NOL
Comte de Gabalis

Chapter 2

Section 2

la confervation, & à la conduite dumon- de: & pour nôtre ame il s'enfuir, ou qu'elle n°eft pas différente de celle des bé-
tes, où qu'il n’ett pas néceflaire qu ee ne meure point: … De forte que le mérite
de la Foi ne reçoit aucune atteinte. par
cette Philofophie , :&c: vous voyez qu'elle
n’elt: pas indigne d’être enfeignée, yniétu- diée. par des Chrétiens: Mais Defcartes peu foigneux de la gloire. du Ghrittianif me ; a mêlé des chimeres Peripateticiennes
dans cette folide: Philofophie : :.&. 1 a tant
rêvé fur une, penfée d’Ariftote ; qu x] eft enfin. parvenu: à en faire une. maniére de
fophifme , ‘qui. ébloüit d’abord les efprits
foibles, & qui leur, paroît une démonitra- tion: aire &, certaine de- Lerifiencs de Bien ol
Voilà, Monsieur A Hoi dis; dar. ice. que hair trouvé! de: ridicule & d’impénétra- |
| ble: en: cet Homme. Il dit ‘ouvertement -qéfon.ne peut-rien. entendre: dans fa Phi-
Jofophie , fi orne {çait parfaitement fa Méraphylique s:& cette Méraphyfique..fi nécéflaire éft toute fondée fur. cette dé- monftration dont. vous parlez, &.qui me parüc. d’abord ui vrai Paralogifme, qu’on Lio ne
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Eng er enreet ÉENEr SE Ée PR PS CE PS PRET EP STE PRIE
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Jur les Sciences fecretes. 17 he {çauroit comprendre qu’en fuppofant deux ou trois fois ce qu’il faut prouver.
Il et vrai, mon enfant , reprit Jean le
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Brun; mais ce n’eft pas là le pire: ce ne
feroit pas un mal fort dangereux d’avoir fait une fauffe demonftration de l’exiften- ce de Dieu ; en faïfant voir certe faufleté à celui qui feroit perfuadé que fa demon- ftration eit bonne , on le fortifieroit dans la foi, & il démeureroit convaincu de Pin- uulité du raifonnement fur des verités plus difficiles, puis-que celle-ci qui eft fi plau- fible & qui paroît fr vrai-femblable aux Payens aufli-bien qu'aux Chrétiens, ne
peut être démontrée : mais le grand mal
qu'ont fait les vifions donc Defcartes a embroüillé la Phyfique de mon 'Trifayeul,
C’eft qu’il met d’abord dans l’efprit de fon difciple K plus dangerenfe difpoftion où
puifle être Pelprit d'un Chrérien ; par cet- te fuppofition ridicule que tout ce que Îles
_fens & les hommes, & Ja raifon même peuvent lui avoir appris, eft faux ou dou- . teux. N’elt-ce pasreflufciter la Seéte dan-
gereufe des Pyrrhoniens , accoûtumer Pe- fprit à douter de tout ; ou à ne cefler de douter que par fa propre lumiere ; enfin fe rendre Parbitre unique de h verité? ;
+ B. ë .
à
18 Nouveaux Entretiens
2 Jé’ne fçai pas, repartis-je, fi, dès qu’on veut être difciple de Defcartes , , il faut de- venir Pyrrhonien ; mais jé m'aperçois bien que cette difpofirion. d'élprit qu’il déman- de eft toure propre d'faire up Calvinfte : à force de s’accoütumer à n’en croire qu’à foi- même fur les chotes naturelles , & à ne rien déférer aux lunnéres d'autrui, , Of aura la même prélomption pour les chofes divinesi laurorité de la tradition des Pe- res & des Conciles ne féra pas comptée pour grand” chofe, Tout ée commence- ment de Métaphyfique de Defcartes ‘eft aflez naturellement le précurfeur de Pefpric particulier de Calvin : ce qui fait que tous ceux qui font fufpeéts parmi dous dé fa- vorifer une bonne partie des erreurs de ce: ‘Novateur , s’accommodent afez de cette Philofophie » & prennent foin de Pinfi= nuér infenfiblement , & de la fubftituer à “celle d'Arttofe
Ceux qui favorifent Calvin, reprit Jean le Brün , pourroient encore favorifer nô.… tre Philofophie par dés raifons que l’on
. m’a objéétées dans mes voyages ; | Mais comme elles font tirées de la Phyfique, jec ‘es payerai ; avec Paide de Dieu » en dis ou que Dieu en toût-puiffant ï: à Le "3 21
fur les Sciences fecretes. 19
la Phyfque & la Foi n'ont rien de com- mun, 1l n’en eft pas de même de la Mé-
taphyfique. Vous avez fagement remar-
qué, qu'il eft fort dangereux de la com- mencer paï un principe fi femblable & fi favorable à celui de Calvin.
… Mais ce n’eft pas là tout le mal, il faut que jé vous dife une petite avanture qui m’eft arrivée dans lé Nord. Lors-que Defcartes fit paroître fa Métaphyfique, je fus aflez fmple de me férvir de fa métho-
de contre un Manichéen. Quoi! fe trou: “ve-t-il encore des Manichéens au monde;
intérrompis-je ?. Beaucoup, pourfuivit-il, & de tous les Hérétiques il n’en eft point
‘de plus. opiniätres. Je voulus donc lui _ prouver Punité d’un principe de toutes chofes, par la méthode de Defcartes, de laquelle F j’avois été d'abord un peu ébloui, ‘je lavouë, & que je n’avois pas encore
réconnuc fi _pernicieufe qu’elle et. Je le
priai premiérement, füivant cette métho>
de, de fuppoler que tout ce qu’il avoit
“oui dire, & tout ce qu il avoit crû vrai
juiqu* alors , étoit faux. Le Manichéen me regarda à peu près comme on regarde
.: un fol dont on à fujet de fe divertir, en
fe k
entretenant fa folie. Comment tt il B 2 pof-
20 Nouveaux Entretiens poffble, -me dit-il, de faire cette fuppo- fition? Dieu qui eft tout-puiflant, répon- dis-je, ne peut-il pas avoir voulu vous tromper par quelque ratfon fecrete? Mais ne faut-il pas que je fupofe auf , répar- ut-1l, qu’ nya point de Dieu, puis qu’ 0e faut que je fuppofe que tour ce que jai fcû jufqu” ici eft faux? Comment fuppo- erai-je donc, que ce Dieu, que je fuppo= fe qui n°eft point, à voulu me tromper ? Et puis, continua-t:1l , quelle méthode de raifonner eft la vôtre: ? vous fuppolez, d’abord ce Dieu que vous voulez me prou-. ver , ou plütôt ce principe du mal dont: vous voulez me defabufer; car f javois: été trompé jufqu’iai, ce ne feroit fans: doute que par le principe de l'illufion &: du menfonge, auffi bien que de tous les: maux qui font au monde. De quelque: maniére que vous fafliez cette fuppofition ;, dis-je au Manichéen, faites-la toûjours ;; puis faifant réflexion {ur ce doute univer- {el de toutes chofes , faites une démonftra. tion de vôtre ‘exiftence & dites : Je dou-. te, donc je fuis. Le Manichéen- foûrit: _Monñeur le Docteur, me dit il, + vous demande, sil vous plat, que veut dire. je doute, car je Pai oublié. Seroit-ce pau R ... avai
fur les Sciences fecretes. 21 avanture la même chofe que, je fuis en doute ? C’eft cela même, lui dis-je. C’eft- à-dire, pourfuivit-1l, que vous raifonnez fçavamment & ingénüment que vousétes, parce que vous êtes : Je fuis en doute, donc je fuis, eft une plaifante démonftra- tion; & tant que vous direz, jefuis, donc je fuis, on n€ pourra pas vous contefter que la conféquence ne foit contenuëé dans Pantecedent. Je traitai de chicane de Lo- gique cette raillerie du Manichéen ; & dif- fimulant le petit embarras où j’étois, vous avez beau plaifanter , lui dis-je , 1l eft certain que je penfe & que je connotisque je fuis, fans qu'aucun corps ait contribué À me donner cette connoïflance. Je puis. connoître en moi cette penfée, fans con-
_noître aucun corps : 1l s’enfuit donc que ma penfée n’eft point corporelle , & que moi qui penfe ne fuis ni corps, ni matic- re; puisque le corps & la matiére ne pen- fent poinc, & ne contribuënt rien à la connoiflance & à la penfée. Le Mani-
.Chéen parut peu touché de tout cela. À vant
_ que de répondre à vôtre démonitration fi
| impliquée, me dit-il, il faudroit premié- | rement que nous fuffions convenus de bien | des chofes , fur lefquelles jai peur que
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22 Nouveaux Entretiens.
Vous n°ayez guéres médité.. Car far ans m°ar« rêter à contefter , que, lors-que vous dites, je doute, ou je fuis, ce je fignifie d’abord un certain compolé de corps & d’ame; & que vous ne pouvez vous connoître fans. connoître ces deux. chofes : autrement cé qui fait le je, lemos, la perfonne ne feroit précifément que Pame , dont le corps ne feroit que la prifon, ou la demeure, où le Navire, comme difoient les Platoni- ciens, & le corps ne feroit pas une partie effentielle & phyfique de Phomme; nous:
ne conviendrons pas peut-être aifément ce
que c’eft que penfée, & il n’eft pas fil évident que vous croyez que l’on puifle: penfer fans corps. C’étoit un coniente-: ment de la Synagogue & des premiers:
_ Chrétiens, auffi bien que de la Secte de:
Platon , que les Intelligences & que Îles;
Anges font matériels. Selon cette ancien. ne “Théologie, ou Philofophie, Ja penfée:
n’eft qu’une très-fubrile partie de mauére:, mûe en certain fens par une moins {ubtile.. [1 parotfloit aux premiers Doéteurs fi peu: éloigné de la MALE de _ pouvoir penfer,, que Tertullien n’a pas crû faire injure à lai Divinité, de dire qu’elle étoit matérielle ;; êx nôtre Doéteur Manés n’a point déter- mine:
… fur les Sciences. fecretes. 23 miné. le contraire: » Quoi-qu'il en foit de ces Queftions fi:dificiles, je mets en fait qu'il nya ‘point: d’homme. vivant, QU comprenne pleinement. & fans aucune ob- fcuritéce qu al dit, quand:il dit, je pentes . & qui foit évidemment afluré qu l penfe- roit comme il.fait, fi tout ce qu’il y a de matériel .en lui étoit'anéanti, & même. fi les organes. étoient. rroublés, ‘ou difpo!és d'une, autre façon ; ce qui fait qu'il ne _ peut juger fans héfirer, que: fa penfée,ne dépende pas effentiellemenr de la difpof- tion de la matiére, & qu’elle ne foit telle qu’elle eft ; parce-que k re des organes eft telle. |
Je vous avoué ,; mon Es: + «peur fuivie Jean le Brun, que ce Manichéen m’em- barrafloit fort. Ci ependant. comme jen youlois venir à la demonftration de Defcar.-. tes pour l’exiftence de Dieu : I n’eft pas: tems, lui dis-je, de réfuter maintenant ies imaginations de Platon, & des Rabins; non plus tout ce que peuvent: avoir écrit les premiers Chrétiens; pour'attirér Îles içavans Payens au Chriftianifme, par quel- que conformité de Philolophie, Mais fup= - pofons que je penfe que Dieu élts toutés . les créatures enfemble étant infiniment .
B 4 _ moins
24 Nouveaux Entretiens ‘moins parfaires que cet Etre, dont j'ai Pidée infiniment plus parfaite qu’elles th eft certain qu’elles n'ont pû me donner cette idée, car la caufe doit être autant ou ; plus parfaite que Peffer. Il n’y a donc qu’un Etre autant ou plus parfait que cet- te idée, qui peut me l’avoir donnée, & cet Etre fi parfait ef Dieu. Le Mani- chéen étoit rêveur & trifte durant tout ce difcours. Etes-vous fâché, lui dis-je, que, je vous defflle les yeux , &êt que je vous montre qu'il y a un Dieu. Helas! } je m’af- flige de ce que vôtre démonftration ne prouve rien ; je defrerois de tout mon cœur qu’elle fût folide, car la doétrine du grand Manés feroit inconteftable. Je di- 101s Comme vous à tous ceux qui ne font pas de ma creyance : fat idée du prin-. cipe de tout le mal, d’un Etre fouverai. nement mauvais, Comme vous avez l’idée du principe de tout le bien & d’un Etre fouverainement-bon; nulle chole du mon-. de n’eft aflez PAUUE pour m'avoir don- né l'idée d’un principe infiniment mé- chant, comme nulle chofe du monde n’eft _afféz bonne pour vous donner l’idée d’un . _ principe infiniment bon : Ainfi s’il étoit nécefaire qu’un être infiniment bon pro: dui-
fur les Sciences fecretes. 25
_ duifit vôtre idée, il froit néceflaire qu’un . être infiniment méchant produifit la mi- enne; mais l’une & l’autre de ces preuves ont deux grands défauts. Premierement, clles fuppofent que ce n’eft pas la nature . de l’entendement de ramañer en une feule idée une multitude d’objets. Cependant il ne faut autre chofe que ranger tout Ce qu’il connait fous de certaines idées géné- rales & univerfelles, & réduire tant d’é- tres différens à une certaine unité. Il voir dans le monde une diverfité de maux & de chofes mauvaifes, il les aflemble & les range fous une idée univerfelle du mal ; & cette idée univerfelle eft infinie, parce qu’elle eft fondée fur uneinfinité de maux particuliers ? ainfi on a l’idée d’un mal infini, fans qu’il foit néceflaire que ce mal infini exifte pour produire en nous fon idée. De forte que, comme ce ne feroit pas par ce raifonnement que jé votmgirois prouver un principe du mal, vousne pou: vez aufli vous en fervir pour pround vô- tre principe du bien.
Outre ce défaut que je viens de remar. quer, continua ce Manichéen, votre de- monftration en a un deuxiéme qui eit fans | rephque: ; c’eft qu’elle fuppofe qu’on peut
B; avoir
26 Nouveaux Entretiens, avoir Pidée d’une chofe: finie &' limitée, plütôt que l’idée d’une chofe: quineft ni finie ni limitée, & qu’on peut connoître plütôt le fini que Pinfini. Cependant dire: qu’une ligne cft finie ; ’eftidiré qu’elle: n’eft pas infiniment étenduë ;Commedire qu’elle eft infiniment étenduë, ceft dire: qu’elle n’eft: point finie, :: De 1 viennenc ces axiomes ff communs & fi raifonnables ;: que la fcience des contraires eft là même, &t'que les chofes relatives nepeuvent être connuës l’une fäns l’autre : c’eft pourquoi Vidée de l'infini eft auffi naturelle & auf proportionnée à nôtre de que” Pidée de ce qui eft fini. Vraîment, m écriai-je je n'ai rien à vous dire, fi Gi vous ne tenez pas-nos Con- ventions. Vous me-venez' ‘parler de con. traires, de reldtifs &' denis, avant que nous ayons découvert s’il y à dés con : traires"& des relatifs, & contre la’ füppo-" fition que nous avons faité que tous les : axiomes quels qu’ils puiffent être , font : taux & impertinens , fur touts >is font‘ d'Ariftote. Mon ami, me dit mon Ma nichéen, vous avez été le premier à rom" pre le marchés je vous: ai laifé: ‘pañler les caufes & les effets fans vous obliger à . aire
Jurdes Sciences [ecretes. 27 faire un long ‘Fraité qui vous eût peut- être fatigué, -& qui vous eût affurément empêché aires aujourd hui vôtre beau fophifme. :
Je ne vous ar-point. querellé dé : ce que vous ne vous: êtes. pas tenu vous-même dans la fuppoñtion que vous rm’avez. pro pofée.. parce-que j'ai bien vü qu'il étoit. impofhble de.s'y tenir. > Gar nôtre raïfon e forme:infenfiblement fur les: différentes idées que les f ens nous préfentent dès nôtre cnfance; &t fui les divérfesiex périences que nous faifons. de la vérité” où de la faufleté de ces:idées. Il: eft: impoffible! que nous faffions un. raifonnement d’un peu longue halcine;que par! le fecours de ces idées que nous avons reconnu être raifonnables : ainfi left impoffible defuppoler de bonne foi que tout ce qué le fens-& lPexpérience nous ont:.dit cft faux; & je défie aucun homme du monde de faire ‘un raifonne ment jufte, en fe tenant rigoureufement dans cette fantafque. ë as ne 1e potion. ::. 2: 45)
Je tins la id dei mine que ie pôs avec ce Manichéen: :: Je lui dis qu'il feroit dara- né, qu’Ariftote & Platon feroient lin- frument de fa réprobation; & qu’au refte..
je
PORTO TT ET
À
Fr 188 Nouveaux Entretiens |
je voyois que la priére étoit l’unique épée qu’il faut employer contre les Hérétiques,
Je le quitrai pour m’aller mettre en orai-
fon; mais à vous dire le vrai, j’étois fi inquiet fur tour ce que cet homme m’a- voit dit, & fi fcandalifé de ma Métaphy- fique, que, lorsque je fus devant Dieu, jemployai moins de tems à le prier pour la converfion de ce Manichéen , qu’à le confulter touchant la validité de la démon- ftration que j'avois entreprife, & touchant la folidité da ma méthode Métaphyfique. Ce fut alors, Ô Seigneur! Auteur adora- ble & Confommateur de la Foi, que vous me fites cette grace, & que vous répan- dîtes fur mon efprit cette lumiére admira- ble, que toutes les preuves métaphyfiques & naturelles fur l’exiftence de Dieu, {ur lPimmortalité de l’ame & fur les autres choles de cette nature, font plus propres à égarer, qu’à perfuader; & que le plus grand fervice qu’on puifle rendre à la Foi, & le plus agréable facrifice qu’on pue faire à la Croix de JEsus-CHRIsT, c’eft de lui immoler toutes ces audacieu- fes Philofophies, qui ont l’infolence de porter leursenthimêmes rémeraires juiques dans l’eflence de Dieu. Voila donc,
Mon-
fur les Sciences [ecretes. i9 Monfeur , lui dis-je, la grande raifon pourquoi Joannes Brunus renonce juridi- quement à Paudacieux Ariflote, & même a la Métaphyfique de Defcartes. Mais comment pourrez-vous infinuer pour la gloire de Ja Foi la Phyfique de Defcartes ou de votre Trifayeul Jordanus, puis-que Defcartes a prétendu qu’on ne la pouvoit entendre fans le fecours de fa Métaphyfi- que & de fes belles démonftrations de l’a- me & de l’exiftence de Dieu ? Comme Defcartes, me répondit:1l, n’avoit pas en vüë la réformation générale des mœurs, & qu'il ne vouloit que faire paroîtte la force de fon efprit | il n’a pas dédaigné de marcher fur les traces d’Ariftore qu'il méprifoit fi forc; & croyant pouvoir for- tier & déguiler tout enfémble une vieil- le & foible démonftration par un nouveau tour, ila cherché à fe fignaler & a voulu s’emparer de l’admiration de fes Lecteurs par la hardiefle de fes principes & de fa methoce. Mais Die qui fuit toùjours les fuperbes qui le cherchent, a confondu celui-ci, & a permis que fes démonitra- tions prétenduës ayent plus rebuté de gens de fa Phyfque, qu'ils n’y en ont attiré. Et certes, ce n’étoit pas pour prouver les: | é Fr cho-
30 Nouveaux Entretiens chofes divines que cette Phyfique a été in: ventée.. Je vois bien maintenant que ce n’eft pas pour cela que Dieu a permis que je laye comprifé ; auffi je n’ai garde m de a commencer par là, ni de la faire abou- tir-là. Je ne veux point de Padmirauion- de mes Difciples au préjudice de la Foi & de la morale Chrétienne. . J’ai par la gra- ce de Dieu un moyen plus für & plus na-. turel de faire admirer d’abord ma Phyf- que, & d’en donner une merveilleufe cu-