUoient Hilaires, c. gaïUardy ^uand après lefclfike d'hyuer le Soleil comment fuit aHifnger le iourpluâ hn^ que la rmiÛ. e Gery on .] C'efi le dixiefme des labeurs d'Hcr» tule , defcrits au lonçr au premier chapitre d» pftiefmeliurf dt U 2ÈÉ; îhoiogie*
TRO IS I ESME
LIVRE.
A R G V M E N rà
JE îendemdin "jinu les MAgflrats auec leurs Sergents 'vicrJ' nent au logis d *^pU' lee , cir le mettent en ^ luftice comme meur- trier^ Le peuple y conflue de toutes parts. Sd partie l'dccMje d'homicide» Il main- tient fin Innocence , d^ plaide fa caujè ttuec arguments conuenablees ato: Ora^ teurs. L^ dejjus voicy v enir deux vieil^ les quife dtfènt parentes des mÂJfacre^ lefquels Apulée ayant defcouuerts far le ummandement du M^gifirat^on trou^- ^e que ce ne font que des eu très, chacun $*efclate derirei^ainflTon célèbre iojetf*- [itmtnt^UfoUrmtédHVm i^-'^^
TROISIESME LIVRE
enfcfg-ie îx caufe de ccfl outricide. Tut s monf^rc audit Apulée fx înxijlrcj]} Ti n7ph/!Ie qui Je truTisfiguroit en Oifcxu j:xr le moyen d Ifnonguent mxglque,Ei îuybriiîat de mefme defirje endetrans- fotmer en ffilou: inxif s'eflxh'ipari'im- prudèce de Photk flotté de!' ùji'^tiçnt dv - tie xutre boifte^tlcft couertj en AjGje.fcnr l.ifin iJrxrofitevn ^dchnp^s pxr defio leurs Jcfqucls emmènent Cr P^fne O* les .autres intinres chargea des meuLUs. de îdilcn.
U
EsiA l'Aurore eflen*
^ doit fes bardes^ efcar
^ latines, &:fècoiianr fes^
fbias xo(ins cheuau-
d etn- dio! t à craûers le cicl:& qiuid l'cus
ience pns le repos qui m'eftoir necdui-
[■u mef' re , là nuict n-ie lendit au iocr fui-
*'ùt le «anr, Adonc vne chaleur boiillan-
[êurel' te me faiHt le coeur au iouuenir du
p, forfaic'quei'auois commis le foir
précèdent. En fin d croisant les
jambes & m'entrekllcnt les doigts
Tvn l'autre flir les cuiiTes , afîîf ea
telle pofturelur mon licl,ie pieu-
rcis à chaudes rarmesî6c dcfù m'i«
DE lAsNE D*0R-, Ë6
jmaginois eftre es mains dç la lu- ftice, voire defiàdeuant mon Ili- $TC, voire defià condemnc, voire defià tout preft d'allerau gibec Pourray je (ce difois ie) rencon- trer vn luge qui me foit l'i bo amy, !; Cl bening 5c propice qu'il m'ofe j prononei innocent, nïoy qui fuis abbreuué du fang des trois homes ^ coulpable de ia mort ce:ant de cicoyen^ ?C'eil ce beau voiage que Diophanesle Cbaldeen prcdifeic il obftinément me deuoir eftie tantglorieux. Ainfi faifois iemes compiainres,& regretcois ma for- tune.
Cependant voicy qu'on vient heurter à noftre porte, le ^'^ ^^^|| peuple s*y attrouppe,& auec vn celeviû^ bruit extre l'enuironne de tousprendnl coftez. LàdelFusIaporte eftant fi
ouuçrte auec vn grand efFort, les t'
Magidrats entrent auec leurs mi- '
niftres5& toute cefte nîanierede gens qui courent ordinairement après, fe fourrent dedans pelîe- mtfle à la foule. Tout îbudaia
' TROISIESME IlVRi
' On les ^cux Sergents me mettent la main
metcn ^^^ï" ^^ collet par le commadcmenc
î pifon, ^^ laluftice,&: me tirent en prifon
jj fans que ie leur fifle aucune re(i-
ftance.Ecfi tort que nous arriuons
Iau droi6l d'vne petite rueIle,touté la ville a(Icmbleeenoross*eIcbrwe c i.
après nous. Et combien que ie marchaire extremcmec affligé^ le? yeux fichez en terrc,/voire deual- lez iufqu aux enfers j tournant neantmoins la telle de ce codé, japperçois vne chofeduioui ef- merudliâbîe. Car entre tant de milliers d'hommes qui mecoftoi- oient, ie ne voyois peifonne qui 11 efclataflderire.
En iîn après auoirrrauerfé tou- tes les places, & que l'on m'cuft promené par tous les carrefours de la ville, à guife de peux qui vont cnprocefTion ^^coduifent leurs hofties autour la ville & les chaos pour appaifer l'ire des dieuXj&de- ftournerlesefî^â:s& menaces des prodiges > me voicy dans le palais (Se deuani le tribunal des lugcsj*
D ï l' A S N E d' O R« ^l
Defià les Ma|;i(hacs elloienthaut Q^^f^^z adisen leurs chaiies, defià IHuif . ^^^^, , lierou heriiuauoKcriele f^^A^'^S ^ comme voicycjiie d'vne commu- ne voix chacû requiert, qu'attcdii la grande foule & mulricude, qui pour cTtre trop prelîce couroic fortune, vn iuîjeraent de tt lie im- portance fnft donné dans le théâ- tre.Quand-&-quand tout le peu- ple d vne courfe excremément ha» flee remplit l'enclos dudit théâ- tre: Icsaduenucs font mefmes oc- cupées en moins de rien5 entièrement couuert de monde. b Aucuns embrafToieni ieî coloni* nés j les autres s'appcndoient aux images ; plufieurs fe monftroienc àdemy par lesfeneftres, lucarnes 6c gouîieres: en fommechacun pouifé d'extrême defîr d'aŒflerà ce rpe6bacle,negligeoi(: les ha fards di; fa vie.
Alors les huifllers & fergens m*amenetà trauers la ^randcouc aux ieux comme on eufifaicd'vne victime deftinee à quelc]uefacri^-
TROISTESME lIVRE
fice,& mepoTentau mflien dcl'cî^ cfiaffaiir Pu'sle Hera-^Ic ayant derechef jmpof'éi'ilencç-^&a-appei lé ma pardejvoicy fe leiier vn cerJ tain vieiDard, qui tenaur/vn pe- tit vafe plein d'ea'j perç' d'vn pcl* tir rrou en Façon de coulGir.&' ce- coulant gO'Uteà goutte pour ter- miner le temps que deuoit durer fon plaidoyé, fe print à parier au peuple en cède forte: lai'ac- ^'^ "'^^ pas queftion dechofe yfe de ^^P^"^^J'^Fortancp,ainsqaico- cerne notamment la paix de toure la ciré,^ qui feruiràdVxen^pIe fe- rieax,à beaucoup d'autres, luges très fainds. Et pourtant il cftbiert requis que rons en gênerai, & cha- cun en particulier^a-^uinez pour le profit S: dignité du public , qie cemcTchant homicide n'ait im- punément cam mis cefte bouche- rie de tant demcurtre^lerquehil actuellement exercez. Et ne pen- fez point que ie fois à cecypoufTé* d'aucune 2 ffedion ou haine pa:-ti- culitre; car ie fcs- Capitaine du
DE l'asne d'orJ Sz guet: & necroy pas que iufqu'à prefent meime le plus vigilant ho- me de ccfl? ville me puiiîe auec raifon blafmei deneoli^ence.Or ievjensau fonds, ôc vousvayra* contrer k auec veiiré le fâiéî:ain(î qu'il eft a iuena la nuit padee. Cac comme enui' on latroiiiermcveil- le de la nuicft le faifois vne foi- gncufe reuei e par les places ÔC rues derefle cité \ ie rencontre ce tres-cruelieone homme auec l'ei* peennëcn main qui cherchoit à mallacrer quclqu'vn : &: trouue qu'il en auoicdefiapar felonnieaf- fdUînciufqu'au nombre de zïois', qui gifoicnt tous eflendus à Tes pieds refpifans encore & patouiI«« lans lenxs corps dedans le fan^ quilsauoient tiihemeiK e'pan- ché. Eclny le remors dVn fi mef- chant Forfait cftonnant à bondrois faconfcience, à videment e^isné le haiu î & le (àuuant à lafaueuc delà nuicl en vne certaine mai- fon, s'eft mu (Té toute la nuid là- dedans. Mais par la prouidencô -
Troisiesme livre des dieux, qui ne laiflèiarrais au- cun maléfice impuni, deuant que ce compagnon fe fauuaft par des chemins deilourncz& fccrets, (1- toft que le matin efl. venu, ie le vous ay fait amener pour fubir* voftie trcfïaindlc &c trelp;raue ftn- tencc. AinfidancAic/îieursvous auez vn ciiii inel poilu & fouillé par tant de meurcies, vn crirriinel piinsfur le fait, / vn criminel eHranger. Prononcez doncques fentencecontre vnhomme forain louchant le crime que vfeus ven- geriez feufrcmeni mefme conue vn voflre citoyen.
Ainfi parla ce très- aigre accu- fatcur : puis ccfTa de criailler. Et le Hérault ujecommada foucain de refpondre il i'auois quelque choie à répliquer. Mais ie nepouuois alors rien faire que pleurer, ne re- gardant certes point tant à cefte ligouteufe accufation, qu'a ma miferableconfcience qui tefaioi- gnoir contre moy.'Me feniac tou- tsfoisdiuinenaent cnhwrdi^ie cora-
DE l' As NE D*0 R. 8j
mence en celte manière: m leu*ignorepas combien il eft ilplaiili maliii'é qu'vn homme chàtgé d'en fa caufi auoiroccis trois autres, & qui con ^ fcdc voloncaifcment le faid en di- lancla veiicé, pullFe ne^iitmoins perfuader à fi grolTe aiîemblee de peuple, qu'il (oie innocent. Mais û voftrc humaniré m*o6troye tant foie peu d'audience publique, ie vous feray fort aifément conoi- ftre.que fans caufeie cours fortu- ne de ma vie^non pour auoir mé- rité îa mort, mais bié par vn « eue- nement fortuit qui m'a railonna- blement pouffe en extrême cole- re:Car hier ainfi que ie me retirois après fouper vn peu trop tard Se bien yure ( i auouc librement que S*excu2 ce crime m'eftefcbappé) ie trou- fe fur U ue certains garnemens Se voleurs j^^^^, quiforçoienilclogisdu bon Mi- lon volire citoyen, chez lequel ie fuislogCjlcfquelsayansdefià tors &faufïe les gonds, arraché violé* ment les courreaux Se ferrures de là poicc , delibecoyent en fuitç
Tr-oisi esme livke d'afTaffiiier tons ceux de la mai- fon. Encr autres Ivri plus prompt à la main, & de plus haute raille encourageoic ainh Ces côpagnons: SmmfAni yfw courxge j ,xQjiillom 'v^U Ltmment Cr d'vne fa/'ce mxfculinc cet dormeurs. ChajTons tout deUj , bannif^ Jom toute coU.irdife hors de no/l/epoi/rU ne ^mettons UmMnX l'expce^ remphf^ fons U muifon de fan ^ c^ de meurtre: qnicùnque fer a troujis dormant ,foir mis à mort: Jejlit frappé. Le moyen de nvn^ retirer ftms cr [aulues ^ cefl de ne laijfer per^ fonne cexns qui nep.tffe par nos matas, le confeire,Me{Iieurs,qu*eIlimant quecefuflledeuoir d'vn bon ci- toyen , joint que ie craignois que mal aduinlt & à mes hoftes éc à moy-mefme-, ie me fuis mis en eftat de donner la chalTè & repoui- ferces maraults de brigands à la pointe de mon efpce que ie por- tois pour me garantir de tels ha- fards. Mais ces barbares ^ cruels garnemcnso ne prennent point I.i fuite ^ âias me voyans marcher
D E l'A sn e d*or. S'4 . Conci'euxauccmonefpee nnë, (e lïietient hardiment ^n dcFenfe, Nous nous battons fore & ferme. Enfomme leur chef &: principal entrepreneur me vient rudement allail u : il m'empoigne à deux xrains par lescheueux, Se me tt- ranc en arrière s\ffoiçede m'af- j fommci auec vnepierreimais co- rne il demande qu'on la luyrende, ie ralfene d'vn coup bien certain' & le tétrade heureufement à mes pieds. Semblablcmenti'enfonce vn grand coup d'efpee entre les deux ef^aules par derciereaudeu- Xiefmequi metenoitàbelles dcts pat le pied. Puis comme le troifie{^ me couroit de roideur cotre moy, ie le poire par terred'vneeftocade enTeftomac, Àinfi m'ayant ac- quis la pnix,& garanti tant la mai- (bndc mon hofi:eeo:nmela viede tous nous autres-, ie fàifois non reulerr>enc eftat de n'en tumber point en peîne, ains que mefmç ilen ferois loiié publiquemenc^ moy qui 11 ayant iamais efté blaC»
TBOISIESME LIVRE [
Surfin- ™^ ^'^"Ciin ccimc tant petit foit-il ' noccncc "^'^^^ toufiours fott bien mainie- deCx'xjï "" "^^ bonne reputatio,ay de roue •' temps en noftre pays préféré mon innocence à toutes commodicez. Et ne me puis imaginer pour qutl U.vraifon ic fuis mis eniuftice & pourfuiuy'pour auoii* vangé l'cf. fort de ces malheureux brigandsî attendu qu'homme viuat ne fçau- roitproauer que nous ayons ia- Sur ce mais eu aucune/» particulière ini- ^HeïU mitié, ny que mefme ie les aye luj font oncquesprattiquezniconusrioinc ihcpntis, que d^aiileurs on ne montrera Cj^ point que pour couoitife d'aucun \^£ fi butin i'aye commis vne Ci g ande [freuaut mefchanceté. wfomfdu Apre5 cefte mienne defenfe ftf^» les larmes me veindrcnt derechef auxyeux, & tendant ^ les mains Jl fe àguifed*vnfappliant,ierequerois j deult, dolemmét ores ceux-cy,orcs ceux i pr h parla mifericorde public^'oejpar i la charité de mes enfans ; Et com-
me i'apperçeu que i'auois par mes pleurs fuffifammcncefraeu tout le
peuple
'i|
DB lAJNI d'or. 85 |l
peuple à commiferaiion & piué, "** i
atteflanc l'oeil du Soleil & delà lu- P
^i ce ,& recommandant mon Faidk à la prouiience des Dieux, i'eneùe |
les yeux vn peu plus haut, & re- gardant tout le peuple en gênerai, iettouoeque tout le monde cre- , ^ - u^u de rire icntr autres mon ^^^ plg^ij ™| ho iU iSsT r père Milon. Alors ie dis -'
à part moyîHé quelle foy,hé quel- le conrcience,me voicy prins pour homicide & preft d'eftre çondam- y* / ncpourauoir fauué la vie à mon p r^ ^ ofte,:; Se luy nonconrcntdc ne *^'^* iîîVuoir aucunement aiîîftc, feiid encore de
L^ defîus voicy pafTer à tra- -. ,^- ucrs le théâtre vne certaine fem- ^ me qui pleuroit à chaudes larmes, ^^''^" veftnc en dueil , & portoit vn petit '^^ enfant entre Tes bras : & derrière '^^'^' • elle vne autre vieille pauurement ^^* habillée qui fdiamctoitauflî com- me la première -, & toutes «deux orufloient / à^s rameaux d oli- uier qu on auoit efpandus autour des bières ou gifoicnt les trois
H "
Troisi esme livre Demxn- morts: lefquclles s'efcrians dVne Âcntiu' voix lugubre bi dolente: Par la pu- pice de blique mifericorde, par le com* leurs niundroi(Sbd'hun)anitc(cedircnc- ^nten^ ellesjayez pitié de ces ieunes hom- ^wwm/^ mes indignement mairacrez , èc- facrei^ vangez comme il appartient no- ftre vcfuageôc folitude; fecourez helas t ce pauure petit qui dés Tes premiers ans demeure orphelin 6c defpourueu de toutes commodi- lez : & félon vos loix & publiques ordonnancesappaifcz les defunéls par le fang de ce meurtrier ! lel^d' Celadidt , le plusancienMa- gi/hdt giftrat fe leue , & parkntau pcu- le fto» pic : Quand au crime (ce dit il ) le mtt» mal-faideur mefme qui iacom- mis ne peut nier qu'il ne mérite gtiefue punition : nous fom mes t| feulement en peine de irouuer les autres complices dVne tant infi*^l| gnemefchanceté. Cariln'eftpas ■ vray-femblable, qu'vn feul ait mis à mort trois fi pullfans ieunes ho- mes. Et pourtant il faut que par 1*1 1 queftioanousentinoAs la vcdt&
Car meGne le garçon qui l*accom- pàî^doic , s*en eft fuy cachément: Ôc h chofc eli reduitce à rel poinCj. que par la géhenne il lu v fa *h faire nommer les compagnons de ioa forfai6l, afin que la craiure dVne (i pernicieufe fadion foir entière- ment abolie.
Et fur le champ on me prefcn- ^f^y pyg te à la mode de Grèce , le feu , la ^^^^^^ /^ roue , & toutes les autres fortes de quefiioti tourmens. Ainfi s'augmente, voi- re redouble mon afîl,6t)On , dau- taat qu'il ne m'eftoit permis de mourir tout à Ùl\0:, Mais ccfte vieille qui par ies larmes auoîc troublé toute ralTemblée : Mef- Les fem iicurs (dit elle) deuant qu'eften mes le dre fur la croix ce biigand mcuv* fanttens trier de mes chers enfans,permet- mefùerê tezie vous fupplie que l'on def mcnr. coimreles corps des maffai rez ; a- e^f fin que par la coniempladon de leur beauté & ieune aagc , poulfez ^e plus en plus en iuile indigna- tion, v6\is le traictiez v fuyuanti* qualité du&it.
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V'
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DiXIESME LfVM
Alors le peuple commence ap- plaudir ; puis quand-(5c-quand le Magiftrac commande que ie de^^ couure moy-mefme de ma main ces corps quigifoienc dans le ccr- cueiLEt comme ie me tirois en ar« iiere,nevoulanrrenouuel!er mon crime en montrant lefdi^s cada- uersànudj les (argents m'y con- traignent auec inftance par vn ice- • ràtifcommandemcntdelalufticc: - ^ 6c me frappans mcfme parle co- a^ j r lie me forcent de mettre la main, ' lunceux. Fmalementvamcnpar
laneccliiteiehisioug : & , bien que malgré moy, leuant leur man- teau iedefcouure leurs corps. O bons Dieux qu'eft-ce que icvoy> quel monftrc ? quel foudain chan- gement en mon aduerfité? Car en- core que l'on me nombraft defià parmyles morts en U famille de Pluton & de Proferpine , ie me voyneantmoing extrêmement cf- tonnc changer de face toute con- traire : & ne puis luffi amment ex- piimer la raifon de ce(le nouuelle
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D E L A s K E D O R, ?7
image. Car les trois cadauers de CCS prétendue cfgorgez eftoient trois .V outre« enflez & percez en diuers lieu j & félon que ie me rcrounenois du combat du foir précédent , ouuerrs & baaillans es endroits par lerqueisi'auoisbleffé IcfJits voleurs. Adoaccefte lifee }{ecio^*. qui par rinduftde d'aucuns s'eftoit^/fi fa. aacunemcnr appairec,recommen- Y'tjec> ça de s'efpancher parmy le peuple. Lesvnstranfportsz d'aife fe con- joaylToient auec moy, les aurres appaifoient ^ la douleur de leur venireen le comprciïaoc à belles mains. Ainfi comblez de ioye,-&
"1 fichez le^ yeux flir moy, chafcun
•;i fonit hors dutheaîre.
Or fi tofl que i'cus empoigné
* le bord de riiabillemenc de ces
* pretendusriefpalTez, iedeuînsco- ' mevnepierre, & demeuray tout 5 aulTi roide de froid quVne des au- '' très flarucsou colomnes du ihea- ^' tre : 6^: ne fceus reprendre mes ef. ^' pritsquemon hoftene fe fuil ap- ■ prochéde moy, & me prenant par
H iij
Trois tesme ti vr i la main m'eiift ï toute force em- tiiené me tirant d'vne ^douce vio- lence après foy par des ruelles & deftouis iufqufs en fàmaifon, plenranc dcréchrf & ietcant vne iniinué de foufrirs qui prccedoiel partie de la crainie^paciit de la hô- te que i'auois endurée; &luv me vo\aniaip(î tàfte & derplaifant , me con(oloir de diuers ^^ plaifani J difcouis.Si ne pcur.il aucunement adoucir rindigoation de l'injure qui m'auoit (aifi d iufqu'au plus profond de i'ame.
A rinftant mcfme voicy les Ma-
giftrats asrintz en noflte logis
auec leurs enfeignes &c n^arqucs,
qui tafc lièrent de m'appaifer en
cefle manière : Nous n'ignorons
tel^iti' point ny voftre djgniié , ny merme
sifiràf aulîilaraxedevos anceftres , fei-
/«7 fait gneur Luce ;car la noblellc de vo-
fansfa- î^re niaifun s'eAeni par toute la
Bkn, prouince. Auiïi n*eft-ce point par
f^^if injure que vous auez enduré ce
qui vous greue fi fort. ChafTe
donc toute celle amertume & me
3
knrholîe de voftrc cœur 5 pofez ceftetiiftefle qui vous afflige la- me : car ce ieu que nous célébrons folemncllement ï certain iour de lannce à Ton rour en Thonneur de ceties-aggrcableDieu Ris, eft toufiours fef^ové par quelque nouaelle&gaillatde fourbe. Ce Dieu accompagne par tout fauo- rable& propice celny lequel aura dounéfujecàiie rire 6c plaifanteri ôc ne ioi]fF£ira iamais que triftelTe laindevoftreefpritj ainsregaiUar- dira toufiours voftre front d'vne «greabic&gaye bonne grâce. La ville raerme vous a de l'obligation. & vous rendra beaucoup d'hon- neur pour celle faaeur qu'elle a receu de vous. Car elle vous a choifi^parfonpgtronjSrpararreft a ordonné que e voftre image foit ^^^(" fai rhearre. tetqt^o
A ces ofÎTcs voicy que ie ref-/^^' ^^ pondis : Certes,© très i!luftre&^^^ ^ première ville de Thdîalie,Hypa- /"« dcf^ le , iete remercie aufîî humblemet fcm.
H iiij
t)lXlESMB tlVRB
que méritent la bien-faids q'^e ru me preicntcs de ton bon gré: mais ic te confeille de garder tes ima- ges & ftaïuespoiirde plus di{;nes perfonnages ritc^qiie mov.Ayantainfi honieu- fcment rerpondii, & roefou'^riant vn peu d'vn vifage gail'ard , me contrefaifant le plus )oyeux qu'il m'cftoic pofliblci ie prens honne- flemenc congé dcldits Magiftiats. Bjrrhe- Là -'eflus vn feruiteurairluant; ne l'en- à voftre mère Byrrhenc (dit il) uojt vouspriede venir, & vous aduer- queiir, tit que l'heure du fcupper auquel vouspromiftes hier, approche dcf- Honti î^« Et moy craignant , voire avant Icratct horreur d'aller chez elle : O ma mere(ccdi-ie) qucie voudrois vo« lontiers obeyr à vos cc>mmande- mens , s'il m'eftoit loiHble man- quer de promeiTe! CarmonhoUe Milon me conjurant par la bonne fcfted'au)ourd'huy , mafaitpro- mettredefoupperauecluy, & ne melâirrapartirdefa maifon pour alléi ailleurs. Ainfi remcccons la
DE l'A S NE d'or. Sp partie à vnc autre fois*
Comme ic parlois endoTe,Mi- Ion nje prenant par la main com- manda qu'on apportâft après luy les vcenfiles des baings, ôi" m'em- mena laueraa plus proche. Mais pour m'cmpefcher d'eftre apper- çeu& derechef nafardé par ceux que ie rencontrerois en leur re- fraiTchiiTant le motif de la premie-- ^ re rifce, ie me ferrois à Tes codez & mecouuroisdefonombre; & de honte que i'cu il ne mç fouuienc tiy commeie me fuis Iaué,ny com- me ic me fuis cflùyé , ny comme ie fuis retourné chez njon iiofte.Ain» fi tout le monde ayant fur moyies yeux fichez , & me montrant au doigt, ie demeucois autant efton- Jié que n i'euffe perdu refprit.
En fin après auoirfouppé chez ,^ , Milonàlalegere , & prins pour ^j^^*^^ excufe vue grade douleur de tefte, ^^ caufce(ce difois ie)parl*affiduité "^^^ \i des larmes que i'auois cfpanducs, , ie demande 5c obtiens ayfémenc cong é d aller dormir. Ain fi cou*
H V
r Troisiesmb livre ché dans mon lidl ie ruminois ^ partmoy bien dolent tout ce qui s'ertoitpairéi tant que finalement voicy ma Photis après auoir cou- fh^tis chéfkmaîftreiïe, me vient irouuer ie "ya enmachambrCimaisf toutechan- trouucr g^e & fore diiiemblable afoy mef- en (ci me. Elle n'aooic plus cefte (àCQ îh/bre. ioyeufe , ny le caqucr fi bien affilé; ainsmemontroit vn vjfàgemorne &rerrongné. Puis d'vne rai difue ifijcrie ^ tremblante parole : leconfefTe tnercyl volontairement (cedit-ellc) que is fuis caufe de toute ceftevoftrc fafcherie. Et fondain tira de fou fein vnc courroye de cuir en fa- ^on d'eftnuiere , & me la baillantj Prenez ie vous fupplie ( ce me dit- elle) vengeance de ceftedcfloyale femme, voirc-mefme impofez luy la plus giiefuc punition que vous pourrfjz imaginer. Ncpenfcztou* tesfiûs ie vous prie que ie vous aye à ''elTein procure ce dcfplaifir. Aux Dieux ne plaife qu'à mon oc-» cafion VOU5 receuicz iamais aucun fnnuy, & fi vous voyez quelque
DE L*ASNE d'or. 5)0
chofc qui VOUS afflige, que ^ mon propre (ang vous en face toat pre- iencemcnt la fatisfadbion. Mais ce que Ton m*auoit enuoyc faire pourvnaurredeiïeing, eft , par ie ne Tçay quelle mienne malencon- tre rciombeau preiu Jtce de voftrc perfonne.
-'Alors defirancaucc toutes îes g curiofitez du monde me faire dei- couudr h caufe occulte 5c latente de ceft accident ; îe defcoiipcray plufïoften mille pièces (cedis-ie en repartant) ceftje maudite &trcS' audacicufecourroye , laquelle ta âs préparée pour te foiietter, que delav vcoir feulement toucher ta douillette & blanche peau. Mais raconte moy de grâce fîdellement quel fiaiftre inconuenient a dc- ftournéfur mochefcequetu pre- paroispourautruy. Carie te iurc h par ccfte tienne telle qui m'eft vniquementchere, qumd toutlc inonde, voiretoy-mefrae levou- drois adèuier , fi necroiray-ieia- inai« quetuayes pourpenfé ehofe
H vj
rDiXlESME LIVRI aucuncpour me nuire. D'aillcuryj ^lespenfecsnon-nuifibles, encore „ qu'ellfs aycot mauuaife ôc con- „ traire ilTue, i ne doyuent point c- rtreimpLiteesàcrime, ne prinfes pour maléfice.
En achenant ces paroles, iehu- moistoutalceré k les yeux de ma Photis mouillez ôc tremblorans, cnyurez d'amour & àeCii fretii- lanspour venir aux cfKds d'vne lutte vénérienne, /ouucrts à demy & me prefen tans certains mignons m baifers Jefquels ienercceuois qu'à demy-bouche & du fin bout , ,des léures. Elle doncques toute ^ refiouye de me voir pieft d'acce- i L P^^^ *^ combat : Lauiez-moy ic
j i^ , ' vou$prie(cemedit.elie)premiefe- \a L mentfermerla porte, de peur que ! j par la prohnc petulence démon ^j * babil & des paroles que l'ay la^- chees , ie vienne à commettre quelque gros fcandale. Et foudain ayant fermé feurcmentaux cour- jcaux & crochets, ciUreuient à inoy , Te ietce amoureurçmem \
DE L*A VE d'o R. f)t
mon col, Ôc m'embra(Tant à c^eux mains,d'vne voix menue & bâiïe parole jle crains exiremémcnr (ce dit-elle) de defcouurir les chofcs ^i^^^^ ' cachées de cean? , de fay grand ^,rc^UfS confcience dereueier lesrecreis& '^ myftercs de Madame ;mais ie pre- fume mieux de vous & de vodre fçauoir j qui , cuire la genereufe dignité de vos anceftres , outre voftie grand & fubiim efprit , eftant inttruit en plufieurschofes pies & fàinftes , fçauez fort bien quelle eft n la fainde foy du filece. le vous lupplie doncques vouloir toujours garder bien renferme dans l'enclos de voftrecœur tout ce que ie m'en vray commettre & fier aux plus crcufes entrailles de ceftc voftre religieufe poitri- ne :ôc recompcnfez a la fimpliciié &mon rapport, d*vne tenancc&: ferme cacicurnicé ; attendu que fans fard & tromperie ie vous ma* nifefte le plus iniime fecret que iefcache. Car la forée de l'amour pa,r laquelle ie voo^ £ui$ obligée ,
m
Trotsiejme livrï. me contiaiiict à vous déceler ce que ic fcay feule entre tous les hommes du monde- Orvous ap- prendrez tout l'cftat de noftrc mai{on,vous apprendrez leseftra/ ges fecrets de Madame,aufquelslcs îrcfpaircz & les enfers mefmes obeyfTcnt , lescieuxen font trou- blez,! es Dieux foicezjles cléments s'âffubiettilTent; ôc la violence de ccft art ne fe bande iamâis plus, que quand elle à prins plaifir à contepler quelque galant Ôc beau ieune homme? ce qui Inyaduieni alTcz fouuent. Auiourd'huy mef- mc elle e(l extrêmement amou- ïeufe d*vn ieune Bococien beau à œerueilles , & employé tous les appareilsjfousies efforts, & toa-' les les machines de (a magie pour I*attraire en Ton smour. rciiyî hierauroir,iouYs(dis je) /'de ces miennes aureilles, que f\a\c Soleil nefefnftfi toft couché, &qu'illuy cuft donné loifir de pratiquer Tes enchantements '& charmes ordi* naices , elle mesa^oic 4'oâFub!er
;i
DE l' ASNE D Cr. ffZ
dVneefpaide (ombrennee, é noiicir de perpctnelles ténèbres. En teuenant des eftuaes eî^e ap- perçcutceieiiive homme afiis CR la boutique d'vn barbier 5 & ms commanda d'emporter cachémec «lu logis la^iogneure defes cheueur qiiigifbientàterrc : mais comme ie IcsamaiTois foigncurcmcnt Sc àla dcfiobee, le barbier roapper- çeut i & parce que nous auons publiquement cti\ infâme répu- tation d'eftre Magiciennes , il m'enpoigne de coleie , ôc me tan- çant auec beaucoup d*aigreur jNe celTeras ru iamais en fin , maraude que eu es(cc me dit- il)de dorrober à tous coups lescheueux des plus aggreablesieunes hommes -, Situ ne te déportes de cefte melchan- cetéjie te mettray prefentement enluftice.Etlc faid fuiuant auflî foudainque la parole, il me ielte la main dans le fein 5 & taftonnanc entre mes retins, m'arrache de co- lère les cheueux qu'il y trouue ca- chez. Cela me fafcha fort), fi que
Troisiesmilivre me reflbuuenant de Thumeur &: couftume de Madame , qui s'ef- meutadezarprement, lors que ^e maqque à luy complaire en (es co^- plexions, & me bat ouiremeni ; ie pr^nois defià refolution dem*en* fuyr. Miispour l'amour de vous iem'enl'uis incontinent départie. Orcomeie oa*en retournois bien tnfte & dolente , pour ne rcuenir les mains du ioutvuides,i'apper- çoy vn certain qui tondoit r auec dcscifcaiix des outres de cheurej lefquels voyant bien eftroitemcnt fcrrez/ort cnflez,& defià pendus , i'emporteauecmoy plufieurs ftoc- qucts de ce poil blond , &quipar confequctrcdembloit en couleur ^ ceîuyde ce ieuneBœocien : & lesdonne à Madame, luydefgui- fantlaverité.Ainfi des le commen- cement de la noi£^ , denant que ^ vous reuinfîiez de foupper , ma Pamphile defià trauaillee en Ton cfprii ,moniecn vnegaleiiecoH- «erte d'vn auuent & lambriflee de b ardcaux au plus haut cftagc de la
maifon ; oiiuerre de toutes parts pour eft:remicuxeriietce,5 vcuë tJ.'ic vers l'Orient cjwe tous autres codes; fort commode pour jy pracciquer les brouillerics de fon art , &c pour ce refpeél; elîe s'y- retire ordmaircmenren cachette, Icy premièrement comme en vnc fuiicfte boutique elle drelTa Cuu uantfa couftnme l'appareil & les drogues necedàires aux efFv^c^sde fi maudite intention : routes for- tes d'aromats &c fenteurs, des la* mes d airain gràucesde lettres ma- giques dcfquel'es on nepeur/^i- uoifTexplicatio ;/des os& mem- bres entiers, de ceux qui eftoienc noyez par fortune de mer;& d'au- tres qu'on a.ioit enfcuelis , et d'auîres encore qui gifoient ala-^ bandon emny lès champii Elle auoit dcç^ de nez & des doigts , delà des pièces de chair pourries de pendus ;d'vn autre cofté, des yafes pleins t du fang degentsef- gorgez , des caluaires & mandibu- les arrachez à des befteSiPuisayac
TrOISIESMÊ LtVRi
par charmes & deuotions magi- ques imbues & bourfoofflccs les vcDcs, entrailles & aurresparties intérieurs , elles les purge en di^ uerfes liqueurs : tancoftencau ch* fontaine,tanioftcftUi6l de vache, tantoft ea miel de montagne , ôc par fois en i; hydromel. Quandelic cutlacccÔc noue Itfdits cheneux à plu^ears toriis , elle les f-ic bn flet Tut des charbons ardents, En-apres par l'inuincible pouuoir de fa (cience magique, parvneoc-* culte & non conuc violence des e(^i prits qn'elle auoit coniurcz , ces corps dont les chfueux fumoienc craquettans furie feu , empruntée lesfens & la respiration humaine ^ ils rentent,ils oyenc ,ils mirchent^^^ & viennent \i mefme où l'odeur' deleurderpouiile qui brnfloit les conduit j & ainfi defirans entrer cheznousaulieu de ceieuneBœo cien , font venus afîaillir noilrc porte. Cependant vousfnruinftes j tout enyuré ,& deçeu par les tene- j bresdeia nui(^ , miftcs brufquc-
I
DE l'Asnb d'or. f4 m|
ment la main a l'efpee comme fie ce furieux X Aiax ; mais non ainfî queluypour matraffer à Tcftour- dic des troupeaux tous entiers de beftes viues : car vousauez auec beaucoup plus de valeur ofté It vie à trois outres decheure bour- ibutfleZjaffid qu'après auoir fan» ctKifion defang terraflTé vos cnnc- " mis, ie vous puiiremaintenat em- bralTernon connc homicide ^ mais en qualité >d'ou:ricide. - ApuÎH
O R Photis s^eftanr ainfi par ces g4ujjc* \ plaifintsdifcoursgaufTée demoy, ^ ieme prins à railler aufli de moa collc:& le puis donc bien ( cedis- je ) nombrer déformais celle pre- mière habite & glorieufe verta entre les douze labeurs de i Her- cule, égalant les trois outres que iay mis à mort , au triple corps de Geiyon , ou bienà !a triple form^ de Cerbère, Mais affin que ie te pardonne de bon cœur toute l'of- fen le par laquelle tu masenuelo- pe de tant d'angoifîes > oélroyc moy ce dont ie te requiers tref- j
Troisibsme t ivrs inftammcnt,«?cmc fay voir ra Mai 3fucn/4 ftiefTe quand elle bfafTe quelque p/wci:- chofedccefte diuine fdencc , ÔC rieuxde quand cllein'joquc lesDieux;que ftre dp' pour le moins ie la puilîe voirions fundn qu'elle fe fera trans- figurée Car-ie Icsjecret defire extrcmémêt auojr cocnbif- de p4m lance de la magie j bien que ta me f/i/f. fembles y fçauoir aulîî quelque chofe.En outre encore que démo propre naturel ie recherche fort peu les embraiTements des Dames neantmoins ces tiens yeux eflin- celians 5 tes leVres vermeilles , tes cheueux dorez, tes baiiers à pleine bouche , ÔC tes mamelles empour. prées, m'aftreigneni & m'afîeruif- fentà guife d'vn cfclauc entière- ment à toy En fommeienefon- ge plus àmamaifcnjiene mefou* cie plus de m'en letoumer j & ne préfère chofe quelconque à ccftc nuid.
Ha queie voudroisbienô Lu- ce( medit-ellcj accomplir ce que vous defirezimais à caufe des en» uieux elle en cft fi ialoufe , que ie
DE L* ASNE D*0 kI pf
retirât roufiours à Tefcart Se loing de toute compagnie , elle cft cou- ftuniitre de parfaire tels fecrccs en (blitude. Toutes fois ie prefaireray voftre requefte au perii de ma vie, & recercheray fort foigneufemem la commodité de le pouuoir faire: foyez moy feulement fidèle & fe- crct en afFâirede telle importance, comme ie vous en ay requis des le
t commencement.
Ainsi que nous deuifions en* femble , vn mutuel appétit delà )i chair efueilla nos courages, &fîc I drefler nos membres, Alorsnous , defpouillas anfli nuds que la main, ! nous nous efbaudifTons en la be- I fongnc de Venus auec autant d'ar- I deur que il nous enflions efté fur- prins de quelque fureur Bacchi- que,- de receu de ma Photistous I lesplaifirs &pa(Të-têpsqui^epeu- ucnt donner en telles prifes , là- delTusIefommcil aflbpilFant mes ^ yeux eggrauez de trop longue ' veille, nous amena iufques au len- demain.
1
I
T R O I $ I >S M E L I V RI
Apres que nouseufmcsaiafî Tolaptucufement palîé quelques iiui6lecs,aduint qu*vn iour Pho- j lis toute efmeuc ôc tremblant ac- courut vers moy , ^ rae fit enteiv-^ drcqfàMaiflrelFe ne poiiuantpar autres moyens derien auarjccrks amollis, fc deuoit emplumer en oifeau !a nuidt fuyuant , & ainfi trans foi m ce s'cnuoler chez Ton amy. Qjie ie me tinlFe doncques prcft pour voir vne fi grande mer- ueille. O R enuiconîa premîuerc vcilîe fhofh ^^^^ nui y if^y bellement & (ans bruit en ceftc r^ryoir haute galerie , & me faidt regar- der par vne fen^edel'huis ce que faifoit fa MailhefTe. Eq premier lieu Pamphile dcipouillatous fcs veftcmens : en-apres tira dVn pecic coffre plafieuts boites ,defquel'es ayant ouuert Tvne , elleprint de rviî2uent,s*eii frotta fore 5i ferme auec les mains , s'oignit depuis la plante des pieds ijfques au fom- mec de la cède : de fe teint long
Vt L'As NE D*OR^ S^
temps auec vn cierge en main à bai botter ie ne fçay quelles paro- les entre Tes deats-, puis d*vnc fe- coufTe tremblante commença d'cf bcanflcrfes membreSjIefquelsVc- llans efcouiez tout doucement , voicy Ton corps fe couure a de plu-, mesyles pennes luycroiflènt, fon nez croche s'endurcit , Tes ongles fe tournent en griffes ; bref Pam- phiIedeuientChahuant.Ain(î iet- tancvncry plaintif ^ Ôc faifanc eH- fay defoy-mefme, elle bac des ai- ss tout bellement à laiz de terre; puis s'efleuant en haut , prend fou plein vol à tire d'aile hors de Ton cabin et, & derechef par la force de fa magie reprend fa première for- me quand bon luyfemblc. y Or moy qui n*eftois frappe ^'aucun enchantement, ains efto» ne teulement par l'eftrange fpe- d-acle que ie voyois deuaiu mes yeux , ie cuydois eftre tout autre chofe qu'ApuIee, Ainfi f^ntanc mon efprictranrporté comme par de là les limites de rarfon , mon
vdut
phoiïs l'en ciif
'
TrOISIÏSME LIVkï
cfprit eftourJi que Ci reiiîïe e(!é du- ccLuinfenfé, il m eftoit adnis que ie fougeois en veillant ; & m c frottant les yeux de.'Kois fçauc^i fi i'ertois endormi. En fin rcuenant»' à mon bon fen.s&reços^noiiïant ce quis'eftoic paffc^ ic prens Phoris par la main, (5c l'approchât de mes yeux : Pet mets-moy ( ce dis ie ) de grâce tandis qne l'en ay la com- moJice,derecueillirle fruit qucic me fuis promis de ta fingulicreaf- feilion t inoyi5c par ces mammclles amou- reufes ie te fupplie ma doucette donne moyde ce mefrae rnguenc, & par celUrrcmunerable bien-Fait vuei \\t)i iamais obliger to;i biea affectionné feruiteur; en forte que comme vn Cupidon empenné ie me puilîe quand ie voudcaytroa- uer auprès bat ma Venus.
DiTES-?ovs,6 cauteleux & r reaardefque amoureux l( ce dit- elle) Voulez- VOUS que ie m'enfer- re de mes propres armes, & qucic fbismoy meline caufe à de mon
malheur ?
DE l'Asne d'or. 97 malheur? Mon cœur, ie fuis fer*. vame des louues de The.lTalie: ^ où m'en irayje cliercherceftOi- feau ? quand le verray-je ?
I A n'aduienne que ie commet- te vne 11 grande lafcheté , ce dif-je, qu'encoie que ie peulFe cftendre ma volce tout à trauers la plage de l'air audî hault que l'aigle , & que ie deuinlTe melfager ordinaire ou fauorif portefôudie du grand lu- pin, ie ne vinlTe neantmoiiis me rendre derechef/ en mon nid a- presauoir eucefthonneur d'eflre deucnu volatil. le jure par ce doux petit noeud de ta cheuelure par lequel tu m'as^eftroittemenc lié l'cTprit, que ie n'aime perfbnne rant que ma Photîs. D'ailleurs, ie fonge que quand j'auray veftu h forme de tel oyfeau par le raoyen; de ceft oignementjforcc me fera, de ne hanter en aucune maifon* Gar qtîel plaifir auroient les Da- rfees auprès d'vn /) fi beau, fi gentil &c fi galant amoureuK qu'vn Cha-^. huant? D'auantage, quand l'an at-'
en
Enfin
fidHce Jefon
Tr oisiesme livre trappe quclqu'vn de ces oifeaux nodurnes en vne maifon , voyons nous pas qu'on les attache foi* gncufemenc \ la porte , afin qu'ils portent eux mcfmes le tourment & lamalencontreque par leur vol funefte ils Henoncent \ ceux de la maifon? Mais(ce dont i'auois pref- que oublié de m'enquerir J quand i'auray defpouillc mon plumage, par quelles paroles & par quel moyen redeuiendray-je Apulée ?
CovRAGE (dit-elle), ne vous mettez point en peine de cela: car Madame m'a montré tout ce qu'il faut pour reformer derechef telles figures en faces d'hommes. Mais ne penfez-pas que ce (oit pour au- cune bonne afîèdion qu'elle me porte, ains pour la fecourir au be- foin à fon retour. En fin regardez comme vn bien peu d'herbes & de petite valeur, en fout la raifon ; on luy faidt vn baing auec vn breuua- ge d'aneth & de feuïiles de lawricr meflees cnfemble en eau defon-.'| uine*
OB l'Asn e d*o r. 98
SvR certe ade'-iraiice elle va promptemenc en la chambre, Se Ellcluj tire da coflPie vue bocfte qu'elle (ionne me donne. le l^embraflcje la bai- de l'on- fe plu (leurs fois i & la prie vouloir ^cwft-, fauocifer ma volée: puis / jette tous mes habillemens ^ & remplit Tant mes mains de ced vnguenc, me frotte fort & fv:;rme tous les membres de mon corps Ainfî ba.batanc des bras ie cuidois par T^dù diuers efîbrts metraiis-formeren ^^y 1;» H bou , ôc m*en voler bien-vifte aui fr9 au loing. Mais point de pennes, oho. point de plumes. -Au contraire mon poil fc grofîît en ^^fee, ma te* dre peau fe durcit en cuir , mes mains perdent le nombre do leurs doigts, leurs extremitez fe con* joignenten ongles à chafquepied: & du bout de mon efchiae procè- de vne bien longue queue.
D E s I A aiiois-je vn vifageenor- ^^^ ^^^ me, vn grande gueule 3 des narines ^«^//^.^^ fendues & baaillantes, des lèvres ji/euiii pendanccs3 en fin mes oreilles pro- ^r^^ duifentvn poil horrible ôc pren- *
lij -
Il TrOISIES ME LIVRE
nent vne defmeiuree croilîance. Ec ne crouuois aucun foulas en cè- de mienne transformation ,horf- mis que / ma nature croifToit outre mefarej&neantmoins icnepou- i uois plus embraiïer ma Photis. Or*
j comme defelperé de mon falutie
confiderois toutes les partiels de mon corps ,i'apperccu que ie n'e- ftois point Oiieaj , mais bien vn Afiie: &C me plaignant du tour que Photis m'anoïc lolié , mais ayant defià perdu le gefte, la contenance Se la vQix humaine , tout ce que ie pouuois faire, c'elloir d'abaiGTerla îevre d'embas,& les yeux mouil- lez regardant de irauers me plain- dre à elle fans ibnner mot. , . Elle de fa part me voyant en fî :: bel eftat, commence à fe cogner la
^Y^^ ^ tefte à coups de poing, ^' crier: le I J tuncy crainte & la hade m'ont trompée, ^ &la refTemblancedesbcëilesm'a iZuido' deceuç. Mais patience , encore • »^f^^- auons-nous vn remède à cefte ' rance, irans-formation plus facile que
1
DE l'A s ne d'or, 9^ pour l'autre. Car en mafchantfcu- lenient quelques rofesjtu quitte- Derf-^ ras ra forme d'Afne , & leprendras prcndrel quand-&- quand par droit de re-y^/ôr- tour celle de mon Apulée. Et à la ?w^. mienne volonté que comme i*a- iiois accoutumé j'eulle àts le foir prépare quelques boucquers de rofes. tu ne demeureroispasfeu- >,/;
1 'D. U n ElleCO'
Icment vnenuict en telle poiture: r "'
mais demamdes lepoindcdu lour r i M
* on m fi
tu trouucras ta recepte toute ap- ^
1, ^ * car
pareiUee.
Ainsi fe lamentoit Photis : mais moy bien que icfufTevn Af- ne psrfaià, &an Ijeu de L. Apulée vne befle à baft.fi reteîToisjene- antmoinswîe fens&Ic iugement humain. Et fus long temps à fon- ger en moy-mefme fi ie deuois à grandes ruades tre à mort cède mefcliante ik rnaUheureufe fefnme.Toucesfois vrt meilleur aduis me dellracqua de cède téméraire entrepiife^de peur que par la mort de Photij> ie
nemepnuaire des rcmedcsneceC I iij
Troisiesme livre ûires pour retourner en nDonpte- mier eflar.
O R doncques baifTant & fc-
coiiantlarcfte,grommelantc-part-
moy pour l'injure qui m'cfloirfai-
te^ ôc m*accoinmoJanr le mieux
'% qu'il m'eftoir poflîblc à cède mie-
^l ne tref-piteufe ad-jenturej Je me
Vay ranger dans Teftable'aupres
démon n bon chcual, où ie trou-
uay pareillement vn autre Aine
appartenant à Milon nagueres mo
hofte. Las ie fiifoi^ eftat que s'il y
auoic quelque taifîble & naturel
ferment ou conFcdcraticn entre
les animaux muets,mondic chcual
^ efmeu de quelque recognoilTance
& compafîion ,me logeroit peur
Outre celle nuid , &: me donneroit la
^eijue meilleure & pl'as nette place. Mais
Ifescom^ ôlupitero hofpitâliT , de vous ô
\.*:fa(rnos diuinespui(Tances établies pour la
i*)$e!e conferuation de /> lafoy ! ce braue
feulent Chenal mien d
\âmet^ chent leurs tertescome pour pren-J
^^rc dre confeil l'vn de l'autre, & com- '
C^ plotccut quand- «Se- quand raaruy
DE L ASN E d'or. 100
ne. Car craignansqueieneman- gealTc leur prouifion 5a peineme vcirfnt-ils approcher du râtelier, q«'ifs fe mettent en fougue l'o- reille baiffee, mé tirent vne infi- nité de roades, &mechairentbicn loing de l'auoine que le foir précè- dent j'auois mis de mes propres mains deuant ce gentil valer.
Evx m*ayans ainfî rudement accueilly&rchalTéde Icurcompa- gnie,force me fut de faire quartier à part en vn coing de l'eflable. Icy comme ie confiderois en moy- merme Pinfolence de m es compa- gnons, & m'^ditois vangcr la perfi» die de mon chenal en reprenant le lendemain ma première forme d'homme au moyen de quelques rofes que ie cerchois à manger: voicy i'apperçois au mih'eu d'vn pilier pofépfelque au miran pour fouftenir les poultresde l'eftable, l'image de la Deefle ^ Hippone feantea vne petite arcpaire, qu'oa anoit nagneres ornée; de chap- peaux 5c bouquets de rofçs ftaif- I iiij
il Troisiesmelivri
ches. Ayanr doncrecogneu cerc- » mcde falutaire, fondé furccfteer» pcracfjj'eftendsle plus que iepuis cnhaultles dcuxpi^dsdcdeuanr; puis allongeât- de îcute ma puif^a- ce Sclecol & les lcures,ra(chede pouuoir atteindre anfdidbesrofcs. MAisainfi qu'à la mal heure ie m'éfîorce d'en artrapper quelque \:r ^ morceau^mon laquaisàqui j'aiiois îT"^-' . laiife mon cheual en charge, me %,J .; defcouure .6
^accueil j r . ' , , a- ^\^ r n- •
jt V Julquesà quand (ced3C-ll)^oumu ji ^ rons-nouscechaftré^quin'aeueres j > vouloïc manf'er la prouuande de
'n nos montures , & veuic encore
jon, r -
maintenant raire outrage aux ima- ges dts Dieux f le m'en vay rout à cefte heure efcloppei & rendre ce y facfilege impotent. Là de(îus il cherche par tout quelque ehgia pour me dourder,& trouuant vn '^1 fagot en arrache le plus gros bafto;
& ne celTa de charger fur ma frip- perie, iufques à cequ*aya«t auec vn grand bruit & tintamare ex- trême ouytudement enfoncer îa
s
ut
Dl L*ASÎ
porte du logis, eftonné d'ailleurs de Ja clameur des voifins qui cri- oient v^f^x 'voleurs'^ il print l'efpou- uante&gafgne le haut.
L A maifon eftanc forcée, voicy fouiainencrervnetrouppedebri- ^^^'^^^ ^ands qui faifiirent tout ce qu'ils '^^^"^.^ trouuent, & les armes au poing/^*'^^^* enuironnent chafque corps de lo-/^^'^^* gis. Tout le monde court à l'aide: eux repoulfeni la foule : puis equi- pezdeglaiues ^deflambeauxillu- minent la nuid: la flamme & la la- me reluifent corne vnfoleilleuanr. Alors s'addrelïans à vn magazin doc la porte cftoicaflez fortement barrée & fermée de bonnes ferru- res , où tout le vaillant de Milon cftoit ferré , ils la mettent en pièces àcoups de coignees,enleuent tout ce qui s'y trouue, font leurs pac* quets à la hafte , & partiffent leur butin. Mais ils trouuent plus de fardeaux que de porteurs. Ainfîîa grande quantité de leurs richcfles les contraignant de mettre toutes weatures en befongne , ils vien-
I Y
Tr OISIISMI LIVRE
nent à l'eftuble, prénent deux pau- vres afnes que nous eftions, & mo . cheuali leur mettent fur le dos les
I \ plusgrofTes charges qu'ils petîuct,
ôc ne refpirans que menaces, après auoir faccagé lamairon,nouscha(^^
l eni fent à coups de baftons: puislaif-
*4- Em- ^^^^ ^^ ^^&^^ ^'" ^^ ^*^" compa-
nenent S"^"^ ^om efpier ceux quivien-
r. r droient informer du larcin jHous
i. /^ touchent au grand pasdeuanteux
wv«M^ à trauers des harricauesiScdeferts
,:"fns. d«-' •nontagncs.
^ D ESI A la pelanteurdu faiXjIâ
\etrai' pénible haulteur de la montagne,
^entfQït ^ ^* longueur du chemin me fai-
^734/. fuient prelquetomberroide mort
àrerce. En fin iem'aduifay j bicrvi
que trop tici , de recourir neant-
moins à bon efcient à la luftice, 6c
interpofanc le nom do Prince fo in
ueraim^medeliurerde tantd'afïli-
r^^^ll vent ^ions. Comme doncques nous
^wplo* paflîons vn iour ent autres par
verCX' vne place pleine de monde à caufe
''*^* d'vne foire qui s*y rcnoit j ie m'ef.
forçay d'inuo
DE L*A SN E d'or. - 102.
Giccs l'augafte nom deCœfar en ma propre de nauuelle lague: mais ie ne fceuiamais prononcer ï hau- te voix & difertement finon ce pc- tic mot , O , fans pouuoir proférer Icreftedu nomdeCefar. Ces vo- leurs fe mocquans de ma clameur afprejiS^qui nerendoit aucun fon légitime, frappans à tors & àtra- uers fur moy , lailTent mon cuir en tel eftat qu'il n'euft rien valu pour faire feulement vn crible.
Mais en fin ce grand Dieu Tu- piter me prefenravn remède que ie n'erperois aucunemét ; car après auoir crauerfé plufieurs bourga- des & maiTons jie viens à defcou- urir vn a(Tez plaifant jardin, auquel cntr^autres gaillardes fleurs ievo- yoys des rofes / vierges qui s'ef^ panoiiynbienr à larofeedu matin. Henniiïant après, & tout efbau- dy de l'efperance que i'auois de recouurer ma première forme , ie m'approche d'elles :& comme ietordoisdefià les lèvres pour en empoigner quelque bouchée , ie
I vi
nef m
il cun\ auoir troHui remet
à fa. formi\ mat
TlCorSlISME IIVRE
I m'aduife d'vn plus certain &plus
I falutrccofeil jdepeuTqucpofanc
ôcmon corps Ôc ma {jeau d'afne, & redeucnant Apulée par le moye. decesrofes,ietroima(Tema more' & ruine toute manifefle entre les mains de ces brigands, qui me cop pourioient foupçonner d'eflre fef' Magicien , ou bien craindioient
y. ' que ie ne defcouuriir^ leur bri- gandage. Ainfi donc ie m*ab(lins
I pour lors de magcrdefdites rôles;
( & tolérant celle mienne aduentu-
re,ierongeois du foin comme les autres en forme d'afne.
COMMENTAIRE S V R
IE TROISIESME LIVRE. .
'^uMctj^.-p 1, a Desia] Chi-onogrHfhie, c, Defcriftîon de temps: car il defcrit l'heure ^ ? t»iifi^ , en laquelle l'aurore montee.fuÏHant r fiBîcn des 'Poètes i& 'MjthoUgues, en fon car-
jfe , fe leue de fon hH cnftfyamiéy CT* ramené U
m 4 1' lénifier s,
fEfcarlatines 1 ^A caufe de'U couleur qtfe
i:
D E l'A SN E dIc' :•. > 105
c Braç rofins ] ^infi Homere'l'apfiRe Rodo- c s dyle. c. dymt les dotgts roftns Cr 'vermeils. d Croifant les jambes 6fc.] l'îexfnmeUpo- fiure k Uquellc fe conforme l'homme qnife trouue en peine (y perplexité,
e Prononcer] C>/? vn terme de Valais: carpro^ fiemmtle tnge prononce quand il donne fentence , / Voire deiia liez] Cefiereprinfc auechjperhoU fait U chofe plm grande quelle neJlX elfe figure ffi vn ornement par lequel au heu de ce qui a ejié lût, l'on remet ce qui femble plm idomCy & rcnd^ la cbûjeplw remarquable. ^ Conduifentleiirsti^ofties] En tels facrifices expiatoires ils faifoient faire trois tours k leurs ho • Jlies autour des terres emblauees deuant que les ffg^tger. Ccfie frocefiion Cjrfolemnitè s'appeUnt \ Ambituàlc^ér fefaifoif notamment pour Uùû'» \ niffon desfrutBs de la terrera ce que par telle fan^ \ flification la cueillettefuj^plftifceconde'.les I{oga^ 1 ttons la reprefentent encore^ hfe qui voudra lei^, ji chap. du ^Jiure de laT^ythlogie, .h Aucuns embrafToient] C^e reprefentation I que les Grecs appellent énergie y dcfcritjt^iuemet U chofe qu'on U penfe 'voir à l'ail, r Vn petit vafe] C*eB la clepfydre; à /'i^^* ^e de laqui lie ontfuccedénos horloges de fahle, ^ Auec venié ] Ct^la^dofe ^^rdelcs^recep-
Septiesme livï^e tes de I{heforiijue : car après l'exorde s'enfuit U\ nMrra'-îon', laqnelle comme enfeiarient les Do^ [ Ûeurs d' c(ocjuence,doit cjke claire Cr facile y bref* ne, proljahle.
l Vn criminel eflranger] Comme s'il faSêit
nJd'ms porter de faueur à Ifn ejïran
Citxdm, ^ contaminent condamner le forain.'
Car comme dit Ctceron a,u i des Offices : Le àegc
, de focieté efi plus proche entre ceux qui font d'vne
. rftefme natio 7 c^ ^'^^g^g^ • ^
dll tance quand oa efl de mefm: 'Ville, HjpporteT^
icjf lh
goracrjtC^ J^lcamenes'^m fçauons foutes fois
comme U loji Mofaïque C^ la charité Chrétienne
recommandent les eflran^ers. Car ( ce dit T^loife)
VOUS auez aufîîefté étrangers en la terre
! d'aui ruyp Ut en au 8 . Hure de [es loix, veut que
I les efiran^ers demeurent vingt ans en la '>ille en
laquelle ils auront eJJeu domicile , exerçons queU
^ que méfier^ fans payer ne tru ne taille : & quau
[ bêutda terme ils prennent leurs befongnes cjrfe
\ retirent. Mais qui verrait de bon oeil yn eflranger
i exempt des charges ordinairesy acquérir force htes^
\ fuif s'en aller auec la ^raife de U IfiUe^
\ m le n'ignore pas ] Ccfl la defenfede ïaccu»
fé, de laquelle l'eflat ou conflit ution e H yidtciai'
DE l'ASNE d'or. '"^ .
JefTonfire qu'il l'a. fAtt f^ûEl duec droiB (2r rai"
fin. ^'mft en la ca/fe rie Horace homiaJe de fi
fœur, l'iniention de l'accuf^ifeur rfl: Vom Aue\tné
i'cflrefœ»r. ïexcufe dud^jfhdeur, lel'ay^^oire-
ment tuée^ maps aurc ra'tfon. U qucli'ion ejï\Sçx*
uoir-mon Çi ïh&m'cïàe efirAÏfinnablement (om-
miscrlcicn droîB, Or fuis quilcjl loiftble de
mettre à mortcelnj qui "^oni dguette,&q'^ic chx-
. (un a droit défaire ce qu'il fur pour la deffenfe dâ
I fa pefonne '/i! foupe/it ttuoir en raifonde tu'ér \
ces trois 10 leurs.
n Euencmenc fortuit] lle^ doncques exct^-
, faille, attendu que ce nejî pa:s guet à pends,
o Ne prennent point la fuite]C'f/? vntnar'
ration du font «ratoireJdqucHe ejlantde prime
ijeuèejïoignee de créance ( attendu que les parties
dduerfes eFtoicntjeuneSyyobuJles^itrme'^Jrois con^
! tre vn)il efi expédient de îd conpmer par preU"
] fies & arguments, comme fait ^pulée^ffultiU"
\ ment, fi probablement, que qui l'oit lecroïd,
p Particulière inimitié] // ny a frappa*
rence qu'vn bonne fie hom me entreprenne 'vn ma»
lejïcefam fuhjeB ou C4ufe: Cr lesBoEleurs de
J[hetûrique commandent , qu'en tout procès on re^
garde principalemêtla caufe. Or toute caufe ejî ou
ImpulJîue(j^ardos leurs termes) corne colere^haine
^ l^atiockatiue^ corne gain Jheredité^D'a»anî4gi^
T R O I U E s M E L I V R E ^
U cdufe efl oft Effictentt^ cjUAndnons dtfom j il 4 \ efléprûuoquépar te! ou tel fubjecî-^ou Jidjuuatc, '
