Chapter 8
Section 8
104 . Nouveaux Entretiens fafciner nos yeux, fans comparaifon ; comme on dit que font les Démons & les Sorciers ; & on le rendroit immédiate- ment Auteur d'une 1llufon phantaftique, crès-indigne de la gravité & dela Majefté de Dieu, & crès-injurienfe à Ja fincérité de fon amour. Je me fouviens en effr, lui dis-je , que le grand Jäcobin, dont je vous parlois tantôt , me difoit hier que Saint Thomas prend un très-grand foin de juftifier, qu'il n’y a aucune forte d’illu- fion dans PEuchariftie ; parce-que les fens ne peuvent juger que des accidens, & rapporter feulement qu’il y a de la blan- cheur, de Îa rondeur, & de la faveur : Or tous ces accidens font effectivement les mêmes qui étoient auparavant; ainfi il ne fe pañle nulle illufion , puis-que la raifon m’eft point forcée de conclurre qu’il y a du pain, quoi-que les accidens du pain s’y rencontrent; parce-qu’unc Lumiére divi- ne qui les éclaire mieux que ne font les fens, lui fait voir le Corps de Jefus-Chrift dous ces accidens que Îles fens lui mon- COR ut Quoi-qu’il en foit, dit Jean lé Brun, il eft certain que, fi Dieu ne faifoit autre chofe, pour conferver Ics apparences du ji pain
fur les Sciences fecretes. 105.
pain & du vin, que de conferver ou de produire cette impreflion dans nos fens, il ne réfteroit dans l’Euchariftie rien de tout ce qui y étoit auparavant ; & fi on eût expliqué ainfi ce Myftére du tems de Théodoret , les Eutichiens euflent rem: porté fur lui tout l’avantage , & il n’eût eu rien à repliqüer. Les Eutichiens foù- tenoient que par la Réfurreétion, ou par PAfcenfon, la Nature Humaine de Jelus- Chrift étoit entiérement abforbée par la Nature Divine ; en forte qu’il ne refte plus maintenant en Jefus-Chrift que la Nature Divine. Théodorer & Gelaie foûtenoient pour les Catholiques la vérité des deux Natures en Jefus-Chrift , auff bien maintenant qu'il eft à la droite dela Majefté de fon Pere, que lors qu'il étoit parmi les hommes. Les uns & les autres {e fervoient , pour expliquer leur créan- ce, de li comparaïfon de l'Euchariftie. De même, difoient les Hérériques, que les fimboles font entiérement changés par la Confécrarion , & deviennent toute au- tre Chofe que ce qu’ils étoient: ainfi la Nature Humaine eft énriérement changée
_ par la Réfurreétion ou par l'Aicenfion en la Nature Divine. Thécdoret & Gélaie G 5” pré-
106. Nonutaux Entretiens, prétendoient aufi convaincre les Euti- chiens par ce même Myftére. Comme. les fignes facrés, difoient-ils, ne font pas tellement changés, que leur premiére fi-. pure & lesmêmes accidens ne demeurent: de même la Nature Humaine n°eft pasen- tiérement abforbée en la Nature Divine. Vous voyez, mon: Enfant ; que, quoi- qu'il y ait peut-être àdire dans cétté com paraifon de l’Evêque de Cir &t de ce Pa- pe , elle leur donne pourtant tout lavan- tage fur les Eutichiens ; mais ce n’eft que dans la fappoñtion qu’il demeure vérita- blement quelque chofe des fimboles facrés : car s’il n’en demeuroit rien du tout, com- me effedivement dans nôtre Philofophie il n’en peut rien demeurer, les Eutichiens ont gagné , il faut leur quitter la partie ; & voilà Dieu. merci un nouveau fujer de triomphe pour nôtre For. : Mais ne pourroit-on pas dire, repartis- je, dans cette Philofophie , qu'il refte et
feétivement quelque chofe de ce qui étoit auparavant , EN. CE que Dieu y conferve miraculeufement les apparences du;pain, ceft-à-dire , les mêmes modes, du pain, fans conferver lepain? Cela impliquecon- tradiétion , répondit Jean le: Brun ; car,
ie LD er. , } puts-:
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fur des Sciences fecretes. 307 puis-qu’il n’y a point d’accidens, lesmodes {eroienr des fubftances qui ne feroient point diftinguées du pain, & par conféquent qui ne pourroient être, le pain n’étant point. Pourroit-on imaginer une plus grande chi- mére, quede dire que la maniére d’être
_ d’une chofe peut fubffter fans que la chofe
foit, c’eft-à-dire , qu’un homme peut de meurer aflis dans un fauteull , fans que fon.corps foit dans lefauteul ? | .— On dit quelquefois des chofe bles, quelque fort qu’on foit,: lui repli- quai-jc.. J’avois oui faire cette réponie à un homme -de bon fens & de bon efprit, qui:a pris à tâche d’xpliquer la Philofos phie de Monfeur Delcartes. Il eft im-
bien foi-
_poffible ; reprit Jean le Brun , que ceux qui Sn cette Philofophie, s’accor- dent jamais
avec la For, & toutes les fois qu’ils Pentreprendront, ils ne peuvent ja: mais fe pafler de dire des choles très-foi- bles. I nya point de parti à prendre que de direque Pefprit humain neft pas capable de comprendre les Jiaifons de certaines vé- rités de Foi, avec certaines vérités de Phi- lofophie 5 & bien loin. de nous plandre de cette faiblefie de-nôtre efprit, nous devons en:loüer Dieu, puis-que plus:les
À | vé-
108 Nouveaux Entretiens vérités de la Philofophie font éloignées des vérités de la Foi , plus nous avons de mérite à être fidéles. | NA CEA UE Cependant , comme cette grande op- pofñition qu’a notre Philofophie à la Foi, pourroit peut-être la rendre odieule, il {era bon de faire remarquer que la Philo- fophie qui foûtient que les accidens peu- vent fubffter fans fujer , n’eft pas la Phi- lofophie des Peres de l’Eglife ; & pour cela il faut aflembler avec grand foin au- tant de Paflages des Peres qu'on en pour- ra trouver, qui fembleront dire cela; fur tout 1l faudra fort appuyer fur ce qu'a dit le Cardinal Pierre Dalli, que, s’il feitrou- voit quelqu'un qui dît que les accidens ne peuvent {ubffter fans fujet, 1 ne féroit point Hérérique.… | Vous voyez, Monfeur, répondis-je, je ne doute point que tous nos Confre- res , les Réformateurs de la Morale, ne cherchent avec grand foin, & ne four- niflent des Paflages des Peres pour com- battre la Philofophie des accidens ; mais ‘je voi à ceci de très-grands inconvéniens. Premiégment , s’il eft vrai que les Peres de l’Eglife n'ayent point tenu cette Phi- lolophie des accidens, dira-r-on qu'ils ayent
_ fur les Sciences fecretes. 109 avent tenu la vôtre, & que vôtre Tri-
fayeul fordanus ni Toannes Brunus, ni Def “cartes, n’ont poirit la gloire de Pavoir in-
venté? Il feroit ridicule de dire, repartit- il, que les Peres ont fü cette Philolophie, perfonne ne le croiroit. Il faut dire que la Foi des Peres étoit une Foi aveugle & foûmife , qui n’avoit nulle liaifon &c qui ne dépendoit nullement de la Philofophie particuliére que Chacun d’eux pouvoit te- nir; qu’ils propoloient fimplement les Myttéres à croire , & qu’ils n’en faifoient nullement dépendre Pexplicatign des À pis tions de la Philofophie.. :
Tour ce que vous dites-là , Monfieur, repliquai-je , ne vous fauve point d’un é- trange inconvénient ,-que je m ’étonne que vous & vos Amis n'ayez point fenti.
Ne voyez-vous point quel avantage ce {e-
ra pour les Calviniftes, & combien leur Erreur fera confirmée , fi vous leur ap- prenez , ou fi vous allez copier dans les Livres de leurs Miniftres, les Paffages des Peres qui femblent prouver , que les ac- cidens ne fauroient fubfifter fans fujet? Ils
_inféreront de là , que la maniére dontl'E glife Romaine explique lPEuchariftie ,
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n et pas conforme à Ja Tradition des Pe- res;
mo Nouvéaux Entretiens: rés à & puis-quand ils verrant que vôtre. Philofophie prouve. fi évidemment , par tant. de démonftrations , que ce que l'E life Romaine croit de ce Myftére eft phyfiquement impoffble , ils ne s’y rane geront. jamais. : 'l'ant pis pouf EUX; té pondit jean le Brun ; s'ils font prédefti- nés ; ils croirontcontte la raifon & con: tre la démonftration ; & s’ils font réprou- vés ; Dieu les hait, de toute éternité ; & je les hai auffi : Ef4x auiem odio babui , iniz quos odio habui, nu De SN JA feroit pourtant bon d’aimer nos Fré: res, & de travailler à leur converfion , lui dis-je 3 &il feroit encore à prop de ne point fcandalifer les Fidéles, de ne point donner occafñon de douter de nôtre Foi, ni lieu de penfer que- nous fommes Cal: viniftes dans le cœur. Car enfin quoique nous puifhons dire ; nous nc difluaderons jamais le monde que nous ne foyons Cal viniftes dans le cœur ; tant que nous fc- tons nos efforts pour donner cours. à une Philofophie , -par laquelle les Erreurs de Calvin font ‘phyfiquement . démontrées. Qr je vous avouë ,: Monfieur ; que vôtre Scéte de Calvin.me paroît. par. tant d’en droits fi injurieufe à Jetus-Chrift &c sp | She 4 [és:
fur les Sciences fecrètes. ‘xxx Chrétienne, que non-feulement j’aime- rois mieux mourir mille fois que de Pembraffer ; mais j'aimerois mieux mou- rir & renoncer à lagloire d'être le Coad-
‘juteur de vôtre Apoftolat, que de den-
ner le moindre ombrage qui favorifé cette Deer ce IOOIUHEN SESASEN hi 10 - Il éft pourtant impoffble, répondit:il, pour en parler franchement , qué nous ioÿons tout-à:fait éxempts de foupçon : mais, mon fils, les férviteurs de Dieu fe mettent-1ls en peine de l'eftime des home mes ? Oùüi, quandil eft qüeftion de la Foi, répondis- je ; & je vous déclare | une fois pour toutes, qu’abfoläment je ne veux rien rifquet là-deflus. Ah! mon fils, re: prit-il, 11 {éra bien difficile dé trouver un
Expédient pour cela. J’én demarñdérai
pourtant un à Dieu cette nuit ; car en fin ; je veux que vous foyez des nôtres, ê&t jefpére qu’il in’en révéler: quelqu'un durant le fommeil ; qüui commence à me preflér ; c’eit pourquoi je vous dotine lé bon foir, il éft près de neuf heures,
je vous reverräi demain. Allez, Mon- fieur Jean le Brun | dorméz bien , vous
_€a avez beloin.
A
à SUIRS
+12 Nouveaux Entretiens
Le SIXIEME ENTRETIEN.
À Pcnc € éroit il ; jour , que le vénérable Jean le Brun heurta rudement à ma porte. Les Valets le maudirent; & après lui avoir enfin ouvert, on vint me dire à mon lit, que le Pelerin fi grandbüveur demandoit a me parler d’une affaire im- _portante. Qu'il entre, dis-je, & qu'on nous laiffe feuls. Monfeur Jean le Brun, lui dis j je, en le voyantentrer, vous eft:1l arrivé cette nuit quelque aventure fâcheu- fe, & venez-vous fi matin pour employer mon fervice ? Tant s’en faut, répondit-il ; je me fuis hâté de venir, avant mème que d’avoir fait ma Méditation, pour vous dire une nouvelle qui vous réjoüira. Et.qu "eff, " ce ,: lui dis-je ? C’eft que vous étes Pré- deftiné : Moïfe me l’a dit. La nouvelle eft réjouiflante , répondis-je, & d’autant plus que vous la tenez de bonne part :. Mais encore quel commerce avez-vous a- vec Moïle? Je ne l’avois jamais vû juf- qu’à cette nuit, répondit:il ; je me cou- chat hier au foir en grand fouci , fur la
diiculté que vous me faifiez : je m’en- dor-
… furles Sciences fecretes. ‘113 dormis pourtant ; & fur l’aurore, à l’heu-
re que Dieu à accoûtumé d’envoyer les
=Vifions Céleftes, Moïfe m’eft apparu ,
t après m'avoir remercié de la part de Dieu, des longs travaux que j’ai foufferts, pour la réformation de la Morale , il m°a dit que Dieu vous à prédeftiné à étre le - Bâton de ma Vieillefle, le Coadjuteur de mes Defleins, & l'Héritier de mon Zéle. En difant cela, Moïfe qui tenoit en fa main fon Pentateuque , l’a ouvert, & a proféré ces paroles : Dy de ma part au. Coadjuteur de tes travaux , & au Com- pagnon de tes Couronnes , que la Philo- fophie que tu enleignes, & qui mal à- propos lui paroît fuipecte, eft à la lettre la même que j’avois dans Pefprit , quand je compofai la Genéfe ; je n°en eus jamais
d’autre. Dieu, pour les péchés du Mon-
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de, n’a pas voulu qu’on ait encore décou- vert cela, mais fa colére eft pañlée, & le tems de fa miféricorde eft venu : on en-
tendra deformais les deux premiers Cha:
pitres de la Genéfe, & on faura comment le Monde a été fait. Alors ilalà; &sar-
_rêtant à chaque verfer , il y a appliqué ma Philofophie, fi clairement & fi invin- ciblement , que j’en ai été tout confolé.
Après
114 Nouveaux Entretiens Aprèsavoir Iü deux Chapitres , il a fermé le Livre, & le bruit qu’il a fait en le fermant ma éveillé : je me fuis levé en furfaut, êc fuiscouru vous dire cette grande nouvelle. . Moite, repartis-je » ne. vVOUS-a-t-1L EX- pliqué qué la Genéle, &t ne vous a:t-1l rien dit de lÆneïde de Virgile ; & des Métamorphofes d’Ovide ? Non, repon- dit-il: pourquoi me faites-vous certe quel- tion. là ? Parce-que, lui dis-je, Meflieurs les . Alchimiftes auront un grand avantage far vous... Un homme rare, qui me vint en- tretenir l'an pañlé, à peu près comme, vous faites, avoit eu Révélation auf, que fon Syftême & tous les Myftéres de la benite Pierre Fhilofophale, étoientcon- tenus clairement dans la Genéle ; dans le Livre de Job, dans la Sageñle , dans les Proverbes, dans PApocalyple, & de plus dans PÆneïde de Virgile, & dans. les Métamorpholfes d’Ovide; &t que tous ces Livres n’ont jamais été compolés que pour Pexpliquer. Ce qu'il y a.de plafant en ceci, eft que cet Homme m’expliqua tous ces Livres à la lettre, d’une maniére fi ‘précife, que , quoi-que.je rifle de fa folie , je ne pouvois m’empêcher de l'admirer. Je: vous admirerois auffi beaucoup; Luis can
_ Jürles Sciences fecretes. 16 Jean le Brun , fi vous appliquiez là Gené. fe à vôtre Philofophie, auffi nettement que cet Homme, toutinfenfé qu’il étoit, Pappliquoit à'la fienne. Helas ! dir-il , ce n’eft pas moi qu’il faut admiser , Ceft Moïfe qui me l’aexpliqué. Je vous avouë que jufqu’à ce matin j’avois toûjours trou- vé que la Genéfe étoit abfolüment con- traire à mes Principes, & je n’en étois point fâché, parce-que cela donnoit d’au- tant plus d’exercice à ma Foi ‘ Car, par mes Principes, le Soleil eft la Caufe de VPaflembliage des parties intericures de la Terre: c'eft lui qui forme les croutes dont nous avons parlé ; ainfi cette Terre ne peut-être formée que long-remps après le Soleil. De plus, le Soleil eft Li caufe des arbres , des fleurs , des fruits Pe : cependant Moïfe dit, que la Terre, PEau , le Ciel , les fruits, les fleurs, & les arbres, ont été faits plûtôc que le So- leil. Je m’étois toûjours flâté que ces deux chofés étoient d’une contradiétion mani- fefte , & qu’il étoit impoñfble d’accorder là-deflus la Philofophie & la Foi. De plus , je favois par démonftration phyfi- que , que la lumiére n’eft qu’une penféc de Phomine ; cependant l’Écrittute dit , LE | | H 2. que
116 Nouveaux Entretiens que l’homme nefut créé quele fixiémé jour, & la lumiére le premier, & le Soleil toû- jours après la lumiére. De plus, l'Ecri- ture parlant des animaux de l’air, de Ja terre & de l’eau , leur donne une amevi- vante qui les fait mouvoir. Or par mes Principes nulle bête n’ett animée, ce ne font que de purs automates , & des ma- chines infenfbles : Tout cela me paroît très-propre à exercer la Foi. Loüé foit Dicu , quine veut pas que j’aye tant de mérte, & qui m'a fait entendre aujour-. d’hi que la Philofophie de la Genéle eff la. même que la mienne: & voici comment. Je vous ai fait entendre, ou j’ai dû le fai.. re, qu'entre toutes les différences que les: figures peuvent mettre parmi les petits cor pufcules, qui font les parties de la matié- re, un g'and nombre font ronds comme: de. petites boules , d’autres afez fubrilss pour remplir les efpaces qui font entre ces boules, & d’autres d’unc figure irréguhé-- re & embarraflante; de tout cela confon-- du enfemble, :l a dû fe former de grandess mañes, pareilles à la mafñle de la Terre :: au deflus de ces maffes il 4 dû refter quan+- tité de particules longues comme des ais. guilles & fort pliables , & quantité d’aur | tre
Jur les Sciences fècretes. 117 tres femblables à celles qui compofent Pair;
* ce
tout cela doit avoir été néceffairement en- touré d’un nombre infini de petites bou- les, & d’un autre nombre infini plus fub- til, pour remplir les intervalles des bou- les: Voilà fort clairement & fort intel}i- Sibiement la chofe | rout comme Moïe la raconte dans la Genéle. |
Hé! Monfeur, m'écriai je, voilà une Bible {ur cette rable » Montrez-moi cela, sil vous plaît. Le VOICI, me dit-il , en l'ouvrant : 44 commencement Dien créa le Ciel @ la Terre: or La Terre étoit inutile É aride ,; © les ténébres étoient fér la face de d'abime, & PEfprit de Dien étoit porté fur les eaux, Voilà l'affaire: Peut.on parler plus clairement & avec un plus grand détail ? Cela eft fort clair, me récriai-ie , & j’ad. mire que Saint Auguftin , qui avoit tant delprit, & que Platon, qui étoit f fpé- culatif, & quiavoit là les Livres de Moï- le ,ne fe foient pas apperçûs de ce Syftême, qui eft expliqué là f clairement: tanc il ct vrai que cet Efprit, qui étoit porté fur les eaux, foufle où il veut. Vous par ez là felon le fens moral, me dit.il ÿ Car fous voyez bien qu’il cft évident que fe- on le fens litéral, cet Éfprit qui étoit cu 3% ©” porte
11 Nouveaux Entretiens porté fur les eaux étroit la matiére fubtile qui étoit agitée au deflus des corpuicules en aiguilles. Voilà qui eft fort philolo- phique, fort naturel, & fort Catholique, repris je : je vous prie d'appliquer ainfi à vôtre Syflême toutes les paroles du Pañla- ge que vous venez de citer. Comment, me dit-il, elt-ce que vous ne trouvez pas ce Paffage bien formel & bien clair ? Par- donnez-moi, repliquai-je ; mais je vou-: drois voir. fi je l’entens cout-à-fait comme: vous. C’eft fans doute, dit:il, puis-que: vous étes prédeftiné à réformer la Morale: avec moi: ce neft pas la peine que je: perde le temps à vous expliquer tout ce-- la plus au long. Remarquez cependantt que nôtre Philofophie a le privikge elle feule de pouvoir expliquer cette grande difficulté , qui depuis tant de fécles à miss tous les efprits à la torture , comment 1! faut entendre ce qu’a dit Moiïfe , que la lumiére a été créée avant le Soleil : can pour cela il ne faut que fuppofer que Dieu créa d’abord tout à la fois le Ciel, la Ter: re & les Eaux, & que des Corps aflez fabrils, pour être appellés Efprits du Seigneur , éroient portés ça & à ; ëa au’enfuite tout l'ouvrage des fix jourr | | Le Hu
