NOL
Comte de Gabalis

Chapter 9

Section 9

fur Les Sciences fecretes. 119 n’a été que pour régler tout le mouve- ment dés corps déja créés; de forteque le premier jour ; qui commence par la formation de la lumiére, veut dire ma- nifeftement que s'étant formés différens
tourbillons des petites boules dont nous
avons parlé, & que ces petites boules tournant autour d’un même centre, la matiére fubtule qui remplifloit les inter- valles de ces boules s’affémbla néceffaire- ment vers le centre ; de là elle poufla les globulés qui Penvironnoient : ces globu- les pouflés firent la lumiére en tous les endroits où il { trouva un {uffifant amas de matiére fubrile , femblable à celui qui remplit les intervalles des petites boules ; mais comme 1l ne pouvoit pas encore s'é- tre aflemblé une grande quantité de matié- re fubrile dans le centre , fon effet fur les petites boules ne pouvoir pas s'étendre fort loin , & les petites boules ne pou- voient pas produire fort loin leur lumiére;
ceft pourquoi elles y laiffoient Îles tené-
bres | & c’eit précilément & litéralement
_ce qui eft écrit, que Dies divifa la lumie.
re des ténébres : c’cft-à dire , que les peti- tes boules furent en certain endroitagitées, êx en un certain fens, qui agitoit Certaine
: H'4 . Ma-
220 Nouveaux Entretiens mauiére fubtile , en un certain autre.en- droit ; dans lequel s’il y eût eu un hom- me , cet homme eût formé cette penfée qui s’appelle lumiére, & eüc dit, # «ff jour : & s’il eût été en un autreendroit où la matiére fubtile n’eût pas été ainf agitée , 1l auroit dit, #/ eff nuit : & voilà ce qui _eftécrit, ‘Diem divifa la lumiére des téné- bres. Que dites-vous de cela ? Cette ex- plication eft folide & nouvelle, répondis- je. Le fecond jour eft-il aufli favamment & aufh curieufement expliqué ? Tout de même, reprit-1l: il eft fi vous voulez en- core mieux. Voici comme il y a dans PEcriture: Dieu dit, que le Firmament foit fait au milieu des eaux, & qu’il divife Jes eaux des eaux; & 1l divifa les eaux qui étoient fous le Firmament , d’avec celles qui étoient {ur le Firmament, & il appel- la le Firmament Ciel. ne Le Firmament , mon fils, comme Moïfe _ m'a dit ce matin, n’eft autre chofe quele parfait arrangement de cette infinité de tourbillons qui remplifient néceffairement Pefpace immenfe que la mariére occupe. Tous ces tourbillons étant parfaitement arrangés , les mafles qui fe trouvérent en ce tourbillon où nous fommes, furent fé. : pa
_ furles Sciences Jecretes. 1:1 _parées par la matiére fubtile-du tourbillon, laquelle s’écoula entr’elles , & qui les di- vifa, & les tint éloignées du centre, felon qu’elles fe trouvérent plus ou moins pe- fantes, ou folides. Cette matiére du tour- billon n’eft autre chofe que la matiére du Firmament. Ces grandes mañles compo- . fées de particules embarraffantes & couver- tes d’aiguilles longues, pliables & déliées ne font autre chole que des terres couver- tes d’eaux. Donc il eft vrai de dire, que le Firmament a divifé les eaux des eaux, puis-qu’il a divifé ou ces Terres, ou ces _ Planétes, car c’eft cela même. Vous en-
tendez maintenant ce Que e’elt que les ca-
taractes qui s’ouvrirent au tems du Déluge: c’étoit quelqu’une de ces Mafles, de ces Terres, ou de ces Planétes, dont la Mer {e verfa fur nôtre Terre,
Le fecond jour que vous venez d’expli- quer , lui dis-je , peut faire comprendre qu’il y a des hommes aufli dans les autres Terres, Mafles, ou Planétes Croyez en ce que vous voudrez, reprit-il , il n’eft pas maintenant queftion de cela. Dieu au troifiéme jour aflembla les eaux qui cou- vroient tout le rond de la Terre, afin qu’une partie de la Terre demeurant à
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w#,
122 Nouveaux Entretiens … découvert, püc produire des plantes & des arbres. C’eft donc en ce jour, Mon- fieur, lui dis-je, que fe fit le fracas épou- vantable, dont vous me parliez hier après dîner , dans l’Hiftoire des Aventures de la Terre. fJuftement, repartit-il; car fi la Terre eüt demeuré ronde, les eaux n'eul- fenc pû s’aflembler en un lieu, & euflent toûjours couvert néceflarement toute la fuperfcie. Il faut donc dire que la croute . fupéricure s’étant entr’ouverte en ce jour, il s'en entafla irréguliérement de grands monceaux les uns fur les autres, ce qui fit les montagnes & les colines : voilà le troifiéme jour. Pour le quatriéme, Dieu créa les deux gi ands Luminaires, c’eft-à- dire, qu’il s’écoula tant de matiére fub- tile vers le centre de ce tourbillon où nous fommes, par l'effort que firent les peui- tes boules de s'éloigner de ce centre, qu’elle fut capable de poufler lefdites pe- ites boules jufqu’à la circonférence du tourbillon, ce qui forme les rayons qui nous fonc voir fi brillante cette matére fubrile, ou ces limailles , ou ces raclures qui font aflemblées au centre de ce tour- billon, que nous appellons Soleil. Il ne faut dire maintenant, fi ce n’eft que cette
Re ma
fur les Sciences fecretes. 123 matière fubtile affemblée dans le centre, a aflez de force pour poufler les petites boules des tourbillons voifins, pour y faire fentir fon ation, & l’on comprendra fa- cilement ce que Ceft que la lumiére de la Lune & des Etoiles ; c’eft pourquoi fans m’y amufer, je pafle au cinquiéme à fixiéme jour, qui font de très-grande con- féquence dans nôtre Philofophie. Il eft écrit, que Dieu dit en ces jours : Que les
eaux produifent tout reptile ayant ame vivante,
& tout volatile; & que la Terre produife ame vivante flon fon genre, reptiles &c bêtes. J'avois crû jufqu’icique nôtre opi- _ mion fus les automates ou machines appa- remment vivantes, que nous apellons ani- maux, étoit contraire à Ecriture; mais Moiïfe ma fait remarquer ce matin, que fa Genéfe nous inlinuë aflez que Îles bêtes n’ont point d’ame : car quoi-qu’il y ait
dans la Vulgate, Que la terre produife ame |
vivante, la vérité Hébraïque porte, Que la Terre produife un individu. Orunin- dividu ne fignifie autre chofe, qu’une cer- taine machine difpotée & organifée de telle façon, que, fi elle étoit rompuë , elle n’au- roit plus le même mouvement, & ne froit plus la même. Et pour montrer
_ Que
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que cela eft ainf, cette machine, que. la Vulgate apelle ame vivante, eft produire par la terre & par l’eau; puis-qu’il eft dit, Que la Terreproduife ame vivante, Or tout ce qu’un corps produit ne peut être
qu’un corps : donc cette ame vivante, ou
cec individu n’eft qu’un corps. . De forte
que ce qui fait vivre & mouvoir les bêtes,
n’eft qu’une certaine difpofition des par-
ues de la matiére; comme ce qui fait aller
une horloge, n’eft qu’une certaine difpo- fition des roües. De ce principe s’enfuit néceflairement cet autre, que l’homme
fe meut aufli par les mêmes reforts,
& par une difpofñrion de la matiére & des
arganes , toute femblable à celle des bêtes.
D'où vient que l’Ecriture, après avoir dit que Pindividu fut produit par laterre,
dit auffi que homme fut formé de bouë.
De forte qu'il eft conftant que ce n’eft pas une ame qui fait mouvoir les bêtes: & de plus, il eft certain que ce n’eft
pas une ame qui fait mouvoir les hom-
mes ; Pame ne fait que penfer. Je fuis bien content de Moïle, mon fils, de ce
qu’il m'a expliqué ce matin fon Pentateu-
que, & de ce qu’il m’a defhillé les yeux :
ÿy vois maintenant clair comme le Pre
fur les Sciences fecretes. 125 _& je ne crois pas qu’il puifié y avoir rien à objecter. Len air : J'ai pourtant, répondis je, deux ou trois petits fcrupules : Donnez-moi cetre Bible. Pourquoi Dieu défend-1l de man- ger le fang des bêtes? & pourquoi, ajoûte- t-il, qui le défend , parce-que le fang leur tient lieu d’ame : & plus fortement, parce-que Pame de toute chair eft dans le fang? Dieu repete avec de terribles me- naces cette raifon jufqu”à trois fois en fix Verfets dans le dix-fepriéme du Léviti- que. 11 femble que cela infirme extréme- ment cette réfléxion, que PHébreu dans le premier Chapitre de la Genéfe, au leu du mot d’ame vivante s’eft fervi du mot d’#divids : car-outre qu’on lit ame & non pas sndrvide dans le Lévitique, il pa- roît de la raifon que Dieu donne pour la menace effroyable qu’il fait à ceux qui _ mangeront du fang, quil. y a quelque chofe dans ce fang qui mérite quelque forte de refpect plus que le refte, & qui eft plus cher à Dieu, comme partant plus immédiatement de fa main que le refte de la machine, En forte qu’il femble que la terre & l’eau ayent eu la vertu de pro= duire le corps des bêtes, enfüite du com. Man
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mandement que Lieu leur en avoit futf & que Dieu s'étoit comme réfervé la glois re de tirer de la püiflance de cette matiére une ame qui la fit vivre, fe mouvoir, croître & multiplier fonefpéce. C’eft ce que Moïfe dit aflez formellement au pre- mier Chapitre ; voici fes paroles. Dzex dit aulfi qe les eaux produifent le reptile de Pame vivante , @° le volatile [ur la terre, fous le Firmament du Ciel; © Diem crea les grandes baleines , G tonte Pame vivante € mobile que les eaux avoient déja produites en leurs efpéces. Si les eaux avoient déja pro- duit les poiflons en leurs efpéces, quelle néceflité qué Dieu les creût enfuite, ou plütôt comment pouvoit-il les produire ? Cela ne montre-t-1l pas évidemment qu’il s’étoit formé de l’eau, en vertu du com- mandement que Dieu avoit fait, des corps de routes les efpéces des poiflons qui font dans la mer; & qi’enfuire Dieu tira de la puiflance de cette matiére ainfñ difpofée des ames de différente efpéce , fuivant lPéxigence de cette difpofition , pour 1n- former ces corps, les faire vivre, croître & multiplier en leur efpéce ? Et cette ame vit veritablement & a une connoiflan- ce matérielle & fenfitive: felon l’Ecriture. SU Le
fur les Sciences fecretes. 127 Le bœuf à connu fon Maître, © Pänelacréche de fon Seigneur. RL - Je-fuis bien afluré, mon fils, dit Jean le Brun, que tout ce que vous dites là n'eft pas rafonnable, parce-que c’eft le jargon d’Ariftote : Connoiffance fenfitive tirée de la paiffance de la matiére! Quels vilains termes #nt-ce-là? Cepéndantil y _a quelque choie dans cette réfléxion que vous faites fur l’Ecriture,, fur la menace de Dieu; fur la ratfon qu’il en donne, & fur certe production des bêtes, après que Peau & la terre les ont produites : il y a h quelque chofe d’embarraflant; il faudra méditer un peu là-deflus, Je vous :con- jure , Monfeur , repris-je, de le deman- der à Moile la premiere fois que vous le verrez. Oüy da, dit-il Je.fuis cepen- dant fiché que ces difficultés me foient furvenués du côté de l’Ecriture ; car, graces à Dieu , du côté de la Phyfique il n’ya:rien à objeéter contre nos auto- mates. En tout cas, il faudra dire à cette contrarieté de l'Ecriture , ce que nous avons dit À toutes les autres contrarietés de la Foi : Le mérité de croire en fera plus grand, & le triomphe de la Foi plus diverflifié. Tout de bon, lui dis-je, vous ; ee: CTOyez,
{
128 Nouveaux Entretiens croyez expliquer tout ce que font les ani- maux, fans leur attribuer aucune forte d’ame, ni de connoiflance? Vous ne vou- lez pas qu’ils voyent, qu’ils entendent, qu’ils ayent de la memoire, du plafir, de la triftefle, de la faim, de la foif? &tC, ai es ‘Rien de tout cela, repartit-il ; il n°y a qu’à bien comprendre quatre ou cinq chofes fur lefquelles toute cette doctrine eft appuyée, & l’on voit clair comme Île jour que ce font machines pures, fans {entiment & fans connoiflance. Premiére- ment, il faut bien favoir toutes les loix du mouvement que Monfeur Defcartes a fort bien expliquées. En fecond lieu, il faut être parfaitement inftruit de nôtre maniére de philofopher fur la lumiere. Troifié-. mement , il faut bien favoir que la rétine de l’œil eft tellement compofée, quetous les filamens du nerf optique s’y términene d’une certaine maniére. En quatriéme lieu, pour pouvoir bien expliquer le mou- vement des membres , il eft abfolüment néceflaire de comprendre qu’il y a des mufcles & de certaines valvules crès-com- modes pour faire ce mouvement, (Cin- quiémement, ce qui eft le Ph | | ï
+ /
jur les Süiences fecretes. :x 29 il faut pour entendre. les opérations & les paflions des animaux, favoir bien précifé- _ ment comment toutes les fibres & tous lès nerfs vont aboutir à la glande pineale. Sans tout cela il feroit impofible d’expli- gquer les machines des bêtes, nila machine de l’homme; mais avec cela tout fe démon. tre méchaniquement, Ch ah … Mais toutes ces cinq chofes font-elles bien vrayes, lui dis-je? Il faut bien qu’el- les le foient,; répondit-il : Monfeur Def. cartes a fondé la-deflus toute cette Philo: fophie. Il y a donc quelque apparence, repris-je, qu'il en étoit bien afluré. Eh bien, avec ecla nousexpliquerez. vous tout ce que font les bêtes? Tout, dit-il. Juf- qu’à certe action furprenante , continuai. je, de la guenon d’un Roi de Pologne ? Que fit-elle, reprit-1l? Mie » Une chole de fort bon fens; pourfuivis- je : Elle joüoit tous les jours aux échecs avec le Roi. Aux échecs! s’écria Jean le Brun. Le jeu des échecs eft un jeu de ratfonnement : il faut même avoir aflez d’efprit pour le joüer ; il y a mille gens qui n’en font pas capables. Cette guenon Pétoit pourtant ; répondis-je : elle joüoit aux échecs, & y joïoit fort bien. Uh 2 jour
\ 230 Nouveaux Entretiens jour après: avoir: long-tems difputé une partie, elle fit fi bien’ qu’elle donna échec & mat. Le Roi piqué lui donna un grand foufllet. Il avoit tort ÿ s’écria Jean le Brun; maisn’eft:ce point un apologue, & -uné-de:ces fables à l4mode que vous me contez là? C’eft uné veritable “hiftoire , lui dis-je : Mais attendez un peu , vous . n’en:'ferez pas quitte à fi bon marché. Quelques jours laprés le Roi voulut re- joüer'avéc fa guenon ‘elle fe mit grave- ‘ment dans fon fauteüil ;/ 8 commença fort judicieufement ‘la: partie. : Après ‘Pavoir ‘encore fort long-terns difputée ; elle’prit de famain gauche le bonnet du Roi, que Papplication. du jeu lui avoit fait mettre fur la table ; elle Sen'couvre la tête, &c de la main droite pouffé Péchec & mat, & s'enfuit, Que dites-vous .de cette ma- chine; Monfeur Jeanle Brun? Elle eft admirable, répondit-il, tout penff. Mais cette hiftoire eft:elle bien vraye?: Elle eft du:moins bien célébre; répondis-je ;"&t je crois que: vous auriez bien dela peine à faire comprendre aux Polonois, quecette guenon ne fe fouvenoit pas du fouflet que Je Roïluiavoit donné, &'qu’elle-dénnoit échec.& mat, & difputoit long-rems une ta À Par
fur lesSliences fecrètes. 131 partie: d'échecs fans: Aucune : Horte- de con- noiffance, Hi encË
: Al-faut pourtant bon hs . Re reprit tan, le Brun; car.fi nous allions accorder que: les. bêtes. penfent,, & que la matiére fubtile en. fe mouvant peut former ce fen- timent que nous. appellons. penfée, on mous viendroit 1nquieter fur l'ame, raifon- nablé, & fur ce. que les ames des animaux deviendroient. après la mort. C?eft pour- quoi un grand: homme Anglois appellé Morus, a crû que Monfeur Defcartes a mieux aimé dire que les bêres n’ont point d’ame, que. d’être obligé de. ‘répondre à certains efprits: importuns;. dont. ce fiécle abonde, qui; mêlent. la.Religion par tout, À qui mettent -la: Foi de toutes. les difpu- tes : gens oififs & indignes de. philofopher,
qui n’eufflent:; pas manqué, de demander “que: devient cette, ame, des ‘bêtes; pour- quoi elle n’eft pas immortelle & fpirituel- Je, ‘puis-qu’elle pénfe; ou pourquoi l’ame de 4 homme eft immorrelle, parce-qu'elle pente. :C?eft pourquoi nous avons toù- jours fagement recours à une certaine ré- ponie generale, qui nous débarafe de tou- tes cés petites , hiftoriettes incommodés . qu’on nous fait tous les ; jours, fur les fin- 55 p | L 2 ges
132 Nouveaux Entretiens finges qui ont eu des enfans des femmes qu’on avoit expofées dans des ifles, des élephans amoureux ; de la finefle des renards, de la prudence des fourmis & des abeilles, & de tout ce qu’il y a de machi- nes qui femblent n’être point privées de connoiflance. C’eft que Dieu eft immé- diatement le principe de tout mouvement de la matiére : Ainf c’étoit Dieu qui fai- foit immédiatement mouvoir la main de la uuenon du Roi de Pologne, & c’étoit
Dieu qui donnoit échec & mat. Monfieur Jean le Brun, je perds enfin patience; & tout le refpeét que j'ai pour vos cheveux gris, ne peut m'empêcher de vous dire qu’ils couvrent une des plus creufes cervelles qui foienc dans le monde. Le deffein que vous avez de réformer l’E- clife, eft la plus chimérique idée qu’un Éogne d’aufli peu de vertu que vous fe. uifle mettre dans la tête; & vôtre dére- {table Philofophic eft la plus déteftable voye & le chemin le plus extravagant êc le plus éloigné qu’on puiffe tenir pour un defléin comme celui-là. J’appelle dérefta- ble votre: phantaîfque Philofophie : Car enfin, peut-on ne pas détefter une chimére qui combat & qui détruit elle feule ce qu’il
fur les Sciences fecretes. 13; qu'il y a de plus faint dans la Religion, & qui couvre d’une facrilege oblcurité toutes les vérités Chrétiennes ? J'excule ceux qui l’embraffent par l’amour naturel de la nouveauté, fans s’appercevuit du tort qu’elle fait à la Religion, ou fans être perluadés que les objections qu’on en peut ürer {font infurmontables. Mais vous, qui en connoiflez la force & le danger, qui l’avoüez, qui le dités , que par je ne içai quelle phanatique imagination de vous ériger en Réformateur, vous donniez cours à des nouveautés fi pernicieules, à que vous vous en déclariez le Protecteur. Je vous fouhaiterois les malediétions ef- froyables que Dieu irrité verfe fur ceux qui difent que ce quieft mauvais eft bon, fi je n’avois quelque compaffion de certaine teinture de zéle que je vois en vous; fi toutesfois ce n’eft point une apparence hipocrite, tant je vous vois de fotre va- nité, de complaifance pour vous même, d’intempérance, de foin de vôtre perlon- ne, de mépris pour les talens des autres, & fur tour cela un certain efprit de fingu- Jariré pire que toutes ces chofes , ennemi du bon fens, fource d’Héréfic, & l’aver- lion des honnêtes gens. Allez, vieux ré- ii 1 3 veur: