NOL
Comte de Gabalis

Chapter 6

Section 6

cela, & de-fuppofertoñjours ‘un Dieu & fa Providence. Eh bien, me dit-il, j’au- rai: deforais. certe:!,complaifance . pour fuppofer : toûjours dans nos. Principes, la! Foi aura aflez de viétoires à remporter aile. leurs... On n'eft pas Chrétien parce-qu’om croit un: Dieu, & uve Philofophie qui em prouveroit l’exiftence ne diminuëroit, pass _extrémement Ja gloire de la Foi Chrétien-- ne. Mais une Philofophie qui prouveroit Ja poffibilité-de Pincarnation : ah! ce fes æoit celle-là qui f eroitipernicieufe au Chri: fianifime & dla Morale, parce-qu’ellt \dimin uéroit de. mér ite : de Ja Foi dans un myftére qui eft le fondementde la Re:
igion. CUIR | | \:J 0
"Dieu vous: auroit:1il encore. infpiré. m'écriaisje de vruïüer {Flñcarnation pai | 4 votir
Jurles Séiences fecretes. 75 vêtre Philofophie ? Affurément repartit- il. Dieu m’a fait cette giace , que nos Principes pafez, ma ralfon. me démontre Pimpofibilté. de. l’Incarnation , & voici fur quoije mefonde: fuivanc ce que nous avons duc laine n’eft pas unie au Corps , de telle forte qu’elle puifie être la caufe des. aCtions.& des mouvemens du corps, Suppolé:que Dieu en foit Punique. Au: teur, tout,ce qu'on peur dire, pour expli- quer l'union de l'ame au corps, c’eft que Dieu a établi pn:cerrain raport.entre le corps «à; lame. &; qu’il.a fait un pacte que-toutés les fois qu’il arriveroit un tel movement au: çorps ; 1 produiroit une telle penfée dans lame ;, &ique toutes les fois que l’ame ;penferoit, de telle manié: re; l:fe produtroit dans le corps un tel mouvement: Ain( quand Dieu'agite Pair, Après avoir allumé: la poudré dans un pi- ftoler, & qu'a loccafñon de cer air agité il émeut certains petits nerfs qui vienneng répondre à li glande pineale, il execute le pacte qu'il a fair de produire dans notre ame | cette peniée: qui s'appelle ouie | où {entiment.du fon; ainfi:quand nôtre ame penfé que. le corps:marche, fuivanr certe maniérede:penfer que. nous appeilo NS VOS 40 lonté,
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lonté , à l’occafion de cette penfée Dieu: ébranle la machine du corps, & fait mou-. voir les reflorts & les nerfs qui fervent ài marcher, & voilà comme fe doit entendre: Punion de l'ame avec le corps.
Voilà quieft fort Philofophique, inter. rompis-je, Ceft-à-dire , fort contraire ai Ja Religion , & fort injurieux à Dieu. Extrémement , repric-il , extremerhent.. Dieu merci, je vous aime bien, de ce: que vous pénétrez d’abord 1es choles; carr vous VOyEZ fans doute, que Dieu eftt PAuteur & la caufe unique & immédiare: de tous les mouvemens fales & deshonné.. tes qui préviennent la raifon & la volon- té, & qui afligent Pame du jufte. Dieu, tout pur qu'il eft, {elon ces Principes ,. cit l’unique Miniftre , & l’Executeur u-
nique des plus infames , & des plus abo=: minables defirs: en un mot, la feulecau-- fe phyfique & véritable des gs noires actions des hommes.
Je vois bien qu’il s'entuit de- ls répon.. dis-je , que Pumon du corps & de Pame n’cft qu’une union morale, & que l’ame w’eft qu'une caufe morale des actions du corps : car un Bachelier me difoit l’autre me que les Théologiens qui font d’aviss
ques
Jur les Sciences fecretes. 77 que les Sacremens ne font que les caufes morales de la Grace, expliquent cette at- faire de cette forte. Lis difent que Dieu a rélolu de’ produire la Grace dans nôtre ame, toutes les fois que le Miniftre du Sacrement fera tels & tels fignes exté- rieurs, avec les cofilitions requifes, & a- lors ces fignes font cenfés être les caufes morales de la Grace. Ainfi quand un Fan- taffin s’enfuit de la tranchée, épouvanté par le bruit du canon , la glande pineale fait figne à Dieu de produire dans l’ame de ce Fantafin cette pentée qui s’ippelle peur , & cette penlée fait figne à Dieu de mouvair les nerfs, les mulcles & les tendons dù Fantaffin d’une certaine manié- re, -& de le faire fuir à toutes jambes.
Fort bien, me dit Jean le Brun, & par là il s'enfuit clairement que l’amc n’eft que la caute morale des aétions du corps. Je fuis fâché qu’un certain grand Partifan de Delcarres n'eût plus de raifon qu’il n’en avoit dans une certaine diftinétion qu’il m’apporta là-deflus , car on tireroit, de fa diffinétion une fort bonne démon- ftration contre une certaine vérité de la Religion. Il difoit qu’une caufe devoit étre appellée câaufe phyfque, lors-que L Dieu
38 Nouwezux Entrefiens
Dieu-à-un-certain figne ; produifoit toûr. jours un certain mouvement dans Le cours: mouvement eft: produit, par. une anftitus- tion: Ghguliére & extraordinaite, le fignes. à. l’occañon duquel ce mouvement eft proz duit, doit êtreappellé auf morale. Plûts à Dieu que ‘cela für vrai ; 1l feroit d'uni bien plus grand, mérite qu’il weft, de: troire que Pame-raifonnable eft fpirituel.. Je; car Dieu s’étantobligé;, dans.le cours:
“ordinaire dela Nature, de produire: to:
jours lame raflonnable toutes lés fois, que: Pembrion fera: formé, & que la matiére fera: dans telle-& telle difpofition,. il eftt clair que la matiére ainfi difpofée feroit. lu caufe phyfque, dé Pameraifonnable, , && qu’un Eiprit ne-pouvant être l’effet d’um Cofps, il faudra cherçher ailleurs que dariss la fpiritualité , Peflence de lame, &t la rais. fon. de fon;imraértalité. "+ :* Mais en:quoi faites-vous confifter ; lui dis-je, la différence de: la-caufe. phyfque &; de la-caufe moïale ?: Je:n’en fai pointi d’aucré ; repritsil, &.je n’en cherche point ; pârce-que-je fouhaire qu’l.ne s’em puiflé trouver .quecelle:ci. : La Forn’em feroit pàs mieux ;icar-outre les dificuhés Lt ia
\
Jules Séiènces:fevretés. 3 tres à furmonter, . Par exemplé, :ma rai fon pourrait, me diré-quand il Jui plairoir, que mon.amè:eft phyfiquement unie avec le Sainr: Etprit:; ! car ne m'eft:il pas libré d’ex phquer la: Grace pat une union: toute pareille à celle dont nous: parlions tout-à2 Pheure:,. & dé bons Fhéologiens ae Pont: ils pas expliqué: ainfi 2: Monfieur , interd rompis-jéi,.ne vous-embarquez:pas dans Jes: myftéres: de la :Grace/& pour caufe 5
mais: fouvenez-Vous qu'il yæaffez longe tems que vous étes en digreffion:: vous maviez,p cé mé fétnble:, ‘propotlé de: pa ré ler de Pincarnation.. Ahlit eff vrai: ‘red prit-il, hais je n’en |fuis pas fléloien éque vous ‘penfez.. Cette fiçon dont nous & vons expliqué Punion de l’amie raifonnable avec lé: Corps noûs y mene naturellement Vous vôus fouveñez'bien‘que les Putes:8c toute PEglifés après Saint Athanafé, ‘où tel'autre que cefoir, duieftl Auteur du Symbole qui porte fon no’, expl iquent Punion. du Verbe avec nôtre nature, cor: me Punionr de l'ame avec le Copie Sicnt Anna Tätlonalss caro His ef ‘homo it# Dens homo nas eff Chriflus. Cetre us nion de Pame au-corps n'étant véritable ii qu’au
8o Nouveaux Entretiens
qu’au fens que nous avons expliqué, &c de plus lame & le corps ayant , felon nous, chacun fa fubfftance particuliére , c’ett-à-dire, fubfiftant indépendemment
Fun de lautre, 1left clair qu'il n’y aura
entre le Verbe & Humanité du Seigneur,
qu’une union morale & nullement hypo- _ ftarique; que l’union ne fe fera point dans
le fupôt, comme parlent les Théologiens, & qu’il en faudra revenir néceflairement à l’Héréfe de Neftorius, qui ne veut pas, admettre cette union, & cependant ad-. mettoir entre le Verbe & l’Humanité,. une union toute pareille à celle que Mon-. eur Defcartes & moi admetrons entre: Pame & le corps. Il eft vrai, lui dis-je & cela ne vaut pas la peine que vous vous:
expliquiez plus au long : j’entens aflez:
qu'on ne peut être Cartéfien, fans être: manifeftement Neftorien. Cela s’entend,, repartit-il , fi l’on ne prend pas loin de: faire là-deflus de bons aétes de foi, con-. tre les démonftrations que la raifon op-. pole ; car fans cela on feroit aufhi Soci-: nien: je n’ai point trouvé. de. Socinieni dans mes voyages qui ne m’ait accordé de: tout fon cœur cette union morale de lai Divinitéavecl’Humanité de Jefus-Chrift::
€ | mais;
fur les Sciences fecretes. 8 fnais ils m'ont tous foûtenu que l’union hypottauique & Punité de la perfonne elt impoñible ; & ils fe fcûrenoient par les mêmes raïlons par lefquelles je leur prou- vois que l'ame & le Corps ne pouvoient être unis de telle forte qu’ils n'ayent que la même fubfiftance, parce que la fubf- ftance n'étant, felon nous ; qu’un mode de Pêtre , la fubfftance de la matiére né peut être utie maniére d’être de l'éfprits
ni la fublftance de lefprict une maniére
d’être de la matiére. Il y a autant decon: tradiétion à faire fubfifter la matiére par Pefprit , qu’à faire fubfifter lefprit par la matiére ; & il ÿ a autant de contradiction à unir véritablement & phyfiquement Pa- mc avec le corps, qu'à faire que l’efprit {oit long &t large , & que la matiére pen- te. N’admirez-vous pas , mon enfant , jufqu’où tious à conduits infenfiblement cé Principe, que la longueur, la largeur, &c la profondeur fonc l’effence de la ma uére 3; & n’ipérez-vous pas, qu'avec aide de Dieu , cette Philofophie fourni fa de grandes matiéres de triomphe à là Foide tous ceux à qui nous pourrons Pine finuër ? N’eit-elle pas contraire à d’autres rmyftéres, lui dis-je? Je n’ai point encore | F | trou
82 Nouveaux Entretiens
trouvé, me dit-il, d’homme plus infatia. ble & plus infatigable que vous : je crois] que vous écouteriez philofopher jufques: au Jour du Jugément , fans fonger à VOUS; rafraîchir & à prendre aucune réfection. Vous ne favez pas , fans doute , que je ne couche réguliérement à huit heures & dernie en cette faifon , & qu’il ne nouss refté pas trop de tems pour fouper ; pourt nous recréer enfuite, & puis pour me re tirer chez moi, faire ma priére & mom examen. Hé bien, luidis-je, je vais don- fer ordre à vous faire fervir, car pour moi je ne fais qu’un repas; je prendrai ce tems pour aller écrire, durant qu&
vous Mangperez.
CINQUIPME ENTRETIEN. Barr Monfeur Jean le Brun, dis 2 je, en rentrant dans ma chambre, a: près avoir écrit , avez-vous bien foupé êk
fans diftraétion ? Fort bien, par la gractt
de Dieu , me répondir-il, j'ai médité dur rant cout lé repas fur l’extravagance dt Be RTE tente DRAC 2e (Es TER EQaS LATT ATNT AEs | certains Hérétiques ; que j’ai vüs en All: “+ Pr de: 4 s: + QE Ve MENT PES CORAN NT DURS Jemagne, appelés Ubiquitares, qui croyen RE so | com:
Jules Süiences frrètes. 83 cômmunier toutes les fois qu’ils marigent, parce qu’ils s'imaginent que le Corps de Jetus-Chrift eft pär-tour. Ne faut-il pas être infenfé pour dire cela? Car:fi l’éten- duë & l'impénétrabilité font de leffence de la matiére, n°eft-il pas auffi impoffble qu'un corps foit reçû dans un autre corps dégale ou de moinüre étenduë , qu'il eft impoffible qu’un corps cubique dé neuf piés foit renfermé dans Pefpace d'un ‘corps: cubique de trois piés ? Ce qu’il y'a dé plus ridicule dans ces Ubiquitaires, c’eft qu'ils croyent que leur opinion eft-probäblé en bonne Phyfique, & qu'il n'implique point du tout qu’un corps puifle être en deux’ endroits ; ou que fon écénduë puiffé être atigmentéé , où rétreffie. : Sices gens-là, fÉpondis-'e :,: n’étoient Hérétiques qu’en ces deux points, 1l$ ne féroient point ré- Lranchés dé nôtre Communion ; ‘car un Maïtre-ès- Arts me contoit l’autre jouf que ‘ces deux opinions. font problêmati- ques dans les Ecolés Catholiques, ‘où il me difoit ; qu’on confidére dans la quan- té trois effets différens : le premier, eft de diftinguér les parties entr’elles & à leur
ard: lé fécond, de les diftinguer & les ituer les unes hors des autres par rapor£ La F 2 au
1
84 Nouveaux Entretiens au lieu: & le troifiéme, d’exclurre tout autre corps de ce même lieu. Le premier de ces effets eft de l’eflence de la quantité ê& toûjours néceflaire ; les deux autresne le font pas : de forte queles Ubiquirares ne fonc pas ridicules du côté de la Phyfi- que ,; en ce qu'ils affurent une chofe 1m- poffible ; mais ils le font du côté de la Théologie , de la Tradition, &de PE- criture qu’ils combattent. |
. Mon Dieu , mon enfant , reprit Jean. le Brun, d’un ton de compañfion ; vous: étes tombé dans le fens réprouvé , depuis: que vous étes pañlé dans ce cabinet , &: voulez-vous encore vous égarer dans les: imaginations d’Anftote? Ah! Monfeur,, repartis-je , je n’ai pas crû que ce füt-lai l'opinion d’Ariftote : Je Maître-ès- Arts: me difoit au contraire, qu'Ariftote étoit! aflez conforme à ce que vous m’avezdit,, de l'impénétrabiliré & de l’étendué eflen tielle à la matiére. [l malléguoir Sant: Thomas pour ces crois effts de la quan-. cité. I difoir que ce Saint, qu'il louoit: infiniment , a rauñé la Philofophie d’-- mttote, :& l’a accommodée à la Foi quoi. que par une modeftie, Angélique: 1l difi-- mule fouvear les .chûtes.de ce Philofophe,, ne ou pour
Jur les Sciences fecretes. 8 pour fe dérober la lotiange qu’il mérite de Pavoir redrefe; & qu’il fe contenre d’en cxpliquer modeftement les obicurités x les erreurs | en leur donnant un tour & un fens conforme aax vérités de la Foi, en quoi il mérite, fans doute , plus de doüange que tous les F ondateurs de Sec- tes, & tous les Inventeurs d'Opinions nouvelles. Ce Maîrre-ès: Arts ME gagna le cœur en faveur de Saint Thomas: c'eft pourquoi, Monfieur , G vous né voulez point vous broüiller avec mot, je vous prie netraitez point d'imagination les pen- tées du plus folide & du plus fage de tous les Doétcurs ; car pour Saint Éhomas je _me broüillerois avec Vous, avec vôtre triayeu] Yordanus, avec Defcartes, & a- vec une certaine Cabale de Philofophes hypocrites, qui fous ombre de tourner _Ariftote en ridicule, Confondent dans leur railcrie infolente | & mélent dans leurs brocards facriléges | da Doctrine de “ée grond Homme, feulemenr peut être , parce-qu'il éroit grand ennemi de tout ce qui s'appelle anvention & nouveauté en martiére de Théologie, & dans les quef- ions de’ Phiofophie qui ont quelque ra- port aux vérités de la Religion. Conren-
L: F3 ) (eZ
86 . Nouveaux Entretiens rez-vous, Monfeur Jean le Brun, queje: vous abandonne Ariftote dans tous les: points .où il ne s’accorde pas avec Saint: Thomas. Comme nous ne lifons guéres; _ les Ouvrages de ce Doteur, reprit-il ,, parcé-qu’il raifonne trop, & qu’il prend même à tâche de prouver toûs les points: de la Religion ,; & de faire voir que la Phyfque ne leur eft pas contraire : & comme je me garderai bien de m’appli- quer à le lire, de peur de diminuer le mérite de ma foi, je ne puis pas juger ff Peftime que vous avez pour cé Saint, & Jés plaintes que vous faites, ont beaucoup de fondement ; ainfi je ne me broüillerai point avec vous pour cela , & nous pou vons continuer à dire, fauf le refpéét de Saint Thomas, qu'il y avoit une ma. _ miére plus facile d'expliquer la Nature, que de s’aller embarraflér & foûtenir a vec Aritote qu'il y a des accidens. Né. toit-1l pas plus court & plus aifé de direc qu’il n’y a que des fubftances. Mais com. me chaque Serviteur de Dieu à fa vocas. tion particuliére | qui compofe fon carac:. tére, & qui eft propre au tems dans lez quel Dieu le fait briller dans P'Eolife ; lee caraétere de Saint Thomas étoit de je er
fur les Sciences fecretes. 87 fer les mœurs de fon fiécle, en rendant les vérités de la Foi vrai-femblables, & mon caraétére & celui des Conducteurs de ma vocation , ef de faire, voir claire- ment que les vérités de la Foi font con- traires à la raïfon, & de réformer. les mœurs des Chrétiens , en réformant leur maniére de croire: Car Vous devez favoir, * mon fils, qu’il y a trois fortes de Foi. La premiére eft de croire aveuglément, fans examiner fi ce qu'on croit €ft raifon- _ nable, puis-qu’on nous le propofe à croiré.
La deuxiéme eft quand on croit, ou en connoiflant, ou en cherchant la raifonde ce -qu’on croit. Et la troifiéme enfin, eft de croire en connoiïflant clairement .que ce qu’on croit eft contre Îa raifon. Or de ces trois fortes de Foi vous Voyez bien que la troifiémeeft la plus glorieufe & la plus mé- _ritoire. Beni foit le Pere des Lumiéres, quia fait les premiers Percs de PEglie les Apôtres de la premiére de ces trois fortes de Foi, Saint Thomas de la feconde, & moi de la troifiéme. C'eft pourquoi, lui dis-jé en riant , Vous cuffiez fans doute voulu que les Ubiquitaires euflent pris vO- tre principe de Pimpénétrabilité & de Fée renduë cflentielle à la matiére, afin qu’ils
EF 4 vif.
88 … Nouveaux Entretiens É
Viffent que ce qu’ils croyent de la matiée re , eft de contraire à la raïfon ;
mas ne feriez vous pas bien-aife auffi que Jes Catholiques Romains fuivifenc cette Philofophie, afin d'élever leur Foi , en leur démontrant évidemment que tout ce qu'ils croyent de ce myftére eft phyfique-
_Ment impoffible ? Vous l’avez dit, mon his, me dit:il, en m’embraflant, come me ce qu’on croit de PEucharitie eft le
point eflentiel qui divife les Hérétiques de
ce tems d’avec PEglife Romaine ; &com- me 1] fera toûjours un fujet de difcorde,
quand même les Calvinittes relâche. rotent für les autres points , ileft Important d’exalter la Foi des Chrétiens fur ce my
ftére | d’en augmenter le mérite, la gloi- re & la pureté, & de dittinguer ceux qui.
ont quelque penchant au Calvinifme,
d'avec ceux qui font inviolables dans leur
créanre. Ce deffein eft loüable , lui dis-
je. Et de plus trés.-faaile, reprit-1l ; car par la miféricorde de Dieu, ce que je
vous ai dit de lPétenduë & de l’impénétra-
bilité de la matiére ; renverfe de fond en comble tout le myftére de PEuchariftie, & le ruine fi évidemment que le plus in. génieux & le plus habile Sophitte du RE # j ÿ ‘ [e\