Chapter 4
Section 4
quand
[ur les Sciences fecretes. * 4
quand :l vous parloit de bonfens, & quel eft fon grand principe? Le merite & Ja pureté de la Foi, répondis je, linutilité & même le danger de la raifon humaine, le mépris de tout ce qui s’apelle preuve métaphyfique , & une profonde averfon pour le témeraire Ariftote,& pour l’impu- dence des Theologiens Scholaftiques, qui fur les principes de ce Payen, entrepren- nent à la honte & à la diminution de la Foi, de prouver qu’il y'a un Dieu, que Pame eft immortelle, & les autres chofes de cette nature, comme fi le plus grand efprit de ce fiécle n’avoit pas été obligé d’avouer de bonne foi qu’il ne fe {entiroit pas aflez fort pour trouver dans la nature deéquoi Convaincre un Athée. 6) Cette imagination eft plaifante, dirent ces Méffieurs, mais elle n°eft pas nouvelle; je connois bien des gens qui en font frap- pés Ce bel efprit dont vous parlez s’étoit mis cette vifion dans la tête, & il avoit entrepris de concert avec un grand nombre de beaux elprits comme lui, de faire un Livre pour établir ce beau principe, qu’on Ne PEUT prouver par aucune raifon natu- relle, ni Pexiftence de Dieu, ni Pimmor- talité de lame, ni aucune verité divine,
&
QE)
Æ Nonviaux Entretiens à
&. que toutes les: raifons naturelles qu on, en peut alléguer; ne font qu’égarer Pe-. fprc. Ce grand Homme dédaignoit mê- me les démonftrations méraphyliques que Defcartes en a: futes ,; quoi qu’il en a: prouvât beaucoup la Phyfque. Il ne vou: loit que des preuves morales.;.c ’eft-à-dire qu'il devoit réfulter de. tout fon Livre , que moralement parlant 11 y a un Dieu , que moralement parlant lame eft immor- celle ; de forte que cette efpéce de preu:
_ves ne convainquant point lefprit, la For
confervoit coute fon obfcurité & toute fa difficulté, & par confêquent toute {a gloire & tout fon mérite, |
-C?eft à peu près le jargon & lintention de mon Doéteur Mr. Jean le Brun, qui repofe là-dedans : mais il encherit encore par deflus ce belefprit; car outre qu’ilne veut pas d’une Philofophie qui puifle prou ver les vérités: de la Foi, Dieu lui ena révélé une qui détruit de Fonds-ent coms ble les vérités capitales & les myftéres eflentiels du Chriftianifme ; de forte que la foi aura bien-plus de gloire & plus de merite quand elle demeurera ferme &c in. ébranlable ; malgré les démonttrations phy-
fiques dont cette nouvelle Philofophie en rens
fur les Scsences fécretes. ‘47 renverfe tous les points. Eft-il aû mon: de, dirent ces Meflieurs, un hommeaffez \ fol pour former ce projet infenfé? Mais quelle eft encore cette Phyfique terrible , qui veut établir la Foïen la ruïnant? Je n’en fœai rien encore, répondis-je; Morn- fieur Jean le Brun m’en a entretenu du- Tant le dîné, où 4 : prétendu men entrete- nir; mais 1l ma dit des’chofés fi bizarres, que jai crû que le vin les lui infpiroit. Car où eft l’homme de fens rafis , qui s’aviferoir de vouloir. expliquer Comment ke Soleil ; les Aftrés, la Ferre: > les Ani- maux & Je: Mondë ‘entier ont été formés par le mouvement ñéceflaire & inévitable d’une infinitéide dés'invifibles? Ah! c’en eftafléz, interrompirent-ils, nous voyons bien _de quelle Secteeft'ce Monfieur Jean le Brun ;! cé qu’il vous à dit dans le ‘vin, il vous le dira de même quand fon vinfe: ra cuvé. I-eft du nombre de ces’ Servi- teurs de Dieu ; qui ‘font profeffion de dix re que ‘a Philofophie de Defcartes a de grandés difficultés” pour da Religion; & cependant quoi que ce dût être une raifon infurmontable à. toute pérfonné tant foit peu Chrétienne pour rejetter cette doétri: ne, 1ls l’autorifent & la font valoir de
toute
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toute leur force. Ils follicitent ouverte: ment pour en éluder la condamnation: ils la font aprendre à leurs jeunes neveux 8c aux enfans de leurs amis ; & s'ils trou- vent quelque chole de foible dans les é- crits de cet homme , ce n’eft que la dé. monftration qu'il:a faite de Pexiftence de: Dieu ; car félon eux un bel efprit ne fau- roit trouver dans la nature dequoi con- vaincre un Athée. Mais pour la Phyf-. que de Defcartes, elle eft toute à leur gré,, comme vous Pa fans doute dit votre Jean. le Brun, parce-qu’elle eft toute propre à. conferver à la Foi toute fon autorité. Je: ne connois aflez, repliquai-je , mi la. Philofophie de Defcartes, niles Serviteurs: de Dieu dont vous me parlez, pour juger: fi vous avez bien raifon de dire ce que: vous dites. Mais Maître Jean le Brun & ces gens-là font animés par un même ef-.
prit; & s'ils fonc infpirés de mettre en
crédit la même Philofophie., je ferai in- ftruit avant la fin dû jour de tout le fin: de leurs projets. .. Car Dieu a dic à M. Jean le Brun de ne me rien taire. Nous: allons donc vous quitter, interrompirent- ils, pour donner lieu à cet Âpotre de vous: catéchifer fur fa doctrine, & de vousinftrui-.
1 ré:
Jur les Sciences fecretes. 49 te {ur fa Miffion ;: &' afin que:vousayez le terms ‘de parcourir, avant qu'il fe réveille, deux Traités contre la Philofophie de Defs cartes, dont l'un eft en forme de Lettre, & l’autre eft intitulé la Connoiflance des bêtes ; cette lecture vous difpolera à mieux pénétrer la doétrine de vôtre Doéteur., Je les remerciai de leur préfent: ils s’en allé- rent ,; &t je lüs ces deux Ouvrages. Ils {ont tous deux forts & bien écrits.
QUATRIEME ENTRETIEN D Eu de temps après , Monfeut fean le Brun fe révealla.. Dieu foit loüé, mon fils ,.me dit:il en paflant dans ma chams bre. Dieu foit beni , qui veille pour le falut de fes ferviteurs quand ils dorment, & qui. vient éclairer les vapeurs du fom- mel par les lumméres de fa grace. Dieu vous parle-t-1l aufñ,.quand vous dormez, lui dis-je ? Quaelquetois , reprit-il:; mais Pour aujourd’hur il ne m'a pas parlé en Perfonne , 1lm'a feulement envoyéun An- ge de, paix pour m’annoncer fa volonté ; & pour, m’ordonner, de me réconcilier a+ vec Mr. Delcartes. Avec Defcartes, m'ée Ar. = TOP AS CRE |
so Nouveaux Entretiens
ériai-je , Mr. Jean le Brun ! Cet Ange * prétendu eft un efprit de ténébres , trans. figuré en Ange de lumiére. Nullement, “répartit-il: Aprenez, mon enfant , com
me je l’aprens aujourd’hui, à ne précipi* ter jamais vôtre jugement, & à ne con
* damner perfonne fans l’entendre, À peine _ ai-je étéendormi, que l’Ange de paix s’eftt
préfenté à moi, tenant par la main Mri Defcartes: Embraflez-vous Serviteurs de Dieu, a-t-il dit, & il a difparu. M. Delt-- cartes m’a embrafié avec beaucoup de re-- fpeét, & enfuite il s’eft amplement jufti- ‘fié fur toutes les plaintes que je pouvoiss faire contre lui, C’étoit un habile bom--
_me, mon:fils ; & peu de gens pénétrentt
fes intentions & entendent fa doctrine. Je lui ai reproché d’abord qu’il avoit entres. pris de diminuer la gloire & le mérite des la Foi, en prouvant l’exittence de Dieu & l’immortalité de l'ame , en fuppoltanti
que Dieu éft Pauteur du mouvement ‘dét
“toute la matiére. Il a fort bien répondu à éé reproche, & je fuis très-content de Juil left certain, comme il me l’a fort biem dit, qu’il faut , ‘quand on fait un Lis vre, ménager lés efprits foibles autant ‘que contenter les efprits forts Lors: [STD LA qu’um
für les Sciences fecretes. “1 qu’un efpric foible voir qu’on tâche de prouver les vérités de la Foi, il preñd cela pour argent comptant, & ne fe défie de rien ; maïs un efprit fort déméle faci- lement dans un Livre ce qu’on y a mis pour les foibles ou pour lui, & it diftins gue facilement le néceflaire du polhirique. 1] étoit de fa prudence d’ébloüir d’abord les Moines & leurs partifans par un fophif: me fur Pexiftence de Dieu, & par une {uppoñition fpécieufe qu’il eft feul moteut de la matiére. On fe met par là à cou: Vert de la perfécution de ces faux Chrée tiens, qui ne peuvent {ouffrir qu’on faflé fervir Ha Philofophie à conferver: l’obtcu. rité de la Foi ; :& qui veulent opiniätré- ment qu’on accorde toûjours la Religion avec la rafon, Cependant un efprir fort pénétre aflez là-dedans, & ne prend que ce qui eft écrit pour lui , fa Foi demeure pure & inviolable dans toute fon obfuri- té, & il ne trouve rien dans la nature qui puiflé convaincre. un Athée quand :l eft fortifié par une Phyfque auf claire & auf convaincante que celle de. rdañus Branus, & que Mr, Defcartes a été infpi- té du Ciel de mettre en fon jour. Vous croyez donc, Monfieur Jean je Brun, que 2 FX vô-
51 Nouveaux Entretiens
vôtre Philofophie eft propre à conferver
a gloire & le mérite de la Foi, em empêchant qu'aucune raifon naturelle nc
puiffe confirmer les vérités divines. Af- furément, répondit-il, la Foi remporte- ra tous les jours de nouvelles victoi-. res : cette Philofophie lui oppolera à tout: moment des démonftrations phyfiques con-. tre tous. les myftéres. Ah! Monfieur ;, Jui dis-je , faites donc triompher ma foi ,, & armez un peu ma raifon, afin que je croye les myftéres avec'tout le mérite que peut avoir un efprit fort. Vous êtes trop bien intentionné pour la réformation dé la Morale , me répondit-il , pour n'étre Chrétien que comme les efprits foibless. Voici donc dequoi il eft queftion. Pre-- micrement, il n’eft pas vrai que, fi Dieu n’etoit pas le Createur de toutes chofes |, il n’en feroit m1 le Confervateur, ni la fin Vraiment, lui dis-je, Dieu n'eft nôtree
fin , que parce qu'il nous a créés pouf lui, & il ne peut conferver le monde quite
parce-qu'il Pa pür créer. * Mais penfez vous:, reprit-il, que Dieu ait pà créer la matiés- re, ou du moins qu’il foit néceffaire qui Dieu Pait créée? Sans doute, lui réponx. dis-je. Vous ne favez donc pas, ir es t-1i
fur les Sciences fécretes. 53 ti, que l'étenduë , c’eft-à-dire, la lon- gueur , la largeur & la profondeur , cft _ Peflence de la matiére, Quand cela fe- roit, repris-je, s’enfuivroit:l que Dieu ne Pa pascréée. Oùüi, repartit:il, parce-qu’il s’enfuivroit ,| qu'il eit impofible d’imagi- ner un moment où cette matiére n’exifte point; & voici le petit raifonnément que je fais, auquel il n’y a certainement point de réponie. Il faut dire néceffairement qu’une chofe exifte , quand on ne peur en aucune maniére concevoir qu’elle n'exifte point: Or eft-il qu’on ne peut en aucuRe maniére concevoir que la matiére n’exifte point. Pourquoi non , interrompis je ? A eft impoffible que devant que le mon- de fût créé, cet efpace que le monde oc- -cupe ne füt point. On ne peut pas ne point concevoir cet efpace. Or il cft impofble de concevoir cet cfpace fans concevoir u- ne longueur, une largeur & une profen- deur ; cette longueur, cette largeur & cet- te profondeur eft l’effence de la matiére. _Concluez, mon fils, & jugez s’il eft né- ceffaire que la matiére ait été créée. Je vois bien, Monfeur, repartis je , que fuivant cette définition de la mariére il n°y a que la foi quien puifle perfuader la créa- | D 3 tion,
54 Nouveaux Entretiens | uon, parce-qu’il n°y a que la foi qui puifié perluader que de toute éternité 1l n’y a point eu d’efpace , ou que cet efpace n’a point été long, large & profond. Faites donc un acte de for, mon fils, reprit-1l, {ut la création de la matiére, & commen- cez au nom de Dieu à faire triompher vô- tre f 1, de Praxeas , d’Hermogene, & des Piatoniciens, à qui la raifon démon- troic auf que la matiére cft éternelle 5 mais à qui la lumiére de la grace n’infpr-. roit pas qu’elle eft créée malgré la dé- monftration. Mais quand bien la matiére: féroit éternelle, lui dis-je , s’enfuivroit:il. qu'elle n’eft point créée, & Dieu ne pour- toit il pas lavoir créée de toute éternité? Puis qu’il eft impoffible, répondit-1l, de:
comprendre que lefpace nexfte point ;eri--
core que Dieu ne le crée pas, il s'enfuit: clairement de deux chofes l’une, où que: Dieu n’a pas créé cet efpace, ou qu'il ne: la pas créé librement. De forte que vous: avez à faire un fecond acte de foi fur la liberté dont Dieu a créé le monde, & ill faut croire malgré la raïon, & qu'il Par créé, & qu'il la créé librement. Cela s'entend en général de la matiére du mon-- dey car pour tout Ce que nous ie:
| il
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fur les Sciences fecretes. 55
il n’eft nullement néceflaire que Dieu fe foit mêlé de le faire ainf. Il eft impoff- ble, comme Mr. Defcartes l’a fort bien
expliqué , que füuivant les loix de la mé- chanique , le monde ne fe foit formé de lui-même tel qu'il eft, & vous aveztrop d’elprit pour ne pas comprendre après ce que je vous ai dit, que la fuppof- tion que Mr. Defcartes fait que Dieu a créé une certaine quantité de mouve- ment & de repos dans la matiere, moyen- nant quoi on peut démontrer mathémati- quement la néceflité de da produétion de toutes les machines que nous voyons : vous avez trop de difcernement, dis-je, pour ne vous pas apercevoir que Cette fuppofition n’a été faite que pour fe met- tre à couvert de l'importunité des Moines, qui ne peuvent fouffrir qu’on expliqueles chofes naturelles fans y mêler Dieu : ce- pendant il eft clair que cette fuppoñtion eft inutile & ridicule, & Mr. Defcartes mérite une grande loüange d’avoir eu Phumilisé de dire une fottife pour con tenter les petits efprits. Car qui ne voit que la matiére étant eflentiellement lon- gue, large & profonde, fes parties lelont aufñ; & qu'une longueur , une largeur,
#6 . Nouveaux Entretiens & une profondeur égale, faifant un dés où un corps cubique , il eit impoñhble que ce corps cubique n’ait quelque poids & ne rende en bas, & qu’ainti tous ces corps cubiques fe rencontrans , ils ne fe meuvent les uns les autres en plufeurs fens ; & qu'enfin par le différent affem- blage qui réfulte de leur mouvement, il nc rélulte des corps de différentes figures & des machines diverfes. Monfeur, in- terrompis je, jai peur que vous ne ref- fufcitiez la Philofophie d’'Epicure & de Dé- mocrite, ce qui feroit odieux pour la Mo- rale. Vous favez que les Epicuriens é- toient accufés d’être Athées ; & parce-qu’ils ne croyoient point de Dieu n1 d’ameraifon- nable, ils mettoient aflez raifonnablement le fouverain bien dans la volupté. Cepen- dant tout leur Athéïfmen’étoit fondé que fur certains atomes de figure irréguhere , qui fé mouvant debiais, produifoient auffi bien que vos dés tous les corps diflérens que nous voyons; & ainfi Epicure n’avoit befoin pour expliquer la nature, ni d’un Dieu qui format le monde, ni d’une Pro. vidence qui le gouvernät. 1] n’y a poine de différence, répondit Jean le Brun, en- te cette Philofophie & la nôtre paur le | _ fonds
N
Jur les Sciences [ecretes. 57 fonds des chofes. Car, comme vous voyez, qu'importe à la Religion & à la Foi que les parties de la matére foient quarrées ou irréguliéres ; qu’elles fe meuvent de biais ou perpendiculairement, ouenroni, pourvû que l’un ou l’autre arrive nécet- fairement , & qu’il en réfulte des machi- nes, fans qu’il foit beloin de recourir à une Divinité, ni à rien de ce qui s’apelle efprit ou ame fpirituelle ? Mais la Philo- lophie d’'Epicure , quoi qu’elle foit très- propre à combattre les vérités divines & à conferver l’obfcurité de la Foi, n’eft pas
fi propre au defléin que nous avons de ré- former l'Églife, parce que, comme vous avez fort bien dit, elle eft odieufe à la Morale Chrétienne , : & fort décriée chez les Péres. Celle de Mr. Delcarteseft mieux nôtre fait , elle a la grace de la nouveau- té, ce qui eft un grand article pour la ré- formation: & de plus, elle eft encore plus propre à canferver l'obfcurité de la Foi, que n’ett la Philofophie d’'Epicure; car il y a deux différences confidérables entre Epicure & nous. Epicure admet le vui. de, & nous foutenons qu'il eft impoffible, Qu’eft-ce que cela fait a la Foi, interrom. pis-je? Vraîment fi le vuide étoit pofible, | D ÿ Fée
38 Nouveaux Entretiens reprit-il, vous voyez bien que tout cè
, que nous avons dit de l'éternité & de lin-
dépendance de la matiére , féroit renver- fé. {1 n’y auroit qu’à mettre devant la création du monde le vuide au heu de l’el-. pace. Ah! je le comprens, repris-je, un Epicurien n'eft aflurément pas f contraire à la Foi qa’un Chrétien. Non, par la grace de Dieu, pourfäivit-il; cela fe voit. encore dans l’autre différence qu’il yaen- tre Epicure & nous. Ii met que les parties de la matiére font indivifibles, & nous fou. tenons qu’elles fe peuvent toûjours divifer: jufqu’àa l'infini. De forte qu'il nous eft: incomparablement plus facile qu’à Epicu.. re de compofer le Soleil, les Etoiles & les: Planétes , des limailles des corps cubiques, , qui {e frottent enfemble, & de montrer par les régles de la méchanique , que ces: parties fi divifées de la matiére, s'aflem=: blent néceflairement en tourbillon ; au. lieu qu'Epicure eft obligé de dire quetout l'aflemblage de fa matiére fe fait for-. tuitement , ce qui eft ablurde & imcon-. cevable. Or la Foi a bien plus de: gloire & de mérite de s’élever au deflus: dune raifon néceflaire, & d’une démon-. ftration de Mathématique , qu'elle p’eni
au--
Jur les Sciences fecretes. $9 auroit dans le fyftême d’Epicure. Il ré- fulte, Monfeur, lui dis-je, de tout ce que vous venez de m'expliquer, que, lors- que Defcartes fupofe que Dieu a créé la matiére, qu’en-fuite il l’a divifée en dés & en cubes, qu’il a agités en divers fens, chacun autour d’un centre , & tous autour d'un cercle commun , après laquelle fu- polition cer incomparable Philofophe con- {ent que Dieu ne faffe plus rien, & prend à prix fait de déduire évidemment par dés régles néceffaires de Méchanique, & par des conféquences infaillibles, tous les ef- fers de la Nature : 1lréfulté, dis-je, que ce fage & politique Philofophe n'a mêlé Dieu dans fon raifonnement , que pour ménager les Moines; & que fes Difciples ne l'y mêlent, commelui, que pour mé- nager Rome. de
