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Des sciences occultes

Chapter 1

Preface

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DES

SCIENCES OCCULTES.

IMPRIMERIE DE BOURGOGNE ET MARTINET,

RUE JACOB, 3o.

DES

SCIENCES OCCULTES

oc

ESSAI SUR LA MAGIE,

LLS PRODIGES ET LES MIRACLES,

PAR

&usêbe SALVEETE.

« Non igilur oportet nos magicis illusionibus
» uti , cum potestas philosophica doceat opéra ri
» quod sufticit. »

Roc. Bacon, Desecr.oper. art. et nat.c.v.

SECONDE EDITION.

A PARIS,
CHEZ J.-B. BAILLIÈRE,

LIBRAIRE DE L'ACADEMIE ROYALE DE MEDECINE
Rue de l'Ecole-de-Médecine , 17;

k LONDRES, CHEZ H. BAILLIERE, 21 9, REGENT-STREET.

1843.

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CHARLES-LOUIS CADET-GASSICOURT,

NÉ A PARIS LE 23 JANVIER 1769,
Mort le 21 décembre 1821.

TOUT A L'HUMANITÉ, A LA PATRIE, A L'AMITIÉ!
CES MOTS RENFERMENT L'HISTOIRE DE SA VIE.

EUSEBE SALVERTE.

L'histoire de la civilisation , dans le sens le plus étendu
que l'on puisse donner à ce mot , l'histoire de l'homme en
société , n'est-elle pas de toutes les études la plus impor-
tante pour nous ? Consultant mes forces moins que mon
zèle, j'ai entrepris, depuis vingt ans, de retracer cette
histoire, et j'ai publié en 1 8 1 3 une Introduction (1) propre
à donner une idée de la manière dont je pense qu'elle
doit être traitée. Cet essai m'a valu quelques encourage-
ments , mais ils ne m'ont point aveuglé sur la nécessité
d'approfondir davantage un sujet si important. Dans les
recherches où je me suis engagé, l'histoire et l'origine des
sciences ont occupé une grande place. Bientôt je me suis
convaincu que l'on n'aura jamais une juste idée du degré
auquel les sciences étaient parvenues chez les peuples
anciens , si l'on ne recherche quelles connaissances em-
ployaient leurs instituteurs, pour opérer les merveilles
dont font mention leurs annales. Livré à cet examen , j'ai
vu les connaissances occultes , renfermées dans les tem-
ples , y servir , pendant des siècles , à exciter l'admiration
ou l'effroi ; mais avec le temps , y dépérir et s'évanouir
enfin , ne laissant après elles que des traditions informes,

(i) De ta Civilisation depuis les premiers temps historiques jusqu'à
la fin du xvme siècle..... Introduction.

VIII

rangées depuis au nombre des fables. Tenter de rendre
la vie à ces anciens monuments intellectuels , c'était à la
fois remplir une partie de ma tâche , et combler un grand
vide dans l'histoire de l'esprit humain.

Bientôt mon travail sur cet objet a pris assez d'étendue
pour ne pouvoir plus entrer dans le cadre de l'ouvrage
principal dont il devait originairement faire partie. Il m'a
été facile de l'en détacher , quoiqu'il y appartienne , par
le but que je me suis proposé d'atteindre ; séparé , il forme
un tout , susceptible d'un intérêt spécial. Je me contente-
rai donc de rappeler le principe qui m'a guidé dans mes
diverses recherches; le principe qui distingue deux for-
mes bien tranchées de civilisation : la forme fixe , qui a
régi autrefois le monde presque entier , et qui subsiste
encore en Asie ; et la forme perfectible , qui , plus ou
moins , règne dans toute l'Europe , quoique nulle part en-
core elle n'ait pris tous les développements et porté tous
les fruits dont ses éléments nous font concevoir l'espé-
rance.

En 18 1 7 , j'ai inséré dans Y Esprit des journaux (volume
de juillet) un Mémoire où se trouvent indiqués les prin-
cipes que je développe ici, et plusieurs des faits et des ar-
guments dont je les appuie. Je ne le cite qu'à raison de
sa date , et afin que l'on ne m'accuse point d'avoir em
prunté à quelques ouvrages qui ont paru plus tard , des
idées et des explications que je suis aujourd'hui en droit
de reproduire , puisque dès lors elles m'appartenaient.
Loin de m'abuser d'ailleurs sur l'insuffisance de ce pre-
mier essai, je l'ai refondu en totalité et retravaillé à plu-
sieurs reprises , en m'aidant des conseils d'hommes in-
struits et bienveillants. A leur tête vient se placer l'ami à
la mémoire de qui est dédié mon ouvrage : un laps de
plus de seize années ne m'a point fait perdre le souvenir

de ce que j'ai clù à ses lumières , non plus que le regret de
son amitié et de ses vertus.

La première édition de ce livre, publiée en 1829 (1) ne
se trouvant plus dans le commerce, j'ai dû, avant d'en
faire paraître une seconde, profiter des critiques qui
m'ont été adressées , et des observations nombreuses que
m'ont fournies de nouvelles études. La théorie qui m'a
guidé est restée la même; je la résume en peu de mots:
ï° Quand l'invraisemblance d'un fait est la principale ob-
jection que l'on oppose à sa réalité, les témoignages qui
l'attestent reprennent toute leur valeur , si l'on parvient à
établir que l'invraisemblance n'est qu'apparente. Peut-on
avec succès tenter une pareille épreuve sur la plupart des
prodiges et des miracles racontés par les anciens ? 11 est
raisonnable, dès lors, d'admettre la vérité des faits et la
justesse de leur explication, plutôt que d'arguer d'impos-
ture des récits dont les découvertes modernes nous ont
fréquemment démontré l'exactitude. i° Que la science
autrefois, et surtout la science renfermée dans les temples,
ait affecté de s'envelopper de voiles épais qui la déro-
baient aux regards du vulgaire, c'est un lait incontesta-
ble. Qu'elle servît à opérer des œuvres merveilleuses pro-
pres à subjuguer l'indocilité et l'incrédulité des peuples,
c'est une supposition si naturelle qu'on aurait quelque
peine à la repousser, au moins par des raisons solides.
Dans les récits merveilleux qui sont parvenus jusqu'à nous,
on peut donc retrouver quelques unes de ces connais-
sances mystérieuses : en suivre la recherche , c'est tra-
vailler à compléter l'histoire des sciences et l'histoire des
hommes.

(i) Je dois rappeler ce! te date : c'est en i83o seulement qu'a paru ,
sur le même sujet, un ouvrage de M. Ferdinand Denis, intitulé Tableau
historique des Sciences occultes.

NOTE DE L'ÉDITEUR.

C'est à la fin de l'année i838 que M. E. Salverte comptait livrer à la
publicité la seconde édition des Sciences occultes , lorsqu'une longue et
grave maladie, qui l'enleva le 27 octobre 1839 , l'empêcha de réaliser
ce projet. Plusieurs circonstances indépendantes de la volonté de ceux qui
avaient été chargés de faire paraître cette seconde édition, en ont retardé
la publication jusqu'à ce jour.

DISCOURS