NOL
Des sciences occultes

Chapter 28

M. Letronne conjecture que le silence imprévu de Memnon res-

tauré fut le motif qui s'opposa à ce qu'une inscription consacrât un
tel acte de piété ou de vanité. Cette conjecture donnerait beaucoup
de valeur à l'argument négatif que nous pourrions tirer du silence
que Spartien, Hérodien et Dion Cassius(les deux derniers presque
contemporains de Sévère) ont gardé sur un fait aussi notable que la
restauration du colosse, et cela même en rendant compte du voyage
de ce prince en Egypte et de sa visite à la statue de Memnon. Une ré-
ticence déjà étrange nous étonnerait bien plus encore si la cessation
du prodige admiré depuis tant d'années avait immédiatement suivi
la réparation de la statue. Comment ces écrivains n'en auraient-ils
point parlé, ne fût-ce que comme d'un présage très funeste? Il eût

DE LA STATUE DE MEMNON. 627

été si naturel à la superstition d'en rapprocher l'extinction rapide
de la race de Septime-Sévère!

En résumé , nous croyons pouvoir regarder comme démontré :
1° Que si un tremblement de terre ^et non pas la fureur de Cambyse)
renversa la statue sonore, ce ne fut point le tremblement qu'Eusèbe
place à l'an 27 ou 24 avant notre ère , et que par conséquent le sys-
tème de M. Letronne pèche par sa base ;

2° Que l'hypothèse de la restauration de la statue par l'empereur
Sévère n'est étayée d'aucune preuve, d'aucun indice historique;

3° Qu'il n'est point démontré que Memnon se soit lu immédiate-
ment après le règne de Sévère et de Caracalla, et que si l'époque où
le prodige a commencé n'est point connue, l'époque beaucoup plus
rapprochée de nous où il a cessé ne l'est pas davantage.

La cause du prodige reste également obscure. M. Letronne, on l'a
vu, adopte l'explication fondée sur une variation subite de tempéra,
ture. Aux objections que nous y avons opposées, nous ajouterons.-
1° Que cette variation ne pouvait se reproduire à plusieurs reprises
dans un jour, tandis que la voix de Memnon a éîé entendue deux et
même trois fois, à différentes heures de la même journée. 2° On suppose
gratuitement, ce me semble, que le poids des assises dont on chargea
la base en restaurant le colosse devint la cause de son silence sou-
dain. Les blocs immenses de granit dont les craquements ont été en-
tendus à Carnac supportent des masses plus pesantes que les grès
qui ont pu servir à la restauration du colosse, et leur sonorité pres-
que spontanée n'est pas douteuse. En fait général, la superposition
d'un poids même peu considérable arrête les vibrations d'un corps
actueilement résonnant , mais n'en détruit pas la sonorité; elie
change seulement la qualité du son Le changement devient moins
sensible si le corps superposé fait un avec le premier el s'il est de la
même nature. Or, les assises dont les vestiges subsistent sont d'un
grès identique à celui dont se compose la base(l), et presque aussi
sonore. 3° Enfin , ces assises ayant été depuis presque entièrement
renversées , et le colosse se trouvant à peu près dans le même état
qu'à l'époque de sa première mutilation, n'aurait-ii pas dû recou-
vrer sa voix que sa restauration lui avait ravie?

Le miracle était-il l'effet de la supercherie? Je le conjecture. M. Le-
tronne le nie absolument. On n'aurait pu, dit il, pratiquer un souter-
rain, une cavité, sous ia base de la statue, plusieurs siècles après son
érection. L'objection suppose que le miracle ne fut point contem-

(1) Moniteur, n° de mardi 9 octobre iS38... Lattre de M. Xestor-V Hâte a M. Le-
tronne.

5 '28 DES SCIENCES OCCULTES.

porain de celte érection, et c'est ce qu'on a en vain essayé de prouver.
Pourquoi, ajoute M. Letronne, Memnon ne se faisait-il pas entendre
toutes les fois qu'on le visitait? Parce que le miracle différé quelque-
fois ou refusé piquait davantage la curiosité, frappait plus vivement
la superstition, inspirait un respect plus profond. Combien de fois, à
Naples, le miracle de saint Janvier n'a-t-il pas été différé au gré des
passions, du caprice ou de l'intérêt des prêtres?

Récemment, un Anglais, M.Wilkinson,a découvert une pierre so-
nore placée au-dessus des genoux du colosse; derrière se trouve une
cavité qu'il croit avoir été pratiquée à dessein pour cacher un homme
dont la fonction était de frapper sur la pierre et d'opérer le prodige.
Un observateur français , M. Nestor-l'Hôte (1), s'est assuré que la
pierre sonore existe en effet dans le genou de la statue ; elle est de la
même nature que le grès qui a servi à la restauration, et qui prorluit
à la percussion un son tout-à-fait semblable à celui d'une masse de
métal coulé. La cavité qu'on voit derrière n'est autre chose qu'une
énorme crevasse qui divise de haut en bas le siège de la statue. On
est autorisé à conclure qu'elle n'a point été pratiquée à dessein , et
que la pierre sonore n'a été employée que comme un des matériaux
de la reconstruction.

Celte conclusion est très plausible; elle renverse l'hypothèse de
Vandale que nous avons déjà repoussée, mais ne prouve rien en fa-
veur de celle de M. Letronne : il y avait tant d'autres moyens d'opé-
rer le miracle !

Quand la sonorité de la statue a-t-elle cessé ? ici le fil historique se
rompt entre nos mains. Au milieu des désordres et des dissensions
qui déchirèrent l'empire jusqu'après l'avènement de Constantin , les
annalistes eurent peu d'occasions de rappeler une merveille isolée,
étrangère à la religion nouvelle dont le triomphe se préparait tous
les jours. La merveille même dut se renouveler difficilement, et
bientôt cesser tout-à-fait, dès que , par suite des controverses élevées
entre les chrétiens et les polythéistes, les fraudes religieuses furent
éclairées de près : et lorsque, plus tard , méprisés , réduits à l'indi-
gence, en butte à la persécution, les prêtres dispersés délaissèrent
leurs temples et leurs images, dépouillés désormais de la vénération
des peuples.

Comme il arrive trop souvent au terme des recherches les plus
consciencieuses, nous sommes contraints d'avouer notre ignorance }
ne pouvant nier l'existence du prodige , ni en fixer la durée, ni en

(i) Moniteur, n° de maicli 9 octobre l858... Lettre de M, Nestor- V Hôte a M. Le-
tronne.

DE LA STATUE DE MEMNON. 02g

donner une explication à l'abri des objections. Les exemples nom-
breux de prodiges produits par des effets d'acoustique nous autorisent
à attribuer celui-ci à l'habileté des prêtres , qui, nulle part , n'ont
laissé échapper un fait un peu singulier sans le saisir et s'en prévaloir.
Mais de quelle nature était ici leur intervention? Comment expliques-
une supercherie modifiée en certains cas pour rendre le miracle plus
auguste , mais opérée communément d'une manière uniforme , tous
les matins , à la clarté du soleil , en plein air, au milieu de témoins
qui se présentaient en foule pour en observer Peffet , et cependant
jamais découverte? Voilà la question véritable, et elle n'est point
encore résolue.

FIN.

34

TABLE SOMMAIRE DES CHAPITRES.

Dédicace v

Avertissement vu

Discours de M. Arago sur la tombe de M. Salverte. xi

CHAPITRE PREMIER. — L'homme est crédule . parce qu'il est natureile-
îneut véridique. En agissant sur ses passions, par sa crédulité, des
hommes supérieurs l'ont ployé à une soumission religieuse. Les récits des
merveilles qui le conduisaient à ce but ne sont pas tous controuvés. Il est
utile autant que curieux d'étudier les faits que ces récils renferment t et les
causes dont les faits dérivent pag. 1 à 6

CHAP. II. — Distinction des prodiges et des miracles. Motifs qui rendent
croyables les récits merveilleux : i° le nombre et la concordance des récits,
et la confiance que méritent les observateurs et les témoins; 2° la possi-
bilité de faire disparaître le merveilleux, en remontant à quelqu'une des
causes principales qui ont pu donner à un fait naturel une couleur mer-
veilleuse pag. 7 à i3

CHAP. III. — Enumératiou et discussion de ces causes Apparences décevantes
et j«ux de la Nature. Exagération des détails d'un phénomène ou de sa
durée. Expressions impropres ou mal comprises et mal traduites. Expres-
sions figurées; style poétique. Explications erronées de représentations
emblématique*. Apologues et allégories adoptés comme des faits
réels pag. i4" à 55

CHAP. IV. — Phénomènes réels, mais rares, présentés comme des pro-
diges dus à l'intervention de la divinité, et présentés avec succès,
parce qu'on ignorait qu'un phénomène fût local ou périodique ; parce
qu'on avait oublié un fait naturel qui, dans le principe, aurait écarté
l'idée du merveilleux; souvent enfin parce qu'il eût été dangereux de
chercher à détromper une multitude séduite. L'observation de ces phéno-
mènes étendait les connaissances scientifiques des prêtres. Véridiques sur
ce point, les écrivains anciens le sont aussi dans ce qu'ils disent des
œuvres magiques.» . . p<*g- 56 à 86

CHAP. V. — Magie. Antiquité et universalité de la croyance à la magie. Ses
œuvres furent attribuées également au bon et au mauvais principe. On n'a
point cru, dans l antiquité , qu'elles fussent le renversement de l'ordre
naturel. Ou n'en contestait point la réalité, lors même qu'elles étaient
produites par les sectateurs d'une religion ennemie pag. 87 à 96

CHAP. VI. — Lutte d'habileté entre les thaumaturges ; le vainqueur était
reconnu pour tenir sa science du dieu le plus puissant. Cette science avait
pour base la physique expérimentale. Preuves : i° la conduite des thau-
maturges ; 20 cequils ont dit eux-mêmes sur la magie; 3° les génies invo-
qués par ks magiciens ont tantôt designé les agents physiques ou chimi-

53q table sommaire

qucs qui servaient aux opérations de la science occulte, tantôt les hommes
qui cultivaient cette science ; 4° 'a magie des Chaldéens comprenait
toutes les sciences occultes Pag« 97 a ll2

CHAP. VII. — Erreurs mêlées aux connaissances positives ; elles sont nées ,
tantôt d impostures volontaires, et tantôt du mystère qui enveloppait la
science sacrée. Impostures, promesses exagérées des thaumaturges;
charlatanisme, escamotage; tours d'adresse plus ou moins grossiers:
emploi du sort , et facilité d'en diriger le résultat. Oracles : à l'équivoque,
a l'imposture , se joignirent, pour assurer leurs succès, des moyens na-
turels , tels que le prestige du ventriloquisme , les vertiges, etc.; et enfin
des observations exactes, mais très simples pag n3 à i4o

CHAP. VIIï. — Garanties du mystère qui enveloppait les sciences occultes ;
hiéroglyphes , idiome et écriture sacrés inconnus aux profanes; langage
énigmatique des évocations; révélations graduées* partielles, et qu'un
petit nombre de prêtres obtenaient dans leur plénitude; religion du ser-
ment ; mensonge sur la nature des procédés et l'étendue des œuvres ma-
giques. Conséquences du mystère: i° entre les mains des thaumaturges, la
science magique se dégrade , réduite à une pratique dénuée de théorie , et
dont les fc mules mêmes finissent par n'être plus comprises; 2° l'igno-
rance où l'on est des limites qui circonscrivent son pouvoir, le désir de
deviner ses secrets , et l'habitude d'attribuer l'efficacité de ceux-ci aux
procédés que la science emploie ostensiblemesit , font germer parmi la
multitude les erreurs les plus grossières „ pag. \[\\ à i65

CHAP. IX. - — Malgré la rivalité des religions, l'esprit de la forme fixe de
civilisation maintient le mystère dans les temples et dans les écoles philo-
sophiques. Il en est, à la longue, banni par l'influence de la civilisation
perfectible. i° Communication habituelle des Grecs avec les successeurs
des mages, dispersés dans l'Asie après la mort de Smerdis; première révé-
lation de la magie; 2° l'appauvrissement de l'Egypte, après la conquête
des Romains . fait affluer à Rome des prêtres de grades inférieurs qui y
trafiquent des secrets des temples ; 3° les polythéistes qui se convertissent
au christianisme apportent dans son sein les connaissances magiques
qu'ils possèdent

A cette dernière époque, des débris de la science sacrée subsistent,
i° dans les écoles des philosophes théurgisles ; 2° en la possession des
prêtres errants , et surtout des prêtres égyptiens. On peut . sans invraisem-
blance, assigner pour leurs successeurs, aux premiers, les sociétés secrètes
d'Europe; aux seconds, les sorciers modernes pag. 1 66 à 187

CHAP. X. — Enuméralion des mei veilles que la pratique des sciences occultes
donnait au thaumaturge la possibilité d'opérer pag. 188 à 192

CHAP. XI. — Merveilles opérées par la mécanique : planchers mouv ints;
automates ; essais dans l'art de s'élever en l'air pag. 193 à 199

CHAP. XII. — Acoustique : imitation du bruit du tonnerre ; orgues ; coffres
résonnants ; androïdes ou têtes parlantes; statue de Memnon. p. 200 à 207

CHAP. XIII. — Optique : effets semblables à ceux du diorama;
fantasmagorie ; apparition des dieux et des ombres des morts,
chambre noire ; magiciens changeant d'aspect et de figuie, prestige
incroyable . pag. 208 à 224

DES CHAPITRES.

533

CHAP. XIV. — Hydrostatique : fontaine merveilleuse d'Andros; tombeau
de Bélus ; statues qui versent des larmes; lampes perpétuelles. Chimie ;
liquides changeant de couleur; sang solidifié, se liquéfiant; liquides in-
flammables; la distillation et les liqueurs alcooliques counues autrefois,
même hors des temples pag. 225 à 206

CHAP. XV. — Secrets pour se préserver de l'atteinte du feu, employés
pour opérer des merveilles dans les initiations et dans les cérémonies du
culte ; ils servaient aussi à braver impunément les épreuves par le feu. Ils
furent connus eu Asie et en Italie, et mis en us.ige dans le Bas-Empire,
et jusqu'à nos jours en Europe. Procédé pour rendre le bois incombus-
tible pag. 237 à 245

CHAP. XVI. — Secrets pour agir sur les sens des animaux. Exemples mo-
dernes et anciens. Pouvoir de l'harmonie; pouvoir des bons traitements;
crocodiles et serpente apprivoisés; reptiles dont on détruit ou dont on
épuise le venin. Vsylles anciens : la faculté qu'ils avaient de braver la
morsure des serpents, mise hors de doute par des expériences récentes,
fréquemment répétées en Egypte. Celte faculté tient à des émanations
odorantes qui affectent les sens des reptiles et échappent aux sens de
Ihomme . . pag. 246 à 265

CHAP. XVII. — Drogu* s et boissons préparées ; les unes soporifiques, les
autres propr. s à plonger dans une imbécillité passagère. Circé; JSépenthês ;
illusions délicieuses, illusions effrayantes, révélations involontaires, cou-
rage inviucible, produits par des aliments ou des breuvages. Le Vieux de
la Montagne ne séduisait ses disciples que par des illusions; il les pré-
munissait probablement contre les tourments par des drogues slupé-
liantes. Exemples nombreux de l'emploi de ces drogues. L'usage qu'on
en fiit , s'il devient habituel , conduit à l'insensibilité physique et à
l'imbécillité pag. 266 à 287

CHAP. XVIII. — Action des odeurs sur le moral de l'homme ; aclion dis
liniments. V onction magique opérait souvent, dans des rêves, ce que la
prévention et le désir prenaient facilement pour des réalités. De pareils
rêves donnent l'explication de Ihistoire entière des sorciers. L'emploi de
quelques connaissances mystérieuses, les crimes auxquels de prétendus
sortilèges ont servi de voile , la rigueur des lois dirigées contre le crime
absurde de sorcellerie , telles sont les principales causes qui ont multi-
plié le nombre des sorciers. Importance de cette discussion, prouvée par
des faits récents pag. 288 à 5o8

CHAP. XIX. — Action de l'imagination préparée par la croyance habi-
tuelle à des récils merveilleux, secondée par des accessoires physiques,
par la musique, par l'habitude d'exalter son moral, par une terreur irré-
fléchie, par les pressentiments. Les mouvements sympathiques propagent
les effets de l'imagination. Guérisons produites par l'imagination. Écarts
de l'imagination, troublée par les maladies, par les jeûnes, les veilles et
les macérations. Remèdes moraux et physiques, opposés avec succès aux
écarts de l'imagination pag. 3oq à 029

CHAP. XX. — La médecine faisait partie de la science occulte ; elle ne fut

longtemps exercée que par des prêtres ; les maladies étaient envoyées par

des génies malfaisants ou des dieux irrités; les guérisons fuient des mi-

• racles, des œuvres magiques. Lia crédulité et l'esprit de mystère

534

TABLE SOMMAIRE

attribuèrent à des substances sans énergie des propriétés mer-
veilleuses , et le charlatanisme seconda ce genre de déception.
(Juérisons mensongères.. Abstinences extraordinaires. Substances nu-
tritives prises sous un volume presque imperceptible. Résurrections
apparentes / . p;,g. 33o à 35o

CHAP. XXI. — Substances vénéneuses. Poisons dont l'effet peut être gradué,
illorls miraculeuses. Poisons employés d;ms les épreuves judiciaires.
Maladies envoyées par la vengeance divine. Maladies prédites naturelle-
ment pag. 35 1 à 366

CHAP. XXII. — Stérilité de la terre. La croyance aux moyens que les
thaumaturges avaient pour l'opérer est née sut tout du langage- des em-
blèmes. Stérilité naturellement produite. Cultures qui nuisent les unes
aux autres; substances qui nuisent à la végétation. Atmosphère rendue
pestilentielle. Poudre puante et nitrate d'arsenic , employés comme
armes offensives. Tremblement de terre et éboulements prévus et
prédits pag. 367 à 078

CHAP. XXIII. — Météorologie. Art de prévoir la pluie, les orages et la
direction des vents; il se transforme, aux yeux du vulgaire, en une fa-
culté d'accorder ou de refuser la pluie et les vents favorables. Cérémonies
magiques pour conjurer la chute de la giêle pag. 079 à 389

CHAP XXIV. — Art de soutirer la foudre des nuages. Médailles et tradi-
tions qui en indiquent l'existence dans l'antiquité. Voilé sous le nom de
culte «le Jupiter EUcius et de Zeus Catalbatês, il a été connu de Numa et
d'autres personnages anciens. Les imitateurs du tonnerre s'en sont servis;
il remonte jusqu'à Proinélhée ; il explique le mythe de Salmonée ; il fut
connu des Hébreux : la eonstruetion du temple de Jérusalem en offre la
preuve. Zoroastre s'en servit pour allumer le feu sacré, et opérer, dans
l'initiation des sectateurs , des épreuves et des merveilles. Si les Chaldéens
l'ont possédé , il s'est perdu entre leurs mains. Il eu subsistait quelques
traces dans l'Inde, au temps de Ktésias. \iiracles analogues à ceux
que cet art produisait, et qui pourtant demandent une explication
différente pag. 3go à A 12

CHAP. XXV. — Substances phosphorescentes. Apparition subite de flammes.
Chaleur développée par l'extinction de la chaux. Substances qui s'em-
brasent par le contact de l'air et de l'eau. Le pyrophore et le phosphore,
le naplite et les liqueurs alcooliques, employés dans divers miracles. Feu
descendu d'eu haut : plusieurs causes expliquent celte merveille. Moïse
fait consumer par le feu les profanes qui touchent aux choses saintes. Le
sang de Nessus était un phosphure de soufre; et le poison que Médée
employa contre Creuse, un véritable feu grégeois. Ce feu , retrouvé à plu-
sieurs reprises, a été mis en œuvre très anciennement : on fait usage d'un
feu inextinguible en Perse et dans l'Hindoustan pag. 4i3 à l\ô[\

CHAP. XXVI. — Compositions analogues à la pondre a canon. Mines pra-
tiquées par Samuel , par les prêtres hébreux sous Osins et sous Hérode ;
par les prêtres chrétiens, à Jérusalem sous l'empereur Julien , et en Syrie
sous le khalife Motassem ; par les prêtres de Delphes, pour repousser les
Perses et les (iaulois. Antiquité de l'invention de la poudre ; vraisembla-
blement originaire de l'Hindoustan , elle a été connue de tout temps à la
Chine. Ses effets, décrits poétiquement, ont paru fabuleux. Armée lartare

DES CHAPITRES. 535

repoussée par l'a îiflerie. Prêlres de l'Inde employant le même moyen
pour lancer la 'oudre sur leurs ennemis., La foudre de Jupiter comparée
a nos armes à feu. Divers miracles expliqués par l'emploi de ces armes.
La poudre à canon a été connue dans le Bas-Empire, et probablement
jusqu'au don*.? me siècle . . . . pag. /\7>5 à 45 1

CHAP. XXVII. — Les thaumaturges pouvaient' encore opérer des merveilles
avec le fusil à vent, la force de la vapeur de l'eau échauffée . et les pro-
priétés de l'aimant. La boussole a pu être connue des Phéaeiens , comme
des navigateurs de la Phénicie. La Flèche d'Abaris était peut-être une
boussole. Les Finnois ont une boussole qui leur est propre: et l'on fait
usage de la boussole, à la Chine , depuis la fondation de l'empire. Autres
moyens d'opérer des miracles. Phénomènes du galvanisme. Action
du vinaigre sur la chaux. Amusements de la physique; larmes bat.i-
viques , etc pag. 452 à 465

CHAP. XXVIII. — Conclusion. Principes suivis dans le cours de la discus-
sion. Réponse à l'objection tirée de la perle des notions scientifiques des
anciens. Démocrite seul, pnrmi eux, s'occupa d'observations et de physi-
que expérimentale. Ce philosophe voyait comme nous . dans les oeuvre
magiques , les résultats d'une application scientifique des luis de la nature
Utilité qu'il est d'étudier sous ce point de vue les miracles des anciens"
Les thaumaturges ne liaient ensemble par aucune théorie leurs no1ions
savantes : c'est un indice qu'ils les avaient reçues d'un peuple antérieur.
Les premiers thaumaturges ne peuvent être accusés d imposture; mais
il serait dangereux de suivre aujourd'hui leurs traces, en cherchant à
subjuguer le peuple par des miracles : L'obéissance volontaire aux lois
est une conséquence assurée du bonheur que les lois procurent aux
hommes Pag- 4 6 6* à 4j2

BJOTE A. — I>es dragons et des serpents monstrueux qui figurent dans
un grand nombre de récits fabuleux ou historiques.

§ I. — Des reptiles parvenus à une croissance peu ordinaire ont fait naître
ou ont accrédité plusieurs de ces récits l[-5

§ IL — D'autres ont eu pour base des expressions figurées que l'on a prises
dans le sens physique 4"/5

§ III. — Serpents monstrueux , emblèmes des ravages produits par le débor-
dement des eaux 4 7°'

§ IV. — Légende du serpent, transportée des tableaux astronomiques dans
la mythologie et dans l'histoire 4^o

| V — La même iégende s'introduit dans les traditions du christianisme,
surtout chez les peuples d'occident 4&4

§ VI.— Explications allégoriques des emblème- où figurait le serpent. 4(S>7

§ VII. — Multiplicité des faits de ce genre adoptés comme des faits réels. 49°

i VIII. — Variantes dans les circonstances et les dates des récils ; nouveaux
vestiges de la légende astronomique 49*2

§ IX. — On applique cette légende à des personnages célèbres; ou altère
l'histoire pour l'y retrouver 49^

§ X. — Objets physiques et monuments dans lesquels le vulgaire retrouve
le tableau de la destruction d'un serpent monstrueux 49$

536 TABLE SOMMAIRE DES CHAPITRES.

§ XL — Les armoiries el les enseignes militaires donnent lieu à de nouvelles
applications de la légende astronomique 5o 1

§ XII. — Mythologie antérieure, altérée pour y retrouver la légende du
serpent 5o4

S XIII. — Résumé 5o8

KTOTE B. — De la statue de Memnon.

Récits et inscriptions qui attestent la vocalilédc la statue, et font même men-
tion des paroles qu'elle a prononcées. Explications peu concluantes , pro-
posées par divers auteurs. Suivant Langlcs, les sons proférés quelquefois
parla slalue correspondaient aux sept voyelles, emblèmes elles-mêmes des
sept planètes. Réfutation du système de M. Letronne. Oracle qui a pu
être prononcé par la statue de Memnon. Le miracle était probablement
l'effet jde la supercherie. Impossibilité d'arriver à une solution satisfai-
sante du problème. . ; 5io

FIN DE LA TABLE.

Il

cX