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Comte de Gabalis

Chapter 7

Section 7

fur les Sciences fecretes. 89 de n’y fauroit trouver de réponfe. De forte que, quand nôtre Philofophie n’auroir pas la gloire d’avoir fourni à la Foi des matiéres de triomphe dans les autres véri. tés de la Religion , elle le fait tellement dans ce myftére, que ce feroit unique ment pour cela qu'il faudroit la mettre en vogue, pour hâter la Réformation que nous médirons. (ar enfin, il eft impof- ble que dans nos Principes la Raïfon & Ja Fois’accordenr jamais dans Euchariitie. Supolé que l’étendue foit de lefience de Ja matiére , & qu’il foit de l’eflence d'un corps de trois pieds, d'occuper l’efpace de trois pieds, neft-1l pas vrai qu’il eft phy- fiquement impoñible que ce corps detrois pieds foit dans la plus petite parricule d’une Hoftie? On a beau fe tourmenter, on ne répondra jama's à cela , . non plus qu’à ceci. L’impénétrabilité eft de l’eflence de Ja matiére, donc 1l eft impofible qu’une partie de la matiére foit dans un même heu que l’autre. Je donne au plus grand Chicaneur. de: l'Univers de repartir à Delais ature Vous étes bien prefomptueux, Mon- feur Jean le Brun, lui dis je ; & mei je trouve qu'il eft très facile de vous répon- | 0 0 dre,
90 Nouveaux Entreñens. dre. Dieu n’eft-il pas tout-puiflant, & V’Ange Gabriël n’a-t-il pas dit que rien n’eft impoffble à Dieu ? Ah, mon fils, s'écria-til, avec un grand’ éclat de rire! Voilà une des chofes habiles & politiques que le fage Monfeur Defcartés ‘a inférées ironiquement dans fes Ouvrages, pour amufer les fimples, pour fe moquer des Moines, & pour éluder les cenfures des Univerfités, & il a prudemment fait d’en ufer ainfi ; avec un Paffage de Ecriture on éblouit bien des gens, êt avec un peu de crédit & d’intrigue on gagne du tems: mais entre nous qui favons eñ quel fens PEcriture a parlé, & ce que c’eft que la toute-puiffance de Dieu, dequoivous avi- {ez-vous de vouloir détruire mes deux dé- monftrations, par une réponfe fi frivole? Eft-ce que vous étendez férieufement la puiffince de Dieu fur les eflences des cho- fes? Voyons un peu quellé eft vôtre cré- ance fur la puiflance de Dieu. 54 Puis-qu'il faut toûjours, lui dis-jé, re- pondre politivement, précifément & féri- eufement, quand on nous interroge de: nôtre Foi, je vous dirai que je croi là- deflus ce qu’un certain grand facobin me: difoit l’autre jour que Saint T'homas en! é Ve croit ::
Jur les Sciences fecretes. ot éroit : il me difoit que ce Saint explique cela de cette façon. Il dit que Dieu tout- puiffant peut tout faire; mais que tout ne peut pas être fait par ce Dieu tout-puif- fant. Qu’eft-ce que cela, s’écria Jean le Brun, vous raillez-vous de moi, & vôtre Saint Thomas ne raifonne-t-il pas autre. ment? Attendez, lui dis-je, vous ferez aflurément content de lui. Il y a descho- fes, felon ce Saint Doéteur, qui font ef- fentiellement impoflibles, & il y en a qui ne font impofhbles que par accident. Une chofe eft eflenniellement impoffible, quand ‘elle né peut pas arriver fans qu’il impl- ‘que contradiétion ,; & fans qu’on puifle dire cd’elle, où de quelque autre chofe, cela eft & cela n’eft pas tout enfemble, Une chofe eft impoflible par accident, lors-qu’à la vérité 1l n’implique pas de con- tradiétion qu’elle arrive; mais qu’elle ne peut arriver dans le cours ordinaire de la nature, quoi-qu’elle puiffe arriver par une difpofition extraordinaire de Dieu. La premiére impofhbilité eft ordinairement attachée à leflence des chofes, & la fe- conde aux propriétés & aux accidens, Un Ange , par exemple ne peut manger & boire, parce-que la nature de lefprit n’eft 6 . que
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que de penfer & vouloir; & il y auroit contradiétion de fuppofer qu’il mange & boit : on pourroit dire qu’il eft efprit, & qu’il ne Pelt point; qu'il eftefprit, puis- qu'il eft Ange; & qu'il n'eft point efprir, puis-qu'il mange & qual boit. Mais vous, Monfeur feanle Brun, vous man- gez & büvez fort bien , par la grace de Dieu; neft-il pas vrai qu'ileft impoññble, dans le cours ordinaire de la nature, que vous vous pafñiez de manger & de boire? Affurément, medit1l. Hébien, repris- je, cela s'appelle une chofe impofñble par accident; car 1l pourroit fe faire que Dieu, par une difpofition extraordinaire , ‘vous pourroit faire vivre fans manger ni boire, & vous n’en feriez pas moins animal rai- fonnable. J’entens, me dit-il, Saint T'ho- mas dit donc, pourfuivis-je, que Dieu peut faire routes les bols qui ne font
impoflibles que paraccident, & qui n’im- phquent point de contradiétion; mais que pour celles qui font eflenuellement im- poflibles, & qui ne peuvent arriver fans pne contradiction mamifefte, Dieu ne fau- roit Jes faire, non pas par un défaur de puiflance du côté de Dieu, mais par un défaut de poffibiiité du coté des ii ds
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fur-es Sciences fecretes. 93 Fort bien, sécrie Jean le Brun , Sais Thomes ett un excellent homme, ne veut- il pas dire que Dieu ne peur changer les eflences des chofes? Où du moins, repris- je, que les eflences des choles ne peuvent être changées? C’eft pourquei, ajoûta- t-il, l’impénétrabihté & Pétenduë étant de l’eflence de la matiére, 11 eft impoffble que le Corps du Seigneur m’ait toute fon étendue dans lEuchariftie, de
_ Cela eft certain dans vos principes, lux dis-je; mais voici une certaine idée, qui peut-être vous embarrafiera. Tout le Corps de Jefus-Chrit étoir dans l’em- brion, quand Dieu y créa une Âme rai- fonnable / & dans ce moment on pouveit dire que c’éroit-là tout Jefus Chit. Or Dieu qui prévoyoit que Jefus-Chrift de- voit fe laifler en viande dans PEucharr- fie, na-t-1l pas pô faire que cer embrion foiraufli petit, que la plus petite particule de PHoftie? & ne peut-on pas dire que Jefus-Chrift ne s’eft laiflé que tel qu'il étoir à lacréation de fa fante Ame? Hat! non, mon fils, s’écria fcan le Brun, ou- tre que ce {croit traiter peu férieufement ce Myftére, ce feroir changer entiérement la façon de lexpliquer ; & de plus il ef. PEL E | | auf
04 Nouveaux Entretiens | aüffi impoffible que Jefus-Chrift demeu- rant dans toute fa grandeur & fes dimen- _fions, fe foit réduit à certe figure qu’il avoit à Pinftant de la création de{on Ame, qu'il étoit impoñlible de faire qu’il neût pas trente-trois ans quand ileft mort, & qu’il n’eût pas crû en taille & en grandeur depuis fa naiffance; Dieu ne pouvant em- pêcher que je pañlé ne foit pañlé. Il ne refte donc point de réponfe , repartis-je, que de s’obftiner à dire, fans favoir pour- quoi, que Dieu peut changer leflence des chofes. Et en ce cas-là, reprit Jean le Brun, on fera de la Seéte de l’Hérérique Praxeas, qui étendoit à Pétourdie la puif- fance de Dieu furles chofes pales, auffi- bien que fur les eflénces. C’étoit grand dommage, car il avoit de Pefprit & éroit bon Philofophe. - I foûténoit que 14 ma- tiére eft éternelle & ‘indépendante de Dieu : fi nous euflions vécu en même tems, nous nous fuflions bien accordés en-: femble; jé l’euffe fait revenir de cette imagination infenfée , que Dieu peutchan- ger leflence des chofes, & faire que le tems paffé ne foit pas pallé. Comme il faut prendre les gens ‘par leur foiblé, je lui eufle fat voir qu’il donnoit par là grand
fur les Sciencés [ecretes. 9$ avantage à Valentin fon Antagonifte, & pere des Valentiniens, comme Praxeas
& non pas trois : de forte qu’il n’eft pas
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Brun, dis-je, qué vous y rdmenafliez en- core tous ceux, qui font profeffion d’ex- pliquer, où de fuivre Deftartes; car il _difent tous d’un commun äccord, qu'ils ne veulént point mettré dé borne à’}a toute-puiflance de Dicu ,' & fous ombfe dé refpeét & de foûmiffion, ils acordént cent fappoftioris'contridiétoires. # . Ne vous cmbarraflez pas de cela, répar: tit Jean le Brün;-& fouvènez vous des rar. fons politiques qu’on peut avoir de parler de la forte; pourvü que les vérités de la Foi foient biehcombattuës par cette Phi. “ofophie, là Morale ira bien ; & n6 hous ARS met:
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mettons pas.en peine du refte. Je loué Dicu de ce que iur-rouc elle combat le mÿitére de PEuchariftie par tant d’ene droits, qu'il eft impofb ble que ce myitére ile } jamais s’accorder avec aucun dé nos LL à Vous favez bien, , par. r exemple , que c’eft la Foi de ’Eghle que les accidens du pain & du vin demeurent après la confé. cration, c’eft le langage des Peres, des Papes, & dés Conailes.. Le Concile de Conftance , le Pape Martin LIL & le Concile Romain fous Jean. XXLE Concile de Trente, celui de Cologne ÿ font tous forinels, Cependant nôtre Phi- lofophie démontre qu'il n’y a point d’ac- cidens dans la nature , que tout eft fub- ftance , parce-que tour eft matiére, .& que le différent arrangement des parties de la matiére fair routes lesmachines, toutes les couleurs, tous les ions, & toutccque nous fentons & que nous voyons. Or comprenez , mon fils, combien grande efl l’atrance que certedémonftrarion qu'l n'y a point Waccidens , donne à la con- ance que nous avons que le Saint-Efprit préfide aux Conciles, dirige les Papes, & conferve la. Tradition ; ÿ car s’il ny a | pointi
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Point d’accidens dans la nature, pourquoi le Saint-Efprit a-tal décidé que les acci- dens fubfiftent fans füjet dans l’Euchariftie ? Quoi-qu’on ne puiffe pas conclurre nécef fairement de PInfaillibilité de l’Eglife pour les vérités de Foi, fon Infailhbilité pour les matiéres de Philofophie ; il n’y a gué- res d'apparence que, quand le Saint-Efprit parlcroit de Philofophie par la bouche d’un Concile, en décidant quelque point de Foi, il voulüt, en cenfurant les Héréri- ques, s’expofer inutilement à la cenfüure des Philofophes, & faire une indigne allian. ce des ténébres d’une ignorance crafle & infruétucufe avec fes lumiéres faluraires; non plus qu’expliquer la vérité d’un my- ftére obfcur par la faufleté d’une Philo- fophie encore plus obfcure. Lors-que le Saint Efprit fe ferviroit d’une propofition de Philofophie pour expliquer un myftére,, fi cette propoftion n'étoit pas de Foi, elle {éroit voifine de la Foi, fi liée & f en- chainée avec la Foi, quil fembleroit qu’on ne püt détacher l’une de l’autre. La ruine du fondement eft la ruine de lédif. ce; & l’abfence du Saint-Efprit dans l’exa. men d’une vérité, eft une grande conje- éture qu'il n’eft. guéres préfent à la déci- | G fon
æ:: .
95 Nonveaux Entrttièns fion de cette vérité. Aufhi pouvons-nous cfpérer que nôtre Philofophie rendra très- difficile [x créance de l’Euchariftie, puis- que nous pouvons dire hardiment avec Monfieur Defcartes, que perfonne jufqu’à nous ne peut avoir expliqué véritablement le myftére de l’Euchariftie , puis-que tout le monde a fupofé jufqu’ici que les acci- dens du pain & du vin y demeurent. L°4- vantäge que la Morale & la Foi reçoivent en ceci, c’eft qu'outre qué cette démon- ftration contre l’exiftence des accidens dé- crédite & rend fort fufpeéte la vérité dela Æ'radition de l'Eglife, & taxe d’ignorance les Papes, les Conciles, les Peres, & tous les Doéteurs : il arrive que n’admettant rasé d’accidens, on ne peut expliquer ce Ayftére par nos Principes, fans tomber dans de grands inconvéniens, & fans re- nouveller pluñeurs Héréfies. Avez-vous oui parler de l'Héréfe des Stercorani-. fes ri ‘4 SPL FOR HET _JPai ouï dire, répondis-je, que le Car: dinal du Perron & le Préfident Mar. quin en parlent, & qu’ils proûvent que ces fales Vifionnaires croyoient à la vérité: Ja Tranfubftantiation , - mais qu’ils ‘di. foient ;: que le Corps du Seigneur _— MOER ei ;
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le même fort que.les viandes que tiousdi- BON SnEs re or etat Mon sub sb. aile … Ce heft pas-là tout, répondit Jean le Brun : ils expliquoient leur opinion, er difant, que le Corps de, Jefus:Chrift avoit dans l'Euchariftie là forme de pain, & rous les accidens fenfibles qu’a le pain; ou pour mieux. dire, toutes lesapparences du pairi. Cétoit là le fin de leur opinion ; & la taifon pourquoi ils difputoient enfuite f l’Euchariftie pafloitenexcrémens, ou s’ex-
haloit par infenfble tran{piration.. Quoi- que Thomas Valdenfis rapporte qu'Héris balde Evêque d’Aurun , & Raban Evê, que de Mayence fuffent du parti des excré- mens, on voit au feptiéme tome du Spici= legièe qu’Amalarius, qui à monavisétoif Je Chef de ces Hérériques fanrafques, laifle problématique file Corps de Jefus-Chrifts gens nous l'avons. reçû , retourne invi: iblement au Ciel, ou demeure dans n0- tre corps jufqu'à la mort, oi s’exhale par tranfpiration ou fort avec les excrés mens : de forte qué ce {ur quoi ces Hé: tétiques fondoient leur extravagante cu riofité, c’eft que le Corps de fetus-Chrift _ dans PEuchariftie a la même forme, les mêmes accidens ; & la même apparcncé - TE 0 A _ dé
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que le pain : ce que nous fommes auffi obligés de dire néceflairement dans nôtre Philofophie. Car ôtant les accidens, com- me nous faifons, 1l faut dire que les par- ties extérieures du Cops de Jefus-Chritt prennent la même fituation & le même heu, & pirouetent de même que les par- ties extérieures du pain : or les parties de la matiére conftituant, felon nous, les for- mes eflentielles des chofes, il s’enfuit né- ceflairement que la forme eflentielle du pain demeure dans PEuchariftie : de forte qu’outre l’Erreur des Stercoraniites, on voit encore ici l’Impanation de Luther; puis-que des parties de matiére difpotées, tout comme Pétoient celles du pain un peu auparavant, conftituent la forme efen- uelle du pain. Au refte, ilarriveici, mal- gré qu’on en ait, une chofe bizarre; car le pain eft cranflubftantié au Corps de Je- fus-Chrift, & le Corps de Jefus-Chrift eft tranflubitantié en pain. Vous étes ingé- nieux, lui dis-je, à tirer de grandes extra- vagances de vos Principes. Ce n’eft pas tout , mon enfant, pourfuivit-il, quant aux accidens & aux apparences du pain, que les Stercorantftes difoient être nécef- fairement: dans le Corps du Seigneur ; #
CN : Fe La e
Jur les Sciences fecretes. 1ox eff clair que cela doit être ainfi dans nos Principes. Le changement qui arrive dans certaines parties du vin, fans en détruire la forme effenuielle, & qui fair qu'al cft aigre, par cxemple, arriveroit de même dans le fait Calice, fi on lexpoloit long- tems à lair, &cefcroit, felonnous, cer- taines parties du Sang de Jefus-Chriit , qui preandroient cette Hituation, & qui pi- gurroient nôtre langue & nôtre odorat, auf véritablement que feroit du vin qui commenceroit à fe faire aigre; d’où il faut conclurre , avec les Stercoraniftes, que le Corps dé Jefus Chrift a les mêmes acci. dens & la même forme du pain & du vin, & de plus qu'il eft pain & vin puis que les parties font arrangées de même que.les parties du pain & du vin, … Cela eft convaincant, lui dis-je : un Cartéfien et pire qu’un vilain Stercora- ifte. Ou le feroit fans la Foi ,. pour- fuivit Jean le Brun; mais la Foi s’épure par ces contradiétions.. En voici encore une : L’Eglife a toñjours dit & crû que les mêmes accidensen nombre, quiétoient auparavant , demeurent après la confé- cration; or Cela ne peut être; puis que cette blancheur & cerre rondeur ne-font AE G 3 ou
a
to Nouveaux Entreitens
une s'offrent plus par le différent arrañ- sement des parties du pain, mais par 4 tiy rfe difpoftion des parties extérieures cu Corps de Jefus-Chrift ; de forte que ce qu'on a dit encore jufqu’ici eft faux que pour une jéritable tranfmutation il faut qu’il refte quelque chofe de ce qui
étoit auparavant, puis qu'il ne refte ici quoi-queé ce foit. Ne trouvez-vous Point » mon énfant, que nôtre Philofophie fait d’aflez grands ravages ? LENS sie
Padmire , lui dis-je, comme quor le
Seigneur Defcartes {€ jette inconfidérement dans tous les précipices ; & donne me
“baiflée dans toutes les Hérélies, Il eft
vrai, répondit Jean le Brun, que cela eft
merveilleux , qu'il ait pà tout à la Fois fa- vorifer tant d’Hérériques ; car 1! femble
encore étre de 14 Seéte de ceux qui
troublérent PEglife du rems de Charles le Chauve, Ils foûtenoient que dans PEu-
charific iln°y a nivoile, pifigure; qu'on
y voit &: qu'on y touche véritablement Jefus Chrifts & qu'entre ce qu’on y voit & qu'en y croit, 1] ny a point de diffé rence : il eft impoñible que dans nos Prin. gipes nous ne foufcrivions à cela, que nous ne difions que nous touchons VÉ+: | ee pita=:
Jurles Sciences fecretts. 103 titablement le Corps de Jefus-Chrift , & dti a point d’aûtre voile ni d'autre figne que lui-même. Au refte, quant à la Tradition qui dit que dans le Sacrement il y a un figne & une chofe fgnifiée, ce- la ne péut compatir avec nos Principes, fi ce n’eft qu’on voulüt accorder une cho” fe ridicule , & avouer que le figne n°eft pint diftinct de la chofe figmifiée, & que le Corps de Jefus-Chrift eit le figne de lui Ne pourroit-on point , lui dis-je , élu- der une partie de ces chofes que vous op- pofésala Foi, & dire que Dieu conférve dans nos fens l’impreffion que le pain & le vin avoit faite avant la confécration ; & qu’ainfi de quelque maniére que le Corps de Jefus-Chrift foit dans l’Euchariftie , nous croyons toüjours voir & favourer du pain, quoi-qu'il ny en ait point effecti- vement ? Ce féroit-, mon fils , répon- dit Jean le Brun, une extravagante ré- ponfe.. Premiérement, outre qu’elle rau- roi point de lieu à lPégard de ceux qui n’auroient pas vû le pain avant la confé- cration , on attribueroit à Jefus-Chrift , fi je l'ofe dire, un preftige & un enchan- tement continuel ;. ce feroit l’accufer de “ PONT Éd tal